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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 18:56

 

 

Sarkosy en Syrie, Rice en Libye, Cheney en Géorgie et Ukraine.

Le ballet diplomatique entrepris depuis quelques mois autour du Moyen-Orient et du Caucase n’a d’autre but que détacher les pays arabes de l’Iran et d’isoler celui-ci vue d’un prochain conflit armé.

C’est exactement ce qu’a fait James Baker en 1990 à la veille de la première guerre contre l’Irak (et qui fut la première guerre civilisationnelle au monde [El Mehdi El Manjra]), et ce qu’a fait Colin Powell en 2001 lors de la seconde à savoir:

 

A-promettre aux syriens et aux palestiniens la rétrocession desterres occupées par Israël depuis 1967.

B- faire croire aux arabes que la paix avec Israël et la création d’un Etat palestinien sont imminentes et que leurs dirigeants y sont aux yeux de leurs peuples pour quelque chose.

C- faire également croire aux pays arabes et aux pays musulmans qu’ils sont menacés par les régimes "terroristes ", quitte à fomenter des actes terroristes chez eux et à les imputer aux extrémistes liés au pays qu’on s’apprête à attaquer (théorie du complot).

D- isoler les bastions de résistance et les régimes pro irakiens [baasistes] ou pro iraniens [chiites-islamistes-pro russes].

E- promettre des aides économiques aux plus faibles. (voir tableau en annexe)

 

Cette stratégie a été utilisée par le énième plan Bush pour l’Irak.

 

Le langage militaire des médias

En 1990 et au début de 1991, l’Irak était décrite comme étant l’une des toutes premières puissances militaires au monde [3ème ou 4ème par les médias occidentaux] avec 500 000 hommes, des centaines d’avions de combat, des milliers de chars, des dizaines de missiles de longue portée, les fameux Scud.

 

L’armée irakienne dispose, nous disaient ces médias, de l’arme chimique capable de détruire Israël en quelques minutes; puis se relaient les images d’israéliens portant le masque à gaz ou s’enterrant dans des bunkers cinq étoiles pour se préparer à cette attaque.

 

L’Iran est décrit comme une puissance militaire. Les [mêmes] images de défilés de camions transportant des missiles sont relayées par les médias occidentaux et les images de cuves [d’enrichissement de l’uranium? De toilettes?] sont accompagnées de messages forts du genre: " l’Iran a fait un pas supplémentaire dans l’enrichissement de l’uranium destinée à la production de la bombe atomique ... Malgré les menaces de sanctions de la communauté internationale... ". Cette amplification de la force de l’Irakpuis de l’Iran est destinée à rallier une coalition militaire, à frapper très fort «l’ennemi» et à valoriser sa victoire immédiatement [même si à terme l’échec est évident]. La victoire militaire d’une coalition menée par une superpuissance contre un Etat militairement faible serait perçue par "la communauté internationale" comme disproportionnée, et non glorieuse (cf Afghanistan au début des bombardements).

Les dirigeants sont décrits comme des "dictateurs":

Saddam Hussein est décrit comme un criminel ayant fait gazer le village kurde de Fallouja [et bien sûr, aucune référence n’est faite à l’implication des américains dans cette opération]. Il est décritcomme un monstre, comme un nazi [Hitler] cherchant un nouvel holocauste, un terroriste [ayant des liens avec Ben Laden et Al Quaïda].

 

Mahmoud Ahmadinejad est décrit comme Hitler cherchant l’élimination des juifs et la destruction d’Israël. Sesphotos sont choisies pour donner delui l’image d’un homme agressif, coléreux, cynique et méchant. Ses paroles sont déformées dans leur traduction leur donnant une interprétation belliqueuse et provocatrice.

 

Les Talibans sont décrits comme des terroristes, des insurgés, des mercenaires, des fanatiques qui pratiquent la lapidation, qui interdisent l’école aux filles, qui pratiquent la Charia dans son sens le plus rétrogrades et qui enfin veulent nous faire retourner plusieurs siècles en arrière; en un mot, ces «barbus» ignorent les rudiments des «droits de l’homme».

La menace imminente

Tous les pays du Moyen-Orient étaient soi-disant menacés, à commencer par l’Arabie Saoudite, pays qui abrite pour les occidentauxl a première réserve mondiale de pétrole et pour les musulmansles lieux Saints de l’Islam, la Mecque et Médine. La menace pour les voisins est grossie afin de les pousser à s’armer exagérément ou à chercher le parapluie américain.

 

La Palestine, carotte en plastique

Depuis l’été 2007, juste après l’invasion du Liban et la débâcle de l’armée israélienne - le Tsahal réputé invincible - face aux combattants du Hizballah libanais, les divisions entre le Hamas, parti islamiste au pouvoir à Gaza et le Fatah, parti de la présidence de Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, ont été exacerbées par Israël et les occidentaux. D’abord par un blocus inhumain de la bande de Gaza, [comme pour punir les palestiniens de leur mauvais vote] et ensuite par une aide policière et militaire destinée à Mahmoud Abbas. Le "Président" palestinien, unique interlocuteur à avoir les faveurs d’Israël et des occidentaux à cause de sa compromission dans unplan de paix fictif, dicté par Israël et qui n’aboutira en fin de compte -même s’il se réalise et il ne réalisera jamais sans la pression de la "communauté internationale" - qu’à créer de nouvelles frustrations, voire de nouveaux conflits.

 

Toujours est il que les plans de paix sous différentes appellations diplomatiques [Accord d’Oslo, terre contre paix, politique des petits pas, Gaza et Jéricho d’abord, feuille de route, plan arabe de Ryad] ne sont activés que lors d’une préparation d’une invasion d’un pays souverain [Irak 2 fois] ou à la fin d’un mandat présidentiel américain [Bill Clinton à Camp David en 2000].

 

Tout porte à croire que lors du séjour de Sarkosy à Damas, le président français tenait dans une main une carotte et dans l’autre un bâton.

La carotte c’est le Golan(mieux dire une miette duGolan), les investissements français, le retour de la Syrie dans le giron d’influence occidental et dans la bienséance française.

Le bâton est l’accusation de l’implication du régime baasiste syrien dans le meurtre de l’ex premier ministre libanais, Rafiq Hariri, et dans la stabilité du Liban, c’est aussi, la catégorisation de la Syrie dans la liste noire des "Etats voyous" et "terroristes" et son isolement par la "communauté internationale" sous forme de «sanctions internationales».

Irak, Afghanistan, Iran, Soudan, Somalie, Palestine, Liban et demain qui?

Les américains créaient et alimentaient des foyers de tensions dans la plupart des pays musulmans. Depuis la prise en otage de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran en 1980, les américains n’ont cessé de diviser les musulmans et de fomenter des conflits interethniques, essentiellement chiites/sunnites. Ils ont armé et entrainé Saddam Hussein dans une guerre ruineuse contre l’Iran et qui a fait plus d’un million de morts; Ils ont formé et armé les Talibans islamisés à l’extrême pour résister, puis combattre les russes communistes etathées; ensuite ils ont détruit l’Irak déjà ruiné, puis ils l’ont envahisans mandat de l’ONU [et quelle ONU?] et sous le faux prétexte de détention d’armes de destruction massive; ils ont bombardé et occupé l’Afghanistan dans une politique aveugle de lutte contre le terrorisme, [contre ceux qu’ils ont formé pour combattre les russes], contre les Talibans soupçonnés [à tord ou à raison?] d’être responsables des attentats du 11 Septembre 2001.

 

Force est de constater que 7 ans après cette catastrophe, il n’existe aucune preuves pouvant incriminer un seul des 650 détenus de Guantanamo. Les 19 pirates kamikazes du 11/09 sont tousmorts emportant avec eux le secret de leurs commanditaires.

 

Arabisme et islamisme

Depuis 60 ans [1948], le conflit palestinien constitue le nœud dans la gorge de tous les arabes et de tous les musulmansdont les frustrations sont déjà grandes aux époques coloniales: l’humiliation pour un musulman d’être colonisé par un pays infidèle [à Dieu] est la pire des humiliations. L’arabisme, Nassérien et Baasiste, ont réussi à créer un sentiment nationaliste très fort qu’ont utilisé la plupart des mouvements d’indépendance dans les pays arabes.

 

L’islamisme en tant qu’idéologie politico-religieuse, basée sur le respect strict des préceptes de l’Islam, et tirant profit du fort sentiment d’appartenance à " la communauté " la "Oumma", est d’abord un mouvement de résistance à la post colonisation de ces pays, au "modernisme" aveugle accompagné de dégradation des mœurs, de perte des valeurs culturelles et religieuses sur lesquelles ont été basées pendant 14 siècles les fondement tous les Etats musulmans. L’islamisme ne s’est pas développé contre l’Occident, mais contre l’occidentalisation des pays musulmans, occidentalisation jugée comme la continuation d’un colonialisme d’un nouveau genre (colonisation par l’occidentalisation des élites asservies et corrompues) et d’une humiliation permanente avec la perte des repères traditionnels.

 

A partir de 1980, avec l’arrivée des Ayatollah en Iran, les mouvements islamistes se sont multipliés et ont pris de l’ampleur dans tous les pays musulmans, encouragés par le soutien des américains [CIA] qui voyaient en eux un rempart solide au communisme (athée). A cette époque, ces mouvements ne prônaient pas la violence et étaient loin de connaitre ou de penser aux pratiques terroristesconnues de nos jours[Carlos].

 

C’est l’invasion de l’Afghanistan par les russes qui a donné aux américains l’occasion de se "rattraper" de la défaite de la guerre du Vietnam. Ils ont recruté dans les pays arabes des extrémistes religieux qu’ils ont formés à la guérilla, qu’ils ont armés et fanatisés. Lorsque la guerre contre l’Urss s’est achevée, ces guerriers desmontagnes, qui commençaient à s’appeler Talibans [prononcer Attalibanes c’est à dire "Etudiants" en théologie] ont été abandonnés par les américains et se sont retrouvés seuls pour conquérir le pays face aux populations Pachtounes autochtones. Malgré plusieurs tentatives de négociations avec les américains, ces derniers n’ont pas jugé utile de donner suite à leurs appels ce qui les a poussé vers l’extrémisme. Le 11/09 donnera aux néocons, fraichement et de justesse à la tête de l’Etat, l’occasion de développer la stratégie de «guerre contre le terrorisme», decataloguer l’Afghanistan comme étant le premier Etat terroriste au monde et de le culpabiliser de ces attentats à travers Ben Laden. La suite était des lors les bombardements de l’Afghanistan et l’invasion et l’occupation de l’Irak.

 

L’ère des négociations

Après 7 ans de "guerre contre le terrorisme" et un mandat présidentiel désastreux de l’administration républicaine tant sur plan militaire que sur le plan humain et financier, le temps de la diplomatie est revenue; à petits pas, certes, maisla reprise du dialogue avec la Syrie, la "réhabilitation" de la Libye, le dialogue encore secret mais réel avec l’Iran augure de la politique de laprochaine administration américaine. Et il n’est pas surprenant, vue la situation qui prévaut en Afghanistan, que des négociations secrètes se tiennent pour tenter de faire entrer les talibans dans le processus politique Afghan. Il est de surcroit indispensable de remettre sur pieds ce pays meurtri par prés de 30 ans de conflit. L’administration actuelle d’Ahmed Karzaï est incapable de sécuriser et encore moins de diriger le pays sans que la population afghane majoritairement pro-talibane ne puisse choisir d’elle même et dans des conditions négociables la direction qu’elle souhaite sedonner. Ahmed Karzaï lui-même, réclame depuis plus d’un an que la»coalition» ouvre des négociations avec les Talibans. Ces talibans que les médias occidentaux ont décrits comme "terroristes", "fanatiques", "moyenâgeux", interdisant l’école aux filles, pratiquant la lapidation des femmes adultères sont des combattants frustrés par la "trahison" américaine. Il serait vain de vouloir "démocratiser" l’Afghanistan en choisissant pour ce pays la direction qui sied le mieux aux intérêts occidentaux , comme il serait erroné de penser que les talibanssont fermés à toute négociation sur les garanties qu’ils pourraient donner quant à l’ouverture de leur pays sur les questions de démocratie et celles des droits de l’homme.

 

Mais cette situation tant en Afghanistan qu’en Irak ou en Palestine, si elle perdure, elle ne fera qu’exacerber les sentiments d’injustice des musulmans et conforter leur conviction que l’ordre mondial unipolaire basé sur un néo-colonialisme occidental contraire à leurs valeurs et à leurs intérêts, ne pourra être combattu que par la résistance, l’armement et l’établissement de nouvelles alliances, même si elles sont contre nature [Russie, Chine] et que les véritables terroristes sont ceux-là mêmes qui se cachent derrière le masque de la démocratie et des droits de l’Homme. La réapparition de la puissance militaire de la Russie sur la scène internationale est elle bénéfique aux arabes? se demandait Al Jazira au lendemain de la victoire écrasante des russes en Géorgie, allant à contresens du prêt-à-penser de la presse occidentale et de la désinformation de masse, orchestrés par la puissance occulte de la haute finance mondiale (G7) et du bras militaire des étasuniens dans le monde appelé OTAN.

 

La valse des alliances ne fait que commencer, augurant un nouvel ordre mondial multipolaire. Dans tous les cas de figure, le «nouveau siècle américain» ne dépassera pas les 25 prochaines années, soit la prochaine génération, avant l’émergence du «nouveau siècle chinois».

Annexe: la carotte pour pays les musulmans avant chaque intervention américano-occidentale.

Ce tableau résume les différentes étapes de préparation psychologique, médiatique, politique (diplomatique et économique) et militaire des invasions américaines contre l’Irak (1991 et 2003) et celle qui se prépare contre l’Iran.

 

Article rédigé par robocup555 le vendredi 26 septembre 2008

 

POUR PRENDRE CONNAISSANCE DU TABLEAU RECAPITULATIF – LIEN SOURCE :

 

http://www.agoravox.fr/print_article.php3?id_article=44319&format=print


http://hadria.riviere.over-blog.com/article-23164658.html



Journaux numériques



http://www.liberte62.com/pages/Je_mabonne_-688382.html

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commentaires

E
Chavez est mieux que ça : Formidable ! Dévoué au BIEN PUBLI C !

Bien à toi, Eva
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M
Il faudrait un tribunal pour juger ces journaleux qui colportent la bonne parole américano-sioniste.Ceux-ci ressortent les mêmes ruses qui ne trompent que ceux qui le désirent et puis si Sarkozy aimait les syriens, ça se saurait : un qui n'est pas péteux, c'est Chavez! Salut à toi Eva.
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