Blog d'opinion et de résistance. Les médias ne sont pas libres, mais simples outils de désinformation et de propagande pour l'Occident militaro-financier. Pas de liberté d'informer, donc pas de liberté ni de démocratie. La désinformation est l'ennemie Public N°1. Eva, journaliste-écrivain, libre-penseuse, dénonce et interpelle.
La concentration des Médias
et leurs liens avec Sarkozy
Nicolas Cadène
Nous avons eu, à de multiples reprises, le sentiment, pendant la campagne présidentielle, que les médias favorisaient plus ou moins nettement, Nicolas Sarkozy. Avant que la mémoire ne s’efface et que la polémique ne se dissipe, il est utile de dresser une liste précise des faits constatés et de s’interroger sur les conditions dans lesquelles se déroulera la prochaine campagne...
Pour exemples :
La diffusion de reportages partiaux tels que celui diffusé par TF1 sur « La France des assistés » trois jours avant la fin de la campagne officielle et la veille du débat d’entre-deux tours
La reprise des images de l’équipe de Nicolas Sarkozy pour l’ensemble de ses déplacements et meetings
La diffusion d’images non révélatrices des déplacements et meetings de Ségolène Royal (toujours au pupitre, rarement dans la foule, seule, etc.)
La reprise systématique de la moindre voix discordante au sein du PS
La couverture exceptionnelle accordée à Eric Besson en comparaison de celle accordée à Azouz Begag
La non-diffusion de communiqués de presse d’élus socialistes, etc.
La diffusion de dépêches AFP, AP et Reuters partiales
L’absence de contradiction des journalistes face aux élus UMP et à Nicolas Sarkozy
La volonté évidente de « coincer » Ségolène Royal ou d’autres élus socialistes sur des éléments secondaires
La concentration des journalistes sur les divisions internes au Parti Socialiste et sur les thématiques souhaitées par Nicolas Sarkozy
La dérision sur toute nouvelle mesure de Ségolène Royal
Le 100 minutes pour convaincre offert par Arlette Chabot la veille du début du décompte officiel du CSA, qui a permis au candidat ministre de l’intérieur de passer deux fois sur cette émission pendant que son adversaire n’y passait qu’une fois.
Les faits marquants de la concentration des médias et des liens avec Nicolas Sarkozy sont les suivants :
France Télévisions (l’Etat français : France 2, France 3, France 4, France 5, RFO, France 24, France ô) est présidé par Patrick de Carolis (soutien de Nicolas Sarkozy), et contrôle une diffusion réalisant plus de 40% de l’audience française
TV5 est présidé par François Bonnemain, un proche de Jacques Chirac et un soutien de Nicolas Sarkozy
Radio France (France Info, France Inter, France Culture, France Bleu, France Vivace, Le Mouv’), est présidé par Jean-Paul Cluzel, longtemps collaborateur de Jacques Chirac, soutien de Nicolas Sarkozy
Bouygues détient TF1, LCI, TV Breizh et a des participations importantes dans Metro, TMC, RTL 9, NT1, etc. (Martin Bouygues est le parrain du fils de Nicolas Sarkozy) : plus de 40% de l’audience. N.B. : Laurent Solly, directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy a été engagé sur TF1. C’est une nomination demandée directement par l’Elysée.
M6 est présidé par Nicolas de Tavernost, c’est un soutien de Nicolas Sarkozy. Via une holding, Vincent Bolloré -ami de ce dernier- est un des principaux actionnaires de la chaîne
Lagardère (Arnaud Lagardère considère Nicolas Sarkozy « comme son frère ») et Editis (propriété de Wendel : présidé par Ernest-Antoine Seillière) réalisent plus des 2/3 de la production littéraire française
Lagardère est le premier éditeur mondial de magazines, détient de très nombreux journaux, magazines et radios, tels que Paris Match, Le Journal du Dimanche, Elle, Télé 7 Jours, Europe 1, BFM, MCM, Europe 2 TV, a des participations dans Le Monde et dans Le Parisien, est opérateur des NMPP
Dassault détient de nombreux quotidiens et magazines, comme Le Figaro et Valeurs Actuelles (Le fils Olivier Dassault est député UMP, Serge Dassault est sénateur UMP et un très proche de Nicolas Sarkozy)
Bolloré détient les « gratuits » Directs Soir et Matin Plus, la chaîne Direct 8, est indirectement un des principaux actionnaires de M6, possède le groupe publicitaire Havas, possède 44% de l’Institut de sondages CSA (ce qui par ailleurs remet en cause la crédibilité du sondage CSA déclarant que les Français n’étaient « pas choqués » du séjour de Nicolas Sarkozy sur le yacht d’ « un ami industriel »)
Bernard Arnault (témoin du mariage de Nicolas Sarkozy) possède notamment le journal La Tribune et Radio Classique Analyse succincte du résultat de l’élection présidentielle de 2007 – Juin 2007 Nicolas Cadène – Collaborateur parlementaire de Jean-Louis Bianco 13
Alain Minc (soutien affiché de Nicolas Sarkozy) préside le Conseil de surveillance du groupe Le Monde (avec notamment Télérama, Midi Libre) –conseil où siège désormais Guillaume Sarkozy, frère du chef de l’Etat- et conseille de nombreux patrons de médias (Edouard de Rothschild –Libérationnotamment)
Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) est présidé par Michel Boyon, ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin
60% de la diffusion de la presse magazine sont réalisés par Lagardère, Mondadori France (Silvio Berlusconi) et Dassault
Agences de presse : il n’y a que 3 agences mondiales : AP (presse US), Reuters (en France, lié à l’Etat français) et AFP (présidé par Pierre Louette, ancien du cabinet d’Edouard Balladur et soutien de Nicolas Sarkozy)
Tous ces groupes ont des intérêts croisés : administrateurs et/ou actionnaires communs. Un grand nombre de leurs dirigeants proviennent de cabinets ministériels, et réciproquement. Chaque parlementaire mentionné a voté la loi DADVSI.
Le Parti Socialiste n’a pas modifié la législation sur la concentration de certains groupes, lorsqu’il était aux responsabilités. Désormais, il est essentiel de s’attaquer de façon constructive à cet état. Surtout, cela doit être diffusé massivement en parallèle d’une proposition de loi contre la concentration des médias, pour l’indépendance journalistique et pour le respect de sa déontologie.
L'arrestation de Radovan Karadzic, recherché depuis des années par le « Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie »(en fait par la "justice" occidentale) vient d'être annoncée. Le dirigeant serbe est accusé de « crimes de guerre », de «génocide », durant la guerre de Bosnie (de 1992 à 1995). Il est désormais incarcéré à la Haye dans l'attente de son procès.
Cette information est l'occasion d'un commentaire de l'ami Jean, sur son blog « çà n'empêche pas Nicolas ». Vous en lirez, ci-dessous, un large extrait :
Qu'il y ait eu nombre de massacres perpétrés réciproquement par les Serbes, les Croates et les Musulmans durant ce conflit, nul ne le conteste. C'est le lot de chaque guerre.
Encore faut-il rappeler que celle des Balkans fut provoquée, du dehors, par les Occidentaux, attelés à faire exploser la République Fédérative de Yougoslavie. L'Allemagne visait à récupérer son ancienne arrière-cour : les terres longtemps sous influence germaniques, telles la Slovénie et la Croatie. Les Américains, de leur côté, avaient en tête la construction d'un oléoduc depuis la mer Noire jusqu'à l'Adriatique. Ce projet supposait la mainmise politique de Washington sur le pays traversé, la Serbie.
On connaît la suite : le soutien occidental, les Etats-Unis en premier, aux « indépendantistes », d'abord de Bosnie et de Croatie. Ce qui a déclenché la résistance de Belgrade à cette volonté d'éclatement de la République yougoslave, couronnée par la sécession de leur province du Kosovo, que les Serbes considèrent comme le berceau de leur patrie.
C'est alors que s'est déclenchée une campagne délirante des médias français contre les Serbes, accusés « d'épuration ethnique » à l'encontre des Kosovars, prétexte à l'intervention des forces de l'OTAN (y compris celles de la France, alors gouvernée par la « gauche plurielle »), aux côtés des combattants de l'UCK, armés et financés par les Américains.
Aujourd'hui, seuls, les dirigeants serbes de l'époque sont poursuivis. Les dirigeants occidentaux, eux, ont placé à la tête du Kosovo des tueurs, liés à la mafias albanaise et internationale, dont certains sont accusés de « trafics d'organes » sur des milliers de prisonniers serbes.
Le Tribunal Pénal International ne semble pas préoccupé par les horreurs commises par les honorables dirigeants actuels du Kosovo, fantoches des Occidentaux ...
Seuls Radovan Karadzic et d'autres leaders serbes, font la Une de l'actualité.
Heureusement, pour l'ordre moral globalisé, ni sur les ondes, ni sur le ‘petit écran', il n'existe pas de journalistes, aux propos incongrus, posant cette question :
« Karadzic est peut-être coupable des crimes qu'on lui impute, mais d'autres chefs d'Etat ne pourraient-ils pas, eux aussi, être accusés de‘crimes contre l'humanité'? Les dirigeants américains, à la tête de la plus grande armée du monde, n'ont-ils pas déclenché deux guerres d'agression, l'une contre l'Afghanistan, l'autre contre l'Irak, à partir de « mensonges d'Etat », aujourd'hui reconnus par les instances internationales ? ».
Les centaines de milliers d'Irakiens et d'Afghans, victimes de la guerre américaine, pèsent-ils moins lourd que les morts croates ou musulmans ?
Et pourtant, aucun parti politique français, aucun grand média ne posent la question de déférer Bush et son équipe devant leur "justice internationale" ...
source : « çànempêchepasnicolas»
http://eldiablo.over-blog.org/article-21621243.html
Ca n'est pas vraiment une nouvelle, puisqu'on le sait déjà depuis le mois d'avril. Disons qu'il s'agit plutôt d'une confirmation qui pourrait donner encore plus de grain à moudre à François Bayrou lorsqu'il dénonce la proximité du pouvoir avec les puissances d'argent, et qu'il prédit que "un jour dans ce pays il y aura une révolte civique".
Dans son édition de mercredi, le Canard Enchaîné confirme que l'Elysée a cédé au lobbyisme des trois opérateurs mobiles et en particulier de Martin Bouygues, ami personnel du chef de l'Etat, pour rejeter l'entrée de Free sur le marché de la téléphonie mobile. Comme nous l'indiquions en avril, alors que tout a été préparé pour permettre au groupe Iliad d'acquérir la quatrième licence 3G, Nicolas Sarkozy a bloqué la procédure et demandé à ce que l'on étudie un nouveau scénario, qui verrait la licence divisée en blocs.
Or selon le journal satirique, "les fréquences disponibles - 15 mégahertzs actuellement - seraient tronçonnées en trois lots accordés à des bénéficiaires choisis, notamment, en fonction de leur solidité financière et de l'étendue de leur réseau". "Suivez mon regard", poursuit le journal, qui regarde bien évidemment les trois opérateurs en place : Orange, Bouygues Télécom et SFR. Au mieux, si Free obtient quelques miettes, il sera dépendant d'accords de licence avec les autres opérateurs pour faire fonctionner son réseau sur tout le territoire, et donc de leurs tarifs. De cette manière, il est certain que Free ne pourra pas casser les prix comme il le souhaite, ce qui aurait été profitable aux consommateurs français qui ne voient pas les tarifs évoluer vers le bas.
Le Canard Enchaîné cite Martin Bouygues dans le texte, lorsqu'il explique par une métaphore pleine d'amour à un haut fonctionnaire de Bercy pourquoi il faut conserver le triopole actuel, malgré les ententes évidentes sur les prix: "Je me suis acheté un château, ce n'est pas pour laisser les romanichels venir sur les pelouses". Les Roms apprécieront. Free aussi.
L'opérateur semble en tout cas avoir fait une croix sur le dossier, si l'on en juge par la sortie véhémente de Xavier Niel, l'actionnaire majoritaire d'Iliad. Les trois opérateurs mobiles historiques ont accepté de se faire ponctionner 0,9 % pour financer France Télévisions en échange de l'assurance que Free ne débarque pas sur le marché, mais Free rejettera fermement cette taxe s'il n'a rien à y gagner. Et Xavier Niel ajoute d'ores et déjà dans son chariot médiatique son opposition toute nouvelle à la loi Hadopi, qu'il n'entend plus laisser passer comme une lettre à la Poste.
Les consommateurs sont en train de trouver dans ces cuisines politico-financières un allier de circonstance dans la lutte contre tous les dossiers ouverts par le gouvernement ces derniers mois, en faveur d'un contrôle le plus étroit possible d'Internet et de l'information. Entre Free et l'Elysée, c'est désormais un mano a mano, et c'est à qui cèdera le premier.
Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com