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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 06:14

Carte de la liberté de la presse dans le monde en 2010

Source : Reporters sans frontières (RSF)
http://www.populationdata.net/indexcarte.php?option=article&origine=accueil&aid=795&article=2010-09-27-Liberte-de-la-presse-dans-le-monde-en-2010&mid=2604&nom=monde-liberte-presse-2010
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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 01:25

Alors que Rémy Pflimlin annonce dans le Figaro sa volonté de donner la priorité au numérique, plusieurs modèles de télévision du futur semblent s’affronter aujourd’hui.

Rémy Pflimlin:

Nous devons entrer dans l’univers des réseaux sociaux, mais aussi être capables d’assumer en direct sur la Toile de grands événements à l’exemple de ce qui a été fait cette année sur les grands événements sportifs. Enfin, nous sommes en avance sur le développement des télévisions connectées tant pour définir la norme que pour proposer une offre de contenus interactifs accessibles à tous.

Ce n’est qu’un point de départ, dans un voyage qui, on le comprend à la lecture de l’interview, se déchire déjà en plusieurs chemins. Se déchire ou s’assemble.

Quel sera le vrai visage de la télévision dans quelques années ? Et quelles conséquences en terme de distribution et d’organisation ?

Quelques pistes

1) La télévision connectée
À lire également dans le Figaro daté du 30 août 2010 (édition papier seulement) l’union sacrée des chaînes de télé françaises (TF1, M6) et allemandes (ZDF, RTL…) autour de la télévision connectée et de la nouvelle norme HbbTV (Hybrid Broadcast Broadband TV). Ce standard permet de connecter sa télévision sur Internet et d’éviter aux téléspectateurs de jongler entre leur ordinateur et leur télé pour avoir accès aux bonus ou à l’interactivité. Ils pourront voir, revoir, payer pour les contenus, voter, jouer… Bref, la fusion de l’écran familial et du Net.

2) De l’autre côté, la fragmentation
Une génération digitale et mobile qui regarde toujours les programmes de télévision mais de moins en moins devant son téléviseur. De plus en plus sur l’écran d’ordinateur, en consommant plusieurs médias en même temps.

3) TV connectée ou multi-écrans, la télé de demain, c’est la télé partout, et Internet dans tous les écrans
Une télévision partout, à tout moment, qui n’est plus forcément un flux, sauf pour le direct. “Vous n’aurez pas 50 chaînes, 500 chaînes, mais des millions de chaînes”, prévoit le patron de Business Insider, Henry Blodget, qui envisage une révolution aussi violente que celle qui a bouleversé l’écosystème de la presse écrite :

Vous serez capable de voir tout ce que vous voulez, en direct ou enregistré, où vous voudrez: TV, ordinateur, écran mobile, vous aurez juste à brancher un tuyau (Internet) sur une boîte (écran), et regarder.

Sur tous ces terrains, les télévisions ne sont plus seules, même si elles essaient de maîtriser la fragmentation (surtout les droits d’auteur et le paiement…) avec des systèmes comme “TV Everywhere“.

Google, Apple, Microsoft ou Hulu en nouveaux maîtres

Google est déjà prêt pour la TV connectée. Installé sur votre téléviseur, Google TV vous permettra de rechercher vos programmes favoris, de programmer un enregistrement, ou de trouver une rediffusion, de mettre un show dans vos favoris…

De son côté, Apple aurait dans les cartons une nouvelle version de son Apple TV (qui était un échec). “iTV” s’appuierait sur l’OS de l’iPhone et de l’iPad. Même sans cela Apple est déjà présent sur le marché de la “cacth-up tv” via iTunes, où il est possible de voir et revoir quelques shows tv.

Microsoft apporte déjà la TV connectée avec sa XBox. Sur le XBox live on peut regarder des shows TV mais aussi jouer à des jeux tv virtuels en direct.

Demain, c’est l’écran qui s’adaptera au programme, pas l’inverse. Et le programme sera complètement fragmenté, avec des millions de télé-diffuseurs potentiels, pro ou amateurs.

Un flux multiformes et permanent

La TV de demain, c’est la connexion du meilleur de deux technologies:

- des écrans HD de plus en plus grands ou, au contraire, des écrans de plus en plus mobiles et de qualité comme l’iPad.
- l’Internet ! (et pas le “web”)

La télévision, demain, s’appellera “Digivision”, car il ne s’agira plus de diffuser un flux pour un téléviseur. Il s’agira de produire et de faire vivre des programmes vidéos stockés ou des flux live pour l’Internet. Et ce sera le rôle des moteurs de recherche et des réseaux sociaux de vous aider à les retrouver et les partager sur tous vos écrans, sans rupture (je commence sur mon plasma, je finis sur mon mobile).

Demain, il n’y aura plus que des écrans, il n’y aura plus d’interface, vous serez l’interface, la télécommande de vos multiples écrans. Peut-être n’y aura-t-il plus d’écran, ou que, en tout cas, toute surface pourra servir d’écran.

Peu importe.

L’important, et donc le cœur du business, c’est que tout sera digitalisé sur le réseau, c’est à dire sur Internet. Et que ces flux et ces données vidéos vivront partout où vous serez. En concurrence avec des millions d’autres programmes.

Ce qui signifie, pour les journalistes TV, que le digispectateur ne sera plus captif, qu’il passera d’un sujet à un autre instantanément. Et que nous aurons besoin de filtres, de prescripteurs, autant que de producteurs. Oui, comme pour la presse écrite.

Êtes vous prêts ?

Crédits photo cc FlickR brandon king, x-ray delta one.

Article initialement publié sur La Social Newsroom.

 

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=15517


Auteur : Benoit Raphaël - Source : owni.fr

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 00:58

1er septembre 2010

Ne rêvons pas d’infaillibilité journalistique. (du Nouvel Obs au Grand Soir).

Le 28 août 2010, LGS publie une trentaine de photos sur un charnier colombien dont les « grands » médias vous ont privés. Un lecteur objecte : deux photos concernent un charnier à Sebreniza, en Bosnie. LGS vérifie illico, fait publiquement amende honorable, retire les deux photos et invite les lecteurs à traquer ses erreurs.


Le 23 décembre 2005, le Nouvel.Obs.com publie un article sur la grève des 6000 médecins étrangers qui exercent en France avec une photo où l’on voit des médecins au teint mat, pourvus d’un paquetage. Un internaute perspicace remarque que la photo (d’Associated Press) montre en vérité des médecins cubains du contingent Henry Reeve (qui répond à des situations d’urgence dans le monde) réunis au palais des Congrès de La Havane dans l’attente d’une mission en Louisiane après le cyclone Katrina (aide refusée par Bush).


Averti, le Nouvel-Obs.com enlève subrepticement la photo sans informer ses lecteurs et sans remercier l’Internaute qui lui a signalé l’erreur.

Le crédit à consentir aux médias ne doit pas dépendre de leur (impossible) infaillibilité, mais de leur capacité immédiate de reconnaître des erreurs, d’en informer les lecteurs et de les encourager à redoubler de vigilance.

De ce point de vue, entre le nouvel-obs.com et legrandsoir.info…. y a pas photo.

Théophraste R. (legrandsoir.info).

 

URL de cette brève
http://www.legrandsoir.info/+Ne-revons-pas-d-infaillibilite-journalistique-du-Nouvel-Obs-au-Grand-Soir+.html
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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 00:50

 

Action Critique Médias"

 (http://www.acrimed.org).

 

Après une interruption estivale, et avant de reprendre son rythme et son contenu habituels dès la semaine prochaine, cette lettre recense les articles parus sur notre site entre le 29 juin et le 31 août 2010.

 

Derniers articles

--------------------------
** Une rumeur pour en chasser une autre ? - 30 août 2010
Hugo Chávez, « porte-parole spectaculaire » d’une « théorie du complot », selon France Info.
-> http://www.acrimed.org/article3432.html

** Dessine-moi les médias : « Le péril Rom » - 27 août 2010
Sans commentaires.
-> http://www.acrimed.org/article3431.html

** Lu, vu, entendu : « Bric-à-brac » - 26 août 2010
Bibelots de l’été 2010… et vide-grenier.
-> http://www.acrimed.org/article3430.html

** Retraites : Le quotidien Libération serait-il d’Attac ? - 24 août 2010
Mieux vaut tard…
-> http://www.acrimed.org/article3429.html

** « Etats généraux de la femme » : Yves Calvi assure le service après-vente - 23 août 2010
Quand un « événement » médiatique en suscite un autre : deux raisons de ne pas savoir « Où en sont les femmes »
-> http://www.acrimed.org/article3428.html

  ** L’art du portrait : personnalisation et « peopolisation » - 18 août 2010
Des personnages de petit écran aux personnages de papier journal.
-> http://www.acrimed.org/article3427.html

** Les Etats généraux de la femme : une farce du magazine Elle - 16 août 2010
…Pour parler « travail, famille, corps et amour ». Mais pas de la vision médiatique de « la femme », colportée, notamment, par Elle.
-> http://www.acrimed.org/article3426.html

** Retraites : Luc Peillon, de Libération, nous répond - 14 août 2010
« Quand Acrimed s'emmêle les plumes ». Vraiment ?
-> http://www.acrimed.org/article3425.html

** Après Revel (de L’Express) : BHL (de partout) contre Taddeï - 10 août 2010
Le retour de Botul, flanqué d’Anastasie
-> http://www.acrimed.org/article3424.html

** Les « bourgeoises alternatives » : la cible marketing de Madame Figaro - 6 août 2010
… et un aveu de grande classe !
-> http://www.acrimed.org/article3423.html

** Libération (dé)bat en retraite - 4 août 2010
… et, sur LA réforme, délègue à quelques tribunes l’exposé de projets différents de ceux de l’UMP et du PS.
-> http://www.acrimed.org/article3422.html

** Lire : L’argent et les mots, d’André Schiffrin (avec un extrait) - 2 août 2010
Des effets dévastateurs de la logique du profit dans les domaines de l’information et de la culture aux propositions alternatives.
-> http://www.acrimed.org/article3418.html

** France Culture : Pascale Casanova licenciée - 29 juillet 2010
Les coupeurs de tête de Radio France préfèrent l’été.
-> http://www.acrimed.org/article3420.html

** Quand France Inter invite Michel Maffesoli, expert en apéritifs - 28 juillet 2010
… De la Fondation Paul Ricard aux « Apéros Facebook »
-> http://www.acrimed.org/article3419.html

** Tour de France : L’Équipe défend le devoir d’amnésie sur le dopage - 26 juillet 2010
Pour ne pas gâcher la fête et pour « doper » les ventes…
-> http://www.acrimed.org/article3417.html

** La complaisance de David Pujadas mérite d’être récompensée - 22 juillet 2010
… Par une décoration. Mais laquelle ? Cette grave question agite le microcosme médiatique.
-> http://www.acrimed.org/article3416.html

** Lu, vu, entendu : « Autorités médiatiques » - 20 juillet 2010
Aux géants des médias, toute notre reconnaissance…
-> http://www.acrimed.org/article3415.html

** « Affaire » Anelka : L’Equipe prend sa revanche sur la revanche d’Aimé Jacquet - 19 juillet 2010
Retour sur les rapports compliqués que le quotidien sportif entretient avec l'équipe de France.
-> http://www.acrimed.org/article3414.html

** Légion d'honneur et Ordre du Mérite pour journalistes et dirigeants de médias (2005-2010) - 14 juillet 2010
Pour services rendus, mais à qui ?
-> http://www.acrimed.org/article3413.html

** Comment TF1 a vendu « sa » Coupe du Monde de football - 12 juillet 2010
En ne plaçant sous les projecteurs que les matchs diffusés sur sa chaîne, et en incitant constamment les téléspectateurs à aller parier en ligne sur son site Internet.
-> http://www.acrimed.org/article3412.html

** Quand Xavier Bertrand insulte les journalistes (SNJ-CGT) - 9 juillet 2010
« Ce n'est pas en lançant des anathèmes contre les journalistes que l'on fera avancer la démocratie dans ce pays où l'Elysée met la presse en coupe réglée. »
-> http://www.acrimed.org/article3411.html

** Affaires et politiques : Haro sur les journalistes ! (SNJ) - 8 juillet 2010
"[...] c'est une véritable chasse aux journalistes qui a été lancée par quelques-uns des plus hauts responsables du gouvernement et de la majorité au pouvoir en France.
-> http://www.acrimed.org/article3410.html

** Chomsky à Paris (suite) : les bidouillages du Monde des livres - 7 juillet 2010
Deux mises au point de témoins cités par le journaliste qui n’aimait pas les sandwiches.
-> http://www.acrimed.org/article3409.html

** L’actualité des médias n°75 (15 mai- 5 juillet) - 6 juillet 2010
Les quotidiens ont soif. Bonneteau dans la TNT. Un nouveau Président pour France Télévisions - Évictions et démissions à Radio France. - Etc.
-> http://www.acrimed.org/article3408.html

** La critique de cinéma en question (entretien avec Stéphane Ledien, de la revue Versus) - 5 juillet 2010
Pour une critique « en marge de l’urgence de production dans laquelle le monde a jeté l’ensemble des médias influents, et industriellement imposants. »
-> http://www.acrimed.org/article3407.html

** Une présentatrice de télé démissionne… en Italie. Un exemple ? - 2 juillet 2010
…Parce qu’elle se fait une certaine idée de son métier.
-> http://www.acrimed.org/article3405.html

** Le Groupe Casino tremble devant Fakir (et réclame 75 000 €) - 1er juillet 2010
« Casino et son président, Monsieur Jean-Charles Naouri sont les victimes d'un véritable acharnement médiatique », disent-ils.
-> http://www.acrimed.org/article3406.html

** Retraites : Traitons l’information sans œillères (SNJ) - 30 juin 2010
« Des infos partielles… Des infos plurielles »
-> http://www.acrimed.org/article3404.html

** Manifestations du 24 juin : « Ça ne sert à rien », disent-ils - 29 juin 2010
… Avec, dans les rôles principaux, Jean-Michel Aphatie et Christophe Barbier.
-> http://www.acrimed.org/article3402.html


Bonne lecture
O.P. pour Acrimed

  http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-et-voici-la-lettre-d-information-du-site-acrimed-56323273.html

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 18:05

bhFestival de démagogie et de mauvaise foi réalisé par le méprisable Brice Hortefeux, défendant dans une interview au Monde la surenchère sécuritaire du gouvernement. Avec un gros mensonge pour commencer, démonté par Jean-Jacques Urvoas, secrétaire national du PS à la sécurité, qui accuse le ministre de "manipulation" : "il affirme qu’il y a aujourd’hui plus de policiers et de gendarmes que lorsque la gauche était au pouvoir, 145 100 policiers contre 143 258 policiers en 2001. Brice Hortefeux ment et il le sait. Le chiffre qu’il avance est celui du plafond d’emploi, parfaitement virtuel. En réalité, les personnels dits actifs, hors adjoints de sécurité, sont 117 925, soit exactement 10 891 de moins qu’en 2002 !" Le ministre de l’Intérieur décline aussi l’éternelle incantation de la droite : "Sur la sécurité et l’immigration, comme sur la fiscalité ou les retraites, la gauche se tait car elle n’a strictement rien à dire. Son silence est un programme", prétend-il. Répandre constamment le même mensonge ne suffit pas à en faire une vérité : même si nous n’appartenons pas au PS dont nous dénonçons les prises de position social-démocrates - quand nous sommes de bonne humeur, et social-traîtresses quand ce n’est pas le cas ! -, force est de constater que bien sûr que si, les socialistes font des propositions concrètes. Mais à l’UMP, formée de cyniques menteurs manipulateurs dont Hortefeux est un prototype (le président étant évidemment le premier d’entre eux), on ne s’embarrasse jamais de la réalité.

"Gauche milliardaire", "bien-pensants" et "petit milieu politico-médiatique parisien" = 69% des Français ?

Ainsi, l’argumentation défendue par l’homme qu’un tribunal de la République a condamné pour injure raciale repose sur la diabolisation de l’opposition : selon Hortefeux, quiconque critique les gesticulations, les discours incendiaires et la dénonciation de bouc-émissaires appartient à... la gauche caviar : "Vous êtes aveuglés par le sentiment dominant des soi-disant bien-pensants qui, en se gargarisant de leur pensée, renoncent à agir (...) Que certaines voix de la gauche milliardaire aient du mal à le comprendre ne me trouble pas du tout, bien au contraire. (...) Je vous invite à ne pas confondre le petit milieu politico-médiatique parisien et la réalité de la société française !" On en vient au morceau de bravoure de l’interview, qui vaut à l’auteur de cette phrase l’honneur mérité de figurer dans notre rubrique Ferme ta gueule ! : "La réalité, c’est que l’action engagée sous l’autorité du président de la République rassemble les Français". Autrement dit, on a d’un côté "la gauche milliardaire" et les "bien-pensants", et de l’autre le peuple, censé soutenir Sarkozy. Nous ne disposons pas du texte intégral de l’interview et somme curieux de savoir si le journaliste du Monde a réagi à cet énorme foutage de gueule. Parce qu’enfin, que disent les sondages ? Même si l’agité de l’Elysée a gagné deux points dans la dernière livraison de l’Ifop, il reste, excusez du peu, 64% de mécontents ! Pire, sur le sujet de la sécurité dont parle Hortefeux, l’institut CSA a indiqué que 69% des Français désavouent la politique menée en matière de lutte contre l’insécurité depuis huit ans. Soit depuis l’arrivée aux responsabilités de l’homme qui fait des moulinets avec ses petits bras... Alors le peuple avec Sarkozy ? Foutaise !


Auteur : Olivier Bonnet - Source : Plume de Presse

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=15261

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 18:35

TV-aux-ordres-copie-1.jpg

 

Dur, dur, dur de trouver des bonnes nouvelles. Le défi a été lancé par notre cpoliticienne Geneviève, grande fidèle (parmi tant d’autres du blog). Alors forcément il a fallu faire le tri…
Oubliez Mr Hortefeux, qui après avoir piétiné sa fonction régalienne avec ses injures raciales, nous bafoue copieusement (puisqu’il confirme) le principe de présomption d’innocence en arguant que Lies Hebbadj est « présumé coupable ». Regrettons simplement que cette méthode cavalière (sic!) ne s’applique pas à Eric Woerth comme s’en offusque les Inrocks.
En même temps, l’auvergnat a de qui tenir, puisque son mentor ne s’était pas privé de le faire à la cantonade bafouant lui aussi la présomption d’innocence d’Yvan Colonna. Il n’est jamais bon de devenir la tête de turc de la Sarkozia…

Oubliez les incendies navrants de forêt en Russie et les non pas 1, non pas 2 mais 3 centres nucléaires de recherche, militaire ou de retraitement, mis en danger. Déjà des zones boisées polluées lors de l’accident de Maïak en 1957 – ayant projeté dans l’atmosphère en produits radioactifs « la moitié des quantités rejetées à Tchernobyl » – seraient déjà la proie des flammes.

Oubliez la longue liste d’augmentations des tarifs traditionnelles du mois d’août, dynamitée par l’accointance du National Sarkozism avec les riches actionnaires du CAC 40.
La facture EDF de +4,4% et même jusqu’à +9%, si vous avez souscrit l’abonnement EJP (effacement jours de pointe)
La facture GDF Suez (détenu en partie par le financier Albert Frère soutien de Sarkozy) de +5% depuis le 1er juillet dernier. Merci Sarko!
Le prix du timbre 58 centimes pour une lettre de -20 grammes. A quand le 1 euro, soit 6 francs 55957 pour rappel!
Les abonnements SNCF et RATP, pour le même service voire pire!
La taxe d’habitation puisque les départements ne percevront plus la fameuse taxe professionnelle. Merci Sarko!

Oubliez l’affaire Woerth, puisque Nicolas et sa clique le veulent en misant sur le tout sécuritaire avec ce champ lexical guerrier: « offensive », « arsenal » et « guerre »

Non, ras le bol des mauvaises nouvelles, voici des bonnes informations, celles qui font plaisir, celles qui rassurent, et qui nous permettent de dire: « finalement le Monde n’est pas si pourri ». Après une lutte de plusieurs longues minutes pour les trouver, les voici:

Heureuse Dame Nature. Les Inuits bloquent en justice une expérience sismique Afin de préparer leurs futurs forages pétroliers en Arctique – officiellement « programme de géocartographie qui est d’accroître sa connaissance de la géologie du Nord » – quelques scientifiques corrompus voulaient réaliser au canon à son (et à explosifs) des relevés sismiques. Problème: les derniers tests avaient tué des baleines. Une paille!
Le tribunal du Nunavut, dans le grand Nord Canadien, après avoir été saisi par la communauté des Inuits a donc reconnu comme illégale la prochaine expérience germano-canadienne. Comme quoi, il faut toujours avoir foi en la justice de son pays! Mais si…

La 3D vous fait mal à la tête? Rassurez-vous les réalisateurs et auteurs d’Hollywood, sous la pression des spectateurs, se mobilisent contre cette nouvelle lubie florissante et fructueuse financièrement. Une véritable résistance même s’organise contre la 3D, devenu argument de vente.
Pour comprendre le problème derrière cette débauche d’effets spéciaux, il suffit de comprendre la boutade « Si vous ne savez pas faire un bon film, faites-le en 3D »

Les vécés pourront rouler à l’extérieur! Après cette parodie de titre d’un film français très estival, il faut préciser un peu la chose. En fait dans un très sérieux article intitulé La chasse d’eau pour remplacer la pompe à essence, on apprend avec grand plaisir qu’une société britannique utilise les vapeurs de méthane créées par la décomposition des excréments pour alimenter nos vieux moteurs à explosion: et ça marche! Ou comment recréer de l’or noir avec de la merde.
En fait, nos amis d’outre-manche ne font que copier un concept déjà mis en application en Suède, mais qui à la différence du système so british, utilise les boues des stations d’épurations. Quand on a plus de pétrole, il faut avoir des idées.

L’été est propice à la chasse aux trésors. Encore plus insolite que la fameuse Chouette Dorée, voici le fabuleux trésor de l’infâme Jörg Haider. Par contre rangez vos pelles et vos pioches, et troquez-les contre des listings bancaires, puisque le butin semble être réparti à travers plusieurs comptes bancaires étrangers. Un comble pour un militant d’extrême-droite!
Un brin de mystère entoure même le phénomène: le montant exact serait inconnu, tout comme la source des fonds. Il pourrait s’agir d’une partie du magot de Saddam Hussein et de dons de Muammar Kadhafi au FPO, le parti politique nauséabond de Haider.
Il paraitrait même, qu’aidé de précieux listings suisses, Eric W. de Bercy serait d’ores et déjà en quête du trésor autrichien pour financer son propre micro-parti. Rumeurs…

Continuons ces bonnes nouvelles par un autre trésor, bien réel celui-là: 781 millions d’euros.
C’est le montant en 2009 des redressements des entreprises au titre de leurs fraudes sociales: un montant qui servira à combler un peu plus le trou (fictif) de la Sécu!
Il semblerait qu’avec la crise et le laxisme propre à la Sarkozie, les entreprises se soient permises bon nombre d’irrégularités. Officiellement la fraude serait due à « la complexité des calculs » née de l’avalanche de mesures des 35 heures d’Aubry aux largesses de Fillon. Mais bien sûr…
Et de nous étonner alors de cette lubie propre aux partis de droite et d’extrême-droite, terreau fertile de la xénophobie la plus abjecte, lubbie démentie par les chiffres. D’un côté nous avons près de 800 millions de fraudes sociales des entreprises, de l’autre, celles des particuliers estimées à environ … 80 millions d’euros soit 10 fois moins!
Dans la simple logique de colmater les plus grandes fuites avant les petites, question d’efficacité par rapport aux sommes engagées pour les débusquer, il semble imparable de s’en prendre en priorité aux entreprises fraudeuses qu’aux familles nombreuses (ou non) d’origines étrangères (ou non). Sans oublier les évasions fiscales de nos richous tricolores qui se chiffrent, elles, en milliards d’euros!

Terminons cet article « positif » en illustrant la « positive attitude » d’un certain vendeur de café. Car on ne pourrait clore ce billet sans une belle affiche parodiée:

 

gueules de cuir



Auteur : CPolitic - Source : CPolitic

 

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=14887

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 02:56
 
 
Auteur : Guillaume Champeau - Source : Numerama

Le journaliste et fondateur du site ArretSurImages.net Daniel Schneidermann est revenu ce vendredi matin sur la validation par le Conseil constitutionnel de la loi sur l'ouverture au marché des jeux d'argent en ligne. De notre côté, nous nous étions surtout préoccupés du filtrage et de la possibilité offerte à une autorité administrative d'exiger des moteurs de recherche qu'ils cessent de référencer des sites auxquelles elle n'a pas donné son homologation (payante). Différence de prisme oblige, Schneidermann s'est lui intéressé de façon très pertinente à l'impact que pourrait avoir la loi sur l'avenir de la presse.

On le sait, tous les grands groupes de médias et même certains fournisseurs d'accès à Internet (Orange, Free...) s'intéressent de très près au jackpot promis par l'ouverture au marché des jeux en ligne. Les grands journaux qui "voient fondre leurs recettes publicitaires du fait de la crise, et leur audience par la faute des jeux vidéos ou des réseaux sociaux, attendent la légalisation des jeux en ligne comme la pluie bienfaisante, après des années de sécheresse", note l'observateur des médias. Alors que les formules payantes des journaux risquent surtout de faire fuir leur lectorat vers d'autres horizons gratuits, la manne des paris en ligne est vue comme un moyen de réconcilier l'information gratuite et la rentabilité économique. 

Mais il y a un risque d'effet pervers qui pourrait durement toucher la crédibilité des journaux. "Le peu de confiance que le public plaçait encore en eux fondra sans doute encore. D'autant qu'un aspect a peut-être échappé à beaucoup, comme le relevait dans Le Monde un journaliste, Dominique Cordier : le média qui informera ses lecteurs et ses télespectateurs sur le sport, qui livrera des infos exclusives et des pronostics, aura aussi économiquement intérêt à leur faire perdre leurs paris", résume Daniel Schneidermann. Celui dont le métier est d'informer aura intérêt à désinformer pour pouvoir continuer à informer. Le joli paradoxe que voilà...

C'est vrai pour le sport, mais ça peut être vrai pour d'autres choses. "Si l'expérience est concluante, pourquoi pas demain des paris sur le résultat des élections, ou sur l'issue des procès ?", se demande le journaliste. Bien vu.

Dans le domaine des finances, l'article L465-2 du code monétaire et financier punit de deux ans d'emprisonnement et 1,5 million d'euros d'amende le fait de "répandre dans le public des informations fausses ou trompeuses" de nature à agir sur le cours d'une entreprise côtée. Faudrait-il imaginer le même type de délit pour protéger les joueurs ? Ou faudrait-il plus fermement interdire à celui dont le métier est d'informer de tirer profit de paris sur l'exactitude de ces informations ?

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com


Auteur : Guillaume Champeau - Source : Numerama

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12840

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 00:30
Nullité de la presse française

 


Les français sont vantards et cocardiers au point de croire en cette fiction de leur suprématie dans le domaine des droits de l'homme et dans la qualité de leur presse.
Chaque jour, la semaine dernière, je lisais El Pais en admirant ce qu'était un journal: Largement 5 fois plus d'informations que dans le Monde et bien davantage d'articles de fonds, de débats et de tribunes.
Même un journal moins prestigieux, El Périodico, avait plus de densité que n'importe quel quotidien de notre incomparable grande nation.
Il faut dire que ce journal, vendredi, évoquait les "rumeurs" concernant notre famille royale sur 3/4 de pages, sans ragots et en rappelant l'historique de l'affaire. (A ce propos, retenons ce qu'en dit désormais notre Président: "Tout ceci est très exagéré". Dont acte. Mais l'exagération n'étant qu'un grossissement de la réalité, le voici qui avoue ce qu'il voulait faire taire, non?)
Mais revenons à notre presse dite "sérieuse".
Dans un dossier sur les retraites, le Monde du 13 avril publie une enquête reposant sur des personnages présentés comme réels et illustrant quelques catégories: le cadre, l'ouvrier, la cadre, l'employée, le fonctionnaire.
Arrêtons nous sur ce dernier exemple qui démontre la désinformation à l'oeuvre dans cet article. Car on a beau s'interroger dans le même journal sur l'éthique des "infiltrés"à la télévision ou se pincer le nez sur les "dérapages" ou"la vie privée" à grand renfort de moralisme pour censurer ce qui doit l'être, le Monde est souvent à l'avant-garde de la manipulation et du mensonge.
Ce fonctionnaire est donc présenté comme "Professeur des Ecoles" de 50 ans avec un salaire brut de ...3475 Euros!
Il faudrait donc que ce fonctionnaire soit rémunéré dans les ultimes échelons de la hors classe... ce qui serait, au mieux, rarissime mais plus vraisemblablement impossible. Le cas le plus courant pour quelqu'un dans cette situation serait un salaire brut de 2811 Euros. Soit 2200 Euros net et pas de treizième mois. (J'entendais un Présentateur dire récemment dans un journal télévisé à propos de la Grèce:"Que dirions-nous si l'on supprimait en France le treizième et le quatorzième mois des fonctionnaires?" Chiche!)
La même journaliste parle de 8% de primes... Ah, bon! Dans ce cas, il s'agirait d'un Directeur d'école mais pas un mot dans l'article! On nous dit, pour bien souligner le privilège du fonctionnaire: "Son espérance de vie à la naissance est de 81 ans"Comme si le travail de l'instituteur était le même aujourd'hui qu'il y a 50 ans!
Bref tout ceci est absurde, malhonnête et indigne : la journaliste invente un fonctionnaire qui n'existe pas ou bien seulement dans une "cellule propagande" de l'Education Nationale qui distribue ces fictions aux journaux qui les publient sans sourciller.
Alors de grâce, plutôt que de vous acharner sur des blogs qui sont réalisés par des gens qui écrivent pour un peu plus de vérité mais jamais pour l'argent ou un autre maître, commencez, Messieurs et Mesdames les Journalistes , à apprendre votre métier.
Mais il est vrai qu'en bons caniches, vous avez votre niche fiscale. Pas vrai?

Publié par HERMES à l'adresse 14:08

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12226#12226

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 18:14

 al jazeera.jpg 

Francophonie depuis le Qatar. Après l’arabe et l’anglais, les autorités du Qatar ont l’ambition de lancer Al Jazeera en français. Grâce à cette chaîne d'informations en continu, Doha veut récupérer le marché de la francophonie en Afrique, où le minuscule, mais richissime émirat gazier, investit déjà massivement.

Le Qatar, et son dynamique ambassadeur en France, Mohammed al-Qouwari, s’intéresse également de près à la population française d’origine maghrébine.

 

Al Jazeera est l’outil de la très active diplomatie du Qatar, qui se veut « ami avec tout le monde », c'est-à-dire des Américains et des Iraniens, des Israéliens et du Hamas, de l'Occident et des islamistes. Une politique qui confine cependant parfois au grand écart.

Par ailleurs, selon nos informations, une radio émettant en langue française devrait également voir le jour bientôt à Doha.

Partenaire privilégié de la France, le Qatar entretient de bonnes relations avec la Paris. Nicolas Sarkozy y a fait un saut de puce en novembre à son retour d'Arabie, afin d'y récupérer Carla, qui était allée s'entretenir avec la cheikha Moza, la très dynamique deuxième épouse de l'émir. Une visite éclair qui n'a pas fait que des heureux !

http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2010/03/bientot-al-jazeera-en-francais.html

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 23:14
 

  

En Amérique latine, les pauvres qui représentent une gêne sont tout simplement assassinés. Aux U.S.A., les pauvres sont aux prises avec des cataclysmes naturels, et on en profite pour s'en débarrasser. Fidel Castro a parlé d'aider les noirs de La Nouvelle Orléans dévastée par le cyclone Katrina alors qu'ils étaient pratiquement considérés comme le principal problème.

 

Voilà pourquoi, les riches sont en train de faire de l'affaire Bettancourt une question de principes, sinon un enjeu fondamental.

 

En l'occurrence, les riches, dont Nicolas Sarkozy se fait passer pour le champion, font subitement un tintouin de tous les diables pour récupérer Ingrid Bettancourt. Quoi qu'il en soit du calvaire enduré par elle, c'en est presque risible. On dirait qu'il n'y a qu'elle en Colombie à être une victime. Si Ingrid était la femme d'un paysan colombien pauvre ou une indienne, au lieu d'être prise en otage, elle aurait beaucoup de chances actuellement de se faire assassiner par des pistoleros — en Colombie on parle de paramilitaires — à la solde des riches, des grands propriétaires, ou de multinationales minières ou pétrolières. Mais il y a violence et violence. Il y a des violences que les riches jugent légitimes, normales, celles qui leur est profitable, et que les juges renoncent à sanctionner, ou celles qui auraient une raison d'être économique. Lorsque des journalistes prennent la défense de pauvres, lorsqu'ils informent l'opinion à propos des causes de leur calvaire, autrement dit à propos des multinationales ou des riches qui les font assassiner, ils se font parfois eux-mêmes assassiner. Nul essayiste n'en fait cependant des alter ego d'Anna Politkovskaïa.

 

Voilà à quoi servent désormais les médias dont les riches semblent de plus en plus disposer. À vrai dire, les journalistes sont conditionnés à ne pas prendre la défense des pauvres. Sauf lorsqu'il est possible d'en faire un spectacle.

 

Les médias jugent parfois utile de parler de la mort d'un pauvre. Mais cela n'arrive le plus souvent qu'en cas de catastrophe naturelle, ou lorsqu'un pauvre est victime d'autres pauvres. Les journaux étalent alors la tristesse de leur famille dans leurs colonnes. Ils font abondamment référence aux opérations de secours, du moins à certaines d'entre elles au point qu'on comprend qu'il faut être pauvre pour vivre aux pieds d'un volcan.

 

Les médias parlent beaucoup des pauvres, de sorte qu'on ne peut les taxer de manque d'objectivité, mais ce sont surtout les organisations internationales ou non-gouvernementales qui leur viennent en aide dans certaines régions du monde qui sont présentées comme des héroïnes. Leurs malheurs n'ont de valeur que dans la mesure où ils servent à justifier l'ingérence de multiples organisations.

 

Un tremblement de terre ou toute autre cause naturelle est toujours mis à profit pour faire étalage de l'organisation, des moyens hautement techniques, des capacités d'intervention de la société moderne, ou pour faire étalage des sommes d'argent en réalité dérisoires qui sont octroyées aux pauvres.

 

Il n'est pas permis de parler des pauvres qui réussissent à s'en sortir par eux-mêmes en s'organisant, à moins qu'ils ne deviennent riches, qu'ils accèdent à des biens de consommation de luxe, qu'ils ne disposent de revenus réguliers.

 

Bref, le pauvre n'a d'intérêt que s'il a l'air d'un pauvre, que s'il est dépendant d'une aide aléatoire qui ne peut en aucun cas servir à en faire l'égal d'un riche, ou s'il devient riche.

 


Auteur : Adrien Du Katanga - Source : Le Plumitif

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12164

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 22:06

medias-scandale-cree.jpg 

Qui possède les médias ?

Et pour quoi faire ?

"La presse libre n’existe pas. Vous, chers amis, le savez bien, moi je le sais aussi. Aucun de vous n’oserait donner son avis personnel ouvertement. Nous sommes les pantins qui sautent et qui dansent quand ils tirent sur les fils. Notre savoir faire, nos capacités et notre vie même leur appartiennent. Nous sommes les outils et les laquais des puissances financières derrière nous. Nous ne sommes rien d’autre que des intellectuels prostitués" .
John Swaiton, l’éditeur du New York Times, lors de son discours d’adieu.

Cet article paru dans Agora Vox nous aide à mieux comprendre pourquoi il est diffusé tant de mensonges sur les pays qui n’acceptent pas d’être pillés, au premier rang desquels on trouve Cuba, le Venezuela et tous ceux qui souhaitent réserver les dites ressources au développement de leur peuple, mais cela nous explique aussi l’omerta qui règne sur la guerre en Afghanistan, son coût et les crimes qui s’y accomplissent en notre nom.

1. Droit à l’information

L’article 19 de la Déclaration des droits de l’homme de 1948 indique : « tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

De plus, Victor Hugo, cité par Médiapart [1], a dit :

« Le principe de la liberté de la presse n’est pas moins essentiel, n’est pas moins sacré que le principe du suffrage universel. Ce sont les deux côtés du même fait. Ces deux principes s’appellent et se complètent réciproquement. La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c’est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l’une, c’est attenter à l’autre ».

On reconnaît un régime totalitaire par le fait que les médias sont contrôlés par le pouvoir politique. Les révoltes sociales et populaires comme celle d’Oaxaca au Mexique en 2006 passent systématiquement par la prise de contrôle d’un média audio-visuel. Cela illustre à quel point la maîtrise de l’information est fondamentale pour asseoir son pouvoir, a fortiori à l’encontre ou l’insu de la population, ou pour lutter contre une éventuelle tentative de désinformation. Ne dit-on pas également que le premier perdant d’une guerre est la vérité ? Les médias sont donc essentiels à la démocratie, peut-être plus encore que les autres pouvoirs. Ils en sont également le baromètre. Et les dirigeants de grands médias sont les personnes parmi les plus puissantes qui soient.

2. Qui possède les médias ?

Les médias sont très nombreux. Bouquets de chaînes de télévision, magazines spécialisés sur tous les thèmes, stations de radio… sans oublier le labyrinthe d’Internet que nous ne développerons pas, car n’ayant pas atteint encore la puissance et la visibilité des autres supports. Le réflexe naturel serait d’imaginer derrière cette multitude de marques, de chaînes, une diversité et une pluralité souhaitables. Mais l’effet est trompeur. Derrière ce nombre pléthorique, paradoxalement il y a peu de personnes, et même de moins en moins.

Arnaud Lagardère, ami intime de l’actuel chef d’état, qualifié de « mon frère » par ce dernier, possède* les éditions Hachette, Fayard, Grasset, Hatier, Hazan, Le Masque, Marabout, Pluriel, Stock, Le Livre de Poche, Larousse, Armand Colin, Dalloz et Dunod ; les magasins Relay, et Virgin ; les titres de presse Paris-Match, Elle magazine, le Journal du Dimanche, La Provence, Nice-Matin ; les stations radio Europe1, Europe 2, RFM ; les chaînes de télévision Canal J, MCM, Mezzo, Tiji, Match TV, la chaîne météo, CanalSatellite, Planète, Planète Future, Planète Thalassa, Canal Jimmy, Season, CinéCinéma, AlloCinéInfo et EuroChannel ; entre autres.
Groupe de l’industrie aéronautique, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires en 2008 : 8,2 milliards d’€.

Martin Bouygues (ami intime de l’actuel chef d’état, parrain d’un de ses fils) et sa famille possèdent* les chaînes de télévision TF1, LCI, Odyssée, Eurosport, Histoire, UshuaïaTV, S Star, Cinétoile, Cinéstar, Télétoon, Infosport, Série Club, TF6, TV Breizh ; les sociétés de production de films : Téléma, Film Par Film, TF1 Film Production, les sociétés de distribution de films : TFM, la société d’édition vidéo : TF1 Vidéo, les magazines Tfou Mag, Star Academy, et pour la presse écrite quotidienne gratuite :
Métro.

Groupe de bâtiment et travaux publics, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires en 2008 : 32,7 milliards d’€.

Serge Dassault, proche de l’actuel chef d’état, et sa famille possèdent* Le Figaro, L’Express, le Figaro Magazine et Valeurs Actuelles.
Sénateur, avionneur et marchand d’armes, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires groupe en 2007 : 21 milliards d’€ (selon wikipédia, à vérifier).

Avec ces 3 personnes nous avons listé notamment le 1er éditeur de France, le 2ème libraire de France, le 1er quotidien de France, la 1ère chaîne de télévision de France si ce n’est d’Europe.

Dans ce pays, la plus grande partie des médias est donc détenue par cinq empires financiers : Bouygues, Dassault, Lagardère, Bertelsmann (groupe RTL, M6), Vivendi-Universal (canal+, SFR).

Ajoutons encore Bernard Arnault l’homme le plus riche de France, qui fut témoin de mariage de l’actuel chef de l’état et qui possède Les échos. Vincent Bolloré, proche de l’actuel chef de l’état au point de lui prêter son yacht pour les vacances, possède la chaîne de télévision Direct8, les journaux gratuits Direct Soir et Matin Plus, en plus du groupe publicitaire Havas contenant RSCG de Jacques Séguéla.

En voulant parler de concentration, on s’aperçoit que cette concentration est de surcroît, autour de l’actuel chef de l’état !

Rarement autant de pouvoir n’a été concentré entre les mains d’agents économiques aussi restreints. Car le biais du capitalisme est qu’après la phase de concurrence, vient le temps du monopole de celui qui a gagné la bataille de la concurrence, et qui rachète ses anciens adversaires, sinon s’allie avec eux, cherchant par la même occasion à interdire l’accès au marché à d’éventuels concurrents. C’est le paradoxe d’un modèle qui, sans garde-fous, tend vers la suprématie, donc l’abus, puisque l’équilibre pluriel de départ est rompu. Depuis les années 90, ce contrôle capitaliste des médias se double d’une dynamique de concentration.

Que reste-t-il ?

Le service public.

Sa part de marchés reste inférieure [2]. Du point de vue déontologique, ce secteur doit s’efforcer d’être neutre. Donc il va s’interdire les méthodes très commerciales de ses concurrents cités plus haut, ou au pire les emprunter dans une certaine mesure, ce qui ne lui fera pas rattraper son écart d’audience. De plus une nouvelle organisation l’a mis sous la coupe directe du chef de l’état en gage de la suppression de la publicité.

Sondages

Si par définition, le média est le moyen de communication et de diffusion d’informations, alors sans aucun doute le sondage est devenu un média. Pourquoi les sondages sont-ils si importants ? Parce qu’ils servent d’auxiliaires très puissants à l’homme politique. Et soyons clair, derrière les circonvolutions du discours bienfaisant et rassembleur, le fond du propos de l’homme politique est beaucoup plus net et agressif : si vous contestez la mesure, nous avons la preuve – que vous ne pouvez vérifier – que vous êtes minoritaires.

Qui possède les instituts ?

CSA est possédé par Vincent Bolloré, cité plus haut.

IFOP est dirigé par Laurence Parisot, par-ailleurs présidente du Medef, organisation dont le frère de NS** fut vice-président jusqu’à fin août 2006, et invitée à la petite fête de la victoire de mai 2007 au Fouquet’s.

IPSOS a pour administrateur notamment Nicolas Bazire, conseiller personnel de Nicolas Sarkozy et témoin de son dernier mariage. Pierre Giacometti, directeur général d’Ipsos France, lui aussi invité du Fouquet’s.

Opinionway, a été fondé par Hugues de Cazenave. Voir cet article de politique.net [3] pour la mise en évidence de proximité politique.

Ne manquons pas d’impartialité en étant partiels, existent aussi la SOFRES qui a pour actionnaire les fonds d’investissement américain Fidelity ; LH2 (ex-Louis Harris) qui a été vendu par TNS à deux de ses dirigeants et BVA qui a pour actionnaires les fonds d’investissement
Rothschild.

Sans préjuger d’une orientation politique systématique, on peut bien imaginer que, même s’il s’agit d’une minorité de sujets, les plus sensibles seront traités d’une certaine façon … ou pas du tout. Quant aux questions qui orientent les réponses, c’est tellement évident, que certaines études sont tout simplement honteuses. Et les journalistes des médias de masse n’apporteront pas la précision sur les propriétaires des instituts et leurs autres activités. Ce manque de professionnalisme confine à la désinformation.

L’information libre étant consubstantielle (i.e. inséparable) à la démocratie, il est incroyable qu’une telle force, les médias, soit autorisée légalement à une telle consanguinité avec les pouvoirs économiques et politiques. Une démocratie qui laisse cela se mettre en place ne fonctionne pas correctement dans le sens constitutionnel d’un gouvernement par tou(te)s pour tou(te)s.

3. Problème de la concentration (réunion de toute l’autorité dans les mains d’un seul)

Il ne s’agit pas de stigmatiser telle ou telle entreprise qui n’a sans doute pas prospéré sans talent. Mais plutôt de montrer en quoi la situation ne convient pas.

Aucun des établissements financiers qui possèdent les médias n’a ce métier comme activité unique. Et à l’exception de Bertelsmann, le journalisme n’est pas le but premier de ces sociétés. Il s’agit même de groupes qui ont comme particularité d’avoir pour client l’état : le bâtiment, les travaux publics et les activités d’armement. Pour le dire de façon peu diplomatique, ils doivent leur pouvoir et richesses aux commandes que leur passent les politiciens avec l’argent public. Cela pose des problèmes politiques sérieux.

Ces groupes qui contrôlent la télévision ont la capacité d’utiliser le pouvoir conféré par cet outil puissant au bénéfice de leurs autres activités. Cela ne se fait pas forcément ouvertement. Mais par exemple on ne sera pas informé sur les activités en Afrique des grands groupes français, Bolloré notamment.

De plus on constate une dépendance du pouvoir politique vis-à-vis du pouvoir médiatique. Si le groupe a besoin de l’état, il a les moyens pour lui apporter tout le soutien nécessaire. Par renvoi d’ascenseur, il pourra être servi par des commandes, qui à ces échelles sont très importantes.

Malheureusement on a l’impression de répondre à la question : pourquoi ces entreprises championnes du capitalisme ont investi dans le secteur chroniquement déficitaire de la presse à l’aube du XXIème siècle ?

De surcroît ce secteur se voit maintenant financé par l’état (et donc par les citoyens) via un plan de 600 millions d’euros distribués sur 3 ans [4] à l’initiative de NS. Ne s’agit-il pas avant tout d’un cadeau à ceux qui l’ont « fait » ?

Ou le genre d’opération séduction / siphonnage qu’il maîtrise ? S’il existe bien des journaux dits d’opposition tels le Nouvel Observateur ou Libération, avec sa technique d’ouverture, NS est capable de les dompter par cette aide. Qui ne serait pas séduit et donc… influencé dans son travail ? C.f. ce très bon article de Médiapart [1].

NS a bien compris l’importance de ce IVème pouvoir et continue à y étendre son emprise déjà quasi-hégémonique. Hégémonie ou consanguinité dont il tente de faire croire à l’inexistence en toute occasion.

À titre personnel je suis frappé de constater que nombre de personnes pensent que le chef de l’état est légitime dès lors qu’il est élu. Mais si, avant l’élection, celui-ci possède les chaînes de télévisions comme en Italie ou a pour amis proches les propriétaires de celles-ci comme en France (amitié expliquée ou doublée d’une convergence d’intérêts), comment peut-on croire sérieusement que cela ne pèse pas sur l’issue du scrutin, et ce de manière illégitime, hors de l’esprit démocratique ? On peut sans conteste dire que NS a été « fait » par et pour les possesseurs de groupes de diffusion.

Comment les médias servent la politique

Le principe est de ne pas faire réfléchir les gens, de les éloigner de ce qui les concerne. On est en plein dans l’application de ce propos de Paul Valéry « La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. ».

D’où l’information mièvre, vidée de sa substance, l’écran de fumée de l’actualité mondaine, l’opinion saturée avec du bruit médiatique sur des sujets mineurs. Sans oublier le maniement de l’épouvantail de la peur avec les affaires de droit commun qui semblent sorties de la presse de caniveau. « Attention, danger ! Les pédophiles sont partout, à côté de chez vous. »

 

Ce qui est recherché, c’est le consentement au système économique en vigueur : le libéralisme mondialisé. Les multinationales, qui ont le pouvoir réel, contrôlent les médias qui œuvrent à créer les « illusions nécessaires » préalables à ce consentement. In fine le travail des médias consiste à borner le champ de réflexion politique.

Quant à la presse gratuite, la partialité est invisible derrière des dépêches aseptisées. Et le lecteur ne va pas se plaindre d’un journal qu’il n’a pas payé – directement pour le moins. Lire par exemple cet article sur ce sujet particulier. [5]

Le plus grave ce n’est pas ce fait, logique, que nos grands médias deviennent de plus en plus acteurs de la société du spectacle. Mais c’est qu’en tant qu’outils politiques fondamentaux, ils soient en train de renoncer à leur tâche d’élaboration d’un espace public de discussion et de réflexion, pour ne plus exercer qu’une fonction de propagande.

Conclusion

Bien sûr il y a des personnes qui remettent en cause l’information reçue, qui savent à quoi s’en tenir, qui ne sont pas consommatrices passives de prêt-à-penser très orienté. Mais ces personnes-là sont en nombre réduit face à l’énorme part de la population qui se préoccupe moins de ces sujets.

La question des médias est donc une question très sérieuse, qui concerne tous ceux qui refusent que les marchés pensent à leur place. Ne nous taisons pas face à la “majorité silencieuse” et tonitruante des “télés-réalités”, sachons voir que souvent le « diverti se ment ». L’information est un bien commun. Communiquer librement, un droit. Les groupes multimédias enterrent ce droit.

 

Aujourd’hui, en France, on peut dire que le pluralisme politique dans les médias est gravement mis en cause, que les issues d’élections sont biaisées et sans doute pire encore, la réflexion personnelle qui permet l’engagement citoyen combattue.

Au vu de cela, on comprendra que le pouvoir politique actuel soit gêné par l’Internet libre. Les campagnes de dénigrement de ce nouveau média ainsi que les lois visant à contenir son impact sont en cela très inquiétantes. Et la suppression de vidéos mettant en cause la caste au pouvoir se pratique déjà.

 

Les vidéos sur Jean S. et l’ EPAD ont été supprimées de Youtube soi-disant pour propriété intellectuelle. La prise de participation de l’état dans le portail vidéo Dailymotion [6], en toute discrétion, va faciliter encore ce contrôle. Et c’est là que la déjà forte concentration se poursuit, en commençant par le contrôle d’un générateur de « buzz ».

Auteur : Mychkine

Pour : Sentinelles de la République

 

 http://www.sentinelles-de-la-republique.com/la-concentration-des-medias-nest-pas-democratique/

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-qui-possede-les-medias-et-pourquoi-faire-47734703.html

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 07:34

Jean-Luc Melenchon - Huma 2008, 6396.jpg

 

(..) Le leader du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon s'en est pris gratuitement à un étudiant en journalisme de Sciences-Po venu l'interroger entre les deux tours des élections régionales en le traitant notamment de "refoulé politique de la petite bourgeoisie" et de "petite cervelle", peut-on voir sur la vidéo filmée par un jeune reporter et publiée sur le site de Libération mardi 30 mars.

 

Abordant de sa propre initiative le fait que le Parisien a fait sa Une sur une éventuelle réouverture des maisons closes deux jours après les élections régionales, et reprochant à cette "sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier" de ne pas parler de "choses intelligentes", le chef du Parti de Gauche accuse ensuite le journaliste, de vouloir lui poser des questions sur ce même sujet. Jean-Luc Mélenchon, peut-être énervé par l'impassibilité et lapersévérance du journaliste, l'a alors insulté tout en lui reprochant d'être agressif.

 
Refoulé politique de la petite bourgeoisie


"Le jour deux après qu'on ait tous jeté de grosses larmes sur l'abstention populaire, quel était le titre du journal Le Parisien ? "Faut-il rouvrir les maisons closes ? (...) Ce mélange de voyeurisme et de prostitution de l'esprit public va continuer jusqu'à la catastrophe", a lancé Jean-Luc Mélenchon. Le jeune journaliste et lui ont alors débattu calmement sur le fait que ce sujet était intéressant ou non. C'est lorsque l'étudiant a avancé que le sujet des maisons closes touchait la question de "l'hypocrisie" que le responsable politique s'en est pris personnellement au journaliste : "C'est vos problèmes à vous, le refoulé politique de la petite bourgeoisie. Votre hypocrisie...moi je m'excuse mais ce que vous racontez, ça ne concerne personne dans mon quartier. Personne ne se dit "tiens, je préfèrerais aller dans une maison close qu'aller chercher les putes au coin de la rue'. J'ai jamais entendu quelqu'un me parler de ça sinon vous et votre sale corporation voyeuriste et vendeuse de papiers".

 
"Votre tête est pourrie"


"Le problème c'est qu'elles sont dans les bois, les prostituées, à l'heure actuelle", a répondu le journaliste sans se laisser démonter. "J'en ai rien à faire", a lancé Jean-Luc Mélenchon, "si vous voulez me parler de ça vous allez parler à quelqu'un d'autre. Avec moi vous parlez de choses sérieuses, vous parlez de politique et vos sujets de merde vous allez les faire avec des gens qui veulent répondre à la merde. C'est fini, tu fermes ta petite bouche, tu me parles de politique. Moi je te parles de médias et de ton métier pourri. Si tout ce que tu trouves à faire c'est de me répondre ça, tu vas faire ton interview plus loin. Ok ?"

 

"Je ne comprends pas cette agressivité", se défend le journaliste. "C'est vous qui êtes agressif vous ne vous en rendez même compte tellement votre tête est pourrie. Vous trouvez digne de parler à un homme comme moi alors que je vous parle d'un titre pourri du Parisien, de commencer avec moi un débat sur la prostitution ? Mais vous me prenez pour qui bonhomme ?

 

Alors que le journaliste lui demande pourquoi dans ce cas il lui parle du titre du Parisien, Jean-Luc Mélenchon le coupe : "Si ! Je veux parler du titre du Parisien, petite cervelle, pas de la prostitution, du titre du Parisien !"

 

"C'est moi qui suis insultant ?", lui rétorque alors le journaliste. "Je crois que c'est une limite que vous avez atteint", lui répond Jean-Luc

Mélenchon en partant.

 

Vidéo

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/dossier/medias-pouvoirs/20100330.OBS1488/quand-melenchon-insulte-un-etudiant-en-journalisme.html

 

 

Mon commentaire :

 

Je suis journaliste de profession. Mon métier, aujourd'hui, me fait honte.  

 

Mélenchon dit tout haut ce qu'on pense tout bas.

 

Les journalistes nous disent comment voter (UE, Présidentelle..), comment penser (Contre Musulmans, Arabes, Iran, Chine, Russie, Vénézuela, Cuba.. pour le libéralisme, l'UMP, les réformes sarkoziennes, la modernité, l'amitié avec les USA, en faveur d'Israël ou des guerres soi-disant pour "la patrie", etc), ils nous cachent la réalité (crise.. du capitalisme, et provoquée; 11/9; pandémie pour dépopulation; nocivité libéralisme; guerre mondiale en préparation; nanotechnologies; situation en Palestine etc), faux débats (C dans l'Air etc), toujours les mêmes invités (BHL..), les invités sont interrompus quand ils critiquent le FOND de la politique (le style de Sarkozy,on peut critiquer).. Melenchon a raison d'être exaspéré contre les journaleux qui se prosternent devant le pouvoir.  On parle  des prostituées, de la burka, de l'identité de la France.. rien sur l'essentiel

eva R-sistons

 

 

Que pense Sarkozy des journalistes ?

 

"Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits, eux, ont une morale".

 

Non, la boutade n'est pas l'oeuvre d'un poétique général birman ou d'un potentat turkmène, comme le rappelle slate.fr, mais elle est attribuée à Nicolas Sarkozy lui-même (Canard enchaîné du 15 avril 2009

 

 

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 05:00



SINE-HEBDO N°81Lancé il y a un an et demi, l'hebdomadaire satirique Siné Hebdo a annoncé lundi 29 mars qu'il ne serait plus publié après le 28 avril. "Bien que le chiffre des ventes soit resté tout à fait honorable en ces temps de crise économique (37 000), Siné Hebdo perd chaque semaine de l'argent", explique le journal dans un communiqué. (...)


Lire la suite sur le
site source




Auteur : AFP - Source : Le Monde

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=11904#11904
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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 07:04

Sensationnalisme et mercantilisme,
les deux mamelles de médias sous influence

(SNJ-CGT)


Vendredi 26 Mars 2010

Sensationnalisme et mercantilisme, les deux mamelles de médias sous influence
Le SNJ-CGT dénonce avec vigueur les graves dérives de plusieurs médias qui ont publié et diffusé des images d’une caméra de supermarché censées montrer des militants de l’ETA et fournies par des autorités policières au plus haut niveau.
Ces images qui ont été reproduites sans vérification aucune mettaient en cause des hommes qui en réalité n’étaient que des pompiers catalans en vacances se trouvant dans un centre commercial (au mauvais endroit au mauvais moment ?) non loin de l’endroit où un policier a été tué par des membres présumés de l’Eta.
Les médias qui ont reproduit ces images ont cédé aux politiques des patrons de presse qui privilégient le sensationnalisme et l’émotion le scoop et le sang à la Une. L’information est pour les industriels de la presse écrite et audiovisuelle une marchandise comme une autre qu’il faut vendre coûte que coûte.
Mais plus grave encore, les médias en reprenant, sans les vérifications nécessaires, ces documents vidéo se sont inscrits dans une dangereuse campagne sécuritaire prônée au plus haut niveau de l’Etat et du gouvernement. Et ce entre les deux tours des élections régionales.
Le SNJ-CGT se félicite que plusieurs médias ont refusé une telle dérive évitant ainsi de devenir des auxiliaires de police.
Dans la même logique de dérive mercantiliste, sensationnaliste et people, le nouveau France-Soir s’est illustré peu après son lancement avec la publication d’une photo de Johnny Hallyday en Une censé se baigner dans les Caraïbes (à Saint-Barthélemy) alors que le document était vieux … de quatre ans.
Pour toute excuse la direction du journal explique que l’information est juste, la photo non.
Pour le SNJ-CGT, l’explication de ces dérives people se trouve plutôt dans la volonté, de France-Soir de faire du chiffre à tout prix. Racheté il y a un an par Alexandre Pougatchev, fils d’un des hommes les plus riches de Russie, le titre compte sur sa nouvelle formule pour faire décoller les ventes au-delà de 150 000 exemplaires, contre actuellement 23 000.
Il est temps comme l’a demandé le SNJ-CGT que les rédactions soient enfin indépendantes des actionnaires des grands groupes industriels à la tête des médias.
Montreuil, le 20 mars 2010


http://www.acrimed.org/article3335.html http://www.acrimed.org/article3335.html

http://www.alterinfo.net/Sensationnalisme-et-mercantilisme,-les-deux-mamelles-de-medias-sous-influence_a44294.html

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 00:06
 





Médias, la pensée unique
aux mains des multinationales


vendredi 18 décembre 2009 , proposé par pelemail





Les médias dominants «  ne sont plus seulement des relais idéologiques de la mondialisation capitaliste, (mais) en sont eux-mêmes des acteurs de premier plan  » (Serge Halimi)


La concentration capitaliste dans les médias s’accroît au niveau mondial. Aux Etats-Unis, les règles de concentration dans l’audiovisuel ont été abolies en février 2002 ; AOL a racheté Netscape, Time, Warner Bros, CNN ; General Electric (1ère entreprise mondiale) a acheté le réseau NBC ; Microsoft domine le marché des logiciels et de la photo de presse par son agence Corbis ; News Corporation (Robert Murdoch) contrôle les principaux journaux américains et anglais The Times, The Sun, The New York post, possède un réseau de télévisions par satellite (BskyB), une chaîne américaine (Fox) et une des principales sociétés de production (20 Century Fox). On connaît la situation de monopole en Italie dans les chaînes de télévision (Berlusconi possède les trois principales chaînes privées et contrôle la télévision publique. En Espagne, Prisa contrôle El Païs, le réseau SER de radios, une chaîne cryptée et plusieurs maisons d’édition.


Dans notre beau pays (voir tableau en annexe), cinq groupes principaux (Lagardère, Dassault et Bouygues qui prospèrent notamment grâce à des commandes publiques dans l’armement et le BTP..., plus Vivendi et Bertelsmann) se partagent l’essentiel des médias, qu’il s’agisse des télévisions, des radios, de la presse écrite, des livres, des musiques et des films.


A ces cinq groupes il convient d’ajouter le groupe de distribution P.P.R (Pinault-Printemps-Redoute) qui contrôle la F.N.A.C et le fonds d’investissement Wendel-Investissement de notre baron Seillières, ci-devant président de l’UNICE (union des patrons européens) après avoir laissé la présidence du MEDEF, qui a raflé la deuxième place de l’édition de livres en France (après Lagardère) en mettant notamment la main sur une partie de l’édition scolaire ! (Nathan, Retz, Bordas, Le Robert..). D’une façon plus générale, la part des fonds d’investissement grandit dans le secteur des médias comme dans le reste de l’économie : ils contrôlent T.D.F (Télédiffusion De France), Eutelsat et la diffusion par câble, ils possèdent 22% de Bouygues, 25% de TF1, 37% de Lagardère et 45% de Vivendi...


Pour être complets sur l’état de la concentration, il faut ajouter les innombrables liaisons entre les principaux groupes, tant au niveau des filiales communes et des participations croisées que des hommes. Ainsi Lagardère (34%) et Vivendi (66%) se partagent le réseau CanalSat (3,2 millions d’abonnés en juin 2005), Bertelsmann (34%) et Bouygues (66%) se partagent le réseau TPS (1,7 millions d’abonnés en juin 2005). Ainsi Lagardère vend à TF1 (Bouygues) des émissions de télévision et distribue dans ses magasins Virgin et Relay les livres, Cd et DVD du groupe TF1, à qui il vend également de la publicité pour le lancement de ses livres et magazines. Un autre exemple, au « Le Grand Jury » on rencontre les journalistes du Figaro (Dassault), de LCI (Bouygues) et de RTL (Bertelsmann) pour animer cette émission qui passe sur RTL et LCI et dont l’essentiel est publié le lendemain dans le Figaro. Il est pas beau notre monde...Quelques précisions :



LA TELEVISION


C’est sans doute le média le plus efficace pour le décervelage et la soumission : les français y passent en moyenne 3h24mn par jour (en 2004) et trois sur quatre regardent journellement TF1.


Au début, il y avait une seule chaîne et une télévision d’Etat, la censure s’exerçait directement, mais il n’y avait pas de publicité et on pouvait y voir des créations de qualité, produites notamment par la SFP (société française de production (elle a été récemment bradée au groupe Bolloré).


En 1968, s’en souvient-on, la publicité fut autorisée à la télévision pour 2 minutes par jour... En 1974, Giscard d’Estaing mettait fin au monopole de l’O.R.T.F et la publicité fut plafonnée à 25% du financement, plafond supprimé par...le PS en 1982. Les mêmes donnèrent en 1983 une « concession de service public » à une chaîne payante (Canal Plus), puis la 5 à Berlusconi en 1985 et TV6 (ancêtre de M6) à Publicis. La droite de retour vendit la première chaîne TF1 à un bétonneur (Bouygues) au nom du mieux-disant culturel ! Quant à la télévision publique, elle n’a de cesse de s’aligner sur les chaînes privées tant elle est sommée de fonctionner comme elle aux recettes publicitaires (la redevance en France est de 116 euros contre 184 en moyenne au niveau européen, 175 en Angleterre et 205 en Allemagne). Et, dans ce secteur comme dans tous les services publics, la frontière entre le public et le privé s’estompe, par exemple par la création de filiales communes, la privatisation des programmes (selon l’INA, les producteurs privés assurent 89,1% de la production audiovisuelle contre 39% en Allemagne et 32,7% en Angleterre) et le recours massif à l’intermittence.


La multiplication des chaînes payantes (les « bouquets » par satellite !) n’a accru ni la qualité ni le pluralisme : CanalSat et TPS cumulent des centaines de chaînes et sont même en train de fusionner notamment pour faire face à la « concurrence » de l’internet haut débit (sur 9 millions d’abonnés, 500000 y regardent la télévision par l’ADSL). Et l’attribution de chaînes TNT (télévision numérique terrestre) n’a rien changé, plus des deux tiers ayant été attribuées aux groupes dominants Vivendi-CanalPlus (CanalPlus, itélé, CanalPlusCinéma, CanalPlusSport, Planète), Bouygues-TF1 (TF1, LCI, TMC, Eurosport, TPS Star, TF6), Bertelsmann-M6 (M6, W6, Paris Première, TPS Star, TF6) et Lagardère (Europe2télé, CanalJ, Gulliver) et le principal nouveau groupe entrant AB - « fast food de la télévision »- (NT1, AB1, TMC) est lié à TF1 par TMC et à Lagardère qui en assure la régie publicitaire.


Les télévisions locales sont inexistantes ou contrôlées par les politiques locaux et les grands groupes qui s’y intéressent notamment depuis la loi de janvier 2004 qui y autorise la publicité pour la grande distribution et favorise la concentration. Ainsi TV Breizh (septembre 2000) est un poisson pilote des grands groupes (ici TF1) pour leur main mise sur le local. Le groupe France-Antilles (reste de l’empire Hersant qui fait dans la presse gratuite) s’est adjugé Télé Grenoble. Quant à Télé Toulouse et Télé Lyon Métropole, elles ont été crées après la loi du 13 décembre 1985 qui autorisait les télévisions locales commerciales grâce aux régies publicitaires de la Lyonnaise et de la Générale des eaux
.



LA PRESSE ECRITE


Les quatre premiers groupes de presse écrite en France sont, dans l’ordre Dassault-Socpresse (CA 2004 : 1,45 milliards d’euros), Lagardère-Hachette ( CA mondial 2004 : 2,1 milliards dont 1 milliard en France), Ouest-France, groupe régional (CA 2004 : 953 millions d’euros) et Le Monde (CA 2004 : 639 millions, avec le Monde, Le Monde diplomatique, Le Monde des religions, Le Monde de l’éducation, Courrier International, Les cahiers du cinéma, Télérama, Midi Libre...) 1/ La 1)

1) presse quotidienne régionale


La France est passée du 1er rang des lecteurs de quotidiens en 1914 au 26ème rang. Le nombre de quotidiens est passé de 242 en 1914 à 153 en 1945 et à 55 en 2005 (dont 33 quotidiens régionaux et 22 départementaux). Seuls ont échappé aux grands groupes le Républicain lorrain (Metz), le télégramme de Brest (Morlaix), l’Alsace (Mulhouse), La Marseillaise (Marseille et Montpellier) et l’Echo de Centre (Limoges). Le groupe France-Antilles a 12 quotidiens, Dassault-Socpresse 9 (en cours de vente), le groupe Sud-Ouest 5, le groupe Lagardère 4, de même que les groupes Est-Républicain et Centre-France, le groupe Dépêche du Midi et le groupe Le Monde 3 (dont Midi Libre et l’Indépendant).



2/ La presse nationale


De la Libération reste encore le système de diffusion par des coopératives d’éditeurs qui permet l’accès aux services de l’une des messageries (NMPP, SAEMTP, MLP), mais sinon la situation est pire qu’en 1939. Ce sont les marchands d’armes Lagardère et Dassault qui tiennent l’essentiel de la presse d’information et de la presse magazine et le caractère nominatif des actions des sociétés de presse (article 4 de la loi du 1/8/86 reprenant les ordonnances de 1944) n’est plus assuré.


Dassault contrôle Le Figaro et l’Express, Lagardère détient des parts significatives du Parisien-Aujourdhui et de l’Equipe (25%), du Monde (16%), de l’Humanité (9%) et du Nouvel Observateur. France-Soir a été repris par le fonds de placement Financière Hoche, Paris turf et Week-End par le fonds Montagu Private Equity, Le Point est contrôlé par le groupe P.P.R et Libération par Le groupe de Rothschild (37%).


Un mot sur les journaux qui sont plus ou moins classés « à gauche » :


• Le Monde : contrôlé à 100% par les associés fondateurs de 1944 à 1951, puis de façon partagée entre associés-fondateurs et société des personnels (et également société des lecteurs depuis 1985), le Monde a laissé entrer les « investisseurs » en 1986, leur part est passé de 8% alors à 37% en 1998. Il semble aussi que le dernier accord donne à Lagardère le contrôle de la régie de publicité du Monde.


• L’Humanité : ce journal reste lié au parti communiste même s’il n’en est plus l’organe central et sa lecture, pendant le referendum sur la « constitution » européenne et depuis, est la seule dissonante parmi les journaux nationaux. Néanmoins, l’introduction de plusieurs groupes (Lagardère et TF1 notamment) pour 20% depuis mai 2001 ne peut rester longtemps sans conséquence pour un journal qui reste en grande difficulté financière. Saluons au passage le cynisme de Lagardère qui, pour étouffer le pluralisme (et sans doute aussi pour anticiper un éventuel retour du PC au gouvernement), utilise pour sa participation de 9% dans l’Humanité une société dénommée « Société Humanité Investissement Pluralisme 
»...



3/ Les gratuits


Comme chez les anglo-saxons, les journaux « gratuits », entièrement financés par la publicité, se multiplient. Après les journaux d’annonces (réseau ParuVendu de France-Antilles qui a repris la Comareg - 220 éditions-, réseau du groupe Ouest-France -175 éditions-, réseau Villeplus de Lagardère et Dassault réunis), arrivent les affligeants premiers journaux d’ « information » censés parler aussi de l’actualité : Métro (34% Bouygues) et 20 Minutes.



L’EDITION DE LIVRES


Le choix se résume pour l’essentiel entre :


• Lagardère-Hachette (1er éditeur de livres en France, 5ème au niveau mondial) avec Hachette, Larousse, Fayard, Mille et une nuits, Grasset, Calman-Lévy, Hatier, Hazan, Lattès, Le Masque, Marabout, Pluriel, Stock, Le Livre de poche, Armand Colin, Sedes, Dalloz, Dunod... • Et Seillères-De Wendel Investissement (2ème éditeur en France) avec Plon, Perrin, Orban, La Découverte, Robert-Laffont, Presses de la renaissance, Nathan, Le Robert, Retz, Bordas, Fleuve noir, 10-18, Pocket, Presses de la Cité, Belfond, Solar...


D’autres multinationales interviennent (Bertelsmann, Atlas, Rizzoli, Reed-Elsevier, Média participations, Wolters-Kluwer) et il faut, ici comme ailleurs noter les participations croisées qui accroissent la concentration réelle du pouvoir. Ainsi J’ai Lu-Librio est détenu à 35 % par Lagardère, à 65% par Flammarion (lui-même détenu par Rizzoli) ; Flammarion détient 18% des P.U.F et 23% d’Actes Sud.



LA DISTRIBUTION (livres, musique, films)


-  Pour les livres, il faut également signaler que pour le groupe Lagardère, sa domination dans l’édition est renforcée par sa présence considérable dans la distribution et la commercialisation : librairies Virgin et Relay (deuxième libraire de France), presse magazine, presse régionale, radios, télévision...


-   Pour la musique et le cinéma, le marché est partagé entre :

. Bouygues-TF1 (filiales TF1 Vidéo et TF1 Films Production, participation de 49% dans Téléma et 50% dans Film par Film partagé avec Disney)

. Vivendi-CanalPlus (Universal Music distribue ¼ des albums vendus dans le monde, production et distribution de films, Canal plus possède le troisième catalogue mondial de films)

. Bertelsmann pour la musique (1/5 des disques vendus dans le monde par sa filiale commune avec Sony, BMG-Sony).


Source : Sur la concentration dans les médias, Observatoire Français des Médias, édition Liris 2005



http://lesogres.info/article.php3?id_article=4548



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Rue89


Pourquoi Xavier Bertrand
écrabouille-t-il ce journaliste ? (mis à jour)



La hargne de Bertrand contre un journaliste du Courrier Picard illustre les rapports complexes entre médias locaux et politiques.
Lire la suite l'article


Une descente en flammes, et en direct. Le 19 janvier, les télespectateurs de Public Sénat ont pu voir le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand croquer tout cru Nicolas Totet, journaliste au Courrier Picard. La violence de l'élu s'explique par un agacement certain vis-à-vis de ce journal, l'un des deux diffusés dans sa ville, Saint-Quentin (Aisne).


Responsable de l'édition locale du Courrier Picard, Nicolas Totet n'est pas un habitué des plateaux télé, qu'il visite pour la deuxième fois. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est mal à l'aise quand il commence à interroger Xavier Bertrand, adjoint au maire de Saint-Quentin.


Sa première question porte sur une récente annonce du maire, Pierre André : il va « prendre du recul » pour raisons de santé. Totet veut savoir si Bertrand compte le remplacer. Le patron de l'UMP, un roué des interviews télévisées, répond avec une hargne inouïe. La crucifixion dure moins de 3'30 et se termine par un large sourire de l'élu. (Voir la vidéo)

VIDEO sur le site 

(NB Eva: J'ai vu la séquence. Bertrand est ignoble...)

Clash Xavier Bertrand

envoyé par Dailygratuit. - L'info internationale vidéo.

Nicolas Totet n'était pas joignable mercredi. Son patron, Didier Louis, dit qu'il est resté « très marqué » par cette interview :


« Sa question était très maladroite, mais elle devait être posée, en y mettant mieux les formes. Il a été cloué au pilori. Ce sont les rapports d'un journal régional avec les politiques locaux. Ce genre d'incidents arrive avec des politiques de droite ou de gauche. »

Le rédacteur en chef du Courrier Picard, qui constate que Xavier Bertrand « ne s'est jamais plaint de quoi que ce soit » auprès de lui, s'est fendu d'un éditorial, le 23 janvier, pour corriger quelques mensonges de l'élu et lui rappeler que Pierre André lui-même avait salué le traitement de ses ennuis de santé par le journal.


=L'autre journal local est dirigé par un ami de Bertrand


A Saint-Quentin, l'actualité du grand homme qu'est Xavier Bertrand est couverte par deux journaux : le Courrier Picard, un quotidien qui fut jusqu'en 2009 une coopérative ouvrière, et l'Aisne Nouvelle, quatre parutions par semaine, filiale du groupe Hersant Médias.


Depuis début 2009, le rédacteur en chef adjoint de l'Aisne Nouvelle est Erick Leskiw, qui me confiait au moment de sa nomination être un « ami de 20 ans » de Xavier Bertrand, à  qui il rendait de menus services. En racontant la fronde que cette nomination avait provoquée dans la rédaction de l'Aisne Nouvelle, Le Courrier Picard avait titré
« L'ombre de Xavier Bertrand plane sur l'Aisne Nouvelle ».


« Depuis, il avait envie de se payer le Courrier Picard », croit savoir un journaliste de la rédaction. Le journal a été « blacklisté » par la mairie pendant un an, jusqu'à l'annonce des ennuis de santé du maire.

Ce genre de mésaventure n'arrivera pas à l'Aisne Nouvelle. Dans la vidéo de Public Sénat, la dernière -malheureuse- question de Nicolas Totet porte sur le livre-enquête « Xavier Bertrand, les coulisses d'une ambition », qui vient de sortir. Le journaliste suisse Ian Hamel rapporte cette déclaration d'Erick Leskiw, de l'Aisne Nouvelle :

« Xavier Bertrand n'a pas changé, il est toujours aussi disponible. Je ne vois pas ce qu'on peut lui reprocher. »

Au Courrier Picard, Didier Louis note poliment que son journal a « un traitement moins institutionnel que l'Aisne Nouvelle ». Quant à l'épisode de Public Sénat, « désormais clos », le rédacteur en chef considère qu'il est en train de « se retourner contre Bertrand » :

« Nous recevons beaucoup d'e-mails à ce propos. Et à part quelques supporters de l'UMP, la plupart des gens considèrent qu'il a dépassé les bornes. »

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

http://www.rue89.com/2010/02/03/pourquoi-xavier-bertrand-ecrabouille-t-il-ce-journaliste-136737

Lire la suite sur Rue89 

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 01:00


Le journalisme à la papa est mort hier et on ne le pleurera pas. Finies les investigations laborieuses et les thunes de l’État gaspillées pour que des types jouent l’Albert Londres en des terres mêmes pas françaises : place au journalisme responsable ! Les mesures gouvernementales vont enfin mettre de l’ordre dans une profession qui se croyait au-dessus des lois. Revue de détails.

Journalisme, année zéro

Ça couvait depuis un moment. Le Président, en ébullition, avait de plus en plus de mal à contenir son courroux. Et les Français, conscients du problème, étaient prêts à embrayer. Trop longtemps que quelques apprentis Tintins en goguette coûtaient bonbon à la nation pour des clopinettes, sous-Kessel de pacotille incapables de lire correctement leur Guide du Routard.


L’affaire des deux journalistes retenus en otage en Afghanistan parce qu’ils se croyaient dans un remake de SAS nique le Mollah Omar a mis le feu aux poudres. Et l’ordre de l’Élysée est tombé hier : puisque les journaleux sont irresponsables, ils resteront désormais là où on peut les contrôler : en France ou dans les environs (Suisse, Liechstenstein et peut-être Monaco si la situation y reste stable).

Sage décision.


Car les deux reporters inconscients qui batifolaient en terre afghane comme s’il c’était la Creuse ne sont que les derniers d’une longue lignée. Claude Guéant l’a rappelé hier dans une conférence de presse : « Le contribuable français va encore devoir raquer un max parce que deux irresponsables sont allés faire les débiles en territoire barbu. Cette fois, c’en est trop. Après Aubenas, Malbrunot, Kieffer et tous les autres, on en tire les conclusions nécessaires : interdiction absolue de vadrouiller en zone dangereuse. Finie l’époque des boys-scouts et des Rouletabille. On réinvestira l’argent ainsi économisé dans la moralisation du capitalisme, c’est du gagnant-gagnant.  ».




Ce que le contribuable ne verra plus. Merci qui ?


Le raisonnement est limpide. Puisque les journalistes ne savent pas suivre les plus élémentaires consignes de sécurité et que leurs rédactions ne mettent pas les freins nécessaires à leurs dérives, il convient que l’État lui-même leur fixe des interdits, et pas seulement géographiques : d’autres données seront prises en compte (état de santé, présence à la garden-party de l’Élysée, couleur politique etc…). « Ce sera une sorte de code de la route pour journalistes, a déclaré François Fillon. Plus question de leur laisser faire n’importe quoi , on va veiller à ce qu’il n’y ait plus de sortie de route. C’est pour leur bien.  »

Devant la levée de boucliers chez certains des vieux grognards de la corporation, toujours prêts à crier à l’abus de pouvoir, Jean François Coppé a embrayé dans la soirée : « J’entends déjà les critiques qu’on va nous faire, sur la baisse de qualité de l’info, la fin des enquêtes, le nivellement par le bas de l’info, blablabla… Mais on a de quoi répondre ! À l’heure de Twitter et de Facebook, un journaliste n’a plus besoin de partir loin pour accumuler les informations : il suffit qu’il fasse semblant d’être sur place, et tout le monde s’en contente. Regardez Bernard Henry Lévy : la Géorgie, la Yougoslavie, Gaza… il n’a rien vu et pourtant il raconte plein de choses fascinantes. Et puis, avec de bons décors, on recrée facilement une ambiance… Quelques tubes de gouache, une heure de boulot, et on a un arrière-fond parfait pour un direct depuis Tora-Bora. Les journaux vont faire de réelles économies et les réinvestir dans de la vraie info. »



Un Journaliste, lui ? Peuh, il n’avait même pas Twitter…


Interrogés, les principaux directeurs de journaux hexagonaux se sont félicités de la décision du gouvernement. « Franchement, notre métier n’est pas de s’inquiéter pour notre personnel mais de le protéger. De toute manière, la plupart du temps, on faisait semblant d’avoir quelqu’un à l’étranger et on pompait l’AFP. Ces mesures ont l’avantage de clarifier les choses », remarque ainsi Laurent Joffrin, visiblement ravi. Du côté des chaines de télé, même son de cloche. Nonce Paolini, directeur général de TF1 déplore simplement que l’on autorise la Suisse comme terrain d’enquête : «  Même s’ils ont légiféré sur les minarets, ils restent assez poreux aux fondamentalistes, ça peut être un danger. Pourquoi pas autoriser la Belgique tant qu’on y est ? »


Autre innovation, l’Élysée songe à instaurer un prix Pulitzer hexagonal basé sur un système de loterie. Fini le temps où quelques casse-cous raflaient les récompenses et les honneurs ; un simple journaliste à la Gazette de Triffouillis pourra bientôt remporter la récompense suprême en matière d’enquête. Nul doute qu’une saine émulation s’instaurera entre les rédactions et que l’Investigation avec un grand I en sortira gagnante.


Enfin, cerise sur le gâteau, le gouvernement prépare la sortie d’un Guide du Routard du journalisme responsable (et durable) afin de conseiller au mieux les chasseurs d’images et de témoignages. Tous les cas de figure seront abordés. Besoin urgent d’une vidéo de pirates somaliens ? Allez-donc faire un tour à Disneyland, les Pirate des Caraïbes y sont criants de vérité. Un plan manquant pour compléter un reportage sur les écoles en Afghanistan ? Foncez dans les squares parisiens ou à Calais, les Afghans y sont encore nombreux (juste, dépêchez-vous avant qu’il n’en reste plus, ils se font de plus en plus rares en nos contrées). Pas d’adresse pour aller déjeuner avec votre boss Christophe Barbier mardi prochain ? Pas d’inquiétude, il adore les vermicelles de truffes de chez Marco Piunzinelli, dans le 16e. Des bons plans à foison…




Marre des plans galères, ami journaleux ? Le gouvernement est là pour toi.


L’homme nommé rédacteur en chef de ce guide, meilleur journaliste de France depuis plusieurs décennies, PPDA, nous en dit plus : « C’est toute une organisation qui se met en place. On va faire comme pour les plages : il y aura les zones vertes (journalisme autorisé sans restriction), les zones oranges (journalisme autorisé si embedded, Twitter conseillé), les zones rouges (réservées à BHL, Twitter + Facebook conseillés, attendre les conférences de l’Élysée avant d’écrire son billet) et les zones noires (no comment…). Je sais que certains craignent qu’on ne puisse plus faire notre boulot mais c’est du pipeau : comment vous croyez que j’ai interviewé Fidel Castro ? En y allant comme un mercenaire ? Laissez-moi rire… Le journalisme d’aujourd’hui se conjugue différemment, avec une bonne dose d’inventivité et de créativité.  »




Un modèle


Pour finir, le gouvernement ne compte pas en rester là. Fidèle à la devise de Bernard Tapie - Pourquoi acheter un journal quand on peut acheter un journaliste ? - , le Président a décidé que les revenus des journalistes seraient désormais indexés sur leur capacité à respecter les règles édictées en la matières. Le blaireau de journaliste de base y pensera désormais à deux fois avant de prendre des initiatives contre-productives. Nul doute que l’information en sortira gagnante et que des dérives du type Denis Robert/Clearstream ne devraient plus se reproduire. C’est à ce prix - seulement - que notre démocratie pourra renouer avec les vertus d’une véritable presse d’investigation responsable.



Spéciale dédicace, évidemment, au succulent Jean-Pierre Martin.


Grande Démineuse De Tapettes à Gruyère et Pourfendeuse De Cornichons. http:// reineroro.kazeo.com/


http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=10204




Comment Israel musèle la presse indépendante


Jared Malsin, rédacteur en chef de l’édition anglaise de l’agence de presse Maan, vient d’être expulsé d’Israël après avoir été kidnappé, arrêté et mis au secret par les autorités israéliennes. Mya Guarnieri, journaliste en Israël, fait le point sur la fameuse démocratie israélienne et ses mesures de répression, à l’encontre de la presse indépendante comme des militants palestiniens non-violents.

"Quelle démocratie, quelle liberté d’expression ? Et qu’en est-il des gens qu’on kidnappe et emprisonne hors de la juridiction israélienne ? Mesures de répression israélienne contre la presse

par Mya Guarnieri*


Jared Malsin, rédacteur en chef de l’édition anglaise de l’agence de presse Maan, a été arrêté par les autorités israéliennes. Malsin, un juif américain qui vit et travaille en Cisjordanie, a été enlevé à l’aéroport international Ben Gourion, alors qu’il revenait avec son co-équipier de vacances en république Tchèque. Après avoir été soumis à huit heures d’interrogatoire, Malsin a été expulsé cette semaine vers les Etats-Unis. Pourquoi ?


Les transcriptions de l’interrogatoire en hébreu obtenues par Maan révèlent que Malsin est considéré comme "un risque pour la sécurité d’Israël", en raison de ses opinions politiques. Les interrogateurs ont fait des recherches en ligne sur les écrits du journaliste, qui comprennent des articles « critiquant l’Etat d’Israël ».


Bien que l’agence Maan, basée à Bethléem, soit identifiée comme un service d’information palestinien, elle est largement connu comme media indépendant, publication dégagée des agendas politiques et elle est doit sa réputation a ses reportages dénués de parti pris. Comme telle, Maan attire un lectorat en constante augmentation, et reçoit plus de 3 millions de visiteurs par mois.

Depuis son arrestation, initialement démentie par les dirigeants israéliens, Maisin a eu peu de contact avec le monde extérieur. Me Daoud n’a eu qu’une brève rencontre avec son client et Maisin a eu une courte conversation téléphonique avec la rédaction de Maan et son rédacteur en chef adjoint George Hale.


En septembre Mohammed Othman, l’important militant du mouvement Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS), a par ailleurs été enlevé par l’armée israélienne, alors qu’il voulait entrer en Cisjordanie par la Jordanie. Othman revenait d’un séjour en Norvège, pays dont le gouvernement s’est récemment désinvesti d’une entreprise israélienne directement engagée dans l’occupation. Othman a été accusé d’avoir joué un rôle crucial dans la décision de la Norvège de se désinvestir. Après des mois de détention administrative sans inculpation, détenu sur la base de "preuves" que ni Othman ni son avocat n’ont été autorisés à connaître, Othman a finalement été relâché le 13 janvier dernier.

Récemment l’armée a arrêté différents leaders de mouvements populaires non violents contre le Mur. En décembre, Abdallah Abu Ramah, coordinateur du Comité populaire de Bil’in contre le Mur a été arrêté et accusé d’incitation et de jets de pierres. Abu Rahamah est aussi accusé de possession d’armes pour avoir brandi des bombes lacrymogènes vides et exhibé des balles de caoutchouc tirées par l’armée contre lui et contre d’autres manifestants, au cours d’une manifestation hebdomadaire non violente tenue dans son village.


Le 12 janvier, Ibrahim Amirah, coordinateur du Comité populaire contre le Mur de Ni’ilin a été arrêté à son tour. Amirah a été détenu et relâché sans charges deux fois dans le passé.

L’armée israélienne a également conduit un raid de nuit contre la maison en Cisjordanie d’une coordinatrice du mouvement ISM (International Solidarity Movement), Eva Novakova, puis l’a arrêtée et expulsée au motif que son visa était périmé."


*Mya Guarnieri, journaliste-écrivain est installée à Tel-Aviv. Elle contribue régulièrement au Jérusalem Post et à The National ; ses articles paraissent aussi dans Outlook India, Newsweek, dans Ha’aretz, ainsi que dans les dépêches de l’agence de presse Maan, au Common Ground News service, à Mondoweiss, à Zeek, au Daily News Egypt, et au Khalej Times.

(Traduit par Carole SANDREL)

CAPJPO-EuroPalestine 

 

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 01:01

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Journalistes en danger
et complices de Sarkozy



Sarkozy aura réussi au moins une chose : enchaîner la presse. Que ce soit par ses amis qui détiennent une grande part de la presse écrite (Bolloré, Dassault pour ne citer que quelques-uns) ou la radio et la télévision (Lagardère et Bouygues pour ne citer que quelques autres) ou par la loi avec la nomination et révocation du président de France télévision par l’exécutif. Dans ce contexte de chute vertigineuse de la liberté de la presse de notre pays selon Reporters sans frontières (de 31è en 2007 à 43è en 2009 - Wikipédia), des journalistes lancent un cri d’alarme sur leur situation.

Ce cri n’a pas fait un grand tamtam alors que pourtant il aurait dû être relayé à la hauteur des enjeux. Hier le 5 novembre les principaux syndicats de journalistes ont adressé une lettre à Nicolas Sarkozy lors de la journée mondiale Stand up for journalism (Le NouvelObs). Ce sont les syndicats SNJ, SNJ-CGT et CFDT.

Il y a deux dangers grandissants en France : - le danger par la voie économique qui a deux volets. a- le volet humain. Les concentrations voulues par Sarkozy, le besoin de rentabilité des actionnaires, la compression des effectifs. b- le volet rédactionnel. Par cet aspect-là économique de rentabilité on diminue les sources, la qualité du travail et évidemment la liberté d’expression à cause d’une pression sournoise, celle du risque de perdre son emploi ("Il n’est pas un jour sans qu’un journal, un hebdomadaire, une radio, une télévision ne licencie des journalistes en prétextant la crise économique", indiquent-ils.). A cela s’ajoutent deux autres éléments importants : la puissance financière directe et indirecte de l’Etat par les subventions et par le budget de communication qui fournit de belles plages de publicité dans les médias (et plus si on y ajoute pour LCI et Le Figaro des sondages en réalité payés en majeure partie par l’Elysée et le SIG entre autre - mais cela est réglé semble-t-il) et la main mise sur France Télévision par le remplacement de la publicité par des budgets venant directement de l’Etat. Qui paye dirige. Selon les syndicats, les patrons de presse "amenuisent les moyens" des rédactions, tandis que "la seule préoccupation" des actionnaires des groupes de presse est "de rentabiliser" sans soucis pour la qualité. "Le pluralisme est atteint en son coeur. Les fusions, les rachats, les concentrations au profit de grands groupes de presse dont vous vous félicitez d’être proche (Lagardère, Bolloré) ou du Crédit Mutuel (Groupe EBRA), ne contribuent pas à sauver, ni même à conforter les titres", estiment les syndicats.

le danger politique par une pression constante et publique des leaders de la majorité qui attaque vigoureusement cette presse pourtant déjà bien docile. Ne serait-ce par exemple que dans les affaires Karachi, Clearstream, Pérol etc. On se rend compte que cette presse ne prend plus que le relai lorsqu’elle ne peut faire autrement. Elle attend qu’Internet fasse son premier travail de débroussaillage puis de buzz ou que la presse étrangère s’y colle pour reprendre et relayer les informations. Mais il n’y a pas que la pression. Il y a aussi les règles et l’AFP. Le code de déontologie des journalistes, élaboré dans le cadre des états généraux de la presse, inquiète également, puisqu’il n’engage que la responsabilité des journalistes et pas celle des directeurs de rédaction. En outre, les sources ne sont toujours pas protégées "alors que la loi et la justice européennes l’imposent". Sont rappelées les perquisitions de police au Canard enchaîné, à l’Equipe ou au Point.

Dans l’audiovisuel public, l’avenir de France Télévision et de Radio France est "obéré par la suppression de la publicité (décidée par Nicolas Sarkozy, ndlr) sans la garantie de moyens équivalents ’à l’euro’ près". Les syndicats critiquent également un projet de réforme du statut de l’AFP, qui, estiment-ils, revient à opter "avec la direction de cette agence mondiale, la seule non anglo-saxonne, pour son étatisation, après avoir mis à l’encan son statut qui depuis un demi-siècle a préservé son indépendance". Un projet de réforme du statut de l’AFP est prévu, porté par la direction au nom de son développement, mais combattu par les syndicats au nom de son indépendance.

Et donc dans ce contexte, après l’hallucinant épisode cet été du Nouvel Obs papier qui a servi une soupe lamentable réservant sa couverture et combien de pages à Sarkoko qui « avait changé » (la septième fois en 2 ans et demi !) alors que le précédent numéro parlait déjà de lui et que son cousin économique parlait également de lui soit 3 numéros sur 4 en 15 jours pour le leader de l’UMP, accourant à l’Elysée comme des caniches que l’on siffle, alors que justement les journalistes se plaignent qu’il n’y a plus d’information mais de la com, voilà ce que l’on découvre à nouveau (Rue89) : Dans la nuit de mercredi à jeudi, plusieurs médias ont subitement relayé les propos de « collaborateurs » ou de « l’entourage » de Nicolas Sarkozy, ou encore d’un certain « on » (travaillant à l’Elysée), voire même du palais présidentiel en personne - « l’Elysée dit que… »

Ces mystérieuses sources livraient à ces médias des « confidences » du président de la République sur les difficultés de la mi-mandat, le grand emprunt, l’insolence de Rama Yade ou la nomination avortée de Jean Sarkozy à l’Epad.

Jeudi matin, patatras : les radios révèlent que « on », « l’entourage » et « l’Elysée » sont en fait Nicolas Sarkozy lui-même, qui s’est exprimé la veille devant quelques journalistes. Mais les propos d’un Président et ceux que lui prêtent ses proches n’ont pas la même valeur, surtout quand il s’agit de reconnaître une erreur ou de tancer une ministre…

Avant d’aller plus loi voici la liste de ces journalistes (non nommés) et journaux qui se sont prêtés à cette mascarade : les chefs des services politiques ou directeurs adjoints des rédactions du Monde, du Figaro, de Libération, du Parisien, du Journal du Dimanche et de l’AFP.

Et voici ce que font nos journalistes : Dans Libération jeudi matin, une analyse sur le « syndrome de la mi-mandat » multiplie les « reconnaît-on à l’Elysée », « explique l’entourage du chef de l’Etat », « admet ce conseiller », « répond-on au Château »… Dans Le Figaro, le Président reconnaît « une erreur » sur l’Epad, mais « en petit comité ». Le même « petit comité » se retrouve dans le JDD, ses membres étant gratifiés du terme de « proches » de Nicolas Sarkozy ! 

Le Parisien affuble aussi Nicolas Sarkozy de ces masques rhétoriques, après avoir annoncé que le Président a dressé « son bilan en petit comité à l’Elysée ». L’article du Monde publié sur Internet jeudi matin, qui évoquait des confidences « en privé » et rapportait un « grondement » de l’Elysée, n’est finalement pas paru dans le papier ; son remplaçant, écrit après la destruction du « off » par les radios, est le seul parmi les compte-rendus à expliquer que l’entretien a eu lieu devant « quelques journalistes ».

C’est-à-dire que ces journalistes qui ont un code de déontologie l’ont trahi. Ils l’ont trahi d’abord en acceptant que des déclarations devant six journalistes convoqués au sifflet soient acceptées dès le départ en off alors qu’il ne s’agit pas d’une confidence chuchotée à l’un seul d’entre eux au cours d’un événement quelconque, mais d’une réunion organisée à leur intention et à leur seule intention et pour seul objectif de diffuser de l’information qui devient de la communication pure et simple. Ils l’ont trahi ensuite en transformant la vérité. Ils ont été pris dans un piège puisqu’ils décrétaient off des paroles qui ne l’étaient pas et, pour donner de la consistance à ce off, ils ont tout simplement menti par déformation : en petit comité, ce qui est vrai mais ce comité est supposé être des proches alors que ce sont des journalistes réunis pour ce fait, ou ont carrément menti : l’entourage du Président.  Cette affaire est assez grave en soi. Elle est grave car c’est un mensonge, c’est remplacer de l’information par de la communication en transformant la forme et la réalité des événements. C’est grave car ces journalistes acceptent volontairement d’être le relai de la com présidentielle. Et c’est particulièrement grave car de faire des on-dits à partir de propos directs donnent une toute autre aura à ces paroles et par ce fait ces journalistes aident à redorer le blason de Sarkozy.

Si celui-ci en conférence de presse dit « je me suis planté avec JeanJean » par exemple cela n’a pas du tout le même impact de cette même information qui serait intime et qui serait donc considérée comme un regret non de façade car supposée n’être que de la com mais plus profond. Toute la différence est là : la crédibilité de ces propos. En off et confidences, ils sont nettement plus crédibles qu’en pure com devant un micros et caméras. C’est grave par le niveau de responsabilités de ces journalistes : rédactions générale. Cela augure très mal de la suite.  En fait cette polémique devrait faire un tonnerre de tous les diables car c’est tout simplement

l’information politique qui est en jeu, c’est le rôle des journalistes politiques que le pouvoir transforme en simple instrument de propagande, ce qu’ils viennent d’accepter avec une très grande honte. 

Les bourgeois de Calais se sont rendus la chaîne au cou aux Anglais, mais au moins c’était pour sauver leur ville. Ces journalistes n’ont pas apporté au Kaiser Sarkoko leur vie pour sauver leur profession, ils ont au contraire offert en cadeau à la communication présidentielle, complices, l’honnêteté et la déontologie de leur métier jetées au bûcher des vanités où elles ont brûlé avec une fumée bien sombre. De la suie a noirci pour longtemps leur visage. Un message à ces journalistes : Quand redresserez-vous la tête ? Quand redeviendrez-vous de véritables journalistes ? Quand la lâcheté et la complaisance vous abandonneront-elles ? N’avez-vous pas eu honte de ce que vous avez fait ? 

Source: Agoravox lien:


http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/journalistes-en-danger-et-64517


jx-propagande.jpg


Liens :

http://www.lesmotsontunsens.com/loi-protection-des-sources-journalistes-en-semi-liberte-6558


http://www.alterinfo.net/Faisons-taire-france-inter-!_a41072.html


http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16804
(Il était une fois la dépêche d'agence)


http://r-sistons.over-blog.com/article-arte-croix-gammee-turban-tentation-sioniste-et-medias-repoussants-41368111.html


http://www.marcfievet.com/article--quand-medias-devoile-le-complot-journalistico-ma-onnique-42474176.html


http://www.alterinfo.net/USA-Israel-Infiltration-des-sites-Web-d-information-alternatifs-par-les-agents-Sionistes_a41487.html


http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=10056#10056 ("Merci TF1")


M. Elkabbach, de qui vous moquez-vous?
L'article d' Eva R-sistons ici :
http://r-sistons-actu.skynetblogs.be/archive-day/20100116



http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-la-vache-sarkozy-sur-tf1-le-25-janvier-a-faire-tourner-pour-declencher-un-buzz-43030973.html



Flagrant délit de désinformation :
http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=10085


Vive Peillon !
http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=10077


Affaire Google-Chine: La presse s'octroie le droit de mentir
http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=10078


Refusons la censure du débat sur le conflit israélo-palestinien
http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=10079


Ce que vous n'entendez pas sur Haïti, mais que vous devez savoir:
http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=10082


Daniel Ortega: Les Etats-Unis utilisent la tragédie de Haïti pour s’installer dans la Caraïbe 

J’ai envie de vomir en entendant parler de « la malédiction haïtienne » par danielle Bleitrach

Le slip « tâché de merde » de Zoé Valdes sur Arte, la chaîne dite culturelle par Danielle Bleitrach

http://r-sistons.over-blog.com/article-haiti-honneur-aux-haitiens-honte-a-l-occident-predateur-et-menteur--43212776.html

Haiti: Ce que les Médias français nous cachent
http://canempechepasnicolas.over-blog.com/

http://www.alterinfo.net/Les-soldats-US-accuses-d-occuper-Haiti_a41590.html

http://www.alterinfo.net/Haiti-vers-une-nouvelle-occupation-americaine_a41512.html

http://www.alterinfo.net/Seisme-et-reserves-hydrocarbures-a-Haiti_a41666.html

Presse achetée, journalistes vendus
http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=9897#9897


Presse achetée, journalistes vendus 

Après avoir acheté l’opposition en débauchant les plus en vue de ses seigneurs décadents, mis au pas son propre parti en lui demandant que pas une tête ne dépasse, voilà que le faux Napoléon vient de s’emparer du dernier rempart qui le séparait de la dictature absolue, c'est-à-dire la presse ou les quelques ruines qui en subsistaient.

Sous le couvert d’une aide de circonstance, le Pinochet français, d’ailleurs plus proche de Pinocchio, vient de terminer son travail de sape, aidé en cela par une opinion publique généralement amorphe et anesthésiée depuis des années. Afin de couvrir tous les secteurs, la presse en ligne a bien évidemment été copieusement arrosée alors que son seul lectorat ne lui permet de survivre, faisant ainsi des médias dits participatifs un outil de propagande dont les rédacteurs en chef devront courber l’échine afin recevoir les précieux subsides leurs permettant de péter dans l’aisance et ainsi dégager des courants d’air d’orgueil à l’odeur nauséabonde.

Mediapart, Slate, et autres vrais faux-culs ex-révolutionnaires de Rue89, déjà depuis pas mal de temps passablement passés à l’ennemi, vivent donc leur dernier instants avant de sombrer dans le coma profond provoqué par une surdose de caviar présidentiel. La presse papier quand elle, étant depuis fort longtemps aux mains d’amis de l’Élysée, il ne reste plus rien d’indépendant dans ce désert médiatique, rongé par les métastases de l’intérêt personnel. Il ne reste plus qu’à voter une loi sur les blogs personnels et la boucle

suite ici :
http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=9897#9897




Désinformation Yemen :



http://r-sistons.over-blog.com/article-dossier-special-yemen-nouvelle-guerre-imperiale-qui-ne-dit-pas-son-nom-42283523.html 


http://michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2476:yemen-ce-nest-pas-al-qaida-que-les-usa-combattent-mais-la-democratie&catid=1:articles&Itemid=2



Guerre :


http://r-sistons.over-blog.com/article-la-guerre-n-existe-plus-les-medias-l-ont-tuee-propagande-de-guerre-iran-38165401.html 

(article recommandé, également publié sur www.mondialisation.ca)



sarkopresse-j.jpg


Autres liens (à venir) :



A lire :



Boniface-son-livre-j.jpg

Dictionnaire incorrect de l'état du monde
Larousse 20 euros


Chacun applique les principes fondamentaux de façon sélective. Au Kosovo, les Occidentaux font prévaloir les principes du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes contre celui de l'intégrité territoriale, défendu par la Russie. En Abkhazie, la Russie privilégie le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes contre l'intégrité territoriale, défendue par les Occidentaux...

Ainsi commence ce dictionnaire incorrect, qui d'Abkhazie à Zéro mort en passant par Al Jazeera, José Bové, Délocalisation, FMI, Barack Obama ou Taxe Tobin analyse l'état du monde tel qu'il va.

Dans un style toujours clair, Pascal Boniface dresse en cent cinquante entrées un portrait incisif des relations internationales, s'intéressant aussi bien aux notions fondamentales (pays émergents, réchauffement climatique), qu'aux théories (choc des civilisations, néo-conservatisme), aux personnalités marquantes (Sarkozy, Berlusconi, Obama) qu'à l'air du temps (Benetton, Lance Armstrong, Rambo)...

Pascal Boniface est géopolitologue, directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques. Il est l'auteur d une quarantaine d'ouvrages sur les questions de politique internationale. Editorialiste à Challenges, il collabore avec plusieurs médias en France et à l'étranger.

EN VENTE EN LIBRAIRIE

Institut de Relations Internationales et Stratégiques
2 bis, rue Mercoeur - 75011 PARIS
Tél. : 33 (0) 1 53 27 60 60 – Fax : 33 (0) 1 53 27 60 70
contact@iris-france.org

http://www.iris-france.org/pagefr.php3?fichier=publications/ouvrages/PresentationOuvrage&ref=a156




Techniques de désinformation (suite)
Par Eva R-sistons



- Lorsqu'un invité est de gauche, on le signale.  Lorsqu'un invité est de droite, libéral bon teint, atlantiste, etc,  et c'est le cas général, on ne le signale pas. Le public est trompé. Par exemple, on ne dit pas que Nicolas Baverez est ultra-libéral, pro-Sarkozy, etc, et le public pense qu'il a affaire à un économiste neutre. Faux !

- Tout est fait pour éviter la critique contre Sarkozy, ou plutôt contre sa politique, on tolère la critique de la forme, pas du fond, et surtout pas de la casse sociale et de l'indépendance nationale. Et par ex, on interrompt le "gêneur" , ou on couvre sa voix... 

- Les mots employés ne sont pas neutres. Messages subliminaux. "Super" Sarkozy, "Sarko" (pour le rendre plus proche), "notre" premier ministre....

- Quand le gouvernement, ou le libéralisme, font trop de dégâts, on les minimise: "N'y-a-t-il pas un peu d'excès ?" ou encore "N'est-ce pas un peu dangereux ?"

- Tendance à dédramatiser, à tourner en dérision: Par ex, sur 13 h 15 (France 2), on se rit de l'actualité, on utilise l'arme de l'humour pour désamorcer la gravité des situations, des conséquences des politiques mises en place....

- On prépare actuellement l'opinion à Mme Lagarde comme future Premier Ministre, et à Fillon (Droite de rechange, pour perpétuer celle de Sarkozy)
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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 23:25


http://laplote.blogs.courrierinternational.com/
(blog à visiter absolument !)


Petite question d'Eva R-sistons
à nos Médias de désinformation:



Pourquoi, il y a encore 3-4 ans,
y avait-il des reportages d'investigation
sur des sujets importants
(La CIA, l'Amérique de Bush, la question palestinienne...)
alors qu'aujourd'hui, même sur Arte, et bien sûr
sur Envoyé Spécial avec les copines de Sarkozy,
il n'y a plus jamais un seul document sur les graves questions d'actualité,
à part le magnifique reportage d'Arte sur les OGM ?


Il n'est donc plus du tout possible d'aller au fond des choses,
de traiter des sujets qui préoccupent les citoyens,
d'informer sur les enjeux de notre temps
(risques de guerre, de fascisme planétaire, de maladies liées
aux Industries de la Chimie, ou encore
menaces pesant sur la démocratie, méfaits du capitalisme
ou du Nouvel Ordre Mondial, etc),
d'organiser de vrais débats, 
d'alerter sur les excès de notre "civilisation"... ?

Pourquoi ce qui était possible encore hier ne l'est plus aujourd'hui ?

Devons-nous nous contenter  de rêver avec des Racines et des Ailes
qui nous conduisent à être les voyeurs des magnificences des puissants ?

Est-ce que l'on peut accepter que la patrie des Droits de l'Homme
soit aujourd'hui lanterne rouge d'Europe en matière d'information ?

Ou devons nous tous nous résigner à fermer définitivement
nos postes de télévision
et à ne plus acheter des journaux n'informant plus ?

Eva R-sistons,
indignée par la baisse continue du niveau des programmes



 

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 05:18


Les journalistes de mauvaise foi,
selon une majorité d'Américains

 

 

 



Mauvaise nouvelle pour les journalistes aux Etats-Unis: le pourcentage de leurs concitoyens qui considèrent leur travail comme partial et manquant de précision continue d'augmenter.

Presque les deux tiers (63%) des personnes interrogées par le Pew Research Center for the People & the Press estiment que les informations que leur fournissent aujourd'hui les médias contiennent souvent des erreurs.

En 1985, un sondage comparable donnait seulement 34% de lecteurs/auditeurs/téléspectateurs sceptiques sur la crédibilité des informations diffusées.

L'enquête de l'institut Pew montre par ailleurs que 74% des sondés croient que les sujets traités sont systématiquement partiaux, les journalistes souhaitant, selon eux, favoriser un camp au détriment d'un autre. Ils étaient 66% à avoir cet avis il y a deux ans.

Ces deux perceptions se complètent, pour Andrew Kohut, directeur du centre de recherche. "Si les gens pensent que les nouvelles sont fréquemment déformées, ils diront aussi qu'elles sont inexactes", note-t-il.

L'étude met en garde les médias américains, journaux et diffuseurs radio-TV, contre le risque de se couper de leur audience au moment où ils en ont le plus besoin pour survivre à la crise.

Les médias américains connaissent une forte baisse des recettes publicitaires, et les journaux souffrent plus particulièrement de la fuite des lecteurs vers Internet. Les diffuseurs doivent faire avec la fragmentation de l'audience entre les chaînes câblées et les radios par satellite.

La contraction des budgets se traduit par une "moindre vérification des faits", constate Bill Keller, rédacteur en chef au "New York Times". Mais, selon lui, les médias font néanmoins leur possible pour rapporter les faits avec exactitude, "malgré la prolifération des blogs, des journaux à ragots, des radios à l'antenne ouverte et des télévisions câblées partisanes, qui ne méritent pas qu'on leur prête foi".

Internet facilite la recherche de l'information pour les médias traditionnels et accélère la détection des erreurs dans les articles publiés, souligne Kathleen Carroll, rédactrice en chef à l'Associated Press.

"Nous sommes au début d'un changement de la relation entre les organismes d'information et les consommateurs, qui s'expriment plus sur ce qu'ils aiment, ce qui leur déplaît et ce qu'ils veulent savoir", explique-t-elle. "Ce n'est pas toujours joli ou plaisant, mais cet engagement améliore la couverture médiatique."

La vision des médias est aussi connotée politiquement. En matière de méfiance à l'égard de la presse en général, les électeurs démocrates tendent à rejoindre les républicains, très critiques depuis longtemps. Désormais, 59% des démocrates estiment que les nouvelles sont souvent imprécises ou inexactes, contre 43% il y a deux ans. Les téléspectateurs réagissent aussi plus fortement aux prises de position des réseaux câblés, qui présentent des programmes de plus en plus partisans.

Ainsi, par exemple, 72% des républicains interrogés sont satisfaits de la manière de voir et présenter les choses de la chaîne d'informations Fox News Channel, contre 43% des sondés démocrates. Sa concurrente CNN est perçue en sens inverse, appréciée par 75% des démocrates, contre 44% des républicains.

Si la télévision reste le premier canal d'information des Américains, Internet est passé l'an dernier devant les journaux comme source de nouvelles pour l'actualité nationale et internationale. Mais la presse papier conserve un avantage au niveau local.

L'institut Pew a interrogé 1.506 adultes par téléphone à domicile et sur leurs mobiles, entre le 22 et le 26 juillet dernier, avec une marge d'erreur de trois points. AP


Sur Internet:

http://www.people-press.org  blog de Sly

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 07:05



La forêt des Media

publié par
SERA7477 (La vérité est ailleurs) Avant-hier 16H00
par Forest Ent

Ingénieur et docteur ès sciences, j’exerce depuis 25 ans des fonctions d’études, recherche et direction technique (ou call-girl, je ne sais plus). 

Concentration des médias : tâche bientôt achevée

http://les7duquebec.wordpress.com/2009/04/26/ls-foret-des-medias/

Le présent article résume très sommairement l’état de la concentration des médias tels qu’ils peuvent être perçus en France.

Les médias sont résumés ci-dessous par grands domaines.

Le sigle [FF] signifie que le capital appartient majoritairement à une seule famille, en général éponyme. Le sigle [FI] signifie que le capital appartient en majorité à des établissements financiers, c’est-à-dire un peu des banques, et surtout des fonds d’investissement : mutual funds et private equity.

Production musicale : plus des deux tiers de la production mondiale sont réalisés par 4 sociétés, Universal Music (Vivendi [FI]), BMG (Sony [FI]/Bertelsmann [FF]), EMI [FI] et Warner Music [FI].

Production cinématographique  : plus des deux tiers de la production mondiale sont réalisés par 5 sociétés, Disney [FI], Time Warner [FI], Viacom [FI], NBC (General Electric [FI]), Sony [FI].

Télévision : l’Etat français contrôle une diffusion réalisant 40% de l’audience française, et 45% sont contrôlés par Bouygues [FI] et Bertelsmann [FF].

Edition de livres : Lagardère [FI] et Editis (Wendel - FI ) réalisent plus des deux tiers de la production littéraire française.

Publicité/marketing/sondages  : toutes les grandes sociétés mondiales (Omnicom, VNU, Publicis, Havas, Aegis...) appartiennent majoritairement à des établissements financiers, en petit nombre pour les gros actionnaires.

Journaux quotidiens nationaux d’information générale : les deux tiers des titres appartiennent, au moins en grande partie, à des établissements financiers et un tiers à des groupes familiaux (Dassault, Arnault et bientôt Bolloré avec "Direct soir").

Presse magazine : les deux tiers de la diffusion sont réalisés par 4 sociétés, Lagardère [FI], Bertelsmann [FF], EMAP (en vente, sera racheté par des fonds ou Bertelsmann), Dassault [FF].

Agences de presse : il n’y a que trois agences mondiales AP (presse US), Reuters [FI] et AFP (lié à l’Etat français).

Distribution de livres, musique et films : 40% de la distribution en France est faite par les groupes Pinault [FF] et Lagardère [FI] ; 40% est faite par les grandes surfaces (Carrefour, Promodes, ...)

Distribution de journaux : plus des deux tiers faits en France par Lagardere [FI], et Bertelsmann [FF].

Les groupes familiaux restants, à part Bertelsmann qui perd progressivement le contrôle et commence à devoir revendre, par exemple actuellement ses parts de BMG, ne sont pas des groupes de presse : Dassault (marchand de canons), Pinault (distribution, art et luxe), et Arnault (distribution, art et luxe), Bolloré (transport et exploitation forestière).

Les établissements financiers qui possèdent le reste sont :

- des banques : BNP Paribas, Crédit suisse, et surtout des banques new-yorkaises comme JP Morgan

- des fonds spéculatifs : Bain, Lee, Providence, Cinven, Wendel, Eurazeo, Carlyle

- des fonds de pension, comme Fidelity, dont la défense à l’OPA sur VNU montrent qu’ils ne se contentent pas d’un simple rôle de gestionnaire de portefeuille, et que leurs déclarations de propriété sont fort peu crédibles.

Il s’agit au moins aux deux tiers d’intérêts US. Cette prise de contrôle s’est faite à la faveur de plusieurs faillites, dont, en tout premier lieu, celle de Vivendi, qui a tout acheté puis dû tout revendre.

Tous ces groupes ont des intérêts croisés deux à deux : administrateurs communs, actionnaires communs... Un grand nombre de leurs dirigeants proviennent de cabinets ministériels, et réciproquement.

Aucun des établissements financiers qui contrôlent tout cela n’est investi uniquement dans les médias. A part Bertelsmann, il n’y a plus de société de médias qui soit pour son propriétaire une finalité.

Et la concentration n’est pas finie, à en juger, par exemple, par les mouvements récents sur Dreamworks, Pixar, et les mouvements en cours sur Vivendi, VNU, Warner, BMG, Aegis, BVA, CSA...

Quelles en sont les conséquences  ? Tous ces tuyaux géants déversent un flux permanent de désinformation à but lucratif. Elles ne fâchent personne qui compte. On n’y apprendra, par exemple, pas grand chose sur les activités en Afrique des grands groupes français.

Cela ne veut pas dire qu’une idée qui n’est pas publiée est vraie - même les miennes. Mais ce niveau de concentration, même s’il y a toujours eu des liens entre puissances de l’argent, de la presse et pouvoirs, atteint un degré et une puissance inégalés, qui menace la démocratie. En effet, le bon fonctionnement d’un système repose sur l’équilibre des pouvoirs. Or, comment créer des contre-pouvoirs sans moyens d’information d’une ampleur comparable ?

Comment pourrait-on obtenir une plus grande diversité d’informations ? On ne peut pas.

(NB. Les lecteurs qui douteraient de ces élements ou souhaiteraient plus de détails peuvent les consulter sur mon site


http://forestent.free.fr/
)

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=6218

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 02:36


Dans son dernier numéro (été 2009, n° 21), la revue Médias [
1] propose – en collaboration avec HEC [2] – un « manifeste pour la liberté de dire » sous la forme de débats entre des « personnalités de tous bords ». Un tel appel ne pouvait que retenir notre attention. Pourtant, à la lecture, cette liberté semble se réduire à celle du « renard libre dans le poulailler libre », c’est-à-dire à la liberté des journalistes dominants de s’exprimer, comme ils l’entendent, selon le principe simple : fort avec le faible, faible avec le fort. Rien à voir, en somme, avec une critique radicale des médias et une lutte conséquente pour une presse indépendante et pluraliste.


Les tenanciers des médias dominants aiment à penser d’eux-mêmes qu’ils vont à rebours des idées dominantes, et les barons du journalisme semblent prendre d’autant plus volontiers des poses de libres-penseurs et d’anticonformistes qu’ils se plient à la défense des intérêts dominants [3]. Comme l’actuel président de la République, il leur plaît d’alterner l’appel à « briser les tabous » et le rappel au « bon sens », la critique de l’« idéologie dominante » (bien entendu de gauche) et l’affirmation du cela-va-de-soi (évidemment de droite). Il serait pourtant peu judicieux d’y voir une contradiction, car ce n’est là qu’un va-et-vient entre deux usages différents d’une même force, de deux formes que prend la vulgate médiatique. Celle-ci ne peut en effet atteindre sa pleine efficacité sans que le discours critique (ou apparemment critique) soit lui-même accaparé par les porte-voix des médias dominants et, notamment, par les intellectuels médiatiques et autres « doxosophes » dont parlait Pierre Bourdieu. Ces derniers ne se contentent donc pas de produire du consensus sur l’organisation (capitaliste) de l’économie, le fonctionnement (antidémocratique) de l’Union européenne ou la diplomatie (néocolonialiste) française ; il leur faut encore délimiter les cibles et les frontières de ce qu’il est légitime de critiquer. Or le principe dont procède ce type de critique – interne au champ médiatique – demeure inexorablement le suivant : faible avec les forts, fort avec les faibles.


I. Inventer de « nouveaux maîtres »


Le dernier numéro de la revue Médias relève de cette catégorie en proposant à des gens de médias aussi contestataires que Sébastien Cauet ou Bernard Pivot de nous expliquer comment « cultiver son ambiguïté » ou « savoir dire non », et en se présentant sous la forme – volontairement tapageuse – d’une Marianne bâillonnée :
La stratégie rhétorique employée ici est bien connue, puisque la revue ne fait guère que plagier un journaliste-intellectuel lui-même condamné pour plagiat il y a quelques années [4] : Alain Minc. Cet anticonformiste de cour avait en effet fondé l’une de ses livraisons annuelles, dont on sait qu’elles lui valent immanquablement et instantanément une invitation dans toutes les émissions de « débat » [5], sur le même type de stratégie, sous le titre pompeux : Epître à nos nouveaux maîtres (2002).
Cette stratégie rhétorique repose sur une inversion de la réalité et des apparences et consiste, en quelque sorte, à faire apparaître les rapports de domination la tête en bas. Vous vous imaginez que les dominants sont plutôt riches, hommes, blancs, hétérosexuels, bien-portants ; vous avez tout faux, car ces derniers subissent quotidiennement les foudres des pauvres, des femmes, des Noirs, des Arabes, des Juifs, des homosexuels et des handicapés. Si les médias sont ainsi muselés, c’est que ces « nouveaux maîtres » empêchent les journalistes de s’exprimer comme ils l’entendent et de faire, en toute « liberté », l’éloge des privilèges et des privilégiés. Convenez-en : le monde est mal fait, et cela suffit à justifier les pleurnicheries d’enfants gâtés d’Alain Minc et de la revue Médias. La vérité de cet anticonformisme de pacotille est d’ailleurs énoncée très clairement dans la revue par une journaliste qui a accumulé une grande partie de son capital médiatique en cultivant une apparence de critique des médias et une apparente impertinence dans des journaux aussi corrosifs que le Figaro et Le Point, et dans des émissions aussi décapantes que « Culture et dépendances » (du très subversif Franz-Olivier Giesbert) ou « Le premier pouvoir » [
6] : Elisabeth Lévy. Celle-ci affirme donc : « Nous sommes plombés par un terrible esprit de sérieux. Défense de rire ! Les handicapés, les homosexuels, les Juifs, les jeunes à capuche et les ouvriers licenciés ont aussi le droit qu’on se foute de leur gueule  » (p. 31). Derrière la nécessité et l’urgence de se « foutre de la gueule » des handicapés ou des ouvriers licenciés, ne reconnaît-on pas là le principe évoqué plus haut : fort avec le faible, faible avec le fort ?


II. Inventer une « idéologie dominante »


Cet anticonformisme d’apparat revient à retourner le célèbre constat formulé en 1847 par Marx et Engels, et d’affirmer : les idées dominantes d’une époque [en l’occurrence la nôtre] sont les idées des dominés. L’avant-propos de ce numéro de la revue Médias évoque d’ailleurs avec familiarité « le camarade Marx » et tente de placer sa propre critique sous l’aile subversive du concept marxiste d’ « idéologie dominante » : « Ainsi faudrait-il toujours se couler dans le moule de pensées correctes, labellisées, agréées, non par le pouvoir […] mais par cette “idéologie dominante’’, dont parlait le camarade Marx et qui n’est rien d’autre qu’un fatras de convenances, de morale à quatre sous, d’idées communes à tous, qui tient lieu de références inconsciente, et pèse de tout son poids sur les rédactions comme dans l’édition » (p. 7). C’est là retirer à ce concept toute la contestation politique qu’il recèle car, pour Marx et Engels, l’« idéologie dominante » désigne bien autre chose : « les pensées de la classe dominante [l’« idéologie dominante »] sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle » [7].


L’origine des idées dominantes – pour Marx, la classe capitaliste et sa domination matérielle – est ainsi passée sous silence, noyée sous « un fatras de convenances, de morale à quatre sous, d’idées communes à tous ». Si cette idéologie est d’autant plus dominante qu’elle est partagée par tous, elle n’est pas sans servir des « clans » et des « groupes de pression » qu’on préfère ne pas nommer, comme nous en avertit l’auteur de cet éditorial (assez prudent toutefois pour ne pas les nommer) : « Pire que d’une censure en bonne et due forme, nous pourrions bien être victimes d’un air du temps, de réactions de clans [lesquels ?], de groupes de pression de toutes sortes [lesquels ?]  ». De même, voilà qu’apparaissent ces « directeurs de conscience [lesquels ?] qui disent du haut de leur chair ce qui est décent et ce qui ne l’est pas, ce qui est convenable ou non ». Rien n’est plus commode que de s’inventer des ennemis imaginaires (ces « clans », ces « groupes de pression », ces « directeurs de conscience »), sans les nommer : chacun pourra choisir ceux qui lui conviennent ; et rien n’est moins critique que de s’abstenir de les désigner précisément alors qu’on se targue de briser les tabous. Cette critique à la cantonade ne convainc guère, tant l’auteur de ce texte semble coincé entre deux conceptions de l’idéologie : comme « air du temps » commun à tous ou comme venin inoculé par d’innommables « groupes de pression » et d’invisibles « directeurs de conscience ».


III. Inventer des « parias à vie »


On ne peut d’ailleurs que s’étonner de voir autant de résistants à « l’air du temps » (qui prétendent refuser les « convenances médiatiques »), ou de « parias à vie » comme les désigne la revue Médias, parader et bouffonner régulièrement dans les médias. Outre Elisabeth Lévy, on compte notamment dans ces « personnalités de tout bord » le journaliste et animateur Henri Chapier, le député UMP Christian Vanneste, le dessinateur du Monde (depuis 1985) Plantu, l’avocat général Philippe Bilger, le comédien Guy Bedos, l’écrivain d’extrême droite Alain Soral et le professeur d’islamologie Tariq Ramadan (tous deux habitués des plateaux télé). On comprend qu’il était urgent de réunir – « en partenariat avec HEC » – de telles sommités et de tendre enfin un micro à tant de « parias ».
Mais ne soyons pas avares de compassion pour ces courageux contempteurs de l’idéologie dominante, victimes de toutes les infamies : « qui ose faire fi de ces nouvelles prescriptions est montré du doigt. Utilisez-vous un vocabulaire trop cru, refusez-vous les non-dits imposés  ? Vous voilà affublé d’un de ces qualificatifs qui font de vous un paria à vie  : homophobie, raciste, antisémite ». Des exemples d’accusations gratuites existent, il est vrai [
8]. Mais la revue Médias n’en fournit guère. A défaut, mais à charge, il suffit peut-être de puiser dans le répertoire d’un des invités de ce dossier : Alain Soral. Celui-ci, présenté sommairement comme « écrivain », était jusqu’en février 2009 membre du comité central du Front national et s’est présenté aux élections européennes sur la liste d’extrême droite de Dieudonné. On aurait apprécié que la revue Médias fasse preuve de cette précision dont elle parle avec tant de véhémence quand elle critique (à raison) « des médias peu soucieux de vérifications et de précisions » (p. 7). Soral s’était illustré en 2004 dans une émission de France 2 (« Complément d’enquête »), par des propos qui lui valurent en 2007 une condamnation pour antisémitisme [9]. Est-ce là ce « vocabulaire trop cru » ou ce refus des « non-dits imposés » vantés par la revue Médias ? Quand on souhaite critiquer les censures et les autocensures médiatiques (vœu louable), sans pour autant « cautionner les déclarations de personnes ou de groupes prônant la haine de l’autre » (p. 7), ne vaut-il pas mieux choisir soigneusement ses interlocuteurs, c’est-à-dire les choisir hors du périmètre de l’extrême droite ?


IV. Faire diversion


En quoi consiste, somme toute, l’imposture principale de ce dossier ? Dans l’idée exprimée dans cet avant-propos que ce serait « braver une sorte d’interdit » que de « débattre de tout, avec tout le monde ». « Avec tout le monde ? » Mais quels sont réellement, socialement et idéologiquement, ceux qui sont interdits de débat ? Ceux qui s’expriment dans la revue Médias et eux seulement ? « Débattre de tout » ? Mais quels sont les thèmes effectivement minorés dans les débats ? Et quelles sont les conditions requises pour qu’un débat ait effectivement lieu ? En effet, s’il est un principe qui va à l’encontre des logiques qui régissent le « débat public » dans les médias dominants, c’est bien celui qui impose de sélectionner rigoureusement ses interventions médiatiques, et notamment dans les « débats » qui y sont organisés. Comme l’explique avec force l’économiste Frédéric Lordon [10], et Pierre Bourdieu avant lui [11], on ne peut débattre correctement sans s’interroger sur le dispositif médiatique qui encadre la prise de parole. En effet, les conditions de cette prise de parole, de même que la composition du plateau et la répartition du temps alloué aux protagonistes, définissent en partie les limites de ce qui pourra, ou non, être dit.


Cette critique du « politiquement correct », qui se donne comme une critique des médias, ne saurait être la nôtre. La mystification (à peine sophistiquée) sur laquelle elle s’appuie – le prétendu renversement des dominations présidant à l’avènement d’une nouvelle « idéologie dominante » – n’a d’autre fonction que de faire oublier la perpétuation de ces dominations, et précisément de certaines d’entre elles : sexisme, racisme, homophobie. Elle tend en outre à disqualifier préventivement les mobilisations qui visent à les faire reculer. De surcroît, inventer de « nouveaux maîtres » (si puissants qu’ils se rendraient invisibles) constitue un moyen confortable de passer sous silence l’emprise des forces économiques et du gouvernement actuel sur les grands médias. Enfin, élever au rang de résistants à cette « idéologie dominante » des « personnalités » qui ne doivent leur capital de contestation qu’à leurs apparitions répétées dans ces médias, n’est qu’une manière de manifester le pouvoir médiatique de consécration – y compris de ceux qui sont appelés à jouer, dans les médias, le rôle de « contestataires ».


Une telle « critique » – aussi imaginaire que les ennemis qu’elle désigne – n’est donc pas seulement insuffisante : parce qu’elle détourne l’attention des véritables dominations et appelle insidieusement à faire de la liberté d’expression un instrument de combat au service des plus conformistes des anticonformismes (quand ce n’est pas au service des préjugés les plus réactionnaires), elle consacre le statu quo qu’elle prétend contester et tourne le dos aux indispensables combats pour des médias pluralistes et indépendants des pouvoirs.
Ugo Palheta
Notes
[1] Sur cette revue, voir l’article : « Sacro-saint libéralisme : la revue Médias se prosterne ».
[
2] Une telle collaboration, avec une école dont la fonction tient tout entière dans la formation des futurs dirigeants et managers des grandes entreprises, en dit long sur l’orientation du dossier analysé ici.
[
3] Qu’on pense à l’inoxydable Jean-Michel Apathie, dont toutes les prétentions à l’anticonformisme reposent sur ses appels, vibrants et répétés, à la rigueur budgétaire ou à la défense des patrons « séquestrés ». Voir par exemple : « Cette violence de Besancenot que questionnent les questionneurs ».
[
4] Cf. l’article de PLPL à ce sujet : « Le PPA frappé en plein cœur ».
[
5] Voir « Connivences et complaisances : le marathon promotionnel d’Alain Minc ».
[
6] Sur cette émission et ses indignations sélectives, voir par exemple : « ’’Le Premier pouvoir’’ pris de compassion pour Hervé Gaymard et les “élites” » et « ’’Le Premier pouvoir’’ à l’assaut du mouvement social ». Sur la suppression arbitraire de cette émission, lire : « Fin de l’émission “Le Premier pouvoir” ».
[
7] K. Marx et F. Engels, L’idéologie allemande, Editions sociales, p. 87
[
8] Pour exemples, lire le dossier « Chavez antisémite ?… Le journalisme d’imputation », ou encore « Nouvelle insanité contre Bourdieu : Finkielkraut propose d’en débattre sur France Culture ».
[
9] « Quand avec un Français, Juif sioniste, tu commences à dire : “Y a peut être des problèmes qui viennent de chez vous. Vous avez peut-être fait quelques erreurs. Ce n’est pas systématiquement la faute de l’autre, totalement, si personne ne peut vous blairer partout où vous mettez les pieds.” Parce qu’en gros c’est à peu près ça leur histoire, tu vois. Ça fait quand même 2 500 ans, où chaque fois où ils mettent les pieds quelque part, au bout de cinquante ans ils se font dérouiller. Il faut se dire, c’est bizarre ! C’est que tout le monde a toujours tort, sauf eux. Le mec, il se met à aboyer, à hurler, à devenir dingue, tu vois. Tu ne peux pas dialoguer. C’est-à-dire, je pense, c’est qu’il y a une psychopathologie, tu vois, du judaïsme sionisme qui confine à la maladie mentale. »
[
10] Voir « Accéder aux médias dominants ? A quelles conditions ? ».
[
11] Dans son « Analyse d’un passage à l’antenne ».

http://www.acrimed.org/ http://www.acrimed.org/

 

http://www.alterinfo.net/Fort-avec-le-faible,-faible-avec-le-fort-l-anticonformisme-de-la-revue-Medias_a35601.html

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 10:31






L’Oréal ou la science de l’éternel féminin

Avec la presse, une idylle sans nuages

Réussite économique éclatante et célébration de l’éternel féminin à la française : le champion du cosmétique, fleuron de l’industrie nationale et deuxième annonceur du marché (1) (troisième au niveau mondial), inspire aux médias une révérence si unanime que les articles à son sujet ressemblent le plus souvent à des plaquettes publicitaires. Ainsi, si son action en faveur de la « diversité » est abondamment relayée, le fait que le groupe commercialise par ailleurs des crèmes blanchissantes en Asie n’est questionné — voire mentionné — que dans la presse étrangère (lire « Les “Nations unies de la beauté” ? »).

En 2007, Le Journal du dimanche, Paris-Match et Marie-Claire ont trouvé un moyen original de fêter les dix ans du partenariat entre L’Oréal Paris et le Festival de Cannes : ces journaux du groupe Lagardère ont publié des suppléments « Spécial Cannes » « sponsorisés » par L’Oréal. S’agissant des publireportages, la règle veut que l’annonceur achète les pages concernées comme des espaces publicitaires et qu’une mention signale au lecteur le caractère promotionnel de l’opération ; rien de tout cela ici. Le montant versé par l’entreprise aux différents journaux, négocié avec leurs directions, est resté secret, et les suppléments ont été présentés comme purement rédactionnels.

Celui de Marie-Claire affichait en couverture l’actrice indienne Aishwarya Rai, que l’on retrouvait en pages intérieures pour un entretien, de même qu’une autre « égérie » de L’Oréal Paris, l’Américaine Jane Fonda, engagée pour séduire les femmes de 70 ans — un marché d’avenir. Les autres vedettes sous contrat avec la marque livraient leurs « secrets de beauté » : sur les vingt-sept produits cités, et artistement photographiés, seuls trois n’étaient pas commercialisés par le groupe. Les pages de publicité étaient toutes dévolues à L’Oréal Paris. Dans son éditorial, Fabrice Gaignault, rédacteur en chef culture de Marie-Claire, estimait qu’aujourd’hui le « glamour légendaire » du cinéma brillait surtout « dans les suites des palaces où les ambassadrices L’Oréal », ces « monstres de beauté » dont il égrenait rêveusement les noms, « font halte depuis dix ans avant de se jeter dans les flammes des flashes  (2 ».

Interrogée par Le Monde (19 mai 2007) sur cette innovation éditoriale, Mme Monique Majerowicz, directrice déléguée de Marie-Claire, avertissait : « Il faut faire attention à ce que l’on fait, nous ne vendrons pas notre âme. » Pour sa part, Carlos Gomez, rédacteur en chef culture du Journal du dimanche, se félicitait : « Nous avons fait notre travail de journalistes. » Tant de complaisance n’empêche pas M. Loïc Armand, directeur général des affaires publiques de L’Oréal et président de l’Union des annonceurs (UDA), d’estimer que « le droit à communiquer est menacé en permanence ». A ses yeux, rien que de très innocent, pourtant, dans cette activité : « Une marque est une personne qui communique avec d’autres personnes qui sont elles-mêmes des consommateurs  (3).  »

Le géant du cosmétique, qui a détenu pendant vingt-quatre ans 49 % du groupe Marie-Claire, s’en est retiré en 2001  (4). Les relations semblent toutefois être restées cordiales. Ainsi, dans son numéro de décembre 2008, sous le titre « Têtes chercheuses », le magazine faisait le portrait de trois des lauréates du prix L’Oréal-Unesco « Pour les femmes et la science » ; l’article précisait que « L’Oréal emploie plus de 50 % de femmes dans ses laboratoires ». Nouvelle opération en mai 2009, avec un portrait de la lauréate africaine. Par ailleurs, L’Oréal Paris est l’un des cinq partenaires officiels de « La Rose Marie-Claire », l’opération annuelle de charité du magazine, qui récolte des fonds pour scolariser des petites filles dans le monde. Parmi les bénéficiaires figure l’association Toutes à l’école, présidée par Mme Tina Kieffer, directrice de... Marie-Claire, qui compte également L’Oréal Paris parmi ses sponsors.

Le supplément « Cannes » a pu choquer car il servait les intérêts d’une seule marque, alors que la presse magazine, d’habitude, veille à panacher les produits dont elle fait la promotion dans ses pages rédactionnelles. Les rubriques « bien-être » ou « air du temps », qui existent dans tous les supports généralistes et constituent l’essentiel des magazines féminins, servent à offrir à la convoitise du lecteur des quantités étourdissantes de gadgets, de vêtements... et de cosmétiques, commercialisés par des entreprises qui sont aussi des annonceurs. Le nombre croissant de magazines féminins (plus d’une cinquantaine recensés par l’OJD, qui contrôle la diffusion des médias), sans parler de la crise, les oblige à rivaliser de zèle pour s’attirer les faveurs de ces derniers.

De fait, il n’existe pas de frontière nette entre culture et consommation. Le meilleur exemple en est la sortie récente et simultanée du long-métrage d’Anne Fontaine, Coco avant Chanel, avec Audrey Tautou, et du film publicitaire pour le parfum Chanel N° 5, réalisé par le cinéaste Jean-Pierre Jeunet (Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain) et mettant en scène la même Audrey Tautou : les deux « œuvres » ont bénéficié d’une promotion similaire dans les médias. Une actrice peut indifféremment faire la couverture d’un magazine féminin parce qu’elle a un film à l’affiche ou parce qu’elle vient de signer avec une grande marque de parfums ou de cosmétiques : ce fut le cas de Rachida Brakni, en « une » du Marie-Claire de juin 2008, après l’annonce de son contrat avec L’Oréal Paris, longuement commenté dans l’entretien figurant en pages intérieures. La confusion est également perceptible à Cannes. Si l’actrice Virginie Ledoyen a été deux années consécutives, en 2001 et 2002, la maîtresse de cérémonie du Festival, est-ce en raison de son contrat avec L’Oréal Paris, signé en 1999, ou de sa place dans le monde du cinéma ? Peu importe. Commentant son activité de mannequin, l’intéressée disait à l’époque : « C’est comme si je jouais dans un film, sauf que cette fois le film s’appelle L’Oréal  (5).  »

Non seulement les magazines féminins ayant au départ un vrai projet rédactionnel se transforment en simples courroies de transmission des annonceurs, mais des titres se créent dans le but de capter des marchés publicitaires précis. Ainsi, l’année 2008 a vu naître deux titres haut de gamme : Very Elle, hors-série du magazine Elle, et Femmes, du groupe Prisma Presse. Dans son premier numéro, Very Elle proposait sur quatre pages un portrait de M. Youcef Nabi, directeur général international de L’Oréal Paris. L’hebdomadaire a confié l’exercice à Sophie Fontanel, l’une de ses signatures vedettes, qui s’émeut de ce qu’un groupe « si hégémonique » compte dans sa hiérarchie cet « ovni inclassable » — comprenez : d’origine algérienne et transsexuel.

M. Nabi, apprend-on, est d’une « fine intelligence », « visionnaire, ultra-efficace, idéaliste et désarmant d’humanité » ; son sens du commerce « tient du génie ». Entre mille mérites, il a celui d’avoir engagé comme mannequin, « en faisant fi des physiques parfaits et lisses », ô prise de risque insensée, l’actrice espagnole Penélope Cruz, une fille « qui parle de laque avec de vrais mots à elle ». L’ancienne fiancée de Tom Cruise est apparemment affligée de tares invisibles pour un œil profane, car M. Nabi la défend avec feu : « Penélope a mieux que des traits réguliers : elle est vivante. »

La journaliste rapporte avec extase ses propos, qu’elle ponctue de commentaires tels que : « Incroyable phrase ! » Ou : « Autre incroyable phrase ! » Elle le trouve « bouleversant, tellement honnête ». Elle rend justice au célèbre « Parce que je le vaux bien » : « On peut en rire, mais c’est mine de rien le premier slogan de “self-esteem” [estime de soi] jamais utilisé en beauté. » Vers la fin, elle s’abîme dans la métaphysique : « Il y a une phrase de Marguerite Duras, sur Billie Holiday je crois, qui dit : “Face à elle, je pense à elle.” Je me mets à penser à lui devant lui. Toutes les vies sont mystérieuses  (6).  »

Ciblant les femmes de plus de 40 ans dotées d’un fort pouvoir d’achat, le mensuel Femmes, quant à lui, affichait en couverture de son premier numéro l’actrice américaine Andie MacDowell, dont la carrière au cinéma stagne depuis environ quinze ans, mais qui reste connue en tant qu’image de... L’Oréal Paris. Le magazine a été lancé par M. Fabrice Boé, président depuis 2005 du groupe Prisma Presse (Capital, VSD, Géo, Femme actuelle, Gala, Voici...) et, depuis 2007, de l’Association pour la promotion de la presse magazine (APPM). Auparavant, M. Boé a travaillé seize ans au sein du groupe de cosmétiques ; il a notamment été directeur du marketing de L’Oréal Paris. Il a fait parler de lui en 2006, lorsqu’il a exigé que les livres écrits par les journalistes de Prisma Presse soient soumis à la hiérarchie pour autorisation avant leur parution, afin de s’assurer qu’ils ne comportaient « aucune orientation ni interprétation politique », et qu’ils ne « [mettaient] pas en cause un quelconque des partenaires ou annonceurs publicitaires du groupe ». Il a dû reculer devant les protestations.

Mais les relations sociales chez Prisma Presse ne semblent pas s’apaiser pour autant : « Il ne parle jamais de “titres”, mais de “marques”, se plaint un salarié. Il n’a aucune expérience en matière de presse. Son prédécesseur, Axel Ganz, n’était certes pas parfait, mais c’était quand même un homme de médias ! Si encore il s’était bien entouré... Mais il a profité des mouvements ou des départs en retraite pour imposer plusieurs ex-L’Oréal parmi les chefs. » Depuis son arrivée, les journalistes du groupe, inquiets, ont créé ou réactivé leur société des rédacteurs...

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 06:11

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Réponse à Nicolas Cori

Critique des médias,
critique dans les médias

lundi 17 août 2009, par Frédéric Lordon

Comme on pouvait l’attendre d’un événement de cette magnitude, la crise fait des dégâts bien au-delà des limites de son ordre, et si les agents de l’économie sont évidemment les premiers à souffrir, l’onde de choc atteint des lieux d’une autre nature, et menace de faire des victimes d’une autre sorte. Ainsi, par exemple, l’univers confiné et soigneusement verrouillé des économistes académiques est-il devenu un champ de tir où les noms d’oiseau volent bas. Il est vrai que, à l’exemple de Robert Lucas [1], dont on ne tirera pas un mot de regret quelle que soit l’ampleur des destructions, il faut un moral de vainqueur pour continuer de soutenir les hypothèses de parfaite rationalité des agents et d’efficience des marchés qui, ayant fait depuis tant d’années le charme particulier de la théorie néoclassique (dominante), ont désormais à peu près autant d’attrait qu’une méduse au milieu d’une baignoire.

Mais c’est plus généralement tout le « commentariat » – « experts », éditorialistes, médias – qui déguste à des degrés divers, et non sans raison si l’on veut bien se souvenir des laudes – au marché, à la liberté d’être flexible et à la modernité financière – dont, quelques minoritaires mis à part, il nous a bassiné sans relâche pendant deux décennies… jusqu’à ce que l’état du monde si constamment célébré finisse par partir en morceaux. Quitte à lui réserver le creux de l’été, interroger le traitement de la crise par les médias sans oublier, par là même, de questionner leur rôle avant la crise, n’est décidément pas du luxe. C’était le thème d’une émission d’Arrêt sur images, animée par Maja Neskovic, à laquelle j’ai été invité, et à laquelle Nicolas Cori qui, invité également mais n’ayant pu y participer pour des raisons de calendrier, réagit dans un texte publié sur son blog (repris sur le site d’Arrêt sur images).

De toutes les positions vis-à-vis des médias, celle de la participation (très) sélective, éloignée aussi bien de l’abstention radicale que de l’empressement indiscriminé, est sans doute vouée à la plus grande incompréhension et exposée aux reproches symétriques les plus opposés. Pour les uns, peu est encore trop ; pour les autres, c’est presque rien, avec au surplus le double inconvénient non seulement de ne donner aucune audience à des idées dissonantes mais également d’abandonner le terrain « aux mêmes » dans des conditions qui rendraient parfaitement illégitime, ayant « déserté », de se plaindre ensuite qu’on n’entende qu’« eux ». La question de la participation, cependant, mérite mieux que l’antinomie de la trahison et de la désertion, pourvu qu’on y entre avec quelques critères et un peu d’analyse – dont, par parenthèses, il faudrait aller chercher l’essentiel ailleurs qu’ici, auprès de véritables spécialistes de la sociologie critique des médias.

La diversité interne des médias,
ou la critique réduite aux interstices Retour à la table des matières

Nicolas Cori a évidemment raison de rappeler la diversité interne des médias et leur capacité à publier des informations qui semblent contredire la thèse de l’asservissement idéologique aux réquisits du capital. Mais la portée réelle de ces cas ne prend la consistance d’une véritable infirmation de la « critique des médias » qu’au prix d’en donner une lecture réductrice, au terme de laquelle le rapport des médias aux puissances dominantes (économiques et politiques) serait d’inféodation sans reste et d’obéissance caporalisée. Le fait est, et c’est le propre d’une époque décidément formidable, que l’appropriation capitalistique directe de nombreux titres, de presse écrite comme audiovisuelle, par des groupes industriels opère un saisissant court-circuit de tout ce qu’une critique un peu plus fine des médias avait tenté d’élaborer, pour rendre à nouveau opératoires les interprétations les plus rustiques qui n’auraient pas besoin d’autre instrument conceptuel que le schème de la « courroie de transmission ».

Nicolas Cori rappelle cependant que, hors des effets du contrôle capitalistique, une analyse de la logique intrinsèque des médias ne perd pas tous ses droits, et il est exact que leur diversité interne interdit de les considérer comme des ensembles monolithiques tout entiers aux ordres. Mais Nicolas Cori est bien placé pour savoir que cette diversité n’a rien de démocratique et que, entièrement prise dans des rapports de domination, elle est condamnée, pour sa part critique, à la minorité et aux interstices. On peut penser que les rédactions en chef sont les premières conscientes de cet état de fait et qu’elles le tolèrent au nom d’un compromis doublement avantageux puisqu’il est producteur aussi bien de stabilité politique à l’intérieur que d’affichage de pluralisme à l’extérieur. Nicolas Cori ne m’en voudra pas de lui faire remarquer ce qu’il sait sans doute déjà, à savoir que sa mise au jour des bonus de la BNP est bien utile à Laurent Joffrin, aussi bien pour tenir la toute nouvelle posture de critique de la finance que pour ouvrir avec l’AFP une polémique ostentatoire, peu coûteuse et riche en profits symboliques.

Il n’y en a pas moins une logique absolument défendable pour ceux qui sont dans les institutions, et qui n’y occupent pas les positions dominantes, à faire de nécessité vertu et à trouver une justification bien fondée à des compromis qu’ils n’ont pas le choix de ne pas accepter (sauf à faire défection) en tentant d’en tirer le meilleur parti : que paraisse la révélation des bonus de la BNP, ou d’autres informations de même nature, est un gain objectif, même si l’on demeure conscient du contexte de liberté surveillée dans lequel il a été acquis.

Minoritaires sous hégémonie éditoriale Retour à la table des matières

Mais, pour légitime qu’il soit, le point de vue de l’insider, sauf à revendiquer une universalité qu’il n’a pas, ne peut sauter à la conclusion générale, induite de ses propres « gains de compromis » et reflet de sa position singulière, que pour tout le monde et en toutes circonstances « il faudrait y aller ». Aussi le point de vue de la critique externe demeure-t-il entièrement fondé à dire que les acquis des stratégies interstitielles ne rachètent pas une logique d’ensemble – et à en tirer d’autres conclusions.

De ce point de vue, il devrait être assez clair que la publication d’informations « critiques » a pour strictes conditions de possibilité : 1) d’être suffisamment éparpillées au sein du journal pour ne jamais acquérir la consistance d’une ligne éditoriale ni entamer celle de la ligne en vigueur ; et 2) de rencontrer les réquisits de la grammaire médiatique dans ce qu’elle a de plus autonome, ceux auxquels un rédacteur en chef déférera à coup presque sûr (sauf censure capitalistique manifeste), à savoir la grammaire du scoop, de la révélation, du scandale ou du montage fait-diversier spectaculaire [2].

Si le filtre de la deuxième condition est le plus apparent, le travail chronique de la première est le plus pernicieux. On pourrait recenser à loisir les articles parus dans la presse de fausse gauche (et de vrai libéralisme, Le Monde, Libération, Le Nouvel Obs, etc.) sur des conflits sociaux, des délocalisations crapoteuses, des suicides au travail et tous ces événements ordinaires du capitalisme d’aujourd’hui, articles produits le plus généralement par des soutiers et remontés jusqu’au jour à force de ténacité et d’habileté manœuvrière par les anfractuosités de la rédaction, sans pourtant que l’ensemble de ces contributions, condamnées à la pulvérisation, soit jamais rassemblées de manière systématisée, pour qu’il s’en dégage une vision du monde capitaliste articulée, logiquement mise en ordre d’après la cohérence même des choses rapportées, et qu’en soit tirée, par simple conséquence, une analyse globale, un sens d’ensemble qui serait celui du journal et de son regard sur le monde.

On peut donc bien multiplier les cas d’articles de cette sorte, il reste qu’au moment de hiérarchiser l’information, d’organiser le journal et, bien sûr, d’éditorialiser, c’est l’engagement idéologique de la rédaction en chef qui reprend le dessus et renvoie tous ces efforts à leur condition minoritaire – exactement ce que vise l’idée des compromis interstitiels, en tant que, vus cette fois du côté des dominants, ils leur permettent de penser gagner sur les deux tableaux : à la fois, pour entretenir l’identité « de gauche », s’acquitter d’un devoir de restitution des indignations sociales, mais d’une manière qui en opère proprement la négation politique et maintient la ligne ne varietur – on mesurera la force de cette négation politique à la façon dont les annonces annuelles des profits monstrueux du CAC 40 sont devenues un marronnier (de printemps), bien fait et bien monté pour mobiliser tous les effets (vendeurs) du sensationnalisme, mais sans qu’il s’ensuive jamais la moindre mise en cause sérieuse, par voie d’« analyse » ou d’éditorial, des structures de l’hyper-profitabilité, c’est-à-dire du capitalisme actionnarial [3].

Au travers de ce cas, particulièrement édifiant, de neutralisation politique d’un fait (massif) que les médias se targueront pourtant d’avoir fidèlement restitué, mais, et c’est peut-être pire, non seulement en n’en ayant rien fait mais en l’ayant comme vidé de sa substance politique, on reconnaîtra l’équivalent fonctionnel de la manœuvre qu’opèrent pour leur propre compte les partis sociaux-démocrates en demeurant strictement dans le registre de la déploration sans suite – les inégalités, la précarité, les dégradations des conditions de vie salariale –, sans jamais vouloir rapporter les choses déplorées à leurs causes – il apparaîtrait assez vite qu’elles ont toutes pour origine les grandes transformations structurelles dont ils ont été les ingénieurs (concurrence, financiarisation, Europe libérale), et qu’ils n’ont pour l’heure aucun désir d’y changer quoi que ce soit. Mais il y aurait beaucoup à dire sur ces rapports d’homologie qui unissent grands médias et partis, par une implication presque directe, quoique systématiquement déniée, des premiers dans les mouvements stratégiques des seconds.

Quelque respectables qu’ils soient, les compromis qu’imposent aux insiders les nécessités de leur vie professionnelle n’ont pas à être souscrits tels quels par les outsiders « critiques » pour lesquels la question de l’efficacité se pose en des termes différents et que leur situation propre conduit à dresser d’autres bilans, aussi bien politiques que personnels, de leurs possibles interventions médiatiques.

Sauf à leur prêter une épaisse bêtise, il devrait être possible de les créditer d’avoir conscience de tout ce à quoi ils renoncent en faisant le choix de la participation rare, et notamment d’abandonner le terrain à tous les « experts » formellement et idéologiquement ajustés. Contrairement à ce que pensent spontanément beaucoup de personnes, et que le texte de Nicolas Cori laisse d’ailleurs transparaître, la logique du chercheur « engagé » ne peut pas être celle de la « pureté » – par construction puisque, dans sa mesure à lui, il « y va » ! –, et lui aussi tente de stabiliser des compromis pratiques – mais pas les mêmes. Car il est difficile de ne pas avoir a minima conscience de se trouver collaborer objectivement aux stratégies de la duplicité des médias dominants – en clair, fournir des alibis de pluralisme à une machine dont tous les fonctionnements œuvrent en fait à la reconduction du même. Bilan : un supplément de (fausse) légitimité démocratique pour des organes qui se seront employés à minoriser les idées généreusement « accueillies » et à en faire des propos de passage sans conséquence.

Jusqu’où est-il enviable de jouer à ce jeu ? Refuser la position du refus de principe équivaut à répondre que, oui, il y a une utilité, entendre quelques profits à saisir, mais la question en fait est celle de l’utilité nette – nette des coûts. Pour le coup, il y a bien là une sorte d’appréciation pratique qui échappe aux calculs explicites de l’économie et ressortit plutôt d’une prudence, gouvernée par quelques critères, et toujours exposée au risque de l’incohérence. Pour un outsider « critique », l’un de ces critères tient à la question de savoir ce que les conditions de prise de parole font à sa parole.

Normalisation – les nouveaux entrants
digérés par le « club » Retour à la table des matières

Or, celle-ci court tous les risques, de la normalisation à la décrépitude. Je ne reviens que brièvement sur ceux de la normalisation, dont j’ai parlé lors de l’émission d’Arrêt sur images, pour redire combien l’entrée dans le cercle des « bons clients » est lourde d’insidieuses dérives. Car il est probable que l’appétit médiatique vienne en mangeant et que, d’activité occasionnelle, la présence dans les médias, avec tous ses profits symboliques puis institutionnels, devienne rapidement une finalité à laquelle on soit prêt, de plus en plus, à sacrifier. Mais sacrifier quoi au juste ? Le peu d’originalité et de liberté dont on disposait avant d’y entrer, et qui va se trouver implacablement raboté par les contraintes d’un univers dont on acceptera de plus en plus les injonctions pour continuer d’y être invité – à commencer, bien sûr, par celle de s’interdire de mettre en cause les logiques de l’univers lui-même ; il ferait beau voir qu’invité des médias on se mette à critiquer les médias...

Les incitations de l’intérêt individuel se joignent aux pressions sociales d’un groupe qui, comme tout groupe, socialise les nouveaux entrants selon ses normes propres, avec d’ailleurs l’active complicité de l’impétrant puisque, et ce pourrait être une proposition d’une théorie sommaire de la socialisation, on n’entre jamais dans un groupe avec le propos délibéré de s’y faire détester, sachant que pour s’y faire aimer il suffit de se conformer à ses mœurs. Nul besoin de calcul stratégique pour ce faire, les ajustements affectifs de la quête d’intégration et de reconnaissance se font d’eux-mêmes ; aussi, sans même s’en rendre compte, les nouveaux entrants s’adaptent-ils à toute une série d’injonctions infinitésimales, d’ailleurs jamais énoncées comme telles par personne, et rectifient-ils insensiblement leur comportement pour se conformer complètement aux normes locales de la bienséance, des choses à dire et à ne pas dire, du ton sur lequel on les dit, des mises en question possibles et de celles qui ne le sont pas, du degré admissible d’intercritique au sein du groupe, etc.

J’ai en tête un débat télévisé entre Bernard Maris, Elie Cohen et Jean Peyrelevade où le premier ne cesse de donner aux deux autres du « cher Elie » et du « cher Jean », cordialité qui n’a rien de répréhensible en soi mais se trouve confirmée par le quasi-consensus dont elle est le symptôme [4], et qui offre, par le raccourci de quelques plans, une leçon complète de sociologie des « élites » et des médias.

Le pire tient sans doute au fait que ces micro-ajustements sont insensibles au sujet lui-même qui, à chaque instant peut certifier « être resté le même » et n’avoir ni varié ni concédé. C’est que les variations et les concessions demandent à être observées sur le moyen et le long terme – mais alors, mazette, quels écarts ! Cette puissance normalisatrice, qui d’ailleurs n’est pas propre qu’aux médias mais qu’on retrouverait à l’identique dans la fréquentation suivie de tous les lieux de pouvoir, est plus forte que n’importe quel libre-arbitre individuel, et il suffit pour s’en convaincre de considérer le triste destin de quelques jadis « critiques » entrés dans le système… et jamais ressortis. Malaxés, digérés, attendris, comme on dit de la viande trop dure, ils comptent désormais parmi les oblats les plus intransigeants du système qui les a accueillis avec tant de générosité en passant l’éponge sur leurs « erreurs de jeunesse » – Philippe Val dans un Charlie respectabilisé jusqu’au trognon, justement récompensé à France Inter [5], Michel Field à LCI et bien d’autres encore, auxquels il faudrait ajouter, dans leur genre à eux, tous ces économistes qui, émerveillés de se voir conseillers du prince, ont parfois commencé marxistes pour finir en disant bien des choses adéquates à ce que les pouvoirs voulaient entendre – mais évidemment sans jamais se sentir sous influence ni avoir eu le sentiment de concéder quoi que ce soit.

Dire cela n’est pas incriminer les personnes mais souligner la force des situations, incomparablement plus puissantes que les individus, et qui ne laissent à ces derniers pour seule liberté que l’alternative de ne pas y mettre le doigt ou bien de finir entièrement happés. Faire le choix de la participation médiatique raréfiée, c’est donc d’abord mesurer ces forces, ne pas se croire au-dessus d’elles, et anticiper l’auto-infirmation que risque de s’infliger immanquablement l’outsider critique qui, entrant avec le ferme projet de faire entendre « un autre son de cloche », finira par faire ding-ding comme tous les autres autour de lui.

Déception – l’inanité
des formats en miettes Retour à la table des matières

Si encore la normalisation politique était la seule avanie prévisible… Mais il faut compter avec les déceptions à répétition que promet au chercheur hétérodoxe le jeu du coup d’éclat médiatique. Il n’est pas certain que l’interview imaginaire de Nicolas Cori fasse un modèle général et si, exceptionnellement, un ou deux coups fumants de cette sorte peuvent être réussis, il faut d’abord s’interroger sur la durée des traces qu’ils laisseront, et ensuite bien voir que la plupart des situations où sont conviés à intervenir les « experts » ne sont pas de cette nature.

Hormis les dix secondes de rigueur de tout passage dans un JT, la situation standard est plutôt celle d’un plateau à plusieurs invités, cette parodie de « débat » où les médias aiment à trouver la confirmation de leur essence démocratique, alors qu’aussi bien le déséquilibre des forces contradictoires en présence (quand les forces sont véritablement contradictoires, c’est-à-dire que tous les experts ne disent pas à quelques variantes près la même chose), la complicité active de l’animateur, généralement un de ces « grands » des médias dont on sait de quel côté ils penchent, l’indigence des formats, c’est-à-dire des temps alloués à la parole, et le climat de demi-foire d’empoigne avec interruptions permanentes, conspirent pour rendre absolument impossible de développer un point de vue hétérodoxe, d’emblée privé de tout l’arrière-plan de (fausses) évidences, de cela-va-de-soi (« on ne peut pas augmenter les impôts », « la flexibilité est nécessaire », « comment peut-on envisager le protectionnisme dans une économie mondialisée ») accumulés pendant deux décennies.

Là où l’expert modal peut se contenter de parler par demi-phrases et de convoquer tout ce fonds d’« évidences » par la mobilisation d’un simple mot, l’outsider hétérodoxe doit entreprendre de construire de zéro des arguments qui ont contre eux tout un sens commun médiatique, et ceci sans la moindre chance ou presque de pouvoir aller au bout et de ne pas être interrompu par l’« impartial animateur », ou par un contradicteur, qui d’une seule remarque laissera le raisonnement en plan, fera bifurquer la discussion vers un tout autre sujet, laissant le pauvre type emberlificoté dans son laborieux développement au milieu du gué et grosjean comme devant – on n’est pas forcé d’aller se mettre dans des situations perdues d’avance ; pour la cause qu’on défend, on aurait même plutôt intérêt à les éviter.

Il apparaît malheureusement que l’intervention hétérodoxe soit condamnée au dilemme de l’« interview Pujadas », mais sous une forme sloganisée qui, dans l’opinion, renverra inévitablement l’intervenant au registre de l’« extrémisme » – « c’est du Besancenot », « ils n’ont rien à proposer » – ou bien du discours argumenté, mais privé de ses conditions de possibilité, et certain de finir en torche. Ça s’appelle la condition de minoritaire, minoritaire pas seulement au sens du nombre mais au sens du désavantage systémique, et il n’y a pas de mystère : on n’en sort que par le temps long d’une somme d’actions individuelles, sans espoir en temps réel, et dont nul n’est d’ailleurs assuré de voir le bout…

Décrépitude – les pentes fatales
de la facilité médiatique Retour à la table des matières

Et puis il y a la décrépitude intellectuelle. Car il y a pire, parce que plus insidieux, que les déconvenues instantanées de ces expériences nécessairement désastreuses. Au chercheur qui se hasarderait à jouer ce jeu et qui, désirant le jouer avec quelque succès, se plierait aux formats imposés pour y faire entrer son discours, il faut surtout craindre les effets de long terme d’un genre qui ne laisse pas la pensée indemne. Si la misère du format condamne à la pauvreté du discours, réduit à une série de slogans et blindé dans le registre de l’assertorique, c’est-à-dire des affirmations-coups de force, coupées de leurs vrais arguments puisque le temps n’est pas offert à la présentation de ceux-ci, il ne faut surtout pas espérer qu’il n’y aurait là qu’une suite d’inconvénients instantanés sans conséquence sur le reste de l’activité intellectuelle de l’intéressé. Ce sont les illusions du sujet souverain qui conduisent certains à s’imaginer qu’ils sont les garants de leur propre intégrité intellectuelle et que, sortis du studio où ils se sont octroyés quelques libertés avec la rigueur argumentative, ils redeviennent exactement les mêmes.

Il n’y a sans doute pas plus grand risque pour un intellectuel que l’habitude de la facilité intellectuelle – où le pousse irrésistiblement l’exercice médiatique. Car d’« entorse » en « licence », d’« écart » en « tolérance », toujours ponctuels ça va sans dire, c’est tout un habitus, celui de l’exigence analytique, du raisonnement bien articulé, qui progressivement et silencieusement part en lambeaux. La fréquence des sollicitations, ne laissant plus le temps de travailler, condamne alors au recyclage des mêmes questions et des mêmes réponses, vite glanées… dans la presse, seul fournisseur d’informations dans la temporalité… qui lui soit adéquate, là où le travail intellectuel vise d’abord au renouvellement de sa pensée et aussi (surtout) à la formulation d’autres questions que celles que les médias s’obstinent à mettre à leur agenda, en général toutes plus mal bâties les unes que les autres. Il ne s’agit pas de dire ici que tous les économistes présents dans les médias subissent cette fatale dégradation, mais qu’il est un seuil, et aussi un mode, de présence, dont j’ai l’impression que Nicolas Cori voudrait me le voir franchir, au-delà duquel on n’y échappe pas.

Contre la philosophie héroïque
de l’intellectuel démiurge,
la division du travail Retour à la table des matières

Les références à la « pureté », au souci des universitaires de la préserver, de ne pas se « compromettre », auraient du sens s’adressant à ceux qui n’ont aucun désir de quelque engagement que ce soit et préfèrent jouer le jeu du champ académique sans prendre le moindre risque à l’extérieur. Le fait est que le grand renfermement académique des intellectuels en deux décennies est impressionnant. On ne saurait pour autant en tirer la conclusion opposée qu’il leur faudrait maintenant aller partout et y faire n’importe quoi. Je pourrais bien accepter de m’entendre dire que derrière tous ces arguments, il y a aussi une sorte d’amour-propre d’intellectuel (ou d’aspirant intellectuel) inquiet de déchoir à ses propres yeux. Mais je demande qu’on me présente un seul professionnel, quel que soit son métier, qui n’ait pas ses normes et ses points d’honneur, et qui n’y regarde à deux fois au moment où on lui intime d’envoyer balader tout ça et d’accepter de faire autrement – c’est-à-dire mal – ce qu’il essaye d’habitude de faire « bien », et ceci au nom de nécessités supérieures.

Mais la question en fait est tout autre : elle est de savoir où on est le plus utile et à quoi faire. Un chercheur est-il plus utile à prendre le temps de ses recherches, à cultiver autant que possible les exigences qui lui sont propres, ou bien à faire le pitre multimédia avec la quasi-certitude de s’y abîmer irréversiblement – il suffit de voir l’état intellectuel pitoyable de bon nombre de ceux qui s’y sont risqués ? C’est probablement en ce point que se situe la faiblesse principale de l’argument de Nicolas Cori : dans une certaine philosophie héroïque de l’individu et la mésestimation corrélative des avantages de la division du travail.

Il n’est pas au pouvoir d’un seul individu d’intégrer en lui seul tous les maillons de la chaîne de production d’idées, depuis l’élaboration la plus théorique-scientifique jusqu’à l’action politique de propagande en passant par tous les intermédiaires médiatiques. Certes, on peut ne pas être insensible à l’injonction de Nicolas Cori, considérant que « la plus grande plaie aujourd’hui s’appelle le capitalisme financier », à « faire tout ce qui est en son pouvoir pour le supprimer ». Mais c’est que, pour ce qui me concerne, mon pouvoir, à supposer que j’en aie le moindre, est très très petit, et qu’au surplus il risque de s’autodétruire dans l’abus de son emploi médiatique.

La vérité, c’est que la destruction du capitalisme financier est une entreprise collective et que chacun y prend sa part à sa place ! Par un argument ricardien que les économistes connaissent bien, chacun devrait être là où son avantage comparatif est le plus grand : les chercheurs à la production d’idées, d’autres à leur adaptation et à leur diffusion. Me prêtant des capacités que je n’ai pas, Nicolas Cori me demande même de penser à la réforme des médias ! Mais je n’ai rigoureusement aucune compétence pour ce faire !, même s’il m’arrive d’avoir une ou deux idées que je mets au pot commun quand elles me traversent l’esprit (c’est-à-dire rarement) [6].

La seule chose que je pourrais dire en cette matière invoquerait une nouvelle fois l’argument de la division du travail et suggérerait que, la production-diffusion des idées étant une chaîne, il faut nécessairement qu’elle ait une pluralité de maillons. De ce point de vue, et pour peu qu’on requalifie positivement le mot auquel Bourdieu avait donné une coloration plutôt négative, je dirais que ce dont nous manquons le plus, ce sont des doxosophes [7] de gauche (je veux dire vraiment de gauche), c’est-à-dire des gens qui, n’appartenant pas eux-mêmes au monde des producteurs intellectuels directs, en seraient cependant suffisamment proches pour connaître les travaux qui s’y élaborent, les adapter et les faire connaître, éventuellement avec les réductions et les approximations assumées que suppose le passage par les médias, mais non sans efficacité. Mais, à la question « pourquoi y a-t-il tant de doxosophes libéraux et si peu, ou pas du tout de gauche ? », la réponse renvoie comme toujours à la sélectivité orientée des médias qui, trahissant la vocation inscrite dans leur nom même de médias, c’est-à-dire de médiateurs, livrant accès à l’espace du débat public dont ils sont les gate-keepers monopolistiques, ne donnent la parole que dans un seul sens (à quelques alibis marginaux près).

Et puisque Nicolas Cori me pose la question, je lui dirai que, de tous les intermédiaires appelés à prendre leur part dans la chaîne de production-diffusion des idées, les journalistes ne sont pas les moindres. N’est-ce pas à eux qu’il appartiendrait en principe de faire connaître au public les travaux, les analyses, les positions et les propositions élaborées par les chercheurs, et précisément par ceux qu’on entend le moins ? Faire connaître : voilà une tâche en apparence toute simple ; il suffit de dire : « Sur ce sujet, X pense ceci, Y a écrit cela, Z a une analyse un peu inhabituelle et deux propositions en stock, et je porte tout ça à votre connaissance » – une tâche extraordinairement prosaïque, puisque finalement il n’est question que de restituer en adaptant un peu, mais pourquoi ne restituerait-on que des « faits » et jamais des idées, et ne voit-on pas que dans le moyen ou long terme, cette simple restitution pourrait significativement contribuer à modifier le paysage idéologique, bien davantage qu’en confiant à quelques pauvres types un peu dépassés par l’ampleur de la tâche et surtout (légitimement) inquiets de s’y perdre, le soin de tout faire eux-mêmes, depuis la production jusqu’à la vente et l’après vente.

On dira qu’il y a parfois des interviews qui font cela, mais d’abord avec toujours le même problème de l’accès sélectif, et puis surtout, pourquoi aurait-on systématiquement besoin de la bobine et de la mise en scène de l’interviewé ? Ça n’est pas qu’il ne soit pas parfois intéressant de lui donner la parole, mais si les conditions qui lui sont offertes n’y sont pas propices, ses travaux ne peuvent-ils pas tout autant être restitués au style indirect et par d’autres qui ne s’estiment pas sujets aux mêmes contraintes ?

La complémentarité – ici celle des registres et des contraintes relatives à ces registres – est l’essence de la division du travail. C’est elle le véritable sujet – collectif – de la production sociale et de la transformation politique des idées – et non quelques individus particuliers dont les forces propres sont risibles comparées à celle d’un système hostile qu’ils n’ont aucune chance de bousculer.

Il ne s’agit pas de dire, comme s’y précipiteront vraisemblablement quelques lectures malveillantes, que le discours dans les médias « rend bête » et que l’intellectuel, très préoccupé de lui-même, ne veut pas de cette bêtise et préfère la laisser à d’autres – les intermédiaires. Il est juste question de faire remarquer que ces interventions à répétition, avec tout ce qu’elles charrient insidieusement de pressions à la normalisation et d’incitations à la facilité, sont vouées à rapidement faire de lui un mauvais intellectuel et, à la fin des fins, un « plus intellectuel du tout », refermement tragique de cette boucle fatale qui aura conduit un individu à s’engager au nom d’une spécificité – son intellectualité –, mais selon des modalités d’engagement qui la détruiront à coup presque sûr, et le feront, lui, tout autre qu’il n’était, en particulier tout autre que ce pour quoi il lui avait été demandé initialement de s’engager – il faut s’imaginer ce que deviendrait, et en combien de temps il le deviendrait, un chercheur en physique à qui l’on demanderait, au nom des enjeux supérieurs de l’éducation scientifique de la jeunesse, de laisser son laboratoire pour consacrer le plus clair de son temps à la tournée des lycées. L’immense avantage de la division du travail (au milieu de tant de servitudes), c’est d’autoriser les agents à ne pas être ou à ne pas devenir ce qu’ils ne sont pas : un chercheur n’a pas à se faire doxosophe, ou alors avec parcimonie ; et inversement un doxosophe peut pleinement s’autoriser de son registre propre puisqu’il n’a pas à s’imposer les contraintes de l’intellectuel – prendre du temps, s’accorder d’être parfois obscur et long car la réflexion qui s’efforce de progresser n’est pas immédiatement claire, etc.

Que chacun fasse donc ce qu’il croit lui incomber là où il est, selon ce qu’il est le plus apte à faire et là où les conditions sont les meilleures pour qu’il le fasse, tel serait finalement le sens de ma réponse à Nicolas Cori. Renonçant aux chimères de l’intervenant héroïque, on s’apercevra d’ailleurs qu’il est une multitude de canaux de diffusion des idées qui, loin des médias standard, s’offrent aux interventions des producteurs directs, depuis les livres non pas académiques mais à destination d’un plus large public [8], tout de même les plus adéquats à l’exposition des idées – mais qui en parle ? qui les fait connaître ? –, la publication de textes sur Internet, les interventions dans les niches de l’espace médiatique, petits journaux mais qui ne comptent pas le nombre de signes, petites radios mais qui ne comptent pas les minutes, jusqu’aux débats dans des arrière-salles de café, des librairies ou des salles de projection, rencontres qualitativement les plus gratifiantes et quantitativement les plus misérables, toutes choses qui passent sous les écrans radars et, aux observateurs les plus superficiels, sont renvoyées à l’inexistence pure et simple.

Il est exact qu’on y regarde à deux fois avant de se détourner des médias de masse et de leur capacité de diffusion – j’ai eu l’occasion d’expérimenter, lors de la campagne sur le Traité constitutionnel européen, en 2005, tout ce qui sépare la publication confidentielle de textes sur Internet d’un simple passage à France Culture (qui est tout de même le moins massif des médias de masse…). On ne fait pas ce genre d’expérience sans en être impressionné ni garder quelque regret de ce que l’on pourrait faire à nouveau si… Mais ce regret n’a pas grand sens. Il n’est que le souvenir d’une expérience limitée et l’imagination d’une chimère : la chimère de médias autres que ce qu’ils sont. Il ne s’en suit pas que nulle intervention n’y soit possible, mais que les lieux où sont offertes des conditions de parole adéquates à l’exposition convenable d’une réflexion sont comptés. Hors de ces lieux exceptionnels, il y a moins à gagner qu’à perdre à trop fréquenter les médias – politiquement, en relégitimation à moindre frais d’organes libéraux, et personnellement en détérioration progressive de sa capacité de pensée critique : car on oublie que ce n’est pas le tout d’aller dans les médias ; encore faut-il avoir quelque chose à y dire, et quelque chose de significativement différent de ce qui sourd de la ronde des dévots – qu’on n’est pas forcé d’aller grossir.

Notes

[1] Robert Lucas est « prix Nobel » d’économie. « In defence of the dismal science », The Economist, 8 août 2009.

[2] Qu’on pense, dans ce dernier ordre d’idée, au traitement des « affaires » Kerviel, Madoff, Stanford & Co…

[3] Je dois à l’honnêteté de reconnaître que, à l’occasion des annonces de 2007, Nicolas Cori m’avait offert de m’exprimer sous la forme d’une interview qui esquissait cette analyse et aussi une proposition (le SLAM, voir La crise de trop, Fayard, 2009, chapitre 5) visant à mettre des bornes à la capture actionnariale (lire « Enfin une mesure contre la démesure de la finance, le SLAM ! », Le Monde diplomatique, février 2007). Mais Nicolas Cori aura compris que, au-delà de son cas propre et de quelques autres exceptions de son genre, je mets en cause ici une pratique générale.

[4] A ceux qui feraient observer que l’émission d’Arrêt sur images animée par Maja Neskovic présente formellement les mêmes caractéristiques de connivence et de pré-accord, il faudrait simplement faire remarquer que, non seulement les cartes sont d’emblée sur la table en cette matière, mais qu’il n’a jamais été question de la donner pour un « débat contradictoire ».

[5] Lire « Le despotisme des éclairés », par Pierre Rimbert, Le Monde diplomatique, juin 2009.

[6] Lors d’une conférence faite à l’un des jeudis d’Acrimed, j’ai suggéré par exemple, pour régler le problème de l’incrustation des éternels chroniqueurs radio (je pense surtout à ceux de France Inter et de France Culture) et de leur fossilisation intellectuelle, de les remplacer, chacun dans leur spécialité, par un pool d’une trentaine ou d’une quarantaine d’intellectuels, de chercheurs ou d’intervenants qualifiés (après tout, des syndicalistes et des salariés sont parfois aussi bien informés et armés pour traiter de certains sujets de l’économie, par exemple), avec le double avantage d’organiser une rotation longue, permettant à chacun d’avoir le temps de travailler et de se renouveler, et de permettre une réelle diversité en lieu et place du régime de l’intervenant-unique.

[7] Bourdieu appelait doxosophes (de doxa, l’opinion, et sophia, la sagesse) ces faux philosophes à la remorque de l’opinion, et plus généralement ces intellectuels parodiques, aujourd’hui connus sous l’appellation « d’intellectuels médiatiques ».

[8] N’est-ce pas exactement le sens de la collection Raisons d’agir, créée par Pierre Bourdieu, que de mettre à disposition d’un public aussi large que possible les résultats de travaux élaborés en amont selon les logiques de la recherche scientifique ?

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 05:49

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Lors d'un débat, traitement différencié d'un camp par rapport à un autre qui traduit une préférence idéologique du journaliste


Agressivité du journaliste à l'égard d'un invité perçu comme un "ennemi" idéologique


Questions du journaliste qui traduisent un parti-pris idéologique


Affirmation par le journaliste d'une contre-vérité ou d'une approximation manifeste


Le journaliste sort de son devoir de neutralité et exprime une opinion répétée


Le journaliste fait passer pour une vérité générale ce qui n'est qu'une opinion

 

http://www.levraidebat.com/article-22977886.html

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 23:51
août 2009
Les médias, une arme de destruction massive. REPRISE d’ARTICLE
 

L’HUMANITE - Vous avez présenté en avril dernier devant l’Organisation des États américains (OEA) un travail portant sur le « totalitarisme médiatique ». Que recouvre ce concept ?

Roberto Hernandez Montoya Ce concept recouvre un changement de civilisation. Hier, il existait une presse engagée, de droite comme de gauche, ou encore religieuse. Mais elle n’était pas organisée comme le sont les grandes sociétés, les corporations. Cette presse avait ses tendances idéologiques, politiques mais elle n’était pas un tout global au sens où aujourd’hui, quelques médias - le Washington Post, Fox News, CNN - marquent la cadence des informations, et leur contenu. Ce sont des épicentres de l’information qui la répandent. Si l’on prête attention d’ailleurs, une information est parfois répétée avec les mêmes erreurs orthographiques. Les médias réagissent aux événements extrêmement ressemblants. Il s’agit d’une domination tant idéologique que corporative. Le totalitarisme médiatique produit de l’idéologie néolibérale mais également des phénomènes dangereux, voire criminels. Les États-Unis ont menti sur les « armes de destruction massive » en Irak. Le totalitarisme médiatique les a suivis pour justifier l’invasion du pays, devenant à son tour une arme de destruction massive. Cette invasion a coûté la vie à plus d’un million d’Irakiens. Le totalitarisme médiatique n’est pas partagé mais ordonné. Des milieux autour des pouvoirs militaires dits complexes militaro-industriels, orientent, décident. Ils procèdent à la création des ennemis, comme au temps de l’Inquisition où quiconque n’obéissait pas à l’orientation générale de l’Église était accusé d’hérétique. Le droit à la défense a été aboli. Actuellement, nous vivons une situation similaire. Prenons le cas des talibans. Hier, c’étaient des héros. Le président Ronald Reaggan les appelait « les combattants de la liberté ». Parce qu’ils luttaient contre l’Union soviétique, ils étaient forcément bons. Aujourd’hui, ils incarnent le mal, parce qu’ils agissent de leur propre chef. Lorsque Saddam Hussein faisait la guerre à l’Iran, personne ne trouvait rien dire. Mais lorsqua commencé à agir pour son compte, il est devenu l’ennemi à abattre. L’impérialisme est un maître assez nerveux.


Un cas d’école : le coup d’État au Honduras…


Roberto Hernandez Montoya Ce coup d’État ressemble, de manière assez suspecte, à celui perpétré contre Hugo Chavez en 2002. On a séquestré un président. On a dit qu’il avait démissionné, ce qui n’est pas vrai dans les deux cas. On a dit que ce n’était pas un coup - d’État. Au Venezuela on a parlé d’une vacance de pouvoir ; au Honduras, d’un acte soit disant constitutionnel. Et puis il y a la révolte et la répression des masses. C’est une nouvelle façon de faire des coups d’État. Dans le cône sud (Chili, Argentine, Uruguay), après les coups d’État, il était impossible d’agir. Il s’agissait d’immobiliser les masses. Aujourd’hui, c’est différent. On assiste à des coups d’État « en douceur », des guerres de quatrième génération. Tout commence par des manifestations souvent menées par des étudiants de droite puis des mobilisations de la couche moyenne. Et puis des activités déjà codifiées se mettent en place. Il existe des manuels pour ce faire.


Le traitement médiatique de ces événements participe-t-il, même à son corps défendant, de la stratégie politique ?


Roberto Hernandez Montoya Le coup d’État au Venezuela était un coup d’État médiatique. Pour la première fois au monde, les médias ont tout organisé. Ils ont appelé à une manifestation assez grande qui a dévié vers le palais présidentiel. Et puis on a placé des snippers qui ont tué dix-neuf personnes dont quinze étaient chavistes. Ils voulaient provoquer une situation de violence pour accuser Hugo Chavez de violation de droits de l’homme. Ils ont mis en place un scénario qui était un pur mensonge. Il a fallu un autre film d’analyse des événements pour montrer que le gouvernement n’était pas responsable des morts. Concernant le Honduras, les médias se sont trompés sur la réaction de Barack Obama. Le président a parlé de façon assez claire contre le coup d’État. La situation aux États-Unis est complexe, notamment à droite. Mais des secteurs autour d’Obama continuent d’agir, avec l’aide des bases américaines présentes dans la région, et au Honduras.


Dans quelles mesures les nouvelles technologies, notamment Internet, jouent-elles un rôle pour briser ce mur médiatique ?


Roberto Hernandez Montoya J’ai écrit il y a quelques années une réflexion intitulée « Nouveaux médias contre vieux coups d’État ». Au moment du coup d’État au Venezuela, Internet et les téléphones portables ont encerclé les médias traditionnels. Lorsqu’ils se sont rendu compte que le coup d’État échouait, ils ont fini par se démobiliser.


Les médias se substituent-ils aux partis d’opposition ?


Roberto Hernandez Montoya Oui. Ils agissent comme des partis politiques.

Entretien réalisé par Cathy Ceïbe


Roberto Hernandez Montoya est président de la Fondation centre d’études latino-américaines Romulo Gallegos (CELARG) au Venezuela.

http://www.humanite.fr/2009-07-30_International_-Les-medias-une-arme-de-destruction-massive

enquête :« Les médias, une arme de destruction massive »

http://www.legrandsoir.info/Les-medias-une-arme-de-destruction-massive.html

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