Samedi 17 mai 2008
 



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 MEDIAMENSONGES

Le droit à l'information - un combat !
 

 

Par Michel Collon




Que vaut notre information ? Sommes-nous manipulés, à chaque grand conflit, par une propagande de guerre ? Comment repérer ces médiamensonges ? Qui censure et en fonction de quels intérêts ou de quels préjugés ? Qui est au pouvoir dans les médias ? La vérité peut-elle sortir de la bouche des médias ? Avons-nous, en tant que « citoyens », notre mot à dire sur l’info ?
 
        Il y a onze ans, nous posions ces questions dans un livre intitulé : «Attention, médias ! »(1). Imitant les associations de consommateurs, nous avions, avec une dizaine de personnes issues d’horizons divers, « testé » les grands médias - TF1, France 2, Le Monde et leurs équivalents belges - avant et pendant la première guerre du Golfe. Tout relu, tout visionné, disséqué, contrôlé, recoupé, décortiqué. Un bilan désastreux : sur chaque épisode du conflit, sur chaque enjeu, sur les véritables motivations, on nous avait complètement piégés. Le sous-titre «Manuel anti-manipulation» exprimait l’objectif : fournir à chacun un mode d’emploi pour repérer lui-même les médiamensonges des prochaines guerres. Un appel au média – activisme en quelque sorte. 

        Depuis, nous revient régulièrement la question : «Les médias ont-ils changé depuis votre livre ?» Mais ceux qui l’ont lu, répondent généralement eux-mêmes : «Quand je regarde la TV, je constate qu’on nous manipule à chaque fois, exactement avec les mêmes procédés que vous avez décrits.» 

        Depuis lors, les grands médias n’ont organisé aucun débat sérieux sur les médiamensonges, à l’exception de quelques très rares et courageux journalistes. Certes, quelques discours ont été tenus après le faux charnier de Timisoara (1989) ou la première guerre du Golfe. Mais totalement superficiels. Et même pervers, car le message adressé au public était : «Nous avons retenu la leçon de ces erreurs, et tout ça, c’est du passé ». Alors qu’il ne s’agissait pas d’erreurs et qu’en réalité, à chaque guerre, ça recommence... 

        L’enjeu est grave et dépasse le problème de l’information. Personne - parmi les peuples - ne veut la guerre. Pourtant, à chaque fois, irrémédiablement, elle est déclenchée. Pire : en notre nom. Au nom de nos intérêts, paraît-il. Ce n’est possible qu’en manipulant l’info, en trompant l’opinion. Il est temps de combattre, avec succès, cette manipulation. De se battre pour le droit à l’information.
 

Un phénomène de «coupe – feu» :
«Arrêts sur images» ou Arrêts sur la critique ?

 

Pourtant, certains médias feront remarquer qu’ils ont mis en place des «médiateurs» chargés de répondre aux inquiétudes des citoyens sur la fiabilité de l’info. Seul problème: ces médiateurs sont désignés, et donc payés, par ces mêmes médias qu’ils sont censés contrôler. Comme si le contrôle anti-doping était effectué par les sportifs eux-mêmes.
 
        Phénomène plus sophistiqué, l’émission «Arrêts sur Images» de France 5 semble, chaque dimanche midi, tester les médias et développer l’analyse critique. Mais... 

        Mais il faut savoir que l’animateur de cette émission est lui-même un journaliste du sérail, Daniel Schneidermann. Un employé du Monde, et à présent de Libération. Précisément deux médias mis sur la sellette pour de sérieuses violations de la déontologie journalistique. Schneidermann est vraiment un journaliste de connivence avec le pouvoir, comme l’a montré le savoureux film Enfin pris de Pierre Carles (référ). Il faut aussi savoir que ce soi-disant «critique des médias» a refusé de passer à la loupe, d’une manière réellement contradictoire et sérieuse, la couverture des grandes guerres menées ces dernières années par les puissances occidentales.
 
        Nous en avons fait personnellement l’expérience, lorsque nous avons publié dans Poker menteur une analyse minutieuse de la couverture médiatique française et internationale de la guerre contre la Yougoslavie. Et notamment des médiamensonges et fausses affiches fabriquées par Bernard Kouchner sur de prétendus camps d’extermination en masse en Bosnie. Nous fûmes alors contactés par une assistante de Schneidermann pour préparer une émission d’Arrêts sur Images. Longue préparation téléphonique, mise au point des thèmes, grand intérêt. Puis, tout d’un coup, sans un mot d’explication, le patron Schneidermann annule notre participation à l’émission. Par contre, Kouchner sera invité à présenter sa défense. Disons plutôt à faire sa pub, selon les déplorables habitudes du journalisme de connivence («Tu me passes des infos, je t’offre une belle image»). 

        Bref, le critiqué passe à l’antenne, le critiqueur passe à la trappe. Imaginez un tribunal où seule la défense pourrait entrer, mais ni les plaignants ni les témoins. Et notre exemple ne doit pas être isolé : cette émission ne présente jamais une critique radicale sur les médias. 

        «Arrêts sur Images» ou plutôt Arrêts sur la critique ? En réalité, le phénomène Schneidermann est un phénomène de «coupe-feu». Vu la perte de crédibilité des grands médias, vu la méfiance croissante du public, vu les graves conséquences financières que tout ceci peut avoir (moins d’audimat = moins de recettes publicitaires), vu tout cela, il devient indispensable de «restaurer la confiance». On offrira alors en pâture quelques discussions sur des travers plus ou moins réels, mais en tout cas bien secondaires. Toujours présentés comme des dérapages ou des «bavures». En mettant les grands médias «en garde», Schneidermann les aide à sauver leur crédibilité. Mais il prend bien soin de ne pas aller trop loin. De ne pas traiter les médiamensonges vraiment importants, ni les intérêts trop haut placés. Et surtout pas les intérêts français. Critiquer les autorités US, passe encore, mais pas question de mettre en cause les autorités françaises, par exemple dans les sales guerres qu’elles mènent en Afrique pour les intérêts de leurs propres multinationales.
 
        En réalité, Schneidermann - tout comme les pseudo-médiateurs ou certains pseudo «observatoires» des médias - remplit une fonction bien précise: servir de coupe – feu. On brûle un peu d’herbe pour empêcher un plus grand incendie. On critique les médias sur des points secondaires pour empêcher que le système médiatique lui-même soit contesté. 

        En effet, ce que le peuple ne peut entendre, c’est la question décisive sur les médias : «au service de qui?». Le paysage médiatique est de plus en plus dominé, voire monopolisé, par quelques grands empires de presse aux mains de quelques milliardaires qui informent évidemment selon leurs intérêts : Murdoch et sa stratégie «sexe, sang, scandale», Lagardère le marchand d’armes, Berlusconi l’allié des fascistes, etc... La plupart des journaux français sont aux mains des deux principaux fournisseurs de l’armée française : Dassault et Lagardère. Le second contrôlant aussi la majorité des éditeurs et mêmes des manuels scolaires! 

        Et quand l’audiovisuel n’est pas privatisé, il est privatisé quand même via la domination des budgets publicitaires, c’est-à-dire des multinationales. Ou via les pressions de responsables politiques qui dépendent eux-mêmes de mille manières des mêmes multinationales. Ajoutez le phénomène de l’idéologie dominante qui amène les journalistes à reproduire, consciemment ou non, les «valeurs» de la société. C’est-à-dire celles des forces économiques dominantes. Quelle information indépendante ce système pourrait-il nous apporter ? Nous y reviendrons. Mais d’abord un bilan des dernières années.


Les règles de la propagande de guerre :


Comment les médias occidentaux ont-ils couvert les diverses guerres qui ont suivi la première guerre du Golfe ? Peut-on dresser des constats communs ? Existe-t-il des règles incontournables de la «propagande de guerre» ? Oui. Les voici.


1. Cacher les intérêts. Nos gouvernements se battent pour les droits de l’homme, la paix ou quelque autre noble idéal. Ne jamais présenter la guerre comme un conflit entre des intérêts économiques et sociaux opposés.

2. Diaboliser. Pour obtenir le soutien de l’opinion, préparer chaque guerre par un grand médiamensonge spectaculaire. Puis continuer à diaboliser l’adversaire particulièrement en ressassant des images d’atrocités.
 
3. Pas d'histoire !  Cacher l’histoire et la géographie de la région. Ce qui rend incompréhensibles les conflits locaux attisés, voire provoqués par les grandes puissances elles-mêmes.
 
4. Organiser l’amnésie. Eviter tout rappel sérieux des précédentes manipulations médiatiques. Cela rendrait le public trop méfiant.



Règle n° 1. Cacher les intérêts.


La règle la plus fondamentale de la propagande de guerre, c’est de cacher que ces guerres sont menées pour des intérêts économiques bien précis, ceux des multinationales. Qu’il s’agisse de contrôler les matières premières stratégiques ou les routes du pétrole et du gaz, qu’il s’agisse d’ouvrir les marchés et de briser les Etats trop indépendants, qu’il s’agisse de détruire tout pays pouvant représenter une alternative au système, les guerres sont toujours économiques en définitive. Jamais humanitaires. Pourtant, à chaque fois, c’est le contraire qu’on raconte à l’opinion. 

        La première guerre contre l’Irak a été présentée à l’époque comme une guerre pour faire respecter le droit international. Alors que les véritables objectifs, exprimés dans divers documents – même pas internes – du régime US étaient : 1. Abattre un régime qui appelait les pays arabes à s’unir pour résister à Israël et aux Etats-Unis. 2. Garder le contrôle sur l’ensemble du pétrole du Moyen-Orient. 3. Installer des bases militaires dans une Arabie saoudite déjà réticente. Il est très instructif, et cocasse, de relire aujourd’hui les nobles déclarations faites à l’époque par la presse européenne européenne sur les nobles motivations de la première guerre du Golfe. De tout cela, zéro bilan.
 
        Les diverses guerres contre la Yougoslavie ont été présentées comme des guerres humanitaires. Alors que, selon leurs propres documents, que chacun pouvait consulter, les puissances occidentales avaient décidé d’abattre une économie trop indépendante face aux multinationales, avec d’importants droits sociaux pour les travailleurs. Le vrai but était de contrôler les routes stratégiques des Balkans (le Danube et les pipe-lines en projet), d’installer des bases militaires (donc de soumettre la forte armée yougoslave) et de coloniser économiquement ce pays. Actuellement, de nombreuses informations sur place confirment une colonisation éhontée par les multinationales dont US Steel, le pillage des richesses du pays, la misère croissante qui s’ensuit pour la population. Mais tout cela reste soigneusement caché à l’opinion internationale. Tout comme les souffrances des populations dans les divers autres pays recolonisés.
 
        L’invasion de l’Afghanistan a été présentée comme une lutte anti-terroriste, puis comme une lutte d’émancipation démocratique et sociale. Alors que, là aussi, des documents US parfaitement consultables révélaient de quoi il s’agissait. 1. Construire un pipe-line stratégique permettant de contrôler l’approvisionnement de tout le sud de l’Asie, continent décisif pour la guerre économique du 21ème siècle. 2. Etablir des bases militaires US au centre de l’Asie. 3. Affaiblir tous les «rivaux» possibles sur ce continent - la Russie, l’Iran et surtout la Chine - et les empêcher de s’allier.
 
        On pourrait analyser pareillement comment on nous cache soigneusement les véritables enjeux économiques et stratégiques des guerres en cours ou à venir : Colombie, Congo, Cuba, Corée... Bref, le tabou fondamental des médias, c’est l’interdiction de montrer que chaque guerre sert toujours des multinationales bien précises. Que la guerre est la conséquence d’un système économique qui impose littéralement aux multinationales de dominer le monde et de le piller pour empêcher ses rivaux de le faire.


Règle N°2. Diaboliser.

Chaque grande guerre commence par un grand médiamensonge qui sert à faire basculer l’opinion pour qu’elle se range derrière ses gouvernants.

- En 1965, les Etats-Unis déclenchent la guerre du Vietnam en inventant de toutes pièces une attaque vietnamienne contre deux de leurs navires (incident «de la baie du Tonkin»).

- Contre Grenade, en 83, ils inventent une menace terroriste (déjà!) qui viserait les USA.

- La première agression contre l’Irak, en 1991, est «justifiée» par un prétendu vol de couveuses dans une maternité de Koweït City. Médiamensonge fabriqué de toutes pièces par la firme US de relations publiques Hill & Knowlton.

- De même, l’intervention de l’Otan en Bosnie (95) sera «justifiée» par des récits truqués de «camps d’extermination» et des bombardements de civils à Sarajevo, attribués aux Serbes. Les enquêtes ultérieures (tenues secrètes) montreront pourtant que les auteurs étaient en fait les propres alliés de l’Otan.
 
- Début 99, l’attaque contre la Yougoslavie sera «justifiée» par une autre mise en scène: un prétendu «massacre de civils» à Racak (Kosovo). En réalité, un combat entre deux armées, provoqué par les séparatistes de l’UCK. Ceux que les responsables US qualifiaient de «terroristes» au début 98 et de «combattants de la liberté» quelques mois plus tard.

- La guerre contre l’Afghanistan ? Plus fort encore, avec les attentats du 11 septembre. Sur lesquels toute enquête sérieuse et indépendante sera étouffée, pendant que les faucons de l’administration Bush se précipiteront pour faire passer des plans d’agression, préparés depuis longtemps, contre l’Afghanistan, l’Irak et quelques autres.

Chaque grande guerre commence par un médiamensonge de ce type : des images atroces prouvant que l’adversaire est un monstre et que nous devons intervenir pour une «juste cause».

Pour qu’un tel médiamensonge fonctionne bien, plusieurs conditions sont nécessaires : 1. Des images épouvantables. Truquées si nécessaire. 2. Les marteler plusieurs jours, puis prolonger par des rappels fréquents. 3. Monopoliser les médias, exclure la version de l’autre camp. 4. Ecarter les critiques, en tout cas jusqu’au moment où il sera trop tard. 5. Qualifier de «complices», voire de «révisionnistes» ceux qui mettent en doute ces médiamensonges.

Règle N° 3. Pas d’Histoire !

Dans tous les grands conflits de ces dernières années, les médias occidentaux ont caché à l’opinion les données historiques et géographiques essentielles pour comprendre la situation des régions stratégiques concernées. 

        En 1990, on nous présente l’occupation du Koweït par l’Irak (qu’il ne s’agit pas ici de justifier ou d’analyser) comme une «invasion étrangère». On «oublie» de dire que le Koweït avait toujours été une province de l’Irak, qu’il en a été séparé en 1916 seulement par les colonialistes britanniques dans le but explicite d’affaiblir l’Irak et de garder le contrôle de la région, qu’aucun pays arabe n’a jamais reconnu cette «indépendance», et enfin que le Koweït est juste une marionnette permettant aux Etats-Unis de confisquer les revenus du pétrole.
 
        En 1991, en Yougoslavie, on nous présente comme de gentils démocrates «victimes» deux dirigeants extrémistes, racistes et provocateurs, que l’Allemagne a armés avant la guerre : le Croate Franjo Tudjman et le Bosniaque Alia Izetbegovic. En cachant qu’ils renouent avec le plus sinistre passé de la Yougoslavie : le génocide anti-serbe, anti-juif et anti-rom de 41-45. On présente aussi les populations serbes de Bosnie comme des envahisseurs alors qu’elles y vivaient depuis des siècles.
 
        En 1993, on nous présente l’intervention occidentale en Somalie comme «humanitaire» en cachant soigneusement que des sociétés US ont acheté le sous-sol pétrolifère de ce pays. Et que Washington entend contrôler cette région stratégique de la «Corne de l’Afrique» ainsi que les routes de l’Océan Indien.
 
        En 1994, on nous présente le génocide rwandais en faisant silence sur l’histoire de la colonisation belge et française. Laquelle avait délibérément organisé le racisme entre Hutus et Tutsis pour mieux les diviser.
 
        En 1999, on nous présente le Kosovo comme une terre envahie par les Serbes. On nous parle de «90% d’Albanais, 10% de Serbes». Passant sous silence la forte diminution du nombre des Serbes lors du génocide commis dans cette province durant la Seconde Guerre mondiale, puis durant l’administration albanaise de la province (années 80). On escamote aussi l’existence au Kosovo de nombreuses minorités (Roms, Juifs, Turcs, Musulmans, Gorans, etc...). Minorités dont «nos amis» de l’UCK avaient programmé le nettoyage ethnique, qu’ils réalisent aujourd’hui sous les yeux et avec la bénédiction de l’Otan. 

        En 2001, on crie haro sur les talibans, régime certes peu défendable. Mais qui les a amenés au pouvoir? Qui les a protégés des critiques des organisations des droits de l’homme afin de pouvoir construire avec eux un juteux pipeline transcontinental ? Et surtout, au départ, qui a utilisé le terrorisme de Ben Laden pour renverser le seul gouvernement progressiste qui avait émancipé la paysannerie et les femmes ? Qui a ainsi rétabli la pire terreur fanatique en Afghanistan ? Qui, sinon les Etats-Unis ? De tout ceci, le public ne sera guère informé. Ou trop tard. 

        La règle est simple. Occulter le passé permet d’empêcher le public de comprendre l’histoire des problèmes locaux. Et permet de diaboliser à sa guise un des protagonistes. Comme par hasard, toujours celui qui résiste aux visées néocoloniales des grandes puissances.

Règle N° 4. Organiser l’amnésie.
 

Lorsqu’une grande puissance occidentale prépare ou déclenche une guerre, ne serait-ce pas le moment de rappeler les grands médiamensonges des guerres précédentes ? D’apprendre à déchiffrer les informations transmises par des états-majors ô combien intéressés ? Cela s’est-il produit à l’occasion des diverses guerres des années 90 ? Jamais. A chaque fois, la nouvelle guerre devient la «guerre juste», plus blanche encore que les précédentes, et ce n’est pas le moment de semer le doute.
 
        Les débats seront pour plus tard. Ou jamais ? Un cas flagrant : récemment, un super-menteur a été pris la main dans le sac, en flagrant délit de médiamensonge. Alastair Campbell, chef de la «communication» de Tony Blair, a dû démissionner quand la BBC a révélé qu’il avait truqué les informations sur les prétendues armes de destruction massive. Ceci a-t-il provoqué un débat sur les précédents exploits du dit Campbell ? N’aurait-il pas été intéressant d’expliquer que toute notre information sur le Kosovo avait été concoctée par ce même Campbell ? Que cela méritait certainement un bilan et une réévaluation de l’information donnée sur la guerre contre la Yougoslavie ? Il n’en a rien été.

L’impossible vérité : une question de système

L’explication de tant de médiamensonges, et surtout de leurs répétitions en dépit des avertissements, l’explication n’est pas : «Tous les journalistes sont pourris». Beaucoup souffrent de cette (auto-) censure et vous le diront. «Off» bien sûr.
 
        L’explication est : «Ce ne sont pas les journalistes qui dirigent l’info, mais les intérêts dominants». Le système médiatique dans lequel nous vivons est le système de l’impossible vérité. La désinformation n’est pas un accident, mais fondamentale : comment pourrait-on dire aux spectateurs qu’on fait la guerre contre eux ? 

        Le 11 septembre 2001, dix heures après les attentats, le ministre US de la Guerre, Donald Rumsfeld, un des porte-parole des super-profits des multinationales de l’armement, s’écriait triomphant dans une conférence de presse : «Ce qui s’est passé aujourd’hui suffit-il à vous convaincre que ce pays doit, de toute urgence, accroître ses dépenses pour la Défense et que l’argent pour financer ces dépenses militaires doit être prélevé, si nécessaire, dans les caisses de la sécurité sociale ?»(2) 

        Comment les multinationales qui contrôlent l’information pourraient-elles avouer à leurs «sujets» qu’une guerre sert exclusivement à renforcer le pouvoir des plus riches et des plus puissants ? Qu’en allant aujourd’hui prendre de force le contrôle des pays du tiers monde, on prépare les délocalisations de demain et l’appauvrissement de la main d’oeuvre partout, ici y compris ?
 

Rien de neuf ?

Onze ans plus tard, on nous demande souvent : «Quelle différence entre la couverture médiatique de la première guerre du Golfe et celle de la seconde guerre? » 

        Globalement, l’opinion a de nouveau été manipulée. Bien qu’avec certaines hésitations en Europe, les médias ont embrayé sur le thème bushien des «armes de destruction massive». Saddam a été présenté comme le danger qu’il fallait désarmer tandis qu’on continuait à ignorer les armes nucléaires d’Israël. La mission des inspecteurs a été présentée comme une «solution» alors qu’elle permettait aux espions US de repérer ce qu’il fallait bombarder. On a ressassé le thème du massacre de civils kurdes à Halabja, lors de la guerre Iran - Irak. En l’attribuant d’office et sans enquête à Saddam alors que des rapports et déclarations des fonctionnaires US le disculpaient de cet acte. 

        Ceci a aidé à diaboliser l’adversaire et à répandre le mythe d’une guerre permettant de remplacer une dictature par une démocratie. Comme si une occupation coloniale US était une démocratie ! Comme si les Etats-Unis, mais aussi l’Europe, n’aidaient pas un nombre incroyable de dictateurs à se maintenir au pouvoir en diverses régions du monde. Comme si les Etats-Unis ne venaient pas de tenter, à ce moment précis, de renverser par un coup d’Etat le président élu du Venezuela. Malgré tout cela, les médias occidentaux ont quand même présenté la guerre en Irak comme une «solution au problème Saddam», quoique peut-être risquée.
 
        Certes, la presse européenne n’a pas martelé les thèmes les plus délirants et invraisemblables de ses collègues US : anthrax, liens avec Ben Laden, etc. Mais elle a quand même, à sa manière, participé objectivement à la croisade. 

        Cependant, si on compare la première et la deuxième guerre contre l’Irak, cette fois, trois différences intéressantes sont apparues. Trois petites brèches dans l’uniformité médiatique. Ne parlons pas de ruptures, mais plutôt de failles que l’on peut utiliser. Les noms de ces brèches ? Internet, Al Jazeera et ce que nous appellerons : «Brouille dans le ménage».


La première brèche : Al Jazeera



Dans Attention, médias!, en 1992, nous soulignions l’écrasante domination des quatre grandes agences de presse internationale Associated Press et UPI (USA), Reuters (Grander-Bretagne) et AFP (France). 34 millions de mots diffusés chaque jour contre à peine 150.000 par les grandes agences du tiers monde. Même pour informer sur le tiers monde, les pays du Sud étaient complètement dépendants du Nord. Partout dans le monde, la guerre du Golfe n° 1 avait eu le visage de CNN et des généraux de Bush père.
 
        L’apparition d’Al-Jazeera a modifié cette situation. Cette fois, des centaines de millions d’Arabes et de musulmans ont pu voir en direct que la guerre était sale, que l’armée US tirait sur des civils, des ambulances, des hôpitaux, des journalistes. Et une bonne part des téléspectateurs d’Al-Jazeera habitent en Europe, ce qui a eu et aura un impact croissant sur nos opinions. Le monopole de la guerre dite «propre» a vécu. Ce n’est pas pour rien que l’armée US a tiré sur les journalistes d’Al Jazeera à Baghdad et à Kaboul.

Le prince qatari qui finance Al Jazeera n’est pas Che Guevara et Al-Jazeera n’est pas «Télé-Révolution». Mais bien un reflet de la révolte du monde musulman face à l’impérialisme US. Et des contradictions croissantes des élites arabes avec ce même impérialisme. Ceci aide à ébranler le monopole mondial des USA.
 

La deuxième brèche : «Brouille dans le ménage»


D’où proviennent les différences constatées entre la couverture européenne et la couverture US de cette dernière guerre ? Constatons d’abord que ce ne sont pas seulement les médias européens qui se sont un peu écartés du modèle. Un ministre allemand a comparé Bush à Hitler, Paris et Bruxelles ont pris leurs distances de façon très visible. Les médias suivraient-ils en fait leurs gouvernements, et pourquoi ? 

        Ici aussi, l’explication tient dans l’économie. La guerre de Bush vise aussi (et surtout?) à chasser Paris et Berlin du Moyen-Orient. Ce sont les sociétés françaises et allemandes qui étaient partenaires de l’Irak. Et de l’Iran aussi d’ailleurs. Si les Etats-Unis parviennent à contrôler tous les accès au pétrole et au gaz, ils détiendront une arme de chantage décisive pour la suprématie mondiale. Alors que leur économie décline irrémédiablement sur le long terme, ce sera peut-être une de leurs dernières armes. 

        Quoi qu’il en soit, ces contradictions USA – UE ont donné un peu plus d’espace aux journalistes qui désiraient montrer les réalités objectives de l’impérialisme US. 

        Pour autant, cette «brouille dans le ménage» représente-t-elle la solution au problème de l’objectivité des médias ? Avons-nous une garantie que les prochaines guerres seront présentées sans censure ? Pas vraiment. TF1 et Le Monde se montrent toujours aussi peu critiques sur les guerres non déclarées que mène la France en Afrique. L’impérialisme US est devenu bon à critiquer justement parce qu’il s’oppose de plus en plus aux multinationales européennes. Mais si demain un autre président des Etats-Unis décide d’en revenir à un style plus collégial que celui de Bush, et si par exemple Shell et Esso acceptent de concéder à Total une part du gâteau irakien, on reverra un Chirac bien plus doux. Et les médias français aussi. 

        Ce n’est pas l’hypothèse la plus vraisemblable. Car l’aggravation de la crise et des rivalités économiques qui en découlent ne dépend pas de la volonté des individus. Mais cela montre en tout cas que l’alternative n’est pas là pour ceux qui recherchent une information correcte sur les problèmes de la guerre et de la paix.
 

La troisième brèche : Internet

Mais le facteur nouveau le plus important face aux censures, c’est Internet. C’est-à-dire, vu du bon côté, l’irruption du peuple dans la bataille de l’info.
 
        Il y a douze ans, tous les grands médias, dans le monde entier, relayaient les mêmes images des grands médiamensonges : couveuses qu’on disait «volées», marée noire faussement attribuée aux Irakiens, prétendues «tortures» de prisonniers occidentaux... Et les mêmes experts inlassablement chargés de confirmer ces images truquées.
 
        Il y a douze ans, face à ce Big Brother de la vérité officielle, la seule riposte à notre portée fut un livre. Riposte fatalement trop tardive et ne pouvant toucher que quelques dizaines de milliers de lecteurs. 

        Par contre, durant la deuxième guerre du Golfe, de nombreux activistes d’Internet ont pu apporter bien plus vite - le jour même parfois - des infos, analyses et témoignages alternatifs. Pas encore assez pour contrer le système médiatique en place, mais déjà de quoi permettre aux militants de la paix de se défendre contre les médiamensonges. Et aux journalistes honnêtes et curieux d’obtenir d’autres «matières premières». 

        Le 9 avril 2003, les Etats-Unis ont organisé une mise en scène de la «libération de Bagdad» (le fameux déboulonnage de la statue de Saddam). Ayant pu suivre la situation de jour en jour, grâce à Internet, à des contacts sur place, à un réseau international de correspondants, nous avons pu diffuser très vite et dans le monde entier un «test-médias». Qui réfutait la mise en scène et annonçait la résistance du peuple irakien. D’autres dans le monde ont fait pareil. «L’autre vérité» circule beaucoup plus et beaucoup plus vite. Les reportages et analyses d’un Robert Fisk, les témoignages de médecins partis sur place comme Geert van Moorter et Colette Moulaert, les réfutations d’images bidons, les «test - médias» ont pu circuler dans le monde entier. Internet a favorisé la prise de conscience à travers le monde et aidé à rassembler des dizaines de millions de manifestants anti-guerre.
 
        C’est un phénomène nouveau de grande importance. Aujourd’hui, existe la possibilité de réfuter l’info officielle en quelques minutes et très bon marché. 

        A Seattle, en 99, la contestation des altermondialistes avait connu un succès retentissant grâce à l’initiative d’info directe d’Indymedia. Reprise depuis par Indymédia-Belgique et un peu partout. Les échanges et la coopération internationale en sont multipliés. Le véritable potentiel d’Internet n’a pas encore été pleinement exploité pour créer une organisation efficace de la contre-info. Mais c’est en route.
 

La dimension sociale de la désinformation sur la guerre


Pourquoi est-il si important que chacun d’entre nous s’implique dans la bataille de l’info ? Alors que tout est fait pour que, devant nos écrans, nous nous sentions sans pouvoir face à la guerre. Simples spectateurs d’un drame lointain. Mais en réalité, le drame se déroule en même temps ici-même.
 
        Quand Rumsfeld se réjouit que les attentats du 11 septembre lui permettent enfin de sabrer dans la Sécurité sociale pour augmenter les profits de ses amis marchands de missiles, il touche le coeur de la question. La guerre frappe aussi les Américains. Et bientôt les Européens si on laisse se créer cette coûteuse Euro-Armée. 

        Le spectacle de la guerre fascine, hypnotise et sert à faire oublier que les spectateurs sont eux-mêmes victimes. D’abord, Bush, ayant besoin de soldats, vole des jeunes gens à leurs familles. Une partie reviendra dans des sacs en plastique, et les autres traumatisés à vie. Ensuite, il vole aussi les revenus de leurs familles. Car la guerre sert à vider les poches des simples gens pour gonfler les poches des actionnaires. La guerre, c’est moins d’argent pour créer des emplois, pour maintenir la Sécu, pour les soins de santé, les écoles, etc... Et le spectacle CNN sert de tour de passe-passe, de séance d’hypnose pour empêcher toute question sur ce double vol.
 
        CNN et Cie sont véritablement une séance d’hypnose, une prise d’otages. Ils tiennent en haleine la population sur des aspects secondaires de la guerre pendant que, discrètement, un pick-pocket d’Etat leur fait les poches. Le média – système est donc une prison de la pensée, de la réflexion critique, de l’auto – défense. 

        C’est pourquoi la bataille de la critique des médias et pour le droit à l’information ne saurait être l’affaire de quelques spécialistes, mais l’affaire de tous.
 

Avons-nous droit à l’information ?


Dans cette bataille - car l’information n’est pas un cadeau mais un combat - dans cette bataille, il nous semble nécessaire de développer d’urgence l’analyse critique de la propagande de guerre et des intérêts cachés. En premier lieu dans les écoles. L’éducation aux médias devrait faire partie des cours de base. Mais pas sous forme de complaisante autopublicité des quotidiens dans les écoles. Sous une forme réellement contradictoire et analytique. 

        Il ne suffit pas de dire, après les médiamensonges de chaque conflit : «Plus jamais ça!». Il faut chercher sans cesse à comprendre les véritables enjeux économiques et stratégiques de chaque guerre. Démasquer les acteurs qui tirent les fils en coulisses. Nous organiser collectivement au plus vite. Et diffuser le plus largement possible les résultats des test-médias à élaborer ensemble. 

        Le droit à l’information se conquiert.

Michel Collon
michel.collon@skynet.be

(1) Michel Collon, Attention, médias !, EPO, Bruxelles, 1992.
(2) Peter Franssen, Le 11 septembre, EPO, Bruxelles, 2002, p. 126.


Bibliographie:
 
Anne Morelli, Principes de la propagande de guerre, EVO, Bruxelles, 2001.
Edward Herman & Noam Chomsky, Manufacturing Consent, Pantheon, New York, 1988.
Michel Collon, Attention, médias!, Les médiamensonges du Golfe, Manuel Anti-Manipulation, EPO Bruxelles, 1992 – Poker menteur, EPO, 1998 – Monopoly, EPO, 2000. Test-médias Yougoslavie et test-médias Kosovo.
Geoffrey Geuens, Tous pouvoirs confondus, (Médias et capital à l’ère de la mondialisation)
Kosovo et médias, débat avec Jamie Shea, porte-parole de l’Otan, vidéo, Bruxelles, 2000.
Vanessa Stojilkovic & Michel Collon, Les Damnés du Kosovo, vidéo, Bruxelles, 2002.
Ce texte est paru en janvier 2004 dans l’ouvrage collectif Médias et Censure. Figures de l'orthodoxie (Pascal Durand éd.), Liège, Editions de l'Université de Liège, coll. "Sociopolis", ISBN 2-930322-70-5.
 
par R-sistons à la désinformation communauté : journalistes
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Samedi 17 mai 2008


Contre le Venezuela et l'Equateur, Bush nous refait le

 coup des "armes de destruction massive".

Petit inventairede la désinformation.


10 guerres, 10 médiamensonges.



MICHEL COLLON

16 mai 2008

Chaque guerre est précédée d'un grand médiamensonge. Aujourd'hui, Bush menace le Venezuela et l'Equateur. Demain, l'Iran ? Et après, à qui le tour ?
Avec, dans le rôle de la marionnette, le président Uribe, narcotrafiquant et massacreur d'Indiens (quatre millions de déplacés). Lequel Uribe prétend avoir trouvé dans l'indestructible ordinateur de Raul Reyes (FARC) des preuves du soutien de Chavez au « terrorisme » et de militarisation de la région.
Des journaux comme Le Monde répercutent cette campagne de propagande pour la prochaine guerre de Bush. Rappelons simplement combien de fois les mêmes Etats-Unis et les mêmes médias nous ont déjà manipulés. Chaque grande guerre est « justifiée » par ce qui apparaîtra plus tard (trop tard) comme une désinformation. Inventaire rapide...

1. VIETNAM (1964-1975) :
MEDIAMENSONGE :
Les 2 et 3 août 1964, le Nord-Vietnam aurait attaqué deux navires US dans la baie du Tonkin.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
L'attaque n'a jamais eu lieu. C'est une invention de la Maison-Blanche.

VERITABLE OBJECTIF :
Empêcher l'indépendance du Vietnam et maintenir la domination US sur la région.

CONSEQUENCES :
Millions de victimes, malformations génétiques (Agent Orange), énormes problèmes sociaux.

2. GRENADE (1983) :
MEDIAMENSONGE :
La petite île des Caraïbes est accusée de construire une base militaire soviétique et de mettre en danger la vie de médecins US.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Entièrement faux. Le président US Reagan a fabriqué ces prétextes de toutes pièces.

VERITABLE OBJECTIF :
Empêcher les réformes sociales et démocratiques du premier ministre Bishop (qui sera assassiné).

CONSEQUENCES :
Répression brutale et rétablissement de la mainmise de Washington.

3. PANAMA (1989) :
MEDIAMENSONGE :
L'invasion vise à arrêter le président Noriega pour trafic de drogue.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Bien que créature de la CIA, Noriega réclamait la souveraineté à la fin du bail du canal. Intolérable pour les USA.

VERITABLE OBJECTIF :
Maintenir le contrôle US sur cette voie de communication stratégique.

CONSEQUENCES :
Les bombardements US ont tué 2.000 à 4.000 civils, ignorés des médias.

4. IRAK (1991) :
MEDIAMENSONGE :
Les Irakiens auraient volé les couveuses de la maternité de Koweït-City.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Invention totale par une agence publicitaire payée par l'émir du Koweït, Hill & Knowlton.

VERITABLE OBJECTIF :
Empêcher que le Moyen-Orient résiste à Israël et acquière son indépendance envers les USA.

CONSEQUENCES :
D'innombrables victimes par la guerre, puis un long embargo y compris sur les médicaments.

5. SOMALIE (1993) :
MEDIAMENSONGE :
Monsieur Kouchner se « met en scène » comme héros d'une intervention humanitaire.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Quatre sociétés US avaient acheté un quart du sous-sol somalien riche en pétrole.

VERITABLE OBJECTIF :
Contrôler une région militairement stratégique.

CONSEQUENCES :
Ne parvenant pas à la contrôler, les Etats-Unis maintiendront la région dans un chaos prolongé.

6. BOSNIE (1992 - 1995) :
MEDIAMENSONGE :
La firme US Ruder Finn et Bernard Kouchner mettent en scène de prétendus camps serbes d'extermination.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Ruder Finn et Kouchner mentaient. C'étaient des camps de prisonniers en vue d'échanges. Le président musulman Izetbegovic l'a avoué.

VERITABLE OBJECTIF :
Briser la Yougoslavie trop à gauche, éliminer son système social, soumettre la zone aux multinationales, contrôler le Danube et les routes stratégiques des Balkans.

CONSEQUENCES :
Quatre années d'une guerre atroce pour toutes les nationalités (musulmans, serbes, croates). Provoquée par Berlin, prolongée par Washington.

7. YOUGOSLAVIE (1999) :
MEDIAMENSONGE :
Les Serbes commettent un génocide sur les Albanais du Kosovo.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Invention pure et simple de l'Otan comme le reconnut Jamie Shea, son porte-parole officiel.

VERITABLE OBJECTIF :
Imposer la domination de l'Otan sur les Balkans, et sa transformation en gendarme du monde. Installer une base militaire US au Kosovo.

CONSEQUENCES :
Deux mille victimes des bombardements OTAN. Nettoyage ethnique du Kosovo par l'UCK, protégée de l'Otan.

8. AFGHANISTAN (2001) :
MEDIAMENSONGE :
Bush prétend venger le 11 septembre et capturer Ben Laden.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Aucune preuve que ce réseau existe. De toute façon, les talibans avaient proposé d'extrader Ben Laden.

VERITABLE OBJECTIF :
Contrôler militairement le centre stratégique de l'Asie, construire un pipeline permettant de contrôler l'approvisionnement énergétique de l'Asie du Sud.

CONSEQUENCES :
Occupation de très longue durée, et forte hausse de la production et du trafic d'opium.

9. IRAK (2003) :
MEDIAMENSONGE :
Saddam posséderait de dangereuses armes de destruction, affirme Colin Powell à l'ONU, éprouvette en main.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
La Maison-Blanche a ordonné à ses services de falsifier des rapports (affaire Libby) ou d'en fabriquer.

VERITABLE OBJECTIF :
Contrôler tout le pétrole et pouvoir faire chanter ses rivaux : Europe, Japon, Chine...

CONSEQUENCES :
L'Irak plongé dans la barbarie, les femmes ramenées à la soumission et l'obscurantisme.

10 VENEZUELA - EQUATEUR - (2008 ?) :
MEDIAMENSONGE :
Chavez soutiendrait le terrorisme, importerait des armes, serait un dictateur (le prétexte définitif ne semble pas encore choisi).

CE QU'ON SAIT DEJA:
Plusieurs médiamensonges précédents se sont déjà dégonflés : Chavez tirant sur son peuple, Chavez antisémite, Chavez militariste... Mais la diabolisation continue.

VERITABLE OBJECTIF :
Les multinationales US veulent garder le contrôle du pétrole et des autres richesses de toute l'Amérique latine, ils craignent la libération sociale et démocratique du continent.

CONSEQUENCES :
Washington mène une guerre globale contre le continent : coups d'Etat, sabotages économiques, chantages, développement de bases militaires près des richesses naturelles..

CONCLUSION:
Chaque guerre est précédée et 'justifiée' par un grand médiamensonge. Et notre inventaire est loin d'être complet ! Empêcher les guerres, c'est d'abord démasquer ces médiamensonges le plus tôt possible et le plus largement possible. Merci de diffuser ce texte, de le traduire si possible (la version espagnole arrive bientôt), et de nous communiquer ces traductions. Dans la guerre de l'info, la véritable force, c'est vous !

MICHEL COLLON

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Sur les médiamensonges :
Aujourd'hui, beaucoup de ces prétextes de guerre et médiamensonges ont été démasqués. Certains par contre ont la vie dure. Par exemple, sur la Bosnie et la Yougoslavie, nous avons fourni les preuves de la désinformation dans les livres Poker menteur et Monopoly :
Livres
Un résumé dans nos deux test-médias :
Test-médias
Egalement dans notre débat public avec Jamie Shea, porte-parole de l'Otan (en DVD) : nessa.kovic@skynet.be

Sur les médiamensonges en général, voir notre rubrique :
Attention, médias!

Sur les médiamensonges à propos du Venezuela et de la Colombie, voici quelques articles :
"Chavez narco-trafiquant" ? Washington orchestre la diabolisation. Avant d'attaquer ?
par Salim Lamrani
Narco-trafiquant?

Le travail silencieux de la CIA en Bolivie et au Venezuela
par Eva Golinger
CIA

Les mensonges du Monde à propos du Venezuela
par Thierry Deronne
Mensonges du Monde

Portrait du président Uribe
par Hernando Calvez Ospina
Uribe

Bruit de bottes et rideau de fumée en Amérique latine
par Jean - Luc Melenchon
Melenchon

Misère du journalisme face au Venezuela
Interview de Maurice Lemoine
Lemoine

Chavez - Juan Carlos : les phrases censurées par Le Monde et autres médias européens
par Romain Migus
Chavez & Juan Carlos




 

ATTENTION MEDIAS ! >> COMMANDER
Les médiamensonges du Golfe - Manuel anti-manipulation
  Table des matières
  Extraits du livre (8 documents)

Et vous ? Aussi Satisfait que le président ?
"Le président Bush
Découvrez comment on a manipulé
pense que la
l'opinion, comment on a fabriqué chacun
couverture médiatique
des médiamensonges de la guerre du
de cette guerre est
Golfe. Apprenez à les repérer vous-
extraordinaire"
même ...
(CNN, 26 janvier 1991)

Ce livre examine à la loupe les médias français (Le Monde, TF1, Antenne 2, ect.) et les belges (Le Soir, RTBF, RTL). Ce que ces médias vous ont dit avant et pendant la guerre du Golfe est systématiquement confronté à d'autres sources : dépêches d'agences, médias internationaux, envoyés spéciaux, témoins directs ...

Un constat accablant, preuves en mains. Le processus de fabrication des médiamensonges est reconstitué et démonté sous vos yeux. Bilan consternant, qui surprendra les plus avertis. Sur chaque épisode, sur chaque enjeu du conflit, on nous a gravement manipulés. Mais que vaut une "opinion publique" basée sur cette information propagande ?

A partir de l'exemple du Golfe et d'autres, ce livre vous donne les moyens de tester vos médias. De repérer les manipulations dans votre journal ou votre TV. Un manuel d'autodéfense en quelque sorte ...

ISBN: 2-87262-087-7
1992 - 4ème éd. 2000
pb (21 x 29,5 cm) - 304 p.
25.00 euros.
!!! épuisé !!!
 
Pour vous permettre de tester les médias. Leur influence sur vous et vos amis.
A utiliser sans modération autour de vous.
 
Pourquoi tester les médias ? Comment ça a commencé… L'avis d'un prêtre
Votre vécu, vos réactions Le droit à l'information : un combat Projets, contact
 
Kosovo : humanitaire ?

++ Voir les documents relatifs à ce Test - Média ++
Yougoslavie : Que valait notre info ?

++ Voir les documents relatifs à ce Test - Média ++
Saddam, les médias et nous

 
Pourquoi tester les médias ?
Notre objectif : fournir des instruments concrets pour répondre aux grandes questions que chacun de nous se pose :
1. Les grandes infos qui font basculer l'opinion sont-elles correctes ?
2. Par quels procédés peut-on manipuler le public, 'diaboliser' l'adversaire et justifier une guerre injuste ?
3. Nous cache-t-on des données essentielles (histoire, géographie, intérêts économiques) ?
 
Comment ça a commencé...
En 1991, avec une dizaine de personnes d'horizons divers, nous testons Le Monde, TF1, Antenne 2 et, en Belgique, Le Soir et les JT RTBF et RTL sur leur couverture de la guerre du Golfe n° 1. Ce bilan sera publié dans " Attention, médias ! (Manuel anti-manipulation) ".
 
L'avis d'un prêtre progressiste
" Quand je vois ce que disent les médias sur mon pays que je connais bien, je me
dis que je ne dois rien croire de ce qu'ils disent sur d'autres pays que je ne connais pas !
" confiait, il y a vingt ans, Ernesto Cardenal, prêtre et ministre du gouvernement progressiste du Nicaragua.
    Son pays était alors agressé très brutalement par les Etats-Unis : boycott et sabotage économique, minage des ports et financement des " contras ", une armée de mercenaires chargée de terroriser la population. Afin qu'elle cesse de soutenir ce gouvernement de gauche qui avait gagné les élections et osé prendre quelques mesures d'indépendance et de progrès social, s'attirant ainsi la colère des multinationales US.
    Et en plus de toutes ces attaques, ce Nicaragua progressiste se retrouva également victime d'une terrible agression des grands médias internationaux qui diabolisaient son gouvernement. Cette guerre médiatique aida les USA à renverser ce gouvernement sandiniste et à ramener le pays dans la soumission et la misère.
  Fruit d'une expérience amère, le conseil de Cardenal était donc un avertissement solennel à tous les peuples du monde !
 
Votre vécu, vos réactions
Vous-même, ou l'un de vos proches, avez peut-être subi cette souffrance : savoir ce qui se tramait derrière les médiamensonges orchestrés, mais ne rien pouvoir faire tant était forte la propagande ?
    Vous vous sentez victime des médias ? Communiquez-nous votre expérience. De façon très concrète, précise, et documentée si possible. Et si vous utilisez les test - médias, faites-nous part de vos résultats.
 
Le droit à l'information : un combat
Voir l'article lié ici. (voir article suivant)
 
Que faire ? Nos projets :
Il ne suffit pas de dire " Plus jamais ça ! " après chaque guerre et ses médiamensonges. Il faut sans cesse chercher à comprendre les véritables enjeux économiques et stratégiques de chaque guerre. Démasquer les acteurs qui tirent les ficelles en coulisses.
    Et pour cela, nous organiser collectivement. Pour enquêter au plus vite, et diffuser rapidement et largement les révélations sur les manipulations. Pour aider chacun à trouver des infos fiables.
    Si vous avez des connaissances, des témoignages, des documents, des " personnes-ressources ", si vous avez envie de participer à la rédaction, aux traductions, à la diffusion, contactez-nous !

suite article suivant : Le droit à l'information

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Mensonges sur Cuba. Cuba et Amnesty International.

Voici ma dernière interview.

Merci de diffuser.

Salim Lamrani

 

Un journaliste place Cuba sur le podium des droits humains

 

Par Benito Pérez

Le Courrier (Genève)

 

PARUTION • En faisant une lecture comparative du Rapport 2006 d’Amnesty International, le journaliste français Salim Lamrani juge infondées les sanctions dictées en 2003 par l’Union européenne contre le gouvernement cubain. Comparaison est-elle raison?

 

Le 5 juin 2003, l’Union européenne (UE) dictait des sanctions diplomatiques contre le gouvernement cubain. Il s’agissait, pour Bruxelles, de condamner l’incarcération, deux mois auparavant, de 75 dissidents, considérés par la justice cubaine comme des agents de Washington. Plus largement, l’UE critiquait la «violation des droits humains» à Cuba, et réaffirmait sa position commune adoptée en décembre 1996, exigeant de La Havane une « transition pacifique vers le pluralisme démocratique» et «des politiques économiques » plus efficientes.

 

Bien que suspendues en 2005, ces mesures, et plus globalement l’ingérence européenne à l’égard de Cuba, sont restées en travers de la gorge du journaliste français Salim Lamrani. Ce spécialiste des relations USA-Cuba (1) y perçoit l’incapacité de l’UE à adopter une politique étrangère « rationnelle, constructive et indépendante ».

 

Pour le prouver, Salim Lamrani s’est lancé dans une périlleuse aventure. A l’aide des rapports d’Amnesty International (2), son dernier ouvrage Double Morale (3) met en balance les violations des droits humains à Cuba avec celles commises dans les autres pays d’Amérique. Une approche relativiste qui montre rapidement ses limites mais a le mérite d’alimenter le débat sur l’instrumentalisation des droits humains par les puissances occidentales.

 

Utiliser les rapports d’une ONG des droits humains pour défendre Cuba n’est pas commun.

Salim Lamrani: J’ai voulu démontrer l’hypocrisie de la position européenne, qui ne s’appuie pas sur une réalité factuelle précise. Pour ce faire, je me suis basé sur le travail reconnu d’une ONG prestigieuse, Amnesty International, très contestée par le gouvernement cubain, qui refuse de l’inviter depuis 1988. J’ai même décidé de m’arrêter aux seuls droits civils et politiques, bien qu’il y aurait beaucoup à dire sur les droits sociaux et culturels...

 

Les droits civils et politiques seraient-ils respectés à Cuba?

Ne comptez pas sur moi pour tenir ce discours. Amnesty répertorie un certain nombre de violations. Je publie d’ailleurs in extenso le rapport 2006 de Cuba dans mon livre. Mais le résultat de la comparaison avec les autres pays est édifiant : s’il y a une spécificité cubaine en matière des droits humains, c’est qu’ils y sont mieux respectés qu’ailleurs !

 

C’est-à-dire?

Les violations à Cuba sont non seulement moins nombreuses mais aussi moins graves: on ne relève aucun cas d’assassinat politique à Cuba, ni d’exécution extrajudiciaire, aucun déplacement forcé, aucun cas de torture, aucun syndicaliste assassiné, aucun cas de disparition forcée, aucun massacre de paysans, aucun viol commis par la police, pas d’esclavage, pas d’assassinat d’enfants, etc., etc. Autant de crimes qui figurent dans les rapports des autres pays du continent. Pensez à la Colombie, au Brésil, au Mexique, à la Bolivie!

 

La position européenne n’est-elle pas surtout motivée par l’absence de démocratie politique à Cuba?

Le vrai problème pour Bruxelles tient dans le fait que le gouvernement cubain soit revenu sur certaines initiatives qu’il avait laissées au secteur privé durant la décennie précédente. Ce qui dérange l’Europe, c’est le système économique et social cubain.

 

Mais ses dernières sanctions datent de l’incarcération de 75 dissidents.

Cela a servi de prétexte. Ces personnes n’ont pas été arrêtées pour leurs opinions, mais parce qu’elles recevaient un financement de la part d’un Etat étranger. Comment expliquer, sinon, qu’un dissident aussi critique qu’Oswaldo Paya n’ait jamais été inquiété? Simplement parce qu’on n’a jamais prouvé qu’il était stipendié par une puissance étrangère. N’oublions pas que les Etats-Unis tentent depuis 1959 de fabriquer et d’orienter une opposition interne à Cuba. La législation des Etats-Unis est claire: tant la loi Torricelli de 1992 que la loi Helms-Burton de 1996 prévoient un budget à cet effet. Un rapport US de 2006 l’évalue à 80 millions de dollars.

 

Admettons que les critiques des Etats cachent des intérêts politiques. Mais Amnesty relève tout de même 58 prisonniers politiques...

C’est le seul désaccord que j’ai avec le rapport d’Amnesty: du moment que ces personnes sont stipendiées par un Etat étranger, ce sont des agents, non des dissidents. D’ailleurs, Amnesty a reconnu en 2007 que ces prisonniers avaient été financés par les Etats-Unis (4).

 

Pourquoi Human Right Watch (HRW) met-elle aussi en exergue les violations cubaines?

HRW a un rapport assez critique à l’égard de Cuba, mais là aussi, je vous invite à comparer avec les autres pays!

 

HRW écrit pourtant: «Cuba demeure le seul pays d’Amérique latine qui réprime presque toute forme de dissidence politique».

Très bien! Mais la réalité démontre le contraire: il n’y a pas une semaine sans qu’on lise une interview de la célébrissime dissidence cubaine dans la presse internationale. Tous les dimanches, les célébrissimes «Dames en blanc» défilent sur Quinta Avenida (à La Havane, ndlr), sans qu’il y ait le moindre problème. A Cuba, il n’y a pas de brigades antiémeute, ce sont de simples policiers qui encadrent les rassemblements. Ce qui n’empêche pas les images de la moindre de leurs interventions de faire le tour du monde.

 

Il y a des cas de manifestations interdites.

En France, tous les jours on interdit des manifs.

 

Mais qu’est-ce qui pousse HRW à affirmer que: «Les citoyens cubains se voient systématiquement empêchés d’exercer leurs droits fondamentaux: liberté d’expression, d’association, de presse», etc.?

Il faudrait le leur demander... Si par liberté d’expression, on entend: accorder le «20 heures» aux dissidents, il n’y a pas non plus de liberté en France: jusqu’à présent on me l’a toujours refusé. HRW se trompe lourdement. La liberté de la presse, c’est quoi? Laisser les médias aux seuls groupes économiques privés?

 

PROPOS RECUEILLIS PAR BENITO PEREZ

 

1 Il est notamment l’auteur de Washington contre Cuba (2005), éd. Le Temps des Cerises.

 

2 Disponibles à l’adresse: www.amnesty.org/fr/library/info/IOR61/015/2006/fr

 

3 Double Morale, Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme, éd. Estrella, Paris, 2008.

 

4 Nous n’avons pas trouvé trace de cette affirmation. En revanche, Amnesty affirme que « le seul crime commis par ces 58 personnes est d’avoir exercé de manière pacifique leurs libertés fondamentales » et « les considère comme des prisonniers d’opinion », condamnés après des «procès inéquitables ».

[Note de Salim Lamrani : Amnesty a bien reconnu que les 58 personnes avaient été condamnées « pour avoir reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba ». Source : Amnesty International, « Cuba. Cinq années de trop, le nouveau gouvernement doit libérer les dissidents emprisonnés », 18 mars 2008. http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/cuba-cinq-ann%C3%A9es-de-trop-le-nouveau-gouvernement-doit-lib%C3%A9rer-les-dissid(site consulté le 23 avril 2008).]

 

 

Double morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme. Paris : Editions Estrella, 2008. 123 pages. 10 euros. Disponible auprès de lamranisalim@yahoo.fr




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Portrait de l’apocalyptique copain de McCain -

Double traitement de l'information !

Il est assuré qu’on pourrait distinguer une certaine disparité de traitement public des liens entre Obama et le pasteur Wright, qui ont fait l’objet d’un
scandale national, et des liens entre John McCain et le pasteur John Hagee, qui n’ont fait l’objet d’aucun scandale, nationale, régional ou local. Cela en dit déjà pas mal sur l’orientation des indignations aux USA.

… Cela en dit plus long encore lorsqu’on sait que McCain a pris certaines distances de Hagee sur certains problèmes et certaines déclarations, mais pas sur tous, et notamment pas sur ce qu’Hagee dit d’Israël, et lorsqu’on lit ce qu’Hagee dit d’Israël. Hagee a une approche absolument apocalyptique, annonçant et, sans doute, souhaitant qu’Armageddon se déclenche en Israël, en attendant le Messie et le reste. (Le soutien de McCain à Hagee sur cette question d'Israël fut notamment exprimé le 29 avril sur CNN : «I'm grateful for his commitment to the support of the state of Israel, and I'm very grateful for many of his commitments around the world, including to the independence and freedom of the state of Israel.»)

Nantis de cette sérieuse référence, il était bon de découvrir dans quels termes et selon quelles perspectives Hagee soutient Israël. Le site Politioco.com a simplement eu l’idée d’aller consulter la littérature du pasteur Hagee. Il nous expose le résultat de ses investigations le 15 mai. (On appréciera tout de même comme une nouvelle absolument succulente l’identification de l’Antéchrist en la personne du prochain et premier président de l’UE. Dommage qu’il y ait de fortes chances que ce ne soit pas Blair, récemment converti au catholicisme après ses exploits de Premier ministre.)

«Hagee, who leads the evangelical group Christians United for Israel, is a proponent of U.S. aid and support for Israel, and he is a major ally of Israeli conservatives who reject any “land for peace” formula in dealing with the Palestinians. But Hagee is viewed with distrust by some Jews and Israelis because his brand of Christian Zionism closely links support for Israel to the end of the world and the conversion of the Jews to Christianity.

»Hagee’s predictions are very clear. Armageddon, the final battle, could begin, he wrote in his 2007 book ''Jerusalem Countdown,'' “before this book gets published.”

»The Antichrist “will be the head of the European Union,” he writes.

»Using geographical calculations based on the Book of Revelation, he writes that Israel will be covered in “a sea of human blood” in the final battle.

»The Jews, however, will survive the battle, Hagee says, long enough to have “the opportunity to receive Messiah, who is a rabbi known to the world as Jesus of Nazareth.” “They will be blessed beyond their wildest imagination,” he writes.

»A spokesman for McCain, Brian Rogers, said, “John McCain’s commitment to the state of Israel is clear, and he respects Pastor Hagee's commitment as well.

»“As he has said many, many, many times, when folks endorse John McCain it doesn't mean he endorses all of their views,” Rogers said.»

Il faut ajouter que Hagee ne fait pas l’unanimité chez les juifs américains. Ses visions apocalyptiques et millénaristes ne rassemblent pas tous les suffrages. Il n’empêche, elles sont beaucoup plus en accord avec les tendances américanistes actuelles que la vision critique de l’américanisme du révérend Wright. Par conséquent, on s’abstient de critiquer trop ouvertement le pasteur Hagee.


Mis en ligne le 16 mai 2008 à 12H12

http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=5127


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Médias EU manipulés pendant la guerre d' Irak


Pendant six longues années, le Pentagone a délibérement intoxiqué et manipulé les médias qui couvraient la guerre en Irak. Objectif : influencer l’opinion publique américaine. Doug Ireland revient dans le détail sur ce scandale encore tabou aux Etats-Unis. C’est une histoire digne d’un roman de George Orwell. Entre 2002 et la fin avril 2008, le Pentagone a fait infiltrer toutes les grandes chaînes de télévision américaines par 75 gradés de l’armée à la retraite. Tous avaient été embauchés par ces médias comme analystes et c’est l’ancien secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, [...]

http://www.marcfievet.com/article-19609246.html



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Mes autres blogs :



Mon blog de référence,
(Le blog de la résistance) :

R-sistons à l'intolérable
http://r-sistons.over-blog.com
 
et aussi :

R-sistons à l'actualité
http://r-sistons-actu.skynetblogs.be

Eva coups de coeur blogs
http://eva-coups-de-coeur.over-blog.com

par R-sistons à la désinformation communauté : Libre expression
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Vendredi 16 mai 2008




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Sarkozy et TV5

Sarkozy , l'ami de la presse ?



de Slovar
http://slovar.blogspot.com
Lu sur http://bellaciao.org

On a beaucoup parlé ces derniers jours des propos que le Président de la République avait tenu au sujet de la presse française. Pour ceux qui auraient raté un ou plusieurs épisodes, nous leur proposons un retour sur info :

1er mai. Un porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, écrit au patron de l’AFP pour se plaindre. L’un de ses communiqués, évoquant la condamnation de Ségolène Royal dans un procès intenté par 2 ex-collaboratrices, n’a pas été relayé par l’agence de presse. Grosse colère du responsable UMP ... à laquelle l’AFP répond qu’elle ne saurait "répercuter systématiquement les très nombreux communiqués qu’elle reçoit"

Mercredi soir, l’UMP réagissait à une condamnation par les syndicats de l’AFP de "pressions exercées par le porte-parole Frédéric Lefebvre".

7 mai. Le président de la République parle de " censure " de la part de l’AFP. Quelques heures auparavant, lors d’une réception à huis clos des députés UMP à l’Elysée, Nicolas Sarkozy s’en était pris à plusieurs médias, avaient rapporté plusieurs participants.

Selon eux, le président a accusé le Parisien, l’Express et l’AFP de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation Ségolène Royal, son adversaire en 2007. Il a aussi, selon plusieurs témoignages, reproché au Journal du Dimanche de ne pas avoir publié dans son édition papier un sondage plus positif que les autres sur sa récente intervention à la télévision . Il a encore visé Marianne, dont la dernière "Une" titrait, sur une photo du président, "Putain 4 ans !".

9 mai. Le patron de l’AFP, Pierre Louette, a défendu ses journalistes. Il a estimé que son agence de presse n’avait pas "vocation à devenir une machine à diffuser des communiqués". Ce dont se sont félicités les syndicats

11 mai. Christine Albanel ministre de la Culture dans un entretien au JDD revient sur le différend qui oppose l’UMP à l’AFP Elle affirme que l’agence de presse "n’est pas une machine à reproduire des communiqués". Et d’ajouter : "Il est normal que les journalistes sélectionnent et hiérarchisent l’information à la condition de maintenir l’équilibre des expressions politiques".

Mais elle propose que "l’AFP mette à disposition de ses abonnés l’ensemble des communiqués de presse des partis et des organisations syndicales sur un espace spécifique ", via un nouveau service.

ça c’est en France. Mais savez-vous qu’au Canada, notre Président déchaîne également les passions ?

Nous vous donnons ci-dessous lecture de l’intégralité d’un article de Nathalie Petrowski journaliste à La Presse qui évoque les excellents rapports qu’entretient Nicolas SARKOZY avec les media de "la Belle Province"

La voix de la France ou de Lafrance ? - 19 avril 2008

À défaut d’être à la tête d’une télé qui diffuse 24 heures sur 24 des programmes consacrés à sa personne, le président Sarkozy a décidé de jeter son dévolu sur un joli petit joujou du nom de TV5, le plus grand partenariat télévisuel au monde.

L’été dernier, le président s’est non seulement mis en tête que TV5 était la télé de l’avenir, mais qu’elle devait subir un sérieux lifting. Comment? En cessant d’être le fourre-tout de la francophonie pour devenir la voix de la France. La voix officielle de la France.

Pour que cette voix ait plus de poids, Sarko a proposé que TV5 fasse partie du nouveau holding audiovisuel France Monde en compagnie de France 24 (la chaîne d’information continue) et de RFI (Radio France Internationale).

En clair, cela signifiait deux choses : bye-bye, les bulletins d’informations de Bernard et de ses amis belges et suisses, diffusés aux quatre coins de la francophonie. Bye-bye, l’indépendance rédactionnelle de la programmation qui varie avec chaque partenaire et chaque pays. Bonjour, la centralisation. Bonjour, c’est Paris qui décide et vous n’avez rien à dire. Bonjour, le journal de David Pujadas diffusé en boucle jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Il n’en fallait pas plus pour que les Belges, Suisses et Québécois qui financent en partie TV5 grimpent dans les tours satellites en hurlant leur opposition à ce projet d’impérialisme télévisuel à la sauce Sarko. Pas question que TV5 devienne la voix unique et unilatérale de la France et que le Canada, la Suisse, la Belgique et le Québec soient de pauvres figurants dans le film de France Monde, ont-ils tonné.

C’était il y a six mois. La crise dure depuis ce temps-là. Elle devait en principe se régler cette semaine avec la réunion à Paris du conseil d’administration de TV5. Le président sortant, un certain Bonnemain, devait remettre sa démission et céder sa place à un certain Alain de Pouzilhac, le nouveau président de France Monde. Celui-ci était censé jurer devant les partenaires étrangers que le prochain directeur de TV5 pourrait gérer ses affaires en toute liberté à l’écart du holding de France Monde.

Sauf qu’à la dernière minute, Pouzilhac a changé d’idée et réclamé les pleins pouvoirs comme son prédécesseur. Les partenaires étrangers se sont levés pour réclamer à leur tour... une pause café. Ils ne sont jamais revenus.

Pendant ce temps-là, de l’autre côté de l’océan, profitant d’un séjour en sol québécois, un dénommé Joyandet, secrétaire d’État français chargé de la Francophonie, a eu une idée de génie. Il a lancé un nom comme on lance un ballon ou un bonbon : celui de Sylvain Lafrance, l’actuel VP de Radio-Canada qui, selon le secrétaire d’État, ferait un excellent directeur pour TV5.

C’est ainsi qu’au plus fort de la crise, le secrétaire d’État a chassé la vision apocalyptique d’une télé dictatoriale mandatée pour être la voix de la France. Il l’a remplacée par l’image apaisante d’un Lafrance québécois la gouvernant en toute liberté.

La stratégie était brillante, mais nous ne sommes pas dupes. L’important, ce n’est pas que TV5 soit gérée par un Lafrance, un Lafond ou même un Lapin. L’important, c’est que le prochain directeur général de TV5 ait les pleins pouvoirs et qu’il ne soit pas soumis à la loi d’aucun holding. Tant que ce ne sera pas le cas, le secrétaire d’État à la Francophonie peut garder ses bonbons pour lui, merci.

Décidément tout est possible, y compris ... se mettre la francophonie à dos en en seule année de mandat

Merci qui ?

http://lecarnavaldarthenice.blog.fr/2008/05/15/l-ami-de-la-presse-4175895



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La presse française et l'armée libanaise



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