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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 04:25

 

Désinformation de l'Occident, voir plus bas 

 

 

Durée : 33min 40sec | Postée : Il y a 5 jours | Chaîne : Voix de la Russie



Bienvenue pour cette nouvelle édition du journal télévisé de La Voix de la Russie. Ce rendez-vous hebdomadaire en français vous présente les actualités russes, françaises et internationales sous l’angle de la réinformation. Contrairement à une vision tronquée et manichéenne de l’information délivrée par le mainstream médiatique français, nous nous efforcerons de vous faire percevoir que la vérité n’est jamais toute entière du même côté…

Au sommaire de cette édition du 24 décembre 2012 :
  • François Hollande en Algérie : mais où est passé la France ?
  • Astérix et Obélix ont quitté la France vaincus par le fisc
  • Vladimir Poutine face à la Presse : 4h30 sans tabous ni langue de bois
  • La BCE, illégitime et sans contrôle a désormais la haute main sur les banques privées européennes
  • A quoi, ou plutôt à qui sert la Cours Pénale Internationale ?
En bref mais en détails :
  • Liste Magnitsky : la Douma répond à la bergère
  • Les USA verrouillent toujours le Web
  • L'OCDE veut libérer la Femme en la mettant au travail
  • Tolstoï, prolonge son séjour à Reims jusqu'à fin Janvier 2013

. -Voir le site 

 

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La parution complète ici

avec la vidéo du film Le cuirassé Potemkine :

 

 

Voix de la Russie sur la politique: France, monde, Tribunal la Haye (vidéo)

 

 

 

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vladimir poutine

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Sur ce site, entre autres,

C’est toujours à l’Est que se lève le monde
http://www.prorussia.tv/C-est-toujours-a-l-Est-que-se-leve-le-monde_a48.html
Intervention de Vladimir Poutine

http://www.prorussia.tv/Intervention-de-Vladimir-Poutine_a50.html

 

Itar-Tass : arme de réinformation massive !

http://www.prorussia.tv/Itar-Tass-arme-de-reinformation-massive-_a49.html

 

Rechercher la vérité à l’abri des intérêts de domination

http://www.prorussia.tv/Rechercher-la-verite-a-l-abri-des-interets-de-domination_a51.html

 

Ce qu’on ne veut pas voir, il faut le nier !

http://www.prorussia.tv/Ce-qu-on-ne-veut-pas-voir-il-faut-le-nier-_a52.html

 

Le monopole sur les médias globaux, une violation du droit à l'information des Africains.

http://www.prorussia.tv/Le-monopole-sur-les-medias-globaux-une-violation-du-droit-a-l-information-des-Africains_a53.html

 

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-Voir le site 

 

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 17:32

 

Denis Olivennes, président du directoire du Nouvel Observateur (AFP)

 

 

Vingt questions autour de la reprise du Monde,

par Denis Olivennes, du Nouvelobs,

mal placé pour traiter le sujet ! Puisqu'il censure

des blogueurs comme moi.... eva R-sistons à la censure

et aux médias aux ordres du libéralisme militaro-financier.

 

 

Un certain nombre de choses ont été écrites autour des projets de Claude Perdriel et du rôle qu’il souhaite jouer pour assurer l’avenir et l’indépendance du Monde. Voici les réponses à vingt questions qui se posent à ce propos. Par Denis Olivennes.

 

1) Claude Perdriel a confirmé son intérêt pour le rachat du groupe Le Monde. Quel sens a ce projet ?

DO : Un énorme sens ! Un groupe de presse de centre gauche, puissant, indépendant de tous les pouvoirs : le gouvernement, les partis, le CAC 40, la banque... Cela permettrait aux différents titres papier et web -Le Monde, Télérama, Courrier International, mais aussi le Nouvel Observateur, Challenges, Science et Avenir- de mieux se défendre sur le plan économique dans une période difficile pour la presse. Et aussi de mieux protéger leur liberté éditoriale. Voilà ce qui a motivé Claude Perdriel, avec l'assentiment complet de Jean Daniel. C’est une occasion historique.

 

2) Les journalistes du Monde ont fait savoir que la question de leur indépendance était effectivement décisive. En quoi la garantissez-vous ?

DO : Franchement, je ne vois pas quelle meilleure protection ils auraient. Nous ne dépendons que de nous mêmes.  Aucun conflit d’intérêt de quelque nature que ce soit puisque nous sommes dans la presse et dans une petite activité industrielle dont les marchés sont essentiellement à l’étranger, qui n’est pas cotée et ne reçoit aucune commande ni subvention publiques. Personne n’a de prise sur nous. Claude et moi ne sommes membres d’aucun parti, syndicat, association, club politique ou que sais-je encore. Claude Perdriel a dit aux journalistes du Monde ou de Télérama qu’il a rencontrés : "jugez moi sur les actes, pas sur les paroles. Cela fait 45 ans que la rédaction du Nouvel Observateur vit en pleine indépendance et Dieu sait si les pouvoirs politiques successifs, y compris de gauche, et les forces économiques ont exercé des pressions. Ce n’est pas à mon âge que je ne vais changer de philosophie".

 

3) Vous concernant, ces mêmes journalistes se demandent comment, avec votre propre parcours, une entreprise de cette taille peut vous intéresser et si vous n’avez pas d’autres ambitions.

DO : Ce choix, je ne l’ai pas fait maintenant à l’occasion de ce projet de reprise du Monde mais il y a deux ans en rejoignant Claude Perdriel. C’est un choix profond, d’existence. Si j’avais voulu faire autre chose –de la politique, des grandes entreprises– je l’aurais fait, l’occasion m’en a été donnée. Mais le projet de Claude est beaucoup plus exaltant, il a beaucoup plus de sens pour moi. Je crois qu’on change bien davantage la vie par une presse libre et critique.  Et c’est un honneur d’y consacrer son énergie. La justice par la vérité comme disait à peu près Camus.

 

4) Roulez-vous pour le PS ou l’un de ses candidats ?

DO : Nous ne roulons pour personne. Le militantisme est incompatible avec la liberté de la presse. Il ne nous déplait pas de déplaire.

 

5) Quels sont vos liens avec le président de la République ?

DO : Ceux qu’entretient le premier hebdomadaire d’opposition avec le pouvoir : une vigilance critique, sans aveuglement partisan mais sans aucune complaisance. Et aucun lien personnel, cela va sans dire. Pas plus qu'avec Martine Aubry ou Dominique Strauss-Kahn d'ailleurs.

 

6) Avez-vous pris des engagements sur l’indépendance des rédactions ?

DO : Les principes seront écrits noir sur blanc et ils sont simples. Un : la gestion relève des seuls actionnaires et du seul management. Deux : l'autorité rédactionnelle relève des seuls journalistes. Au Monde, par exemple, seul le Directeur a le pouvoir rédactionnel. Et il doit recueillir le suffrage de sa rédaction au moment de sa désignation.

 

7) Les journalistes du groupe Le Monde s’interrogent sur le rôle que vous jouerez dans le dispositif ?

DO : Si notre solution était retenue, je ne m'occuperais ni de près ni de loin du contenu rédactionnel d’aucun des titres. J’en ai pris l’engagement, confirmé par Claude. Nous l’écrirons. Croyez-moi, il y aura assez à faire, de toute façon, sur la gestion !

 

8) Et qu'adviendrait-il des dirigeants actuels ?

DO : Là aussi, Claude a été clair. Louis Schweitzer, s’il le veut bien, demeurera à la présidence du Conseil de Surveillance. Eric Fottorino et David Guiraud continueront eux aussi à accomplir leur mission au sein du Directoire. Beaucoup a été fait pour redresser le Monde depuis deux ans. Nous aurons besoin de tous pour poursuivre et amplifier cette tâche. Et moi, mon rôle sera d’aider autant que je le peux à pousser la mêlée.

 

9) Claude Perdriel a-t-il les moyens de faire face aux besoins de financement d'un groupe qui perd 10 millions d'euros par an et a 100 millions d'euros de dettes ?

DO : Le groupe familial de Claude Perdriel est extrêmement solide. Il dispose de plus de 100 millions d'euros de fonds propres, à zéro dette, croît de 5% par an en moyenne, et dégage une trésorerie disponible de 10 à 15 millions d'euros chaque année ! J'ajoute qu'il n'est pas question que le Groupe Le Monde continue de perdre de l'argent.

 

10) Mais pourquoi réussiriez vous là où tant d’autres ont échoué ?

DO : Nous ne ferons cette opération que si les conditions préalables du redressement sont réunies. La première d’entre elles est un actionnaire de contrôle et un management qui a les coudées franches.  Ensuite, le désendettement. A partir de là, notre analyse est que le redressement est possible. Surtout si, ensemble, Groupe Nouvel Observateur et Groupe Le Monde, nous associons nos forces pour augmenter notre puissance de négociation sur la publicité, les achats, l'impression, la gestion des abonnés, etc. Nous pèserons ensemble 500 millions d'euros de chiffre d'affaires et plus d'1,5 million d'abonnés.

 

11) Allez-vous développer la partie numérique ?

DO : Evidemment. Nous regrettons d’ailleurs que Le Monde n’ait pas 100% de sa filiale numérique. Nous aimerions bien rediscuter de cela avec le Groupe Lagardère.

 

12) Et quand on vous dit, comme certains, que c’est une folie d’investir aujourd’hui dans la presse,  notamment dans la presse quotidienne ? Ou même que cela peut se révéler dangereux pour le Nouvel Observateur et les autres titres du groupe Perdriel ?

DO : Je réponds qu’il y a des gens qui perdent de l’argent dans des secteurs en pleine expansion et d’autres qui en gagnent dans des secteurs en repli ! C’est une affaire de bonne gestion. De ce point de vue, les gains d’échelle avec l’Obs sont très utiles pour les deux groupes.

 

13) Mais la partie presse du groupe de Claude Perdriel perd de l’argent.

DO : Nous avons engagé depuis deux ans des mesures importantes d’adaptation en particulier des départs dont l’indemnisation pèse sur les comptes. En dehors de ces charges exceptionnelles, la presse papier a dégagé en 2009 un résultat d’exploitation positif de près de 1 million d’euros, alors que, comme tout le monde,  nous avons subi un recul de 20% de nos recettes publicitaires du fait de la crise.  Nos sites, eux, perdent encore de l’argent.

 

14) Claude Perdriel n'a pas 20 ans. Comment garantissez-vous l'avenir ?

DO : Il est en grande forme, je vous l'assure. Mais de toutes les façons, ce projet a le plein soutien de ses enfants. Et de son épouse, qui participe d'ailleurs à toutes les réunions et n'est pas la moins enthousiaste.

 

15) Certains voient l’ombre d’Alain Minc derrière le projet de Claude Perdriel ?

DO : C'est drôle, ce fantasme Alain Minc. C'est comme s'il était le Dieu - ou plutôt le Diable - caché de cette affaire. On voit sa main partout. Nous n'avons eu aucun contact avec lui.

 

16) Mais le rapprochement entre vous et Prisa ou Benedetti, ce n’est pas son œuvre ?

DO : Claude Perdriel et Jean Daniel connaissent El Pais ou La Repubblica depuis trente ans !  L'univers des journaux indépendants de centre gauche est un petit monde en Europe. Juan Luis Cebrián  est un ami de Jean et de Claude depuis le milieu des années 70. Eugenio Scalfari et Carlo Caracciolo, aujourd’hui décédé, les fondateurs de la Repubblica,  aussi. Parler avec ces groupes est la chose la plus naturelle qui soit.

 

17) Vous vous êtes donc rapprochés d'eux ?

DO : Nous nous sommes parlé amicalement.

 

18) Qu’avez-vous à dire ou à proposer qui puisse convaincre Le Monde de vous choisir vous plutôt que les autres ?

DO : Cela ne se pose pas en ces termes. Nous devons nous choisir mutuellement car ce qui doit être fait est difficile et suppose d’aller à la bataille ensemble, solidairement. Nous, nous n'irons que si les conditions sont réunies. Et parmi celles-ci, il y a le plein assentiment de la rédaction. Claude a dit une chose très forte à la Société des Rédacteurs du Monde : "je respecterai votre choix quel qu’il soit car je considérerai que vous l’avez fait dans l’intérêt du Monde et l’intérêt du Monde est plus important à mes yeux que le mien".

 

19) Est-ce qu’on peut avoir une idée du calendrier des opérations ?

DO : Tout cela doit se décider vite sur le principe car les échéances de trésorerie du Monde sont avant la fin de l’été. Ensuite, il y aura bien sûr une période de vérification des contrats, des chiffres etc.,  avant la finalisation.

 

20) Qui décide au Monde ? Et comment ?  Quel est le poids des actionnaires ? De la rédaction ? Conserve-t-elle un droit de véto?

DO : La rédaction joue un rôle déterminant dans la société qui possède 60% du Monde SA. La décision passe nécessairement par elle.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com//actualite/media/20100525.OBS4475/vingt-questions-autour-de-la-reprise-du-monde.html

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 05:58



 
 

Fort avec le faible, faible avec le fort, 
l'anticonformisme de la revue Médias

Dans son dernier numéro (été 2009, n° 21), la revue Médias [
1] propose – en collaboration avec HEC [2] – un « manifeste pour la liberté de dire » sous la forme de débats entre des « personnalités de tous bords ». Un tel appel ne pouvait que retenir notre attention. Pourtant, à la lecture, cette liberté semble se réduire à celle du « renard libre dans le poulailler libre », c’est-à-dire à la liberté des journalistes dominants de s’exprimer, comme ils l’entendent, selon le principe simple : fort avec le faible, faible avec le fort. Rien à voir, en somme, avec une critique radicale des médias et une lutte conséquente pour une presse indépendante et pluraliste.


Les tenanciers des médias dominants aiment à penser d’eux-mêmes qu’ils vont à rebours des idées dominantes, et les barons du journalisme semblent prendre d’autant plus volontiers des poses de libres-penseurs et d’anticonformistes qu’ils se plient à la défense des intérêts dominants [3]. Comme l’actuel président de la République, il leur plaît d’alterner l’appel à « briser les tabous » et le rappel au « bon sens », la critique de l’« idéologie dominante » (bien entendu de gauche) et l’affirmation du cela-va-de-soi (évidemment de droite). Il serait pourtant peu judicieux d’y voir une contradiction, car ce n’est là qu’un va-et-vient entre deux usages différents d’une même force, de deux formes que prend la vulgate médiatique. Celle-ci ne peut en effet atteindre sa pleine efficacité sans que le discours critique (ou apparemment critique) soit lui-même accaparé par les porte-voix des médias dominants et, notamment, par les intellectuels médiatiques et autres « doxosophes » dont parlait Pierre Bourdieu. Ces derniers ne se contentent donc pas de produire du consensus sur l’organisation (capitaliste) de l’économie, le fonctionnement (antidémocratique) de l’Union européenne ou la diplomatie (néocolonialiste) française ; il leur faut encore délimiter les cibles et les frontières de ce qu’il est légitime de critiquer. Or le principe dont procède ce type de critique – interne au champ médiatique – demeure inexorablement le suivant : faible avec les forts, fort avec les faibles.


I. Inventer de « nouveaux maîtres »


Le dernier numéro de la revue Médias relève de cette catégorie en proposant à des gens de médias aussi contestataires que Sébastien Cauet ou Bernard Pivot de nous expliquer comment « cultiver son ambiguïté » ou « savoir dire non », et en se présentant sous la forme – volontairement tapageuse – d’une Marianne bâillonnée :
La stratégie rhétorique employée ici est bien connue, puisque la revue ne fait guère que plagier un journaliste-intellectuel lui-même condamné pour plagiat il y a quelques années [4] : Alain Minc. Cet anticonformiste de cour avait en effet fondé l’une de ses livraisons annuelles, dont on sait qu’elles lui valent immanquablement et instantanément une invitation dans toutes les émissions de « débat » [5], sur le même type de stratégie, sous le titre pompeux : Epître à nos nouveaux maîtres (2002).
Cette stratégie rhétorique repose sur une inversion de la réalité et des apparences et consiste, en quelque sorte, à faire apparaître les rapports de domination la tête en bas. Vous vous imaginez que les dominants sont plutôt riches, hommes, blancs, hétérosexuels, bien-portants ; vous avez tout faux, car ces derniers subissent quotidiennement les foudres des pauvres, des femmes, des Noirs, des Arabes, des Juifs, des homosexuels et des handicapés. Si les médias sont ainsi muselés, c’est que ces « nouveaux maîtres » empêchent les journalistes de s’exprimer comme ils l’entendent et de faire, en toute « liberté », l’éloge des privilèges et des privilégiés. Convenez-en : le monde est mal fait, et cela suffit à justifier les pleurnicheries d’enfants gâtés d’Alain Minc et de la revue Médias. La vérité de cet anticonformisme de pacotille est d’ailleurs énoncée très clairement dans la revue par une journaliste qui a accumulé une grande partie de son capital médiatique en cultivant une apparence de critique des médias et une apparente impertinence dans des journaux aussi corrosifs que le Figaro et Le Point, et dans des émissions aussi décapantes que « Culture et dépendances » (du très subversif Franz-Olivier Giesbert) ou « Le premier pouvoir » [
6] : Elisabeth Lévy. Celle-ci affirme donc : « Nous sommes plombés par un terrible esprit de sérieux. Défense de rire ! Les handicapés, les homosexuels, les Juifs, les jeunes à capuche et les ouvriers licenciés ont aussi le droit qu’on se foute de leur gueule  » (p. 31). Derrière la nécessité et l’urgence de se « foutre de la gueule » des handicapés ou des ouvriers licenciés, ne reconnaît-on pas là le principe évoqué plus haut : fort avec le faible, faible avec le fort ?


II. Inventer une « idéologie dominante »


Cet anticonformisme d’apparat revient à retourner le célèbre constat formulé en 1847 par Marx et Engels, et d’affirmer : les idées dominantes d’une époque [en l’occurrence la nôtre] sont les idées des dominés. L’avant-propos de ce numéro de la revue Médias évoque d’ailleurs avec familiarité « le camarade Marx » et tente de placer sa propre critique sous l’aile subversive du concept marxiste d’ « idéologie dominante » : « Ainsi faudrait-il toujours se couler dans le moule de pensées correctes, labellisées, agréées, non par le pouvoir […] mais par cette “idéologie dominante’’, dont parlait le camarade Marx et qui n’est rien d’autre qu’un fatras de convenances, de morale à quatre sous, d’idées communes à tous, qui tient lieu de références inconsciente, et pèse de tout son poids sur les rédactions comme dans l’édition » (p. 7). C’est là retirer à ce concept toute la contestation politique qu’il recèle car, pour Marx et Engels, l’« idéologie dominante » désigne bien autre chose : « les pensées de la classe dominante [l’« idéologie dominante »] sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle » [
7].


L’origine des idées dominantes – pour Marx, la classe capitaliste et sa domination matérielle – est ainsi passée sous silence, noyée sous « un fatras de convenances, de morale à quatre sous, d’idées communes à tous ». Si cette idéologie est d’autant plus dominante qu’elle est partagée par tous, elle n’est pas sans servir des « clans » et des « groupes de pression » qu’on préfère ne pas nommer, comme nous en avertit l’auteur de cet éditorial (assez prudent toutefois pour ne pas les nommer) : « Pire que d’une censure en bonne et due forme, nous pourrions bien être victimes d’un air du temps, de réactions de clans [lesquels ?], de groupes de pression de toutes sortes [lesquels ?]  ». De même, voilà qu’apparaissent ces « directeurs de conscience [lesquels ?] qui disent du haut de leur chair ce qui est décent et ce qui ne l’est pas, ce qui est convenable ou non ». Rien n’est plus commode que de s’inventer des ennemis imaginaires (ces « clans », ces « groupes de pression », ces « directeurs de conscience »), sans les nommer : chacun pourra choisir ceux qui lui conviennent ; et rien n’est moins critique que de s’abstenir de les désigner précisément alors qu’on se targue de briser les tabous. Cette critique à la cantonade ne convainc guère, tant l’auteur de ce texte semble coincé entre deux conceptions de l’idéologie : comme « air du temps » commun à tous ou comme venin inoculé par d’innommables « groupes de pression » et d’invisibles « directeurs de conscience ».


III. Inventer des « parias à vie »


On ne peut d’ailleurs que s’étonner de voir autant de résistants à « l’air du temps » (qui prétendent refuser les « convenances médiatiques »), ou de « parias à vie » comme les désigne la revue Médias, parader et bouffonner régulièrement dans les médias. Outre Elisabeth Lévy, on compte notamment dans ces « personnalités de tout bord » le journaliste et animateur Henri Chapier, le député UMP Christian Vanneste, le dessinateur du Monde (depuis 1985) Plantu, l’avocat général Philippe Bilger, le comédien Guy Bedos, l’écrivain d’extrême droite Alain Soral et le professeur d’islamologie Tariq Ramadan (tous deux habitués des plateaux télé). On comprend qu’il était urgent de réunir – « en partenariat avec HEC » – de telles sommités et de tendre enfin un micro à tant de « parias ».
Mais ne soyons pas avares de compassion pour ces courageux contempteurs de l’idéologie dominante, victimes de toutes les infamies : « qui ose faire fi de ces nouvelles prescriptions est montré du doigt. Utilisez-vous un vocabulaire trop cru, refusez-vous les non-dits imposés  ? Vous voilà affublé d’un de ces qualificatifs qui font de vous un paria à vie  : homophobie, raciste, antisémite ». Des exemples d’accusations gratuites existent, il est vrai [
8]. Mais la revue Médias n’en fournit guère. A défaut, mais à charge, il suffit peut-être de puiser dans le répertoire d’un des invités de ce dossier : Alain Soral. Celui-ci, présenté sommairement comme « écrivain », était jusqu’en février 2009 membre du comité central du Front national et s’est présenté aux élections européennes sur la liste d’extrême droite de Dieudonné. On aurait apprécié que la revue Médias fasse preuve de cette précision dont elle parle avec tant de véhémence quand elle critique (à raison) « des médias peu soucieux de vérifications et de précisions » (p. 7). Soral s’était illustré en 2004 dans une émission de France 2 (« Complément d’enquête »), par des propos qui lui valurent en 2007 une condamnation pour antisémitisme [9]. Est-ce là ce « vocabulaire trop cru » ou ce refus des « non-dits imposés » vantés par la revue Médias ? Quand on souhaite critiquer les censures et les autocensures médiatiques (vœu louable), sans pour autant « cautionner les déclarations de personnes ou de groupes prônant la haine de l’autre » (p. 7), ne vaut-il pas mieux choisir soigneusement ses interlocuteurs, c’est-à-dire les choisir hors du périmètre de l’extrême droite ?


IV. Faire diversion


En quoi consiste, somme toute, l’imposture principale de ce dossier ? Dans l’idée exprimée dans cet avant-propos que ce serait « braver une sorte d’interdit » que de « débattre de tout, avec tout le monde ». « Avec tout le monde ? » Mais quels sont réellement, socialement et idéologiquement, ceux qui sont interdits de débat ? Ceux qui s’expriment dans la revue Médias et eux seulement ? « Débattre de tout » ? Mais quels sont les thèmes effectivement minorés dans les débats ? Et quelles sont les conditions requises pour qu’un débat ait effectivement lieu ? En effet, s’il est un principe qui va à l’encontre des logiques qui régissent le « débat public » dans les médias dominants, c’est bien celui qui impose de sélectionner rigoureusement ses interventions médiatiques, et notamment dans les « débats » qui y sont organisés. Comme l’explique avec force l’économiste Frédéric Lordon [
10], et Pierre Bourdieu avant lui [11], on ne peut débattre correctement sans s’interroger sur le dispositif médiatique qui encadre la prise de parole. En effet, les conditions de cette prise de parole, de même que la composition du plateau et la répartition du temps alloué aux protagonistes, définissent en partie les limites de ce qui pourra, ou non, être dit.


Cette critique du « politiquement correct », qui se donne comme une critique des médias, ne saurait être la nôtre. La mystification (à peine sophistiquée) sur laquelle elle s’appuie – le prétendu renversement des dominations présidant à l’avènement d’une nouvelle « idéologie dominante » – n’a d’autre fonction que de faire oublier la perpétuation de ces dominations, et précisément de certaines d’entre elles : sexisme, racisme, homophobie. Elle tend en outre à disqualifier préventivement les mobilisations qui visent à les faire reculer. De surcroît, inventer de « nouveaux maîtres » (si puissants qu’ils se rendraient invisibles) constitue un moyen confortable de passer sous silence l’emprise des forces économiques et du gouvernement actuel sur les grands médias. Enfin, élever au rang de résistants à cette « idéologie dominante » des « personnalités » qui ne doivent leur capital de contestation qu’à leurs apparitions répétées dans ces médias, n’est qu’une manière de manifester le pouvoir médiatique de consécration – y compris de ceux qui sont appelés à jouer, dans les médias, le rôle de « contestataires ».


Une telle « critique » – aussi imaginaire que les ennemis qu’elle désigne – n’est donc pas seulement insuffisante : parce qu’elle détourne l’attention des véritables dominations et appelle insidieusement à faire de la liberté d’expression un instrument de combat au service des plus conformistes des anticonformismes (quand ce n’est pas au service des préjugés les plus réactionnaires), elle consacre le statu quo qu’elle prétend contester et tourne le dos aux indispensables combats pour des médias pluralistes et indépendants des pouvoirs.
Ugo Palheta
Notes
[1] Sur cette revue, voir l’article : « Sacro-saint libéralisme : la revue Médias se prosterne ».
[
2] Une telle collaboration, avec une école dont la fonction tient tout entière dans la formation des futurs dirigeants et managers des grandes entreprises, en dit long sur l’orientation du dossier analysé ici.
[
3] Qu’on pense à l’inoxydable Jean-Michel Apathie, dont toutes les prétentions à l’anticonformisme reposent sur ses appels, vibrants et répétés, à la rigueur budgétaire ou à la défense des patrons « séquestrés ». Voir par exemple : « Cette violence de Besancenot que questionnent les questionneurs ».
[
4] Cf. l’article de PLPL à ce sujet : « Le PPA frappé en plein cœur ».
[
5] Voir « Connivences et complaisances : le marathon promotionnel d’Alain Minc ».
[
6] Sur cette émission et ses indignations sélectives, voir par exemple : « ’’Le Premier pouvoir’’ pris de compassion pour Hervé Gaymard et les “élites” » et « ’’Le Premier pouvoir’’ à l’assaut du mouvement social ». Sur la suppression arbitraire de cette émission, lire : « Fin de l’émission “Le Premier pouvoir” ».
[
7] K. Marx et F. Engels, L’idéologie allemande, Editions sociales, p. 87
[
8] Pour exemples, lire le dossier « Chavez antisémite ?… Le journalisme d’imputation », ou encore « Nouvelle insanité contre Bourdieu : Finkielkraut propose d’en débattre sur France Culture ».
[
9] « Quand avec un Français, Juif sioniste, tu commences à dire : “Y a peut être des problèmes qui viennent de chez vous. Vous avez peut-être fait quelques erreurs. Ce n’est pas systématiquement la faute de l’autre, totalement, si personne ne peut vous blairer partout où vous mettez les pieds.” Parce qu’en gros c’est à peu près ça leur histoire, tu vois. Ça fait quand même 2 500 ans, où chaque fois où ils mettent les pieds quelque part, au bout de cinquante ans ils se font dérouiller. Il faut se dire, c’est bizarre ! C’est que tout le monde a toujours tort, sauf eux. Le mec, il se met à aboyer, à hurler, à devenir dingue, tu vois. Tu ne peux pas dialoguer. C’est-à-dire, je pense, c’est qu’il y a une psychopathologie, tu vois, du judaïsme sionisme qui confine à la maladie mentale. »

[
10] Voir « Accéder aux médias dominants ? A quelles conditions ? ».
[11] Dans son « Analyse d’un passage à l’antenne ».

http://www.acrimed.org/ http://www.acrimed.org/

 

http://www.alterinfo.net/Fort-avec-le-faible,-faible-avec-le-fort-l-anticonformisme-de-la-revue-Medias_a35601.html

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 23:57
Publication de notes confidentielles de l'Elysée : Le Canard enchaîné joue la provocation

publié le mardi 4 août 2009 à 07h30
 

Sources du Canard enchaîné Le Canard enchaîné occupe une place à part dans le paysage médiatique. Hebdomadaire sans publicité, bénéficiaire chaque année, le journal paraissant le mercredi affiche une santé insolente dans une période délicate pour la presse. L'une des raisons de ce succès réside dans le travail d'investigation et la diversité des sources anonymes qui viennent notamment alimenter la page 2 de l'hebdomadaire.


A l'abri des pressions extérieures, garantissant l'anonymat de ses sources, le Canard enchaîné sert de défouloir pour tous les responsables politiques et conseillers en tout genre qui se lâchent en off. Les journalistes du canard reçoivent également de nombreux documents classés confidentiels et publient ainsi des informations qui n'étaient pas censées être rendues publiques.

Quand le Quai d'Orsay porte plainte pour tenter de stopper les fuites...

Le pouvoir semble démuni face à toutes ces fuites. En juin 2009, le ministère des affaires étrangères a porté plainte contre X après la publication de documents confidentiels par Le Canard enchaîné comme le racontait Bakchich.info : "Face aux trop nombreuses fuites dans la presse française, en particulier dans "Le Canard Enchaîné", de notes classées "top secret", le Quai d’Orsay a décidé de ressortir les grands moyens, à savoir la plainte contre X". Depuis plusieurs mois, l'hebdomadaire publie des notes "pourtant codifiées et cryptées selon les procédures internes du « chiffre » - qui font le quotidien des diplomates des deux côtés de l’Atlantique (...) Comme cette note interne reproduite le 15 avril dernier, relatant un entretien entre le Directeur des affaires politiques et de sécurité du département et le Sous-secrétaire américain au Trésor, lequel demandait à la France d’intervenir « le plus vite possible » auprès de l’administration Obama pour la convaincre de renforcer les sanctions contre l’Iran… ! La fuite de trop, qui a déclenché l’ire de la première puissance du monde à l’encontre d’un partenaire par trop bavard et décidément incapable de jouer dans la cour des grands". Au lieu de lancer une enquête interne, le ministère des affaires étrangères a donc porté plainte pour trouver les sources de l'hebdomadaire. Pourtant, malgré cette action judiciaire, Le Canard a continué à publier les documents confidentiels du Quai d'Orsay.

Bakchich et Le Canard enchaîné .

Les notes confidentielles de l'Elysée atterrissent au Canard enchaîné

L'hebdomadaire publie aussi des notes confidentielles de l'Elysée. Par exemple, le 1er juillet 2009, le Canard a publié une note rédigée par les conseillers de l'Elysée pour préparer le voyage présidentiel aux Antilles : "En la lisant, on comprenait mieux la stratégie élyséenne pour ce déplacement à haut risque et les astuces mises en place pour obtenir de bonnes images lors des journaux télévisés de 20 heures".

Note de l'Elysée .


Selon le Canard enchaîné du 29 juillet 2009, dès la publication de cette note, une enquête interne est lancée pour tenter de trouver la source du Canard. Mais au bout de semaine, le chef de cabinet de Sarkozy, Cédric Goubet, fait part de son incapacité à trouver la source auprès de Claude Guéant. "Le 9 juillet, Goubet s'est donc résolu à rédiger une note confidentielle "à l'attention de Mesdames et Messieurs les membres du cabinet et de leur secrétariat". Après "avoir rappelé aux membres du cabinet et à leur secrétariat qu'il est de leur devoir d'exercer une vigilance permanente sur l'impératif de confidentialité". Dans cette note, il rappelle qu'il ne faut "pas laisser les notes pour le Président sans surveillance" et qu'il ne faut "en photocopier que le nombre strictement nécessaire". Evidemment, le Fac-similé de cette note confidentielle... a été publié par le Canard enchaîné le mercredi 29 juillet. De toute évidence, la source du Canard ne semble pas impressionnée par les mises en garde de l'Elysée...

Fac similé d'une note confidentielle de l'Elysée .

*** Liens

Quelques articles du Canard repris sur Politique.net
-
La question de l'authenticité des OFF du Canard Enchaîné
- Les affaires de logement révélées par le Canard Enchaîné (1995-2007)
- Nicolas Sarkozy veut son "Air Force One"
- L'histoire de la balle perdue dans l'Airbus de Nicolas Sarkozy
- Christian Estrosi loue un jet privé pour 138 000 euros aux frais de la République
- Nicolas Sarkozy percevait encore son salaire de ministre de l'Intérieur en décembre 2007
- L'Etat a financé les media-training de Xavier Darcos pour 122 000 euros
- Les faux chiffres du congrès de l'UMP en janvier 2007

 
 
 
 
http://www.politique.net/2009080401-publication-de-notes-confidentielles-de-l-elysee.htm
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 10:20

publié par
roland (Dazibaouebmaster) Avant-hier 14H12

OlivennesDe Etoile Rouge

Il y a quelques années, tu t’étais abonné à ce newsweek (ouais ça fait plus classe à l’inglich), pensant que tu allais lire des trucs plutôt de gauche. Rapidement, tu avais bien eu quelques doutes quand tous les 6 mois, on te ressortait les marroniers sur le vrai prix de l’immobilier, le classement des écoles… enfin toutes ces conneries dont tu n’avais rien à battre.

Mais bon de guerre lasse à tenter de résilier ton prélèvement automatique et au final, tu avais malgré tout un programme télé… un peu chèro, je vous l’accorde.

Il y a un peu plus d’un an, tu avais eu de grosses bouffés de chaleur à ta gauche quand tu avais appris qu’un certain Olivennes reprenait le canard de tes parents. Outre une amitié poussée avec Carla Bruni Sarkozy, tu doutais sur ce gugus qui avait pondu un texte sur l’Internet visant à foutre tes enfants en prison (à défaut de leur couper la main) pour avoir télécharger un album de Michael Jackson.

Et cette semaine après
15 pages sur les Sarkozy… tu as franchi le pas… tu as appelé la pauvre standardiste (tel : 01.40.26.86.13 c’est le bon numéro du service abonnement)… pour lui dire que désormais Olivennes pouvait aller se faire foutre avec son torchon sarkoziste…


Ce moment fut d’ailleurs plus facile que tu ne le pensais… déjà tu ne lisais plus ce canard aux idées fripées et tu plains juste ses
journalistes sincères… un « capitaine » d’industrie est à sa tête, tu n’en attendais rien d’autre, et jusqu’à présent tu avas retardé ce geste… par habitude du néant…

Si d’aventure Sarkozy était encore président en 2012… tu aimerais juste pouvoir cracher sur la tombe d’Olivennes.

Et si pour lui l’Internet est le tout à l’égout de la démocratie… lui n’est qu’un bac à chiotte du sarkozysme… ah oui, il attend les subsides de l’Etat suite aux Etats Généraux de la Presse Sarkozienne.


Source: Etoile Rouge

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=4722&rech=6741#6741

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