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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 03:24

Deux cent vingt ans


fete de la FederationCitoyens. Le jour de liesse est arrivé. Aujourd'hui, ne seront pas présents comme la première fois les soixante mille fédérés, délégués des 83 départements de l'époque. Laïcité oblige, il n'y aura pas de cérémonie religieuse. Ne défileront que des camarades de ceux qui ont risqué et parfois perdu leur vie un peu partout dans le monde, pour des missions humanitaires, ou plus obscures.

Il faut le rappeler : le 14 juillet, fête nationale sur proposition de Benjamin Raspail en 1880, commémore non la prise de la Bastille, mais la Fête de la Fédération qui se déroula un an plus tard au Champ de Mars, à Paris. C'est la fête de l'Unité française, élément essentiel de notre fierté nationale, car fruit d'un acte volontariste de tous.

Tentons de comparer ce fait historique et déterminant avec ce qui est arrivé à nos voisins. L'unité italienne ne date officiellement que de 1861, et encore Rome ne fut-elle rattachée au royaume qu'en 1870. Royaume, avons-nous dit. Ce ne fut pas délibéré de la part du peuple, mais décrété par un souverain. D'ailleurs, les velléités centrifuges continuent de nos jours, avec la Ligue du Nord par exemple. L'Italie est toujours une fédération de provinces.

Pour les Allemands, la chose est encore plus difficile. Si le 18 janvier 1871 l'Empire allemand est proclamé dans la galerie des glaces de Versailles par Guillaume II, là encore sans en appeler au peuple, les hasards des deux guerres mondiales feront qu'une Allemagne unifiée, cohérente, démocratiquement acceptée par tous, ne sera effective que le 3 octobre... 1990 ! Elle reste malgré tout fédérale, et non unitaire.

Les Espagnols nous étonneront aussi. Si Ferdinand II, roi d'Aragon et de Sicile, roi de Castille et roi de Naples scella l'unité espagnole en épousant Isabelle de Castille en 1469 , on peut rétorquer que dans les têtes, cette unité n'est toujours pas réalisée. Là aussi, les séparatismes basque, catalan, galicien... sont très vivaces, tout en étant différents les uns des autres, et rien ne peut prédire de la suite.

Pour nos amis Suisses, règne en effet une belle unité de façade, dans un système là encore fédéraliste (malgré le terme inadéquat de « Confédération Helvétique »). Cependant, la Suisse alémanique a tendance à faire bande à part, bien qu'il s 'agisse plus d'une culture différente, que de heurts linguistiques.

La Belgique, pour sa part, malgré une apparence bien pâle d'unité, est si divisée par la question linguistique, que l'on peine à imaginer quel sera son avenir proche. Les scissions profondes, et qui semblent s'exacerber, pourraient bien donner à l'existence du pays un coup de grâce. Seule la question pendante de Bruxelles et sa couronne bloque encore la situation dans un no man's land juridique et pratique, chose d'autant plus difficile que cette capitale est aussi celle de l'Europe. Dur paradoxe, et mauvais présage pour ceux qui sont superstitieux, à propos de cette Europe au siège installé à un endroit si inadéquat.

Quant aux britanniques, le loyalisme envers la couronne, qu'ils partagent toujours avec les Canadiens, les Australiens... ne peut cacher qu'il n'y a aucune unité entre eux. Leur système de poids et mesures les rapproche plus, en les singularisant, que les législations. Ils ont des Parlements différents. Bref, l'unité n'existe pas.libertegalitefraternite

Affirmons-le, n'en déplaise à celui qui hante le palais de l'Élysée actuellement, l'unité française n'est pas une notion fumeuse et administrative. Elle n'est pas liée à la langue, partagée avec d'autres ; elle se fonde sur des idées de base, celles que d'aucuns veulent détruire parce que porteuses d'espoir, de force et de cohésion. Liberté, égalité, fraternité, ce ne sont pas de vains mots, mais des notions très fortes que presque tous partagent même dans les banlieues difficiles, même si c'est parfois plus confusément. En revanche, elles sont combattues avec vigueur par le Pouvoir en place, qui y voit un obstacle à sa volonté de diviser pour régner. L'égalité est traquée par les chasses au faciès, les discriminations négatives... ou positives, les exactions policières, des débats fumeux et biaisés sur l'unité nationale. La liberté est remise en cause sous toutes ses formes, liberté d'expression, liberté d'aller et venir, liberté de la presse, liberté d'association, liberté de se vêtir en public (sauf cas particuliers, pour les fonctionnaires en contact avec le public, ou l'école, lieu neutre par obligation et nécessité), même liberté de penser. Quant à la fraternité, elle est pourchassée dans les atteintes à la Sécurité Sociale, dans l'anti-réforme des retraites, dans les acharnements contre certaines associations, dans tout ce qui donne un sentiment d'entraide sans contrepartie obligatoire. Ne trouvent grâce que la condescendante aumône, ou le système vénal qu'affectionnent les néo-libéraux. Tout se vend, tout s'achète. Et pour la laïcité, le fait, pour un chanoine, de la vouloir « positive », la rend aussi suspecte que l'aspartame, « le sucre mieux que le sucre ».

redecoupage regionsPour en revenir à la fête, en ce 14 juillet, nous célébrons, malgré la fougue des commentateurs (teuses)* télévisuel(le)s aussi fervent(e)s qu'à côté du sujet, deux cent vingt ans d'unité entre tous les citoyens français, librement et sans l'obligation décrétée par un monarque. A ce niveau, c'est plutôt à une tentative de casser cette unité que l'on assiste, tentative qui semble vaine tant l'opposition est grande et manifeste à tous les niveaux. Certains personnages à l'esprit sans doute mal placé considèrent cette belle unité comme une anomalie dans une Europe où elle n'existe guère, du moins dans les plus grands des pays. Démembrer la France en une dizaine de morceaux, ce serait bien, et bien dans la ligne habituelle du « diviser pour règner ». En raison de la situation actuelle, et de l'affaiblissement de ceux qui voulaient affaiblir, il semble que ce ne soit compromis. Tant mieux .

Alors, bonne fête à tous, et que cet anniversaire remarquable soit un clin d'œil favorable à la poursuite de toutes les luttes, en particulier celle de 1870-1871 à Paris, où fut déclarée la Commune Insurrectionnelle. Des partisans sont morts, des partisans se lèveront. Pour rappel, c'est le 14 juillet 1870 que Napoléon III, sur la foi de la maligne dépêche d'Ems, déclara la guerre à la Prusse, ce qui entraîna sa chute et le retour définitif de la république en France.





(*) dit comme çà...

sabre au clair


Auteur : babelouest

 

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=14141

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 13:53

PujadasTV-copie-3.jpg  Sarkomedia.png

 

 

 

Savez-vous pourquoi Pujadas a été choisi pour permettre à Sarkozy de se justifier sur France 2, la télé orchestrée par les inconditionnels du CRIF et d'Israël ?

 

Cette fois, pas de Laurence Ferrari, pas d'autre journaliste, non, un seul a été jugé digne de poser les questions permettant au Président de l'UMP de répondre aux attaques dont il est l'objet, de justifier envers et contre tout sa politique de régression sociale, et de se faire bien voir de l'opinion...


C'est très simple !


Le Pujadas est le LARBIN numéro 1, le plus servile de tous les journaleux aux ordres du Maître, ce qui lui a d'ailleurs valu la LAISSE d'or, une récompense qui lui va comme un gant !

 


Et le toutou était tellemment attaché à son maître, que rien ne les différenciait, ils étaient habillés pareil !


Alors oui, il est temps que l'avisé poulpe Paul les croque tous les deux !


S'il ne meurt pas d'indigestion...


eva R-sistons aux journaleux aux ordres du pouvoir

 

PAUL LE POULPE.jpg

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=14197

 

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 01:01


Un média sur Internet ne peut pas avoir des informations sérieuses. C'est par ce raccourci hasardeux que le gouvernement, appuyé par TF1, entend discréditer les attaques dont fait l'objet le ministre du travail Eric Woerth.



L'affaire Woerth et la tentation de discréditer Internet et Mediapart



C'est une méthode de communication éprouvée. Désormais, dès qu'un ministre ou un parlementaire est mis en difficulté par une révélation ou des soupçons, la stratégie consiste à trouver un angle pour attaquer Internet. Ce fut particulièrement clair dans l'affaire des auvergnats de Brice Hortefeux, où Internet avait été pris pour bouc émissaire de l'Elysée au gouvernement.

Dans le cas de l'affaire Bettencourt, le ministre du travail Eric Woerth avait commencé dès le 27 juin sur RTL et LCI à tenter de détourner l'attention vers Internet, en répondant aux questions de Jean-Michel Aphatie dans le Grand-Jury. Il avait dénoncé "les journaux en manque de vente" en visant le JDD qui avait évoqué l'affaire des lingots volés de Robert Peugeot, puis dénoncé "les tribunaux qui se créent sur Internet" à son encontre.

Le lendemain, lors des premières questions au gouvernement sur ce qui allait devenir "l'affaire Woerth", il persévérait. "Comment pouvez-vous prendre sans aucune distance des informations relayées par un site Internet dans un but commercial, et peut-être même politique ?", avait ainsi demandé le trésorier de l'UMP aux députés de l'opposition. En utilisant le terme "relayées" plutôt que "révélées" ou même "proférées", le ministre déniait déjà au site Mediapart la possibilité d'être un média comme les autres, et le mêlait à un simple bloubiboulga d'échos diffus sur Internet.

Aujourd'hui, le mot d'ordre est repris. La tactique a été relayée dans l'hémicycle par l'actuel ministre du budget François Baroin, qui lorsqu'il était député avait défendu avec vigueur l'absence du juge dans le filtrage du net prévu par la loi Loppsi. M. Baroin a ainsi tenté d'assimiler les révélations issues de Mediapart, qu'il ne nomme pas, aux courants d'extrême droite. "Est-ce que vous vous rendez compte que vous êtes en train de tracer le sillon des extrêmes et de l'extrême droite ? (...) Comment vous pouvez jeter l'anathème sur les uns et sur les autres, sans preuve, en additionnant des tweets, les blogs, des gens qui règlent des comptes, des opposants politiques qui ne partagent même pas vos valeurs... Comment vous pouvez continuer sur ce chemin-là ?", a demandé le ministre pour défendre son collège Eric Woerth.


Vidéo sur le site


Incidemment, le même dénigrement de Mediapart a été insufflé sur TF1 par Jean-Pierre Pernaut dans son journal de 13H, comme le relève Arrêt Sur Images :

Et bien sûr, ce nouveau rebondissement explosif a trouvé sa place dans les premières minutes des 13 heures. Mais il est peu de dire que Jean-Pierre Pernaut a traité le sujet à contrecœur, après la météo, les résultats du bac, et les économies prévues dans le budget 2010. Et si l'on en croit le présentateur-vedette de TF1, il ne s'agit là que de "nouvelles rumeurs", "une nouvelle fois lancées par un site internet"…

De quoi remettre à l'ordre du jour l'idée de Renaud Donnedieu de Vabres, qui voulait labelliser les sites Internet de presse parce qu'il "'n'y aura pas d'informations de qualité sur l'Internet sans de vrais signatures, de vrais acteurs dont c'est le métier" ? Sans doute non, car avec sa rédaction de journalistes professionnels dirigée par Edwy Plenel, Mediapart serait sans aucun doute labellisé, ce qui ne ferait que renforcer sa crédibilité alors que tous cherchent à le dénigrer...

Sur le même sujet

 

 

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 01:28

Sommet Nucléaire : Le Mythe du Terrorisme…

legrandsoir.info

 

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Georges STANECHY

 
«  Le temps vient toujours dans une nation où il faut se soumettre ou bien se battre. Ce temps est arrivé en Afrique du Sud. Nous ne pouvons pas nous soumettre et nous n’avons pas d’autre choix que de frapper à la mesure de nos moyens pour défendre notre peuple, notre avenir et notre liberté. »
Nelson Mandela (1)

 

Le “Terrorisme” est un mythe.

 

Une fable, une illusion, une légende. Construction de l’esprit sans rapport avec la réalité.

 

Un Totem.

 

Maléfique. Rassembleur du clan des crédules. Dans la ferveur guerrière et la danse du scalp.

 

Ronde mortifère, rythmée, scandée, par les tambourins et hululements des sorciers-charlatans : “experts en terrorisme”, “hyperterrorisme”, et autres hallucinations…

 

Totem qui n’explique rien et ne fait que déplacer la difficulté. Mais qui, en la déplaçant, parait en atténuer « le scandale logique ». Comme disait Durkheim, repris par Claude Levi-Strauss dans Le Cru et le Cuit (2).

 

« Scandale logique ». Oui.

 

Janus

 

En fait, nous le savons, scandale de la « Logique du Prédateur » : La Loi du Plus Fort. La loi du Deux poids - Deux mesures. Ou, comme disent nos amis anglophones, du : Double Standard. En plus imagé : Pile, je gagne – Face, tu perds…

 

La violence guerrière, c’est Janus. Le Dieu aux deux visages. Visages de l’Enfer. Nul besoin d’être expert en Polémologie, pour en identifier les contours.

 

Qu’elle soit financière, commerciale, culturelle, intellectuelle, ou armée, le plus souvent le tout à la fois, elle comporte deux visages, deux habillages. Deux “travestissements rhétoriques”.

 

Celle exercée par Le Fort contre Le Faible, qu’il spolie, opprime, méprise : violence déclarée “Légitime”. Car, civilisatrice, bienfaisante, “démocratisante”. Même au prix de millions de morts et de destructions incommensurables.

 

Dans l’autosatisfaction de la bonne conscience du Fort, évidemment.

 

Celle employée par Le Faible contre Le Fort qui le pille, l’occupe, l’humilie, le massacre. Résistance dont la violence est inacceptable pour Le Fort qui la déclare Illégitime. La diabolisant, sous le vocable sacralisé de “Terrorisme”. Par glissement sémantique, le résistant devient un insurgé. Lequel ne peut être que terroriste.

 

Le Fort s’arroge l’usage « légitime » de la violence. De la terreur. Qu’il s’estime seul en droit de détenir et d’exercer. Y compris dans ses configurations de destruction massive : chimique, bactériologique ou atomique.

 

Car rationnel et civilisé, face aux sauvages.

 

Avec ses moyens “étatiques”, par ses armées officielles et ses services secrets. Ou “privatisés”, par l’entremise de ses colons, mercenaires, “miliciens-politiciens-collabos”, et autres vecteurs.

 

Dictant ses normes, anathèmes et excommunications. Juge et partie. Traités internationaux, Conventions de Genève n’étant que des chiffons de papier, pour reprendre l’expression de Bismarck. Le Fort impose la violence sous toutes ses formes.

 

Même la plus abjecte : la torture.

 

Tous les prétextes étant recevables pour “intervenir militairement”, selon son bon vouloir : guerres déclarées ou non déclarées, officielles ou secrètes.

 

Au motif de la défense de ses “intérêts vitaux”, de ses “valeurs”, de sa civilisation, du devoir de mémoire. Voire, du péché originel. Lequel varie suivant les époques et les propagandes. Sans oublier le droit autoproclamé d’ingérence, pour raison humanitaire et “démocratique”.

 

A titre défensif ou offensif. Et, même, à titre “préventif”. Car le Fort, dans sa mégalomanie, s’assimile aux divinités mythologiques : il possède la préscience. Il connaît et maîtrise l’avenir. Ou, aux Héros de science-fiction, maîtrisant l’espace-temps. Dune, Matrix, Stars Wars, il se trouve déjà dans leur monde, leur dimension, par son génie.

 

En conséquence, le Fort dénie l’usage de la violence au Faible qui n’accepterait pas sa domination.

 

Comment ne pas comprendre ?...

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Pour lui, bombarder des mariages avec ses femmes et ses enfants, ce n’est que “neutraliser” des rassemblements terroristes. Raser par ses drones les maisons des chefs de village de toute une vallée, avec femmes et enfants, ce n’est que supprimer des “commandants” de l’insurrection. Mitrailler des civils dans les rues avec ses hélicoptères, c’est maintenir l’ordre. Gérer des centres de torture de par le monde, c’est assurer la sécurité.

 

Les mercenaires qu’il paye grassement, en complément de ses propres troupes, pullulant en Irak ou en Afghanistan ne peuvent être que des « agents de sécurité ». Leur violence de soudards, s’ajoutant à celle de sa soldatesque, dans un pays conquis, martyrisé, rappelle celle des guerres du Moyen-Age. Mais non, ce n’est que de l’autodéfense. Justement, dans la lutte contre le terrorisme, afin d’aider les autorités du pays occupé...

 

Le Fort, grâce à ses “valeurs”, ne peut accomplir que Le Bien.

 

Lors de la seconde guerre mondiale, l’occupant allemand en France considérait les actes de résistance à ses pillages et à son oppression comme des actes terroristes. Réservant aux insurgés et aux populations civiles prises en otage, tortures et exécutions. A l’exemple des troupes françaises occupant l’Espagne, sous Napoléon, tombées dans la spirale de la férocité des représailles face à la lutte farouche du peuple espagnol.

 

Souvent pour conforter des politiques d’occupation, de spoliation, de répression, et les justifier auprès de l’opinion publique, le Fort fomente des attentats. Nourrissant des guerres civiles, sur fond de pauvreté planifiée. Faisant sauter des édifices religieux, églises, mosquées, et autres, des bombes dans des lieux publics, multipliant les assassinats de responsables politiques et syndicaux.

 

Allant, suivant la conjoncture médiatique, jusqu’à organiser l’enlèvement de ses propres ressortissants. Avec de fausses “organisations terroristes”, dont les sigles apparaissent et disparaissent comme autant de pâquerettes au printemps.

 

Sur son propre territoire, le Fort affirme que des dizaines d’attentats sont déjoués chaque année grâce à la vigilance de ses services spécialisés. Mais, étrange : dans une démocratie, ces “présumés terroristes” devraient être jugés publiquement, pour tentative d’attentat. Avec débats publics et contradictoires permettant de comprendre : qui sont-ils, que veulent-ils ?... La nation, constituée de citoyens adultes et instruits, doit savoir. Mais, non. Impossible.

 

Les observateurs savent que la quasi-totalité des attentats commis dans le monde à l’encontre de populations civiles sont l’œuvre de services spéciaux étatiques. “Démocraties” et dictatures, pour des raisons différentes mais souvent convergentes, étant des adeptes de ces méthodes.

 

Car les dictatures se sont ruées au portillon, profitant de l’hystérie collective, pour mieux museler et déconsidérer leur opposition. A un échelon réduit, appliquant à leur tour, la relation du Fort, l’oligarchie au pouvoir, au Faible, leur peuple écrasé de répression.

 

Un des exemples les plus tristement célèbres de ces manipulations est celui des nazis, qui avaient incendié le parlement allemand, le Reichstag. Présenté comme un attentat effectué par des communistes. Permettant la rafle de plus de 4000 cadres du parti communiste allemand, envoyés dans les premiers camps de concentration. Pour les inaugurer. Au grand soulagement des milieux financiers et industriels allemands, et même européens, de l’époque… (3)

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Popeye

 

Obama, les 12-13 avril derniers, a réuni les représentants de 47 Etats pour un “sommet sur la sécurité nucléaire”. Tout spécialement focalisé sur les risques du “terrorisme nucléaire”. Le plus grand sommet sur la sécurité depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, ne cessaient de répéter, avec zèle et obséquiosité, les médias de la propagande,

 

Mais, en écoutant son discours et ceux des autres “dirigeants nucléaires”, je pensais à Popeye avalant ses épinards pour montrer ses muscles, se rassurant sur sa force tout en voulant intimider ses adversaires…

 

Ce n’étaient que postures et mensonges. Dans la paranoïa et le cynisme, les plus ridicules dans l’outrance.

 

Comme toujours dans ce genre de manifestations, les non-dits sont plus importants que les belles phrases de la bonne conscience. Dans cette mélasse de bla-bla-bla, de ces non-dits, je retiens les “non”.

 

J’en ai recensé six :

 

i) Non à la Paix

 

Dès l’énoncé de ce sommet, les “grandes puissances” occidentales confirmaient qu’elles n’étaient pas intéressées par La Paix dans le Monde. Entre assurer La Paix et assurer La Sécurité, le choix est clair.

 

Assurer La Sécurité : c’est Surveiller et Punir (4). La répression, la stigmatisation.

 

“La Sanction”.

 

Punir, cogner, frapper, isoler, marginaliser, étouffer… La régression de l’intelligence et de la Civilisation Humaine.

 

Tenir un sommet sur “comment instaurer la Paix dans le Monde”, ce serait rappeler le respect du droit à l’autodétermination des peuples et nations. En conséquence :

 

=> Interdire toute occupation militaire d’un pays par un autre. Et, donc programmer le démantèlement de toutes bases aériennes, terrestres, navales d’un Etat chez un autre.

 

=> Interdire, dans une vigoureuse réactivation des Conventions de Genève, toute prise en otage des populations civiles : punitions collectives, embargos, incarcérations arbitraires, entraves à la libre circulation des personnes dans leur propre pays, famines imposées, destructions de maisons et de villages, destructions d’infrastructures civiles (notamment les stations d’épuration d’eau, de puits et de pompages), destructions d’écoles et d’hôpitaux, tueries et massacres.

 

=> Interdire les rapports de forces dans les relations internationales. En instaurant une authentique diplomatie, fondée sur le respect de son interlocuteur. Même de celui avec qui on n’est pas d’accord. Privilégiant la négociation, l’échange, l’empathie. Excluant menaces, chantages, déclaration méprisantes et belliqueuses.

 

ii) Non au Désarmement

 

Toute référence à un désarmement était exclue du sommet.

 

Tout autant les discussions, réflexions et décisions, sur la maîtrise et diminution des budgets militaires. Par une limitation indexée sur un pourcentage des PIB, donnant lieu à des contrôles internationaux.

 

Afin de :

 

=> limiter l’impact des lobbies militaro-industriels, devenus ingérables pour les gouvernements civils du fait de leur poids financier, corrupteur, dans un contexte d’opacité n’ayant plus rien à voir avec le "Secret Défense". Présentant à l’heure actuelle un des plus graves dangers pour la survie des « démocraties ».

 

=> donner la priorité aux besoins urgents et colossaux de notre planète que sont : alimentation, santé, éducation, emplois et retraites.

 

iii) Non à l’identification et au contrôle des arsenaux nucléaires existants

 

Le sommet a mis en lumière deux tabous, quant à la conception des occidentaux dans la “hiérarchisation” des puissances nucléaires :

 

=> Le refus des occidentaux de livrer la connaissance précise de leurs arsenaux nucléaires, dont le cumul est en mesure de faire sauter la planète. Constituant un danger autrement plus grave que la fonte des glaciers ou la disparition de l’hippopotame.

 

Refus d’un inventaire actualisé chaque année, contrôlé par des organismes indépendants, et publié afin d’informer les citoyens du monde qui ont le “droit” de connaître les dangers que court La Terre des Hommes.

 

=> L’identification et le contrôle de l’arsenal, actuellement tenu secret, d’Israël, qui est estimé à 400 bombes nucléaires. Pays non signataire du Traité de Non Prolifération Nucléaire, qui avait dans les années 1970 fourni 6 bombes nucléaires à l’Afrique du Sud… (5)

 

iv) Non à la résolution des conflits actuels

 

Résoudre les conflits actuels, est la dernière des préoccupations des puissances occidentales. Notamment, celui de la Palestine.

 

Il s’agit pourtant d’un des fondements de la sécurité internationale, notamment par l’imposition de la quarantaine de résolutions de l’ONU non appliquées à ce jour. Certaines, datant de 1967…

 

Comment assurer la sécurité internationale, en laissant des pays en envahir d’autres, les détruire, les occuper, les piller ?... Y compris par dictatures et gouvernements fantoches interposés, via des élections truquées.

 

Alors qu’on sait qu’aucun peuple, aucune nation, ne se livreraient à des actes de résistance, sous forme d’attentats à l’encontre des intérêts de pays étrangers, s’ils vivaient dans la liberté.

 

v) Non à l’abandon de la politique de la canonnière

 

Ce sommet a pour finalité le renforcement de la politique traditionnelle de l’Occident : maintenir son avance technologique sur le plan militaire. Fondement de sa richesse, depuis le XV° siècle, par la création des grands empires coloniaux, puis néocoloniaux, portugais, espagnol, hollandais, britannique, français, US, etc. : la politique de la canonnière.

 

L’Occident entend monopoliser toutes les sources d’approvisionnements miniers et énergétiques de la planète. Pétrole et gaz, tout particulièrement. Et, à présent : uranium.

 

Son but n’est pas la “sureté nucléaire”, car il sait très bien qu’aucun Etat ne vendra une arme nucléaire à un groupe armé non contrôlé par ses services spéciaux.

 

Sa volonté, sous couvert de ses déclarations pacifistes, est de conserver sa prééminence nucléaire, dans une politique de terreur pour imposer son Empire.

 

Si les occidentaux ont pu, par exemple, occuper et piller un pays aussi immense et peuplé que la Chine pendant un siècle (1840-1940), c’est grâce à leur supériorité en armement. Les Chinois qui n’avaient aucune intention de conquête et donc une armée aux armements limités, n’avaient pu s’opposer à leur flotte, leur artillerie à longue portée et leurs fusils à tir rapide. Mais, ils ont retenu la leçon…

 

vi) Non à la Justice Internationale

 

Le comble du cynisme, ou du ridicule, a été atteint par le président français, suggérant la création d’un tribunal international qui jugerait et condamnerait ceux qui se livreraient au “terrorisme nucléaire” : vente, formation, transfert de technologie.

 

Autrement dit, les "crimes contre l’humanité" commis lors de la destruction de l’Irak, sur fondement de mensonges, avec plus de 1,5 millions de morts et d’immenses destructions, peuvent rester impunis. Ceux récents, des massacres de civils, au Liban, à Gaza ou en Afghanistan, tout autant.

 

Comment être pris au sérieux avec un tel niveau d’inconscience et de mégalomanie, quant à la conception de la Justice Internationale ?...

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En fait, camouflé sous cette manœuvre, il s’agit de criminaliser tous les chercheurs en énergie nucléaire dont les travaux, le niveau de compétence, l’indépendance d’esprit ou le patriotisme, ne conviendraient pas à l’Occident. Il suffira, en bon magicien de cirque, de sortir de son chapeau une inscription sur une “liste terroriste”, même sans preuve, Etats, instituts de recherche, organismes industriels, pour que toute collaboration, de ce fait, devienne “criminelle”.

 

Comme cela a été effectué pour l’usine de produits pharmaceutiques de Khartoum au Soudan, spécialisée dans la production de médicaments génériques. Rasée avec tout son personnel dont de nombreuses femmes, par des missiles de croisière, sur ordre du président Clinton. Motif : elle fabriquait des armes chimiques. Ce qui était faux, tout le monde le savait, ainsi que l’ont reconnu les américains par la suite. Simplement, sa production gênait les lobbies pharmaceutiques en Afrique…

 

Comme les occidentaux l’ont fait, pour le grand chercheur et “père” de la bombe atomique pakistanaise Abdul Qadeer Khan. Face aux menaces de l’Inde, il avait contribué à édifier une force de dissuasion nucléaire pour assurer la souveraineté et l’indépendance de son pays. A l’exemple de la Grande-Bretagne ou de la France.

 

Toutes les calomnies à son égard ont été employées par les occidentaux, notamment les USA. Prétendant se faire livrer cet éminent scientifique comme un vulgaire criminel… Au prétexte qu’il aurait communiqué des secrets nucléaires aux Libyens et aux Iraniens. Même l’aurait-il fait, ce qui n’est pas le cas, les occidentaux n’ont jamais criminalisé leurs savants et techniciens qui ont collaboré avec les israéliens, sud-africains, australiens et autres, pour leurs recherches sur l’arme nucléaire.

 

Les Pakistanais ont eu le courage de ne pas céder, en dépit d’énormes pressions. Abdul Qadeer Khan, retiré de la vie active, vit protégé dans sa villa. Mais, par crainte d’un enlèvement ou d’un assassinat des services spéciaux occidentaux, il est pratiquement en résidence surveillée.

 

Ce sommet n’était qu’une Danse du Scalp des occidentaux. Souhaitant associer, à leur délire impérial, leurs vassaux avec les nomenklaturas et ploutocraties d’un certain nombre de pays.

 

Tout le monde l’a compris, c’est l’Iran qui est visé. Son pétrole et son gaz. Et, au-delà de l’Iran, le contrôle de l’accès de l’Asie, spécialement de la Chine, aux fournisseurs d’énergie.

 

Toutefois, personne n’est dupe. Comme le rappelle Anthony Payne :

“… La politique mondiale du “développement inégalitaire” est liée et contingente des “hiérarchies de puissance” …

 

Les pays désavantagés ne trouveront un développement plus égalitaire, n’obtiendront des concessions ou des changements dans les politiques actuelles du secteur des finances, du commerce, ou de l’environnement, qu’en opérant des changements d’alliances, dans un contexte de rapports de forces, en maîtrisant ou déployant les ressources de la puissance, même limitée, dont ils disposent.” (6)

 

Telle est la voie étroite, mais inévitable, des puissances émergentes soucieuses de préserver leur souveraineté, dont fait partie l’Iran.

 

Popeye, malgré ses boîtes d’épinard, ses moulinets de gonflettes musculaires, n’y peut et n’y pourra rien…

 

Georges STANECHY
http://stanechy.over-blog.com/artic...

 

Photos du film de Stanley Kubrick, à voir et revoir (les TV le censurent…) : Docteur Folamour ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Dr. Strangelove or How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb).

Monument d’humour noir sur les délires bellicistes des nomenklaturas.

La scène où le pilote (joué par Slim Pickens) du bombardier américain chevauche avec son chapeau texan, fou de joie, la bombe nucléaire qu’il vient de lâcher sur la Russie (l’URSS dans le contexte de la Guerre Froide) est un moment “culte” de ce film…

 

(1) Nelson Mandela, The Struggle is My Life, IDAF, 1978, cité par Sophie Pons dans Apartheid – L’aveu et le pardon, Bayard éditions, 2000.

 

(2) Claude Lévi-Strauss, Mythologiques, t. I : Le Cru et le cuit, Paris, Plon, 1964.

 

(3) Consultez les remarquables travaux sur cette époque de l’historienne française (actuellement boycottée et censurée par les medias) Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 7. Notamment ses livres sur les liens entre la finance, la grande industrie (comme toujours, milieux violemment opposés à tout politique sociale) avec l’extrême-droite européenne et nazie.

 

(4) Michel Foucault, Surveiller et Punir, Gallimard, 1991.

 

(5) Shibil Siddiqi, Terrorism : The nuclear summit’s “straw man”, Asia Times, 16 avril 2010, http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/LD16Ak02.html

“Israel presently possesses an estimated 400 nuclear weapons, from powerful thermonuclear devices to tactical or "battlefield" nukes.

Its nuclear doctrine embraces not only a "first strike" posture but also one of "preemptive strike" against a conventional or unconventional attack on any of its weapons of mass destruction (nuclear, chemical or biological).

It is also committed to maintaining nuclear superiority by preventing any other Middle Eastern country from obtaining nuclear weapons.

It has already employed conventional attacks and assassinations to prevent such an outcome.”

 

(6) Payne, Anthony, The Global Politics of Unequal Development, Palgrave Macmillan, New York, 2005, p. 246 & 247. Cité dans mon billet du lundi 16 juin 2008, Crise Alimentaire Mondiale : Le Boulanger, La Boulangère et Le Petit Mitron …

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http://www.legrandsoir.info/Sommet-Nucleaire-Le-Mythe-du-Terrorisme.html 
 
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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 02:21

 

La diversion de la burqa : surtout ne pas parler de social !

La diversion de la burqa : Surtout ne pas parler de social ! 

 
Serge Halimi dénonce "la poutre des polémiques subalternes"Le chômage ? La précarité ? Le temps partiel subi, les travailleurs pauvres ? Le mal-logement ? Les inégalités qui s’accroissent vertigineusement entre une minorité de privilégiés, bénéficiaires du bouclier antisocial, et l’immense majorité des autres qui ne s’en sortent plus ? Non : la burqa ! Tête-à-claques Copé, le premier, n’a que ce mot à la bouche. Comment ne pas s’insurger de cette diversion shflagrante des vrais problèmes des Français 
  
 
Serge Halimi remet en perspective l’exploitation hypocrite de ce débat dans un article de l’édition d’avril du Monde diplomatique, titré avec pertinence Burqa-bla-bla.
 
Extrait : "Les Français sont vraisemblablement plus nombreux à connaître le nombre de minarets en Suisse (quatre) et de « burqas » en France (trois cent soixante-sept) qu’à savoir que le Trésor public a perdu vingt milliards d’euros à la suite d’une décision « technique » de l’exécutif. Il y a dix-huit mois en effet, au lieu de subordonner son sauvetage des banques en perdition à une prise de participation dans leur capital, laquelle ensuite aurait pu être revendue avec un joli bénéfice, le gouvernement français a préféré leur consentir un prêt à des conditions inespérées… pour elles. Vingt milliards d’euros de gagnés pour leurs actionnaires, c’est presque autant que le déficit de la Sécurité sociale l’an dernier (22 milliards d’euros). Et quarante fois le montant de l’économie annuelle réalisée par l’Etat lorsqu’il ne remplace qu’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Le rétablissement électoral du Front national, et plus généralement de l’extrême droite en Europe, n’est pas tout à fait étranger à cette distribution de l’attention publique entre la poutre des polémiques subalternes qu’on enflamme et la paille des sujets prioritaires dont on prétend qu’ils sont trop compliqués pour le commun des mortels. Le fiasco des élections régionales derrière lui, M. Nicolas Sarkozy va s’attaquer à la « réforme des retraites ». L’enjeu social et financier étant considérable, on sait déjà que le gouvernement français s’emploiera à distraire la galerie en relançant le « débat sur la burqa".

P.-S.

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http://www.alterinfo.net/La-diversion-de-la-burqa-surtout-ne-pas-parler-de-social-!_a44937.html

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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 21:05




Source : http://www.e-joussour.net/fr/node/3106

Par Fred Goldstein


Les économistes et experts capitalistes, de même que les joueurs de la Bourse ne peuvent dire avec certitude s’il y a « reprise » ou pas. Pour les travailleurs qui perdent leur emploi, leur maison, leurs soins de santé, leur salaire et se retrouvent profondément endettés, il n’y a pas d’ambiguïté. Il n’y a pas reprise.

Toutefois, au plus léger signe de moins mauvaises nouvelles – de nouvelles pas aussi mauvaises que celles de la période qui a précédé – les experts bien payés ont vite fait d’affirmer qu’une reprise est en vue.Par exemple, le 31 juillet, le gouvernement a annoncé que l’économie n’avait régressé « que » de 1 % au cours du second trimestre, par rapport aux 6,4 % du premier trimestre de  2009. Le 6 août, une semaine plus tard, il annonçait que 247.000 travailleurs « seulement » avaient perdu leur emploi en juillet et que le chômage avait baissé – de 9,5 % à 9,4 %.

Il s’avéra qu’en outre, 422.000 travailleurs avaient quitté les rangs de la main-d’œuvre et n’avaient pas été comptabilisés. Ainsi, le taux de chômage aurait en fait grimpé à 9,7 % si les travailleurs découragés avaient été comptés comme faisant partie de la main-d’œuvre.

Cela ne demande certainement guère d’effort d’encourager les spécialistes capitalistes en quête désespérée d’optimisme. Après tout, l’optimisme fait monter les portefeuilles d’actions. Ainsi, ces gens n’attachent que peu d’attention à cette petite « différence ».

Le 10 août, autre bonne nouvelle. Le capitalisme français et le capitalisme allemand ont connu une légère croissance après de longues périodes de ralentissement économique. Cela fut suivi, deux jours plus tard, par l’annonce que le Japon connaissait lui aussi une légère croissance, après une longue et sévère régression économique.

Ben Bernanke, chef du Federal Reserve System, décréta que la lumière était en vue au fond du tunnel : la reprise était à l’horizon au cours du second semestre de l’année. Les affaires étaient censées reprendre. Les économistes pouvaient quasiment la sentir du bout des doigts, cette reprise.


Fausse promesse de « bonnes nouvelles »


Mais alors, le 13 août, vint la nouvelle que les ventes au détail avaient chuté  – même chez Wal-Mart, chez Kohl’s et dans d’autres chaînes géantes qui vendent aux travailleurs. Le 14 août, le très respecté rapport de l’université du Michigan sur la confiance des consommateurs indiquait une sévère chute, alors qu’on s’attendait à une hausse. Les marchés boursiers américains chutèrent, suivis par une sévère chute en Asie et par un surcroît de récession aux États-Unis.

Les découverts des cartes de crédit, les saisies et les licenciements sont tous à la hausse. Près de 30 millions de travailleurs sont sans emploi ou ont des sous-emplois et leur nombre ne cesse d’augmenter. Les faillites personnelles augmentent elles aussi.

Comment les ventes pourraient-elles faire autrement que de chuter ? Les masses ont peu d’argent, voire pas du tout. Quoi qu’elles possèdent, cet argent est réservé pour payer les dettes, mettre les enfants à l’école, payer les soins médicaux ou simplement assurer la survie élémentaire.

Voilà  pourquoi plus de cent banques ont fait faillite depuis le début de la crise. Cette année, septante-sept banques américaines ont sombré. Trois cents autres sont sur la liste d’attente de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). Cinq banques viennent encore de faire faillite dans la seule semaine du 10 au 14 août.


La nouvelle et dangereuse phase du capitalisme


Ces allers et retours à propos de la reprise, de l’absence de reprise, de la faiblesse de la reprise, etc. se poursuivent face à une augmentation continue de la souffrance, des difficultés et de la pauvreté parmi les travailleurs et les opprimés. C’est ici que réside la contradiction.

Traditionnellement, le capitalisme n’est pas censé fonctionner de cette façon. La façon dont il est censé travailler est la suivante: quand il y a une crise économique, il y a une crise pour les travailleurs. Quand il y a reprise, il y a reprise pour les travailleurs aussi. Une régression amène des temps difficiles. Une reprise amène des temps meilleurs.

Mais que se passe-t-il quand il y a une reprise des affaires et qu’il y a toujours une crise pour les travailleurs ? Manifestement, le capitalisme se trouve dans une nouvelle phase dangereuse en ce qui concerne les travailleurs.

Pas un de ces experts ne sait s’il va y avoir la moindre espèce de reprise capitaliste des affaires ou si, en lieu et place, l’ensemble de l’économie va s’effondrer, une fois que l’argent de la stimulation fera défaut ici et en Europe et au Japon – ou peut-être même avant cela.

Mais s’ils s’arrangent pour mijoter une reprise pour les patrons et les banquiers en leur refilant des milliers de milliards de dollars en fonds de renflouement pris chez les travailleurs, la véritable crise structurelle à long terme du système va devenir apparente – une ère croissante de reprise sans emplois.

Mark Zandi, le principal économiste sur Moody’s Economy.com, a présenté la chose comme suit : « Nous allons de la récession à la reprise mais, dans un premier temps du moins, cela n’en aura pas l’air. » (The New York Times, 1er août) La menace d’un chômage à deux chiffres pèse et les salaires déclinent en dépit de la remontée des marchés boursiers et d’une nette hausse des bénéfices des sociétés.

La reprise sans emploi : un problème mondial


Les travailleurs doivent être très attentifs à ce qu’on dit sur la « reprise ». Manifestement, ils n’en seront pas. Par exemple, la lecture des paragraphes enterrés dans les annonces de la reprise en Europe et au Japon est édifiante. Après avoir claironné  un « fort rebondissement » de l’Europe dans son titre à la une, le New York Times du 13 août rappelle à ses lecteurs que la reprise pourrait caler brusquement.

« On s’attend à ce que le chômage augmente sévèrement cette année, quand les programmes gouvernementaux qui ont gardé des gens sur des états de paiement privés partout en Europe se mettront à expirer. Déjà, le taux de chômage de l’eurozone est à 9,4 %, son niveau le plus haut de ces dix dernières années, et la croissance anémique des trimestres à venir ne suffira pas pour arrêter ce glissement. »

Le même type de gros titre optimiste, suivi d’une information vraiment maussade est apparu dans le Times du 16 août : « Les perspectives pour le Japon demeurent toujours incertaines et certains analyses doutent que l’économie puisse poursuivre dans cette reprise après que les mesures de stimulation au pays même et ailleurs auront suivi leurs cours. On s’attend également à ce que l’emploi et les salaires en baisse pèsent quelque temps sur les dépenses des consommateurs. Le taux de chômage japonais a atteint une record en six ans, 5,4 %, et les salaires ont atteint un bas niveau record en juin. »

« Une reprise qui se maintient d’elle-même n’est toujours pas en vue », a déclaré un économiste japonais. En d’autres termes, même s’il y a une reprise pour les capitalistes du monde entier, pour les travailleurs, il y aura toujours une crise du chômage et des salaires en baisse. Et cette crise va empêcher le système capitaliste de connaître une relance comme il y était habitué.

L’accroissement du taux d’exploitation durcit la crise

Un chiffre important publié mais sans la moindre publicité le 11 août, a montré une reprise dans la productivité du travail et ce, au beau milieu de la crise. Reuters a exposé les choses de façon très abrupte en annonçant un bond de 6,4 % dans la production horaire par travailleur (taux annuel).

« La production américaine par travailleur a augmenté pour atteindre son rythme le plus rapide en six ans, durant le second trimestre, au moment où les affaires se sont davantage dégagées de la régression, signifiant ainsi que le relèvement de cette récession sera lent et peu susceptible de créer une remontée des embauches. »

Donc, les patrons ont utilisé la crise pour larguer les travailleurs sur base permanente via le recours à la technologie, à la réorganisation, à l’accélération des cadences ou à d’autres moyens encore. Ce que cela signifie réellement, c’est que les capitalistes ont accru le taux d’exploitation des travailleurs.
Les heures des travailleurs ont dégringolé de 7,6 % alors que la production n’a chuté que de 1,7 %. Donc, les travailleurs ont produit plus en moins de temps. C’est ce qui a provoqué une hausse des bénéfices des sociétés, malgré une économie en déclin.

La lutte de chaque capitaliste pour pressurer de plus en plus les travailleurs signifie que les patrons ne devront pas réembaucher une bonne partie des dizaines de millions de travailleurs sans emploi ou sous-employés, même en une période de reprise.

Cela signifie aussi que s’il y a reprise – et ce n’est pas garanti du tout –, elle sera faible, de courte durée et elle se fera au détriment  des travailleurs, qui en seront réduits à se faire concurrence pour des emplois de moins en moins nombreux.

Le capitalisme n’a pas de renouveau automatique pour les travailleurs. La seule façon de raviver la fortune des travailleurs et des communautés consiste à lancer une bataille massive pour l’emploi, pour les revenus, pour les services sociaux, les soins de santé, le logement, la nourriture et toutes les nécessités de la vie.

Patrons et banquiers nous ont fait payer la crise à coups de dizaines de milliards de dollars en renflouements, alors qu’on nous vire de nos emplois et de nos maisons.

Il est temps que les travailleurs s’organisent pour inverser la tendance. Il est temps de déclarer qu’un emploi est un droit, que le logement est un droit, que les soins de santé sont un droit, que l’éducation est un droit. Et il est temps de mobiliser les syndicats, les communautés et toutes les organisations de masse en une lutte unie pour faire changer les choses un peu partout.

Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig’Action.

Source : Workers World

Affiché sous Accueil, Economie

http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/?p=5243

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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 01:03
Article publié récemment, 2 commentaires... et réflexion à mener !!!  Eva R-sistons à la casse de l'enseignement public.




Grippe A/H1N1: des cours diffusés dans les médias publics en cas de fermeture d'écoles, selon Chatel

 

Le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a annoncé mercredi que des "modules d'enseignement" avaient été préparés pour être diffusés sur les chaînes de télévision et de radio publiques en cas de fermeture des écoles pour cause de pandémie de grippe A/H1N1. Lire la suite l'article

 

http://sos-crise.over-blog.com/article-34837722-6.html#anchorComment




Commentaire reçu et ma réponse :



Eh bien, voila la fin du Mammouth ??? La France va récupérer les bâtiments pour les sans abris, une économie monstre pour tout ces profs qui ne voulaient de toutes façons plus enseigner Les enfants vont enfin pouvoir s'instruire a leur rythme !!!!!! 
Commentaire n° 1 posté par laury avant-hier




En réalité se profile la FIN de l'école pour tous, républicaine, laïque,
de l'enseignement qui coûte cher aux capitalistes ( = vauriens rapaces )

fin des enseignants critiques à l'égard du pouvoir, à juste titre,

et chacun à domicile, lycéen etc, ça permettra de contenir les mécontentements (l'union - des lycéens par ex - fait la force !!!)

alerte, danger !!  Eva

Commentaire n° 2 posté par Eva R-sistons aujourd'hui
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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 16:06



Les sujets vedettes de la rentrée,
par Eva R-sistons


A votre avis,
quels seront les sujets vedettes de la rentrée,
en dehors de l'incontournable Shoah,
toujours au TOP depuis des décennies ?

En avant première,
votre Eva R-sistons vous les livre :

La question du voile intégral,
(ce qui sera d'ailleurs l'occasion
de nous conditionner contre les Musulmans,
et donc de nous préparer au choc de civilisations,
en particulier au choc contre l'Iran)
et la pandémie.

Plus le gouvernement cassera tout,
protections sociales, services publics,
laïcité, indépendance nationale,
Droit du Travail, etc, etc

plus vous entendrez parler de ces sujets.

Ils seront destinés à masquer
tout ce que vous ne devez pas savoir,
et qui se retournera ensuite contre vous.

Souriez ! Vous êtes roulés !

Eva R-sistons



 

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  • : Blog d'opinion et de résistance. Les médias ne sont pas libres, mais simples outils de désinformation et de propagande pour l'Occident militaro-financier. Pas de liberté d'informer, donc pas de liberté ni de démocratie. La désinformation est l'ennemie Public N°1. Eva, journaliste-écrivain, libre-penseuse, dénonce et interpelle.
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