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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 05:57

G20 : moraliser le capitalisme
ou le bazarder ?
 


« Un ordre nouveau apparaît », a déclaré Sarkozy à l’issue du G20 de Pittsburgh. Les dirigeants des 20 pays les plus puissants, réunis pour discuter de la régulation du système financier, se seraient engagés à limiter les bonus un peu trop voyants pratiqués dans les banques et les grandes entreprises. Moraliser le capitalisme ? Brrrrr !

A y regarder de plus près, patrons et banquiers peuvent dormir tranquille. Il n’est pas question de supprimer leurs bonus, ni ceux des traders. Juste de les limiter en les liant aux performances à long terme plutôt qu’aux prises de risque à court terme. Simple recommandation bien sûr, car il n’est nullement question pour les gouvernements d’assurer un contrôle sur les banques et les patrons. Comme ordre nouveau, on pouvait rêver mieux ! 

Si le G20 n’a pas déclaré la fin de la crise, la période serait, selon lui, transitoire « entre la crise et la reprise ». Preuves à l’appui : des indicateurs économiques optimistes. Les bourses sont reparties à la hausse et la croissance serait même légèrement positive au second trimestre 2009. L’embellie, donc ? La réalité pourtant est fort différente : à l’échelle de la planète, l’explosion du chômage continue, les grands trusts annoncent de nouveaux plans…  

Même son de cloche du côté de Fillon qui vient d’annoncer les grandes lignes de son budget 2010. Pour « accompagner » la reprise qu’il sentirait venir, il concocte un budget dans la lignée de celui de 2009 : d’un côté des cadeaux au patronat, de l’autre des attaques contre les travailleurs.  

Pour renflouer les banques et « relancer » l'économie, l'État s'est fortement endetté. Le déficit public devrait atteindre 140 milliards d'euros pour 2009. Evidemment pas question de le faire payer aux patrons puisqu’il est précisément le produit de leur hold-up. Les entreprises continueront de bénéficier de 6 milliards d’euros d’exonérations d’impôts supplémentaires grâce à la suppression de la taxe professionnelle. 

C’est le monde du travail qui devrait continuer à trinquer. Le forfait hospitalier augmentera en 2010 de 18 à 20 €, et de nouveaux déremboursements de médicaments sont programmés. Le non remplacement des départs à la retraite dans la fonction publique se poursuit et Fillon promet de supprimer encore 33 000 postes de fonctionnaires en 2010. La poste est en passe d’être privatisée. Et malgré des indicateurs économiques optimistes du gouvernement, les licenciements continuent de pleuvoir : près de 50 000 nouveaux chômeurs chaque mois. 

Sans parler de la nouvelle taxe carbone, pour asphyxier un peu plus les budgets populaires. 

Autre mesure qui n’apparaît pas encore dans le projet de budget initial, mais qui risque fort de s’ajouter en cours de route à l’avalanche d’attaques : Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP, envisage d’imposer les indemnités des accidentés du travail. Pénalisés par le boulot dur, puis par l’accident, puis par l’impôt ! 

Plus moral le capitalisme, selon Sarkozy, depuis qu’il a donné à ses collègues du G20 de si bonnes leçons ? Cela doit faire rigoler plus d’un ! 

Le patronat n’a jamais eu d’autres perspectives que de réaliser le plus de profits possible. Quitte à plonger le monde dans la crise. Et quand elle est là, c’est aux classes populaires qu’on la fait payer, avec l’appui des gouvernements et des Etats. Les quelques déclarations du G20 sur la régulation du système financier n’y changeront rien.

Décidément, il faut que le monde du travail se révolte !

Source
http://www.convergencesrevolutionnaires.org/

http://cyril-lazaro.over-blog.com/article-36637828.html



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: Le blog d'un militant syndicaliste en lutte pour plus de justice sociale à Disneyland Paris. Réflexions, revendications, humour et amitiés

le blog le plus revendicatif en faveur
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"Si chaque personne qui passe par ce modeste blog, en parle à une personne de sa connaissance, je ne donne pas 100 jours avant que la revendication du
travail du dimanche payé double à Disneyland Paris
ne soit sur toutes les lèvres des salariés"
Cyril LAZARO

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 01:18

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Sarkozy
,
Israël
et les Juifs


                                                 de Paul-éric Blanrue

 


Dossier de presse

O S E R   D I R E


Aujourd’hui, en France, parler d’Israël avec sérénité et franchise est devenu impossible. La

question est taboue. Quiconque se permet de critiquer l’État juif risque d’être qualifié d’antisémite.

Dans la « patrie des Droits de l’Homme et de la liberté d’expression », un délit d’opinion, en

politique et en histoire, est établi. En lieu et place de la discussion libre, une dictature de la pensée

unique a été instaurée…

C’est en 1967, par la voix du président Charles de Gaulle, que la France prit pour la première

fois ses distances avec Israël. Sous le régime précédent, ce pays avait bénéficié de grands privilèges,

puisque c’est grâce à la IVe République que l’État juif avait acquis la bombe atomique. Les présidents

français qui succédèrent au général s’efforcèrent, à son image, de maintenir l’équilibre entre les

parties en présence, palestiniennes comme israéliennes.

Mais tout changea soudain en 2007, avec l’élection à la présidence de la République de Nicolas

Sarkozy. Celui-ci avait longtemps été à la tête d’un parti qualifié de « gaulliste ». Mais, sur la question

d’Israël, il tourna résolument le dos à la position défendue par le général. Prônant désormais la

défense quasi-inconditionnelle d’Israël, Sarkozy met aujourd’hui en oeuvre une politique qui est

l’image inversée de celle du fondateur de la Ve République. Pour lui, toute critique d’Israël serait

un signe d’antisémitisme.

Historien spécialisé dans les mystifications, Paul-Éric Blanrue refuse de verrouiller sa pensée.

L’objectif de son livre est de participer à la prise de conscience du danger que représente la

nouvelle politique étrangère française.

Paul-Éric Blanrue nous ouvre les yeux sur les aspects déjà périmés des choix étranges de Nicolas

Sarkozy.

Il dévoile pourquoi le président français s’est engagé dans une voie qui va contre les intérêts

de son pays et risque d’entraîner bientôt la France dans des conflits majeurs, au Liban, en Iran ou

ailleurs.

Il décrit un par un les réseaux pro-israéliens qui servent cette stratégie, démontre leur puissance,

signale leur aveuglement et fournit les noms des principales personnalités qui en font partie.

Il récuse l’assimilation faite systématiquement entre judaïsme et sionisme.

Il appelle les juifs de France à se défaire d’urgence de leurs porte-voix officiels, qui ne représentent

tout au plus qu’un sixième d’entre eux, et les encourage à se rebeller contre une politique qui, à

terme, se révélera désastreuse pour eux comme pour tous les Français.

L’auteur avance enfin des propositions qui font revivre la hardiesse traditionnelle de la pensée

critique française et qui peuvent à nouveau souder les Français dans un projet généreux, pour en

finir avec le communautarisme imprudemment importé des États-Unis.

Paul-Éric Blanrue aime ouvrir les dossiers brûlants. Historien spécialisé dans les mystifications

passées et présentes, il est l’auteur de nombreux livres et articles qui remettent en cause les

préjugés ambiants. Il collabore à la revue Historia.


Table des matières


Mot de l’éditeur

Principaux sigles employés dans ce livre

Note au lecteur

Introduction : se libérer d’un tabou

Chapitre 1 : Lobby juif ou réseaux pro-israéliens ?

Chapitre 2 : La valeur-refuge de la communauté

Chapitre 3 : L’homme des réseaux américains

Chapitre 4 : Sarkozy l’Israélien

Chapitre 5 : Les francs-tireurs de Tel Aviv

Chapitre 6 : La nouvelle aristocratie

Chapitre 7 : Culture et dépendance

Conclusion : pour une nouvelle nuit du 4 août

Bibliographie de l’auteur


Introduction

« Cet acharnement à traquer derrière chaque mot, chaque geste, derrière chaque critique

de la politique israélienne, un arrière-fond antisémite déconcerte parce qu’il ne rehausse

nullement l’image d’Israël écornée surtout à partir de la seconde Intifada, mais au

contraire la dessert plus encore. Nous entrons là dans la phase dangereuse de

l’intimidation. Une intimidation dont les cibles sont aussi bien la presse, les responsables

politiques que les intellectuels ».

Esther Benbassa (Mouvements des idées et des luttes – Table ronde : « Sionisme et diaspora », n°33-34, 2004).

« Nous voilà descendus bien bas, bien loin dans la mort ... Il se fait de grandes ténèbres », disait

l’historien Michelet au XIXe siècle. Nous y sommes à nouveau. La compréhension réelle du quotidien

nous échappe. Il y eut d’abord le 11 septembre 2001 et ses mystères1, l’Irak et ses « médiamensonges

»2, puis, en septembre 2008, la crise financière mondiale et ses milliards de dollars envolés3, qui

nous entraîne dans une phase de décroissance en nous dévoilant des gouvernements impuissants.

Nous assistons à la « fin d’un monde », selon le mot de Nicolas Sarkozy4. La petite planète Terre est

secouée de tremblements. L’injustice du système financier mondial est en voie d’être démasquée. Le

monde se demande maintenant : comment cela a-t-il été possible ? Pourquoi tous ces malheurs surviennent-

ils ?

Trempés dans une ambiance délétère, nous sommes dépassés. Le monde est devenu impénétrable,

hermétique, tel un spectacle d’ombres chinoises où se profilent des scènes inquiétantes.

Des noms fortement connotés surgissent de l’actualité. En une de nos journaux, en lettres grasses :

les États-Unis, soutien d’Israël, sont en plein délabrement ; la faillite de la banque juive Lehman

Brothers (dont le diplomate américain, Richard Holbrooke, fut durant huit ans le directeur) se fait

« sentir jusqu’à Marseille »5 ; « l’escroc du siècle » Bernard Madoff réalise un montage pyramidal qui

entraîne la perte de 50 milliards de dollars, n’épargnant pas des spéculateurs appartenant à la communauté

juive ; Dominique Strauss-Kahn est suspecté d’abus de pouvoir6 au Fonds monétaire international

(FMI) qu’il préside ; à Gaza, les Israéliens massacrent les Palestiniens7 par milliers, suscitant de gros

émois dans tous les pays du globe.

En France, les « affaires » du socialiste Julien Dray8 et du rallié Bernard Kouchner9, ministre des

Affaires étrangères, accusés tous deux de juteuses tromperies, frappent l’opinion. Dans la foulée, le

26 décembre 2008, l’humoriste métis Dieudonné, ancien adversaire de l’extrême droite, fait applaudir

le professeur Robert Faurisson sur la scène du Zénith de Paris, devant 6 000 personnes, dont le président

du Front national, Jean-Marie Le Pen, et remet à celui qui réfute l’existence des chambres à gaz

un prix de « l’infréquentabilité et de l’insolence ». Les images, diffusées sur youtube, font le tour du

monde et créent le scandale10.

La polémique enfle ; le mécontentement se généralise ; les langues se délient. Tout se mélange dans

un grand flou fort peu artistique. Voici le père Miguel d’Escoto Brockmann, président de l’Assemblée

générale des Nations Unies, accusant Israël de « génocide »11. Voilà le Comité international de la Croix-

Rouge (CICR), qui reproche à cet État de n’avoir pas « soigné et évacué les blessés »12.

Le ton monte d’un cran. Selon deux journaux britanniques, le Daily Mail et le Daily Telegraph,

Rowan Laxton, collaborateur du ministre des Affaires étrangères David Miliband et expert du Proche-

Orient, profère des épithètes antisémites (« Putains d’Israéliens, putains de juifs ! ») en regardant les

images d’un bombardement de la bande de Gaza par l’armée israélienne. Au même moment, un

député irlandais, Aengus O’Snodaigh, du parti d’opposition Sinn Fein, compare un homologue juif

défendant l’offensive israélienne à Gaza au nazi Joseph Goebbels et refuse de s’excuser13.

Chacun s’étonne et réagit à l’actualité à sa manière, de façon parfois disproportionnée. L’affaire de

l’évêque révisionniste Richard Williamson14, qui vient à peine d’être réintégré dans l’Église, fait pâlir le

Vatican et enrager la communauté juive : en outre, elle brouille la perception des événements ; le prix

Nobel de la paix Élie Wiesel demande sans l’obtenir la ré-excommunication de l’évêque traditionaliste15,

aussitôt chassé d’Argentine où il vivait depuis des années. Comment réagir ? Et jusqu’où ira-ton

? En réponse aux propos de Mgr Williamson, dans une émission satirique sur la chaîne israélienne

10, un humoriste se venge en insultant le Vatican et suscite une vague de protestation chez les chrétiens

d’Israël16. La tension entre les communautés s’exacerbe.

Et la suspicion se répand aux quatre coins du monde. Au Venezuela, le 8 février 2009, le président

Hugo Chávez, qui a rompu ses relations diplomatiques avec Israël le 15 janvier pour protester contre

l’offensive israélienne à Gaza, accuse ses ennemis d’avoir organisé eux-mêmes une descente nocturne

sur la synagogue de Caracas, commettant des dégradations diverses17 ; pourtant à la retraite, le

« compañero » Fidel Castro vient à son secours et condamne à son tour « l’autoprovocation orchestrée

contre la synagogue juive, mais finalement démasquée »18.

Tel est l’état de la situation lorsque j’écris ces lignes. Sa couleur est le rouge vif. Le tableau en est

éclaboussé. Il y a de l’orage dans l’air19.

C’est alors que l’on reparle de ci, de là, sur le net, dans la presse arabe, en Amérique latine mais

aussi en France, de l’influence du « lobby juif »20.

Cette question, intéressante à plus d’un titre, est extrêmement délicate, nul ne l’ignore. Elle ouvre

sur un gouffre sans fond. Les morts de Gaza ont accéléré la réapparition de l’expression, comme le

remarque le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Richard Prasquier,

qui observe ces derniers temps « la persistance dans certains milieux d’un très fort sentiment

anti-juif qui se manifeste par un comportement au quotidien très chargé en stéréotypes »21.

Dans Le Parisien, Charles de Saint Sauveur écrit : « Stables ces deux dernières années, les actes

antisémites ont connu une sinistre envolée depuis le début 2009, principalement dans les quartiers

populaires. S’il faut y voir les conséquences sur le territoire français de l’offensive israélienne dans la

bande de Gaza en janvier, beaucoup craignent aujourd’hui que les causes du mal soient plus profondes

et plus durables ». Il cite le sociologue Michel Wieworka pour qui « les juifs ont des raisons objectives

de s’inquiéter », mais qui ajoute aussitôt : « il y a aussi de leur part une dramatisation permanente »22.

La raison semble avoir déserté en rase campagne. L’essayiste belge Jean Bricmont écrit23 à ce sujet :

« Il ne faut pas oublier que la politique israélienne se fait au nom d’un État qui se dit juif, et qu’elle

est fortement soutenue par des organisations qui disent représenter les juifs (à tort ou à raison).

Comment espérer éviter, dans ce climat, que beaucoup de gens ne deviennent anti-juifs ? C’est en

demander un peu trop à la psychologie humaine. Pendant la guerre, la plupart des habitants des pays

occupés étaient anti-allemands (contre les « Boches »), pas seulement antinazis. (…) Il est absurde

d’espérer que les gens se fassent la guerre tout en ne se haïssant pas, en respectant les droits de

l’homme, et en étant de bons antiracistes. Et comme le conflit est importé, depuis longtemps, dans le

discours médiatique et l’action politique, il y a bien ici une guerre idéologique dont les effets prévisibles

sont exactement ceux que l’on déplore ».

C’est hélas exact. Mais dans les accusations diverses qui sont portées, dans ce grand creuset d’où

naît la défiance généralisée, où est le vrai, où est le faux ? Que convient-il de penser ? Judaïsme,

sionisme, tout se mélange dans les esprits comme dans un chaudron de sorcière. Or le qualificatif

« antisémite » tombe comme un couperet dès que l’on tente d’émettre un jugement pondéré et différent

sur Israël.

Qui en profite ? Faut-il rappeler qui a écrit que la différence entre les « juifs libéraux » et les « juifs

sionistes » était « un pur mensonge » et une « supercherie »24 ? Oublie-t-on que des personnalités juives

éminentes comme Rony Brauman, l’ex-président de Médecins sans frontières (MSF), déplorent « l’esprit

communautaire des juifs de France se retrouvant systématiquement autour d’Israël »25 ? Que des

associations comme l’Union juive française pour la paix (l’UJFP, dont le président actuel Richard

Wagman se définit comme « antisioniste ») et même des rabbins27, dénoncent le sionisme avec une

constance peu commune ?

En France, Nicolas Sarkozy ne cache pas son attachement à la communauté juive, ni son amitié

envers Israël, qu’il qualifie de « miracle du XXe siècle »28. Mais, à l’instar des principales associations

communautaires, il associe, lui aussi, cette relation privilégiée en matière de politique étrangère avec

la lutte contre l’antisémitisme en France, interdisant, de fait, toute critique de la politique israélienne,

aussitôt assimilée aux pires outrances proférées contre la communauté juive. Pourtant, Marcel Liebman,

qui avait enseigné l’histoire des doctrines politiques et de la sociologie politique à l’Université

Libre de Bruxelles, avait déclaré dès 1970 : « Non, les antisionistes ne sont pas antisémites. L’amalgame

qu’on nous suggère et que l’on veut de plus en plus nous imposer ne repose sur aucune analyse

sérieuse. Ne serait-il rien d’autre qu’une forme de chantage moral et intellectuel par lequel on voudrait

empêcher tous ceux qui condamnent la haine antijuive, criminelle et imbécile, à ouvrir le dossier

israélo-arabe et à l’examiner avec un minimum d’objectivité ? Il y a, dans l’argumentation utilisée à ce

propos, trop de mauvaise foi pour qu’on puisse rejeter cette hypothèse »29.

Israël est devenu hors de portée du débat démocratique. Le sionisme est posé comme une

évidence, imperméable à toute critique. Il s’est passé quelque chose, en France depuis l’élection de

Nicolas Sarkozy. Les temps ont changé depuis l’époque où le général de Gaulle, lors de sa conférence

de presse du 27 novembre 1967, évoquait le « peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur » et

annonçait que la « Ve République s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que

le régime précédent avait noués avec cet État et s’était appliquée au contraire à favoriser la détente

dans le Moyen Orient ». Accusant l’État juif d’organiser « sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui

ne peut aller sans oppression, répression, expulsions », l’ancien chef de la France libre avait même

ajouté : « Il s’y manifeste une résistance qu’il qualifie à son tour de terrorisme »30. Bien qu’admiratif de

David Ben Gourion, le fondateur d’Israël, de Gaulle avait, dès son arrivée au pouvoir, cessé les

« abusives pratiques de coopération » qui s’étaient établies entre le France et Israël sous la IVe République

; il avait notamment mis fin à la coopération nucléaire31. La guerre des Six Jours fut un tournant

décisif dans les relations entre les deux pays.

Dénonçant le revirement stupéfiant de Nicolas Sarkozy, qui fut chef d’un parti naguère qualifié de

gaulliste, Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand et ancien

président du Conseil constitutionnel, ne put s’empêcher de s’indigner, le 8 janvier 2009, sur les ondes

de Radio-Orient, de la façon dont la France réagissait au conflit se déroulant alors dans la bande de

Gaza :

« Quand je vois l’attitude de M. Moubarak, avec son complice, le président de la République française,

dit-il, qui consiste à laisser le temps de la discussion, par des allers-retours, à l’armée israélienne

de faire son travail comme elle a l’habitude de le faire tous les deux ou trois ans, c’est–à-dire le

nettoyage humain inadmissible s’accomplir, je trouve que c’est amuser la galerie bêtement, et ça

n’ajoute rien à la recherche d’une solution (…). [La diplomatie française] est complice (…). Tout cela

n’était fait que pour laisser le temps à l’armée israélienne d’accomplir son oeuvre, qui n’est pas une

oeuvre grandiose (…). Je trouve ça scandaleux du point de vue de la morale internationale »32.

La France de Nicolas Sarkozy n’est plus celle du général de Gaulle, ni même celle du président

Jacques Chirac, qui, lors d’une bousculade survenue à Jérusalem où il était en visite le 22 octobre

1996, avait menacé la sécurité israélienne de prendre l’avion pour retourner à Paris si elle ne se

« calmait pas »33 (« This is not a method, this is a provocation ! »). Cette attitude ferme ne l’avait pas

empêché, en 1995, de reconnaître la responsabilité du régime de Vichy dans la déportation des juifs

pendant la Seconde Guerre mondiale, les deux entités (Israël/juifs de France) étant séparées dans son

esprit pour éviter les débordements dont nous sommes aujourd’hui les témoins.

Ultime étape d’une réinsertion amorcée dès 1994, lors de l’intervention en Bosnie : le retour de la

France dans le commandement intégré de l’OTAN, qu’elle avait quitté en 1966, toujours sous de Gaulle.

Dès le 8 février 2008, François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem), qualifiait de

« défaite » pour la France et pour l’Europe ce projet de réintégration : « C’est un changement de cap radical,

qui porte atteinte au patrimoine historique et diplomatique de la France », disait-il34. Malgré les protestations,

rien n’y fit, le pli était pris.

On se prend à regretter le temps où notre ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin,

affirmait au Conseil de sécurité de l’ONU (c’était le 14 février 2003), que « l’usage de la force ne se

justifie pas » en Irak puisque « rien ne nous permet d’établir (…) des liens supposés entre Al Quaïda

et le régime de Bagdad ». Rappelons qu’en mai 2003, le Premier ministre israélien Ariel Sharon refusait

de rencontrer le chef de la diplomatie française, au motif que celui-ci désirait rencontrer le chef de

l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, à Ramallah35 …

La France est-elle devenue un pays aligné sur la politique israélienne, comme elle est en passe de

l’être sur la politique américaine ? Manifestant un intérêt soutenu pour toute forme de désinformation

passée et présente36, auteur d’un article théorique sur le « souverainisme de libération »37 dans lequel

je prône le maintien de l’indépendance nationale en tant qu’elle constitue un bastion contre l’entreprise

d’homogénéisation mondiale, je note que la question se pose pour nombre de mes contemporains,

quelles que soient leurs confessions et leurs orientations politiques. Mais manifestement, c’est

un sujet qui n’a pas l’heur de plaire à l’Élysée, puisque Nicolas Sarkozy évite de présenter le problème

en ces termes et choisit, sans jamais expliquer pourquoi, de rendre équivalents l’antisionisme et l’antisémitisme,

une tactique peu coûteuse destinée à foudroyer ses adversaires, qui désormais tremblent

de peur d’être rangés à vie dans une catégorie infamante lorsqu’ils critiquent New York ou Tel Aviv. Le

sentiment de culpabilité tue les meilleures âmes.

Le piège est ainsi fait que risquent d’être soupçonnés d’antisémitisme (ou, selon la formule, d’être

un « juif honteux » si l’intéressé est de confession juive) : l’historien qui rappelle qu’en 1933, des

sionistes ont signé avec les nationaux-socialistes « un accord de coopération déterminant un transfert

de population et de capital »38 ; celui qui souligne qu’en Israël, la Israël Land Authority (ILA) ne cède la

terre qu’aux seuls juifs39 (« Pour cette raison, 93% des terres d’Israël ne sont pas accessibles aux nonjuifs

», écrit Lucas Catherine40, spécialiste du monde arabe) ; le laïc qui critique l’existence d’un État

confessionnel interdisant sur son sol les mariages entre juifs et membres d’autres religions41 ; l’humaniste

qui rappelle que les Palestiniens bénéficient de la citoyenneté mais non de la nationalité israélienne

; l’homme politique, qui, tel le prix Nobel de la paix et ancien président des États-Unis Jimmy

Carter, qualifie Israël de pays d’apartheid42 ; ou encore une organisation telle que l’ONU, qui, en 1975,

déclara que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale »43.

En France, tout débat sur les relations avec Israël est devenu tabou.

L’évolution récente est une remise en cause de quarante ans de diplomatie française mesurée. Les

citoyens devraient pourtant avoir le droit, au terme d’un débat démocratique loyal, au cours duquel

la parole serait libre et les faits exposés avec franchise, de connaître le chemin qu’emprunte leur pays.

Ils pourraient, ainsi, mesurer avec plus d’objectivité qu’à présent, les changements d’alliance en cours

et prendre conscience des bouleversements qu’une telle évolution entraîne pour eux et leurs enfants.

Ont-ils conscience, ces Français, que l’image de la France dans le monde est sérieusement écornée ?

Le voyageur, lui, en tout cas, s’en rend compte ; il est témoin de la difficulté que les étrangers, à

commencer par ceux des pays francophones, ont à reconnaître dans la France actuelle le pays dont ils

appréciaient la politique extérieure équilibrée. « La France qui possédait naguère un formidable réseau

mondial de coopération et d’action culturelle voit son influence diminuer de jour en jour », rapporte

L’Humanité44. Notre image s’est détérioriée ces derniers temps : le gommage de l’héritage gaullien,

jadis fort apprécié du Proche-Orient à Québec en passant par Cuba, en est, selon moi, l’une des causes

principales.

La France est-elle devenue un pays sioniste ? La question peut paraître provocante, mais elle se pose

objectivement en ces termes, comme nous le verrons au long de cet ouvrage. Cette interrogation ne

recèle (faut-il le préciser ?) aucune intention antisémite, sauf à créer un mauvais procès à l’auteur en

exhibant le fait que certains antisionistes seraient également de farouches détracteurs du judaïsme. Je

rappelle, pour user d’une métaphore historique, que lorsque les rois très-chrétiens s’opposaient au

pouvoir du pape, ils n’en continuaient pas moins de recevoir les sacrements de l’Église ; et j’ajouterai

que nul ne songerait à accuser la communauté juive d’anticatholicisme primaire sous prétexte qu’elle

ne partage pas le dogme de l’infaillibilité pontificale. La critique est un droit inaliénable, surtout dans

un pays qui se proclame patrie des droits de l’homme et de la liberté d’expression.

Réagissant aux accusations infondées de Bernard Kouchner, qualifiant le journaliste Pierre Péan

d’antisémite quand celui-ci avait dénoncé ses combines en Afrique, le chroniqueur Philippe Cohen

écrivait45 :

« Qu’ils continuent, ces idiots inutiles, gonflés de leurs ego de résistants de la 25e heure, à prétendre

qu’évoquer la fortune d’une personnalité est antisémite ; qu’ils persistent à défendre les juifs de cette

façon et alors là, oui, ils rendront un fier service à tous ceux qui veulent montrer que les juifs sont des

intouchables ; qu’“ ils ” s’abritent toujours derrière la Shoah pour spolier les Français ou trahir leur

pays : qu’“ ils ” se serrent les coudes et forment un bloc uni et solidaire. Qu’ils dispensent Bernard

Kouchner de vraiment répondre aux critiques émises à son endroit au prétexte qu’elles viennent d’un

goy et concernent un juif, alors oui, ils auront suscité, stimulé, provoqué le risque de remontée d’un

antisémitisme d’un type nouveau, d’un antisémitisme post-Shoah ».

Je considère, moi aussi, qu’il faut ainsi penser. Il y a deux ans, j’ai consacré un livre entier à établir, sur

plus de deux mille ans d’histoire, la recension des propos tenus contre les juifs, le judaïsme et le

sionisme46, dans lequel j’ai rendu compte d’un phénomène protéiforme et multiséculaire : le rejet des

juifs. Les représentants de la communauté juive l’ont bien accueilli47, car j’ai tenté d’y souligner avec soin,

méthode et modération le mystère de la persistance extraordinaire de ce peuple, malgré l’aversion quasi générale

qu’il engendrait dans le monde entier, à de rares exceptions près, depuis le temps des prophètes.

Étant donné le drame qui est en train de se produire sous nos yeux, avec le tabou qui s’est formé

et les inévitables dérapages qu’une telle situation de blocage entraîne, il est plus que jamais temps

d’enfourcher à nouveau Rossinante et d’examiner la situation présente, pour démêler, comme je l’ai

dit, le vrai du faux.

Comme dans mon précédent livre, j’entends contribuer, dans les pages qui suivent, à la réflexion

générale sur un thème dont l’actualité est en train de bouleverser l’ordre du monde, inscrivant cette fois

ma démarche dans les pas des Américains Mearscheimer et Walt48, qui se sont échinés, malgré les écueils

et les brimades, à regarder la réalité en face sans verser dans l’amalgame.

Il est temps que l’on puisse discuter de cette question tranquillement, loin du bruit et de la fureur.

Nous ne tarderons pas à voir si les temps sont venus.

Avant d’entrer dans le détail, commençons par nous défaire d’une terminologie inadaptée qui

trouble les esprits et ne contribue pas à faire avancer le débat.

Le « lobby juif », disais-je plus haut ? Ce livre, je m’empresse de le dire, n’emploiera pas cette

expression pour décrire la situation française. Un chapitre entier ne sera pas de trop pour en expliquer

les raisons. Nous serons plus à l’aise pour dresser ensuite un état de la question.

 



1. V. Thierry Meyssan, L’Effroyable imposture, Editions Carnot, 2002, à qui a répondu, entre autres, Fiammetta Venner, L’Effroyable

Imposteur. Quelques vérités sur Thierry Meyssan, Grasset & Fasquelle, 2004. Notons que le 5 février 2009, Aymeric Chauprade, géopoliticien

français de renommée internationale, était congédié du Collège interarmées de Défense sur demande du ministre de la

Défense, une décision exceptionnelle prise à la suite de la parution, dans son dernier livre Chronique du choc des civilisations

(Chronique Éditions, 2009), d’un passage dans lequel l’auteur s’interrogeait sur ce qu’il présentait comme « la thèse officielle » des

attentats du 11 septembre (v. http ://soutien-chauprade.hautetfort.com/) ; le 23 mars suivant, le tribunal administratif de Paris suspendait

la décision du ministre de la Défense et demandait au ministère d’organiser une procédure disciplinaire contradictoire. Rappelons

que si l’humoriste Bigard s’est vu reprocher ses doutes sur la version officielle, Christine Boutin avait elle-même, dans une émission

de Karl Zéro, laissé entendre qu’elle se posait des questions sur la responsabilité de George W. Bush dans les événements du 11 septembre

2001 (http ://www.youtube.com/watch ?v=T-FETXtHKC8). Elle ne subit aucune sanction et devint même ministre du Logement

et de la Ville sous le gouvernement Fillon.

2. L’expression « médiamensonges » est de l’essayiste belge Michel Collon. http ://www.michelcollon.info/articles.php ?dateaccess=

2003-04-01%2019 :21 :51&log=articles.

3. À l’occasion de la sortie du livre Le joueur – Jérôme Kerviel seul contre tous (Paul-Éric Blanrue et Chris Laffaille, Scali, 2008), j’écrivais

en mai 2008, soit quatre mois avant la crise : « Kerviel est l’annonciateur du dérèglement fatal d’un système devenu fou, qui, selon

de nombreux experts, va imploser tôt ou tard, nous conduisant à une nouvelle crise de 29. Il serait temps d’inverser cette logique

démente ». (http ://www.legrandsoir.info/spip.php ?article6638).

4. http ://eco.rue89.com/2008/09/25/pour-sarkozy-la-crise-financiere-marque-la-fin-dun-monde.

5. http ://www.rue89.com/marseille/2008/09/17/la-faillite-de-lehman-brothers-se-fait-sentir-jusqua-marseille.

6. François-Xavier Bourmaud, « Dominique Strauss-Kahn présente ses excuses », Le Figaro, 20 octobre 2008.

7. Des photos choquantes : http ://portail.islamboutique.fr/gaza2008/. Le nombre de victimes de l’attaque israélienne contre Gaza est,

selon le Palestinian Centre for Human Rights (PCHR), de 1434 morts, dont 960 civils, 239 policiers, et 235 combattants. Parmi eux,

288 enfants et 121 femmes (http ://blog.mondediplo.net/2009-03-14-Bilan-a-Gaza). Côté israélien, on compte dix militaires et trois

civils tués (http ://www.legrandsoir.info/spip.php ?article7892).

8. Le socialiste Julien Dray, ancien conseiller de Ségolène Royal, fait l’objet d’une enquête préliminaire ouverte le 10 décembre 2008

par le parquet de Paris pour abus de confiance à la suite d’un signalement de Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère des

Finances, portant sur des mouvements de fonds suspects à partir de comptes de l’association « Les Parrains de SOS Racisme » et du

syndicat lycéen FIDL depuis janvier 2006. Les enquêteurs soupçonnent Dray d’avoir bénéficié d’une partie de ces sommes, évaluées

au total à 351 027 euros. V. par exemple : Jean-Marie Pontaut, Eric Pelletier, « Dray, ça se complique », L’Express, 23 décembre 2008

9. Dans Le Monde selon K, Fayard, 2009, Pierre Péan met en cause Bernard Kouchner pour des activités de conseil qu’il a eues auprès

des autorités du Gabon et de la République du Congo, dans le cadre de la réforme du secteur de la santé de ces pays, et notamment

pour une intervention dans le recouvrement de factures pour deux sociétés de conseil, Africa Steps et Imeda, alors qu’il était déjà

nommé au Quai d’Orsay.

10. http ://www.rue89.com/2009/01/11/dieudonne-faurisson-le-pen-decryptage-du-trio-infernal.

11. http ://english.aljazeera.net/news/americas/2009/01/200911321467988347.html.

12. http ://www.cicr.org/web/fre/sitefre0.nsf/html/palestine-news-080109.

13. Guysen International News, 19 janvier 2009.

14. Peter Wensierski, « Problem für den Papst », Der Spiegel, 19 janvier 2009, page 32.

15. « Wiesel souhaite que Williamson soit à nouveau excommunié », Nouvelobs.com, 13 février 2009.

16. http ://www.custodia.org/spip.php ?article5062.V.http ://www.dailymotion.com/relevance/search/Christian+Marchi+/video/

x8kb14_la-tv-israelienne-insulte-jesus-et_news.

17. http ://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php ?19155.

18. http ://www.granma.cu/frances/2009/febrero/lun16/8reflexione3-f.html.

19. V. Éric Zemmour, « Le mythe du complot fait toujours recette », Le Figaro Magazine, 14 mars 2009.

20. Par exemple, en France, une vidéo intitulée « Les amis de Sarko », postée sur youtube et dailymotion passe en revue des hommes

et femmes français, issus du monde des médias, du spectacle et de la politique. Tous sont présentés comme juifs : « Ils sont arrivés

pauvres dans un pays riche et ils sont aujourd’hui riches dans un pays pauvre. Ils contrôlent la société, vous ne le voyez pas ». Sur

demande de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), la vidéo a été retirée, mais est réapparue sous un autre titre et circule

encore au moment où j’écris. L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a demandé à son avocat « qu’il lance une procédure contre

youtube ».

21. Richard Prasquier, « Nous ne sommes pas à l’abri d’une dérive », propos recueillis par Philippe Baverel et Dominique de Montvalon,

Le Parisien, 1er mars 2009.

22. Charles de Saint Sauveur, « Les juifs de France affichent leur trouble », Le Parisien, 1er mars 2009.

23. http ://www.michelcollon.info/articles.php ?dateaccess=2009-02-15%2013 :21 :19&log=invites.

24. Adolf Hitler, Mein Kampf, Nouvelles éditions latines, s.d., p. 64.

25. Mustapha Kessous, « Des intellectuels juifs français dénoncent “ l’offensive meurtrière d’Israël ” », Le Monde, 11 octobre 2006.

26. http ://www.ujfp.org/.

27. V. par exemple http ://www.nkusa.org/.

28. Ehud Olmert, alors Premier ministre israélien (mis en cause, depuis lors, dans des affaires de corruption), cité par Libération, 11

juin 2008 : « Il n’y a pas si longtemps, au cours d’une conversation privée, le président français m’a dit qu’il pensait que l’établissement

de l’État d’Israël était le miracle du XXe siècle ».


(..).



Contact


éditions marco pietteur sprlu

39 avenue du Centenaire,

B-4053 Embourg, Belgique

Tél. +32 (0)4 349 03 03

Fax +32 (0)4 341 29 21

infos@mpeditions.com


Lire aussi :


zionism2.jpg

J'accuse le CRIF d'avoir colonisé la France,
de l'avoir dévoyée, par Eva R-sistons

http://r-sistons.over-blog.com/article-36186594.html



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"Sarkozy, Israël et les juifs":
le livre qui fait peur aux diffuseurs !



N'ayons pas peur de mots, la France est devenu une autocratie. Si apparemment Le chef de l'Etat ne possède pas tout les pouvoirs dans les faits, cela est puisque le parlement, entre autre, lui est totalement inféodé. Il en va de même pour la censure qui n'est pas officielle mais bien omniprésente car on assiste de plus en plus à de l'autocensure pour ne pas déplaire au pouvoir. Cette attitude est grave, et beaucoup s'en émeuvent en particulier Eric Blanrue qui a été obligé de faire éditer son dernier ouvrage en Belgique devant le refus plus ou moins fallacieux des éditeurs français, donc un collectif s'est monté  pour  dénoncer avec force cette autocensure aberrante.http://www.facebook.com/group.php?gid=90540966851&ref=mf

 Certes, le livre mérite un débat comme le souligne Alain Gresh dans son article paru sur Bellaciao, mais ne méritait pas un autocensure des promoteurs de la littérature en France, ce cas est grave et une atteinte à la liberté d'expression qui au fil des jours se rétrécie…

NOUS REMERCIONS TOUS CEUX QUI OSENT ENCORE CROIRE A LA LIBERTE D'EXPRESSION EN FRANCE DE DIFFUSER CETTE INFORMATION.

Peut-on aujourd'hui écrire au pays de Voltaire un livre critique sur les rapports entre le Président Sarkozy, Israël et les juifs? (Éd. Oser dire, 2009)

Paul Eric Blanrue, collaborateur à la revue Historia, depuis des années, est un auteur de livres à succès, notamment :

-Le Secret du Suaire, autopsie d'une escroquerie, Pygmalion, Paris, 2006

-Les Malveillantes, Enquêtes sur Jonathan Littell, Scali, Paris 2006

-Le Monde contre soi, Editions Blanche, Paris, 2007Carla et Nicolas, Chronique d'une liaison dangereuse (avec Chriss Laffaille), Scali, Paris, 2007

-Le Joueur, Jérôme Kierviel seul contre tous (avec Chris Laffaille), Scali, Paris, 2008.
Ces ouvrages se sont vendus à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires.

En 2009, il décide après une enquête extrêmement fouillée (plus de 700 références) de publier un ouvrage sur les liens extrêmement troubles entre le Président Sarkozy et l'Etat d'Israel, intitulé : Sarkozy, Israël, et les Juifs. (Éd. Oser dire, 2009) 
Quelle ne fut pas sa surprise lorsque tous les éditeurs auquels il s'adressa lui répondirent : NON (Editions Apic, Agone, La Fabrique...) ou pire, restèrent muettes (Le Temps des cerises, La découverte....)

 La réponse de Franck Spengler, fondateur des éditions Blanche, se veut franche et directe : "pour le publier, c'est hélas non, car outre les risques (mesurés malgré tout) de sortir ce livre, on aura pas une ligne de presse et encore moins de média télé ou radio du fait de ceux dont on ne peux pas dire le nom et de leur affidés. Et ce ne sont pas quelques remous sur internet qui feront vendre le livre en librairie....."

 Voilà ce qui contraint, aujourd'hui, en France, un auteur respecté, dont les ouvrages se vendent bien habituellement, à devoir expatrier son édition en Belgique, auprés de la courageuse maison "Oser Dire" car il s'attaque à un sujet trop sensible.

 Le tout sans qu'aucun diffuseur français ne se risque à distribuer le livre en France.

 Existe-t-il des sujets trop sensibles dans le pays des Lumières? le pays de la Liberté d'expression?
Est-il possible qu'une enquête sérieuse remplie de révélations troublantes soit passée sous silence au motif que le sujet fâche le pouvoir en place?

 La France, si c'est le cas, renierait sa qualité première : la Liberté
"Les remous sur internet" peuvent, de nos jours, faire beaucoup.

 C'est pourquoi le collectif naissant ici demande au maximum de personnes de s'inscrire afin de demander aux journalistes intègres, éditeurs et diffuseurs courageux de se libérer de la chape de plomb qui, peu à peu, obscurcit dangereusement la liberté d'informer dans notre pays.

 http://www.oserdire.com/

 




Aujourd'hui, en France, parler d'Israël avec sérénité et franchise est devenu impossible.

La question est taboue. Quiconque se permet de critiquer l'État juif risque d'être qualifié d'antisémite.

Dans la « patrie des Droits de l'Homme et de la liberté d'expression », un délit d'opinion, en politique et en histoire, est établi.

En lieu et place de la discussion libre, une dictature de la pensée unique a été instaurée.

Prônant la défense quasiinconditionnelle d'Israël, Sarkozy met aujourd'hui en oeuvre une politique qui est l'image inversée de celle du fondateur de la Ve République.

Pour lui, toute critique d'Israël serait un signe d'antisémitisme.

Historien spécialisé dans les mystifications et collaborateur à la revue "Historia", Paul-Éric Blanrue refuse de verrouiller sa pensée.

L'objectif de son livre est de participer à la prise de conscience du danger que représente la nouvelle politique étrangère française.

Paul-Éric Blanrue nous ouvre les yeux sur les aspects déjà périmés des choix étranges de Nicolas Sarkozy.

Il dévoile pourquoi le président français s'est engagé dans une voie qui va contre les intérêts de son pays et risque d'entraîner bientôt la France dans des conflits majeurs, au Liban, en Iran ou ailleurs.

Il décrit un par un les réseaux pro-israéliens qui servent cette stratégie, démontre leur puissance, signale leur aveuglement et fournit les noms des principales personnalités qui en font partie.

Il récuse l'assimilation faite systématiquement entre judaïsme et sionisme.

Il appelle les juifs de France à se défaire d'urgence de leurs porte-voix officiels, qui ne représentent tout au plus qu'un sixième d'entre eux, et les encourage à se rebeller contre une politique qui, à terme, se révélera désastreuse pour eux comme pour tous les Français.

L'auteur avance enfin des propositions qui font revivre la hardiesse traditionnelle de la pensée critique française et qui peuvent à nouveau souder les Français dans un projet généreux, pour en finir avec le communautarisme imprudemment importé des États-Unis.

À COMMANDER À : OSER DIRE (16 EUR)

Contact : pebla@noos.fr


http://bellaciao.org/fr/spip.php?article91673

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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 21:33


M. Ahmadinejad à la tribune de l'ONU


Les racines des problèmes internationaux, l'axe du discours d’Ahmadinejad à l'ONU


Le Président de la RII, Mahmoud Ahmadinejad, se prononcera, cette nuit, à la tribune des Nations unies, à l'occasion de la 64ème session de l'Assemblée générale de l'Organisation internationale. Il devrait évoquer les dernières évolutions, sur les scènes, économique, politique et culturelle. Dans le cadre de cette assemblée, il énumérera les causes des problèmes actuels du monde, en les analysant, du point de vue de leurs origines, et les solutions claires et humaines, pour résoudre ces problèmes.

"En tant que Président de la République Islamique d'Iran, je présenterai les points de vue de la nation iranienne sur les conflits majeurs d'aujourd'hui, dans le monde, et les solutions, pour les résoudre.", a dit M. Ahmadinejad, dans un entretien avec la chaîne française "France2". Ces derniers jours, avant la visite du président iranien à New York, les médias étrangers ont débuté une campagne d'intoxication, notamment, en se focalisant sur les déclarations de M. Ahmadinejad, à la journée mondiale d'al-Qods, et la question nucléaire iranienne. Or, lors de son intervention, le président iranien n'a fait que poser quelques questions simples, à savoir, où l'holocauste a-t-il eu lieu? Qui en a été le responsable? Est-ce que se sont les Européens ou est-ce que se sont les Palestiniens? Et pour qu'elle raison les Palestiniens doivent-ils payer le prix de sa réparation? En ce qui concerne, l'affaire nucléaire iranienne, M. Ahmadinejad a affirmé que l'AIEA avait, clairement, indiqué que les activités nucléaires iraniennes étaient pacifiques et qu'elle n'avait constaté aucune dérive militaire dans le programme nucléaire civil iranien. "L'Agence viennoise, a-t-il dit, l'a, à maintes reprises, confirmé, dans ses nombreux rapports.

" Le président iranien est parti à New York, au moment où la moindre critique sur la politique dualiste que mènent les grandes puissances sur la scène mondiale, sème la panique chez les milieux politiques et médiatiques de l'Occident, et pour étouffer les critiques, ces derniers se livrent, tout de suite, à un matraquage médiatique, pour tenter de cacher la vérité. Le battage médiatique de l'Occident, pour faire croire à la dangerosité du programme nucléaire iranien et aux prétendus efforts de Téhéran pour produire l'arme atomique, est bien la preuve que les grandes puissances ne supportent pas d'être critiquées.

Le Guide suprême de la Révolution vient, tout récemment, d'affirmer, une nouvelle fois, que la RII, inspirée et animée par les enseignements de l'Islam, imposait une interdiction de principe à la fabrication d'armes atomiques et qu'elle insistait même sur ce principe ; ce que les dirigeants américains savent fort bien, mais ils n'hésitent pas à tenir des propos calomnieux, dans le cadre de leur politique iranophobe.

Du point de vue du Guide suprême de la Révolution islamique, la propagation de l'islamophobie et de l'iranophobie constitue deux stratégies suivies par les puissances hégémoniques, sous la houlette des Etats-Unis, pour empêcher l'unité et la cohésion du monde musulman. L'ancienne administration américaine n'a pas lésiné sur les moyens pour asséner des coups au monde musulman et à l'Iran. Et en dépit de ses beaux discours apparemment amicaux, l'actuelle administration américaine poursuit la même politique islamophobe et iranophobe. C'est la raison pour laquelle, Mahmoud Ahmadinejad a déclaré, à New York, que l'Iran attendrait de voir dans le comportement de M. Obama le changement qu'il prétend vouloir apporter.


Le Président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a été le 13ème orateur à s'exprimer à la séance du soir de la 64ème Assemblée générale de l'ONU, à New York. "Les structures économiques d'après la Seconde Guerre mondiale n'ont pas pu assurer les intérêts des nations et leur bonheur.", a déclaré Mahmoud Ahmadinejad, qui, plus loin, dans son intervention, en référence à la pensée libérale, a réitéré que le capitalisme et la pensée libérale n'avaient pas été en mesure d'assurer le salut de l'Humanité. "L'ère de la souveraineté d'un monopole sur le monde est bel et bien révolue. Nous voulons un nouvel Ordre mondial censé être le garant des intérêts de toutes les nations.", a souligné le Président Ahmadinejad, pour qui l'éloignement que l'on constate vis-à-vis des valeurs humaines et des concepts divins, est le problème de l'homme contemporain. "Architecte de civilisation, la grande nation iranienne est prête, sur la base de solutions équitables, à une interaction à l'échelle mondiale, pour éliminer les inquiétudes des sociétés humaines et régler leurs problèmes.", a précisé Ahmadinejad, avant de formuler le souhait de la nation iranienne qui demande un monde bâti sur l'équité et l'entente. Mahmoud Ahmadinejad a, également, fait savoir que le peuple iranien accueillait à bras ouvert les changements humains fondamentaux dans le monde. Le Président Ahmadinejad intervenait, pour la cinquième fois consécutive, à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU.


Bouroujerdi: le président iranien
a éclairci les positions légitimes de la RII
Le président de la commission pour la sécurité nationale et la politique extérieure du Majlis islamique a fait savoir que le président avait fait toute la lumière sur les positions légitimes de l'ordre islamique, selon le correspondant de l'IRIB.
Alaeddine Bouroujerdi a qualifié de réussite, la visite d'Ahmadinejad à New York. Et de préciser:" Le complot des sionistes pour créer des perturbations dans la visite du président iranien aux Etats-Unis étaient tous inefficaces."


Le président iranien a rencontré
les étudiants américains
Le président iranien a répondu aux questions des étudiants américains à New York, selon le journaliste de l'IRIB.
A la question d'un étudiant américain sur les minorités religieuses en Iran, le président iranien a fait savoir que les Chrétiens, les Juifs, les Zoroastriens, les Assyriens, en Iran avaient une coexistence pacifique et leurs députés au Majlis islamique avaient le droit de voter.
" Lorsqu'à l'époque de la défense sacrée, le régime baasiste irakien, soutenu par certains gouvernements occidentaux, a lancé une offensive contre l'Iran, on est témoin de la participation des minorités religieuses iraniennes à défendre leur territoire et plusieurs d'entre eux ont également trouvé le martyre" a ajouté Ahmadinejad.
Interrogé sur l'holocauste et le motif qu'il a ramené à mettre en cause l'affaire de l'holocauste, il a affirmé (Je cite):" Au sujet de l'holocauste, je n'ai posé que des questions bien simples. Tout d'abord, je demande que si l'affaire de l'holocauste est un événement historique, pourquoi les étudiants ne sont pas autorisés à ouvrir des enquêtes à ce propos? Ensuite, où est survenu cet événement et pourquoi doit le peuple palestinien être sacrifié." (Fin de citation)
"Si l'holocauste est une question historique, pourquoi les politiciens s'y sont intéressés et quel est le lien entre cet événement et ce qui survient aujourd'hui dans le monde?" a ajouté le président iranien.
"Aujourd'hui, a-t-il poursuivi, on tue, sous le prétexte de l'holocauste, le peuple palestinien".
En fin, le président iranien a formulé le vœu que le terrain rende propice aux visites scientifiques des étudiants américains en Iran.


Les propos anti-iraniens
de Nicolas Sarkozy à l'ONU




Sample ImageLe président français a réitéré ses allégations précédentes sur le programme nucléaire iranien à fin civile, selon l'agence de presse officielle iranienne, IRNA, depuis New York.
Le président Nicolas Sarkozy, qui a prononcé le mercredi 23 septembre le discours lors de la 64ème Assemblée générale de l'ONU, au lieu d'évoquer les problèmes actuels du monde, a parlé des activités nucléaires iraniennes à vocation pacifique.
Le président français dont le pays compte au nombre des pays qui prolifèrent les armes nucléaires à travers le monde, a également doté Israël de la bombe atomique.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé à maintes reprises qu'en dépit des mesures partiales et ambivalentes qu'a adopte l'Occident envers le programme nucléaire iranien, il n'y avait aucun indice, prouvant les efforts de la RII pour produire la bombe atomique.
Par ailleurs, l'Agence a fait éloge de la coopération transparente de Téhéran avec cette instance dans le domaine de son programme nucléaire à vocation civile.


Ban Ki Moon: Les yeux du peuple
du monde rivés sur nous



Sample Image" Le monde se heurte à de nombreuses crises et les yeux restent maintenant rivés sur nous", a fait savoir le Secrétaire général de l'ONU.
" La réunion de l'Assemblée générale des Nations Unies se déroule alors que simultanément aux crises, telles la pénurie des denrées alimentaires, le monde connaît la récession économique et la pandémie de la grippe A/H1N1. Dans une telle situation, le monde attend maintenant de nous", a déclaré Ban Ki Moon.
"Cette année doit être celle de la solidarité des nations pour dénucléariser le monde", a poursuivi M. Ban.
Concernant la violation des droits de l'homme dans certains pays, le chef de l'ONU a indiqué qu'à cette nouvelle époque, aucune nation, grande ou petite, ne peut pas violer les droits des hommes.




Ahmadinejad: l'Iran et le Brésil contribuent
à l'instauration d'un Ordre équitable

"L'Iran et le Brésil contribuent à l'instauration d'un Ordre mondial équitable.", a déclaré le président iranien, lors d'une rencontre avec son homologue brésilien. Mercredi, lors d'une entrevue avec le Président brésilien, Lula Da Silva, à New York, le Président Ahmadinejad a réitéré: "L'Iran et le Brésil travaillent ensemble, sur tous les plans, pour donner de l'essor aux relations bilatérales, conformément aux intérêts communs." Ahmadinejad a dénoncé l'ingérence de plus en plus grande des forces militaires étrangères dans la région. "Tous les problèmes viennent de l'occupation sioniste.", a-t-il martelé. "Le règlement des problèmes de la région n'a pas d'issue militaire et la devise de "changement" du Président américain, Barack Obama, devra se concrétiser le plus rapidement possible, car le monde d'aujourd'hui a un sérieux besoin de changement, sur tous les plans.", a souligné le Président Ahmadinejad. Le Président brésilien, Lula Da Silva, a, pour sa part, exprimé son soutien au droit de l'Iran à bénéficier de l'énergie fissile civile. Selon lui, le dialogue avec Téhéran est la meilleure solution à l'affaire nucléaire iranienne. "Le développement des relations commerciales et économiques avec l'Iran, ce grand et important pays, est précieux pour le Brésil.", a-t-il ajouté.


Kadhafi qualifie de "terroriste"
le Conseil de sécurité

Le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, a qualifié le Conseil de sécurité de l'ONU de Conseil du terrorisme, et il a demandé sa réforme structurelle. "Ne dites plus le Conseil de sécurité de l'ONU, mais dites plutôt le Conseil du terrorisme.", a martelé le dirigeant libyen, qui a stigmatisé le droit de veto au Conseil de sécurité et a exigé un fauteuil permanent pour un nombre plus élevé de pays au sein de l'instance. Lors de son intervention enthousiaste, Mouammar Kadhafi a jeté un exemplaire de la Charte des Nations unies en direction de l'auditoire qui se trouvait derrière lui. Kadhafi a accusé les dirigeants du monde de n'avoir pas pu, depuis la fondation de l'ONU, en 1945, endiguer les violences. "Depuis la fondation de l'ONU, le monde a vécu, jusqu'à présent, plus de 65 guerres létales, sans que cette organisation puisse y faire quelque chose d'efficient.", a ponctué Kadhafi, qui a, pourtant, salué la demande de Barack Obama aux autres pays de se sentir responsables. A noter que le Président Obama a déclaré, mercredi, à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU que ceux qui, jusqu'à présent, accusaient les Etats-Unis d'unilatéralisme, ne pouvaient plus se tenir à l'écart et attendre que Washington règle à lui seul les problèmes du monde.



Le président iranien
a rencontré son homologue bolivien




Sample ImageLe président iranien a rencontré, hier, mercredi, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, son homologue bolivien. "Malgré la distance géographique considérable qui sépare l'Iran de la Bolivie, l'Iran tient à élargir ses relations avec ce pays.", a déclaré le Président Mahmoud Ahmadinejad, lors de son entretien avec son homologue bolivien. Par ailleurs, il a ajouté qu'il fallait rester en quête de justice, du Vrai et du respect mutuel. De son côté, Morales a remercié Téhéran pour sa vaste coopération avec La Paz, formulant le voeu que la coopération bilatérale Iran/Bolivie s'élargisse, en tenant compte des intérêts communs. Evo Morales a, par ailleurs, proposé la réunion tripartite Iran/Bolivie/Venezuela.


Interview d'Ahmadinejad avec CBS
Le Président iranien a accordé, mardi, une interview à la chaîne de télévision CBS, lors de laquelle, il a déclaré que le monde avait besoin d'un nouvel Ordre et que la situation actuelle du monde n'était guère réjouissante. Concernant le dialogue bilatéral Iran/Amérique, il a fait savoir que les pourparlers bilatéraux seraient toujours les bienvenus et que les questions, telles que l'économie et la sécurité mondiales, ainsi que les relations internationales, étaient des sujets que les deux parties, iranienne et américaine, pouvaient aborder. A la question d'un journaliste sur le récent rapport de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) sur le nucléaire iranien, le Président Ahmadinejad a indiqué que le dernier rapport de l'Agence, publié, en septembre, réfutait toute dérive dans le programme nucléaire iranien. Le président iranien a mis l'accent sur le caractère impératif du désarmement nucléaire du monde, avant d'indiquer: "Alors que les Etats-Unis sont en train de fabriquer la 4ème génération de bombes nucléaires, pourquoi le monde ne devrait-il pas s'en inquiéter, d'autant plus que la loi et la justice sont pour le tout le monde."A la question: "Pourquoi considérez-vous l'affaire de l'holocauste comme une mythe?" Il a répondu qu'il fallait jeter un regard scientifique sur cette question. "On doit adopter une approche logique vis-à-vis de cette affaire et si on la considère comme un événement historique, on doit accepter que des enquêtes soient menées à ce propos.", a-t-il souligné. Dans une allusion à la poursuite du génocide des Palestiniens, il s'est demandé pourquoi on devait tuer les Palestiniens qui n'ont joué aucun rôle dans l'affaire de l'holocauste.

http://french.irib.ir


http://www.alterinfo.net/M-Ahmadinejad-a-la-tribune-de-l-ONU_a37083.html?com#com_980026


http://chiron.over-blog.org/article-36478391.html


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Lire aussi :



Ahmadinejad impute à l'Occident la responsabilité des malheurs au PO


La légitimité d'Ahmadinejad, l'holocauste et la propagande occidentale,
extrait : La propagande anti Ahmadinejad bat actuellement à nouveau son plein dans la presse occidentale.

On avait reproché, sans preuves d’aucune sorte, au président Iranien d’avoir truqué les résultats du dernier scrutin présidentiel au préjudice, au choix, du peuple iranien ou de Moussavi, son rival malheureux.
Si en bruit de fond, nous avons toujours droit à la menace nucléaire iranienne, merveilleusement personnifiée par cet ingénieur-président, n’oublions pas cet autre bruit qui court au sujet de l’antisémitisme présumé ou avéré de M. Ahmadinejad.
Certes, aucun de ceux qui accusent le dirigeant Iranien d’antisémitisme n’est capable d’expliquer pourquoi ce monstre ne commence pas par s’en prendre brutalement à ses propres concitoyens de confession juive. (..)


Eva: Outre la destabilisation du pays provoquée par l'Occident, de l'intérieur, grâce à ambassades (missions détournées), ONG et médias, je discerne un nouveau danger : L'utilisation de dissidents du Régime pour divulguer la politique nucléaire, la saboter etc. C'est infâme !



Eva r-sistons:

 

L'Occident se déconsidère en refusant d'écouter l'intervention du Président iranien, l'intervention d'un opposant. Il n'est pas crédible.

Quelle hypocrisie de dénoncer la phrase (déformée d'ailleurs) "Rayer Israël de la carte", alors que c'est Israël qui  songe à rayer l'Iran de la carte (voir l'un de mes articles, les propos de Lieberman, du grand historien israélien, etc) ! A Israël on passe tout, à l'Iran on impute des propos qui n'ont jamais été prononcés ! Toujours le deux poids deux mesures !

Quelle hypocrisie de diaboliser l'Iran, alors que c'est l'Occident criminel qui dévaste la planète (libéralisme; crises, pandémies, guerres d'agression provoquées...) !

L'Occident est le cancer de l'humanité.

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 08:26
Présenté par Le Grand Soir en collaboration avec ReOpen911
La déconstruction d’une supercherie :
le 11-Septembre, les médias et le mythe de l’information (Project Censored)
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DIVERS
On dit que les poissons rouges n’ont pas de mémoire
Je suppose que leurs vies ressemblent à la mienne
Et le petit château en plastique
est une surprise à chaque fois
Pas facile de dire s’ils sont heureux
Mais ils n’ont pas l’air de s’en faire.

Ani Di Franco - "Little Plastic Castles"

Au cours des huit dernières années, on a assisté à une explosion de mythes médiatiques dans la culture américaine. Les grands médias commerciaux, les pontes qu’ils soutiennent, et les politiciens des deux grands partis chantent tous le même refrain : « Depuis le 11 septembre 2001, tout a changé. » Des chaines câblées aux stations de radio en passant par les blogs et jusqu’aux réunions publiques, les Américains entendent sans cesse dire que « nous vivons dans un monde post-11-Septembre ».

Bien qu’il y ait une part de vérité dans cette platitude énoncée sur un moment historique capital, les citoyens qui réfléchissent pourraient aussi se demander si de tels messages véhiculés par les mass media ne sont pas des autosuggestions qui finissent par s’imposer. Ceci constitue un point de départ intéressant pour débattre de ce qui a ou n’a pas changé depuis le 11-Septembre.

Cet essai aborde le phénomène actuel de la fabrication des mythes par les médias et la manière dont, comme de nombreux Américains l’avaient senti au lendemain du 11-Septembre, certaines choses n’ont pas changé. (1) Les médias institutionnels grand public ont ressuscité de puissants mythes du passé pour modeler la perception que se fait l’opinion publique du présent. À travers le prisme du 11-Septembre, on peut constater comment les grands médias consacrent en réalité plus de temps à fabriquer des mythes qu’à informer. Les auteurs examineront les principaux mythes que les grands médias et même une bonne partie des médias alternatifs ont développés depuis le 11-Septembre. Nous nous proposons d’examiner comment la fabrication de mythes autour du 11-Septembre, par l’exploitation émotionnelle de ces événements, a empêché un examen dépassionné des causes ou des responsabilités.

Ne raconter que la version officielle : un acte de censure

911_6-cfa0d.jpg Ni les grands médias ni les médias indépendants n’ont abordé les événements du 11-Septembre avec un esprit ouvert. À quelques très rares exceptions, les grands médias et les médias alternatifs indépendants ont balayé certaines questions essentielles sur le 11-Septembre en les qualifiant de « conspirationnistes » ou « antipatriotiques » [ou en France, « antiaméricaines », NdT]. Même la presse de gauche, dont The Nation, In These Times, Mother Jones et The Progressive, entre autres, a constamment fait preuve de résistance, voire d’hostilité, envers une enquête complète et indépendante sur les attentats. Peut-être certains progressistes empêcheurs de tourner en rond ont-ils oublié les paroles d’une de leurs propres icônes, Emma Goldman, féministe et anarchiste américaine, qui avait noté avec pertinence que : « Le péché le plus impardonnable dans toute société est la liberté de pensée ». À l’instar de leurs pairs des grands médias, les journalistes de la presse indépendante ont souvent mis l’accent sur des personnalités excentriques ou des déclarations extrêmes au lieu de se concentrer sur les éléments troublants soulevés par les sceptiques. De telles pratiques institutionnalisent les actes d’autocensure qui s’appuient sur la mythologie historique américaine, phénomène que nous analyserons plus loin dans cet article. (2)

La mythologie traditionnelle américaine fut invoquée pour exalter la version officielle du 11-Septembre, qui est devenue la seule et unique version. Tony Judt, historien à l’Université de New York, a récemment regretté que le discours moderne tournait pratiquement uniquement autour « de versions officielles telles qu’elles sont officiellement formulées et perçues ». (3) Rien n’est plus vrai dans le cas du 11-Septembre. Les grands médias et même la presse progressiste ont constamment adopté la version officielle soutenue par le gouvernement et formalisée dans le Rapport de la Commission sur le 11-Septembre. Selon cette version officielle, 19 islamistes radicaux ont conspiré et percé les défenses du pays le mieux protégé du monde. Parce que les services de renseignement ont ignoré les nombreuses mises en garde, ces terroristes ont réussi à prendre le système de défense des États-Unis par surprise, détourner 4 avions, et en faire écraser 3 sur des cibles qui symbolisent la puissance économique et militaire des États-Unis. (4)

Mais est-ce la véritable histoire, et est-ce là toute l’histoire ? Existe-t-il d’autres versions qui cadrent mieux avec les faits ? Y a-t-il des détails importants qui sont ignorés ? Autant de questions que les grands médias n’ont pas posées et n’ont pas encouragé le public à se poser non plus. La résistance des grands médias, commerciaux et indépendants, a efficacement empêché de véritables reportages, de vrais débats et une analyse en profondeur sur le 11-Septembre. Cette étrange absence a fait du 11-Septembre un sujet qui revient souvent dans les publications de Project Censored. (5)

En fait, certains hauts responsables s’en sont même pris à ceux qui mettaient en doute la version officielle du 11-Septembre, comme s’ils étaient des hérétiques, et ils persistent à employer des arguments aux accents religieux pour défendre la mythologie américaine et la version officielle du 11-Septembre. Tucker Carlson, de la chaîne MSNBC, a illustré cette tendance lors d’une interview du Dr David Ray Griffin, philosophe des religions et spécialiste du 11/9. Lors de l’émission, Carlson a critiqué le professeur pour avoir mis en doute la version officielle du 11/9. Dès que Griffin a affirmé qu’il rejetait la version du gouvernement sur le 11/9, Carlson l’a interrompu et a lancé : « ... C’est mal, c’est blasphématoire, c’est un pêché que de suggérer, de laisser entendre ou d’encourager des gens à croire que le gouvernement américain aurait tué 3 000 de ses concitoyens, parce que c’est faux. » (6) Dans cet exemple, comme souvent, l’interviewer a tué dans l’œuf l’idée même d’un débat autour des idées alternatives sur le 11/9, cadrant ainsi la suite de l’interview et renforçant les mythes de la version officielle.

Nous sommes ici en présence d’une question cruciale : la fabrication de mythes par les médias décourage le pluralisme des points de vue sur la réalité, et induit par conséquent une forme de censure.

Une culture profondément enracinée dans ses mythes

« Les mythes auxquels on croit ont tendance à devenir des vérités »
George Orwell

Avant même de devenir un pays, l’Amérique s’est toujours appuyée sur la mythologie culturelle pour se donner du sens et un but. Ceci est évident dans la croyance exprimée par plusieurs des premiers dirigeants de l’époque coloniale selon lesquels l’Amérique et le Nouveau Monde étaient « des terres vierges », des terres libres de toutes les souillures de l’Histoire qu’ils avaient abandonnée derrière eux en Europe. Le dirigeant puritain John Winthrop avait déclaré que l’Amérique « sera comme une cité sur la colline », vue et vénérée comme la nouvelle Terre Promise. (7)

Au fur et à mesure que leurs besoins changeaient, les Américains se sont racontés de nouvelles histoires. Pour créer une nouvelle république, les Américains devaient créer de nouvelles croyances impulsées par un sentiment de destin national. Au XIXe siècle, cet amas d’idéaux finit par s’imposer dans les esprits de la plupart des Américains sous couvert du « destin manifeste ». Ce terme, lancé par John O’Sullivan, un journaliste et mythologue du XIXe siècle, se basait sur l’idée que l’Amérique était à la fois exceptionnelle et triomphante dans toutes ses entreprises ; que l’Amérique, par une inspiration divine, était destinée à devenir le phare du monde de la démocratie, et que la nouvelle république n’emploierait les armes que pour défendre ses intérêts nationaux. (8)

Puisque les intellectuels, les politiciens, les journalistes, les responsables et autres personnalités médiatiques ont depuis longtemps assimilé ces mythes, ils sont partie prenante de la grande narration de l’histoire américaine. Cependant, il existe d’autres versions plus proches de la réalité historique qui contredisent souvent la ligne officielle.

Au lendemain du 11-Septembre : une frénésie de mythes médiatiques

Dans toute période de traumatisme psychologique, les sociétés tendent à se raccrocher à leurs mythes. Après le 11/9, de nombreux Américains désorientés se sont retournés vers leur mythologie traditionnelle pour retrouver du sens et un but collectif ; personne ne voulait être perçu comme antipatriotique. Toujours attentifs à l’état d’esprit de l’opinion publique et aux tendances, les politiciens ont eu recours aux termes familiers des mythes traditionnels pour expliquer les événements qui ont suivi. En retour, les médias, en accord avec de puissants pouvoirs politiques, ont ressuscité les mythes du destin national et de la loyauté, de l’exceptionnalisme moral, du triomphe sur l’adversité, pour expliquer les événements récents.

En tête du mouvement dans les médias, Dan Rather, le présentateur star de CBS déclara : « Je vais faire mon travail de journaliste, mais en même temps je vais leur accorder [à l’administration Bush] le bénéfice du doute, à chaque fois que ce sera possible dans une telle situation de crise, d’urgence. Pas parce que je crains une réaction du public, mais parce que je veux être un Américain patriote et fier de l’être. » (9) Plus tard, Rather regretta ses propos, mais à l’époque ils renforcèrent le pouvoir du nationalisme aveugle en temps de crise. Dans les grands médiaux commerciaux, la plupart ont abandonné leur rôle de critiques et se sont transformés en simples larbins du pouvoir.

Le Président George W. Bush a poursuivi dans la voie de la mythologie nationaliste après les attentats du 11/9 en affirmant que le monde avait changé et était désormais divisé en deux, entre le Bien et le Mal. Les peuples et les nations à travers le monde devaient choisir leur camp. Dans cette conception manichéenne, les « ennemis » ne se trouvaient plus uniquement à l’étranger, ou « là-bas » comme au cours des deux dernières guerres mondiales, mais désormais « ici » aussi, et peut-être même des Américains en faisaient-ils partie.

Peu après le 11/9, Bill Maher, animateur de l’émission « Politically Incorrect » sur la chaîne ABC, réagit à une déclaration du Président Bush selon laquelle les terroristes du 11/9 étaient des lâches. Maher répliqua sèchement : « C’est nous qui avons été des lâches. En balançant des missiles de croisière à des milliers de kilomètres. Ca, c’est de la lâcheté. Rester dans l’avion lorsqu’il frappe l’immeuble. Vous pouvez en penser ce que vous voulez, mais c’est tout sauf de la lâcheté. » (10) Peu après, Maher a été viré de son émission sur ABC. En réponse à Maher, le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer, avertit que dans un monde post-11/9, les Américains devaient « faire attention à ce qu’ils racontaient ». (11)

Un tel néo-McCarthysme montrait le risque encouru par ceux qui prenaient leurs distances avec le discours nationaliste. (12) D’une manière ironique, ce sont les journalistes qui auraient dû mener les débats après le 11/9, tout en veillant au respect du pluralisme. Mais, à l’instar de Dan Rather, beaucoup sont devenus de simples sténographes du pouvoir en place, marginalisant et même diabolisant toute analyse « hérétique » importante.

Ressusciter les mythes traditionnels américains

Quelques jours après le 11/9, Bush a ressuscité le mythe de la conquête de l’Ouest pour imposer la guerre contre le terrorisme. Il a fait appel à de faux dilemmes tels que « Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous », et « Il s’agit d’une bataille entre le Bien et le Mal » ainsi qu’à des notions de justice dispensées par des chasseurs de primes avec des phrases telles que « Recherché mort ou vif » pour expliquer sa politique de sécurité nationale. Rares sont ceux dans les médias qui ont dénoncé l’attitude simpliste, emplie de pathos et même de machisme du président.

Les références de Bush au Far West ont permis au gouvernement de remplacer les méchants Indiens de l’Amérique, les hors-la-loi et autres stéréotypes d’ennemis dont ben Laden lui-même, par al-Qaïda. Mais, non seulement ben Laden n’avait aucun lien avec l’Irak, selon le FBI, il n’était même pas accusé des crimes du 11/9 par manque de preuves. Néanmoins, une récompense de 25 millions de dollars a été offerte pour sa capture en relation avec les attentats du 11/9, récompense offerte par le « Programme de récompenses pour la Justice », un organisme sans prérogative d’enquête et administré par le Département d’État. Ce qui contredit la position du FBI. (13)

De plus, ce mythe de la justice du Far West a préparé le terrain aux justifications des guerres préventives, de la torture, et à considérer la Convention de Genève comme « désuète ». (14) Une fois encore, les grands médias n’ont pas remis en cause cette politique, mais au contraire l’ont présentée comme indispensable dans un monde post 11/9. (15) L’Amérique s’est ensuite lancée tête baissée dans une guerre abstraite contre le terrorisme tout en observant du coin de l’œil un Western mélodramatique.

Censure, désinformation et déni grâce à l’amnésie historique collective

Un autre facteur qui a empêché toute discussion sur le 11/9 est le refus qu’un gouvernement supposément élu de manière démocratique aurait pu jouer un rôle dans les attentats. Ce déni refuse toute analyse des attaques au-delà de la théorie du complot officielle qui explique le succès de 19 djihadistes d’al-Qaïda par l’ignorance ou l’incompétence du gouvernement. La théorie du « retour de bâton », qui explique ces événements par les ressentiments provoqués par des décennies d’une politique étrangère américaine inepte, demeure un point très sensible – comme l’a démontré le récent scandale médiatique au sujet de la remarque « l’Amérique a du sang sur les mains » attribuée à James Wright, l’ancien pasteur du candidat démocrate à la Maison Blanche Barack Obama, lors d’une interview avec Bill Mayers sur (la chaîne de télévision publique) PBS. (16)

D’autres interprétations du 11/9 ont rarement pu être exprimées librement dans la presse américaine. Toutes ces hypothèses alternatives suggèrent d’éventuelles complicités au sein même du gouvernement américain : pour pouvoir déclencher une guerre, il fallait laisser les attaques se produire (thèse du laisser-faire), ou même les provoquer (thèse du déclenchement délibéré). Une meilleure connaissance de l’histoire américaine (8) aurait pu aider les journalistes et l’opinion publique à envisager ces éventualités dans un contexte plus large. En examinant l’histoire, on peut voir les attentats du 11/9 comme une provocation de plus parmi tant d’autres. (17)

Des précédents historiques pour des interprétations alternatives non officielles

« Celui qui contrôle le passé contrôle le futur.
Celui qui contrôle le présent contrôle le passé
. »
George Orwell

Les précédents historiques peuvent servir à mettre les mythes nationaux en perspective. On apprend beaucoup à les examiner attentivement. Les médias institutionnels grand public ont largement évacué tout contexte historique qui pourrait induire un examen critique général des événements tragiques du 11/9 et de la guerre contre le terrorisme. Les faits qui entourent certains événements historiques ont été littéralement effacés de l’histoire. Un retour sur ce « trou noir de la mémoire historique » peut servir d’antidote à un autre type de censure, la censure par omission.

Certains pourraient trouver incroyables les événements suivants de la politique internationale des États-Unis, particulièrement lorsque ces derniers ne sont pas contestables. En prenant en compte cette série de provocations, de faux prétextes, de manipulations et d’opérations sous faux-pavillon, les versions alternatives du 11/9 cadrent avec les mensonges habituels des gouvernements, tandis que la version officielle devient une anomalie. Bien que cela ne constitue pas une preuve en ce qui concerne le 11/9, les médias auraient au moins une indication sur la direction que pourrait prendre une véritable enquête de leur part. (18) Voilà quelques exemples :

1846 : la guerre mexicano-américaine. Après l’annexion du Texas et l’établissement plus au sud de la frontière avec le Mexique, le Président James Polk a lorgné sur les vastes terres du Mexique, dont la Californie qu’il voulait annexer depuis longtemps. Pour envahir le Mexique, Polk avait besoin d’un prétexte, un incident qui permettrait aux États-Unis d’envahir un pays bien plus faible et confisquer une bonne partie de son territoire. Pour cela, il a envoyé une armée, dirigée par le général Zachary Taylor, construire un fort au sud du Rio Grande. Cette provocation attira la riposte prévue : les Mexicains ont tenté de repousser l’incursion américaine, en tuant et en capturant des soldats. Bien que le Président Polk ait été l’auteur de la provocation, il envoya néanmoins un message indigné au Congrès pour réclamer une déclaration de guerre. La guerre trouva des soutiens au sein du Congrès auprès des Sudistes, farouchement déterminés à étendre l’esclavagisme. La guerre elle-même fut de courte durée, mais les gains furent immenses. En guise d’indemnisation pour avoir interrompu son expansion vers le sud, les États-Unis obligèrent le Mexique à céder un vaste territoire qui recouvre aujourd’hui le Nouveau Mexique, l’Arizona, l’Utah, le Nevada, la Californie, et une partie du Colorado. La série de provocations avait commencé. (19)

1898 : La guerre hispano-américaine fut déclenchée après une explosion accidentelle sur le navire américain USS Maine dans le port de la Havane. Les Espagnols tentèrent d’éviter la guerre mais les grands journaux US, ceux de l’empire de presse Hearst en tête, affirmaient, malgré l’absence de preuves, que l’Espagne avait attaqué un navire de guerre américain. En réclamant vengeance, la presse « jaune » a popularisé un cri de guerre devenu célèbre « Remember the Maine and to Hell with Spain ! » (Souvenez-vous du Maine et au diable l’Espagne !). Pendant la guerre qui suivit, les États-Unis s’emparèrent non seulement de Cuba, mais aussi d’autres colonies espagnoles comme Porto Rico et les Philippines. (20)

1915 : Aux abords de la première guerre mondiale, d’autres « événements déclencheurs » se sont produits. Parmi les plus connus, on trouve le naufrage du bateau de croisière britannique Lusitania qui a aussi servi de prétexte, cette fois-ci pour entrer dans la première guerre mondiale. Le gouvernement US savait que le bateau transportait secrètement des munitions, mais n’a pas fait grand-chose pour en avertir le public. Parmi les munitions se trouvaient des obus et des cartouches destinés aux troupes anglaises qui combattaient les Allemands. Lorsqu’un sous-marin allemand coula le paquebot, 1 195 passagers et membres d’équipage périrent. Tandis que le public exprimait sa rage devant l’atrocité commise par les Allemands et que la propagande de guerre s’intensifiait, le Président Woodrow Wilson engageait les États-Unis dans la première guerre mondiale. (21)

1941 : La soi-disant attaque perfide de Pearl Harbor est un des plus grands mythes de l’histoire des États-Unis, un événement cataclysmique qui a servi à manipuler l’opinion publique jusqu’à nos jours. Alors que Pearl Harbor a longtemps été présentée comme une attaque surprise, les éléments rassemblés par l’historien Robert Stinnett montrent qu’en réalité l’événement avait été provoqué par le gouvernement des États-Unis qui a laissé faire pour pouvoir manipuler l’opinion publique. Le mythe du « Jour d’infamie » de l’Amérique, longtemps enraciné dans l’inconscient collectif américain, consolide fortement l’idée que l’Amérique n’attaque que pour se défendre.

Pearl Harbor est un autre exemple d’une longue lignée de supercheries à travers toute l’histoire des États-Unis destinées à manipuler l’opinion publique en faveur d’une guerre. (22) En faisant appel à la puissance du symbole de Pearl Harbor, le lobby néoconservateur Project for a New American Century (Projet pour un nouveau siècle américain) recourt à cette analogie historique dans son document Rebuilding America’s Defenses (Reconstruire les Défenses de l’Amérique), publié en 2000. Dans ce document, ils émettent des hypothèses sur ce qui pourrait s’avérer nécessaire pour justifier un changement radical de la politique étrangère des États-Unis. Les auteurs expliquent qu’une transformation de la politique US promouvant le recours à la force serait difficile, car « ... le processus de transformation, même s’il devait aboutir à des changements révolutionnaires, serait probablement long sans un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ». (23) L’administration Bush tout autant que les grands médias ont utilisé les événements du 11/9 pour ressusciter le mythe selon lequel l’Amérique n’attaque jamais en premier et ne combat que pour la liberté. (24)

1964 : L’« incident » du golfe de Tonkin déclencha une escalade massive de la guerre au Vietnam. Pour préparer une opinion publique réticente à entrer en guerre, les dirigeants américains organisèrent des raids le long des côtes nord-vietnamiennes mais furent frustrés lorsque les Nord-vietnamiens ne ripostèrent pas. Le Président Lyndon B. Johnson, le secrétaire à la Défense Robert McNamara, et d’autres hauts dirigeants en arrivèrent à la conclusion qu’il fallait un événement marquant, un prétexte pour remuer l’opinion publique. En l’absence d’attaque, il fallait donc en inventer une. (25)

La « riposte » a pris la forme de soi-disant attaques nord-vietnamiennes contre deux croiseurs US. Au mois d’août 1964, le premier navire a été prétendument attaqué par des torpilleurs vietnamiens. (26) Deux jours plus tard, les médias ont annoncé que les Nord-vietnamiens avaient attaqué un second navire américain. Bien que le Pentagone ait affirmé que les assaillants avaient été repoussés, les officiers à bord du croiseur ont révélé plus tard que « nos destroyers ne faisaient que tirer sur des cibles fantômes... il n’y avait pas de torpilleurs devant nous. » (27) Néanmoins, quelques jours plus tard, le Congrès votait la résolution du golfe de Tonkin, sur la base d’événements qui n’avaient pas eu lieu, pour entraîner les États-Unis dans une « opération de police » désastreuse qui allait durer 10 ans, coûter la vie à plus de deux millions de personnes, et couvrir les États-Unis de déshonneur. (28)

Remarques :

Les médias qui abordent les sujets importants du présent devraient rappeler ces exemples du passé. Au lieu de cela, les événements importants qui contredisent les mythologies officielles américaines sont souvent ignorés. Cette tendance a été formalisée au début du XXe siècle.

L’avènement de la première guerre mondiale a propulsé la nouvelle science de la propagande à l’avant-scène des opérations gouvernementales. Le Président Woodrow Wilson créa le premier système officiel de propagande en nommant le génie des relations publiques, George Creel, à la tête du Committee on Public Information (Commission à l’information publique). Le rôle de la CPI était de distiller des informations auprès de la population afin d’obtenir la réaction voulue. Le programme fut un grand succès. Avec l’aide d’Edward Bernays, neveu de Sigmund Freud et un promoteur de la propagande des premiers jours, le gouvernement développa des nouvelles méthodes pour convaincre l’opinion publique américaine pacifiste d’entrer dans « la der des der » et dans « La guerre qui fera du monde un havre pour la démocratie ». Dans son livre Propaganda de 1928, devenu un classique, Bernays faisait remarquer que : « La manipulation consciente et intelligente des habitudes organisées des masses est un élément important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme invisible de la société constituent un gouvernement invisible qui est le véritable pouvoir dirigeant du pays. » (29)

Tout en analysant le rôle des médias dans la popularisation des mythes auprès du public, continuons à déconstruire les dénis et les supercheries de la version officielle du 11/9.

Fabrication instantanée de mythes sur le 11-Septembre

1. Construction immédiate d’une version officielle

« Très souvent, l’ennemi de la vérité n’est pas le mensonge, délibéré, manigancé et malhonnête, mais le mythe – persistant, convaincant et irréel. »
John F. Kennedy

911_4-3b073.jpg Le 11 septembre 2001, les officiels du gouvernement et les grands médias ont commencé à construire la version officielle avec une rapidité sans précédent. Avant même la fin des attentats, la division de l’antiterrorisme du FBI disait au conseiller à la Sécurité nationale Richard Clarke que c’était des agents d’al-Qaïda qui avaient attaqué le World Trade Center. Cette version a été adaptée et amplifiée dans les jours, les semaines et les mois qui ont suivi. (30) D’un côté, les hauts responsables affirmaient que les attaques les avaient pris totalement par surprise. Et pourtant, de l’autre, le 11 septembre à 11 heures de matin, le FBI avait déjà commencé à publier les noms, nationalités et photos des 19 pirates présumés. Avant même que se soient dissipées la fumée et la poussière, les mythologues des médias étaient fins prêts pour tout expliquer en faisant largement appel à la mythologie traditionnelle et à l’histoire populaire.

Mais si les autorités étaient si peu au courant au point d’avoir été pris par surprise, comment ont-elles réussi à découvrir si rapidement la liste exacte des coupables ? Les services de sécurité avaient-ils gardé ces agents d’al-Qaïda sous surveillance ? Pour en rajouter dans les contradictions, la véracité de la liste s’est révélée suspecte. Dans les semaines qui ont suivi les attaques, plusieurs médias, dont la BBC, ont révélé que certains des individus mentionnés dans la liste étaient encore en vie. (31) Ces révélations auraient dû jeter un discrédit sur la version officielle, ce qui explique en partie la discrétion des médias sur ce sujet.

2. Les grands médias mènent la danse dans la fabrication de mythes sur le 11/9

« L’histoire est le présent. C’est pourquoi chaque génération la réécrit. Mais ce que la plupart des gens croient être l’histoire n’est que son produit fini, le mythe. »
E.L. Doctorow

Si la rapidité avec laquelle les coupables ont été identifiés est étonnante, la vitesse avec laquelle les médias ont suivi l’est plus encore. À peine quelques heures après l’effondrement des tours, le sénateur Orin Hatch (Républicain de l’Utah) de la Commission du Sénat sur le Renseignement avait déjà désigné ben Laden comme le responsable des attentats du 11/9, même s’il n’y avait guère d’éléments pour le prouver, ni à l’époque, ni même plus tard. (32) À travers la fabrication de mythes par les médias, ben Laden est devenu le suspect principal « prêt à l’emploi » des attaques du 11/9. Le FBI l’a ensuite retiré de la liste des personnes les plus recherchées, parlant de manque de preuves. (33)

Mais si ces attentats avaient été des attaques surprises, comment le gouvernement et certains médias pouvaient-ils, le jour même, connaître les noms des coupables ? CNN, par exemple, à 16 h 00 le 11 septembre 2001, a accusé ben Laden « sur la base d’éléments nouveaux et précis découverts depuis les attentats ». (34) Les grands médias et le gouvernement ont fait preuve ce jour-là d’une vision étonnante, capable de transpercer les fumées épaisses qui s’élevaient, en créant un méchant plus vrai que nature, en brossant par avance les traits d’une nouvelle politique, générant peut-être ainsi une prophétie auto réalisatrice sur la guerre contre le terrorisme. La nuit suivant les attentats, le Président Bush écrivait dans son journal : « Le Pearl Harbor du XXIe siècle a eu lieu aujourd’hui... Nous pensons que c’est Oussama ben Laden. » (35)

De même, le mythe colporté sur les Tours Jumelles est né dans les moments qui ont immédiatement suivi. Juste après la destruction des tours, FOX News a donné la parole à « un passant », un témoin dont les propos devaient plus tard devenir la version officielle. Fox News a interviewé le « passant » qui, de manière étonnante, a expliqué : « ... J’ai vu les deux tours tomber, la première puis la seconde, à cause d’une défaillance structurelle provoquée essentiellement par l’intensité des incendies. » (36) Cela aussi parait étrange. Dans un état de choc, utilisant un jargon d’ingénieur, cet homme spéculait sur les causes de la catastrophe. Ce faisant, il annonçait la version officielle. D’autres versions avaient été formulées le même jour, mais elles ont été noyées par celle-ci, née dans le chaos de la rue, et qui devait devenir la version officielle du Rapport de la Commission sur le 11/9.

Versions alternatives : la suppression des témoignages des secouristes

911_2-ec880.jpg Au lieu d’interviewer simplement un passant, les médias auraient pu interviewer d’abord les secouristes sur ce qui aurait pu provoquer l’effondrement des tours. Mais lorsque les médias ont interviewé les secouristes, ils se sont contentés de raconter leur héroïsme et de relayer l’horreur vécue. Pratiquement sans exception, les médias n’ont relayé aucun des nombreux témoignages des secouristes qui parlaient d’explosions avant et pendant l’effondrement des tours.

En anticipant l’importance de leurs témoignages, certains secouristes se sont enregistrés. Sur ces enregistrements, des dizaines de pompiers parlent d’explosions, particulièrement d’une série de sons « boum, boum, boum » au moment où les tours ont commencé à s’écrouler. En 2002, des rapports similaires de pompiers ont été publiés. Le pompier Thomas Turilli se rappelle que le son était « comme des bombes qui explosaient, boum, boum, boum, peut-être 7 ou 8, puis un souffle immense a surgi et le chef nous a tous jetés à terre et s’est couché sur nous. » (37) Ceci n’est qu’un des dizaines de témoignages similaires de secouristes qui tous parlent d’explosions.

Juste après les attaques, la ville de New York a fait saisir les propos enregistrés des pompiers et le service des pompiers a interdit à quiconque d’en parler parce que, selon lui, leur contenu pouvait devenir des pièces à conviction lors d’un procès. Cette suppression d’éléments de preuves perdura sous les maires Rudy Giuliani et Michael Bloomberg. Il a fallu attendre 3 ans, après des pressions des familles des victimes et un procès intenté par le New York Times pour voir la ville communiquer enfin les bandes de ces témoignages. (38)

À voir la manière dont les tours se sont désintégrées et sont tombées, certains observateurs ont émis l’idée que les tours ne s’étaient pas simplement « effondrées ». En fait, un présentateur de CBS News, Dan Rather, a annoncé le 11/9 que les effondrements « rappelaient la manière... lorsqu’un immeuble est délibérément détruit par des explosifs placés au bon endroit pour le faire tomber ». L’émission ABC News avec Peter Jennings a souligné aussi cette similitude. Pourtant, depuis le 11/9, personne dans les grands médias n’a jamais fait une telle comparaison de nouveau. (39)

3. Les rapports prématurés sur l’immeuble 7 du World Trade Center

911_3-79a24.jpg D’étranges pratiques journalistiques ont accompagné l’effondrement de la 3e tour, l’immeuble 7 du World Trade Center (WTC-7). Il s’agit du scoop de CNN annonçant « l’effondrement » du WTC-7 une demi-heure avant l’événement et d’un reportage de la BBC qui l’a annoncé 26 minutes avant. Ces deux reportages auraient dû provoquer quelques remous dans les médias, mais ils ont été immédiatement oubliés. (40)

Puisque aucun avion n’avait frappé ce gratte-ciel de 47 étages, doté d’une structure d’acier, et puisque les incendies étaient bien plus restreints que ceux des Tours Jumelles, pourquoi quelqu’un aurait-il eu l’idée d’imaginer sa désintégration et son effondrement ? Une fois de plus, les médias ont énoncé ce qui devait devenir la version officielle, et ce avec une avance incroyable, avant même que l’événement ne se produise, et ils l’ont ensuite développé pendant les jours et les mois qui ont suivi. (41) Pourtant, quelles étaient les chances que deux grands médias fassent la même erreur en même temps sur le même sujet ? Nous avons ici l’exemple de reportages dont la chronologie semble hautement improbable ou totalement incroyable. Quelle que soit la conclusion qu’on en tire, la question importante est celle-ci : pourquoi aucun grand média n’a jugé bon d’enquêter là-dessus ?

Très récemment, le Financial Times de Londres a publié un des articles les plus détaillés sur le WTC-7 jamais publiés à ce jour dans un grand média commercial. Sinon, très peu ont couvert cette histoire controversée. (42)

Dans le contexte de la construction d’un mythe, ce reportage devrait être examiné et débattu dans les médias. Pratiquement personne dans les grands médias et seulement quelques personnes courageuses de la presse indépendante ont enquêté sur ces histoires. Une telle entorse à la déontologie du métier mériterait à elle seule une enquête. Les reportages des grandes chaînes de télévision dès les premières heures ont largement contribué à générer spontanément du mythe. Avec le recul, cela soulève de sérieuses questions.

4. Les derniers instants du vol UA93 : le recyclage d’anciens mythes

Tous les mythes qui entourent le 11/9 ne proviennent pas du passé américain. La calamité d’une attaque sur le territoire national exigeait le développement de nouveaux mythes et a permis à « l’industrie-à-fabriquer-de-l’opinion » d’exploiter cette faiblesse culturelle. Non seulement les médias ont échoué à expliquer ces événements tragiques, mais ils ont généré des contes mythiques dans leur sillage (comme le téléfilm Vol 93).

Le plus connu de ces mythes est celui des passagers héroïques du vol UA93 qui, en se révoltant contre les pirates, auraient prétendument empêché une frappe sur Washington DC. Par leur geste, les passagers ont non seulement fourni un modèle de comportement aux Américains, mais ils ont aussi lancé la première contre-attaque dans la guerre contre le terrorisme. Il est indéniable que se soulever contre les pirates d’un avion constitue effectivement un acte héroïque, mais affirmer que cette action a empêché une autre frappe sur la capitale requiert d’autres présomptions – par exemple, celle d’une défaillance persistante d’un système de défense anti-aérien qui a coûté plusieurs milliers de milliards de dollars. Pour croire au mythe du vol UA93, il faut aussi nier une quantité non négligeable de preuves matérielles, comme la découverte de fragments de l’avion à plus de 13 km du point d’impact. (43)

Un scénario d’héroïsme désintéressé pour feuilleton télé

911_5-d3f7e.jpg Chaque mythe a besoin de héros. Dans le cas du vol UA93, plusieurs candidats ont été identifiés par les télévisions, par les appels effectués à partir de téléphones portables. Bien qu’il existe toujours une controverse sur la possibilité de passer de tels coups de fils à l’époque, ce détail est sans importance quant à la construction du mythe du vol 93. (44)

Que ces appels aient pu ou non passer, le vol du « Allons-y les gars » (« Let’s Roll »), ainsi qu’il allait être surnommé, a provoqué une éruption instantanée de mythes lancés par les médias. Au cours des quelques jours qui ont suivi, plus d’une dizaine de personnes ont signalé avoir reçu des appels de leurs proches – la plupart étaient des gens qui venaient de perdre leur conjoint lorsque le vol UA93 s’est écrasé près de Shanksville, en Pennsylvanie. Les histoires poignantes racontées par ces survivants s’immiscèrent dans une conscience populaire déjà submergée par le pathos et l’angoisse.

À la recherche d’histoires sensationnelles, les grands médias se sont immédiatement focalisés sur la vie et la mort héroïque des passagers du vol UA93. (45) En l’absence totale de preuves matérielles, les grands médias se sont mis à rédiger des scénarios pour les histoires qu’ils avaient l’intention de raconter. Bien que les appels aux proches n’aient pas fait l’objet de vérifications, les grands médias se sont emparés de cette histoire. Plusieurs médias se sont empressés de la diffuser en consacrant un temps considérable aux proches qui auraient reçu ces appels. Les médias ont ainsi imposé de manière indélébile une histoire de sacrifice héroïque. Devant le besoin de se réaffirmer et de s’identifier émotionnellement aux proches des victimes, leurs reportages ont connu des audiences exceptionnelles. Les dernières paroles énigmatiques du vendeur de logiciels Todd Beamer, entendues par un opérateur des téléphones de bord, sont devenues légendaires : « Vous êtes prêts ? OK. Allons-y les gars. » Comme la plupart d’entre nous s’en souviennent, la révolte des passagers a été déclenchée par ce cri de guerre. (46)

Peu de spectateurs semblaient avoir remarqué que Todd Beamer n’a jamais parlé à sa femme, mais a préféré parler pendant 15 minutes à Lisa Jefferson, une opératrice de GTE Airfone/Verizon. Mme Jefferson a promis d’appeler la femme de Todd s’il devait mourir. Cependant, Jefferson n’a pas suivi le protocole de la compagnie GTE : elle n’a pas enregistré l’appel d’urgence de Todd Beamer. Les médias n’avaient aucun moyen de vérifier l’appel. (47) Une fois l’appel rendu public, les médias ont noyé Lisa Beamer sous les invitations : pendant un an ou plus, elle a accordé plus de 200 interviews. Larry King, de CNN, lui a offert son plateau à partir duquel elle a pu défendre le plan de compensation des victimes pour un montant de 7 milliards de dollars offerts par l’administration Bush. (48) Une fois encore, plutôt que d’informer dans un contexte où pouvaient subsister des éléments inconnus, les grands médias commerciaux ont préféré présenter un mythe sur l’héroïsme.

Tout ceci a eu lieu au moment où le pays était encore sous le choc des images de l’effondrement des Tours Jumelles et n’a fait qu’accentuer le traumatisme dans le public. Ce n’était pas uniquement dû au fait que les images des tours aient été diffusées des centaines de fois aux heures de grande écoute à la télé ; c’était aussi le symbolisme obsédant que ces images véhiculaient. Toujours sensible à l’impact d’une métaphore, le linguiste et psychologue George Lakoff a fait remarquer que de nombreux Américains, en voyant la désintégration des tours et la chute de ceux qui tentèrent de s’échapper en sautant, ont vu leur propre chute ainsi que celle de leurs compatriotes. En termes encore plus imagés, Lakoff a souligné : « L’image d’un avion pénétrant la tour Sud a été pour moi celle d’une balle transperçant un crâne, les flammes qui jaillissaient de l’autre côté étaient comme du sang qui giclait. C’était un assassinat. » (49) Ceci a renforcé le mythe de la version officielle : le 11/9, c’était la liberté même, personnifiée par les tours, qui était attaquée.

De nombreux observateurs ont aussi souligné que, dans l’esprit du public, les Tours Jumelles étaient des symboles du capitalisme et de l’interventionnisme américains. C’était la raison pour laquelle le « cerveau » d’al-Qaïda, Khaled Sheikh Mohammed, disait qu’elles avaient été prises pour cibles. (50) Un contre mythe intéressant donné par les médias commerciaux nous est fourni par le livre de Mitch Frank, du magazine Time, où il affirme que les tours étaient des symboles globaux de paix et que les « maléfiques », comme les appelait Bush, attaquaient non seulement la liberté américaine, mais le concept de paix lui-même. Ce dernier mythe allait devenir une puissante justification à la guerre contre le terrorisme, puisqu’il fait appel à la mythologie de l’exceptionnalisme américain.

Comme si les choses avaient été planifiées selon les termes du livre de Naomi Klein, La Stratégie du choc, les images alarmantes du 11/9 ont préparé le public à une nouvelle politique – la guerre contre le terrorisme, le Homeland Security (le ministère nouvellement créé de la Sécurité de la Patrie, NdT), et la loi USA PATRIOT ACT (Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act ou en français : Loi pour unir et renforcer l’Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme, NdT) – des politiques qui étaient impensables avant le cataclysme psychique du 11/9. (52)

La nécessité de héros positifs

À cette époque de traumatisme et d’humiliation nationaux, une autre histoire très séduisante est apparue. Elle racontait l’histoire d’une révolte de passagers qui, après plusieurs minutes de lutte, ont repris le contrôle du poste de pilotage et/ou ont fait perdre le contrôle de l’avion aux pirates. (53) Cette histoire de prise de contrôle du cockpit racontait aux Américains que des passagers héroïques avaient non seulement riposté, mais aussi empêché une autre attaque sur Washington. Avant même que l’avion ne se soit écrasé, la première bataille de la guerre contre le terrorisme avait commencé.

Mais ceci n’est pas simplement un mythe patriotique réconfortant, il a aussi détourné l’attention et couvert une autre histoire, une histoire aux implications sinistres. La première version du Pentagone sur le vol UA93 a révélé que des chasseurs F-16 suivaient l’avion et certains rapports militaires ont même précisé que l’avion avait été abattu. Le 11/9 et les jours qui ont suivi, des sources militaires ont signalé un avion abattu au-dessus de la Pennsylvanie et de nombreux éléments matériels indiquaient qu’un avion avait effectivement été abattu. (54) En résumé, diverses sources – de la presse locale jusqu’aux plus hautes instances du Pentagone – ont d’abord déclaré que le vol UA93 avait été abattu, pour ensuite changer de version peu de temps après. (55) Cependant, la première version n’était pas celle que le public voulait entendre. Encore une fois, quelle que soit la conclusion sur le destin du vol UA93, les grands médias commerciaux se sont focalisés sur des histoires d’héroïsme et de puissance Américaine, pas sur les éléments concrets sur le terrain. (56)

Les médias persistent à renforcer le mythe du vol UA93

Quelle que soit la vérité sur les derniers instants du vol UA93, ils constituaient un matériel dramatique avec une très forte charge émotionnelle qui avait tout pour plaire. Quatre films ont rapidement été tournés : Let’s Roll : The Story of Flight 93 (2002), The Flight That Fought Back (2005), Flight 93 : The Movie (2006), et United 93 (2006). (57) Les studios et les chaînes ont immédiatement saisi l’énorme potentiel en termes de suspense, de conflit, d’héroïsme et de drames humains.

Réécrire l’histoire, réviser le mythe à travers un film

Le cinquième anniversaire de la tragédie du 11/9 constitue un exemple de la manière dont une histoire racontée de manière quasi historique peut à la fois renforcer et réviser une version précédente. Un docufiction peut aussi modeler la perception du public pour, dans ce cas précis, rejeter la faute sur l’administration Clinton – et par extension aux Démocrates, malgré le fait que les événements du 11/9 aient eu lieu sous une administration républicaine. En termes crus, le résultat fut un film pseudo historique tourné dans un but de propagande. Le docudrame d’ABC/Disney, The Path To 9/11, a provoqué des controverses en coulisses. Promu par de pleines pages de publicité qui montrait des yeux sombres regardant à travers une entaille dans le drapeau américain, cette émission spéciale a provoqué de tumultueux remous. Elle avait été coproduite par l’ancien Président de la Commission, Thomas Kean, qui apparemment était impatient à la fois de promouvoir la version officielle qu’il avait aidée à rédiger ainsi que d’enfoncer l’administration Clinton un peu plus qu’elle ne l’avait été dans le Rapport de la Commission. Ainsi donc, la fiction dramatique avait été conçue par des politiciens dans un but politique précis. (58)

Les pourvoyeurs de sensations fortes découvrent l’Histoire pop

Certains animateurs d’émission de radio conservateurs (très à droite, NdT) ont découvert l’histoire récente après la diffusion du docufiction de la chaîne ABC/Disney. Ils ont mis en évidence ce que les services de renseignement savaient et ce que la Maison Blanche n’avait pas fait au sujet d’al-Qaïda – mais uniquement pendant les années Clinton. (59) Des porte-parole républicains et les pourvoyeurs de sensations fortes se sont exprimés comme s’ils lisaient le même prompteur. D’un seul coup, les grands pontes discutaient des éléments importants que la Commission sur le 11/9 avait ignorés – des choses qu’ils n’avaient jamais relevées auparavant. Rush Limbaugh a commencé par citer le complot Bojinka d’al-Qaïda en 1994 comme la preuve que c’était l’administration Clinton, et non celle de Bush, qui aurait dû empêcher les attentats du 11/9. Le moment choisi et la présentation biaisée de cet élément historique précis par certaines vedettes de la radio mérite d’être soulignés dans le contexte d’un processus de fabrication d’un mythe.

Alors que la fabrication, la révision et la confirmation du mythe se poursuit, il en va de même pour la recherche d’une version qui aurait plus de sens. Bien que les mythes persistent, ils doivent désormais faire face à un développement de l’analyse logique. Alors que les grands médias commerciaux et même une certaine presse progressiste perpétuent les mythes historiques, de nombreux Américains exigent une version basée sur des faits. Un sondage effectué par l’institut Zogby International en 2007 montrait que 51 % des Américains voulaient une enquête sur les rôles joués par le Président Bush et le Vice-président Cheney dans les événements du 11/9, et que 67 % voulaient une enquête sur la Commission du 11/9 qui a complètement ignoré l’effondrement de la tour 7 du WTC. Ce qui laisse penser que de nombreux Américains, malgré le bombardement de mythes par les médias, se demandent encore ce qui a réellement pu se passer le 11/9. (60)

Héros et victimes

Dans les moments de doute, de vulnérabilité et de peur, la « mythologisation » de l’héroïsme et la victimisation ont agi comme un réconfort pour les Américains, vis à vis d’eux-mêmes et de leurs compatriotes. Les ennemis avaient été identifiés et les chariots placés en cercle, donnant l’impression que tout le monde « était uni ». Ceci fut exprimé d’une autre manière dans la phrase digne d’un slogan pour autocollant : « Nous sommes unis ». Cependant, la fixation sur les héros et les victimes a aussi eu d’autres effets : le renforcement de la notion simpliste d’une bonté naturelle, renforçant le sentiment que l’Amérique n’était qu’une victime innocente – que sa politique étrangère n’avait rien à voir avec l’agression subie. De plus, la préoccupation des médias pour les héros et les victimes a eu pour effet de détourner l’attention d’autres aspects, plus complexes, plus dérangeants, moins enthousiasmants de la catastrophe.

Les mythologues des médias ont réussi jusqu’à présent à empêcher tout débat national sur des aspects essentiels du 11/9. Le pouvoir du mythe à écarter toute recherche de la vérité peut se révéler très puissant. Cependant, le mouvement qui cherche à comprendre ces événements et qui propose d’autres versions prend de l’ampleur et fait partie d’un mouvement plus large d’Urgence pour la Vérité. Comme le faisait remarquer le professeur Peter Dale Scott de l’Université de Californie à Berkeley : « … Nous entrons dans un état d’urgence dont les limites exactes sont inconnues, sur les bases d’un événement grave et controversé – le 11/9 – qui demeure encore largement un mystère. » (61)

Le pouvoir du recadrage et du renforcement

Les fabricants de mythes se contentent rarement du degré de crédulité du public, quel que soit son niveau. Lors de la Convention républicaine de l’été 2008 à Minneapolis, dans l’État du Michigan, la première dame Laura Bush, qu’on peut difficilement qualifier d’observatrice neutre de l’administration Bush, a répété un des mythes les plus opportunistes et douteux du début du XXIe siècle : que la guerre contre le terrorisme avait été un succès : « N’oublions pas, » a dit la première dame, « que le Président Bush a préservé la sécurité du peuple américain. » (62)

La déclaration de Laura Bush se heurte à l’évidence, à savoir que l’administration de son mari n’a pas préservé la sécurité du peuple américain. En termes de principes inscrits dans la Constitution des États-Unis, Bush a fait passer d’importantes restrictions sur les libertés civiques, de la mise au placard des IIIe et IVe amendements par la loi USA PATRIOT ACT à la suspension de l’Habeas Corpus remplacé par la loi des tribunaux militaires spéciaux (Military Commission Act). En termes de vies humaines, près de 3 000 personnes sont mortes le 11/9 et plus de 6 000 ont été blessées, et des centaines de secouristes sont tombés et tombent encore malades à cause de la pollution du site et des mensonges de l’EPA, l’Agence de Protection de l’Environnement. (63)

De plus, des milliers de soldats américains sont morts et des dizaines de milliers ont été blessés dans des guerres qui n’ont aucun rapport avec le 11/9, en Afghanistan et en Irak. Ce chiffre n’inclut pas le million de morts irakiens estimé par Opinion Research Business en Grande-Bretagne, ni les autres victimes de la région, dont environ 4,5 millions de réfugiés selon le journaliste indépendant Dahr Jamail, provoqués par les guerres au Moyen-Orient après le 11/9. (64) L’administration Bush a échoué non seulement à préserver la sécurité des Américains, elle a aussi provoqué de grandes souffrances pour des millions de gens à travers le monde, faisant sans doute ainsi augmenter les risques pour les Américains. (65) Pourtant, le mythe selon lequel l’administration Bush a réussi à préserver la sécurité des Américains persiste.

Et pourtant les « spin doctors » [faiseurs d’opinion, NdT] du gouvernement, appuyés par les grands médias, nous demandent de croire que les événements du 11/9 étaient si exceptionnels qu’ils ne comptent pas vraiment, que personne n’était responsable à ce moment-là, et donc que personne n’était coupable. Une telle rhétorique implique une réécriture importante de l’histoire dès sa première copie et démontre que la censure est toujours vivace, c’est-à-dire que les mythes sont admis et priment sur les faits. L’analyste politique britannique Mohammed Cohen a fait remarquer que « le plus grand mystère politique du XXIe siècle, peut-être de toute l’histoire de l’Amérique est celui-ci : comment les Républicains ont-ils échappé à toute responsabilité pour le 11/9 ? Comment les attaques les plus meurtrières jamais commises sur le sol américain peuvent-elles constituer pour eux un objet de fierté, plutôt que de honte ? » (66)

Les réponses sont complexes et impliquent une réécriture perpétuelle et sans relâche des événements qui se poursuit depuis la retombée des fumées toxiques du 11/9. À pa

rt l’expert en contreterrorisme, Richard Clarke, aucun membre de l’administration Bush, de la FAA ou de l’armée n’a eu à rendre des comptes pour les défaillances de la sécurité nationale. C’est comme si le cataclysme était simplement tombé du ciel, comme un éclair dans un ciel sans nuage ou, comme la Commission sur le 11/9 l’a écrit, effectivement : « Tout le monde étant en partie responsable, personne ne sera donc déclaré coupable ». (67)

911_7-723ed.jpg Le renforcement de cette vision déformée persiste encore fin 2008. Charlie Rose, l’animateur d’une émission sur PBS, nous en a fourni un exemple parmi d’autres. Son invité, Nassim Nicolas Taleb, auteur de Black Swan [Le Cygne noir – allusion au fait que l’on disait à une époque qu’un cygne noir, « ça n’existe pas », jusqu’à leur découverte en Nouvelle-Zélande - NdT], disait que lorsque l’on part du principe que des événements anormaux ou rares ne peuvent pas se produire, c’est à ce moment que leurs chances de se produire augmente. Rose a répliqué aussi sec « comme le 11/9, qui était un cygne noir ». Lorsque Taleb, lui-même d’origine musulmane, n’a pas répondu, Rose a pu renforcer le mythe promu par l’administration Bush, et particulièrement Condoleezza Rice, puis repris par la Commission sur le 11/9 selon lequel « personne n’aurait pu imaginer » de telles attaques suicides. (68)

Ceci est à l’évidence faux, ne serait-ce qu’à cause du Rapport quotidien au Président daté d’un mois avant le 11 septembre 2001 [Presidential Daily Briefing du 6 août, NdT], sans parler de nombreux autres avertissements et exemples historiques. Rice elle-même a témoigné devant la Commission sur le 11/9 que personne n’avait eu la moindre idée qu’une telle attaque pouvait avoir lieu, alors que c’est elle en personne qui avait remis au Président le rapport précisant qu’une telle attaque allait se produire. Nous sommes censés croire au mythe que personne n’est responsable, qu’il s’agissait d’une attaque surprise. De nombreux dirigeants politiques, y compris des Démocrates de la future administration Obama, avaient déjà prévenu qu’Obama serait mis à l’épreuve dés les premiers jours de son mandat. Le futur Vice-président Joseph Biden se trouvait à Seattle lorsqu’il a déclaré : « Écoutez-moi bien. Dans les six premiers mois de son mandat, le monde mettra Barack Obama à l’épreuve comme ils l’ont fait pour John Kennedy. Le monde observe. Nous sommes sur le point d’élire un brillant sénateur de 47 ans comme Président des États-Unis d’Amérique. Et si vous ne deviez vous souvenir de rien d’autre, souvenez-vous que je vous l’ai dit ici, à cet endroit même. Observez, nous allons connaître une crise internationale, une crise sciemment provoquée, pour tester ce gars. » (69) La manipulation et le mythe de non responsabilité se poursuivent. D’autres attaques se produiront. Personne n’en sera responsable. Le « test » sera la réaction, pas la prévention. Cela a bien marché pour l’administration Bush. Le Président Obama a peu de raisons de remettre en cause un mythe qui pourrait aussi bien servir à sa propre administration s’il devait se produire un autre 11-Septembre.

En outre, cette myopie historique a permis à l’administration Bush et à la Commission d’enquête d’éluder les conséquences de non pas un seul, mais deux préalables au 11-Septembre : le premier attentat meurtrier contre le WTC en 1993 et aussi le projet contrecarré du complot Bojinka l’année suivante. Les deux étaient l’œuvre d’al-Qaïda, et ils ciblaient ces bâtiments emblématiques, mais les similitudes vont bien au-delà. Si l’attentat du WTC et le complot avorté Bojinka en 1994 avaient reçu plus d’attention, il serait devenu évident que ces actions antérieures avaient été planifiées par le même groupe, et plus spécifiquement certains des mêmes individus, en utilisant les mêmes moyens, des avions (dans le cas de Bojinka), pour frapper les mêmes objectifs. Les Tours Jumelles ont toujours été au sommet de la liste des cibles pour al-Qaïda et leurs agents ont pris des leçons de pilotage pendant des années. En outre, dans le cas du complot Bojinka ces mêmes terroristes avaient les mêmes objectifs en utilisant une tactique similaire : le détournement d’avions de ligne. Ne connaissant pas cette histoire, le public n’a pas été en mesure de voir ces étonnants parallèles, et le gouvernement a pu éviter de répondre à une bien embarrassante question : comment les terroristes présumés ont-ils pu planifier deux tentatives d’attentats contre les Tours et réussir la troisième ?

Particulièrement révélateur de la politique aux États-Unis est le fait que les Démocrates, historiquement sensibles aux accusations mystificatrices du temps de la guerre froide qu’ils sont « incompétents en matière de sécurité nationale », n’ont jamais contesté cette opinion dans l’ensemble de la période de l’après-11-Septembre, même si les Républicains ont souvent brandi cet argument comme un bâton. Apparemment, fait remarquer Cohen, ils n’osent pas réfuter le mythe « de peur d’être accusés de politiser le 11-Septembre, alors même que les Républicains ne cessent d’utiliser la tragédie de manière partisane ». Pour un public éduqué qui connaît l’histoire, il s’agit là du spectacle incroyable et fascinant d’un ballet entre mythologie et désinformation. « Le refus de l’administration Bush de reconnaître la moindre responsabilité dans ces attaques », affirme Cohen, « est absolument époustouflant. Pas le moindre responsable n’a été limogé dans ce qui est le plus flagrant échec de la sécurité nationale depuis Pearl Harbor ou l’incendie de la Maison Blanche par les Britanniques en 1814. » (70) En fait, plusieurs des principaux responsables de l’administration ont été promus après le 11/9, comme par exemple le général Richard Myers ou la conseillère à la Sécurité nationale Condoleezza Rice, qui devint secrétaire d’État. Il semble que l’incompétence en haut lieu ait en fait été récompensée après ces tragiques événements. Encore une fois, le rapport officiel a choisi de blâmer tout le monde, et par conséquent, personne en particulier. Personne n’a été tenu pour responsable de cette colossale suite d’incompétences et d’échecs. Ce qui soulève d’autres questions. Peut-être l’incompétence n’est-elle pas la seule possibilité ? Peut-être ces mythes devraient-ils être déconstruits pour que la réalité du 11/9 se fonde en toute transparence sur l’information factuelle ?

Tirer les conclusions

« Un gouvernement populaire sans informations populaires ou les moyens de les acquérir n’est que le prologue d’une farce ou d’une tragédie, ou peut-être les deux. La connaissance gouvernera toujours l’ignorance, et un peuple qui entend se gouverner lui-même, doit s’armer du pouvoir que confère la connaissance. »
James Madison

Deux conclusions se dégagent de ce double examen de la création de mythes par les médias, et des divers récits, officiels et alternatifs, autour du 11-Septembre :

- les médias de masse, mais aussi les médias alternatifs, sélectionnent des éléments d’un passé mythique pour façonner le présent, et

- aux États-Unis, aucune enquête sérieuse n’a encore été entreprise sur le rôle joué par le gouvernement et les grands médias dans l’occultation de la réalité des événements du 11/9.

Pourtant, compte tenu de la façon dont le choc et le traumatisme engendrés par les attentats du 11/9 ont été utilisés pour justifier des changements politiques majeurs au cours des huit dernières années, on serait en droit de penser qu’une enquête sérieuse et transparente aurait été menée à bien depuis longtemps. À la lumière des faits contradictoires établis, il est évident que la Commission d’enquête a essentiellement consisté en un exercice visant à affiner puis à sacraliser un mythe officiel, et non une enquête probante sur les grandes questions (qui, quoi, quand et pourquoi) de ces événements tragiques. Est-il possible d’imaginer que personne, à part les kamikazes morts, n’ait été tenu pour responsable ? (71)

Dans une société démocratique, il est essentiel que les gens puissent être bien informés par le biais d’une presse libre, de manière à ce que le gouvernement, accessible et responsable, soit légitime. Malheureusement, l’examen du 11-Septembre à la lumière des précédents historiques montre à quel point cet idéal est devenu chimérique depuis longtemps. Les médias (US) ont toujours failli à s’acquitter de leurs objectifs pourtant garantis par la Constitution : informer le public avec exactitude et agir comme le véritable quatrième pouvoir.

Les récits alternatifs à l’histoire mythique qui ont été passées sous silence, délibérément ignorées voire censurées, offrent de nombreux chemins de la connaissance pour aider à comprendre le présent. Les mythologues des médias et leurs alliés politiques continuent à projeter sur le monde leurs grandes fictions, ancrées dans la peur, la xénophobie, et l’absence de responsabilité, plutôt que de rendre compte d’une réalité complexe, chaotique, effrayante. Ils présentent ainsi une seule analyse acceptable. Bien que l’Internet devienne sans cesse plus accessible au plus grand nombre, il ne peut remplacer une presse libre dans une société démocratique.

En tant qu’Américains, nous nous devons d’insister pour obtenir (du gouvernement) une enquête franche et honnête, libérée des idéologies, qui ne prenne pas comme point de départ des conclusions préétablies, et n’aura pas peur de la vérité, quelle qu’elle soit. Si nous méritons des médias qui montrent l’exemple, nous avons, plus que jamais, la possibilité de « devenir nos propres médias ». (72) Une étape importante vers la réalisation de cet objectif est de comprendre comment les mythes des médias dominants obscurcissent les perspectives historiques et factuelles alternatives que le public a désespérément besoin d’examiner. En analysant la façon dont les médias fabriquent des mythes, nous pouvons ouvrir la voie vers une présentation de la réalité qui soit plus authentique et pluraliste.

Mickey S. Huff et Paul W. Rea
Fondateurs de Project Censored

- Mickey S. Huff est professeur agrégé d’histoire et de raisonnement critique au Diablo Valley College, chargé de cours en sociologie à la Sonoma State University, et directeur associé de la Fondation de la liberté des médias et de Project Censored. Il enseigne l’histoire récente des États-Unis, l’histoire de la presse américaine, la propagande de l’après-11/9, et la sociologie des médias et de la censure. Il tient un blog à cette adresse : http://mythinfo.blogspot.com et http://dailycensored.com

- Paul W. Rea, PhD, professeur de sciences humaines, donne des cours sur des questions politiques, notamment celles de « la politique à l’ère nucléaire » et de « la science, la technologie et les valeurs humaines », au St Mary’s College en Californie. En 2004, il a publié Still Seeking the Truth About 9/11, [Toujours en quête de vérité sur le 11/9], et termine Mounting Evidence : Why We Need a Serious Investigation of 9/11 [Pourquoi nous avons besoin d’une enquête sérieuse sur le 11/9].

- Frances Capell est stagiaire à Project Censored et l’assistante de Mickey Huff au Diablo Valley College. Mme Capell a contribué à la correction de la version en ligne de cet article, initialement publié comme le chapitre 14 du livre Project Censored 2009.

Article original en ligne ici :
http://www.projectcensored.org/asse...

Traducteurs :
VD pour Le Grand Soir http://www.legrandsoir.info Et Arno Mansouri pour ReOpen911 http://www.ReOpen911.info

Notes : (en anglais)

1. Radford, Benjamin. Media Mythmakers : Suite ici :

http://www.legrandsoir.info/La-deconstruction-d-une-supercherie-le-11-Septembre-les-medias.html

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 04:23
CUBA
Ce que les médias ne vous diront jamais

                             


                                    Le livre à lire ! Eva


De Salim Lamrani,
Prologue de Nelson Mandela,
Editions Estrella

Re-mar-quable ! Avec le prologue exceptionnel d’un ami prestigieux de Cuba, l’immense Nelson Mandela, ce livre est un réquisitoire au scalpel contre les exactions menées par les E-U à l’encontre de Cuba depuis 50 ans. Salim Lamrani éclaire, démonte, prouve, avec le souci permanent de justifier ses arguments, la nature politique du châtiment que les E-U infligent au peuple cubain, et qu’une haine farouche aveugle. Il démontre, preuves à l’appui, le caractère purement idéologique de la guerre impitoyable qu’ils mènent contre Cuba. En fouillant les archives, en corroborant les textes, en croisant les faits avec les déclarations, en examinant le droit international, en analysant les relations entre les nations, il explique le comportement hégémonique, arrogant et vengeur de l’Empire, atteste de l’énormité de ses mensonges, révèle la perfidie et l’amplitude des contre-vérités érigées en dogmes, relève la réalité sordide des coups tordus et la permanence des manipulations de toutes sortes, il prouve avec une rigueur implacable l’illégalité, l’illégitimité, l’immoralité et la cruauté de la stratégie étatsunienne à l’encontre de la Nation Cubaine. Pour l’Empire, « la fin justifie les moyens » mais Albert Camus ajoutait : « qu’est-ce qui justifie la fin ?». Salim Lamrani, en dévoilant méthodiquement les moyens aussi vils qu’exorbitants employés par les E-U pour abattre Cuba et que taisent par idéologie les médias occidentaux, dénonce avec éclat l’obscénité de leurs « fin ».



Qui a encore des doutes sur la réalité des relations cubanos-étatsuniennes,
Qui ne se contente pas d’une littérature superficielle et orientée, soumise à la pensée unique,
Qui veut comprendre pourquoi Cuba résiste toujours,
Qui veut contourner le black-out que nous imposent les médias sur ce sujet,
Qui, curieux, veut en savoir plus tout simplement,
Ce livre fouillé, exigeant, d’une grande clarté, et qui n’a pas d’équivalent de par son exhaustivité et sa rigueur intellectuelle, vous captivera... Et vous changera. Indispensable !


Michel TAUPIN
 

Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais

Prologue de Nelson Mandela

Paris, Editions Estrella, 2009

300 pages

18€

Pour toute commande, veuillez contacter : lamranisalim@yahoo.fr


http://micheltaupin.blogspot.com/2009/09/un-livre-reference.html


Comme il ne va pas falloir compter sur les médias pour faire connaître ce livre... il faut absolument que nous le diffusions partout. Pour ma part, j'envoie à tous mes "correspondants", ton texte et je me suis même permis de le publier sur "Bellaciao" : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article91349 .

Claude Deloume

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 04:11
Les 114 000 liens entre la CIA et une ONG française.
Maxime VIVAS

Bonne nouvelle pour : tous les allergiques aux manigances de la CIA, les contribuables français qui veulent savoir où passent leurs impôts, les journalistes, les reporters sur les champs de bataille, les amoureux de la-presse-libre-de-dire-la-vérité, les syndicats de journalistes, les consommateurs de médias et, globalement, tous les braves gens fatigués d’être enfumés par une fausse ONG qui lape dans les abreuvoirs de l’Oncle Sam.

Dans la première semaine de septembre 2009, RSF a (enfin !) publié ses comptes 2008. Et les indicateurs sont au rouge.

En effet, malgré le renfort financier de deux nouveaux sponsors US dont le pâle vernis laisse transparaître le sigle CIA, c’est le recul, voire la dégringolade.

Seule la vente de tee-shirts anti-chinois a permis d’éviter un méchant déficit. Mais RSF peut-elle décemment réclamer une organisation annuelle des J.O. à Beijing ? Les Chinois accepteraient-ils d’offrir tous les ans à la meute chauffée à blanc par Robert Ménard une jeune handicapée protégeant la flamme olympique ? (1) Et cela, pour que RSF puisse continuer à financer ses luxueux locaux parisiens, pourvoir à son ruineux fonctionnement et au train de vie de ses cadres ?

On peut en douter.

D’où l’on conclura que les comptes 2008 de RSF amorcent ce qui n’est que le début d’une déconfiture due à ce que fut RSF de Robert Ménard. Compte tenu de ce qu’elle est (de terriblement ressemblant) avec son nouveau patron, Jean-François Julliard, la décrue ne pourra que se poursuivre.

L’heure de payer l’addition est arrivée.


Dans son livre « Des libertés et autres chinoiseries » (2008, Robert Laffont) Ménard se plaint : « Si vous tapez sur Google : « Robert Ménard + CIA », le site de recherche vous propose … 114 000 liens ». Vérification faite ce jour (toujours vérifier ce que dit Ménard, c’est la règle N° 1 du chasseur de mensonges), le chiffre est inférieur, mais très élevé cependant).

Ce déferlement qui aurait dû alerter RSF avant d’atteindre un tel niveau ne saurait tarir. En effet, depuis ce constat, dans une folle fuite en avant visant à compenser les défections nationales, RSF est passée de quatre à six entreprises financées par des officines liées à la CIA, parfois en osmose fusionnelle puisqu’on a vu certains des dirigeants de ces paravents ajourés diriger directement la fameuse agence de renseignement états-unienne que personne ne peut qualifier de philanthropique.


Quelques chiffres du budget de 2008.

• Le total des recettes qui était, en 2007, de 5 842 326 euros, chute en 2008 à 4 874 443 euros, soit près d’un million de moins (967 883 euros exactement), soit moins 16,55 %.

• L’engouement du public pour les calendriers et les trois albums de RSF a faibli. Les chiffres totaux des ventes tombent à 160 000 exemplaires contre 225 000 en 2007. Perte de recette : 24 %.

• Les recettes publicitaires des albums ont chuté de 30%.

• Le mécénat a diminué du fait de « l’absence de recettes non récurrentes » (sic). Du coup, les rentrées à ce poste-là sont passées de 20 % à 10%.

• La part de nos impôts que RSF a reçue et qu’elle appelle « financements publics » (ministères et Office français pour la francophonie) a baissé d’un tiers en passant de 9% de son budget à 6 %.

• Quant à la part de cotisations par ses maigres troupes adhérentes (moins de 1500), elle est si faible que RSF ne la fait pas apparaître dans ses bilans.

Des locaux luxueux à payer.




Or, RSF doit payer l’acquisition en 2007 de son superbe siège social à Paris, ce qui a impacté cette année son budget « à hauteur de 285 K€ » (285 000 euros, mais RSF écrit 285 K€, c’est mieux pour minimiser) avec prévision du même coût pour les années à venir.

Par bonheur, « la vente de milliers de tee-shirts » et la redevance de la licence de RSF ( ?) sont venues abonder de 41% les recettes propres de RSF.

Quoi qu’il en soit, si les gogos ont acheté des tee-shirts, les « décideurs » n’ont pas aimé cette agitation. En terme d’image de marque, cette campagne anti-chinoise a donc été coûteuse pour RSF et on ne fait que commencer à en voir les effets.

L’un d’eux est que Robert Ménard a été démissionné, prié de l’annoncer un vendredi, de vider son bureau le lundi et de se tenir au large. Auparavant, et en quelques mois, il avait créé un schisme profond entre la France et la Chine (pour la plus grande joie de Bush qui se pavana près d’une semaine à Pékin pendant les J.O.), il avait dénoncé la « lâcheté » de l’UNESCO, regretté que cette organisation internationale se soit « déculottée », remarqué que le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, est un « lâche et un salopard » et accusé Nicolas Sarkozy, pour qui il dit avoir voté, de participer à une « coalition de lâches » dans laquelle nul n’a remarqué qu’il incluait le locataire de la Maison Blanche d’alors, bourreau de l’Irak et de l’Afghanistan, chef des tortionnaires de Guantanamo.

Sur ces mâles paroles, il a filé vendre sa force de travail humaniste au Qatar, une dictature où la presse n’a pas le droit de critiquer le monarque, ses femmes, sa famille, sa politique, les pratiques de la flagellation et de la torture, le quasi-esclavage des immigrés, etc.

Là-bas, grassement payé de son propre aveu, il s’est trouvé à la tête d’un budget de 3, puis 4 millions de dollars pour faire fonctionner un prétendu Centre d’hébergement de journalistes exilés. Dans ce havre de liberté, qui resta d’ailleurs quasiment vide, il était interdit aux hommes et aux femmes de se rencontrer, ce qui obligea à créer en vérité deux lieux distincts.

Le caractère autoritaire de Ménard (« dictatorial », dit Rony Brauman) et sa prétention à gérer seul l’argent offert par l’émir firent monter la tension. Le monarque qatarie prétendait qu’un de ses parents, membre du conseil d’administration du Centre ménardo-misogyne devait aussi regarder où passait l’argent. Echouant à devenir là-bas ce qu’il avait été à Paris, c’est-à-dire le seul maître à bord, Ménard s’est tardivement aperçu que le Qatar n’était pas une démocratie et que la presse était brimée.

Il est alors parti en fustigeant les défauts liberticides de son ex-maître et en oubliant (et tous nos médias avec) les propos flatteurs qu’il tenait quelques mois auparavant sur le « seul pays arabe où l’on peut créer un tel Centre pour la liberté ».

La presse courbée en a fait ses titres virils : « Robert Ménard claque la porte du Qatar ». Sur les raisons qui le poussèrent à aller offrir ses services à cette dictature liberticide où les journalistes ont intérêt à la fermer, nos médias eurent la discrète élégance de ne pas questionner le planétaire donneur de leçon. Ce qui laisse à la grande âme qui a caressé un moment l’espoir de devenir député européen sur une liste du MODEM (Bayrou, alerté par ses conseillers, l’a éconduit) du temps pour préparer le point de chute dont il rêve tous les matins en se rasant : la mairie de Béziers.


Mais partout, le doute est né sur RSF et son co-fondateur.


Qui finance ou aide encore RSF en France ?


Qui finance ? Nous tous, que cela nous plaise ou non, par une partie de nos impôts et de l’argent que nous donnons à des entreprises privées en faisant nos achats. Le tout va renflouer RSF et ralentir son nécessaire déclin.

On a vu que les sponsors privés de RSF deviennent plus pingres. Toujours adepte du camouflage, RSF écrit dans sa rubrique « Comptes 208 » : « Les entreprises qui ont aidé Reporters sans frontières en 2008 sont principalement ... ». Le « principalement » indique qu’elles ne sont pas toutes listées là où nous les cherchons. Tiens, pourquoi ?

Les entreprises françaises dont le nom est présent dans le bilan comptable sont : la Fnac, Carrefour, Casino, Monoprix, Cora, les sites Internet alapage.com, fnac.com, amazon.fr, A2Presse et plus de 300 librairies qui continuent à proposer la camelote de l’épicerie compassionnelle à leurs clients.

Un complément à la liste des entreprises et partenaires qui ne figurent pas dans la rubrique « Qui sommes-nous ? » sous rubrique « Comptes 2008 » est discrètement entreposé dans la rubrique « Agir avec nous », sous-rubrique « Etre partenaire ».


Rubrique « Agir avec nous. Etre partenaire ».


1. Entreprises qui aident à renflouer les caisse de RSF avec les albums de photographies : les NMPP, le SNDP, l’UNDP, Relay, la Maison de la presse, Mag Presse, Intermarché, Auchan, la Fnac, CFAO, France Loisirs, A2Presse, Métrobus, AAP, PROMAP, SEDDIF et Interforum Editis qui diffuse gracieusement les albums à la Fnac, chez Virgin, Cultura, Carrefour, Casino, Monoprix, Intermarché et Auchan, sur une quarantaine d’e-librairies dont Amazon.fr, Fnac.com, Chapitre.com et Cultura.com et « dans près de 600 librairies » (ce dernier chiffre s’envole d’une page à l’autre chez RSF : dans la rubrique « Comptes 2008 » elles étaient « plus de 300 ». Ô Rigueur comptable !


2. Entreprises partenaires des campagnes politiques de RSF : AFP, Air France, American Express, Arte, Baume & Mercier, Veronica Magazine, la Caisse des dépôts et consignations, Digit Access, Soleil Production, Oxford (Société Lecas), le Cabinet d’avocat Jean Martin, Datapresse, Leica Camera, Radio France, Sanyo, Solidaripresse.

Et Saatchi & Saatchi, une agence basée aux USA. Elle compte 7 000 employés et 138 bureaux dans 82 pays. Elle travaille pour 60 des 100 plus importants annonceurs du monde. Jusqu’en octobre 2004 (forum du Nouvel-Observateur), RSF a prétendu que RSF payait ses prestations. Nous lisons aujourd’hui sur le site RSF : « Depuis 2002, Saatchi & Saatchi réalise gracieusement toutes les campagnes de communication de Reporters sans frontières »). Ô, amour du vrai !


3. Ville et festival : la ville de Bayeux, le festival Visa pour image.


4. Fondations (sic) : la Fondation EDF Diversiterre, la Fondation Ford, National Endowment for Democracy, Open Society Institute, Sigrid Rausing Trust. Ici RSF oublie le Center for a free Cuba et la Overbrook Foundation, cachés ailleurs.


5. Partenaires qui distribuent nos impôts à RSF : le ministère français des Affaires étrangères, l’Organisation internationale de la Francophonie, le Premier ministre français.


6. Autre : l’UNESCO, qu’on est surpris de voir là. On se rappelle en effet que les formes de la campagne anti-chinoise de RSF au printemps 2008 ont conduit l’UNESCO à une rupture spectaculaire avec RSF. Des sources diplomatiques de l’UNESCO avaient alors informé l’agence de presse Prensa Latina que « la décision avait été prise en raison des fautes réitérées d’éthique commises par RSF dans le seul but de discréditer un certain nombre de pays ».

«  Les agissements de RSF ne répondent ni aux critères ni aux objectifs de l’UNESCO et montrent une fois de plus qu’il ne poursuit que le sensationnalisme en voulant s’ériger en grand inquisiteur des nations en voie de développement, relèvent les médias consultés » ajoutait l’agence de presse avant de conclure : « Pour cette raison et d’autres antécédents, l’UNESCO a choisi de rompre ses relations avec RSF et de l’exclure de toute forme de coopération dans l’avenir ».


Qui finance RSF de l’étranger ?


Rubrique « Comptes 2008 ».

« Les entreprises qui ont aidé Reporters sans frontières en 2008 sont principalement Sanofi Aventis et le CFAO, tandis que la liste des fondations privées contient le Center for a Free Cuba, la National Endowment for Democracy, le Sigrid Rausing Trust, la Overbrook Foundation ». Ici, ce sont l’Open Society Institute et la Fondation Ford qui ont été oubliés mais que nous avons remarqués plus haut, ce qui permet de faire un total.

Sous le règne de Robert Ménard, c’étaient quatre sociétés écrans de la CIA qui mêlaient leur argent aux entreprises françaises. Sous le règne de son successeur, elles sont six.

Le nouveau patron de RSF, J.F Julliard, fonctionne donc comme son ancien patron, mais en pire. Ce qu’on croyait impossible.

Examinons les six mécènes qui camouflent (si mal !) la CIA
.

1 - Le Center for a free Cuba (CFC). Pendant des années, RSF a touché de l’argent du CFC sans le faire apparaître dans ses comptes. Motus et comptes cousus (de fil blanc). Le CFC a pour unique mission d’aider à la réalisation du vieux rêve du gouvernement états-unien et de la maffia cubano-états-unienne de Miami : renverser le gouvernement cubain, reprendre tous les biens qui étaient les leurs avant la révolution (en gros : l’essentiel des terres, usines, minerais, logements, hôtels, commerces, etc.).


2 - La National Endowment for democracy (NED), omiprésente partout où l’on peut écarter du pouvoir ceux qui servent leur pays et non les intérêts de l’Empire. Au Venezuela, son budget a été multiplié par quatre à la veille du coup d’Etat d’avril 2002. Un rédacteur de ses statuts, un de ses vice-présidents, le New York Times, ont avoué que la NED était un paravent de la CIA (2). Plusieurs dirigeants de la CIA ont d’ailleurs siégé au CA de la NED.


3 - L’Open Society Institute de George Soros, partenaire du célèbre Carlyle Group, nid de Républicains et d’anciens membres de la CIA, dont l’un, Frank Carlucci, en fut le sous-directeur. Soros a sauvé George W. Bush de la faillite quand ce dernier dirigeait une société de prospection pétrolière. On ne compte plus les pays où l’Open Society Institute est intervenu en Amérique latine et en Europe de l’Est, pour favoriser la mise en place des dirigeants pro-états-uniens.


4 - Sigrid Rausing Trust (nouveau sponsor) : Société de lobbying. Dans son conseil d’administration, on remarque la journaliste Christine Ockrent, membre du conseil d’Administration de RSF et épouse de Bernard Kouchner qui est à l’origine de la honteuse décoration de Robert Ménard (Légion d’Honneur). Décoration dont Ménard avoue naïvement qu’elle ne lui fut pas accordée sans réticence : "... C’est Bernard Kouchner qui a proposé mon nom. Il a même dû insister me racontera-t-il." (« Des liberté et autres chinoiseries »).

Sigrid Rausing Trust est associée au financement d’organismes comme International Crisis Group, une ONG fondée en 1994 par… George Soros.


5 - L’overbrook Foundation : son fondateur, Frank Altschul travailla à Radio Free Europe pour la CIA avec William Donovan, fondateur de l’OSS, l’ancêtre de cette CIA dont un directeur fut William Casey, instigateur de la NED, ce sponsor de RSF et paravent de la CIA.


6 - La Fondation Ford (nouveau sponsor). Raymond Aron, le philosophe ennemi intime de Jean-Paul Sartre, a écrit dans ses mémoires qu’il a découvert à la fin des années 60, que le « Congrès pour la liberté de la culture » qu’il animait, était financé par la CIA via la fondation Ford.


Qui s’étonnera encore des milliers de liens Internet qui relient RSF à la CIA ?


Où va l’argent ?


A la rubrique « Consultation des comptes : comptes annuels au 31/12/2008 », le lien « Utilisation des fonds » renvoie à « Aide financière de Reporters sans frontières aux journalistes et médias en danger ».


Et là, RSF enfume les citoyens de belle manière. L’épicerie de luxe se livre à une lourdingue diversion par une longue énumération des aides dont le détail, non chiffré, est destiné à masquer la maigreur.

Pitoyable astuce ! Après avoir fait traîner la publication de ses comptes 2008 jusqu’en septembre 2009, l’organisation nous livre ses aides aux journalistes pour l’année 2008 ET pour 2009 (de janvier à mai). Au passage, notons que la date d’arrêt des comptes de RSF est ainsi indiquée (mai 2009). On se demande pourquoi ils n’ont été publiés qu’en septembre au lieu de juin, comme l’année précédente. Il semblerait que quatre mois ont été nécessaires pour les rendre présentables au public. Présentables étant ici synonyme d’opaques. C’est-à-dire, aussi globaux que possibles.

En 2009 (janvier à mai). RSF a dépensé notre argent ainsi (pas de chiffres donnés par RSF pour cette énumération) : attributions de bourses à des journalistes, aide à la scolarisation d’enfants de journalistes, aide à un jeune blogueur, soutiens financiers, bourses d’assistances, accueil à Paris de journalistes, aide financière et administrative, prise en charge de frais d’avocat, achat de matériel informatique pour un journal, aide financière aux familles de journalistes en prison.


En 2008, outre le même type de prestations (toujours non chiffrées), RSF a aidé des journalistes à obtenir des logements en France, financé un rapatriement, versé une allocation pour aider à l’enregistrement d’un concert commémoratif de l’assassinat de journalistes, aidé un journaliste à retrouver sa famille, contribué à la préparation d’une conférence au Maghreb, payé les frais d’hospitalisation à Damas d’une journaliste, contribué aux frais d’hospitalisation d’un journaliste à Dubaï.


Camouflage et poudre aux yeux.

Le gogo dira : c’est beaucoup. Le lecteur attentif rétorquera : attrape-nigaud, tour de passe-passe, mystification.


Voici comment RSF cache que seules des miettes de son budget vont aux journalistes :

1- Le montant total des sommes versées aux journalistes en 2008 n’est pas divulgué (on va comprendre pourquoi).


2- la longue énumération des aides 2008, gonflée par celle de 2009, masque une réalité : la plupart de ces aides ne dépassent pas quelques dizaines d’euros.


3- Chaque fois que le montant dépasse 100 euros (et dans ces cas-là seulement) RSF donne fièrement le chiffre, pariant sur le phénomène dit « effet de halo » qui incitera le lecteur à déduire que les dépenses non chiffrées sont de la même hauteur que celles qui le sont.


Voyons donc les quelques chiffres divulgués :


Si l’on n’oublie pas que, en 2008, des organismes publics et privés ont alloué à RSF (ou aidé RSF à recueillir) presque cinq millions d’euros pour secourir des journalistes, on sera atterré par le faible montant des sommes qui sont reversées et par l’affligeante tentative d’en dissimuler le total.


En 2009 (janvier à mai), Reporters sans frontières a octroyé une bourse de 500 euros, à un journaliste et poète azerbaïdjanais, 500 euros à un jeune blogueur égyptien, 400 euros à un journaliste iranien.

Si l’on fait le total des sommes annoncées (les plus grosses, donc) on obtient 1400 euros.

En 2008, 400 euros ont été versés à un journaliste iranien, 600 euros à un journaliste éthiopien, 1000 euros à une fondation, 1500 euros aux familles de journalistes géorgiens, 600 euros à une journaliste russe, 700 euros à un caricaturiste bangladeshi, 1000 euros à l’épouse d’un journaliste en prison au Niger, 600 euros à un journaliste colombien, 4000 euros aux journalistes et à leurs familles affectés par un cyclone en Birmanie, 2000 au Working Group on Press Freedom and Free Expression (WGFENA), organisateur d’une conférence, 1000 euros à un journaliste chinois, 1200 euros pour la parution d’un journal au Tchad.

Le total affiché est de 14 600 euros.

En pourcentage du budget de RSF, le montant total avoué des sommes reversées aux journalistes en 2008 stagne à moins de 0,3% du budget (1400 euros sur 4 874 443). Pour espérer faire grimper à 1% du budget de RSF le chiffre des sommes reversées aux journalistes, il faudrait y ajouter la cinquantaine de versements minimes dont le montant n’est pas révélé. Or, à regarder la nature des contributions ou aides dans des pays du tiers monde où les salaires mensuels dépassent rarement les quelques dizaines d’euros, on comprend le timide silence de RSF qui ne peut décemment pas écrire : « Nous avons versé 20 ou 50 euros à tel journaliste du tiers monde et il est bien content : avec ça, il vit un mois en famille, ou il paie son avocat, ou il scolarise son fils ou tout ça à la fois… ».

Les braves gens qui croient aider les journalistes en finançant RSF ignorent que les frais de fonctionnement de cette boutique se montent à 33% de son budget (ils varient entre 5 et 10% pour d’autres ONG).


En 2003, 93 % du budget de RSF étaient absorbés par les frais de fonctionnement, de propagande et les salaires, ne laissant que 7% pour accomplir la mission première : l’aide directe aux journalistes.
Les restitutions ultérieures des comptes ne donnent plus ce « détail ». On imagine donc que le pourcentage versé aux journalistes a encore baissé. Les extrapolations ci-dessus accréditent cette hypothèse, sans pour autant la confirmer irréfutablement. Il appartient donc à RSF de la démentir, chiffres à l’appui, si elle le peut.


L’obsession de l’argent.


Cette répugnance à laisser sortir de l’argent hors du circuit de RSF va de pair avec l’obsession d’en faire entrer par tous les moyens.

En quelques clics sur la première page du site de RSF vous saurez comment faire un don, vous abonner à leurs revues, acheter des albums, B.D., calendriers, sacs à appareils photos, Tee-shirts, comment verser une cotisation, leur offrir votre assurance-vie, faire une donation et même un « legs universel » par lequel vous donnez à RSF la totalité de vos biens, comme à une secte dont le gourou vous aurait subjugué.

Gageons que quelques pauvres hères s’y laisseront prendre encore quelque temps. Mais en faisant connaître autour de nous cette face cachée de cette drôle d’ONG, nous pouvons sonner le glas de l’imposture.

Maxime VIVAS


PS. RSF est une « organisation reconnue d’utilité publique » qui reçoit à ce titre des subsides publics. En contrepartie, elle est tenue de fournir à qui les demande les informations sur, par exemple, le détail des sommes reçues des USA, le détail des sommes versées aux journalistes, le détail des frais de fonctionnement, la composition de son conseil d’administration, le coût de son siège, les salaires, etc.

Le lecteur curieux pourra donc se renseigner par mail ou courrier.

(1) Il m’est difficile, et vous me le pardonnerez, de ne pas citer chaque fois que possible, la croustillante anecdote suivante : dans les mêmes jours où RSF ameutait l’opinion sur la liberté d’expression en Chine, son responsable parisien du « bureau Asie » intervenait en vain auprès de la Sorbonne pour faire supprimer mon nom et toute référence à mon livre (« La face cachée de RSF ») qui figuraient dans une étude universitaire.
 

(2) Pour plus de détails, voir mon livre « La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » (Ed. Aden, 2007) où plusieurs pages documentées sont consacrés aux sponsors étrangers (et étranges) de RSF.


URL de cet article

http://www.legrandsoir.info/Les-114-000-liens-entre-la-CIA-et-une-ONG-francaise.html


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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 06:17
Jeudi 17 septembre 2009


J'accuse le CRIF d'avoir colonisé la France,
de l'avoir dévoyée, par Eva R-sistons


Cela fait plusieurs mois que je prépare cet article, dont l'idée m'est venue en remarquant l'influence grandissante des Institutions Juives sur la politique française, depuis l'accession de Nicolas Sarkozy à la tête de notre pays, influence changeant radicalement le visage de la France. Quelques semaines avant la parution  du livre de Paul-Eric Blanrue, "Sarkozy, Israël et les Juifs", j'évoquais avec Michel Collon ma préoccupation, à l'issue d'une de ses conférences. Mais l'Actualité, très chargée, ne m'a pas permis de publier ces lignes. Je n'ai pas encore lu le livre de mon confrère, volontairement, pour ne pas être influencée par ses idées. 

Il est manifeste que les groupes d'influence qui défendent les intérêts de la Communauté juive en France, sont plus actifs qu'ailleurs. Même les Etats-Unis, dont les choix portent souvent la marque des groupes de pression juifs, ou des lobbies attachés à défendre les intérêts d'Israël,  ne sont pas autant influencés qu'en France, pourtant le pays le plus attaché à son indépendance nationale, depuis le Gl de Gaulle. J'ai cherché à comprendre pourquoi, et je donnerai plus loin mon point de vue, certes original, mais dont j'ai hélas la certitude qu'il doit n'être que trop vrai. Auparavant, j'aimerais analyser certains faits me paraissant incontournables, dans trois directions: La première concerne la politique extérieure, la seconde la politique intérieure, et la troisième, le climat actuel en France, profondément modifié, particulièrement malsain et lourd de menaces pour les libertés - donc pour la démocratie. Je crains fort, en effet, que nous ne nous acheminions vers un régime crispé, d'essence totalitaire, policière, répressive.

Le CRIF, le Conseil Représentatif des Institutions juives de France, est l'un des organismes qui défendent les intérêts des Juifs en France, essentiellement sur le plan politique; il est actuellement présidé par M. Richard Prasquier, qui se définit lui-même comme "porte-parole de la Communauté juive de France auprès des Pouvoirs Publics, le CRIF est sa représentativité politique, c'est à ce titre qu'il s'exprime auprès des Médias". De nombreux Juifs, néanmoins, contestent sa représentativité, allant jusqu'à remettre en cause sa légitimité.




Parmi les autres Institutions juives très actives, très engagées, citons l'Union des Etudiants Juifs de France, l'UEJF, l'Association qui défend les intérêts des patrons juifs, et la Ligue contre l'antisémitisme, la LICRA. Elles ont, avec le CRIF, la faveur d'un Nicolas Sarkozy très opportuniste, plus soucieux de sa carrière que des intérêts du pays qu'il est censé représenter.  Et le CRIF, aujourd'hui, est "le" passage obligé des ambitieux. On chuchote même que le Président français ne ferait pas un pas sans être accompagné par un dignitaire du CRIF...  et que sa première visite, aux Etats-Unis, aurait été pour le Congrès juif mondial.  De quoi teinter, en effet, les choix de la France d'aujourd'hui. 

Et pour revenir aux propos que j'ai annoncés, le CRIF et la LICRA ont pour objectif d'influencer la politique française afin qu'elle s'aligne sur celle d'Israël, n'hésitant pas à justifier ouvertement le génocide palestinien, à défendre les orientations du gouvernement israélien pourtant "fascisant"  (le Likoud appelle d'ailleurs ouvertement à l'élimination ou à la déportation de masse des Palestiniens), et même à reconnaître Jérusalem comme la capitale historique d'Israël, devant donc rester une et indivisible.  



Implicitement, donc, les amis de Sarkozy issus du CRIF, et de quelques autres Institutions censées représenter les Juifs de France,  reconnaissent le bien-fondé de ce qui est intolérable aux yeux de tous: Les punitions collectives (pourtant interdites) infligées aux Palestiniens pour avoir exprimé démocratiquement leur choix à Gaza, la privation des droits élémentaires, les bombardements même avec des armes prohibées (uranium appauvri, phosphore blanc ou rouge, le DIME...) et au risque de faire de Gaza le laboratoire, vivant, des nouvelles armes, la destruction des infrastructures et plus largement de toute vie normale, en particulier professionnelle, le blocus privant les Gazaouis des équipements nécessaires, même des matériaux médicaux ou pour la reconstruction, ou encore l'incarcération de tout un peuple, fait unique dans l'Histoire de l'humanité (Gaza est le plus grand camp de concentration du monde), son extermination progressive (quelles malformations, en particulier, après les bombardements sur les populations civiles ?),  le déversement des eaux usées brutes, non traitées, en Cisjordanie, par de grands tuyaux métalliques, etc etc, sans parler des commerces de la mort,  des trafics d'êtres humains, soulevant l'indignation mondiale. D'un mot, Abraham Burg résume: "Israël vit par l'épée".  Violence d'Etat intolérable ! Et les Palestiniens continuent de payer, injustement, pour ce que les Juifs ont subi... 

Et c'est cette politique barbare, pourtant, que le CRIF cautionne, et même dont il se rend complice, par exemple en apportant le soutien des Juifs de France à Tsahal. Pour moi, c'est une forme de négationnisme à l'égard des souffrances des Palestiniens, pourtant innocents de la Shoah perpétuellement instrumentalisée, d'ailleurs, à des fins coloniales, impérialistes, de contrôle et de domination. Israël est de notoriété publique le grand agent de la contre-révolution.



Juifs pour la guerre, et Juifs pour la paix... Un peuple divers, qui ne peut être représenté par des Institutions monolithiques comme le CRIF.


Or, justement, des hommes du CRIF conseillent Nicolas Sarkozy en matière de politique étrangère, notamment au Proche-Orient et au Moyen Orient. Avec pour conséquence il y a quelques mois, par exemple, une chose inimaginable auparavant : "L'Elysée a annoncé le déploiement d'un frégate dans les eaux internationales au large de Gaza pour participer à la lutte contre la contrebande d'armes, à la demande du président Nicolas Sarkozy et en coopération avec Israël et l'Egypte" (lepoint.fr). Autre illustration du changement de politique, la présence d'une base militaire française à Abu Dhabi, ce qui constitue une agression contre une nation souveraine, pacifique. A terme, une décision comme celle-ci, sous influence, menace directement les intérêts français dans le monde. Et que dire du choix du Ministre des Affaires Etrangères, le très néoconservateur Bernard Kouchner, le plus va-t-en guerre de tous, alors que c'était Hubert Védrine qui était pressenti ? Or, Kouchner prévient ouvertement, finalement, que la guerre contre l'Iran est inévitable...

Et c'est aussi le CRIF qui est derrière le choix du personnel du Quai d'Orsay, complètement réorganisé, amputé de ses éléments gaulliens, partisans d'une politique indépendante et pro-arabe... Sous l'impulsion du CRIF, désormais, seuls sont tolérés, aujourd'hui, les Ambassadeurs souhaitant un rapprochement inconditionnel avec les Etats-Unis, sous la férule de l'OTAN, et au risque de toutes les guerres coloniales, impériales, préventives, permanentes, nucléaires, hautement prédatrices, et soi-disant au nom de la Liberté, de la paix, de la Sécurité, de la Démocratie...  menaçant en réalité la paix mondiale, et les intérêts français.  Et aussi, à terme, on oublie trop de le dire, l'existence même de l'Etat d'Israël ! Car il pâtira, au final, de toutes ces folies...

Cette épuration qui ne dit pas son nom, ce grand nettoyage ne touche pas seulement le Quai d'Orsay, mais aussi toutes les Grandes Institutions, toutes les Administrations, aujourd'hui purgées des éléments indésirables, trop favorables aux idées du Gl de Gaulle, trop indépendantes. Réalise-t-on l'ampleur du changement ?  "La France vit une épuration sourde de ceux qui ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens", déclare en connaissance de cause le professeur de géopolitique Aymeric Chauprade.

Comment le CRIF pourrait-il être crédible, alors qu'il soutient un gouvernement criminel, violant constamment le Droit, les résolutions internationales, lequel gouvernement est le plus réactionnaire, le plus extrémiste, le plus fanatique de l'Histoire d'Israël ? C'est pourtant ce pays qui a eu des dirigeants comme M. Begin, Prix Nobel 1978, déclarant sans ambages : " Notre race est la race des maîtres. Nous sommes des dieux divins sur cette planète. Nous sommes aussi différents des races inférieures comme ils le sont des insectes.... Les autres races sont comme l'excrément humain. Notre destin doit être de régner sur ces races inférieures". (
www.suntzu.vox.com/?_c=esv1)  

Avec les dirigeants du CRIF comme inspirateurs de la politique étrangère, comme éminences grises, occultes,  toutes les traditions françaises sont bousculées. Au lieu de mener une politique neutre, en faveur de la paix, multilatérale, comme avec le tandem Chirac-de Villepin qui a été l'honneur de la France lors de la guerre d'Irak, voici notre pays désormais prêt à être au premier rang des guerres de  l'OTAN, de l'Occident impérial, colonial, accaparant les richesses du monde, soutenant les dictateurs dociles, privant les peuples de leur souveraineté, de leurs ressources, les maintenant dans la misère et la servitude, bref perpétuant un  Système inique, meurtrier, brutal. En s'appuyant sur les recommandations du CRIF, soutien d'Israël lui-même agent de la contre-révolution mondiale orchestrée par les USA, Sarkozy s'inscrit dans une stratégie préjudiciable aux intérêts des peuples comme de la France, en définitive, et en l'alignant sur les choix anglo-saxons, il nuit grandement à l'image de notre pays dans le monde.  La France de Sarkozy conseillé par le CRIF devient le supplétif des guerres de l'OTAN, en rupture totale avec la politique voulue par le Gl de Gaulle et perpétuée par ses successeurs. Et elle risque de se retrouver impliquée dans un choc de civilisations contraire à ses principes, et lourd de risques pour le devenir de l'humanité. Bref, notre politique interventionniste, coloniale, alignée, imposant par la force un certain ordre mondial, unipolaire, est indéfendable.


La France ridiculisée à Durban.
 

Et nous avons été ridiculisés à Durban, avec une scénographie inscrite à l'avance, un coup d'éclat prémédité, anti-démocratique et grotesque, avec un CRIF donnant le signal d' évacuation d' une partie de la salle, alors qu'Ahmadinejad faisait pourtant une déclaration respectable, dans la droite ligne des grands discours tiers-mondistes. Que la France se prête désormais à de telles manipulations, est indigne d'elle.


Une politique intérieure inspirée par le CRIF 

La politique intérieure de la France porte également la marque du CRIF. Là aussi, le modèle impulsé par le Gl de Gaulle avec le Conseil National de la Résistance, est en pleine déliquescence, appelé à disparaître bientôt sous les coups de butoir de la Haute Finance ennemie des peuples. Tout passe peu à peu à la trappe, dans un silence médiatique assourdissant : Depuis les protections sociales jusqu'aux services publics, en passant par le Droit du Travail ou la Recherche. Et de surcroît, la laïcité est menacée par les intérêts catégoriels et communautaristes, divisant au lieu d'unir, et puis l'indépendance de la Justice risque d'être un souvenir, même chose pour la liberté de l'information, aux mains des sionistes, et un Etat totalitaire se met progressivement en place, pour mieux contrôler chaque citoyen... Tout, finalement, est réformé, "modernisé", dénaturé, la France de Sarkozy conseillé par le CRIF n'aura plus rien de commun avec celle d'antan: Il y aura un avant, et un après Sarkozy, la fin d'une Nation souveraine, fière de son modèle social, de ses valeurs républicaines, de sa laïcité, au profit d'un Etat à l'américaine, brutal, sauvage, doux aux forts, impitoyable avec les faibles... La France était maître de son destin, celui-ci lui est désormais imposé de l'extérieur, faisant d'elle un Etat couché, aligné, semblable à tant d'autres, notamment anglo-saxons.... Une France néo-conservatrice !!!! Bush était haï dans le monde entier, et c'est la France qui a hérité de son successeur, aussi fermé aux besoins de son peuple, aussi méprisant envers son pays, aussi cyniquement sourd aux intérêts des citoyens, aussi attentif au sort des plus nantis, et aussi va-t-en guerre. 




Et le CRIF se mêle même de donner des leçons aux magistrats français, en les sommant, via la Ministre de la Justice, de revoir leur copie, dans l'affaire Fofana... Et les pressions du CRIF auraient commencé avant même que la Cour n'aie prononcé son verdict !!!! Du jamais vu ! De qui se moque-t-on ? Même le Nouvel Obs et Marianne ont trouvé que, décidément, la soumission de l'Etat français aux diktats du groupe de pression qui représente la faction la plus radicale de la communauté juive, dépassait les limites !

Et bien sûr, le CRIF prend soin de placer ses partisans à la tête de tous les partis, pour que quels que soient le choix des Français (si l'on peut parler ainsi, puisque les choix sont désormais habilement et insidieusement suggérés, mieux dit, imposés par les Médias sionistes), un partisan de la politique atlantico-sioniste soit aux commandes ! (voir mon article, "Janus, la politique de l'imposture", http://r-sistons.over-blog.com/article-35281001.html). N'est-ce pas le chou-chou des Français bernés, D. Strauss-Kahn, qui a déclaré, dans une de ses plus célèbres citations : "Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc de la France, doit partout où il le peut, apporter son aide à Israël. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques".  Et un autre socialiste "bon teint", Delanoë,  déclare peu socialistement parlant et très crifiennement, "la création de l'Etat d'Israël ne serait pas l'installation d'une colonie juive en Palestine, mais au contraire la décolonisation de la Palestine occupée... par les Palestiniens et restituée à son peuple d'origine, les Juifs". Vous allez voter pour ces "socialo"-sionistes militants, vous ???  Et savez-vous que François Hollande avait promis au CRIF de purger le Quai d'Orsay et l'ENA de leurs éléments "arabes", s'il était élu ???? Janus...  la politique de Janus !

Moi, cette France-là, couchée, vassale, appliquant ce que des Institutions, véritables corps étrangers, décident pour elle, cela ne me convient pas, à plus forte raison, comme dit de Gaulle, s'il s'agit de "fiers et de dominateurs" ! La France dominée ??? Celle de 1789 ? Celle de l'Appel du 18 Juin ? Celle du Conseil National de la Résistance ?  Celle du modèle républicain, L
iberté, Egalité, Fraternité ? 

Et à propos de libertés, au fait, que deviennent-elles dans la France crifienne ??  Les médias, par exemple ? La journaliste que je suis, attachée au pluralisme, à l'indépendance de la presse, à sa neutralité... ne peut accepter la désinformation,  la propagande,  dans des Médias dirigés par les Industriels de l'Armement et orchestrés par la fine fleur sioniste. Désormais, la France est lanterne rouge de l'Europe, devançant même l'Italie de Berlusconi ! En avant les mensonges, l'abrutissement des Français, le mot d'ordre est, aujourd'hui: Empêchons-les citoyens de penser !

Et justement, la Police de la pensée crifienne veille.  L'humour de Dieudonné ne fait pas rire, et quand il se présente, pour dénoncer l'omniprésence des sionistes, que se passe-t-il ? Voué à la censure et même au diable ! On tente, bien peu démocratiquement, de l'empêcher de se présenter. Aujourd'hui, on promeut un journaleux sans talent parce qu'il a fait de l'Islamophobie son fond de commerce, Ph. Val, et on diabolise le talentueux Siné, qui a osé critiquer Israël ! Mais justement, "est-il permis de critiquer Israël" ? L'auteur de ce livre, Pascal Boniface, a éprouvé les limites de la liberté.  A ses dépens, comme Alain Ménargues, Richard Labévière, Jean-Marie Bigard, Marion Cotillard, Bruno Guigue, Aymeric Chauprade, Daniel Mermet, Edgar Morin, et.. et.. Dieudonné, évidemment !!! Pour ne citer que ceux-là.... Me Gilles-William Goldnadel  s'est fait une spécialité de poursuivre les esprits trop libres, gageons qu'un bataillon d'avocats va être mobilisé pour éplucher chaque mot de cet article, oui chaque mot, pour dénicher la faille, ah que la France sarkozienne, ou crifienne, est belle !!!  Oui, qu'elle est belle la patrie des Droits de l'homme aujourd'hui !!!!  Dieudo a le droit de se moquer des Islamistes, mais surtout pas de leurs clones fanatiques au sein du judaïsme ! Lynchage, chasse aux sorcières, Mac Carthysme, le grand jeu !  France, qu'as-tu fait de ta Liberté, l'un de tes trois grands principes républicains ??? Avec le tandem Sarkozy-CRIF, la liberté des journalistes est surveillée, et tout embryon de critique d'Israël est taxé d'antisémitisme ! Au menu des Médias, encore et toujours: La Shoah. Au TOP, 60 ans après !!! Et les 60 ans de la colonisation de la Palestine ? Silence médias sionistes...  Crif aidant, les chaînes publiques se comportent comme des privées, très privées... Armes de désinformation massives, arguments de mensonges massifs, formatages des esprits en chantant, en riant, en peoplisant, en mentant etc etc.... Les petits copains de Leymergie ou de Darmon sont là, ceux du CRIF aussi, et tout ce beau monde chaque jour s'évertue à laver nos cerveaux... la poudre Crif-Crif lave plus blanc !!! Vous avez dit Médias colonisés ?? 
(Voir mon blog r-sistons à la désinformation  
http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com )




Et il y a bien pire encore. Avec le CRIF, c'est comme avec les collines alsaciennes. Quand on atteint un sommet, on en découvre un autre !!!

Car en réalité, le CRIF et les Institutions du même style, déviantes par rapport au Judaïsme officiel (puisque les valeurs sont diamétralement opposées), le CRIF et ses amis, donc, sont déterminés à empêcher que soit diffusée toute opinion différente de la leur. Alerte ! La chasse aux sorcières est de rigueur : Ce climat rappelant celui du MacCarthysme, instaure une véritable terreur, les plus honnêtes et sincères des Français en ont fait l'amère expérience,  de l'Abbé Pierre à Raymond Barre en passant par le Préfet Guigue,  tous ont été ostracisé, montrés du doigt, exposés à la vindicte, et même mis en quarantaine ou poussés à démissionner ! Car il est interdit de critiquer Israël, sous peine d'être accusés d'antisémitisme ! Moi-même, alors que je ne supporte pas le racisme, notamment du fait de la multiplicité de mes origines, je figure abusivement sur le blog antisionisme-antisémitisme au TOP des antisémites, oui vous avez bien lu !! Car une pensée ou une parole libres vous condamnent aussitôt, dans la France du CRIF. Et les procès à répétition (généralement en pure perte) caractérisent désormais notre "démocratie irréprochable", exacerbant, en définitive, les tensions communautaires, faisant le jeu de l'antisémitisme que l'on prétend combattre !!! Et c'est une société totalitaire qui se met en place, lentement mais sûrement,  conséquence logique d'un climat malsain d'Inquisition, une épée de Damoclès est suspendue au-dessus de chaque Français, appelé à se mouler dans le cadre de la Pensée Unique. Gare aux esprits libres ! Ecoutons Freeman : " La stratégie du Lobby Israélien touche le fond du deshonneur et de l'indécence, et comprend la diffamation, les citations sélectives inexactes, la déformation volontaire d'un dossier, la fabrication de mensonges, et un total mépris de la vérité.  L'objectif de ce Lobby est le contrôle du processus politique par l'exercice d'un droit de véto sur la nomination des personnes qui contestent le bien-fondé de son point de vue, la substitution d'une justesse politique de l'analyse , et l'exclusion de toutes les options pour la prise de décisions par les Américains et notre gouvernement autres que celles qu'il favorise. " (blog les attentats du 11 septembre vus par une conspirationniste, article 3). Et en France, tout débat sur les relations avec Israël est devenu tabou ! Et impossible de trouver un vrai débat sur le renversement de la diplomatie française, sur les changements d'alliance en cours... On disserte sur le dernier fait divers, mais on n'aborde jamais les questions de fond engageant l'avenir de la France...

Liste noire de Juifs !


Un climat malsain

Ce climat de terreur est insupportable, il dénature les fondements mêmes de l'Etat français. Aujourd'hui, nous vivons dans un pays où règne la peur, l'intimidation, l'insinuation, la délation, la flagornerie, le chantage... Incitation à l'auto-censure, au rejet de l'autre (musulman, russe, chinois etc), à la guerre, voilà la France d'aujourd'hui, méconnaissable, hideuse, repoussante... Le CRIF et ses amis ont colonisé l'esprit des Français !  C'est une véritable dictature de l'esprit qui s'instaure jour après jour dans le pays de Voltaire... au point qu'il circule désormais une liste de Juifs opposés au sionisme, une Shit List, une liste des merdes ! Qui ose déclarer que certains Juifs sont de la merde ???? Ceux qui font la Une des Médias sionistes, aujourd'hui, sont les sionistes et leurs amis, à l'exclusion des autres , car il est interdit, aujourd'hui, d'avoir une pensée libre, réellement libre ! En France ! Tout cela prouve bien le caractère disproportionné de l'influence du CRIF et de ses amis, empoisonnant l'atmosphère ! Et privant notre pays de l'apport d'authentiques intellectuels, libérant la pensée ! Pouvant, s'ils le souhaitent, critiquer aussi Israël, publiquement, ou même douter de la Shoah, ou encore dénoncer la Pensée Unique imposée sur le 11 septembre !

Savez-vous que j'étais régulièrement interviewée lorsque je publiais mes livres ? J'ai des centaines de critiques, mais à l'époque, je ne connaissais même pas l'existence du sionisme !!! Et aujourd'hui, croyez-vous qu'un seul Média inviterait l'intellectuelle, l'esprit libre, que je suis, à débattre ? Lorsqu'il m'a interviewée, Philippe Bouvard a un jour dit: "Je n'ai jamais vu quelqu'un qui crève autant l'écran". Décapant ! Oui, mais pas dans les Médias sionistes ! Demandez à Monique Atlan si elle parlera du livre "Sarkozy, Israël et les Juifs" ! Non ! C'est ça, la liberté ?
 
Mais comme si cela ne suffisait pas, voici un nouveau sommet, une loi scélérate en préparation, de surcroît osant se prévaloir de ML King !  Pour criminaliser l'antisionisme, donc toute critique de la politique criminelle d'Israël ! Cette loi scellerait la mort définitive de la liberté de penser, d'opinion, de parole !!!  Elle serait une honte, un scandale !

Avant de me demander pourquoi le CRIF a pu ainsi, impunément, sans aucune entrave, coloniser la France, la prendre en otage, jouir d'une telle influence dans notre pays, je voudrais conclure provisoirement :

Oui, j'accuse un petit groupe, un réseau, un clan, d'avoir indûment, sans mandat, et à l'aide de laquais serviles dans les Médias comme au sommet de l'Etat, colonisé la France, après l'avoir infiltrée, influencée, au risque de la tuer, d'assassiner progressivement (et de manière insidieuse, occulte, cachée, presque honteuse, en tous cas malhonnête), tout ce qui en fait le prix, son indépendance nationale comme son modèle social, ses valeurs, ses principes républicains, ses traditions, son Histoire, ses libertés, sa laïcité, ses médias, sa démocratie... Cette colonisation est un véritable cancer, qu'il faut extirper avant qu'il ne gangrène tout le corps, définitivement !! 

Et j'accuse Nicolas Sarkozy d'avoir vendu la France pour le plat de lentilles du pouvoir, des honneurs, bref pour booster sa carrière ! Un seul homme s'est octroyé tous les droits, même celui de devenir le fossoyeur du pays qu'il dirige, même celui de le transformer au point de le rendre méconnaissable ! C'est un crime contre la France, contre ses intérêts, contre le peuple de France !

 

La France a désormais ses ennemis intérieurs, ceux de la République, ce qui devrait interpeller un Ministère de l'Intérieur soucieux des intérêts de notre pays ! Ces ennemis de l'intérieur sont au service de l'Etranger atlantico-sioniste !!!  Oui, un groupe d'hommes qui n'aiment pas la France, qui ne veulent pas son Bien, qui se demandent comme D. Strauss-Kahn chaque jour en se levant, comment ils peuvent servir Israël, ce qui n'est évidemment pas leur rôle, ce qui est une authentique trahison (je pose clairement la question : Comment réagirait-on en Israël si la France se permettait de coloniser le pays ?) !

En agissant ainsi, ces hommes qui en réalité ne représentent nullement la Communauté juive dans son infinie diversité (voir mon article "Juifs, Israéliens, sionistes, la foire d'empoigne,
http://r-sistons-actu.skynetblogs.be/archive-day/20080321, "Ah, le joli spectacle à "Ce soir ou jamais" sur France 3 ! Autant d'invités, autant d'avis différents ! Conclusion de l'animateur : "Etre Juif, c'est ne pas être d'accord les uns avec les autres"), tentent d'imposer, et d'abord aux Juifs eux-mêmes, un modèle unique, agressif, intolérant, qui risque de se retourner en premier lieu contre le grand peuple de la Bible, celui qui a enchanté notre enfance avec les fabuleuses interventions de Yahvé lui-même en sa faveur. 

 Oui, pour moi le CRIF porte atteinte au crédit des Juifs eux-mêmes, quotidiennement entraînés dans des voies idéologiques qui ont un très lointain rapport avec leur religion mythique, pétrie de ses Prophètes légendaires, et avec les grands principes donnés à Moïse. La Pensée juive est trahie dans ses fondements, complètement dénaturée, et les intérêts de cette Communauté sont desservis. Tout le monde y perd ! Comme nous sommes loin de la Sagesse de l'ancien Président du CRIF, Théo Klein, toute en modération et en ouverture !

La France, aussi, est trahie dans sa chair, dans son coeur, dans son âme. Car elle ne s'appartient plus en tant que Nation souveraine, les vrais objectifs du CRIF, et de Nicolas Sarkozy, sont soigneusement dissimulés, en tous cas jamais avoués, tout se fait derrière son dos, grâce à l'aide des Médias aux ordres, cachant honteusement les vrais enjeux, les changements profonds qui affectent notre pays (les bouleversements, devrait-on dire), oui dissimulant aux Français le fait que Nicolas Sarkozy est au seul service des plus favorisés, des Américains et des Israéliens, et que lui le Chef des Armées comptait changer toute la politique extérieure de la France et entraîner le pays dans des guerres qui ne sont pas les siennes, pour plaire à ses amis du CRIF et peut-être aussi parce qu'il est, comme  Bush, un cow-boy va-t-en guerre, en réalité complètement indifférent à la Sécurité de la France, à la Liberté, à la Démocratie, contrairement à ce qu'il prétend... Le peuple de France est concerné par son Destin, et pourtant tout s'accomplit dans les coulisses, avec des hommes de l'ombre !!!

Car, même si je n'aime pas le mot, je vais l'employer car lui seul convient en effet, il s'agit en réalité d'un complot contre les intérêts de la France, au seul service de l'Empire anglo-saxon et israélien, indifférent au sort des peuples, seulement adorateur du Veau d'Or,  vouant un culte cynique et malsain à Mâmon, le Dieu de l'Argent ! Et ce complot porte atteinte aux valeurs républicaines... Car le CRIF, en fait, débordant de son rôle initial, s'octroie une influence démesurée, le droit de regard et de décision sur toutes les affaires de la France, et sur le choix de ceux qui les conduisent, en constituant un Etat dans l'Etat, sans avoir été mandaté pour cela, et sans vraiment représenter la Communauté juive de France, si diverse, et moins radicale !

Nicolas Sarkozy, comme le CRIF, ont privatisé la République, au seul service de quelques-uns, les plus fortunés.  A nous d'ouvrir les yeux, ensuite de reconquérir nos droits, nos valeurs, notre Liberté. Pour défendre une conception SAINE de la politique, universelle,  pour défendre la cause de la Justice, du Bien commun, de la Paix.



Pourquoi les Institutions juives ont-elles, en France, un si grand rôle ?


Là, nous touchons au coeur du problème.  Car la France est le seul pays à avoir des Institutions comme celle du CRIF, totalement idéologique et envahissante. Pourquoi ? Une telle infamie n'aurait jamais dû arriver dans notre pays.

Un jour, le Général de Gaulle entra dans la vie des Français. Il lança le fameux appel du 18 juin, incitant à résister à l'intolérable qui venait de se produire.  Personne ne marqua autant que lui l'Histoire, la grande, de notre pays. Mais il avait des ennemis. Et celui qui le détestait le plus, justement, était Israël.  Car le Gl aimait plus que tout la Liberté. 

Israël a une spécialité, celle de se débarrasser sans scrupules de ceux qui le gênent. De Gaulle, méfiant à l'égard d'Israël, et des Américains aussi d'ailleurs (quelle acuité !), était très critique vis-à-vis de ces deux Etats. Il fit sortir la France de l'OTAN, puis il élabora une politique pro-arabe originale, enfin il défendit becs et ongles l'indépendance de la France. Bref, il indisposa Israël. Comment en venir à bout ? On ne supprime pas un homme de cette stature. Trop imposante !

Je prétends qu'à défaut, Israël tenta de tuer politiquement le Général. Comment ? En imaginant une situation pouvant le destabiliser. Et en envoyant un homme, un Allemand, un drôle de rouquin, Cohn-Bendit, fomenter en France une révolution. Celle de mai 68 !

Et la Révolution eut raison du Général. Un de chute !

Le même rouquin fut à nouveau envoyé en 2009 pour abattre le soldat Bayrou, dangereux rival potentiel de Sarkozy, puis le PS, et enfin pour "libéraliser" les Rouges Verts, en faire la roue de secours verdâtre, atlantiste et sioniste, du Capitalisme à l'agonie. Mais c'est une autre histoire: Celle du capitalisme vert.

Israël avait abattu un géant, mais pas le Gaullisme. Et dans le coeur des Français, de Gaulle, et son indépendance nationale, étaient toujours vivants. Précieux ! Et tellement gênants pour Israël, soucieux d'avoir les mains libres au Proche et au Moyen Orient, afin d'assurer sa domination sur la région et, au passage, de rafler les ressources de ses voisins. Et en effet, lors de la guerre d'Irak, le tandem Chirac-de Villepin, si gaullien, s'opposa avec panache aux ambitions anglo-saxonnes et israéliennes. Jamais le crédit de la France à l'étranger ne fût si grand !!!
  Avec des dirigeants fidèles à l'idéal gaullien, avec des Français attachés à l'indépendance nationale, avec des Hauts Fonctionnaires de l'Etat, au Quai d'Orsay comme à l'ENA, imprégnés des valeurs traditionnelles de la France, difficile pour Israël d'avoir les mains libres pour accomplir ses forfaits. Je prétends qu'après avoir "tué" politiquement le Gl de Gaulle, il entreprit d'extirper le grain de sable de la France qui se mettait en travers de ses projets de domination prédatrice.  Ce grain de sable, c'était justement le Gaullisme, cet idéal rassembleur et d'indépendance de la Nation. Un idéal qui fascine encore des individus de tous bords, à commencer par moi, pourtant résolument à gauche. C'est que le Gl transcende si bien les clivages, et il est visionnaire (Eurasie...), prophétique - et si intègre, une qualité qui se perd tant aujourd'hui !

Or donc, pour extirper définitivement ce "Mal" français, empêcheur de tourner, ou de dominer et de voler, en rond, et de surcroît si séduisant pour l'ensemble de la planète, donc susceptible de donner des idées, de susciter des émules, il fallait s'implanter en France, s'immiscer dans ses affaires, et en prendre le contrôle. Pour extirper à jamais cette sacrée indépendance française !  
Et voici comment, pour moi, les réseaux les plus influents du sionisme international, ou d'Israël, se mirent en tête de venir à bout de la France, et de son esprit rebelle, frondeur. Au risque de coloniser le pays, pour mieux le tenir à sa merci, pour mieux tuer son influence, et l'aligner, via de commodes marionnettes, sur la Pensée unique atlantico-sioniste.

Le pari a réussi. La France est à genoux, vidée de sa substance, et à la merci de ses nouveaux maîtres, se servant d'elle comme tremplin pour leurs ambitions personnelles ou pour leurs projets iniques et criminels. 

Mais en assassinant la France, Le CRIF et ses laquais (au Gouvernement, dans les Médias...) piétinent les intérêts de la Communauté juive en France, menacée par les excès mêmes de ceux qui se sont indûment octroyés tous les pouvoirs, en prétendant servir leurs frères.

Il y a des Ghozlan, et des Sophie Ernst (écoutez le passionnant débat opposant ces deux frère et soeur juifs que tout oppose: Débat "Les Juifs en France", diffusé le 28.2.9, 43 mn, sur Public Sénat. Une Sophie Ernst, par sa modération, son ouverture,  sa sincérité, son altruisme, combat mieux l'antisémitisme que tous ceux qui brandissent  constamment la Shoah et des accusations sans fondement. A voir absolument, remarquable débat !).

Il y a des Richard Prasquier, qui interviennent pour changer le cours de la Justice (affaire Fofana), et des Théo Klein (ancien Président du CRIF), qui est un Juste, pour la rendre.

Il y a des avocats (comme Goldnatel) qui partent en guerre contre tous les embryons de soupçons de risques.. d'antisémitisme, traquant la moindre virgule déplacée, et d'autres, comme Roni Brauman, le Médecin du Monde qui soulage les souffrances humaines,  pour servir la cause de la Justice.

Il y a des Rabbins qui militent pour la paix, une paix juste, et il y a même des Professeurs comme Yakov Rabkin pour publier un "L'opposition juive au sionisme" (2005). Il n'y a pas seulement des obsédés de l'antisémitisme, le voyant partout, même où il n'est pas !

  A. Burg


Et puis il y a tous les anonymes qui sont bernés par ceux qui prétendent parler en leur nom,  et qui ne veulent pas être tués une seconde fois par leurs prétendus défenseurs. Des hommes et des femmes qui aiment la France, qui sont bien intégrés, et qui ne souhaitent pas que le message judaïque soit perverti, pour devenir discriminant, eugénique, assassin. En d'autres termes, qui ne veulent pas que l'on tue le Juif pour modeler un Israélien différent. Bref, qui aspirent à vivre leur foi de façon apaisée, au lieu de se laisser entraîner à poursuivre les chimères d'une guerre sans fin contre tous. 
  C'est à eux que je fais appel, pour vaincre l'hydre institutionnelle issue de leur Communauté - au service de Mâmon, et qui les coupe du reste du pays. L'apport des Juifs à la communauté humaine est original, créatif, et attachant par la culture. Il ne doit pas être écrasé par une chape de plomb. La morale juive est exigeante, elle peut être un phare pour le monde, à condition de rester fidèle à ses grands principes, d'être attachée à ses devoirs plutôt qu'à ses droits. La vocation du Juif authentique est sacerdotale, dans la Bible il est écrit qu'il doit servir Dieu et l'humanité, et non la dominer.

La nation juive doit être exemplaire. Ses dirigeants, aujourd'hui, sont poursuivis pour corruption. Où est la fidélité aux textes sacrés ? 



Si l'on n'entend que la voix des promoteurs actuels du CRIF, alors des Dieudonné se lèveront, courageusement, pour les dénoncer. En perpétuant la France résistante de 1789 ou de 1940. En refusant le pouvoir occulte, prépondérant, malfaisant, d'un groupe sur la communauté humaine. 



Car la France se trouve aujourd'hui dans la situation paradoxale, totalement inédite, insensée, scandaleuse et menaçante, où, comme les Etats-Unis, elle ne recherche plus son intérêt, mais celui d'Israël. Il faut prendre conscience de cette aberration, si l'on veut vraiment s'en libérer, retrouver la maîtrise de notre destin.

Jeanne d'Arc a bouté les Anglais hors de France. Qui délivrera notre pays de ses chaînes ? Qui rendra à la France sa liberté, sa dignité, son honneur ? Des Juifs clairvoyants, comme Théo Klein ou Sophie Ernst ? Un autre gl de Gaulle, un Chevènement ? Ou nous-mêmes, dans un sursaut salvateur ?

Eva R-sistons





_________________________________________________________________________________________



NB J'ai horreur de cette image, car elle caricature le Juif
de façon scandaleuse. Néanmoins, je la mets pour
ce qu'elle symbolise, ce 2 poids 2 mesures intolérable:
Un seul pèse autant que tous les autres... Comme si, par ex,
la "Shoah" des Noirs, des Amerindiens, des Arméniens...
n'avait aucune valeur à côté !
Et par ex, la moitié des Tsiganes furent victimes de la Shoah:
Un mot pour eux, et tant  pour ceux, juifs, qui perdirent
un tiers des leurs ? La vie d'un Tsigane vaut-elle moins que celle
d'un Juif ? C'est contre cette injustice, ce racisme finalement,
que je m'élève... Eva


tampon JUIF

   Tsigane et Juif victimes de la Shoah


http://r-sistons.over-blog.com/article-36186594.html
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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 05:35





23 suicides à France Télécom en deux ans.

 

Entre 1995 et aujourd’hui, les effectifs sont passés de 140 000 à 80 000. Ces deux dernières années, ce sont 22 000 emplois qui ont été supprimés, dont 2957, rien que ces six derniers mois. Les dividendes versés aux actionnaires en 2008, se sont élevés à 4 milliards d’euros, représentent 65 000 emplois, et au premier trimestre de cette année, le « cash » était déjà de 4,1 milliards. Des chiffres astronomiques dont se gargarisent les managers de cette entreprise dont l’Etat, premier actionnaire, ne contrôle plus que 27%.

« Nous évoluons dans un environnement très concurrentiel » expliquent ces hauts dirigeants qui voudraient tant se débarrasser des ces milliers de fonctionnaires qui sont encore trop marqués dans leur tête par le service public. La première étape de la privatisation de France Telecom s’est traduite par l’arrêt des recrutements de fonctionnaires et l’embauche de travailleurs et de travailleuses, de préférence jeunes, sous contrat privé. Ils devaient « bousculer » les « anciens » pour faire de FT un leader mondial, un groupe aux dents longues fonctionnant comme les multinationales raflant les « marchés » - notamment les entreprises publiques de téléphonie d’Europe de l’Est, d’Afrique, d’Amérique latine, etc. que les gouvernements acquis au néolibéralisme privatisaient à tour de bras.

Les usagers n’étaient plus que des clients auxquels il fallait vendre des « produits à haute valeur ajoutée ». La « qualité de service » rendue aux usagers des milieux populaires a cédé la place aux services payants, impersonnels, gérés à partir de plateformes où règne le diktat de la productivité. Malgré la politique de division, des luttes se sont développées, unissant travailleurs sous statut public et travailleurs sous statut privé.

Pour pousser les fonctionnaires à partir, la direction a mis en place des méthodes de « management » dont l’objectif principal est de pousser les travailleurs à bout. Le tourbillon des restructurations s’est enclenché, instaurant un climat général de déstabilisation, de stress permanent, sur fond de brimades, de mépris pour les agents. Suppressions de postes et de services du jour au lendemain, propositions de « mutations » à des centaines de kilomètres du lieu de résidence, se succèdent pour pousser le maximum d’agents vers la sortie.

C’est ce que disent tous les textes laissés par ceux et celles qui ont fini par craquer.

Trop, c’est trop !

Des mouvements de protestation se sont développés spontanément. La colère n’a cessé de monter, d’autant que la Direction essayait de mettre cela sur le compte de la « fragilité » des victimes, poursuivant son plan de restructuration. Elle essaie de fuir ses responsabilités en renvoyant les agents vers des psychologues, des cellules d’écoute, etc.

Ce n’est pas de l’écoute que veulent les travailleurs de FT : ils exigent que cesse cette politique de restructuration permanente, que cesse le management par le stress, que cesse le harcèlement moral pour toujours plus de productivité.

Leur combat s’inscrit dans la défense des services publics, dans le refus des politiques de privatisation, de course à la productivité rythmée par les cours de bourse. Aujourd’hui, cette politique est responsable des suicides, dépressions et autres souffrances physiques et psychologiques à FT, à Edf et demain, ce sera La Poste promise à la privatisation.

Nous sommes solidaires de ce combat qui rejoint celui de l’ensemble de la classe ouvrière et des masses travailleuses qui refusent le diktat des monopoles, qui refusent d’être sacrifiés pour assurer le profit maximum.



Paris, 15 septembre 2009


Parti Communiste des Ouvriers de France



Retrouvez le témoignage d’un camarade travaillant à FT dans La Forge de septembre 2009


http://eldiablo.over-blog.org/article-36113352.html





Suicides chez France Télécom...
 



http://laplote.over-blog.fr/article-36097584.html



liste complète





http://laplote.over-blog.fr/article-35929168.html

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 05:25


Mardi 15 septembre 2009
Un Hortefeux, ça va ... le problème c'est quand il y a beaucoup...

 : c'est-à-dire toute une bande (de racaille) sarkozyste au pouvoir chargé de 
Défaire

méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance
 

Aussi, se focaliser sur l'un d'entre eux et exiger sa démission, comme ici:

http://www.charliehebdo.fr/petition_hortefeux/ c'est louable mais notoirement insuffisant.


Mercredi 28 janvier 2009

Défaire méthodiquement
le programme
du Conseil National
de la Résistance



Ce 28 janvier, à l'heure où le débat public est traversé par la question de l'opportunité de la grève en temps de crise, je pense utile (mais ne l'avais-je pas déjà fait?) de rappeler la nature du projet sarkozyste. 

C'est Denis Kessler, un idéologue du MEDEF qui l'a, à mon sens, le mieux qualifié :

"Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance".

 

L'après-guerre est terminée, l'avant-guerre commence donc. Je vous laisse le soin de deviner quelles classes sociales en sont les cibles.
Connaître la portée de l'attaque, l'avoir toujours en tête, doit aider les citoyens à définir le niveau et la nature de la riposte.
Sarkozy, démission ?  


Denis Kessler est un homme du pouvoir. Ancien numéro 2 du Medef aujourd’hui président du groupe Scor (un des plus grands groupes mondiaux de réassurance), membre du Conseil économique et social, de la Commission des comptes de la nation, il exerce plusieurs mandats d’administrateur, notamment au sein de BNP Paribas, Bolloré Investissement, Dassault Aviation… Il sévit en outre depuis peu en tant qu’éditorialiste dans le magazine économique Challenges. Voici ce qu’il y a écrit le 4 octobre, avec le parfait cynisme des « grands » de ce monde :

 

« Le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… (…) La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance.

Ce compromis (entre les communistes et les gaullistes) forgé dans une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc. Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux.»

Kessler rend ici un hommage – aussi éloquent qu’involontaire - au mouvement communiste et aux syndicats de classe, fers de lance de la lutte des travailleurs pour un progrès social qui a toujours été le « sous-produit » des combats des organisations révolutionnaires. Il souligne le lien entre leur défaite ou leur mutation et la régression sociale : dans sa course folle au profit maximum, le pouvoir du capital - et son gouvernement aux ordres - se sent désormais en position de détruire purement et simplement toutes les avancées sociales et démocratiques de l’après-guerre imposées contre les grands groupes capitalistes parrains du fascisme et du nazisme. Retraites par répartition, Sécu solidaire, fonction publique au service des usagers mais aussi droit du travail, services publics, conventions collectives, droit de grève, durée du travail… tout doit disparaître !

C’est dire l’importance du recul de civilisation programmé et l’urgence de répondre à cette offensive de classe par la construction d’un front de résistance populaire dont le cœur se situe dans la mobilisation des travailleurs et la convergence des luttes qui se développent contre la régression sociale tous azimuts. Comme l’écrit la CGT-Chimie : « Plus que jamais l’heure est à la résistance et à l’unité de toutes les luttes face à la politique de casse du pouvoir ». La journée de grève du 18 octobre contre la casse des retraites et des services publics (SNCF ; EDF-GDF ; RATP ; fédérations de fonctionnaires CGT et Solidaires ; CGT, FO et Sud Education ; CGT et Sud PTT ; SNU, CGT, FO et Sud ANPE ; …) est une étape importante dans cette circonstance même s’il est préoccupant que la direction FSU ait choisi de temporiser en n’appelant pas ouvertement à la grève au motif que la CFDT ne voulait pas en entendre parler, alors même que l’inquiétude des personnels de l’Education Nationale est grande et que leur volonté de lutter s’affirme ainsi qu’en témoignent les nombreux appels à la grève des sections départementales FSU pour le 18.

Face à un pouvoir décidé à taper vite et fort, le temps est désormais compté : soit nous réussirons à avancer dans la convergence de luttes que tout rapproche (sans oublier les luttes contre la baisse des salaires, l’augmentation du temps de travail et les délocalisations, la chasse aux travailleurs dits immigrés…) soit le gouvernement vaincra des luttes morcelées et nous assisterons à la ruine des espérances formulées il y a un demi-siècle par le CNR. C’est pourquoi partout, dans les lieux de travail, dans les facs, avec et dans les syndicats, doivent se multiplier les discussions, les réunions et AG inter-pro pour faire grandir, à partir des revendications des travailleurs, l’exigence d’un « tous ensemble » durable contre la régression sociale généralisée et pour la satisfaction des besoins populaires, seul capable de stopper Sarko-Medef et le pouvoir du capital.


   Le Tous ensemble et en même temps durable, il faut bien le commencer maintenant

  
POUR LA CONVERGENCE DES LUTTES !        

http://www.29janvier2009.fr/



 

 

 

Qu'importe-t'il donc de défaire méthodiquement au nom de leur merdonité libérale ? Le programme du Conseil National de la Résistance, d'une actualité troublante, notamment dans ses "mesures à appliquer dès la libération du territoire".

 

 

 Le CNR se réunit pour la première fois le 27 mai 1943, clandestinement, dans un appartement parisien, sous la présidence de Jean Moulin, représentant en France occupée du Général de Gaulle (installé à Londres puis à Alger comme chef de la France libre). Jean Moulin sera arrêté par les nazis en juin de la même année. Lui ont succédé Georges Bidault, démocrate chrétien, puis, à la Libération, le 15 septembre 1944, Louis Saillant, CGT.

Le CNR regroupait :

  •  
    • huit mouvements de RÉSISTANCE intérieure : "Combat", "Libération zone Nord", "Libération (Sud)", "Francs-tireurs partisans (FTP)", "Front national" (rien à voir avec le Front national actuel), "Organisation civile et militaire" (OCM), "Ceux de la Résistance" (CDLR), "Ceux de la Libération" (CDLL),
    • les deux grandes confédérations syndicales de l'époque : CGT (réunifiée) et CFTC,
    • six représentants des principaux partis politiques reconnaissant la France Libre, dont le parti communiste, le parti socialiste, les radicaux, la droite républicaine et les démocrates-chrétiens.

 

LE PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la RÉSISTANCE n'a pas d'autre raison d'être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n'est, en effet, qu'en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l'image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R. ,

délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s'unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d'action immédiate contre l'oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

I - PLAN D'ACTION IMMÉDIATE

Les représentants des organisations de RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l'oppresseur hitlérien poursuit avec l'aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d'un million de prisonniers, par la déportation d'ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l'emprisonnement de 300.000 Français et par l'exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.

Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l'armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d'abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l'avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l'envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l'espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l'Europe, a placés dans leur volonté d'abattre l'Allemagne nazie, par le déclenchement d'opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l'épreuve décisive.

Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu'il mette tout en oeuvre afin d'obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la RÉSISTANCE ne veulent pas et d'ailleurs ne peuvent pas se contenter d'une attitude passive dans l'attente d'une aide extérieure, mais qu'ils veulent faire la guerre, qu'ils veulent et qu'ils doivent développer leur RÉSISTANCE armée contre l'envahisseur et contre l'oppresseur.

Ils constatent, en outre, que la RÉSISTANCE Française doit ou se battre ou disparaître; qu'après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l'offensive des Français contre l'ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.

Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l'ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l'union des patrons et des ouvriers, l'échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l'appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l'armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu'il doit poursuivre et accroître cette lutte.

En conséquence, les représentants des organisations de RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Déclarent que c'est seulement par l'organisation, l'intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l'union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l'a dit le Général De Gaulle, de l'insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l'autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d'assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

Ils ont l'espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l'état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l'aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l'ennemi commun, ainsi que l'a démontré l'exemple glorieux des patriotes corses.

Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l'armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

***

Pour mobiliser les ressources immenses d'énergie du peuple français, pour les diriger vers l'action salvatrice dans l'union de toutes les volontés, le C.N.R décide :

D'inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d'entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n'existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l'autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d'action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.

Le but des ces comités sera, à l'échelon communal, local et d'entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l'ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l'assistance active à l'égard des patriotes sous l'impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d'entraîner les Français qu'ils auront su grouper à l'action armée pour la Libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d'oppression et d'exploitation imposées par l'ennemi, de l'extérieur et de l'intérieur.

Ces comités devront :

1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l'ennemi et augmentant le potentiel humain de la RÉSISTANCE ;

2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;

3) Développer l'esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

4) Développer, d'une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés; d'autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d'obtenir l'augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l'ennemi, de façon à rendreà la population un minimum de vital en matière d'alimentation, de chauffage et d'habillement ;

6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers,des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d'installations industrielles pour le compte de l'ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l'ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

8) Défendre à l'intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l'Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.

Tout en luttant de cette façon et grâce à l'appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d'entreprises devront en outre:

a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l'Intérieur par l'accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organisées milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l'encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l'ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l'établissement effectif de l'autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l'autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l'état major national des Forces Françaises de l'Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l'ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d'armes et de munitions afin d'en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2) Faire distribuer les dépôts d'armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l'avenir immédiat ;

3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l'échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d'efficacité ;

4) Coordonner l'action militaire avec l'action de RÉSISTANCE de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d'appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d'empêcher les réquisitions de vivres et d'installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l'occupant provisoire.

***

Ainsi, par l'application des décisions du présent programme d'action commune, se fera, dans l'action, l'union étroite de tous les patriotes, sans distinction d'opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l'insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l'effort et les sacrifices de tous, sera avancée l'heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d'immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d'entreprendre au lendemain de la libération la plus grande oeuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en oeuvre pour atteindre ce but qui est la Libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du C.N.R. proclament qu'ils sont décidés à rester unis après la Libération :

1 ) Afin d'établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l'indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2 ) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l'éviction dans le domaine de l'administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l'ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3 ) Afin d'exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l'établissement d'un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d'occupation, ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l'armistice par les gouvernements de l'Axe et par leurs ressortissants dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4 ) Afin d'assurer :

·        l'établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

·        la pleine liberté de pensée, de conscience et d'expression ;

·        la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères ;

·        la liberté d'association, de réunion et de manifestation ;

·        l'inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

·        le respect de la personne humaine ;

·        l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

  •  
    • l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie ;
    • une organisation rationnelle de l'économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l'intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l'image des États fascistes ;
    • l'intensification de la production nationale selon les lignes d'un plan arrêté par l'État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
    • le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques ;
    • le développement et le soutien des coopératives de production, d'achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
    • le droit d'accès, dans le cadre de l'entreprise, aux fonctions de direction et d'administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l'économie.

b) Sur le plan social :

  •  
    • le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l'amélioration du régime contractuel du travail ;
    • un rajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine ;
    • la garantie du pouvoir d'achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;
    • la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale ;
    • un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ;
    • la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d'atelier ;
    • l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l'expérience de l'Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de l'industrie, par un système d'assurance contre les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d'accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d'un plan d'équipement rural ;
    • une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
    • le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l'efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l'action gouvernementale.

L'union des représentants de la RÉSISTANCE pour l'action dans le présent et dans l'avenir, dans l'intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourraient freiner leur action et ne servir que l'ennemi.

En avant donc, dans l'union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président, le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire, afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE


Une grande partie de ce programme a été effectivement appliquée après la guerre (sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des féodalités économiques à la Libération, droit à la culture pour tous, presse écrite délivrée de l'argent et de la corruption, lois sociales agricoles, etc). Ce programme de mars 1944 constitue encore de nos jours le socle des conquêtes sociales aujourd'hui menacées et méthodiquement démantelées.

 

 (1) Membres influents du MEDEF que je ne confonds pas ici, pour bien les connaître, avec le patronat qui se lève tôt et travaille dur, y compris dans le secteur de l'économie sociale et solidaire, ou encore ceux du secteur marchand qui turbinent dans les SCOP.


http://rupturetranquille.over-blog.com/article-27272860.html


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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 08:14
Dimanche 13 septembre 2009

dees

23.03.2008
La ponérologie politique ou la science de la genèse
du Mal appliqué à des fins politiques

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 08:10

Destruction du ghetto de Varsovie, avril 1943. - Wikipedia

août 3, 2009 par elmirfaouzi


LUDWIG GUMPLOWICZ :

LE THÉORICIEN JUIF DE LA SOLUTION FINALE

 

Ludwig Gumplowicz fut un célèbre politologue et sociologue dans les planètes académiques de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. Ce silence sur un académicien très connu de ses contemporains a de quoi intriguer tous ceux qui s’intéressent à l’histoire des disciplines universitaires et aux origines des sciences humaines. Aujourd4hui, les étudiants en sociologie, en droit et en sciences politiques citent volontiers Herbert Spencer, Auguste Comte, Max Weber ou Emile Durkheim mais ils ignorent tout de Ludwig Gumplowicz qui était connu en Europe et aux Etats-Unis grâce à ses ouvrages traduits en plusieurs langues. Les écrits de Gustave le Bon ou ceux de Gabriel Tarde nous sont familiers mais pas ceux de Ludwig Gumplowicz qui, pourtant, aurait dû figurer parmi les fondateurs de la science politique et de la sociologie. Ce silence, volontaire ou involontaire, sur un personnage académique de premier rang s’explique par la volonté des tenants actuels des sciences humaines de gommer autant que faire se peut les origines idéologiques de leurs disciplines qui, rappelons-le, furent l’oeuvre de théoriciens fortement imbibés de darwinisme social et de vision hiérarchique et classificatoire du monde de l’homme et de la nature. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les grands noms de la littérature anthropologique, ethnologique, historique, sociologique et politique de la fin du XIX et du début du XXème siècle et que les concepts de race, de hiérarchie et de luttes entre les races n’étaient pas l’apanage de quelques oiseaux rares tels que Gobineau, Chamberlain, Vacher de la Lapouge, Haeckel ou encore Ludwig Gumplowicz. Sans exagréation on peut dire que toute l’intelligentsia européenne de cette fin du XIXe et du début du XXème siècle était raciste et ses membres étaient des racistes patentés et convaincus de la supériorité de la race blanche, plus précisément de la race européenne, sur les autres races non blanches et non européennes.

 

Issu d’une famille de juifs polonais, Ludwig Gumplowicz est né à Cracovie le 9 mars 1838 et mort à Graz le 19 août 1909 en se suicidant lui et sa femme après avoir été atteint d’un cancer. Après des études de droit à Vienne et à Cracovie, Gumplowicz entame en 1875 une carrière dans l’enseignement d’abord comme professeur de droit constitutionnel avant de devenir professeur de sciences politiques en 1893 à l’université de Graz. Ludwig Gumplowicz est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « sociologie et politique », « précis de sociologie » et surtout « la lutte des races » publié en 1883, un livre traduit en plusieurs langues dont le français en 1893. Les idées et les théories de Ludwig Gumplowicz influencent un certain nombre de ses contemporains comme Vacher de Lapouge, Ammon, le sociologue américain Lester Ward, l’économiste Vilfredo Pareto et le futur leader fasciste italien, Benito Mussolini.

 

Dans son célèbre livre, « lutte des races », traduit en français et publié en 1893 à Paris par la librairie Guillaumin, Gumplowicz élabore une nouvelle théorie de l’histoire de l’humanité fondée, non pas sur la lutte des classes comme chez les marxistes mais sur la lutte des races. Pour l’auteur de la « lutte ds races », ce sont les races qui forment le noyau de l’histoire universelle et les sociétés humaines sont composées de races qui sont en guerres perpétuelles et qui « dans la lutte qu’elles soutiennent les unes avec les autres, sont des propagatrices du processus de l’histoire » (Lutte des races, p. 192). Une race est définie à la fois par des facteurs physiques, l’unité du sang mais aussi par des facteurs culturels et intellectuels, la langue, la religion, la coutume, le droit, la civilisation etc. Les caractères des races se sont produits naturellement et historiquement, grâce au « procédé d’histoire naturelle »(luttes des races.p.255). Mais la race n’est pas le produit d’un simple processus naturel mais le produit du processus historique qui est lui-même un processus naturel.

 

Dans les guerres perpétuelles auxquelles se livrent les races, « l’élément ethnique ou social puissant cherche à faire servir à ses buts tout élément ethnique faible qui se trouve dans son rayon de puissance ou qui y pénètre »(Lutte des races, p. 159). La domination et l’exploitation de l’élément ethnique faible par l’élément ethnique puissant sont une nécessité impérieuse imposée par une loi naturelle inflexible qui confère à une bande d’hommes suffisamment de forces et de pouvoir pour écraser les autres races et pour assujettir les autres bandes, hordes et tribus qui lui sont étrangères par le sang. La guerre et la lutte entre les races n’ont d’autre objectif que la domination et l’exploitation car « le but de toutes les guerres est toujours le même, quelles que soient les formes différentes sous lesquelles ce but est visé et atteint : c’est de se servir de l’ennemi comme d’un moyen de satisfaire ses propres besoins ». (luttes de races.p.175). L’exploitation et la domination des races inférieures par les races supérieures sont commandées non pas par la volonté de quelques individus mais par la nature humaine. L’élément ethnique supérieur se sert de la guerre comme moyen pour assujettir l’élément ethnique inférieur. Tout compte fait, la domination qui est le but ultime de toute guerre n’est pas autre chose qu’une division de travail imposée par la race dominante qui cherche à faire travailler et à exploiter les races inférieures en vue de perpétuer sa supériorité. La guerre elle-même est la manifestation de ces forces et tendances qui règnent au sein des sociétés humaines. La guerre est une nécessité pour les races que l’est, dans les tous les autres processus naturels, la perpétuité d’action des diverses forces de la nature.  Pour appuyer sa thèse de la lutte des races, Gumplowicz évoque l’histoire et le présent qui offrent l’image de guerres ininterrompues et perpétuelles entre les tribus, les peuples, les Etats et les nations.

 

Après avoir annoncé une première loi naturelle, celle de la légitimité et de la nécessité de la domination et de l’exploitation des races inférieures par les races supérieures, Gumplowicz annonce une deuxième loi naturelle, celle du syngénisme. Le terme grec syngenea, qui signifie parenté, parentèle, désigne un ensemble de facteurs unissant les membres d’une même race. Pour Gumplowicz, la nature a engendré sagement et prudemment non pas les sentiments « humains » mais les sentiments syngéniques qui sont à l’origine de la formation des bandes, des tribus, des États et des nations. Ce sont les sentiments syngéniques que font que certains groupes d’hommes qui, se sentant reliés entre eux, « cherchent à agir comme un seul facteur dans la lutte pour la domination » (Lutte des races. pp 241-242). À l’origine de la formation du sentiment syngénique, il y a la consanguinité mais aussi l’éducation, la langue, la religion, la coutume, le droit, les manière de vivre. Grâce au sentiment syngénique, de cercles consanguins et de groupes d’hommes se forment et se maintiennent dans le temps et dans l’espace avec « une conscience d’une origine commune ou qui croient à une origine commune » (p. ibid). Le sentiment syngénique dépasse largement en intensité les sentiments sociaux et les sentiments humains, car leur mode de formation s’appuie à la fois sur un substratum physique qui est la ressemblance physique et la consanguinité et sur la ressemblance intellectuelle des membres d’un même groupe. C’est l’existence de ce sentiment syngénique qui fait que les membres d’un État se sentent solidaires entre eux et qu’ils cherchent « à se donner comme particulièrement nobles, particulièrement distingués, comme des peuples élus parmi les autres peuples » (luttes des races.p.244). Le syngénisme est en définitive un sentiment qu’éprouvent les individus qui « se trouvent plus étroitement rattachés à un groupe d’hommes qu’à d’autres groupes d’hommes »(luttes des races.p.242). c’est aussi le syngénisme qui maintient la cohésion des races, qui les organise en divers corps d’armée et qui les dispose sans cesse en ordre de bataille.

 

Mais plus les sentiments syngéniques sont forts et affirmés dans un groupe, plus sa cohésion est grande et plus grande devient sa haine de l’étranger et de tout ce qui est étranger. Cette haine de l’étranger, produit naturel des sentiments syngéniques, se révèle comme une nécessité naturelle qui pousse certains groupes à exterminer les groupes étrangers à la première occasion.(p.247). Gumplowicz prend l’exemple des Boers chrétiens en Afrique du sud, les Boschimans et les Hottentots qui cherchent à s’exterminer mutuellement, car ils sont étrangers les uns aux autres du fait qu’ils n’ont de commun entre eux aucun des circonstances syngéniques. Les luttes permanentes entre les races s’alimentent sans cesse de la division de l’humanité en cercles syngéniques antagonistes. c’est le sentiment de la supériorité d’une race sur les autres races qui a donné naissance à l’histoire née « de ce besoin subjectif des hommes de glorifier ce qui leur propre et ce qui les entoure de plus près, en abaissant et en dénigrant ce qui leur étranger et ce qui est éloigné d’eux »(lutte des races.p.250). Ce sont la haine perpétuelle, l’antagonisme et l’antipathie entre les races qui empêchent la fusion entre les races et en dernier lieu la formation d’une humanité unifiée (p.256). Ce qui entrave l’amalgamation des races, c’est l’aversion de chaque race pour tout mélange sanguin avec les autres races et l’horreur de chaque membre de la communauté sanguine du mélange avec le sang étranger.(p.256). Outre le sang, il y a la langue qui est le « sang intellectuel, son être intellectuel » (Ibid) et la religion, ce puissant ciment des races en lutte les unes contre les autres. Ce sont les dispositions et les sentiments les plus naturels imposés par la nature qui constituent ce que Gumplowicz appelle la haine de race(Luttes des races.p.257) et qui poussent les membres de chaque race à mépriser la religion, la langue, les coutumes, les mœurs d’autres races et surtout à ne pas se mélanger pour garder la pureté du sang. Gumplowicz identifie d’ailleurs patriotisme et la pureté du sang.

 

Mais il arrive un moment où la perpétuelle lutte des races se transforme en lutte pacifique et juridique dans l’organisation du pouvoir, à l’intérieur de l’Etat. Pour le besoin de l’industrie et du commerce, l’élément ethnique dominant impose sa langue qui devient la langue dominante, laquelle langue dominante imposera à son tour sa domination sur les mœurs, les coutumes et les conceptions religieuses organiquement solidaires avec elle. Dès qu’un groupe commence à parler la même langue, à avoir une même religion, les mêmes mœurs et les mêmes coutumes et les mêmes manières de vivre, on assiste à une circulation du sang entre les mêmes membres d’une communauté et « dès que la nouvelle race possède cette structure, une lutte s’engage nécessairement et inévitablement avec toute autre race au contact de laquelle la nouvelle vient à se trouver ; et dans cette lutte se déplace la fureur qui jadis faisait rage entre les éléments unifiés aujourd’hui »(Lutte des races.pp 259-260). La race qui vient triompher est poussée par ses penchants naturels à chercher des lieux où réside d’autres races étrangères « afin d’entrer derechef en contact avec elle et de recommencer la lutte qui menaçait de s’arrêter »(Lutte des races, p.260). Cette volonté de dominer et d’exploiter les races inférieures par les races supérieures définit la loi du mouvement qui « est l’âme proprement dite de l’histoire, car elle produit, par une circulation toujours nouvelle, la lutte des races, l’unité de langue, la communauté de civilisation et elle ne cesse de propager de plus en plus loin les éléments capables de vivre, en refoulant du sol ceux qui en sont incapables »(Lutte des races.p.260). Pour Gumplowicz, la perpétuelle lutte des races est la tendance naturelle du mouvement de l’histoire et elle définit la loi même de l’histoire « tandis que « la paix perpétuelle » « n’est que le rêve des idéalistes »(Lutte des races.p.261).

 

Comme on vient de le voir, Gumplowicz explique tout par le facteur ethnique et par les races : les classes sociales et les castes professionnelles. L’exploitation d’un groupe ethnique par un autre est justifiée par la nécessité de la lutte des races entre elles même si le syngénisme n’est nullement réductible au seul facteur biologique. C’est cette vision racialiste que Ludwig Gumplowixz ensiegne à plusieurs générations d’étudiants pendant plus de vingt ans en tant que professeur de sciences politique à l’université de Graz. Cela donnera une idée de la formation qu’on pu recevoir les politiciens européens et américains du début du XXème siècle. Par conséquent, il y tout lieu de penser que les théoriciens du nazisme ont subi de plein fouet les idées racialistes professées par Ludwig Gumplowicz. Contrairement à l’historiographie politique actuelle fabriquée après la seconde Guerre mondiale, ce ne sont ni Gobineau ni Houston Stewart Chamberlain qui sont les inspirateurs du racisme nazi. Ce qui nous fait dire que ce n’est pas Gobineau mais Gumplowicz qui a été le principal inspirateur du racialisme nazi, c’est que Gobineau a certes affirmé la supériorité de la race aryenne mais il n’a jamais appelé à l’exploitation et à la domination des races inférieures par des race supérieures. Gobineau a sans doute une vision hiérarchique des races mais son racisme s’apparente à un paternalisme tel que celui des castes indiennes. D’autre part, Gobineau qui n’a pas l’envergure intellectuelle d’un Gumplowicz est plus un littérateur flamboyant qu’un théoricien rigoureux. Gobineau devient célèbre après l’arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne et non pas avant, ce qui exclut toute ascendance intellectuelle du Comte sur les idéologues du nazisme. D’ailleurs, ces derniers n’ont pas attendu le Comte de Gobineau pour élaborer leurs thèses racialistes ; ils n’ont fait au fond que piocher dans l’abondante littérature anthropologique, philosophique, sociologique, ethnologique, et historique de leur temps qui faisait la part belle aux idées et aux théories racistes. L’idée selon laquelle Gobineau est l’inspirateur du racisme nazi est l’œuvre d’une historiographie européenne qui a été trafiquée après la fin de la Seconde Guerre mondiale pour faciliter l’intégration de l’Allemagne dans le camp occidental. Depuis 1945, l’histoire européenne a été sciemment retravaillée et réécrite pour créer une association d’idées entre nazisme et racisme alors que l’intelligentsia européenne de la fin du XIX et du début du XX siècle était profondément raciste et imbibée de darwinisme social et de racialisme. On a vainement cherché à cacher la forêt par l’arbre en prenant comme bouc émissaire le Comte de Gobineau comme l’inspirateur des conceptions racistes des nazis alors que cet écrivain et littérateur fait figure de piètre théoricien du racisme à côté d’un Ludwig Gumplowicuz qui, comme nous l’avons vu, professe la haine de l’étranger et justifie, par des renvois historiques, les guerres entre les races, la domination et l’extermination des races inférieures par les races supérieures. Il est difficile de dire si Hitler avait entendu parler de Ludwig Gumplowicz mais ce qui est sûr ce que le Führer avait pour modèle et admirateur, Georg von Schönerer(1842-1921) qui était l’exact contemporain de l’auteur de la « Lutte des races ». En tout cas, même si Hitler ignorait l’existence ou les idées de Ludwig Gumplowicz, les grands théoriciens nazis comme Carl Schmidt, Friedrich List, Richard Wagner, le beau père de H.S. Chamberlain, connaissaient sans doute et avaient entendu parler de Ludwig Gumplowicz. Les lois de Nuremberg du 15 septembre 1935 promulguées dans le but de maintenir la pureté du sang allemand en interdisant le mariage entre juifs et citoyens allemands ne sont pas une invention du régime nazi mais leurs instigateurs ont sûrement été inspirées par les idées du théoricien juif Ludwig Gumplowicz qui croyait dur comme fer l’existence de races supérieures habilitées et guidées par les lois de l’histoire pour dominer et exterminer les races inférieures. Ludwig Gumplowitz n’avait sans doute pas prévu les conséquences de ses idées mais il a certainement contribué à forger les armes théoriques des idéologues nazis pour procéder à l’extermination des races inférieures, les Tziganes et les Juifs.

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : Ludwig Gumplowicz, darwinisme social, guerre raciale, lutte des races.

 

 

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 08:08

L’invention de « la théorie du complot »

Le texte qui suit est consacré à l’invention de « la théorie du complot » par la sociologie libérale (Popper, Boudon, Taguieff), et faussement attribuée à la contestation radicale. Mais l’on verra aussi comment ces dénégations de complots constituent finalement un aveu, et comment cette « théorie du complot », débarrassée de ses traits caricaturaux, peut servir à comprendre la marche réelle des affaires.

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I. Qui dénonce le mensonge, y compris avec l’appui des faits les mieux établis, échappe rarement à cette même accusation en retour. Les faits sont niés. La notion même de fait, récusée. Il s’agit de « construction ». Vous voyez midi à votre porte, mais pour d’autres il est minuit ; et pour d’autres encore ce mot de midi ne renvoie à aucun fait en soi. Tout au plus vous êtes-vous imaginé ce milieu du jour où le soleil atteint son zénith, comme ces malades mentaux atteints de radiophobie qui aux alentours de Tchernobyl, s’imaginent victimes de radiations nucléaires, quand ils ne souffrent que de peurs répandues par de pernicieux obscurantistes. En somme, rien n’est vrai et la vie est un songe auquel j’assiste en spectateur, faute d’en rien savoir ni d’y rien pouvoir de positif. Mais cet « énoncé » serait déjà trop arrogant pour un « déconstructeur ». Quel est ce « je » qui pérore ainsi, et radote le paradoxe du Crétois ? Car s’il est vrai que rien n’est vrai, c’est faux, et si c’est faux, alors il y a du vrai. Tandis que rien ne permet de dire, ni de nier, qu’un certain Derrida, né en 1930, aurait été l’initiateur de la « déconstruction », ni qu’il serait mort en 2004 d’un très objectif cancer du pancréas, pour lequel il aurait requis, en vain, les secours de la médecine. Ce n’est qu’un point de vue, une « construction » parmi une infinité d’autres possibles, toutes également subjectives, l’horizon de l’objectivité reculant au fur et à mesure de l’approche du déconstructeur. Deux conséquences ont beaucoup fait pour le succès de la déconstruction. D’une part l’ouverture de chantiers sans fin et de travaux à jamais en cours garantissant un emploi pérenne au personnel universitaire, puisque selon le dictionnaire des idées reçues : « L’imbécillité consiste à vouloir conclure. » D’autre part la quiétude procurée par cette impossible vérité. Si rien n’est vrai, tout est permis.

N’importe quoi ou rien du tout. C’est que la vérité contraint sous peine d’inconséquence, c’est-à-dire assez vite de fâcheuses conséquences ; quand son absence ou son élusivité libère tous les possibles : tous également vains. Voilà pourquoi toutes sortes d’étourneaux, d’ordinaire joyeux et tout à la dérision, s’indignent à l’évocation d’une vérité possible et – forcément – unique. Dans l’espace-temps que nous partageons, l’existence des chambres à gaz d’Auschwitz est non moins sûre que le plus court chemin d’un point à un autre. Mais ceux qui ne veulent ni obéir à leur conscience, ni en subir de reproches, doivent pour se sortir de contradiction accuser de tyrannie les véridiques : martyrs et géomètres.

Nos post-modernes nous ont ainsi révélé « que toute pensée cohérente portait en elle le totalitarisme, comme tout jugement tranché relève de la pratique policière. » (J. Semprun. « La nucléarisation du monde ». 1986, E. Lebovici) Pour la couleur locale, nommons les Grenoblois Maffesoli et Lipovetsky, dont les ouvrages programmatiques (« Au creux des apparences », « Le temps des tribus », « l’empire de l’éphémère », « Le crépuscule du devoir », « l’ère du vide »), informent la sous-culture journalistique du bonheur trop méconnu de nos sociétés technopolitaines, tout en fournissant à ces sociétés leur idéologie en kit. Dans ce meilleur des mondes possibles, où tous les points de vue coexistent et s’annulent réciproquement, aimablement, dans un éclectisme languide, croire en la vérité reste la dernière opinion choquante, simplement parce que la vérité seule est révolutionnaire.

A quoi se connaît-elle ? demandera-t-on. Au soin qu’on met à la cacher. Cette société que l’on a diversement qualifiée d’industrielle, technicienne, des loisirs, de consommation, du spectacle et, récemment, de l’information, se révèle à l’examen une société du secret, et ceci constitue d’ailleurs son premier secret, celui qui couvre tous les autres. Secret scientifique, industriel et commercial, secret défense et services secrets, zones interdites et archives classées, sociétés écrans, paradis fiscaux, circuits financiers électroniques, censure par le silence ou par le bruit. Dans cette société prétendue « ouverte » par ses apologistes, il n’est rien de si difficile que de saisir une vérité partielle et d’en tirer le fil au-delà du voile de « transparence » et de communication derrière lequel on dérobe la vérité vraie ; car la vérité, c’est toute la vérité.

Si l’on qualifie les services secrets d’Etat dans l’Etat, c’est que le privilège du secret leur assure la supériorité sur l’extérieur de l’appareil. Les services secrets sont à l’Etat ce que l’Etat est au public. Et cette vérité pleine et entière à laquelle on arrive immanquablement chaque fois que l’on dévide la pelote, c’est que depuis des siècles nous sommes gouvernés par une société secrète que l’on nomme l’Etat ; et que ce secret est le premier secret de la société du secret…

On a vu souvent les services secrets fomenter des révolutions dans leur propre pays. Ainsi le KGB, la Stasi et la Securitate voici une vingtaine d’années. Les régimes passent, l’Etat reste. Il est simplement nécessaire d’en changer le nom quand il est trop compromis, et quelques règles quand elles menacent sa pérennité. Mais jamais cette évolution n’altère sa nature profonde. C’est ce qu’on nomme la « continuité de l’Etat ». Ce secret est aussi un secret de polichinelle. C’est devenu un cliché depuis qu’Edgar Poe a publié son conte de « La lettre volée » de dire qu’on ne pouvait mieux cacher quelque chose qu’en la mettant en évidence. Quoique bien des dissimulateurs auront trouvé plus sûr d’enfouir si bien leur secret qu’on n’en soupçonne pas l’existence. Ainsi est-ce en mars 2006 que Libération nous aura appris celle d’un programme secret de guerre biologique, mené entre 1921 et 1972 par le Centre de Recherche du Service de Santé des Armées (CRSSA). Mais pour un secret dont le huitième émerge après coup, quand cela n’a plus d’importance ou que cela devient utile, combien d’enterrés avec leurs dépositaires, et combien, surtout, continuent souterrainement d’agir sur le monde ?

Le règne du secret est d’une évidence telle qu’on en fait des films, des livres, des émissions, dites de fiction ou d’information, peu importe, et ainsi cette concurrence des leurres sert à discréditer l’existence de vrais secrets comme autant de contre-feux. L’existence d’armes ou d’unités secrètes, par exemple, est reléguée au rang de superstitions, au même titre que les incursions d’ovnis et d’extra-terrestres. Dix-neuf ans après la fermeture de B2-Namous, le Nouvel Observateur révélait l’existence de cette base française d’essais d’armes chimiques de plusieurs milliers de kilomètres carrés dans le Sahara algérien (N.O, 23/10/1997), ce qui n’est pas rien, mais aussi la complicité foncière des liens entre états et armées, français et algériens, quels que soient leurs simulacres de chicanes officielles, ce qui est bien plus. Seule manquait la localisation actuelle des essais chimiques de l’armée française depuis 1978. A Mourmelon ? Au Bouchet dans les Yvelines ? Simultanément, la révélation sporadique et partielle de secrets faux ou éventés renforce ce climat de superstition et fait planer une menace tacite. Les plus fortes têtes doivent se demander « et si c’était vrai ? », et dans le doute s’abstenir. La vraie révélation de secrets obsolètes, c’est la confirmation de l’existence du secret.

Il faudrait d’ailleurs examiner dans quelle mesure certaines superstitions n’ont pas été sciemment répandues, afin de rendre toute réalité douteuse et menaçante, comme l’on a répandu des nuages de bactéries au-dessus de New-York et de San-Francisco afin d’ajuster de futures attaques biologiques. (cf. D. Leglu. La Menace. R. Laffont. 2002)

Mais de toute façon, qui aime aller dans les bois, ou descendre de nuit à la cave ?

Autre cliché, nous avons tous dans la rétine un point dit aveugle, où se connecte le nerf optique. Est-ce Bataille qui le premier a comparé ce point aveugle à celui que nous avons dans l’entendement ? L’évidence, souvent, se cache dans ce point aveugle, tel le nez au milieu de la figure. On ne voit pas, justement parce que cela crève les yeux. Reculez d’un pas, cette évidence vous saute aux yeux, comme une forme jaillit du fond d’un tableau. Et qu’est-ce qu’une idée, sinon une saillance de l’informe ? Nous, sans-pouvoir, devons rendre visible l’ordre caché du pouvoir, derrière l’apparence de chaos dont il s’enrobe.

Il paraît aussi qu’à son premier voyage, des îliens d’Océanie ne voyaient pas l’énorme bateau à l’ancre devant leur plage. Simplement parce que ce vaisseau fantastique ne renvoyait à aucune configuration neuronale dans leur conscience passée. Le pouvoir qui façonne notre expérience exerce sur nous une hypnose similaire : voyant le monde par ses yeux, nous voyons très franchement des mosquées à la place des usines, de la neige au lieu d’un ersatz de bactéries et de protéines, de bons savants à la place d’assassins.

Mais les voisins du laboratoire P4 de Lyon, ou du centre de retraitement des déchets nucléaires de La Hague, ne les voient pas plus qu’on ne voit l’Institut Laue-Langevin sur la carte de Grenoble affichée dans les panneaux Decaux. C’est pourtant une curiosité unique au monde, et digne d’être signalée, qu’un réacteur nucléaire en pleine ville. Monseigneur Berkeley, l’évêque du solipsisme, qui ne reconnaissait pas de réalité hors de lui-même, prenait pourtant soin de regarder avant de traverser la rue, ce qui lui évita de périr écrasé comme Roland Barthes par un autobus. Jacques Derrida ne parvint pas à déconstruire son cancer qui n’était pourtant qu’une question de point de vue. Peut-être est-ce l’industrie du cancer qu’il eut fallu déconstruire, à commencer par les usines chimiques et les laboratoires pharmaceutiques, et en achevant par les cancéropoles.

Quant à nos oracles post-modernes qui avaient ratiociné la fin de l’histoire et des « grands récits », la dispersion du sens, de l’individu, de la société, sous la bulle close d’un immense parc de loisir, dans l’ivresse d’un perpétuel instant, on voit bien qu’ils ne parlaient que d’eux et de leurs étudiants. Cependant qu’ils se grisaient dans l’ultime fête des fous à l’abri définitif, croyaient-ils, de leur cloche de verre, l’histoire, au contraire de leurs hallucinations, connaissait l’accélération de grandioses débâcles. Avec l’intensification de l’économie planétaire unifiée ressurgit un messianisme d’autant plus agressif qu’on l’avait refoulé. Il n’y a plus de réserve ni d’ailleurs, et, n’en déplaise aux embrouillés de la « complexité », jamais le réel n’a été aussi « simpliste », laminant les rêves centristes et juste milieu de la classe moyenne, entre l’infime oligarchie planétaire et la prolifération galopante d’une populace de parias, qu’il n’est même plus intéressant de « gérer ». Jamais la lutte finale n’aura mieux mérité son nom. Non seulement parce que dans ce monde fini plus personne n’échappe au duel terminal entre dominants et dominés, mais parce que dans son perpétuel besoin d’expansion et de technification, c’est le milieu lui-même que la domination a engrené, donnant ainsi au conflit une dimension apocalyptique. De son issue dépend maintenant la survie de l’humanité et la fin du monde.

Marx vous l’avait bien dit : cette guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, finit toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société toute entière, soit par la destruction des deux classes en lutte. Ceux qui s’intéressent à la « mondialisation » et à la fuite en avant technologique trouveront dans ce manifeste de trente pages, rédigé voici 160 ans à l’intention des ouvriers, des explications plus claires et perçantes que toute la logorrhée alterno-universitaire excrétée depuis vingt ans sur le sujet. Mais il paraît qu’en-dehors de Finkielkraut, plus personne n’est capable de lire ce que lisaient les ouvriers d’autrefois.

On se souvient de Philipullus le Prophète, vêtu d’un drap et agitant sa clochette pour annoncer par les rues de la ville que les temps sont proches et qu’il faut se repentir. On ne compte plus désormais les mises en garde d’éminences académiques et scientifiques contre les risques de destruction de la Terre et de ses habitants, à laquelle ils avaient jusqu’ici collaboré de tout leur zèle rationnel et progressiste. Il n’en manque pas pour confier mezzo-voce « que c’est déjà trop tard ». Ces gens-là étant les mieux placés pour savoir ce qu’ils ont fait, on ne désespère pas de voir, avant la fin des temps, la foule courir sus les blouses blanches au coin des rues, et leurs chefs se promener au bout des piques. Depuis le 6 août 1945, le spectre de cette fin du monde n’a cessé de croître, obsédant aujourd’hui jusqu’aux discours d’Etat. Une catastrophe qu’on ne peut plus nier ni empêcher peut encore servir à renforcer le pouvoir de ceux qui l’ont provoquée, par la déclaration de l’état d’urgence, comme en Louisiane après l’ouragan Katrina. Ces mêmes écocidaires qui ont imposé la destruction du milieu au nom de l’économie absolue, qui ont écrasé depuis 40 ans la critique écologique, se muent déjà sous nos yeux en dictateurs écologistes au nom du salut public. La même dévotion de masse qui avait sacralisé le gaspillage et la destruction, va re-sacraliser la lésine et le ménagement des paysanneries âpres au gain, sous l’ordre « naturel » des hiérarchies traditionnelles. Il n’y manquera ni le rationnement, ni le marché noir.

Rien, pourtant, n’était moins imprévu depuis des décennies, que ces déluges annoncés par tant de cassandres et prophètes de malheur. Ils ne pouvaient pas toujours arriver après nous. Mais on peut toujours en rendre coupables les oiseaux de mauvais augure, et les éradiquer comme autant de porteurs du virus H5N1. Ce spectre, bien sûr, est celui des 100 000 Japonais consumés dans l’holocauste nucléaire à la gloire du Moloch scientifique – car l’extermination, comme à peu près toute chose, est devenue scientifique. D’où la fameuse une du Monde, le 8 août 1945 : « Une révolution scientifique. Les Américains lancent leur première bombe atomique sur le Japon. »

Dans l’extermination des Juifs d’Europe, il restait, malgré tous les efforts des chefs nazis, de la haine, c’est-à-dire un sentiment, et du face à face entre bourreaux et victimes, c’est-à-dire de l’archaïsme. Par ces deux traits et quelle que soit son ampleur, elle présentait plus de similitude que de différence avec celle des Tutsis et des Amalécites. Avec les expériences in vivo d’août 1945, l’humanité a compris qu’il n’y avait plus besoin de motif, même délirant, à l’annihilation de masse – tout au plus d’un simple gain tactique et opérationnel. Elle a vu comme l’éthique guerrière avait évolué de Guernica à Hiroshima, en fonction des dernières avancées des connaissances ; et que n’importe quelle de ses fractions en pouvait être victime à n’importe quel moment, et non seulement les boucs émissaires traditionnels. Elle a admis que cette expérience répétée à grande échelle et sous des formes variées, civiles et militaires, entraînerait tôt ou tard sa disparition et celle d’à peu près toute vie. Et de fait, le projet Manhattan reste le modèle indépassé de toutes ces campagnes scientifico-industrielles, depuis l’explosion inaugurale. Maintenant, nous pouvons rire des craintes des vieux paysans, qu’on ne détraque le temps avec toutes ces bombes.

Les hommes d’aujourd’hui sont les ombres de ces morts radiographiées sur les murs d’Hiroshima, et c’est pourquoi ils sont si tristes. Ils attendent leur tour. Et s’ils ont tant de honte, de remords, et de besoin d’expiation, c’est d’appartenir à la même espèce que cette caste perverse, ayant abdiqué son humanité comme son inhumanité, pour se muer par volonté de puissance, en pure machine à détruire.

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II. Les journalistes qui aiment se croire dans le secret des dieux disent qu’il y en a peu ou pas ; qu’il est impossible de tenir un secret dans nos sociétés « ouvertes » ; que des fuites percent des pays les plus étanches ; et que ce qu’on ignore, des détails techniques, ne vaut pas la peine d’être connu. Ils répètent ainsi ce que leur disent les politiques, les militaires, les policiers, avec qui ils se flattent de déjeuner et à qui, entre gens supérieurs, ils rapportent en retour leurs propres observations sur les affaires et les personnes. On le sait parce que les uns et les autres finissent toujours par s’en vanter dans les livres qu’ils n’auraient pu écrire sans leur mutuelle collaboration. D’ailleurs la justice a confirmé l’an dernier, après plusieurs années de procédures, que le directeur et le chroniqueur militaire du Monde étaient bel et bien d’honorables correspondants de la DGSE (Direction Générale à la Sécurité Extérieure). Il est assez simple de tenir la presse nationale, celle qui donne le ton, du fait de sa concentration. Il n’y a par exemple, qu’un spécialiste des « services » par média, et dépendant d’eux pour une information qu’il est bien incapable de vérifier. De temps en temps, son contact lui glisse un avis exploitable, moyennant quoi il respecte fièrement d’autres confidences plus ou moins controuvées. Par empathie professionnelle, il se vit plus comme le porte-parole des « services » que comme l’oeil du public. Phénomène d’ailleurs commun, et les chroniqueurs scientifiques ne manquent pas plus de défendre la recherche que les chroniqueurs sportifs ne manquent de défendre les usagers de certaines trouvailles. En jargon de presse s’intéresser au suicide d’un ministre, au contrat Eurodif, ou à la police politique, c’est « faire un sujet parano ».

Une locution qui implique d’emblée scepticisme et distance des collègues et supérieurs hiérarchiques. Selon le glossaire de psychiatrie, la paranoïa « concerne des troubles du caractère spécifiés par l’orgueil, la méfiance, une susceptibilité exagérée, un jugement faux, une tendance aux interprétations qui favorise un délire et engendre des réactions agressives. » Dans le langage des postsoixante- huitards, l’adjectif parano indique soit l’obsession des menaces et des machinations, soit, par extension, le danger réel qui auréole certaines activités et organisations, ménageant ainsi un flou commode à une neutralité nerveuse. Bref, il faut être fou pour creuser des secrets d’Etat qui 1) n’existent pas 2) dégagent une de ces sensations d’effroi à laquelle nul ne peut se tromper, quoiqu’on ne l’ait jamais éprouvée. Ainsi l’affaire Alavoine fait-elle partie de ces rares sujets « parano » à avoir vu le jour.

Le 14 décembre 2002, Laurence Alavoine, ingénieur chez Schneider Electric, disparaît dans la Dent de Crolles, une montagne voisine de Grenoble. Trois mois plus tard, le premier article consacré à cette disparition nous apprend que cette marcheuse aguerrie, mariée et mère de famille, craignait pour sa vie et sa famille. « Diplômée de Polytechnique et des Mines, habilitée secret défense, elle a intégré la société en 1991, après trois ans passés chez Matra, où elle a participé au projet spatial Hermès. Chez Schneider, elle rejoint un des départements les plus sensibles : SES, pour Safety Electronics and Systems, également appelé Sécurité Nucléaire.

Entre 1996 et fin 2000, date à laquelle, elle quitte SES pour rejoindre des activités civiles, elle gère le montage technique et financier de rénovation de plusieurs centrales nucléaires dans les pays de l’Est. Après Tchernobyl, des financements de la Communauté européenne ont favorisé l’exportation du savoir-faire de Schneider vers l’Est. (…) A l’été 2001, puis en novembre, elle évoque ses craintes de « disparaître », sa connaissance « d’une affaire dangereuse » (Libération, 29 mars 2002) Elle parle notamment d’une mission qui aurait mal tourné en Ukraine, elle est suivie, se sent en danger. « Un autre membre de Schneider a raconté à Olivier Alavoine (NDR : son mari, lui-même ingénieur électronique) l’épisode d’une mort suspecte sur un site nucléaire ukrainien. En juin, elle s’interroge sur l’envoi de matériel nucléaire en Afghanistan, une hypothèse troublante dont elle fait part à son mari. » (Libération. 29 mars 2002) Les Nouvelles du Nucléaire font dire à ce mari qu’« Elle était au courant « d’histoires sensibles », notamment d’un envoi de matériel nucléaire en Afghanistan et de l’équipement électrique de bureaux appartenant au père d’Oussama Ben Laden » (http://resosol.org/TamTam/2002/Ttam0602Nuc.html). Ce qui, on en conviendra, est presque trop beau.

« A cette époque encore, elle archive de façon inhabituelle à son domicile les notes de frais de ses missions en Ukraine, Bulgarie, République Tchèque, ainsi que des copies de cartes de visite des personnes rencontrées lors de ces séjours. » (Libération. 29/03/02) En avril 2002, elle confie à sa soeur « qu’elle savait trop de choses, que c’était pire que l’affaire Elf. Cela m’a frappée car il s’agissait de la seule conversation sur son travail que nous ayons eue ces dernières années. » (Libération. 29/03/02) Le lendemain de sa disparition, son mari trouve dans la table de nuit un texte de douze pages où Laurence Alavoine « décrit quelques épisodes du département SES », « suggère aussi des faits troublants concernant la négociation de certains marchés, rapporte des propos de cadres sur des promesses de commissions. Le texte s’achève par une note biographique sur douze de ses collègues. » (Libération. 29/03/02) En recherchant le fichier dans l’ordinateur familial, Olivier Alavoine découvre que ce texte a été enregistré vers 11 heures, le matin même de la disparition de sa femme. Vers 15 heures, après avoir consulté la météo et averti son mari, elle part en montagne. En décembre, à Grenoble, le soleil se couche à 17 heures. Après coup, son mari juge bizarre cette balade tardive, en Chartreuse, à une demi-heure de voiture et dans un coin mal connu de sa femme, alors qu’elle a coutume de marcher dans le Vercors, juste au-dessus de chez eux. Mais nous avons tous nos coups de tête, et d’ailleurs un promeneur la voit sur le sentier du Trou du Glas, un site de spéléologie.

Le lendemain, 15 décembre, Olivier Alavoine alerte la gendarmerie. On retrouve la voiture de Laurence Alavoine au col du Coq, sous la Dent de Crolles, « garée sur la pente » , s’étonne son mari, alors qu’elle a, dit-il, « la hantise que le frein à main lâche. » (Le Monde. 5 avril 2002)

Pendant trois mois, « Olivier Alavoine utilise ces archives pour mener son enquête, contacte les personnes dont il a trouvé chez lui la carte de visite, approche des congrégations du massif de la Chartreuse réputées abriter des personnes se sentant en danger. Il a pu visiter le bureau de son épouse, sans pouvoir consulter la mémoire de son ordinateur professionnel. Il a fait lire le texte de son épouse à deux enquêteurs. Peu de commentaires en retour, l’attente de la fonte des neiges pour avoir davantage de certitudes. Par une ancienne relation, Olivier a pris contact avec un membre de la DGSE qui semble s’intéresser à cette disparition. » (Libération. 29/03/2002)

Le Monde (5 avril 2002) rapporte que dans son texte, Laurence Alavoine faisait allusion à « une enquête de la direction financière » à propos d’un versement « d’environ 200 kF » en Bulgarie, mais la direction de Schneider Electric à Grenoble se refuse à tout commentaire. Presque aussitôt après ces articles, le 12 avril 2002, un randonneur découvre le corps de Laurence Alavoine, « sous un sapin, dans un pierrier raide, recouvert en grande partie par la neige. » (Le Daubé. 13 avril 2002)

« L’autopsie révèle plusieurs fractures aux jambes. Mais aucune trace « suspecte », c’est à dire, ni coup, ni blessure par balle ou arme blanche, ni poison. En revanche, selon le médecin légiste, Laurence Alavoine aurait perdu connaissance à la suite de sa chute mais sa mort aurait été provoquée par le froid. » (Objectifs Rhône-Alpes. Mai 2002)

Le procureur de la République ne voit rien dans les circonstances de cette mort qui justifie l’ouverture d’une information, mais « Une enquête discrète des services spéciaux français serait aujourd’hui en cours. Le mari de Laurence Alavoine aurait même été longuement interrogé. Et le texte de 12 pages rédigé par la victime minutieusement décortiqué. (…) « Non, je n’ai subi aucune pression » assure Olivier Alavoine qui tient des propos beaucoup plus prudents et nuancés qu’il y a quelques semaines. » (Idem)

Il se peut fort bien que Laurence Alavoine soit morte d’un accident, au même titre que n’importe quel simple citoyen, et que certaines bizarreries et coïncidences entourant son décès ne soient rien d’autre. Par exemple, la découverte de son corps, dans une zone déjà ratissée par une centaine d’hommes, au moment où la publication d’articles sur sa disparition pointait l’attention sur les affaires nucléaires du groupe Schneider.

Mais toutes sortes de liens, comme on dit sur la toile, s’activent autour de cet accident. Le Grenoblois se souvient que Schneider, c’est l’ancienne société Merlin-Gérin qui dans les années 1960, remportait déjà de gros contrats d’électro-mécanique de sous-marins nucléaires. Le lecteur de journaux se rappelle des morts plus que suspectes, sans coup ni blessure par balle, arme blanche ni poison, dans l’affaire des « Frégates de Taïwan » par exemple – une affaire de rétro-commissions – où l’on vit un capitaine de vaisseau, un ex-agent de la DGSE, et un dirigeant bancaire, tomber de leur fenêtre. Le simple citoyen ne s’étonne pas que la voisine d’à-côté soit « habilitée secret défense », ni d’apprendre à quelles troubles et périlleuses activités se livre l’un des plus gros employeurs locaux. Il en serait plutôt fier comme un esclave peut avoir l’esprit maison. Le mari ne voit pas de meilleure raison à la disparition de sa femme que ces activités. Il enquête. Il a une relation qui a des relations avec un service secret. C’est à dire qu’il a des relations avec ce service secret où l’on prend ses raisons au sérieux. Soudain, c’est l’autre normalité, celle qui d’ordinaire va sans dire, qui déchire les apparences et fugitivement reprend le dessus. Dans ce monde tacite et réel, il va de soi que les moeurs des affaires, et surtout dans le secteur stratégique des hautes technologies, sont celles de sociétés criminelles avec lesquelles elles s’hybrident de plus en plus. C’est qu’à partir du moment où la guerre devient une branche des hautes technologies, celles-ci ne peuvent plus être que le théâtre de cette guerre.

Mais dès les origines, trafic et piraterie n’étaient que deux variantes d’une même activité, suivant les opportunités.

good-life

III. Les courtisans d’aujourd’hui ne se formalisent plus d’entendre dire que le roi est nu, ni qu’ils travaillent pour le crime organisé. Ils sourient juste qu’on puisse enfoncer pareille porte ouverte.

Insistez, et le plus irrité lâchera, comme une bombe à couper le souffle, le mot de fantasmes. Dans la langue du pouvoir, les fantasmes désignent toutes opinions négatives sur ses vices tacites. Parmi les plus communs, le soupçon qu’il pourrait sciemment, ou non, empoisonner les populations avec des produits industriels : fibres d’amiante, ondes électro-magnétiques, rejets de dioxine. Que des connivences d’intérêts pourraient souder les cercles du pouvoir, scientifiques, industriels, militaires, médiatiques, contre ces populations. Que des dispositifs législatifs, manipulatoires, et coercitifs, de mieux en mieux combinés et performants, pourraient être employés contre les récalcitrants. Que des services, privés ou publics, légaux ou non, mais toujours obscurs, pourraient épier, léser, ou autrement incapaciter, les plus rétifs aux vérités officielles.

A ce propos, et en gage de loyauté, on voudrait signaler les soldats de l’opération Daguet qui s’indignent tardivement d’avoir servi de cobayes au Centre de Recherche du Service de Santé des Armées. (Le Monde. 18/19 décembre 2005) Bien du bruit pour quelques comprimés de modafinil, un inhibiteur du sommeil. Les malades imaginaires de Grignon, en Savoie, doutent encore, malgré les études de l’Institut National de Veille Sanitaire, que l’incinérateur voisin de Gilly-sur-Isère ne soit pour rien dans les 85 cas de cancer affligeant une seule et même rue de leur localité. (Le Daubé. 3/12/06) Il faudrait y aviser. Les curieux ne peuvent s’empêcher de noter qu’en-dehors de « l’affaire des frégates de Taïwan », il y a des morts qui tombent bien. Celle du promoteur Jean-Claude Méry aura enterré avec lui l’affaire Chirac, dite « des HLM de Paris ». Sans doute ne suffit-il pas d’être le bénéficiaire d’une mort pour en être coupable, est-il abracadabrantesque d’imaginer qu’on puisse provoquer le cancer d’un gêneur ? Un homme qui fait pschitt, et c’est tout un dossier qui disparaît. Mais pour les initiés, le vrai fantasme serait de croire qu’on puisse par la nomination de magistrats scrupuleux, et la sage lenteur de leurs procédures, retarder jusqu’à l’oubli du public et l’extinction des gêneurs, les procès embarrassants.

On peut poser en principe qu’un fantasme est une évidence qui n’a pas franchi un certain seuil d’admission.

Avant ça ne se dit pas, après ça va sans dire.

Avant, c’est un fantasme de dire que les nanotechnologies servent un projet d’homme-machine dans un monde-machine. Après, c’est une évidence que cet irrésistible progrès n’ira pas sans une vigilante kyrielle de « mesures d’encadrement », « comités d’éthique », et « conférences citoyennes ». Avant, on ne peut pas dire que la société industrielle nuit à l’homme, puisque « l’espérance de vie augmente ». Après, il va de soi que l’épidémie de stérilité dûe à la pollution chimique, la fragilité des nouvelles générations, et la destruction du milieu, menacent l’espèce humaine. Et donc, à quoi bon épiloguer sur le sujet, ou sur les responsabilités des dénégateurs, ou sur le moment et les motifs de leur volte-face ? On peut aussi clamer ces nouvelles évidences pour effacer ses dénégations de la veille et se poser en lanceur d’alerte.

Il est suave d’entendre un ancien vice-président des Etats-Unis, un président français, protecteur de la chimie européenne et du nucléaire hexagonal, et les scientifiques du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat, nous mettre en garde contre les conséquences de la révolution industrielle, tels Rachel Carson ou une assemblée d’anti-nucléaires voici trente printemps. En revanche, ce qui reste du fantasme, c’est de dire que le complexe militaro-scientifique américain travaille sur « l’arme climatique », et que si l’on parle tant cette année du réchauffement planétaire, c’est parce que ce complexe a enfin ses propres solutions techniques à imposer. Disons-le donc, puisque le rôle des ingénus est de transformer certains fantasmes en évidences, ou si l’on veut, de renverser les évidences. Car la langue va où la dent fait mal et le pouvoir ne peut se contenter de demi-mensonges. Au moindre accroc, c’est toute la trame qui file. Il lui faut donc inverser les mots et les choses pour ne pas se contredire.

Dans ce carnaval permanent et cette fatrasie universelle, cela devient un jeu de société que de retourner les mensonges de la domination, comme l’on remettrait un costume à l’endroit. On rit d’entendre dire que le soleil, la pluie, les montagnes environnantes, sont responsables des pics d’ozone, des inondations, et des nuages de pollution plutôt que les rejets automobiles et industriels, la déforestation et le bitumage des sols. On s’étouffe d’entendre appeler « ferme », une usine à dindes de mille salariés, et qu’on puisse attribuer aux oiseaux sauvages, plutôt qu’à ces incubateurs industriels, l’origine de la grippe aviaire.

Il faut être un pur produit du système Bokanovsky pour gober qu’un parc puisse être « naturel », la nature et l’intelligence « artificielles », les machines « intelligentes », la réalité « virtuelle ». On exige de plus en plus des scientifiques et des industriels la preuve de l’innocuité de leurs produits, plutôt qu’on exige de leurs victimes, la preuve de leur nocivité. Chacun son illumination. Les uns découvrent qu’il n’y a pas de question immigrée dans les quartiers « sensibles », mais un problème raciste dans les quartiers insensibles. Les autres que l’Aide Publique au Développement relève strictement du double pillage, des bailleurs et des destinataires, au profit de nos grandes compagnies. On note que l’Agence Inter-gouvernementale pour l’Energie Atomique organise la prolifération nucléaire sous couvert de la combattre. Ce pourquoi elle reçoit le prix Nobel de la paix, comme le criminel de guerre, Kissinger. Des penseurs s’avisent que le dysfonctionnement est devenu le fonctionnement par un autre nom de toute la machine sociale, comme l’état d’exception devient bientôt sa règle.

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IV. Pour sauver les apparences, leurs défenseurs redoublent souvent l’accusation de fantasmes par celles de romans et de science-fiction. Des esprits faibles, influencés par leurs lectures ou par des films, confondraient leurs imaginations et la réalité. Ainsi les lecteurs de « La constance du jardinier », ou les spectateurs du film éponyme, pourraient se figurer que des laboratoires industriels, tels le Labo Gilead Sciences, expérimentent sans scrupule leurs molécules anti-sida, le Terrafovir par exemple, sur des cobayes africains, au Nigéria, disons, au Cameroun, au Botswana, au Malawi. Pareille élucubration a trouvé un écho jusque dans le Monde diplomatique de juin 2005.

Quant aux intoxiqués de science-fiction, il est notoire que sous l’emprise des visions paranoïaques d’un Philip. K. Dick, ils hallucinent la venue d’un monde dévasté par la pollution et les bouleversements climatiques, à la faune en voie de disparition, où l’expression « police scientifique » serait un pléonasme, où manipulations génétiques, traitements psycho-actifs, et implants corporels, aboutiraient à la mutation de l’humanité en une variété de monstres plus ou moins compatibles. Chacun peut voir ce qu’il en est en réalité, et faire justice d’amalgames abusifs. Ce n’est pas parce que d’ingénieux chercheurs pilotent des « roborats » à l’aide d’électrodes implantés dans le cerveau, qu’on en fera autant aux hommes. Ce n’est pas parce que des machines, encore grossières, transcrivent votre activité neuronale, que la police de la pensée va bientôt vous arrêter. Et bien sûr, ce n’est pas parce que les laboratoires de neurobiotechnologie travaillent à l’homme bionique, qu’on va produire à volonté, tantôt des sous-hommes, tantôt des surhommes-machines.

Depuis Zola (« Le Roman expérimental ». 1879), sinon depuis Balzac, tout un courant narratif a tendu au plus grand réalisme, substituant l’enquête et la documentation à l’imagination. Ce réalisme s’est d’autant plus imposé dans la littérature futuriste que ses auteurs, souvent de formation scientifique, cherchaient leur matière dans l’état des sciences, tandis que des scientifiques venaient puiser dans leurs livres, des directions de recherche.

« La technologie et la science-fiction entretiennent depuis longtemps une curieuse relation, note Eric Drexler, l’imprésario des nanotechnologies. Pour imaginer des technologies du futur, les auteurs de SF ont été guidés en partie par la science, en partie par les grands désirs humains et en partie par la demande du marché en histoires insolites. Certaines de leurs rêveries sont devenues plus tard des réalités, parce que des idées qui semblent plausibles et intéressantes dans la fiction sont parfois possibles dans la réalité. Qui plus est, quand les scientifiques et les ingénieurs prédisent une importante avancée, comme les vols spatiaux grâce aux fusées, les auteurs de SF s’emparent de l’idée et la popularisent. Puis quand les avancées en ingénierie rendent ces prédictions proches de leur réalisation, d’autres auteurs examinent les faits et dépeignent des perspectives. Ces descriptions, à moins qu’elles ne soient vraiment très abstraites, sonnent alors comme de la fiction. Les possibilités de demain ressembleront toujours à la fiction d’aujourd’hui, comme dans le cas des robots, des fusées et des ordinateurs qui ressemblent à la fiction d’hier. » (E. Drexler. Engins de création. Vuibert)

L’inconvénient du roman noir et futuriste ne gît pas dans sa fiction, mais dans sa plausibilité. D’expérience, le public y trouve plus de vérité que dans les visions officielles du monde. De haut en bas, rien de si répandu qu’un cynisme en contradiction à peu près absolue avec cette innocence de façade. Et d’ailleurs, c’est pour la forme que l’on s’oblige à démentir, quoique chacun n’en pense pas moins. A peu près toute vérité peut se dire sous couvert de fiction, cependant que le mensonge légal a cours forcé sous couvert de vérité. Et ainsi le sous-monde infernal ne submerge jamais l’impassible surface. Si l’on contait Barbe Bleue à Gilles de Rais, il y prendrait sans doute un plaisir extrême. On peut conter à leurs auteurs, les crimes du Château, les pillages des barons d’Elf ou du Crédit Lyonnais, les ravages de Total, les massacres de l’armée française, les trafics d’armes, de déchets, de minerais, de capitaux, ils jugeront le film en connaisseurs. En vérité, on peut tout dire puisque n’importe quoi se dit, et que les mille moulins de la communication répèteront en boucle : fantasmes, romans, théories du complot. L’avantage de ces fausses fictions, c’est de discréditer les accusations auprès des naïfs, tout en offrant une revanche limitée, rumeurs et railleries, aux fortes têtes, et un avertissement tacite aux téméraires. En fin de compte, c’est le trouble qui l’emporte, l’effroi diffus, la reconnaissance pénible d’être le sujet d’un appareil tout-puissant, dont le patelinage ordinaire est à tout instant convertible en pur terrorisme.

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V. Le 2 juin 2006, dans une enceinte de barrières comble de forces de police, Michel Destot, député-maire de Grenoble, pourfendait les manifestants contre l’inauguration de Minatec. « Faire croire que l’on imposerait un « nanomonde » totalitaire à la population sans débat préalable relève non seulement de la manipulation mensongère mais aussi d’une forme de paranoïa politique bien connu, qui s’appuie sur la théorie du complot, la haine des élites, des élus, des responsables. » (Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné. 2 juin 2006) Passons sur l’aveu : ce n’est donc pas sans débat que l’on impose un nanomonde totalitaire, fut-ce à la population de ravis la plus technoïde qui soit. En évoquant comme s’il était capable de l’exposer une fumeuse « théorie du complot », Michel Destot tente d’exhiber un signe extérieur de richesse intellectuelle. Mais comme il n’est que le premier gogo inter pares de toute sa promo d’ingénieurs parvenus, il tombe inévitablement dans le faux chic.

Jadis, on mettait en garde tout jeune militant contre « la conception policière de l’histoire » ; c’est-à-dire la conception que la police était censée se faire de l’histoire. L’idée notamment que les troubles étant dus à quelques meneurs à la tête d’une poignée de factieux, il suffisait d’extirper cette minorité agissante pour ramener l’ordre. Selon cette théorie, les cimetières sont bel et bien pleins de gens irremplaçables. De grands hommes qui font l’histoire, tels Gandhi ou Mussolini, sans qui l’Inde n’aurait pas conquis son indépendance, ni l’Italie subi le fascisme. Des groupes, tels les 50 militants qui le 1er juillet 1921, à Shanghaï, fondèrent le Parti Communiste Chinois. Et même de petits hommes, des anonymes, tel ce faubourien qui le premier cria : « A la Bastille ! » Et ne l’eut-il pas crié que personne, peut-être, ne l’aurait fait ; et Louis XVI aurait eu raison d’écrire dans son journal, à la date du 14 juillet 1789 : « Aujourd’hui, rien. »

La théorie opposée soutient au contraire qu’il n’est pas de sauveur suprême, mais uniquement un homme de la situation. Engels, le 25 janvier 1894, l’écrit à Starkenburg, un social-démocrate allemand.

« Naturellement, c’est un pur hasard que tel grand homme surgisse à tel moment déterminé, dans tel pays donné. Mais si nous le supprimons, on voit surgir l’exigence de son remplacement et ce remplacement se trouvera tant bien que mal, mais il se trouvera toujours à la longue. Ce fut un hasard que Napoléon, ce Corse, fût précisément le dictateur militaire dont avait absolument besoin la République française, épuisée par sa propre guerre ; mais la preuve est faite que, faute d’un Napoléon, un autre aurait comblé la lacune, car l’homme s’est trouvé chaque fois qu’il a été nécessaire : César, Auguste, Cromwell, etc. Si Marx a découvert la conception matérialiste de l’histoire, Thierry, Mignet, Guizot, tous les historiens anglais d’avant 1850 prouvent qu’on s’y efforçait, et la découverte de la même conception par Morgan est la preuve que le temps était mûr pour elle et qu’elle devait nécessairement être découverte. »

L’histoire n’a pas manqué de policiers imbus de conceptions matérialistes, ni de révolutionnaires imbus de conceptions policières. Parmi les premiers, ceux qui savent qu’une émeute doit plus à la situation qu’au talent des agitateurs. Parmi les seconds, tous ces terroristes qui ont cru abattre l’hydre en frappant à la tête. Tous ont également raison, simplement parce qu’ils ne se placent pas à la même échelle de temps. Dans la longue durée, l’évolution collective des sociétés accouche de situations, sans forcément susciter l’homme de la situation. Dans les crises de l’histoire immédiate, c’est au contraire l’individu, le petit nombre, qui est décisif, parce que le propre des situations de crise, c’est d’ouvrir d’autres directions que « le sens de l’histoire » ; et que sur le vif, l’action d’un seul peut tout. Et l’événement, finalement, est l’enfant de la situation et de l’homme de cette situation. Voyez Lénine imposant le putsch d’octobre à tout son comité central apeuré. Rien n’assure que la situation eut inventé Hitler, cet Autrichien, s’il n’avait pas existé ; qu’un autre des aspirants fürher qui grouillaient sur la crise allemande (Kapp, les frères Strasser, Röhm), aurait su magnétiser la rage nationale, se rendre indispensable aux commanditaires, accéder à la chancellerie etc. Si l’histoire était jouée d’avance, rien ne servirait que les hommes s’en mêlent, mais ceux-ci, par leur action, transforment une situation donnée. Et ainsi, la police a raison de rafler les trublions pour enrayer les troubles, comme les trublions ont raison de protester que leur rafle ne résoudra pas la situation.

En 1921, quand Victor Serge publie son compte-rendu des archives de l’Okhrana, « Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression », on comprend encore ce que signifie « la conception policière de l’histoire », même si la formule ne figure pas dans son livre. Dans cette étude Serge entend démontrer « qu’il n’est pas de force au monde qui puisse endiguer le flot révolutionnaire quand il monte, et que toutes les polices, quels que soient leur machiavélisme, leurs sciences et leurs crimes, sont à peu près impuissantes… »

« La police devait tout voir, tout entendre, tout savoir, tout pouvoir… La puissance et la perfection de son mécanisme apparaissent d’autant plus redoutables qu’elle trouvait dans les bas-fonds de l’âme humaine des ressources inattendues.

Et pourtant elle n’a rien su empêcher. (…)

Car la révolution était le fruit des causes économiques, psychologiques, morales, situées au-dessus d’eux (NDR : des policiers) et en dehors de leur atteinte. (…) Car c’est l’éternelle illusion des classes gouvernantes de croire que l’on peut enrayer les effets sans atteindre les causes, légiférer contre l’anarchisme ou le syndicalisme (comme en France et aux Etats-Unis), contre le socialisme (Comme Bismark le fit en Allemagne), contre le communisme comme on s’y évertue aujourd’hui un peu partout.

Vieille expérience historique. L’Empire romain, lui aussi, persécuta vainement les chrétiens. Le catholicisme couvrit l’Europe de bûchers, sans réussir à vaincre l’Hérésie, la Vie. » En 1954, quand Manes Sperber publie dans la revue « Preuves », « La conception policière de l’histoire », il retourne le sens de la formule qui ne signifie plus la conception que la police se fait de l’histoire, mais celle que la police fait l’histoire.

« Bêtise totale, totalitaire : vous avez de l’histoire une conception policière. La police ne fait pas l’histoire, elle ponctue tel ou tel épisode sombre – de travers, en illettrée. » Ce que dénonce cet exergue, c’est la version inversée à laquelle Sperber souscrit pourtant, dans certains pays et certaines époques.

« Les notes qui suivent – sur les procès politiques, sur la légende de la trahison, sur Sacco et Vanzetti et sur le cas Rosenberg- sont extraites d’une étude consacrée à cette conception policière inavouée, mise en pratique par des régimes et des démagogues qui visent à « dénoyauter » la personne humaine, un pouvoir total ne pouvant s’asseoir que sur les cadavres psychiques d’hommes humiliés et écrasés. Cette sorte de guerre psycho-atomique n’est en aucune manière un phénomène neuf, mais, grâce aux moyens que lui fournit l’époque, elle pourrait pour la première fois embrasser toute la planète. »

Le piquant, c’est que Sperber publie ces notes dans une revue financée à son insu par la CIA, à travers le Congrès pour la Liberté de la Culture. Ironique illustration de cette conception de l’histoire comme produit des complots policiers.

Quand Maspéro, en 1970, publie une nouvelle édition de « Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression », la confusion franchit un degré supplémentaire. L’éditeur a cru bon d’ajouter au texte de Victor Serge, un appendice de la Ligue Communiste intitulé « La conception policière de l’histoire et ses dangers », où il n’est question ni de l’une ni des autres. On n’aurait pu rêver titre plus contradictoire pour cette compilation de consignes, face aux risques de surveillance, d’infiltration et de répression. Il faut attendre le dernier paragraphe de ce vade-mecum pour voir son rédacteur tenter par un laborieux tête à queue de réparer le désastreux contresens que les 12 pages précédentes infligent à son titre. « Il n’y a pas de formation « sécurité » indépendante de la formation politique. Il n’y a pas chez nous de conception policière (à rebours) de l’histoire. »

Toute la rectification tient dans ce « à rebours » entre parenthèses, qui passe sous le seuil de perception du soixante-huitard ordinaire, comme à peu près tout ce qui sort du rabâchage de base. Désormais, on confond de plus en plus la « conception policière de l’histoire » avec la « théorie du complot » qui l’efface peu à peu dans les esprits. De même que « Krasny », le rédacteur de Rouge, fasciné par la police, se résorbe peu à peu en Edwy Plenel, le journaliste du Monde, éminence grise et agent de presse d’un syndicat de police. Tant il y a , jusque dans l’embrouillamini de certains gribouillis, un sens caché qui appert à la longue. En dépit de la rumeur de subtilité que son pédantisme lui vaut chez les simples, la Ligue communiste, cette cabale de demiinstruits, a contribué à sa mesure à la dégradation du vocabulaire politique, et ainsi, à celle de la pensée.

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VI. Le complot, terme d’origine incertaine apparaît au XIIe siècle pour signifier « rassemblement de personnes ».

La racine latine serait peut-être « pila » – balle, boule, pelote. On signale une variante « complote », pour désigner une foule, la mêlée d’une bataille. Le verbe comploter n’est attesté qu’au XVe siècle.

Un complot, selon le dictionnaire, est un projet concerté secrètement contre la vie, la sûreté de quelqu’un, ou contre une institution. Selon cette définition, l’affaire du sang contaminé, celle de l’amiante, et tant d’autres similaires, sont bel et bien des complots quoique l’atteinte à la vie et à la sûreté des victimes soit un effet, et non pas le mobile de ces complots, les comploteurs agissant en toute connaissance des effets.

Le complot, vieux comme la communauté, ne peut se fomenter qu’en son sein, et l’histoire en regorge, plus attestés les uns que les autres, dès ses origines. La raison en est simple : l’union et le secret constituent un double avantage sur la dispersion et la publicité dans les affaires du groupe. Et c’est pourquoi l’on voit, même dans les mouvements de contestation qui en principe se targuent de loyauté et se réclament de la démocratie directe, des factions se réunir secrètement pour instaurer un pouvoir parallèle et manipuler l’assemblée générale.

Un complot peut en cacher un autre.

En 1865, Maurice Joly publie contre Napoléon III un pamphlet intitulé « Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu ». « Le système de gouvernement décrit par Maurice Joly, est celui du complot permanent occulte de l’Etat moderne pour maintenir indéfiniment la servitude, en supprimant, pour la première fois dans l’histoire, la conscience de cette malheureuse condition. » (M. Bounan. L’Etat retors. M. Joly. Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu. Ed Allia)

Le pouvoir impérial reconnaît très bien Napoléon III sous le masque de Machiavel, et authentifie la description de Maurice Joly en l’emprisonnant pour deux ans à Sainte Pélagie.

Que dit Napoléon-Machiavel ?

« Le principal secret du gouvernement consiste à affaiblir l’esprit public, au point de le désintéresser complètement des idées et des principes avec lesquels on fait aujourd’hui les révolutions. Dans tous les temps, les peuples comme les hommes se sont payés de mots. Les apparences leur suffisent presque toujours ; ils n’en demandent pas plus. On peut donc établir des institutions factices qui répondent à un langage et à des idées également factices ; il faut avoir le talent de ravir aux partis cette phraséologie libérale, dont ils s’arment contre les gouvernements. Il faut en saturer les peuples jusqu’à la lassitude, jusqu’au dégoût. »

Et si cela ne suffit pas ?

« … je ferai de la police une institution si vaste, qu’au coeur de mon royaume la moitié des hommes verra l’autre. » On sait que nos gouvernements actuels ont renchéri sur cette conception timorée, et qu’il faut maintenant que tout le monde surveille tout le monde, notamment grâce à l’argus technologique.

Sous la transparence de la fiction, Joly décrit donc le complot bien réel de l’Etat souverain contre le peuple assujetti.

Autre complot. En 1905, en pleine vague révolutionnaire, l’Okhrana publie « Les Protocoles des Sages de Sion », un faux document secret décrivant par le menu un prétendu complot juif de conquête du monde. Ces « protocoles » republiés par les nazis servent depuis cent ans la propagande antijuive, partout dans le monde. Pour les fabriquer, le faussaire Matthieu Golovinski a plagié « Le dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu », attribuant aux « Sages de Sion », les maximes de Napoléon-Machiavel. (cf. Henri Rollin. L’Apocalypse de notre temps. Allia 1991)

Le même texte, moyennant quelques retouches de personnages, dénonce le vrai complot du gouvernement impérial sous la plume de Maurice Joly, et le faux complot des « Sages de Sion » sous celle de l’Okhrana. On sait qu’il s’agissait pour la police du tsar d’offrir en bouc émissaire à la colère russe, la traditionnelle victime des pogroms. La fabrication et la diffusion des « Protocoles des Sages de Sion » constituent bel et bien « un projet concerté secrètement contre la vie et la sécurité » des Juifs de Russie : un complot.

Pogrom en russe signifie « massacre ».

Okhrana, la « défensive ».

Comment imaginer que la Sûreté générale de l’empire suscite des massacres contre une partie de la population de cet empire ?

Pure construction. Fantasmes. Politique fiction. Croyez-vous vraiment que l’Okhrana n’ait rien de plus sérieux à faire que de produire de méchants petits livres ? Prenez-vous la police pour une maison d’édition ?

Comme dirait le maire de Moscou : « Faire croire que l’on organiserait secrètement des massacres de population relève non seulement de la manipulation mensongère mais aussi d’une forme de paranoïa politique bien connue, qui s’appuie sur la théorie du complot, la haine des élites, des élus, des responsables. » – ou bien de « la conception policière de l’histoire », aux deux sens de la formule ?

La « conception policière de l’histoire » est le nom que les penseurs révolutionnaires ont donné aux explications réactionnaires de l’histoire. La « Théorie du complot », décalque et réduction de « la conception policière de l’histoire », est la théorie que la population est censée se faire de l’histoire, suivant les sociologues libéraux. (Popper, Boudon, Taguieff)

« Dans la perspective définie par Popper, la « théorie du complot » consiste à poser que tous les maux o

bservables dans les sociétés sont dus à un complot des puissants, qui dissimuleraient leurs desseins égoïstes sous de nobles intentions (« démocratie », « libéralisme », « humanisme », « progressisme », etc) (…)

Le « complotisme » ou « conspirationnisme » (la « théorie du complot », « conspiracy theory ») est la vision du monde dominée par la croyance que tous les événements, dans le monde humain, sont voulus, réalisés comme des projets et que, en tant que tels, ils révèlent des intentions cachées – cachées parce que mauvaises. Les adeptes de la « théorie du complot » croient que le cours de l’Histoire ou le fonctionnement des sociétés s’expliquent par la réalisation d’un projet concerté secrètement, par un petit groupe d’hommes puissants et sans scrupule (une super-élite internationale), en vue de conquérir un ou plusieurs pays, de dominer ou d’exploiter tel ou tel peuple, d’asseoir ou d’exterminer les représentants d’une civilisation. »

(…)

« Face aux dangers supposés des OGM, par exemple, l’imaginaire complotiste surgit avec la question : « A qui profite le crime ? » La réponse standardisée est bien connue : les « multinationales », c’est à dire les artisans et les bénéficiaires de ce qu’il est convenu d’appeler la « mondialisation libérale ». Ces derniers sont censés faire partie du cercle sans frontières des élites dirigeantes, dont le noyau dur constitue une sorte de gouvernement secret d’extension planétaire. (…) Les activités occultes de ces organisations, supposées fondées sur le pouvoir de l’argent et la manipulation cynique, sont perçues par leurs dénonciateurs comme la principale cause des malheurs de l’humanité. Les accusations convergent toutes sur un même ennemi incarnant la « causalité diabolique », les Etats-Unis, souvent jumelés avec Israël. » (P.A Taguieff. L’Imaginaire du complot mondial. 2006. Ed Mille et Une Nuits)

Ainsi devons-nous à la pénétration du plus récent et du plus notoire spécialiste de la « théorie du complot » d’avoir appris que : hors quelques assassinats bien documentés (Jules César, Abraham Lincoln et – tiens ? – John Fitzgerald Kennedy), l’imaginaire du complot ne renfermait que des complots imaginaires. Que la « théorie du complot », « à la fois simple, fausse et utile », permettait de rendre à des populations de « paumés », un système d’explication historique. Que selon cette explication, « le malheur des hommes » relevait de « la faute aux méchants », de leur menées occultes et sans scrupule. Et que sous ce nom de « méchants « , l’on désignait en fait les Juifs, notamment ceux d’Israël et des Etats-Unis.

En somme la « théorie du complot » serait la version contemporaine et généralisée des « Protocoles des Sages de Sion », et les dénonciateurs de complots, des illuminés à l’antijudaïsme plus ou moins manifeste. Délectable doctrine. Et « infalsifiable » comme dirait le maître de Taguieff. Car plus les critiques des chimères génétiques et de leurs avantages supposés s’en prendront à leurs seuls bénéficiaires avérés, les « multinationales », c’est-à-dire les artisans et prébendiers de ce qu’il est convenu d’appeler « la mondialisation libérale », plus ils seront coupables de « théorie du complot », c’est à dire d’antijudaïsme rampant. Et d’ailleurs plus ils protestent contre l’abjecte imputation, plus ils en prouvent la véracité. Car ils ne nieraient pas l’antijudaïsme latent de la « théorie du complot », s’ils n’en étaient pas eux-mêmes des adeptes. Et puis il n’y a pas de fumée sans feu. On ne prête qu’aux riches. On dit ben, c’est la poule qui chante, qui a fait l’oeuf. Les adeptes de la « théorie du complot » ne peuvent être eux-mêmes que des comploteurs, membres du seul complot réel découvert par Taguieff : le complot judéophobe mondial.

« J’en suis arrivé à privilégier, au cours des années 1990, l’étude de la mythologie du complot juif mondial, dans le cadre d’un travail plus vaste sur les mythes politiques modernes, dans lesquels on ne cesse de rencontrer le schème de la conspiration universelle. » (P.A Taguieff. L’Imaginaire du complot mondial. 2006. Ed Mille et Une Nuits)

Voilà comment, croyant contester la mainmise de Monsanto sur les semences, ou le projet de « Nouvel ordre mondial » de Bush le père (1990), c’est la persécution du capitaine Dreyfus que vous recommencez, et la destruction des Juifs que vous poursuivez. C’est que dans la perspective anti-complotiste, il n’y a jamais que des « effets pervers », involontaires, d’actions, certes volontaires en elles-mêmes. Et il est délirant d’imaginer que Monsanto ait voulu réduire la paysannerie à merci avec ses semences transgéniques, comme d’entendre dans ce « Nouvel ordre mondial », l’annonce de cet « unilatéralisme » américai n, combattu depuis par le sous-commandant Chirac. En ce sens, l’anti-théorie du complot constitue un simulacre de science sociale et une véritable, quoique insane, doctrine politique : de l’idéologie sous couvert scientifique. Taguieff n’étant qu’un de plus dans cette « Foire aux illuminés » qu’il brocarde.

Laissons-lui le soin de démonter le probable complot contre Kennedy, sur lequel des générations de limiers se sont cassés les dents, pour évoquer d’autres suspicions conspiratives.

Dans ses « Commentaires sur la société du spectacle » (1988. Ed. Lebovici), Guy Debord se demande comment savoir à quoi ont pu servir, au fond, les « tueurs fous du Brabant » ? « Il est difficile d’appliquer le principe Cui prodest ? dans un monde où tant d’intérêts agissants sont si bien cachés. De sorte que, sous le spectaculaire intégré, on vit et on meurt au point de confluence d’un très grand nombre de mystères. » Taguieff rétorquerait qu’il n’y a là ni mystères, ni motif de s’interroger « à qui profite le crime ? », ni complot bien sûr. Les meurtres de 28 personnes entre 1982 et 1985, au cours d’attaques dans la même région, et suivant le même mode opératoire, ne peuvent constituer qu’autant « d’effets pervers » sans lien entre eux, ni avec une entreprise secrètement concertée. Toute autre opinion serait à mettre sur le compte d’une hostilité rabide envers la communauté juive de Louvain. L’encyclopédie en ligne Wikipédia rapporte pourtant une autre version. Le 24 octobre 1990, Giulio Andreotti, président du conseil italien, divulguait l’existence du réseau Gladio, nom local d’une organisation clandestine de l’Otan, mise en place dés l’après-guerre dans nombre de pays européens, pour résister à une éventuelle occupation soviétique.

Les Tartares n’arrivèrent jamais, mais de l’attentat de la piazza Fontana, le 12 décembre 1969, au massacre de la gare de Bologne, le 2 août 1980, les membres de Gladio, fraternellement répartis entre sbires des services secrets, nervis fascistes et tueurs à gage, auront assez terrorisé pour justifier un quasi état d’urgence.

On a soupçonné le réseau belge lié au groupe néo-nazi « Westland New Post », d’être derrière « les tueries du Brabant ». Question de style et de moyens. Quant au mobile, la question de Debord reste posée. On spécule encore sur le but de cette série de 19 attaques en trois ans. En vain peut-être, car il ne faut pas négliger l’art pour l’art ; ni la beauté du geste ; ni la frustration d’avoir à disparaître sans avoir essayé ses capacités. A Moscou, l’été 1999, le pouvoir de Boris Eltsine et de son premier ministre, Vladimir Poutine, est si ruiné, à quelques mois des élections à la Douma et à la présidence de la fédération, qu’on ne voit pas ce qui pourrait le sauver, sinon un coup d’état.

En septembre, cinq attentats contre des immeubles civils font 293 morts. Dans un entretien à l’AFP, Chamil Bassaiev, chef de guerre tchétchène, dément toute implication de ses boïviki, ou des combattants islamistes de Khattab. « Tous ces attentats constituent des règlements de compte de politique intérieure russe. » Hypothèse plausible pour les connaisseurs, qui rappellent que deux mois avant l’élection présidentielle de 1996, une vague d’attentats, jamais élucidés et attribués aux Tchétchènes, avait assuré la victoire de Boris Eltsine. Qui plus est, ni Khattab, ni Bassaiev, n’ont jamais rechigné à revendiquer leurs attaques. En décembre « Notre Maison Russie », le parti du pouvoir remporte les élections à la Douma. Poutine devient président par intérim, suite à la démission de Eltsine. Après une dynamique campagne durant laquelle, il promet d’aller « buter les terroristes jusque dans les chiottes », il est élu président dès le 1er tout, le 26 mars 2000, avec 52 % des suffrages.

Quitte à froisser le Centre National de la Recherche Scientifique en la personne de M. Taguieff, on suivra dans cette affaire l’opinion commune qui y voit, non pas un complot des Juifs, mais des « organes de sécurité » pour restaurer « la verticale du pouvoir », suivant l’expression de Poutine. Les journalistes et parlementaires qui ont soutenu cette opinion en Russi ont d’ailleurs tous péri assassinés.

Un an plus tard, c’est aux Etats-Unis, à la suite d’élections pittoresques, que flageole un pouvoir à la légalité forcée, et provisoirement sans but de guerre. On sait quel profit ce pouvoir incertain retira des massacres du 11 septembre. Il ne s’ensuit pas qu’il y ait trempé autrement que par de troublantes négligences. En revanche, il est avéré que les bacilles de charbon expédiés peu après par la poste provenaient bien de laboratoires militaires américains. La police inquiéta deux scientifiques de ces laboratoires, d’origine pakistanaise et égyptienne, mais six ans plus tard, les soupçons inculpent plutôt le docteur Steven Hatfill des 5 morts et des 28 contaminations dûes à ces lettres empoisonnées. Non seulement le docteur Hatfill travaillait à Fort Detrick, l’usine à toxiques de l’armée américaine, mais il exerçait auparavant au service de l’armée rhodésienne, lorsqu’une efficiente épidémie de charbon trucida une dizaine de milliers d’Africains dans une zone hostile au gouvernement blanc. L’une des enveloppes contaminées portait en adresse d’expéditeur le nom du quartier où le docteur Hatfill demeurait à Salisbury/Harare : Greendale School. Ce qui peut être une bévue du docteur Hatfill, une subtilité d’autres coupables au fait de sa carrière, ou une subtilité plus grande encore du docteur Hatfill. Voyons, aurait-il attiré ainsi l’attention sur lui, s’il était le coupable de ces attentats ? Son mobile putatif serait d’origine patriotico-corporatiste : démontrer la vulnérabilité des Etats- Unis à une attaque biologique, et obtenir par là le renforcement des capacités américaines dans ce domaine.

Du lobbying si l’on veut. La presse et les scientifiques américains ont adopté sans hésitation la « théorie du complot » dans cette affaire, leur seul embarras étant celui du choix. Complot conjoint des militaires américains et rhodésiens à la fin des années 70 ? Complot de la CIA qui aurait poursuivi des recherches sur les armes biologiques en dépit des traités de prohibition ? Et complot du silence sur les lettres contaminées d’octobre 2001 pour protéger les complots antérieurs ? L’intérêt de ces hypothèses, c’est qu’en amont de la presse américaine, elles filtrent du FBI et de la Fédération des Scientifiques Américains, et qu’elles sont censées rassurer un public à qui l’on dit à demi-mot que le coupable est connu mais innommable, en raisons des révélations qui pourraient s’ensuivre. Et c’est donc sa compréhension qui est tacitement requise devant cet « effet pervers » d’un complot forcément vertueux, puisque c’est notre complot.

Reste l’hypothèse scientifique des sociologues de la « théorie du complot ». Les envois de lettres au charbon d’octobre 2001 sont bel et bien l’aberration d’un fou isolé, et toute interprétation liant son impunité aux prétendues recherches et expériences in vivo de l’armée américaine, visent en fait la communauté juive américaine, etc. On voit la ficelle, et comme les faits vérifient brillamment les théories de M. Taguieff. Essayons la fiction, alors ?

Un certain Rufin, que son action humanitaire a conduit sous Léotard au cabinet du ministère de la Défense, expulse tous les deux ans environ, de gros tas de mots baptisés « roman ». Le dernier en date, « Le Parfum d’Adam », explore, paraît-il, « Le monde de l’écologie radicale qui constitue, selon le FBI, la deuxième source de terrorisme mondial. »

L’argument ? Un complot d’écolos-terroristes pour éliminer par le virus du choléra, les populations africaines nuisibles à l’environnement. Et en effet, ce ne sont ni les pillages et les toxiques industriels, ni le paludisme et les bacilles militaires qui déciment l’Afrique, mais les virus écolos.

Cette thèse, promise à un succès d’autant plus vif dans les milieux dirigeants que s’approche le règlement de compte écologique, devrait recueillir toute la sympathie de Taguieff, n’était la contradiction avec ses propres analyses. Derrière la théorie du complot fomentée par Rufin, la trogne de l’antijudaïsme. Derrière ses écolosterroristes, pour le coup parfaitement fantasmatiques, quelle cible, sinon « le complot juif mondial » ?

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 08:03

                             
  


L'Europe: De la paix à la guerre,
le tremplin du Nouvel Ordre Mondial

par Eva R-sistons



L'Europe des Pères fondateurs, conçue pour la paix, est morte.  Sa vocation, du moins proclamée, n'est plus de protéger ses citoyens contre la guerre. Si le vote de l'Irlande ouvre la porte au Traité de Lisbonne imposé aux Français par le coup de force de Sarkozy, c'est toute la nature de l'Europe qui change, avec notamment un seul Ministre des Affaires etrangères, une seule voix faisant taire les dissonances: Comme dit Fonzibrain, " c'est plus simple de manipuler et de corrompre un acteur plutôt que de tenter de manipuler 27 Etats".

Une fois de plus, on nous a trompés: Outre le fait qu'on nous a imposé un Traité dont nous ne voulions pas (Sarkozy est un dictateur en puissance, se fichant éperdument de l'avis des Français, et cela présage pour notre pays de sombres lendemains), la Défense européenne promise passera à la trappe. L'Europe a changé de cap: Instrument pour la paix, et devant impulser une voie originale, proposer au monde un modèle particulier, elle s'est désormais complètement alignée sur le modèle anglo-saxon, sur l'Empire, en fait, et à travers l'OTAN, présidée par un Danois, Rasmussen, nouveau Secrétaire Général, c'est toute l'Europe qui va s'engager sous la bannière américaine. L'UE sera le nouveau supplétif des guerres de l'OTAN, guerres d'agression, prédatrices, préventives, permanentes, et même nucléaires. Autant dire que l'Europe va perdre son âme, sa raison d'être !

Il faut dire que l'Europe ne s'appartient plus. On doit savoir qu'elle est, en fait, grosso-modo, dirigée par les USA; j'ai eu l'occasion sur mon blog r-sistons à l'intolérable d'attirer l'attention de mes lecteurs sur cette anomalie, à travers le scandale qui a éclaté en Slovénie, quand la population, via des médias plus libres que dans notre pays, a appris avec stupeur que le Gouvernement s'était contenté d'homologuer les décisions imposées par les Américains. C'est une réalité dont il faut prendre conscience: Exit le modèle social européen, la politique de l'UE en faveur de la paix (à travers des hommes comme Chirac, notamment), l' autonomie. L'UE est modelée par l'Empire ! Sa dernière chance sera le refus, par l'Irlande, du Traite de Lisbonne. Si tel est le cas, les peuples pourront faire la fête !

Et ce n'est pas fini: Israël, qui n'a rien à faire en Europe et qui se mêle de tout, est en train, insidieusement comme toujours, de s'approprier l'Europe, non seulement d'y entrer, en douce, sans que les Européens soient consultés, mais aussi de la contrôler. Je vous le dis: Un jour, Israël, si nous n'y prenons garde, présidera l'Europe ! Et pour imposer quoi ?  Une politique d'abord à son service, en dépit de ses crimes innombrables et de sa violation permanente du Droit, ensuite une politique au service des forces les plus réactionnaires, totalitaires, va-t-en guerre. Avec à la clef un ultralibéralisme assassin, la fin des souverainetés et de la démocratie, et un militarisme aux antipodes des objectifs initiaux de l'Europe.

Nous voici bientôt embarqués dans les aventures impériales dont nous, citoyens, ne voulons pas, au détriment des populations les plus pauvres, et au profit des grandes banques et des multinationales.

Mais le but caché, originel, de l'Europe, n'était-il pas, par l'abandon des souverainetés, de servir de tremplin au Nouvel Ordre Mondial monstrueux qu'une caste avide, cupide, cynique, sans scrupules, ose imposer à la planète ?


kouchner-iran-french-doctor-folamour 

Il est consternant, et affligeant, de voir aujourd'hui un Général français, M. Georgelin, regretter, en quelque sorte, que l'option militaire contre l'Iran soit difficile à exécuter. Ne s'agit-il pas d'un alignement sur les positions du très néonconservateur Sarkozy, et donc de l'Empire, et donc.... sur les projets militaro-financiers de l'Otan ? Et cela non seulement au détriment de l'intérêt de la France, de sa vocation, de ses traditions gaulliennes d'indépendance, mais aussi de la volonté des Français, et plus généralement, de la paix ? France, as-tu perdu la tête ? Et vas-tu sacrifier ta précieuse liberté pour servir les intérêts de dignitaires de la Haute Finance non élus ?

Sur le site Spread The truth, on peut lire : "Madame Day (la Secrétaire Générale de la Commission Européenne) a affirmé que le traité de Lisbonne permettra à l´Europe de parler d´une seule voix, et aidera à façonner le Nouvel Ordre Mondial." L'Europe a-t-elle été conçue pour être le tremplin du Nouvel Ordre Mondial militaro-financier, totalitaire ?

Il est clair que la France, et l'Europe, ont mis le pied dans un engrenage qui risque de les conduire droit dans le mur. Avec Chirac-de Villepin, notre pays était considéré comme un exemple pour le monde; aujourd'hui, alignés, vassaux, nous serons avec Sarkozy non seulement au premier rang des entreprises coloniales de l'Empire, mais aussi particulièrement exposés aux représailles "terroristes".

Amis Irlandais, la balle est dans votre camp. Vous êtes l'espoir de l'Europe, et peut-être serez-vous, aussi, prochainement, notre fierté et notre chance.
Si le  OUI l'emporte, il est à craindre que ne soit ouverte la boîte de Pandore...  Les enjeux du vote irlandais sont colossaux !

Eva R-sistons à une Europe au service des intérêts de l'Empire, du NOM, de la Caste qui fait le malheur des peuples. 

TAGS:  Europe, UE, France, Sarkozy, Gl Georgelin, OTAN, Irlande, Chirac, de Villepin, Catherine Day, Nouvel Ordre Mondial, paix, Rasmussen, Slovénie, Etats-Unis, Israël, Droit...


nato_tod-7a080  


Lire
http://fonzibrain.wordpress.com/2009/09/11/un-general-francais-admet-en-le-niant-que-cest-lotan-qui-attaquera-liran/

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 07:26
vendredi 11 septembre 2009
Héros fragiles, un DVD proposé par Le Monde diplomatique

L’autre 11 Septembre

Un projet de loi présenté le 8 septembre par la présidente chilienne Michelle Bachelet propose de mettre un terme à la « Loi réservée du cuivre » (Ley reservada del cobre). Edictée sous le gouvernement du général Augusto Pinochet (1973-1990), celle-ci octroie aux Forces armées 10 % des revenus générés par l’exportation de la principale richesse du pays : le cuivre. Grâce à (ou à cause de) cette mesure héritée de la dictature, le Chili est le pays latino-américain qui dépense le plus pour ses militaires – après le Brésil (immense) et la Colombie (enlisée dans un conflit). Son budget de la défense n’a cessé de croître de manière impressionnante ces dernières années, plaçant le pays au 12e rang des destinataires mondiaux d’armements pour la période 2003-2007 (4,9 milliards de dollars en 2007) .

Tout en réincorporant le budget militaire dans le budget national, la loi proposée par Mme Bachelet, si elle est votée, pourrait permettre d’affecter une part plus importante des revenus du cuivre, gérés par l’entreprise publique Corporación del Cobre (Codelco), aux insuffisants et indispensables programmes sociaux.

En son temps — celui de la guerre froide — c’est ce que voulait faire, toutes choses égales par ailleurs, Salvador Allende. Elu le 4 septembre 1970, partisan d’un socialisme démocratique, il nationalise les banques, la grande industrie et… les mines de cuivre (propriété des multinationales américaines). On sait ce qu’il en advint. Le président Richard Nixon et son secrétaire d’Etat Henry Kissinger donnent des instructions directes à la Central Intelligence Agency (CIA) pour « faire craquer l’économie chilienne » (« Make the economy scream »). Grèves (en particulier des camionneurs) et manifestations se succèdent sur la droite du gouvernement de l’Union patriotique (UP), occupations de terres et d’usines se multiplient sur sa gauche, ne facilitant pas son action. Tandis qu’une campagne médiatique haineuse et souvent mensongère, menée par le quotidien El Mercurio, prépare le terrain, l’état-major de l’insurrection regroupe l’organisation fasciste Patrie et Liberté, le Parti national, les officiers putschistes. L’ambassadeur américain Harry Schlaudeman – qui a participé à l’invasion de la République dominicaine en 1965 – assure la coordination entre les militaires chiliens et la CIA.

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Salvador Allende (au centre) et Augusto Olivares (à droite), notamment.

Le 11 septembre 1973, la flotte entre à Valparaiso et l’armée attaque le palais présidentiel de la Moneda. C’est de là qu’Allende émet son dernier discours, transmis par Radio Magallanes : « Ils vont sûrement faire taire Radio Magallanes et vous ne pourrez plus entendre le son métallique de ma voix tranquille. Peu importe, vous continuerez à m’écouter, je serai toujours près de vous, vous aurez au moins le souvenir d’un homme digne qui fut loyal avec la patrie. Le peuple doit se défendre et non pas se sacrifier, il ne doit pas se laisser exterminer et humilier. (…) Allez de l’avant, sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure. (…) Vive le Chili ! Vive le peuple ! Vive les travailleurs ! Ce sont mes dernières paroles, j’ai la certitude que le sacrifice ne sera pas vain et qu’au moins ce sera une punition morale pour la lâcheté et la trahison. »

Plutôt que de se rendre, Allende se suicidera.

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Emilio Pacull & Felix Gonzales (Eladio)

Le documentaire Héros fragiles d’Emilio Pacull revient sur ces événements. Dans ce voyage intime vers le passé, sous-titré « Chili 1973, affaire non classée », Pacull, après une longue absence, se lance sur les traces de son beau-père, Augusto Olivares, proche collaborateur d’Allende qui, lui aussi, s’est donné la mort dans le palais de la Moneda le 11 septembre 1973. A travers des archives, des extraits de films de fiction, des entretiens avec victimes, militants, anciens de l’Unité populaire et des acteurs (repentis ou non) du coup d’Etat, Pacull livre un travail d’investigation remarquable. Il permet également de (re)découvrir, in vivo pourrait-on dire, le rôle du patronat chilien, des médias et des Etats-Unis, dans cette page marquante de l’histoire qui a mené le Chili de l’utopie socialiste au « paradis » néolibéral.

Maurice Lemoine

Héros fragiles, d’Emilio Pacull, Editions Montparnasse, 2009, 83 minutes.

Disponible sur notre boutique en ligne au prix de 20 euros.


http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-09-11-L-autre-11-Septembre


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11 septembre 1973 / nom de code « OPERATION CONDOR 
»


Comité Mibérez-les !


Demain tous les média de cette planète s’attarderont sur l’anniversaire du 11 septembre 2001, une date qui a marqué les USA, touchés dans son cœur même, volontairement ou pas, l’histoire nous le dira même si de plus en plus de personnes se posent cette question.

Pour nous, ce 11 septembre sera marqué par le souvenir du coup d'Etat militaire dirigé par le général Augusto Pinochet à la tête de chiens de guerre anticommunistes entraînés par la CIA et la NSA, et marquera les premiers assassinats politiques des combattants chiliens de la liberté dont Salvador Allende le 11 septembre 1973.



11 septembre 1973 /
nom de code « OPERATION CONDOR »



Ce 11 septembre 2009, nous aurons une pensée pour nos camarades tombés en combattant, pour les torturés largués dans la mer par des hélicoptères, pour les milliers de prisonniers des stades et des prisons infectes, pour tous nos camarades qui sont entrés en résistance face à un ennemi puissant et féroce, pour ceux qui les ont cachés et protégés… Ce sera la date anniversaire, les 36 ans du renversement violent du gouvernement démocratiquement élu de l'Unité Populaire de Salvador Allende .

Les quelques archives ouvertes ont démontré que dés 1970, Richard Nixon, le bandit Nixon, le fasciste Nixon, avait ordonné à la CIA de faire « rougir » l'économie du Chili pour empêcher Allende d'arriver au pouvoir.

Les documents, y compris les procès-verbaux des réunions entre Henry Kissinger, Kissinger le faucon du capital, le vautour sioniste, le Béhémoth étasunien, avec les responsables de la CIA de l’antenne de Santiago, ainsi que des résumés des actions secrètes menées dès 1970, fournissent des preuves irréfutables que des opérations de déstabilisation dirigées par Washington ont été menées sur place contre le gouvernement d'Allende.  

Des milliers de preuves des atrocités commises par la police secrète chilienne, la DINA, ou sur les assassinats, existent, elles ont été classées par la FBI. Mais des milliers d'autres venant de la CIA, NSC et NSA  sont encore classées secrètes, surtout celles concernant les 5OOO disparus des 17 années de dictature militaire, et les liens entre subsides nazies, DINA et CIA . 

36 années plus tard, il y a encore des enquêtes en cours au Chili, en Espagne et dans d’autres pays.  Beaucoup de disparitions n’ont pas été résolues au Chili comme ailleurs, car des actes de terrorisme international ont été menés par la police secrète chilienne sous l’autorité de Pinochet, ce général sanguinaire dont la seule admiratrice vivante déclarée n’est autre que Margareth Thatcher.

Ce 11 septembre 2009, les membres de "Libérez-les" et beaucoup de camarades progressistes de par le monde, auront une pensée pour nos 28 000 camarades chiliens tombés en combattant, torturés et largués dans la mer depuis des hélicoptères, pour les milliers de prisonniers des stades et des prisons infectes, pour les 5000 disparus et leurs familles, pour tous nos camarades qui sont entrés en résistance face à un ennemi puissant et féroce, pour ceux qui les ont cachés et protégés… et pour les exilés du monde entier…



Comité Libérez-les !



http://r-sistons.over-blog.com/article-35901858.html



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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 04:33
Samedi 25 juillet 2009

http://dfizeitungjournalinterparlementaire.files.wordpress.com/2007/05/journaux.jpg

À propos d'une citation de John Swinton,  ancien rédacteur en chef du New York Times, lors d’un banquet, le 25 septembre 1880.

 

À New York, lors d’un banquet, le 25 septembre 1880, le célèbre journaliste John Swinton se fâche quand on propose de boire un toast à la liberté de la presse :

 

« Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi.


Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées.


On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico.


Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent.


Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect.


Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! »


(Cité dans : Labor’s Untold Story, de Richard O. Boyer and Herbert M. Morais, NY, 1955/1979.)

 

 

 

En apparté: La fréquentation de mon blog est monté en flèche. 110 personnes sont venus lire cet article


http://mariereveuse.over-blog.com/article-34220389.html



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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 02:05
Jeudi 3 septembre 2009

« Refonder » le capitalisme, disait-il...            

 Crise . Un an après son discours de Toulon, Nicolas Sarkozy rejoue les mêmes scènes sur les « dérives du capitalisme financier ». La spéculation, elle, est repartie de plus belle. « Faire comme s’il ne s’était rien passé serait une erreur historique. » Ainsi s’exprimait Nicolas Sarkozy, le 25 septembre dernier, au Zénith de Toulon, en appelant, en guise de réponse à la crise globale, à « moraliser » le capitalisme financier. Onze mois plus tard, la « refondation » promise s’apparente davantage au rafistolage de la machine à spéculer qui a précipité l’économie mondiale dans le gouffre. Retour sur les promesses envolées du chef de l’État.

1 - La « moralisation du capitalisme financier » « L’autorégulation pour régler tous les problèmes, c’est fini. Le laissez faire, c’est fini. Le marché tout puissant qui a toujours raison, c’est fini. […] Si l’on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier est une priorité. » Depuis Toulon, le G20 de Londres, en avril, n’a pas bouleversé le vieil ordre économique et financier (voir l’Humanité du 7 août). Quant à la fièvre spéculative à l’origine de la crise, elle a repris de plus belle. Si les banques, sauvées par des injections d’argent public massives et sans contrepartie, ont renoué avec les profits, elles le doivent aux « activités des salles de marché, c’est-à-dire à la spéculation », souligne l’économiste américain Joseph Stiglitz dans un entretien au magazine Challenges. Au total, d’ici à 2010, 5 000 milliards de dollars auront été mobilisés pour remettre d’aplomb le système. Mais les logiques de fonctionnement du capitalisme financiarisé restent les mêmes. D’où la fuite en avant consistant à bricoler coûte que coûte la machine boursière, avec l’espoir qu’un retour à la rentabilité financière va mécaniquement provoquer un retour de la croissance.

2 - Les bonus et les parachutes dorés « Les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être désormais encadrés. Il y a eu trop d’abus, il y a eu trop de scandales. Alors, ou bien les professionnels se mettent d’accord sur des pratiques acceptables, ou bien le gouvernement de la République réglera le problème par la loi avant la fin de l’année. » Ni les rodomontades de Sarkozy, ni le « code éthique » du MEDEF, ni l’inconsistant décret promulgué au printemps n’ont changé la donne : la rémunération annuelle moyenne des patrons du CAC 40 est de 4,7 millions d’euros, soit 308 années de SMIC. Quant au système de « bonus-malus » que les banques ont promis d’appliquer aux traders à la sortie de leur rencontre, mercredi, avec Nicolas Sarkozy, il peine d’autant plus à convaincre que le gouvernement exclut tout véritable instrument de dissuasion. Des règles contraignantes créeraient, s’alarme Christine Lagarde, un « désavantage concurrentiel » pour les banques et les entreprises françaises. Chargé par l’Élysée de « contrôler » la rémunération des traders, l’ancien directeur général du FMI, Michel Camdessus, sera en fait investi d’un simple pouvoir de « recommandation ». En attendant, la politique fiscale favorisant les hautes rémunérations demeure intacte. Cette année, l’État a versé en moyenne 116 193 euros aux 3 506 contribuables les plus aisés sur les 13 998 bénéficiaires du bouclier fiscal.

3 - Les banques « Il faudra imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation. » Les prêts aux ménages et aux entreprises dans la zone euro ont baissé en juillet et leur croissance en rythme annuel a chuté à son niveau le plus bas jamais constaté, a indiqué hier la Banque centrale européenne. Face à ce resserrement du crédit, le chef de l’État s’est contenté, mardi, d’une molle mise au point avec les banquiers. Alors que 10,5 milliards d’euros d’aides publiques ont été accordés en 2009 aux six principales banques françaises, celles-ci ont d’ores et déjà admis qu’elles ne tiendraient pas leurs engagements en termes de financement de l’économie. « Les aides de l’État doivent être conditionnées à l’octroi de crédits aux taux réduits en faveur de l’emploi et de l’investissement productif, notamment en direction des PME », a répété, cette semaine, la CGT. Mais là encore, pas question pour le gouvernement de recourir à de nouvelles réglementations. « J’entends ici ou là qu’il faudrait exiger le remboursement de ces aides. Non, sûrement pas ! » tranchait Christine Lagarde, le 7 août.

4 - La rigueur « Dans la situation où se trouve l’économie, je ne conduirai pas une politique d’austérité qui aggraverait la récession. » La compression des dépenses publiques reste en fait la priorité du gouvernement. Pour tenter de contenir la hausse du déficit budgétaire, le ministre du Budget, Éric Woerth, réfute, pour 2010, toute augmentation des impôts directs mais confirme en revanche le « corsetage », « hors plan de relance », des budgets alloués aux ministères. L’objectif de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera tenu, ce qui correspond à la suppression de 34 000 postes. Après les coupes sombres de 2008, les budgets sociaux et les services publics, les politiques publiques devraient de nouveau faire les frais de ce plan d’austérité annoncé.

5 - La fiscalité « Je n’accepterai pas de hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d’achat des Français. Car notre objectif, c’est de leur rendre du pouvoir d’achat et non de leur en prendre. » Promesse passée à la trappe, avec la création d’une « taxe carbone » pesant sur les ménages, qui sera inscrite dans la loi de finances 2010. Son taux devrait se situer dans une fourchette de 14 à 20 euros par tonne de CO2 émise, selon la secrétaire d’État à l’Écologie, Chantal Jouanno. Ce qui porterait le poids de cet impôt vert à 300 euros par foyer et par an. De quoi compenser, dans les caisses de l’État, les six milliards de pertes liées à la suppression de la taxe professionnelle.

                                         Rosa Moussaoui


http://pcfcapcorse.over-blog.com/article-35643582.html

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 05:35
Mercredi 2 septembre 2009
- Par L' Aviseur - Publié dans : Nouvel Ordre Mondial - Ecrire un commentaire

Le capitalisme en crise a besoin d’un conflit militaire majeur

Article à lire absolument :

Pour Jean-Loup Izambert, journaliste indépendant et écrivain, qui publie son septième ouvrage (1) sous le titre de Pourquoi la crise ? aux éditions Amalthée, la crise du capitalisme est devenue totale. Contrairement aux déclarations de certains économistes et politiciens, il affirme qu’il n’y aura pas de sortie de crise. Pour l’auteur de la seule investigation journalistique sur les origines de la crise(2), le système capitaliste ne peut survivre que par la guerre. Quelle alternative pour les peuples ? Entretien.



Geostrategie : Vous démontrez dans votre livre Pourquoi la crise ? que le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire avec laquelle il s’est développé. Sommes-nous à un point de rupture avec ce système et les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité ?

Jean-Loup Izambert : C’est évident. Pourquoi et quelles données changent par rapport aux dernières décennies ? Dans ce système les grands propriétaires privés de l’économie contrôlent l’économie et tentent de l’imposer par tous les moyens comme régime aux peuples de la planète, y compris par la guerre. C’est ce qu’ils ont toujours fait avec la seule préoccupation de s’enrichir et de faire main basse sur les richesses des peuples au seul profit des sociétés transnationales qu’ils dirigent. Mais parvenu au stade de l’impérialisme, période actuelle du développement du capitalisme, les grands possédants ont besoin d’un pouvoir politique qui leur soit totalement dévoué pour protéger et accroître encore la concentration des richesses qu’ils cumulent. Il faut bien comprendre qu’il s’agit pour eux d’une question de survie, de rester maîtres du pouvoir et bien sûr de leur privilèges. L’une des contradictions qu’ils doivent gérer vient justement du fait que l’accumulation du Capital et la concentration des richesses qu’ils sont contraints de perpétuer sous peine de perdre pouvoir et privilèges implique aujourd’hui des centres de décisions de plus en plus fermés, dans l’entreprise comme dans la société. Or, cette tendance à la centralisation va à l’inverse de mouvement des sociétés qui pousse vers plus d’ouverture, de démocratie, de participation, de culture notamment avec le développement des sciences et des techniques.



Geostrategie : Quels faits caractérisent aujourd’hui cette concentration des richesses ?

J-L.I. : Aujourd’hui 200 sociétés transnationales contrôlent plus de 23% du commerce mondial et 1% des plus riches détient plus de 57% des richesses produites. L’augmentation des richesses conduit-elle à l’enrichissement des peuples ? Non. Au niveau mondial 103 200 personnes, pour la plupart propriétaires privés de l’économie, détiennent un patrimoine financier de plus de 30 millions de dollars, hors résidence principale et biens de consommation. Mais, si l’on se réfère aux statistiques de l’Organisation des Nations Unies, plus de 80 pays ont aujourd’hui un revenu par habitant plus bas qu’il y a dix ans. D’une part les peuples prennent de plus en plus conscience qu’ils ne profitent pas de l’augmentation des richesses produites, que plus les richesses se concentrent entre quelques mains plus la misère s’accroît dans les sociétés mais également que ce phénomène touche aujourd’hui le cœur même de l’Occident capitaliste qui s’en croyait à l’abri. Selon les chiffres du fisc étasunien, à la veille de l’aggravation de la crise 60 millions de personnes « vivaient » aux Etats-Unis avec moins de sept dollars par jour. Bien que dissimulée par les médias qui appartiennent aux milliardaires, la situation est analogue dans la petite Europe de Maastricht de 20 millions de chômeurs où 80 millions de citoyens – soit quand même 16% de ses 495 millions d’habitants – courent un risque de pauvreté, 17 millions sont répertoriées comme « très pauvres » et 70 millions d’autres n’ont pas accès à un logement décent selon les propres statistiques publiées par la Commission européenne et d’autres organismes « européens ». Dans ce contexte, les grands possédants de l’économie ont besoin de faire courber la tête aux peuples pour maintenir leur système d’exploitation.



Les dirigeants bourgeois organisent le déficit des nations



Geostrategie : Comment le pouvoir politique favorise-t-il ces grands propriétaires privés de l’économie ?

J-L.I.: De différentes manières. Cela va du vote de lois en faveur de la grande bourgeoisie, à une complicité évidente avec le système d’évitement fiscal qui appauvrit la collectivité jusqu’au vote de crédit pour des guerres régionales dans lesquelles vous voyez apparaître et se développer des Sociétés Militaires Privées (SMP) liées aux armées et services occidentaux et financées par les Etats et leurs transnationales. Les provocations répétées à coups de campagnes médiatiques contre la Fédération de Russie, la République Populaire de Chine, la République Islamique d’Iran ou d’autres mais aussi le soutien à des dictatures comme en Irak après avoir ravagé le pays par la guerre, dans plusieurs pays d’Afrique ou l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan sont des illustrations de la tentation totalitaire du capitalisme. L’actuelle présidence française, son Premier ministre et son gouvernement sont au diapason de ce qui se passe dans tous les pays capitalistes sans exception : atteintes répétées aux libertés, vote de lois en faveur des grands possédants, réduction du rôle des assemblées élues – par exemple, avec la volonté de tenter de supprimer les communes ou les départements en France ou en réduisant le rôle du Parlement -, « dépénalisation du droit des affaires » qui a pour conséquence de laisser faire le pillage de la nation par les grands propriétaires privés de l’économie, retrait du rôle de l’Etat dans ses fonctions essentielles de la santé, de l’éducation, du logement, du développement économique et de l’emploi, engagement dans des guerres et occupations de pays contre l’intérêt des peuples.



Geostrategie : La dégradation de la situation économique ne dépend donc pas seulement de la crise comme les médias de masse tentent d’en accréditer l’idée ?

J-L.I. : Comme je l’ai dit, la crise est liée à la nature même du capitalisme. Elle prend une ampleur que n’a jamais connue le système alors que le pouvoir politique n’a cessé de border son lit. Par exemple l’actuel président français s’était engagé lors de sa campagne électorale à mettre en oeuvre une politique de plein emploi. Mais l’explosion du chômage et de la misère que nous connaissons aujourd’hui n’est pas le fait de la seule crise. Bien avant que celle-ci ne se manifeste brutalement, le gouvernement français UMP, à peine installé, procédait déjà à la suppression de dizaines de milliers d’emplois dans la fonction publique sur plusieurs années tandis que les dirigeants de grandes sociétés privées en programmaient la liquidation de centaines de milliers d’autres dans tous les secteurs d’activité. Cette politique au service de la concentration du Capital n’est que la continuité des précédentes politiques menées par les gouvernements de droite comme de gauche. En fait le rôle de l’Etat bourgeois se borne à protéger les intérêts des grands possédants contre l’intérêt général avec pour conséquence l’aggravation du déficit budgétaire, l’endettement de l’Etat et une misère grandissante pour le plus grand nombre. Un exemple : les sociétés transnationales qui auraient dû payer plus de 33 milliards d’euros d’impôts pour la seule année 2006 en ont réglé 6,1 milliards avec la bénédiction de l’Etat ! Dans le même temps, ces entreprises qui ne créent pratiquement pas d’emplois, organisent des plans de licenciements, exportent une partie de leurs bénéfices pour échapper à l’impôt ont reçu de l’Etat 65 milliards d’euros d’aides de toutes sortes et bénéficié de milliards d’euros d’exonérations fiscales. Pour vous donner une idée, sur deux années, cela représente environ 130 milliards d’euros soit pratiquement l’équivalent du budget annuel européen pour la période 2007-2013 ou le montant du déficit record du budget de la France fin 2009 contre 56,3 milliards en 2008. La dette publique de la France atteint aujourd’hui des sommets en se situant, selon l’INSEE, à 1413,6 milliards d’euros pour le premier trimestre 2009 soit 72,9% du Produit Intérieur Brut (montant des richesses créées dans un pays sur une année entière). De même, l’Etat et les dirigeants des grandes sociétés privées doivent des milliards d’euros à la Sécurité Sociale qui ont déjà été payés par les salariés aux entreprises et les consommateurs mais ne sont toujours pas reversés à l’organisation de solidarité nationale par le grand patronat. Voilà comment le gouvernement organise les déficits. Quand le Président de la République et les ministres de l’Intérieur qui se succèdent affirment « qu’il n’y a pas de zone de non droit » en ciblant la jeunesse amputée d’avenir qui se révolte, ils se moquent ouvertement du monde. Les premières zones de non droit se situent au sein même de structures de l’Etat et elles sont le fait de leur politique qui conduit le pays à la ruine ! Ce n’est qu’un aspect qui explique aussi la violence du système vis-à-vis de toutes les résistances qu’il rencontre et de celles qui en découlent de manière plus générale dans les rapports sociaux.



Geopolitique : La violence est donc liée à la fin du système ?

J-L.I. : Oui, un peu comme les derniers sursauts d’une bête blessée à mort. Elle se manifeste par le rejet brutal de millions d’hommes et de femmes du système de production, leur mise à l’écart de la vie sociale, du logement, de la santé, de la culture. Elle se manifeste également par la destruction de pans entiers de l’économie, de régions et de pays comme en Yougoslavie, en Irak, en Palestine, en Amérique centrale ou en Afrique où les derniers « rois-nègres » ne doivent leur trône qu’à la corruption débridée de transnationales et, parmi d’autres, au pouvoir élyséen. Le capitalisme est un système criminel qui a fait la prospérité d’une caste de milliardaires sur la mort de centaines de millions d’êtres humains, sur les souffrances les plus atroces des peuples sur tous les continents par la famine, la surexploitation, le colonialisme, la guerre. Et cela continue. Au moment où nous parlons, selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies, une personne meurt de faim – « seulement » de faim, épidémies et guerres non comprises – toutes les quatre secondes. Dans le même temps les dirigeants occidentaux en sont à faire payer les paysans par les contribuables à coups de primes pour mettre leurs terres en friches, à détruire des pêches entières par des règlements imbéciles décidés par les bureaucrates de Bruxelles. Et au moment où nous parlons ce sont plus de 350 millions d’enfants de 6 à 17 ans qui sont surexploités par les transnationales capitalistes sur tous les continents dans presque tous les types d’industrie, de l’Asie aux Etats-Unis(3). Si ce n’est de la violence et de l’égoïsme, qu’est-ce donc le capitalisme ?!



Une exigence de destruction



Geostrategie : Dans votre livre vous rapportez le témoignage de plusieurs intervenants de différents milieux et pays dont certains évoquent une crise totale contrairement aux précédentes. Quels changements avec les crises précédentes ?

J-L.I. : Effectivement la crise est presque mondiale par le fait qu’elle touche tout le système capitaliste. Des pays comme la Fédération de Russie, la République Populaire de Chine, Cuba, le Venezuela révolutionnaire du président Hugo Chavez, le Brésil, la République démocratique du Vietnam ou d’autres comme la République Islamique d’Iran sont moins touchés car ils sont, pour des raisons diverses – historiques, politiques, culturelles, économiques – moins imbriqués dans le système capitaliste, ses réseaux commerciaux, bancaires et financiers. Jusqu’à présent nous devions faire face à des crises conjoncturelles du capitalisme, des périodes où la concentration du Capital s’accélérait brusquement en mettant en difficulté momentanée des monnaies, des économies, des pays. Face à cette situation inédite il était important que je donne la parole à des intervenants de différents milieux tous concernés par la banque, la finance, l’organisation d’entreprise et de la société. Quelques français comme le Président du groupe Crédit Agricole Société Anonyme, un commissaire aux comptes ou un important cabinet d’avocats d’affaires parisien ont refusé de débattre de la situation et de répondre à des questions portant sur l’évolution de l’activité de leur secteur professionnel dans le contexte actuel. La plupart ont joué le jeu et apportent, comme vous avez pu le lire, une contribution importante à mon travail par leur vécu mais également par leur propre réflexion et leurs travaux. C’est le cas du président Etienne Pflimlin du groupe bancaire mutualiste Crédit Mutuel-CIC, de Pierre-Henry Leroy, fondateur et dirigeant de Proxinvest, l’une des plus importantes sociétés de conseil aux actionnaires, du président Alban d’Amours du Mouvement des Caisses Desjardins, l’un des plus importants instituts financiers du Canada de forme coopérative, d’Hervé Sérieyx, haut fonctionnaire, dirigeant de société, chercheur et conseil en organisation d’entreprise, de Mark Schacter au Canada qui est conseil international en organisation d’entreprise, de l’Institut Canadien des Comptables Agréés faute de trouver un européen qui daigne répondre à de simples questions de droit sur la transparence de gestion et la validité des comptes des transnationales, du réseau SWIFT spécialisé dans les transactions internationales, d’un syndicaliste de la CGT fin connaisseur du monde bancaire ou encore de magistrats comme Jean de Maillard, spécialisé dans les nouvelles formes de criminalité financière, des avocats d’affaires et bien entendu des responsables du mouvement Coopératif international. La rencontre de tous ces acteurs de l’entreprise, de la finance, de la banque, du droit au sein d’un même lieu – un livre -, la transmission aux lecteurs de leur expérience comme de leurs idées et de leurs propres travaux permet de dresser un tableau aussi précis que possible de la situation actuelle pour mieux comprendre les origines et mettre en exergue les responsables de la crise. De même cette démarche permet de mon point de vue de tenter d’esquisser les possibles d’un nouveau mode d’organisation et de gestion économique et social. Ainsi que l’explique Sherron Watkins, l’ancienne vice-présidente de la société étasunienne Enron, transnationale de l’énergie faillie en décembre 2001, la crise du capitalisme est désormais totale. Elle touche tout le système : économie, finance, groupes de surveillance du monde des affaires et institutions internationales, politique, morale et idéologie. La continuité de ce système s’accompagne aujourd’hui d’une exigence de destruction de tout ce qui entrave la concentration des richesses par les grands possédants. Ils appellent cela « déréglementation », « privatisation », « libéralisation » ou « mondialisation » et couvrent la répression, l’esclavage, le colonialisme et la dépendance des mots de « sécurité », « liberté », « droits de l’Homme » n’ayant plus que le mensonge, la tromperie et la falsification pour camoufler la fin de leur système.



Geostrategie : Mais ces pouvoirs sont l’émanation du suffrage universel, du vote des peuples. Si l’on pousse le raisonnement à son terme doit-on en conclure que les peuples occidentaux souhaitent le capitalisme ?

J-L.I. : Effectivement, les peuples occidentaux se sont prononcés jusqu’à aujourd’hui en faveur de représentants du capitalisme, pratiquement sans rien connaître du reste de la nature de celui-ci ni même envisager où ce système les conduit à l’heure actuelle. Prenons l’exemple de la France. En 1981, lors des élections présidentielles puis des élections législatives qui ont suivi, le peuple français a eu l’occasion de choisir entre la continuité du système symbolisée par les partis conservateurs et la rupture que proposait à l’époque le Parti Communiste Français avec le Programme commun de gouvernement des forces de gauche auquel était associé le Parti Socialiste et les radicaux de gauche. Ce Programme commun de gouvernement était lui-même l’aboutissement d’années d’engagement des communistes français pour ouvrir une voie nouvelle dans la construction d’une démocratie avancée. Ce programme venait en effet après plusieurs grandes campagnes nationales du PCF et l’élaboration et la diffusion du propre programme du PCF à des millions d’exemplaires sous le titre de « Changer de cap », programme pour un gouvernement démocratique d’union populaire. Pour la préparation de celui-ci les militants communistes ont mené à l’époque de grandes campagnes d’information, de débats, collecté sur plusieurs mois avec « les cahiers de la misère » le vécu et les espoirs du peuple dans les campagnes, les quartiers, les usines, les universités. Tout cela a permis d’aider les gens dans leurs problèmes quotidiens – par exemple en s’opposant aux licenciements dans des entreprises qui réalisaient des profits ou à empêcher des saisies-expulsions – tout en débattant avec eux des changements à mettre en œuvre pour une nouvelle politique nationale. Au moment du vote, lors des élections présidentielles et des législatives qui ont suivi, une majorité de votants a cédé aux campagnes médiatiques anticommunistes et s’est réfugiée dans le giron du Parti Socialiste. Une fois au pouvoir, celui-ci s’est empressé d’abandonner ses engagements sous la pression de la bourgeoisie et du gouvernement étasunien qui s’opposait à la présence de ministres communistes dans le gouvernement français. Toutes les transformations radicales contenues dans le programme commun de gouvernement, tout particulièrement les nationalisations des secteurs clés de l’économie, le développement de la démocratie et toute mesure qui permettait de rompre avec le système ont ainsi été abandonnées par la « génération Mitterrand ». Démonstration a été faite une nouvelle fois que sans parti révolutionnaire, sans mobilisation et soutien à des propositions de rupture avec le système, il ne peut y avoir de réel changement. Si les mesures préconisées par le PCF avaient reçu à l’époque un large soutien populaire, le cours des choses aurait été bien différent, y compris la question européenne. Du reste, si vous relisez aujourd’hui « Changer de cap », le programme du PCF, ou même le Programme commun de gouvernement de 1972, vous constaterez avec le recul du temps et en regard de la situation actuelle le bien fondé des propositions de l’époque dont certaines ne demandent qu’à être actualisées. Chacun doit donc assumer ses responsabilités face à l’Histoire. Le passage à la construction d’une société socialiste ne peut se faire que sur la base d’un rapport des forces sociales et politiques favorables au peuple et ne peut être que le résultat de sa volonté et de sa lutte. Une trentaine d’années plus tard le peuple français, sans tirer les leçons de ses expériences, continue de voter tantôt à gauche, tantôt à droite sans avoir encore conscience qu’il confie en réalité son pouvoir aux mêmes maîtres de la finance et de l’économie. La politique qu’il vit au quotidien reste par conséquent la même et rien ne change dans l’entreprise, dans la vie économique à laquelle il consacre l’essentiel de son existence. Bien entendu, la situation s’est aggravée au fil des trois décennies qui se sont écoulées depuis 1981 et il commence à payer chèrement sa marche « droite-gauche-droite-gauche » à coups de chômage, d’impôts, de taxes, d’exclusions, de restrictions, de lois liberticides et de guerres. Mais il ne peut s’en prendre qu’à lui-même car c’est en dernier ressort lui qui décide, par ses luttes et ses votes. Souvenons-nous toutefois que l’Histoire a montré que les révolutions ne sont pas prévues dans les calendriers électoraux de la bourgeoisie.



La priorité est à l’action sur des propositions révolutionnaires



Geostrategie : La responsabilité serait-elle uniquement le fait d’un peuple ignorant de la chose politique et de sa propre histoire ou plus préoccupé par ses « petits problèmes » que du devenir de la société et de la planète ?

J-L.I. : Non, bien évidemment. La crise n’incite pas à la réflexion et à l’action. Les médias qui sont la propriété privée des milliardaires par banques et sociétés de communication interposées jouent un rôle important dans la désinformation et l’abrutissement des masses. Le fait qu’un navet comme le film « Bienvenue chez les Chtis » soit élevé au rang de succès cinématographique ou que des foules honorent comme un dieu la mort d’un pantin médiatique comme Michael Jackson qui, en dehors du fait qu’il n’a rien apporté d’essentiel à la musique, se droguait, couchait avec des petits enfants et s’était fait tirer et blanchir la peau pour ne plus être noir en dit assez long sur le niveau culturel d’une frange des sociétés occidentales. Nous sommes bien loin des grands musiciens et chanteurs comme King Oliver, Sindey Bechet, Count Basie, Louis Armstrong, Ray Charles, Otis Redding ou d’autres dont les musiques populaires traversent les générations ! Ce n’est qu’un aspect des conséquences des batailles que se livrent les transnationales étasuniennes, européennes et japonaises pour le contrôle des grands moyens de communication, des groupes de presse aux satellites en passant par les majors du cinéma. Sans doute le peuple sortira-t-il de son hibernation politique lorsque nous passerons de « Qui veut gagner des millions ? » à « Qui va partir à la guerre ? »… Depuis les années quatre-vingt, les dirigeants du PCF ont commis de lourdes erreurs stratégiques. Comme s’ils n’avaient pas compris les leçons du passé, ils continuent de rechercher des alliances électorales avec d’autres partis réformistes au lieu de privilégier des propositions pour éveiller les consciences, organiser de grands débats nationaux sur les questions essentielles et rassembler dans l’action avec audace. Lorsqu’un parti ou un mouvement posera des questions comme « Comment contrôler le système bancaire et financier ? », « Quelle organisation bancaire et financière pour l’économie ? », « Quelles mesures pour la gestion démocratique des entreprises ? » ou « Comment rendre à l’assemblée du peuple sa représentation nationale ? », questions dont les réponses sont essentielles pour s’engager dans une rupture avec le système, alors la société commencera à s’éveiller. Et dans l’immédiat, il ne faut pas compter sur les états-majors syndicaux qui sont surtout préoccupés de canaliser le mécontentement afin d’éviter les grandes colères qui commencent à gronder. Il est particulièrement lamentable de voir des représentants syndicaux négocier la diminution du nombre de licenciés dans des entreprises en pleine santé financière quand ceux-ci devraient non seulement appeler à la lutte pour le maintien et le développement de l’emploi, exiger des licencieurs l’ouverture des comptes de l’entreprise et se battre pour des droits nouveaux afin de participer à leur gestion. Dites-moi un peu à quoi servent les comités d’entreprises quand des salariés découvrent du jour au lendemain des plans de licenciements prévus de longue date ?! Avez-vous remarqué comment le mouvement radical de séquestration de responsables de ces plans de licenciements né à la base a été enrayé ? Ce type d’action très intéressant a pratiquement disparu des journaux télévisés et autres du jour au le demain. Dans l’immédiat, entre des partis dits progressistes sans propositions révolutionnaires et des syndicats au minimum compatissants, le pouvoir des « compteurs de petits pois », pour reprendre la formule d’Hervé Sérieyx, ne pouvait pas mieux espérer.



Geostrategie : Est-ce à dire que la situation est politiquement bloquée et qu’il sera difficile de sortir de la crise ?

J-L.I. : L’idée selon laquelle il pourrait y avoir sortie de crise sans sortie du système qui l’engendre est une hérésie. Autant vouloir soigner une grippe sans tuer son virus. Cette chimère ne vise, une nouvelle fois, qu’à berner le peuple en lui faisant croire que l’avenir sera meilleur s’il accepte de nouvelles mesures antisociales comme par exemple le report de l’âge de la retraite à 65 ans. Ce n’est que la suite logique du « travailler plus pour gagner plus » développé par l’UMP. Il n’y aura pas de sortie de crise pour la simple raison que le capitalisme ne peut plus être aménagé. Vous avez pu remarquer combien les médias des puissances financières se font silencieux tant sur l’origine de la crise, ses conséquences générales et son extension dans d’autres pays. Il faut surtout éviter que les masses prennent conscience de l’ampleur des dégâts comme des responsables de la situation pour mieux les enfermer dans la fatalité et le renoncement à la lutte.



Nous ne sommes plus en démocratie


Geostrategie : Cela signifie-t-il que l’appauvrissement continu de la société va se poursuivre de manière plus brutale au détriment de l’intérêt général et au seul profit des grands propriétaires privés de l’économie ?

J-L.I. : Oui. Nous entrons dans une nouvelle période où le chômage s’accroît de manière considérable et où des millions de citoyens supplémentaires sont écartés du droit de vivre dignement de leur travail, où la collectivité humaine déjà menacée va encore s’appauvrir tandis que le clan des grands propriétaires privés de l’économie va continuer de s’enrichir. Selon le World Wealth Report publié par la banque d’affaires étasunienne Merrill Lynch et Cap Gemini « la croissance de la richesse des grands fortunes financières privées devrait être de 7,7% par an pour atteindre 59100 milliards de dollars à l’horizon 2012 ». Voilà des gens qui sont, eux, dispensés de l’allongement de la durée du travail comme de l’effort national que les gouvernements occidentaux tentent d’imposer aux peuples pour leur faire payer une crise dont ils ne sont pas responsables. Deux options se présentent : la continuité du système et la guerre ou la révolution. La première hypothèse va se traduire par un renforcement du caractère autoritaire du pouvoir politique, dernier stade de l’impérialisme avant la dictature et la guerre, la guerre économique conduisant toujours à la guerre totale. C’est ce à quoi nous assistons en France comme dans la plupart des pays capitalistes. Le pouvoir politique devient plus autoritaire, toutes les libertés sont graduellement réduites sous prétexte de prévention, de sécurité et d’ordre, les assemblées élues sont amoindries dans leur pouvoir de décision et d’intervention, qu’il s’agisse des collectivités, des comités d’entreprise et autres. A ce stade, la bourgeoisie dispose encore des moyens de diviser le peuple en favorisant des « faux-nez » d’opposition comme le Parti Socialiste en France et en introduisant dans la vie politique des courants rétrogrades dont elle sait qu’ils contribueront à jeter le trouble dans la bataille d’idées. C’est le cas du mouvement Vert ou prétendument écologiste qui a germé sur une conséquence du capitalisme – la détérioration de l’environnement humain par les transnationales – et grandit sur son fumier sans remettre en cause le système, les causes profondes de cette détérioration.



Geostrategie : Pourtant le mouvement écologiste dénonce la destruction de l’environnement ?

J-L.I. : Bien sûr et le Parti Socialiste dit vouloir s’opposer à la politique du Premier ministre de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa. Mais vous pouvez dénoncer tout ce que vous voulez, cela ne gêne nullement la bourgeoisie du moment que vous ne vous en prenez pas à l’essentiel, à la cause, à l’origine de cette destruction : son pouvoir politique et celui des puissances financières, son système et son mode de gestion des entreprises et des sociétés humaines. Le discours de ces écologistes opposés, par exemple, à la maîtrise et au développement de l’énergie nucléaire rappelle ces mentalités arriérées qui accusaient dans les années 1830 les premiers trains à vapeur de répandre la tuberculose dans les campagnes. Quant à la LCR-NPA, quelle que soit ses changements de nom, cette organisation a toujours contribué à diviser et affaiblir le mouvement populaire avec une phraséologie pseudo-révolutionnaire et elle doit être combattue comme telle. Elle est du reste complètement absente des mobilisations ouvrières contre la crise.



La question du Front National



Geostrategie : Et le Front National ?

J-L.I. : Il en va un peu de même pour le Front National qui dénonce les puissances financières mais dont le programme politique n’envisage aucune mesure économique radicale pour mettre un terme à leur domination et contraindre les maîtres de l’économie à rendre gorge. Contrairement aux campagnes de ce parti, ce ne sont pas les immigrés qui sont responsables du chômage. Je parle bien entendu de l’immigration qui vient travailler en France avec une qualification, s’y former dans le cadre de contrats avec des entreprises ou des universités ou y est présente depuis plusieurs génération et non de l’immigration clandestine issue de l’aggravation de la misère qui déserte son combat national pour changer l’ordre des choses. Cette dernière, la plupart du temps inculte, sans formation, analphabète, parfois trafiquante au-lieu d’être parquée dans des camps de rétention aux frais des contribuables devrait être reconduite aux frontières sans atermoiements. Essayez donc comme français de vous rendre clandestinement, « sans papiers », dans un pays d’Afrique ou même en Albanie pour juger de l’hospitalité qui vous sera réservée…Ce qui coûte cher à la France c’est le grand patronat qui attire et utilise cette main d’ouvre bon marché et inculte pour briser le tissu social et les avancées démocratiques qui sont autant d’obstacles à son enrichissement. Et quand cela lui est insuffisant, il délocalise les entreprises, comme le groupe Michelin, pour faire du chômage en France et produire à moindre coût et bien souvent à qualité inférieure dans des pays à la main d’œuvre corvéable à merci. Je le rappelle : 350 millions d’enfants sont actuellement surexploités par les transnationales à travers le monde ! Je rappelle également, puisque personne n’en parle, que le grand patronat français a reçu près de 65 milliards d’euros de subventions de l’Etat tout en bénéficiant de 8,5 milliards d’euros d’exonérations fiscales, de 25 milliards d’euros au titre d’une ribambelle de prêts bonifiés et de la baisse du coût du travail, etc. (4) Dans le même temps l’Etat ne budgétisait que 6 milliards d’euros pour le logement et 5 pour une justice qui se situe déjà parmi les derniers pays d’Europe par son budget !… Ce qui coûte cher à la France, c’est le grand patronat, le chômage qu’il fabrique et son organisation corrompue, le Medef. Le Front National ne reconnaît pas la lutte des classes, condition essentielle du combat pour l’émancipation humaine, raison pour laquelle il ne pourra pas mener jusqu’au bout le combat qu’il prétend mener, ce qui ne veut pas dire qu’il n’aurait pas un rôle à jouer. Mais pour prétendre être « front » et « national » sans doute faudrait-il qu’il se réfère plus à l’avenir qu’au passé dans son discours et ses propositions et que ses militants n’hésitent pas à se trouver aux côtés des travailleurs en lutte pour la défense de leur avenir au lieu de pratiquer un discours antisyndical d’un autre âge. Quand le Front National désignera pour cible le clan des milliardaires qui pille la France au lieu des immigrés qui contribuent à l’enrichir par leur travail, quand ce parti proposera et appellera à la lutte pour nationaliser la haute finance, rendre à la nation ce qui lui appartient, développer la démocratie directe, alors celui-ci commencera à être crédible comme « front national ». Cette logique s’inscrirait d’ailleurs dans la lignée de ses propositions pour une «Europe des peuples » par opposition à « l’Europe des banques ». Pour l’heure il reste enfermé dans un discours anticommuniste, antisyndical, anti-fonctionnaire et s’accroche aux oripeaux du système comme l’église catholique – je parle bien entendu de l’institution et non de la croyance, même si je suis athée – et s’oppose ainsi à tout grand rassemblement national sur des propositions de rupture. Imaginez la force que représenteraient le rassemblement et la mobilisation des organisations – partis politiques, syndicats, associations, etc. – agissant de concert sur des objectifs communs de rupture, chacun conservant, bien évidemment, son identité. Un Front National ouvert, démocratique, aux propositions novatrices, en prise avec la société en lutte pourrait jouer ce rôle de rassembleur. Après chacun prendra ses responsabilités de l’accompagner ou non sur les objectifs en question mais la clarté serait faite dans la société sur qui défend réellement l’intérêt général des français. Pourquoi le Front National ne soutient-il pas les travailleurs qui séquestrent les licencieurs dans des entreprises en bonne santé pour exiger des droits nouveaux dans les entreprises ? Visiblement, les propositions de changement font défaut et se limitent plutôt aux périodes électorales qu’au vécu quotidien des français. Bien entendu le rejet du Front National par la classe politique est injustifiable. Mais pour une part, il porte la responsabilité de cette situation en ne désignant pas les vrais responsables de la crise et en restant enfermé dans un carcan droitier et populiste qui l’empêche, pour partie, de prétendre à devenir national et populaire. Des dirigeants trop souvent issus de partis bourgeois ou à « l’idéologie de reclus » s’identifient par leur propos et leur image plus aux forces du passé qu’à une force porteuse d’avenir et de changement radical. Même si aucune perspective de changement réelle n’existe à l’heure actuelle, la grande bourgeoisie est très préoccupée par la réduction de son assise populaire. Plusieurs faits en attestent comme ses tentatives répétées de faire voter plusieurs fois les peuples ou de remplacer un vote populaire sur des questions qui engagent toute la nation par celui du Parlement lorsque leurs votes ne lui conviennent pas, la tentative de se fabriquer des circonscriptions sur mesure, etc. Nous ne sommes plus en démocratie…



Les forces vives de la nation absentes du Parlement



Geostrategie : …Parlement dont les membres sont pourtant élus par le peuple ?

J-L.I. : Oui, mais les Parlements ne représentent plus vraiment les peuples dans les pays occidentaux et leurs élus nationaux sont de plus en plus coupés des citoyens. Je n’évoque même pas le cas du Sénat français qui est une assemblée inutile et coûteuse qui devra être supprimée afin de renforcer les moyens et l’efficacité de l’assemblée des représentants de la nation. Si vous vous intéressez à la composition de l’Assemblée Nationale française, vous constaterez que sur les 577 députés, ne figure qu’un seul député issu de la classe ouvrière, le député communiste Maxime Gremetz, et un seul salarié agricole, le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle qui est technicien agricole. Quant aux artisans, la « première entreprise de France », selon leur slogan, ne compte que deux élus ! Par contre vous trouvez vingt-deux « sans profession déclarée » parmi lesquels dix-neuf UMP, la plupart fils et filles de petits bourgeois, quinze permanents politiques, tous de l’UMP et du PS, qui faute de faire métier ont fait carrière dans la fonction d’élu et n’ont jamais participé aux forces vives de la nation, trente-huit avocats et, toutes catégories confondues, 184 fonctionnaires dont l’essentiel n’est pas représentatif de la fonction publique, exception faite des enseignants qui forme le gros de cette troupe avec les hauts fonctionnaires. Dans les faits, ce Parlement français n’est pas représentatif de la société française dans sa composition socioprofessionnelle. Les forces vives, classe ouvrière en tête, celles qui font le pays et connaissent les problèmes du quotidien, les drames de la vie sont quasiment absentes du lieu où se décident les lois ! Où sont les ouvriers, les marins-pêcheurs, les paysans, les ingénieurs, cadres et techniciens ? Ceux qui font vivre la France dans ce qu’elle a d’essentiel, de généreux, de génie créateur délèguent en masse leur voix et leur pouvoir à de petits bourgeois et à des politiciens carriéristes qui, une fois élus, ont tôt fait de les oublier ! De plus, le mode de scrutin ne permet pas une véritable représentation du peuple. L’Assemblée Nationale française est bien moins démocratique dans sa composition et son fonctionnement que la Douma en Fédération de Russie dans laquelle tous les partis ayant obtenus un minimum de suffrages sont représentés. En France, lors du premier tour des élections législatives de juin 2007, l’UMP s’est attribué 98 députés avec 10,28 millions de suffrages alors qu’il en a fallu 6,43 millions au Parti Socialiste pour en obtenir un seul ! Quant au PCF et au Front National ils n’en obtenaient aucun avec un peu plus de 1,11 millions chacun ! Le propos n’est pas de savoir si l’on est d’accord ou pas avec la politique proposée par ces partis mais de constater que le mode de scrutin ne permet pas une représentation équitable des courants de pensée de notre société. Le second tour de scrutin avec ses alliances opportunistes et politiciennes ne fait qu’aggraver la situation en excluant des millions d’électeurs de leurs choix et de la représentation nationale. Faute de proportionnelle intégrale, un français sur trois n’est pas représenté au Parlement.



Geostrategie : S’il n’y a pas grand-chose à attendre des partis politiques et des assemblées élues, comment les citoyens peuvent-ils modifier le cours des choses ?

J-L.I. : La démocratie est d’abord ce que les citoyens en font. Ils peuvent intervenir auprès des maires des communes, généralement plus accessibles pour changer la donne sur des problèmes locaux mais également auprès des députés pour des questions qui relèvent de la politique nationale. Les citoyens peuvent très bien se grouper et agir sur des objectifs de rupture avec le système – par exemple, refuser tout licenciement dans les entreprises qui font des profits, s’opposer aux délocalisations, exiger la construction de nouveaux logements, l’embauche de professeurs pour les écoles, de personnels pour les hôpitaux, les services postaux, etc. – et obliger leurs élus à s’engager sur leurs revendications, à leur rendre des comptes sur leurs votes dans les assemblées, ce qui ne sa fait pratiquement plus. Mais les questions fondamentales du passage à une démocratie politique avancée et du contrôle des grands moyens de production, de financement et d’échange reste toujours à conquérir. D’une manière générale, de mon point de vue, les luttes sociales demeurent encore bien en retrait dans leur contenu et leur combativité pour faire front aux attaques dont le monde du travail est l’objet. Mais l’entreprise reste le cœur des batailles à venir : c’est là que les salariés doivent agir pour obtenir de nouveaux droits leur permettant de participer à la gestion et de bénéficier des bons résultats auxquels ils contribuent. Dans les faits comme l’explique Hervé Sérieyx dans mon livre, « il s’agit de passer du « personnel-instrument » au service de l’organisation à « l’organisation-instrument » au service des personnes. » Il s’agit de cheminer d’une organisation d’entreprise destinée à gérer la docilité à une organisation qui suscite chez chacun de ses membres le désir d’y devenir un acteur engagé. La route est difficile mais les partis politiques classés habituellement comme « progressistes » ont failli à leur tâche. Il ne suffit pas que le monde capitaliste s’écroule pour qu’une nouvelle société prenne le relais. L’émancipation du peuple sera l’œuvre du peuple lui-même et à ce jour l’absence d’un courant révolutionnaire important fait défaut pour éclairer les citoyens sur des propositions de rupture avec le système finissant. C’est l’outil qui manque pour favoriser cette transformation politique et sociale. Le peuple est égaré, ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas en attente ou demandeur de solutions pour changer la vie.



Des premières mesures d’un gouvernement révolutionnaire



Geostrategie : Quelle seraient les premières mesures que devrait prendre un gouvernement révolutionnaire ?

J-L.I. : Le pouvoir devra immédiatement stopper toutes transactions financières internationales le temps de procéder immédiatement à la nationalisation de la Banque de France et du secteur bancaire et financier, exception faite des sociétés coopératives de banque qui présentent dans leurs principes de critères de gestion démocratiques. L’un des premiers objectifs du nouveau pouvoir devrait également consister à donner de nouveaux droits aux sociétés coopératives, tout particulièrement afin que leurs sociétaires disposent des moyens réels de faire respecter les principes de gestion par les dirigeants quand ce n’est pas le cas. La banque et la finance sont le cœur de l’activité économique et c’est d’abord là que des mesures nationales et radicales doivent être prises avant d’envisager par la suite une action de proposition plus importante au niveau européen et international, à l’ONU par exemple ou par d’autres organisations internationales. De même, il devra formuler dans un second temps des propositions pour changer ces vieux outils du capitalisme (Fonds Monétaire International, Banque Mondiale, Organisation Mondiale du Commerce, etc.) Sur ces points, le gouvernement de Vladimir Poutine de la Fédération de Russie peut permettre d’avancer rapidement puisqu’il est déjà prêt à agir, à proposer et à soumettre au débat des solutions. Il ne faut pas perdre de vue que les mesures qui permettraient d’envisager un avenir meilleur sont également valables pour tous les peuples. Parler de la « réglementation de la vie économique » ou de « réguler les marchés financiers » comme le président français et ses homologues occidentaux en passant sous silence la nationalisation du secteur bancaire et financier ou la gestion démocratique des entreprises, en ne s’attaquant pas aux puissances financières c’est tromper les gens en discourant sur des promesses que l’on est décidé à l’avance à ne pas tenir. Comment peut-on prétendre contrôler et réglementer l’économie sans contrôler et réglementer les banques, le cœur de la vie économique, sans unifier la « comptabilité financière » de l’Etat ?!



Geostrategie : Mais la nationalisation démocratique des banques est une opération difficile qui prendra du temps ?

J-L.I. : C’est l’idée que distillent dans l’opinion les milliardaires avec leurs médias qui ont pardessus tout peur de perdre ainsi la maîtrise de l’économie et leurs privilèges. Dans les faits cette opération qui ne présente pas de grande difficulté sur le plan technique peut aller très vite. L’individu qui aura 1500 euros sur son livret d’épargne comme celui qui possédera 15 millions d’euros sous forme d’actions, d’obligations ou autre garderont chacun ce qu’ils possèdent après la nationalisation. Ceux qui propagent l’idée inverse sont uniquement motivés par le fait d’entretenir la confusion entre nationalisation et confiscation des biens privés pour protéger leurs privilèges. Dans un premier temps, le nouveau pouvoir devra surtout voter des lois favorisant la démocratie dans les entreprises par de nouveaux droits pour la gestion et l’élection des dirigeants sur la base de leur formation, de leur compétence et de leur expérience. Les sociétés coopératives seront des outils précieux pour insuffler la démocratie dans l’économie. Comme vous avez pu le lire, je mets en valeur dans mon livre la contribution importante des sociétés coopératives au mouvement pour la gestion démocratique des entreprises en comparant leurs principes de gestion et leur vécu avec les critères des sociétés classiques ou capitalistes si vous préférez. C’est un chantier immense, ardu et passionnant.



Geostrategie : Qu’est-ce qui changerait si une telle mesure était mise en œuvre ?

J-L.I. : Disons que nous ouvririons la porte de la rupture avec le capitalisme en donnant aux acteurs de l’économie, et en premier lieu à la classe ouvrière et à ses alliés qui font fructifier le Capital par leur travail, des ouvriers des chantiers aux analystes financiers, les moyens de définir et contrôler la marche des entreprises auxquelles ils sont associés, la possibilité de s’intéresser à leur organisation, d’intervenir pour participer à leur transformation. Ce serait le début d’un long mouvement d’émancipation, d’appel aux intelligences, d’appropriation de l’économie par tous ses acteurs au profit de l’intérêt général. Par exemple, concernant les banques, comme j’en fais la démonstration dans mon livre avec l’intervention de spécialistes de la comptabilité des grandes entreprises, aucun contrôle effectif de ces établissement n’est actuellement réellement possible tant les capitalistes jouent sur des procédés extrêmement complexes et subtils pour en établir les bilans, les faire « contrôler », fonder des structures dans des places off shore, éviter l’impôt, spéculer à hauts risques avec des produits financiers ultrasophistiqués. Pourquoi avoir tant de banques qui offrent les mêmes produits financiers quand leur réunion en une seule – exception faite des banques coopératives où se trouvent en germe les principes d’une gestion authentiquement démocratique -, laissant à chacun ce qu’il possède, permettrait le contrôle réel du mouvement des capitaux au profit de l’intérêt général ? Cette nationalisation démocratique accompagnée de la démocratisation des coopératives permettrait à l’Etat de savoir où et comment circulent les capitaux, au profit de qui et de les faire revenir à l’économie réelle sous contrôle populaire. Ce serait un véritable poumon d’oxygène pour la société toute entière quand on sait qu’un niveau mondial les pertes annuelles de recettes fiscales par les gouvernements du monde provenant du seul évitement fiscal – fraude et blanchiment non compris – sont estimées à plus de 255 milliards de dollars.



Geostrategie : Les banques ont déjà été nationalisées ainsi que des sociétés transnationales. Pourtant rien n’a vraiment beaucoup changé à l’époque ?

J-L.I. : C’est exact et c’est la raison pour laquelle j’insiste sur l’aspect démocratique que devront avoir les nationalisations. Il ne s’agit pas de remplacer des dirigeants de droite par des dirigeants de gauche à la tête de ces entreprises pour que ceux-ci les gèrent de manière identique, comme des « compteurs de petits pois », sur la base de seuls critères financiers de profit maximum immédiat avec des hiérarchies bardées de pré carré, des atteintes répétées aux libertés démocratiques, une opacité de gestion et de trucage des comptes incompatibles avec la démocratie. Les dirigeants auront à mettre en œuvre immédiatement les décrets et lois du pouvoir révolutionnaire donnant de nouveaux droits aux salariés pour qu’ils puissent intervenir complètement dans la gestion, mettre un terme au détournement d’une partie des bénéfices par les dirigeants actuels des entreprises des secteurs clés de l’économie, démocratiser toutes les fonctions jusqu’à changer l’entreprise, faire que l’entreprise soit un outil au service de ses acteurs et de son environnement et non l’inverse comme aujourd’hui. C’est une étape décisive qui implique une élévation quantitative et qualitative de la conscience de ses acteurs mais également de l’environnement des professionnels qui l’accompagnent dans sa création et son développement : commissaires aux comptes, auditeurs, experts comptables, etc. Sans cela les nationalisations resteront lettre morte et deviendront, comme nous l’avons connu, des « étatisations ». C’est la raison pour laquelle ces grandes orientations du pouvoir pour aller vers une démocratie avancée doivent s’accompagner de ce que Pierrre-Henry Leroy, fondateur et dirigeant de Proxinvest, la principale société de conseil aux actionnaires, appelle « les petits pas ». Ainsi qu’il l’explique, il faudra initier des réformes plus modestes et locales qui vont dans le bon sens.



Geostrategie : Par exemple ?

J-L.I. : Par exemple d’abord décourager le grégaire et encourager la diversité d’opinion dans les marchés en mettant fin aux conflits d’intérêts des établissements financiers des groupes lors des opérations de marché. Comme le souligne Pierre-Henry Leroy, « ceci impose de recourir à des experts vraiment indépendants et non pas, comme aujourd’hui, payés et nommés par les intéressés. Une définition précise des conflits d’intérêts, des interdictions et des sanctions s’imposent. » Ou encore abolir les règlements qui alourdissent l’épanouissement de l’économie au profit de l’intérêt général, ce qui est d’autant plus facilement envisageable à partir du moment où ses acteurs disposent des moyens légaux et culturels favorisant leur intervention.



La seule issue pacifique à la crise : une révolution nationale et radicale



Geostrategie : Mais les économies étant aujourd’hui très liées d’un pays à l’autre avec la mondialisation capitaliste, pensez-vous qu’il soit possible de tenir tête aux dispositions européennes, aux règlements internationaux et aux pressions qui ne manqueraient pas de s’exercer sur une seule nation qui s’engagerait dans cette voie de rupture ?

J-L.I. : Votre question porte sur un point essentiel : le soutien du peuple à des réformes radicales. Un changement social de cette ampleur ne peut être le fait d’une seule avant-garde, aussi éclairée soit-elle. Si celle-ci est nécessaire pour formuler des propositions, porter le niveau de conscience à la hauteur des mesures indispensables, ouvrir le débat sur les questions essentielles, seul un grand soutien populaire à celles-ci peut permettre de rompre avec la situation actuelle, quelle que soit la voie de transition choisie par le peuple, électorale ou non. Le passage de la République du Venezuela d’un Etat sous domination étasunienne à un Etat démocratique, indépendant et progressiste est l’un des exemples les plus intéressants à étudier de notre époque. Toutes les attaques menées contre le gouvernement révolutionnaire du Venezuela, de l’intérieur par le grand patronat et les éléments conservateurs de l’église catholique et de l’extérieur par les Etats-Unis et d’autres pays avec certaines associations plus ou moins liées aux services étasuniens n’ont pu empêcher le processus de rupture de suivre son cours. Aujourd’hui le pays s’engage sur la construction d’une société socialiste en faisant l’apprentissage d’une authentique démocratie directe. Les secteurs clés de l’économie ont été nationalisés, les capitaux qui s’exportaient dans la poche de gros actionnaires étasuniens sont aujourd’hui injectés dans la modernisation des entreprises et des régions, des dizaines de milliers de coopératives se sont créées dans tous les domaines de l’activité économique et le pays se modernise au profit de ses citoyens. Ce qui paraissait impensable à une grande majorité du peuple se réalise aujourd’hui avec son soutien actif. Pourquoi cela a-t-il été possible malgré les accords régionaux, les règlements internationaux et les pressions de toutes sortes, jusqu’à des tentatives de coup d’Etat orchestrées par les Etats-Unis ? Parce que le peuple a su se constituer une avant-garde révolutionnaire exemplaire en bien des domaines, se rassembler, se mobiliser et le rester sur ses objectifs principaux de transformation politique et sociale radicale. Vos comprenez face à ces succès pourquoi le Venezuela révolutionnaire n’existe pratiquement pas dans les médias occidentaux. Le gouvernement français devrait se souvenir qu’il a plus besoin du Venezuela que le Venezuela n’a besoin de la France.



Geostrategie : Est-il possible de faire une telle révolution nationale et radicale en France ?

J-L.I. : Bien évidemment et c’est même la seule issue pacifique pour sortir de la crise et rompre avec le système actuel. Il est envisageable d’organiser en France le contrôle de toute la vie économique, d’opérer sa « réglementation » en la « débureaucratisant », de faire retourner à l’économie les capitaux que les capitalistes évitent de l’impôt et du développement des entreprises sans qu’il leur soit possible de dissimuler des biens et des revenus. Il n’y a nul besoin d’un appareil spécial de l’Etat puisque les salariés et les directeurs pourraient réaliser eux-mêmes la fusion immédiate de toutes les banques capitalistes en quelques semaines, par exemple sous l’autorité du ministère des Finances avec des congrès de travail réunissant les professionnels, cadres-dirigeants, représentants des propriétaires du Capital, salariés, syndicats, associations de consommateurs, etc. par banque, par région et nationalement. Il est évident que ceux qui s’y opposeraient ou feraient traîner les choses en longueur pour se livrer à des opérations malhonnêtes de dernière minute et entraver le processus de rupture en seraient exclus. Les avantages de la nationalisation du secteur bancaire seraient décisifs pour les PME, les collectivités et le peuple entier qui pourrait ainsi s’approprier les richesses qu’il crée et lui échappent. Un gouvernement qui arriverait au pouvoir avec la volonté de rompre avec le capitalisme ne peut être que nationaliste et radical. Etre nationaliste, cela veut dire donner la priorité à l’intérêt général de la communauté de territoire, de langue et de culture à laquelle on appartient. Concernant les accords régionaux ou internationaux que vous évoquiez, la petite Europe de Maastricht n’est pas un problème puisque pour ceux qui en doutaient l’expérience montre, à moins d’être complètement aveugle, qu’elle n’est qu’une organisation au service des grandes banques et des gros propriétaires privés de l’économie. Elle ne pouvait par conséquent résoudre aucun problème, quel qu’il soit, dans les sociétés qui la composent, qu’il s’agisse d’économie, de social, de culture, de liberté, de démocratie ou de droits de l’Homme. Vous remarquerez du reste que les promesses faite sur cette construction européenne par les dirigeants bourgeois et socialistes sur la fin du chômage, l’ouverture des marchés, le développement des entreprises, la solidarité entre les peuples, les libertés n’ont jamais vu le jour et que c’est même le contraire qui s’est produit. Je dresse dans mon livre un descriptif de la situation de cette petite Europe en m’appuyant sur des documents de synthèse de ses propres organismes peu connus du public. Il apparaît que celle-ci, dont les dirigeants sont si prompts à donner des leçons à d’autres peuples, est en recul sur tous les fronts. Il faut se préparer dès maintenant à construire l’Europe des peuples de Dublin à Vladivostock qui donnera la priorité aux qualités et à l’identité de chaque peuple par la recherche de coopérations mutuellement avantageuses, mettra un terme à la bureaucratie de Bruxelles engendrée par les puissances financières. Cela veut dire rompre avec l’actuelle « construction européenne », avec le traité de Maastricht et ceux qui ont suivi. Etre radical c’est avoir conscience que la classe dominante – la grande bourgeoisie –

s’accrochera au pouvoir et à ses privilèges par tous les moyens et que seules des mesures radicales bénéficiant d’un fort soutien populaire permettront de la contraindre à respecter les lois nouvelles, de la renvoyer dans ses foyers et de rompre avec son système.



Le capitalisme a besoin de la guerre pour survivre



Geostrategie : La démocratie est-elle possible dans l’entreprise et tout particulièrement dans des sociétés transnationales à l’organisation complexe ?

J-L.I. : Je montre dans mon livre comment la gestion des sociétés coopératives se distingue – du moins dans celles dont les principes de gestion sont respectés – des entreprises classiques. Les entreprises coopératives sont des exemples de gestion à partir du moment où ses acteurs font respecter leurs critères de gestion par les dirigeants qu’ils élisent. Cela fonctionne dans de grandes banques comme le Crédit Mutuel en France ou le Mouvement des caisses Desjardins au Canada et peut donc très bien se mettre en place dans des PME. Chacun doit avoir conscience de la gravité de la situation car le système a aujourd’hui besoin de la guerre pour subsister. Le général russe Leonid Ivashov a mis en garde à plusieurs reprises contre la volonté des Etats-Unis de déclencher un conflit militaire majeur…



Geostrategie : …Vous voulez dire une troisième guerre mondiale ?

J-L.I. : Je dis « conflit militaire majeur » c’est-à-dire pouvant entraîner rapidement plusieurs pays dans des conflits bien plus graves que la guerre contre l’Irak ou contre la République fédérative de Yougoslavie. C’est du reste ce qu’ont tenté les Etats-Unis en foulant le droit international et en tentant de constituer une alliance de guerre contre l’Irak en passant outre l’ONU. Les Etats-Unis sont en pleine faillite, leur dette financière n’est plus remboursable et ne peut plus qu’être remise. Comme le rappelle le général Ivashov dans mon livre, tout se qui se trouve aux Etats-Unis – industries, immeubles, technologies de pointe, etc. – a été hypothéqué plus de dix fois partout dans le monde et nous sommes au bord d’un krach du système financier international sur le dollar étasunien. Le général Ivashov, qui est vice-président de l’Académie russe des problèmes géopolitiques, estime que « les banquiers mondiaux » en faillite ont besoin d’un événement de force majeure de proportions mondiales pour s’en sortir ». Selon son analyse, « l’importance des événements à venir est réellement épique. (…) Les conflits régionaux comme ceux déclenchés contre la Yougoslavie, l’Irak et l’Afghanistan ne donnent que des effets à court terme. Ils ont besoin de quelque chose de beaucoup plus important et ce besoin est urgent ». Les Etats-Unis et leurs sujets anglo-saxons n’ont pas réussi à entraîner les pays occidentaux dans leur croisade contre l’Irak. Ils tentent aujourd’hui de renouveler leur opération contre l’Afghanistan et la République Islamique d’Iran avec l’OTAN et vont de provocation en provocation pour tenter de renverser le régime légitime du peuple Iranien.



Au nom de quoi l’Occident serait-il à l’abri des guerres qu’il provoque ?



Geostrategie : Est-ce à dire que les conflits régionaux actuels peuvent gagner en ampleur ?

J-L.I. : Malheureusement l’heure est à la guerre et les dirigeants occidentaux en portent la responsabilité. Ils font régulièrement la démonstration de leur recherche d’un conflit majeur, pour sauver leur système en faillite. Ils multiplient les provocations médiatiques, économiques et armées de manière répétée contre plusieurs Etats depuis quelques années. Par exemple, les dirigeants Français mènent des opérations militaires hors frontières contre des peuples (Comores, Afrique, Albanie, Kosovo, Bosnie, Afghanistan, etc.) avec une structure militaire, le Commandement des Opérations Spéciales dont le siège est basé à Villacoublay (Yvelines) en région parisienne, la plupart du temps sans consultation du Parlement. L’armée n’est plus au service de la défense du pays tous azimuts mais des besoins des sociétés transnationales et des guerres étasuniennes. Il semble que le président Sarközy de Nagy-Bocsa n’ait pas compris que le retour en puissance sur la scène internationale de la Fédération de Russie, de la République Populaire de Chine, de l’Inde et de l’Amérique latine et centrale mette un terme aux schémas idéologiques et aux alliances des années soixante-dix. Les français peuvent du reste interpeller leurs députés sur ces opérations militaires en se servant de mon livre puisque celles-ci vont leur coûter en 2009 plus d’un milliard d’euros avec l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan. Aujourd’hui, le mot d’ordre des militants nationalistes et révolutionnaires doit être « Troupes françaises hors d’Afrique ! », « Troupes françaises hors d’Afghanistan ! » L’action doit se développer afin d’entraver par tous les moyens le fonctionnement des troupes d’invasion et les centres nerveux des Etats qui participent à ces opérations militaires meurtrières dans lesquelles périssent de nombreux civils. Le temps de la guerre qui se déroule à plusieurs heures d’avion des capitales occidentales sans répercussions pour l’agresseur est révolu.



Geostrategie : Selon vous ces conflits sont donc susceptibles aujourd’hui d’avoir des répercussions en Occident même ?

J-L.I. : Les occidentaux doivent comprendre que les bombes qu’ils lâchent sur les autres peuples, que l’uranium appauvri que les armées étasuniennes, françaises et anglaises n’ont pas hésité à utiliser en 1991 lors de la guerre du Golfe, puis en Bosnie en 1995, puis encore contre la Serbie en 1999, puis à nouveau contre l’Irak en 2003 avec les conséquences dramatiques pour les êtres humains et l’environnement peut aussi se répandre au cœur de leurs propres villes, de leurs repaires économiques, financiers et militaires. Comme le rapporte le contre-amiral Claude Gaucherand, à l’hôpital pour enfants de Bassorah, en Irak, l’une des plus modernes maternité du monde arabo-musulman avant la guerre, où naissaient 12000 enfants par an, les femmes qui accouchent ne disent plus « fille ou garçon » mais « monstre ou être humain ? » Les cas de leucémie ont été multipliés par 13 et les cancers par 6 en douze ans et ces chiffres ne font qu’augmenter. Il faut également savoir que le plus moderne institut de production de vaccins du Proche-Orient qui fût créé dans les années 1980 par une coopération de l’Irak avec les établissements Mérieux a été détruit par l’ONU et ses envoyés de l’UNISCOM avec des conséquences dramatiques pour les populations et les animaux bien au-delà de l’Irak et de sa région. L’utilisation de telles armes comme le déclenchement des guerres sans consultation du Parlement fait des dirigeants de l’époque des criminels de guerre. Donnez-moi une seule raison qui justifierait que les populations occidentales soient à l’abri des guerres offensives qu’elles laissent financer avec leurs deniers par leurs dirigeants et leurs représentants sans sourciller ? Les bombes ne seraient-elles bonnes que pour les enfants Serbes, Palestiniens, Irakiens, Africains ou Afghans ? Ce temps là est bien fini.



Les fraudeurs ne sont pas à Téhéran mais à l’UMP



Geostrategie : Les politiciens et médias occidentaux parlent de « dictature » et de « révolution manquée » contre le régime de Téhéran, menaçant d’intervenir pour la protection des droits de l’Homme. Quel est votre avis sur l’évolution de la situation en Iran ?

J-L.I. : Premièrement, le peuple Iranien a réélu le président Ahmadinedjad avec une écrasante majorité, bien plus large que celle que le peuple français a donnée au président français lors de l’élection présidentielle de 2006. Permettez-moi de souligner au passage que l’élection du président français ne respecte même pas la loi qui prévoit qu’aucun citoyen ne peut porter de nom autre que celui exprimé dans son acte de naissance, à savoir pour ce fils d’émigrés juifs hongrois, Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa. Visiblement, « de Nagy-Bocsa » est resté de l’autre côté de la frontière du bulletin de vote. Ensuite, je ne pense pas que le président français et son parti, l’UMP, dont une ribambelle d’élus ont vu leur élection annulée dans différents scrutins parce qu’ils avaient triché – Serge Dassault le « jeune » sénateur-maire UMP de 84 ans de Corbeil-Essonne, fabricant d’armes, a été déclaré inéligible pour un an par le Conseil d’Etat et accusé d’avoir acheté des voix ! – soient en mesure de donner des leçons de démocratie électorale à l’Iran. Ils le sont d’autant moins que d’autres élus de l’UMP ont été également déboutés de leur tentative de remettre en cause plusieurs résultats de scrutin au prétexte que ceux-ci ne leur étaient pas favorables. Le parti des fraudeurs n’est pas à Téhéran mais bien en France. L’UMP est d’ailleurs coutumier de «putsch » contre le peuple et la démocratie.



Geostrategie : « Putsch » contre la démocratie, c’est-à-dire ?

J-L.I. : Je rappelle que le 23 mars 1999, les représentants des dix-neuf pays de l’OTAN ont déclenché les frappes aériennes contre la République Fédérative de Yougoslavie sans consultation des parlements. Puis, ils ont violé une nouvelle fois la Constitution française en 2001 quand le Premier ministre « socialiste » Lionel Jospin a, d’un commun accord avec le président UMP Jacques Chirac, décidé de participer à l’invasion et à l’occupation de l’Afghanistan. Depuis les choses n’ont fait que s’aggraver et les opérations militaires extérieures pèsent de plus en plus lourdement dans le budget de l’Etat. J’ajoute que la France participe au soutien de dictatures sur le continent Africain où elle n’a rien à faire et dont elle ne conteste du reste pas les élections de dirigeants, réellement truquées celles-ci. Et voilà qu’aujourd’hui, avec leurs homologues de la petite Europe de Maastricht, ils s’entendent pour faire revoter les Irlandais qui se sont prononcés majoritairement contre le traité de Lisbonne et dont le vote ne leur convient pas ! Et ce sont ces dirigeants français qui ont la prétention de donner des leçons de démocratie à l’Iran ? Ce n’est pas sérieux. Cette réalité n’est que celle d’une classe sociale, la grande bourgeoisie, qui s’accroche au pouvoir par tous les moyens, jusqu’à la guerre, pour sauvegarder ses privilèges



Un fait dont personne ne parle



Geostrategie : Les reproches formulés au gouvernement iranien par les dirigeants occidentaux procèdent-ils de la volonté de chercher un conflit majeur ? S’agit-il d’une opération concertée ?

J-L.I. : Oui. Plusieurs éléments prouvent que nous assistons à une tentative de déstabilisation du gouvernement Iranien réparée de longue date par les services étasuniens avec la collaboration de membres de services occidentaux et sionistes. La stratégie est la même que celle employée pour la prétendue « révolution orange » en Ukraine ou dans d’autres pays comme la Géorgie avec d’autres couleurs et d’autres valets. Vous retrouvez derrière ces « candidats de la liberté » les mêmes associations financées par des annexes des services étasuniens, les mêmes bailleurs de fonds, les mêmes campagnes médiatiques spontanées avec manifestations, pancartes, mots d’ordre en anglais, provocations, etc. Malheureusement les occidentaux, tous particulièrement les étasuniens, les anglais et les français, devront se faire à l’idée que le président Ahmadinejad jouit d’un fort soutien populaire et de la confiance des forces révolutionnaires d’Iran. J’attire du reste votre attention sur un fait dont personne ne parle : ces conservateurs petits bourgeois qui se présentent comme des défenseurs de la « liberté », de la « démocratie » et des « droits de l’Homme » ont tous le même programme politique : « libérer » l’économie. Cela signifie privatiser avec les conséquences qui s’en suivraient pour le peuple, tout particulièrement dans le domaine de l’énergie puisque l’Iran est un grand pays producteur de pétrole. Avez-vous remarqué le silence entretenu par les médias occidentaux sur le programme politique de cette opposition ? Je ferai le reproche aux dirigeants iraniens de ne pas suffisamment mettre en avant les acquis de la Révolution islamique qui a libéré le pays du joug de l’étranger et a permis de consacrer au développement économique et social des capitaux qui partaient auparavant dans la poche des gros actionnaires des sociétés occidentales. La République Islamique d’Iran se modernise, y compris par la maîtrise de l’énergie nucléaire, et contrôle son activité économique au profit de toute la société : voilà ce que ne supportent pas les occidentaux, français compris, dont les milliardaires dirigeants des sociétés transnationales convoitent les richesses et la place stratégique. Il est évident qu’un Hossein Moussavi comme tout autre dirigeant soutenu par les occidentaux permettrait à Israël de poursuivre tranquillement le génocide du peuple Palestinien sans que cette entité ait à répondre régionalement et internationalement de ses crimes. La politique de paix développée par l’Iran s’accompagne forcément d’une dénonciation de la réalité de la politique raciste et belliciste de l’entité sioniste, que cela plaise ou non. Il ne peut y avoir d’aboutissement à plus de soixante années de conflit sans que la réalité des faits soit posée sur la table.



Il est temps d’en finir avec « l’Etat » raciste israélien



Geostrategie : La communauté internationale peut-elle encore jouer un rôle dans le règlement de la question juive au Proche Orient ?

J-L.I. : La communauté internationale n’existe plus depuis longtemps Pour qu’elle existe encore faudrait-il qu’il y ait une volonté politique commune de régler les conflits dans l’intérêt des peuples, ce qui n’est plus le cas, tout particulièrement avec ce que l’on appelle « l’Etat » d’Israël. Le président Ahmadinejad a souligné avec raison, lors de son intervention à la tribune des Nations Unies à Genève le 11 avril dernier qu’ « après la deuxième guerre mondiale, sous prétexte « des souffrances des juifs », un groupe de pays puissants a eu recours à l’agression militaire pour faire d’une nation entière une population sans abri. Ces pays ont envoyé des migrants d’Europe, des Etats-Unis et d’ailleurs pour établir un gouvernement totalement raciste en Palestine occupée. Il est tout à fait regrettable qu’un certain nombre de gouvernements occidentaux ainsi que les Etats-Unis aient entrepris de défendre ces racistes auteurs de génocide. Ils ont toujours soutenu les actes odieux du régime sioniste ou sont resté silencieux face à ces actes ». Tout cela n’est que la triste vérité et nous sommes aujourd’hui confrontés à une peste sioniste qui se répand comme un poison de manière analogue à celles des nazis : pureté de la « race » qui place le juif , « peuple élu », au-dessus de tout autre être humain – et je vous renvoie sur ce point à La question juive écrit par le juif allemand Karl Marx -, implantation de colonies qui répond au besoin d’espace vital à l’image de l’ancien Reich allemand, populations chassées à coups d’interventions militaires, villages rasés, terres spoliées, torture, etc. L’ouvrage de Serge Thion, Le terrorisme sioniste,(5) est sur ce point révélateur de la terreur qui accompagne l’occupation de la Palestine par l’entité sioniste depuis 1947. Israël n’est pas un Etat mais une entité raciste sans frontières définies et sans constitution. C’est l’amie assassine du président Sarközy de Nagy-Bocsa dont l’historien Paul-Eric Blanrue décrit fort bien l’introduction dans l’appareil d’Etat français dans son ouvrage Sarkozy, Israël et les juifs.(6)



Geostrategie : Vous êtes l’un des rares journalistes français à soutenir l’intervention du président Ahmadinejad. Selon vous, le président Iranien n’a fait que rapporter la réalité des faits à la tribune de l’ONU ?

J-L.I. : L’un des rares à le soutenir ? Je ne pense pas. Sans doute dans les salons dorés des capitales occidentales et de l’ONU à Genève – et encore car il y fût applaudi par la grande majorité des participants à la déception des représentants occidentaux. Je renvoie ceux qui doutent de la triste réalité de la Palestine occupée et du racisme de l’entité sioniste à se rendre dans les pays arabes. Je ne parle pas de descendre dans les hôtels cinq étoiles pour l’interview d’une personnalité et de partager le reste de son temps entre le bar et la piscine de l’hôtel comme le font certains journalistes occidentaux. Je parle de vivre avec le peuple, d’aller à sa rencontre, de l’écouter, d’essayer de le comprendre. Ils verront alors que le président iranien jouit d’une grande popularité dans le monde arabo-musulman. Par ailleurs, un rapport de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme qui fait suite à une importante mission d’enquête en Israël rapporte, je cite, « les nombreuses discriminations raciales (…) tant légalisées qu’empiriques, sans aucun fondement de quelque nature que ce soit » qui constituent « une violation à la Déclaration universelle des droits de l’homme, au Pacte international relatif aux droits civiques et politiques, au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et à la Convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale ». Il est évident que si les occidentaux continuent de soutenir une telle entité raciste, ils devront finir par assumer également la responsabilité du génocide du peuple Palestinien et de la guerre qui se prépare. Depuis 62 ans cette entité viole toutes les lois internationales, procède à une véritable épuration ethnique de la Palestine, refuse d’appliquer les résolutions de l’ONU et poursuit sa guerre d’occupation et d’expansion à l’abri du discours trompeur de ses dirigeants. Vous seriez enfant Palestinien et vous auriez vu votre famille décimée sous les bombes sionistes ou chassée de sa terre, pensez-vous que vous continueriez d’applaudir aux rencontres diplomatiques sans lendemain avec un occupant qui piétine la diplomatie et les pactes internationaux jusqu’au sein de l’ONU ? Quant aux dirigeants des pays arabes au pouvoir qui ne sont, exception faite de la Syrie, que des modérés corrompus agenouillés devant les occidentaux, ils portent une lourde responsabilité dans l’extermination du peuple Palestinien et la présence coloniale dans cette région du monde.



Geopolitique : Dans de telles conditions, pensez-vous qu’après tant d’années une solution diplomatique puisse encore être trouvée ?

J-L.I. : En refusant toute véritable négociation pour que la Palestine retrouve l’intégralité de sa terre et ses droits, l’entité sioniste empoisonne la vie politique internationale et diplomatique depuis plus d’un demi-siècle. Ce racisme religieux que les occidentaux et l’ONU refusent de combattre oblige à considérer que la seule alternative qui reste désormais pour en finir avec Israël est la guerre. Que voulez-vous qu’il reste quand des dirigeants refusent de voir la réalité des choses, d’entendre la voie de la diplomatie et donc de la sagesse ? Ainsi que je le rapporte dans mon livre, une mission d’enquête de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme conclut que « le projet politique fondateur de l’Etat d’Israël, l’instauration d’un « Etat juif » est porteur d’une discrimination à l’égard de la population non juive ». Si « l’Etat d’Israël est « l’Etat des juifs » comme le stipule l’article 7 de la loi fondamentale sur la Knesset, alors tout juif qui se trouve en dehors de cet Etat doit être considéré comme immigré. Une liste noire des Etats et sociétés qui commercent avec Israël, fournissent à cette entité du gaz, du pétrole – comme la Fédération de Russie, la Turquie, la Géorgie et quelques autres -, des armes et autres bien de consommation doit être dressée afin de dénoncer publiquement leur participation au massacre du peuple Palestinien et d’organiser un boycott progressif et massif de leur commerce. Il faut ainsi s’opposer comme le font une centaine d’organisations, de partis politiques, d’associations, y compris juives, à l’implantation de la société israélienne Agrexco à Sète et ailleurs en France. Ce n’est qu’un aspect du combat qu’il faut aujourd’hui mener contre cette entité raciste jusqu’à la contraindre à la raison car chaque jour elle vole la vie et la terre des Palestiniens.



Renforcer l’action commune des peuples contre l’impérialisme



Geostrategie : Revenons à l’Iran. Pensez-vous que la République Islamique d’Iran puisse affronter la crise provoquée par les occidentaux ?

J-L.I. : Crise est un bien grand mot. Je parlerai plutôt de nouvelle provocation occidentale et d’ingérence dans les affaires du peuple iranien. Non seulement elle le peut mais elle en sortira renforcée. Il faut savoir qu’ au-delà d’un appareil d’Etat en pleine modernisation, la République Islamique d’Iran dispose de militants révolutionnaires aguerris à la lutte contre les provocations occidentales, d’une jeunesse formée dans les écoles et Universités ouvertes à toutes les couches de la population qui soutient majoritairement le régime contrairement à ce que diffusent les médias occidentaux, de penseurs et d’intellectuels riches de la culture perse, d’une religion avec laquelle la corruption et l’enrichissement personnel contre l’intérêt général ne sont pas compatibles. Il ne faut pas oublier qu’en août 1953 les occidentaux ont eux-mêmes préparé le coup d’Etat pour renverser le régime démocratique de Mohammad Mossadegh afin d’installer au pouvoir la dictature des Pahlavi qui a plongé l’Iran dans un bain de sang. Quelques mois après son installation au pouvoir par les occidentaux, en 1954, un consortium composé de compagnies étasuniennes, anglaises, françaises et hollandaises se mettait en place pour gérer l’exploitation pétrolière de l’Iran au profit des actionnaires des grandes compagnies occidentales. Un véritable pillage de l’Iran s’est ainsi opéré pendant près de vingt-six années de dictature jusqu’à la Révolution islamique en 1978 et 1979. Il est évident que les dirigeants occidentaux entendent aujourd’hui dicter de nouveau à l’Iran sa politique économique tantôt en lui interdisant d’utiliser l’énergie nucléaire, tantôt en le menaçant, tantôt en exerçant des pressions économiques ou en essayant de déstabiliser son régime démocratiquement élu pour imposer une marionnette à leur solde afin de s’approprier ses richesses.



Geostrategie : Mais vous êtes vous-même athée et vous soutenez le pouvoir religieux de Téhéran ?

J-L.I. : Où est le problème ? Notre foi n’est pas la même mais je constate que le régime de Téhéran défend l’indépendance économique du pays, les nationalisations – même si celles-ci doivent aujourd’hui passer à un niveau qualitatif supérieur – et donc la possibilité pour le peuple Iranien d’améliorer ses conditions d’existence en participant plus fortement à la vie économique. On ne peut en dire de même du Vatican ou de l’entité sioniste qui sont deux des principales destinations du blanchiment de l’argent du crime organisé et du commerce des armes, ni des Etats-Unis avec leurs 60 millions de pauvres où la misère, contrairement à la République Islamique d’Iran, est en pleine expansion ! Quant à l’Union Européenne, donneuse de leçon de droits de l’Homme elle devrait commencer par s’occuper de ses 20 millions de chômeurs, de ses 70 millions de citoyens mal logés, de ses 80 millions d’autres qui courent un risque de pauvreté dont « la moitié d’entre eux est dans une situation de pauvreté durable » si j’en crois le Rapport conjoint 2008 sur la protection sociale et l’inclusion sociale de la Commission européenne ! Où sont les droits de l’homme pour ces habitants de la petite Europe ? Par ailleurs, la France a fait le choix de servir de refuge à une organisation armée logée à Auvers-sur-Oise, en région parisienne, qui était, voici peu de temps, classé sur la liste noire des mouvements terroristes du Département d’Etat étasunien et de l’Union Européenne. Elle vient d’en être retirée car les dirigeants anglo-saxons ont réalisé qu’ils avaient besoin de l’instrumentaliser pour développer une grande campagne contre la République Islamique d’Iran. Tout ce qui peut leur servir contre l’Iran révolutionnaire est bon. Il serait du reste intéressant de savoir de qui cette organisation reçoit des fonds et des armes en quantité impressionnante… Le gouvernement français devrait prendre garde. Que n’entendrait-on si l’Iran abritait sur son sol une organisation dont le but avoué serait de renverser le gouvernement français ?! Sans intervenir dans les affaires intérieures iraniennes, je pense que les dirigeants iraniens devraient revoir les conditions des échanges avec les pays de l’Union Européenne, tout particulièrement la France, et choisir des partenaires commerciaux plus fiables et respectueux de l’indépendance des peuples. Cela vaut pour l’Iran comme pour tous les peuples qui se lèvent sur tous les continents et qui doivent, au-delà de leurs croyances différentes, se rapprocher pour agir en commun contre l’impérialisme.



Geostrategie : Le conflit majeur dont vous parlez pourrait prendre des formes nouvelles ?

J-L.I. : Je le pense car les occidentaux semblent oublier qu’il ne peut y avoir de second Hiroshima puisque cela signifierait la fin de l’Humanité. Le président étasunien Obama qui a pris un ton aux relents de guerre froide vis-à-vis de la Fédération de Russie devrait bien réfléchir à changer d’attitude contre le cœur de l’Eurasie. De même, son implication et celle de son administration – CIA, Institut de l’hémisphère occidental pour la sécurité et la coopération(7) et Commandement Sud des Etats-Unis (Southcom) – dans le coup d’Etat en juin dernier contre Manuel Zelaya, président démocratiquement élu du Honduras, ne fait que confirmer la poursuite de la politique belliciste et agressive de ses prédécesseurs. Vous constaterez au passage la disproportion du traitement dans les médias français entre le coup d’Etat étasunien au Honduras avec des centaines de morts et des milliers d’arrestations qui n’ont eu droit qu’à quelques toutes petites minutes d’antenne et le coup d’Etat manqué des occidentaux en Iran qui a fait chaque jour l’objet de commentaires aussi faux qu’abondants. Les Etats-Unis ne sont plus en état de dicter leur volonté au monde et leur président va devoir faire front sur le plan intérieur aux déceptions qui vont naître des promesses qu’il a faites pour être élu et qu’il ne pourra tenir. Sur le plan extérieur les guerres qu’il entretient et les nouvelles qu’il cherche à provoquer vont accroître l’endettement et contribuer au processus d’affaiblissement majeur des Etats-Unis et du capitalisme en faillite. Imaginez ce qu’il adviendrait de la société étasunienne dans un tel contexte politique, économique et social si son président noir était victime d’un odieux attentat raciste perpétré par un groupe sioniste ou des miliciens extrémistes blancs ?!… Imaginez ce qu’il adviendrait demain si les images captées par satellite et caméras sur le prétendu attentat contre le Pentagone en septembre 2001 étaient publiées ? Certains responsables du Federal Bureau of Investigation en ont une idée pour avoir fait saisir aux Etats-Unis certaines de ces bandes vidéos…Il est étrange, ne trouvez-vous pas, que cette manipulation et mise en scène hollywoodienne ait échappé aux « yeux du ciel » pour l’un des bâtiments les plus surveillés de la planète ? Sans doute faut-il encore laisser du temps au temps. Les occidentaux ne sont plus les seuls à maîtriser les nouvelles technologies et les peuples à qui ils ont pris leurs familles, leurs terres, leurs richesses, leur espoir, leur avenir n’ont plus rien à perdre. Ces « terroristes » là seront les libérateurs d’aujourd’hui comme l’étaient hier communistes et sans partis dans la Résistance contre le nazisme. A mains nues ou en costume cravate nous devons être à leurs côtés car pour eux comme pour nous, l’avenir c’est aujourd’hui la révolution ou la guerre.




Notes :

(1) Diplômé de l’Ecole des Hautes Sociales, de l’Ecole des Hautes Etudes Internationales et de l’ESJ, Jean-Loup Izambert est un journaliste indépendant qui a également exercé comme conseil en communication politique et communication de crise. Spécialisé depuis les années quatre-vingt cinq dans l’investigation économique, politique et financière, il est notamment l’auteur de plusieurs ouvrages : Le krach des 40 banques (Ed. du Félin, 1998), Le Crédit Agricole hors la loi ? (Ed. Carnot, 2001), Crédit Lyonnais, la mascarade (Ed. Carnot, 2003), ONU, violations humaines (Ed. Carnot, 2003), Faut-il brûler l’ONU ? (Ed. du Rocher, 2004), Les Démons du Crédit Agricole (Ed. L’Arganier, 2005), Pourquoi la crise ? (Ed. Amalthée, 2009)

(2) Lire Résistance, n°56, juin 2009 et le site Internet voxnr.com

(3) Source : Organisation Internationale du Travail.

(4) Source : Rapport sur les aides publiques aux entreprises, Inspection générale des Finances, des Affaires sociales et de l’Administration, janvier 2007.

(5) Le terrorisme sioniste, par Serge Thion, Ed. Akribeia, Paris (disponible ici).

(6) Sarkozy, Israël et les juifs, par Paul-Eric Blanrue, Ed. Oser dire (disponible ici).

(7) L’institut de l’hémisphère occidental pour la sécurité et la coopération, aussi appelé « Ecole américaine » est un centre d’entraînement et de formation étasunien destiné à former des militaires et commandos pour contrer les forces progressistes et révolutionnaires du continent d’Amérique centrale et latine. Plusieurs chef militaires des dernières dictatures de ce continent soutenues par Washington en sont issus.



http://www.marcfievet.com/article-35565133.html



http://www.geostrategie.com/1906/le-capitalisme-en-crise-a-besoin-d%e2%80%99un-conflit-militaire-majeur
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 05:17


31 août 2009

Comment la CIA pénètre nos média


Maxime VIVAS



Est-il permis, sans se voir clouer au pilori des « conspirationnistes », de dire que les consommateurs de la « grande » presse française devraient réfléchir à ce qu’ils vont lire ici ?

Que sait-on (de sources sûres) de l’infiltration de nos médias par la CIA ?

Prenons le cas d’une richissime ONG que j’ai étudiée de près depuis quelques années et qui inonde les médias français d’un millier de communiqués par an, informations qui seront reprises, souvent sous forme de coupé-collé. Ainsi va se façonner l’opinion française, rendue méfiante à l’égard des pays dont les choix politico-économiques dérangent l’Oncle Sam.

Mais d’abord, laissons la parole à des témoins peu suspects d’imprégnation marxiste :

« La CIA contrôle tous ceux qui ont une importance dans les principaux médias. »
William Colby, ancien directeur de la CIA.

« On trouvait des journalistes pour moins cher qu’une bonne call-girl, pour deux cents dollars par mois. »
Un agent de la CIA, sur le recours aux journalistes pour propager des articles de la CIA.
« Katherine The Great », de Deborah Davis, Sheridan Square Press, 1991.

« Les Etats-Unis et l´Union européenne contrôlent 90% de l´information de la planète ; sur les 300 principales agences de presse, 144 ont leur siège aux Etats-Unis, 80 en Europe, et 49 au Japon. Les pays pauvres, où vit 75% de l´humanité, possèdent 30% des journaux du monde. »
Ana Delicado (journaliste), « Les médias racontent un seul monde, sans le Sud ». In : Agence internationale d’informations Argos, 28 novembre 2004.

Et enfin un mot du journaliste New Yorkais John Swinton qui, le 25 septembre 1880, refusa de porter un toast à la liberté de la presse et s’en expliqua ainsi :

« Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! » (Cité dans : « Labor’s Untold Story », de Richard O. Boyer and Herbert M.Morais, NY, 1955/1979).

L’ONG que j’ai étudiée s’appelle Reporters sans frontières. Peut-on mesurer son indépendance à l’égard des USA et des entreprises états-uniennes chargées d’intoxiquer l’opinion mondiale ? Voici quelques éléments qui conduisent à répondre par l’affirmative.

Au moment où cet article est rédigé (30 août 2009), les comptes de RSF pour l’année 2008 ne sont toujours pas connus, en violation de la loi relative aux organisations reconnues d’utilité publique. Cependant, deux rubriques du site Internet de RSF sont intéressantes. L’une est intitulée « Comptes 2007 » et la seconde « Agir avec nous ».

Dans la première, nous lisons : « Les entreprises qui aident Reporters sans frontières sont principalement Sanofi aventis et la CFAO, tandis que la liste des fondations privées contient la Fondation Soros, le Center for a Free Cuba, la National Endowment for Democracy, le Sigrid Rausing Trust, la Overbrook Foundation et la Fondation de France ».

Dans la seconde, à la sous-rubrique : « Les entreprises partenaires des actions et des campagnes de Reporters sans frontières » et dans le chapitre « Les Fondations », nous trouvons : La Fondation Ford, la National Endowment for Democracy (NED), l’Open Society Institute et enfin Sigrid Rausing Trust sur laquelle on est mal renseignés (appel aux lecteurs futés !) mais dont RSF nous dit qu’elle « soutient les activités de Reporters sans frontières pour défendre la liberté de la presse et faire reculer la censure au Maghreb, au Moyen-Orient et en Iran ». Pas en Colombie, au Mexique ou au Pérou, les potes des USA, donc.

Regardons ensemble ce que sont les sponsors étrangers de RSF :

La fondation Soros,
Le Center for a free Cuba (CFC),
L’Open Society Institute (de Soros, cité plus haut),
L’overbrook Foundation,
La National Endowment for democracy (NED),
La Fondation Ford.

Pour faire court, je renvoie le lecteur au livre « Les Etats-Unis de mal empire » (Danielle Bleitrach, Viktor Dedaj, Maxime Vivas) et à mon livre « La face cachée de reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » (les deux sont publiés par Aden Editions) pour ce qui est de la NED et du CFC. Les liens quasi-directs de la NED avec la CIA y sont irréfutablement démontrés, voire confessés par des responsables de ce sponsor. Le CFC a pour mission de renverser le gouvernement cubain.

Voyons les autres, dont on a peu parlé à ce jour :

Soros et son Open Society Institute.

George Soros est partenaire du célèbre Carlyle Group, nid de Républicains et d’anciens membres de la CIA, dont l’un, Frank Carlucci, en fut le sous-directeur. Soros a sauvé George W. Bush de la faillite quand ce dernier dirigeait une société de prospection pétrolière. On ne compte plus les pays où l’Open Society Institute est intervenue (avec succès), en Amérique latine et en Europe de l’Est, pour favoriser la mise en place des dirigeants pro-états-uniens.

L’overbrook Foundation

Pendant la guerre froide, pour contenir l’influence des Soviétiques, la CIA avait créé Radio Free Europe qui émettait en direction des pays de l’Est.

Parmi les promoteurs de cette radio, on trouvait un certain Frank Altschul.

Parallèlement, afin de préparer son opinion publique à une éventuelle intervention contre le bloc socialiste européen, l’Administration états-unienne avait organisé une opération d’intoxication médiatique sur son propre territoire. Une organisation prétendument formée de citoyens apolitiques (The Committee on the Present Danger) fut créée à cet effet.

Parmi ses principaux animateurs, figuraient Frank Altschul et William J. Donovan.

Qui est William J. Donovan ? Un officier états-unien qui, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, avait fondé l’OSS (Office of Strategic Services) l’ancêtre de la CIA (Central Intelligence Agency). Pendant la guerre, il dirigea les services secrets US.

L’OSS forma les futurs directeurs de la CIA. Parmi eux : William Casey. C’est sur recommandation de ce William Casey que la NED a été fondée par l’Administration Reagan au début des années 1980.

Mais revenons un instant sur ce Frank Altschul qui travailla à Radio Free Europe pour la CIA avec William Donovan, futur chef des services secrets US et fondateur de l’OSS, l’ancêtre de cette CIA dont un directeur fut William Casey, instigateur de la NED, paravent de la CIA. Frank Altschul est aussi le fondateur d’« Overbrook Fondation », ce nouveau sponsor de RSF.

La Fondation Ford.

Le 20, puis le 25 août 2006, j’adressai à Robert Ménard, deux mails dans lesquels je l’invitais à souscrire à ses obligations légales en répondant à un certain nombre de mes questions. Par exemple, je demandais si, outre la NED dont les subventions sont affichées et le CFC (dont les subventions ont été cachées plusieurs années) RSF avait d’autres sponsors US. Ménard me fit répondre par Jean-François Julliard, aujourd’hui patron de RSF : « … nous avons fait une demande auprès de la Fondation Ford qui a été refusée. Par ailleurs, nous avons reçu pour l’année 2006 une dotation de 30 000 dollars de la Fondation Overbrook (première dotation). Et en 2003 de la Fondation Real Networks (26 000 euros, dotation qui n’a pas été renouvelée). C’est tout pour les Etats-Unis ».

On voit aujourd’hui que la demande à la Fondation Ford a été renouvelée avec succès et ce, après la publication de mon livre, lu attentivement à RSF (Robert Ménard le critique à trois reprises dans son livre « Des libertés et autres chinoiseries » (Robert Laffont)). Or, que révélais-je dans mon livre ? Ceci que j’ai cueilli sous la plume d’Alain-Gérard Slama dans le mensuel « Lire » de mai 1995 : «  Raymond Aron raconte, dans ses Mémoires, son embarras lorsqu’il découvrit, à la fin des années 60, que le Congrès pour la liberté de la culture, officiellement financé par la fondation Ford et par quelques crédits européens, et dont il était un des phares, était soutenu, en coulisse, par la CIA. Pour un mouvement international censé réunir, en totale indépendance, la fleur de l’intelligence occidentale contre le stalinisme, et dont les revues Liberté de l’esprit et surtout Preuves, furent, en France, le bras séculier, on se serait passé de la caution. »

Presque cinquante ans plus tard, et alors qu’il n’est plus possible d’être trompé, RSF recherche à deux reprises cette caution et finit par l’obtenir.

Le 6 avril 2006, en réponse à une interview que j’avais donnée la veille au quotidien Métro, RSF nia toutes les subventions états-uniennes (qui étaient pourtant affichées sur son site) et me menaça d’un procès. Pourquoi le fit-elle si ces sponsors étaient avouables ?

Mon lecteur en aurait-il une petite idée ?

Maxime Vivas.

PS. Les informations ci-dessus (dûment vérifiées) sont en partie puisées dans les deux ouvrages cités publiés par Aden Editions.

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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 00:54


Fidel Castro Wikipedia



Nouveau livre de Salim Lamrani :
"Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais"

 

Chers amies et amis,

 

Le 1er septembre 2009 sort mon ouvrage intitulé Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais aux Editions Estrella. Il s’agit d’un livre de 300 pages. Les principales problématiques de la réalité cubaine y sont analysées pour illustrer le gouffre qui sépare la réalité d’un pays complexe de l’image véhiculée par les médias occidentaux. Cet ouvrage contient également un extraordinaire prologue de Nelson Mandela qui m’a fait l’immense honneur d’associer sa plume à mon travail.

 

            Vous n’êtes pas sans savoir que les médias censurent toute pensée alternative au sujet de la problématique cubaine. Cet ouvrage n’y échappera probablement pas d’autant plus qu’il pointe du doigt les graves manquements de notre presse à son devoir d’information, ainsi que ses violations réitérées de l’éthique journalistique.

 

C’est la raison pour laquelle je fais appel à vous pour participer activement à la diffusion de ce livre et faire circuler cette information à tous les amis de Cuba ainsi qu’à celles et ceux qui s’intéressent à ce pays, et souhaitent sortir de la pensée unique.

 

Vous trouverez ci-joint la couverture et la quatrième de couverture avec son texte.

 

L’ouvrage n’est pas encore distribué en librairie mais il est disponible dès à présent auprès de l’auteur au prix de 18€. Des tarifs spéciaux sont réservés aux associations.

 

N’hésitez pas à me contacter pour toute information supplémentaire. Je suis, bien entendu, à la disposition de tous celles et ceux (personnes, associations, librairies…) qui souhaiteraient m’inviter pour une présentation de ce livre ou un débat.

 

Je serai présent à la Fête de l’Humanité le 11, 12 et 13 septembre 2009 pour y dédicacer mon livre. Une présentation est prévue sur les stands de Granma (le 12 septembre à 14h), de Cuba Si et de France Cuba (date et heure à définir).

 

Je compte sur votre soutien.

 

Amicalement,

 

Salim Lamrani.

 

lamranisalim@yahoo.fr

 

 

Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais

Prologue de Nelson Mandela

Paris, Editions Estrella, 2009

300 pages

18€

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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 00:56



HUGO CHAVEZ ET LES MEDIAS PRIVES

Salim Lamrani

 

            Le 2 août 2009, Reporters sans frontières (RSF) a publié un communiqué dénonçant la fermeture de « trente-quatre médias audiovisuels sacrifiés par caprice gouvernemental » au Venezuela. L’organisation parisienne « proteste avec vigueur contre la fermeture massive de médias audiovisuels privés » et s’interroge : « Est-il encore permis d’émettre publiquement la moindre critique envers le gouvernement bolivarien ? Cette fermeture massive de médias réputés d’opposition, dangereuse pour l’avenir du débat démocratique, n’obéit qu’à la volonté gouvernementale de faire taire les voix discordantes, et ne fera qu’aggraver les divisions au sein de la société vénézuélienne1 ».

            RSF fait référence à la décision prise le 1er août 2009 par la Commission nationale des Télécommunications (Conatel) de retirer la fréquence à trente-quatre stations de radio et télévision. Selon RSF, la décision serait uniquement motivée par le fait que ces médias se soient montrés critiques à l’égard du gouvernement d’Hugo Chávez. En un mot, il s’agirait d’un acte politique pour museler la presse d’opposition. Cette version a été reprise par la grande majorité des médias occidentaux2.

            Or, la réalité est tout autre et a été soigneusement occultée par RSF et les transnationales de l’information dans le but de tromper l’opinion publique et de transformer le gouvernement le plus démocratique d’Amérique latine (Hugo Chávez s’est soumis à quinze processus électoraux depuis son accession au pouvoir en 1998 et en a remporté quatorze lors de scrutins salués par l’ensemble de la communauté internationale pour leur transparence) en un régime portant gravement à la liberté d’expression.

            En effet, la décision de la Conatel aurait été prise dans n’importe quel pays du monde dans une situation similaire. Plusieurs radios ont délibérément ignoré une citation de la Commission destinée à vérifier l’état de la concession et à actualiser leur situation. Après enquête, la Conatel a découvert de nombreuses irrégularités telles que l’existence de concessionnaires décédés dont la concession était utilisée illégalement par une tierce personne, le non-renouvellement des démarches administratives obligatoires, ou tout simplement l’absence d’autorisation d’émettre. Or, la loi vénézuélienne, similaire à celles du reste du monde, stipule que les médias ne renouvelant pas leur concession dans le délai légal ou émettant sans autorisation perdent leur fréquence, et celle-ci revient dans le domaine public. Ainsi, trente-quatre stations qui émettaient de manière illégale ont perdu leur concession3.

            En réalité, la décision de la Conatel, loin de limiter la liberté d’expression, a mis fin à une situation illégale et a ouvert une politique de démocratisation du spectre radioélectrique vénézuélien afin de le mettre au service de la collectivité. En effet, au Venezuela, 80% des radios et télévisions appartiennent au domaine privé, alors que seules 9% d’entre elles se trouvent dans le domaine public, le reste étant dévolu aux secteurs associatif et communautaire. De plus, l’ensemble des médias privés vénézuéliens se trouvent concentrés entre les mains de 32 familles4.

            Ainsi, une mesure prise par la Conatel pour mettre fin à une situation illégale a été complètement manipulée par RSF et les médias occidentaux.

            RSF a pris fait et cause pour l’opposition vénézuélienne, responsable d’un coup d’Etat contre Chávez en avril 2002, putsch immédiatement avalisée par l’organisation parisienne. RSF défend particulièrement la chaîne putschiste Globovisión, qu’elle considère comme le symbole de la liberté d’expression au Venezuela5. Néanmoins, elle omet de signaler qu’en plus de sa participation au putsch de 2002, Globovisión a soutenu le sabotage pétrolier la même année, a lancé un appel aux contribuables afin de ne pas s’acquitter de leurs impôts et a appelé à l’insurrection et à l’assassinat du Président Chávez6.

            Dernièrement, Globovisión a apporté son soutien à la junte putschiste du Honduras qui a renversé le Président démocratiquement élu José Manuel Zelaya, unanimement condamnée par la communauté internationale. Le propriétaire de la chaîne Guillermo Zuloaga Núñez a ainsi reconnu le gouvernement illégal de Micheletti tout en lançant un appel au coup d’Etat : « Le gouvernement autoproclamé de Micheletti respecte la Constitution et nous aimerions, nous aimerions vraiment qu’ici au Venezuela on respecte la Constitution comme on est en train de la respecter au Honduras7 ».

            RSF ne défend pas la liberté d’expression au Venezuela. Elle préfère se ranger aux côtés des ennemis de la démocratie.

 

Notes

1 Reporters sans frontières, « Trente-quatre médias audiovisuels sacrifiés par caprice gouvernemental », 2 août 2009. http://www.rsf.org/Trente-quatre-medias-audiovisuels.html (site consulté le 3 août 2009).

2 Agencia Bolivariana de Noticias, « Productores independientes respaldan suspensión de emisoras radiales ilegales », 4 août 2009.

3 Fabiola Sanchez, « Radios desafían a Chávez operando por internet », The Associated Press, 3 août 2009.

4 Thierry Deronne, « Au Venezuela, la bataille populaire pour démocratiser le ‘latifundio’ des ondes », 2 août 2009 ; Agencia Bolivariana de Noticias, « Medida de Conatel no afectará libertad de expresión e información en Venezuela », 4 août 2009.

5 Reporters sans frontières, « Le gouvernement accélère sa croisade contre les médias privés en voulant modifier les lois et les règles », 21 juillet 2009.

6 Salim Lamrani, « Reporters sans frontières contre la démocratie vénézuélienne », Voltaire, 2 juillet 2009.

7 Agencia Bolivariana de Noticias, « Goblovisión apoya marcha a favor de gobierno golpista en Honduras », 22 juillet 2009.

 

Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a publié, entre autres, Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008). Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009) et comporte un prologue de Nelson Mandela.


Contact :
lamranisalim@yahoo.fr ; salim.lamrani@parisdescartes.fr

http://cbparis.over-blog.com/article-35276284.html


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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 04:35



Le Mossad derrière le détournement de l'Arctic Sea

publié par Observeur Avant-hier 23H59

 

 

Le journal Novaya Gazeta, l'un des rares organes de presse crédibles de Russie (et employeur de la regrettée Anna Politkovskaïa), vient d'apporter la confirmation de nos premières analyses sur l'affaire "Arctic Sea".

En effet, nous 
écrivions jeudi que le cargo battant pavillon maltais "Artic Sea", mystérieusement disparu pendant plusieurs semaines au large des côtes européennes, avait été victime d'une opération spéciale montée par une agence de renseignement. Nous citions deux commanditaires possibles : les Américians ou les Israéliens. Les premiers pour leurs capacités logistiques, les seconds pour leur exceptionnel professionnalisme. Pourtant, il paraissait évident que la seule capitale susceptible de lancer une opération aussi risquée était Jérusalem. Nous avions d'ailleurs à ce propos interrogé notre consultant Michael Ross, ancien des services secrets israéliens ; il n'avait pas écarté l'idée.  

Dans son édition de vendredi, la Novaya Gazeta confirme qu'il s'agit du Mossad. Le mobile de cet acte résiderait dans la cargaison du navire. En effet, ses cales ne contenaient pas seulement du bois, comme l'affirme le gouvernement russe, mais également des missiles de croisière X-55 dont le rayon d'action excède 3'000 kilomètres - une information 
confirmée par la presse danoise et norvégienne, ainsi que par les dires de l'ancien chef d'état-major de l'armée estonienne.

Selon le quotidien moscovite, le cargo aurait été détourné par un commando des services de renseignement extérieurs hébreux au large des côtes suédoises.

 

L'objectif israélien ? Un mois après la disparition de l'"Artic Sea", le Président Shimon Pérès s'est rendu à Moscou. Durant cette entrevue du 18 août, il devait convaincre son homologue russe de renoncer à vendre de la technologie militaire à la République islamique d'Iran. Le journal russe croit savoir que le détournement de l'"Artic Sea" par le Mossad avait pour but de soutenir cette rencontre, et de pratiquer à l'égard du Kremlin une nouvelle forme de diplomatie coercitive.



http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5627

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 23:53




C'est la petite rumeur qui monte : Dominique Strauss-Kahn se verrait bien en recours de la gauche pour la prochaine élection présidentielle.


Encouragé par quelques sondages publiés ici ou là, le directeur général du FMI préparerait son retour en France pour 2012, espérant bénéficier du chaos généralisé au sein d'un parti déjà mort, mais qui refuse de l'admettre.

Alors, DSK, le sauveur ? la meilleure arme anti-Sarkozy ?

Et bien, sauf à considérer que la peste est préférable au choléra, la réponse ne peut être que négative.

D'abord sur le fond, Strauss-Kahn est un parangon de la pensée unique.
Alors qu'il était ministre de l'économie et des finances à la fin des années 1990, il a appliqué avec un zèle particulier les doctrines libérales les plus classiques, celles qui constituent le programme de la mondialisation aujourd'hui en cause : privatisations (du Crédit Lyonnais, d'Air France, de France Télécom, du GAN, de Thomson Multimédia, du CIC, du CNP), déréglementation des services publics, pouvoir accru des banques, soutien sans faille et jamais remis en cause à l'Europe de Bruxelles.
Il n'y a d'ailleurs pas grand chose à prouver de ce côté. On ne devient pas directeur général du FMI par hasard. L'instrument dominant de la mondialisation libérale ne saurait tolérer à sa tête un protectionniste militant ni même une personnalité ayant construit l'esquisse du début d'une critique de ce système.

DSK est donc trempé jusqu'au cou dans la pensée unique.

Surtout, le possible candidat socialiste en 2012 incarne le règne des élites les plus arrogantes et les plus déconnectées. Son carnet d'adresses personnel et celui de Nicolas Sarkozy se confondent presque. On y retrouve Alain Minc, BHL ou Jean-Pierre Elkabbach, tous trois amis du couple Straussk-Kahn/Sinclair, naturellement présents à la fête d'anniversaire donnée par Anne à Paris le 22 juin dernier. Le porte-parole du groupe Lagardère, Ramzi Khiroun, est aussi un homme de confiance de DSK.

Strauss-Kahn évolue dans les hautes sphères de la finance, de la communication, des médias et du show-bizz. Comme Nicolas Sarkozy et ses amitiés bling bling, il incarne presque personnellement cette ravageuse rupture entre les "élites" de l'hyper-classe mondialisée, et le peuple.
A ce titre, il est disqualifié pour représenter un quelconque changement véritable.

Exaspérés par l'actuel hôte de l'Elysée, les électeurs chercheront sûrement la meilleure arme anti-Sarkozy en 2012.
Il faudra leur démontrer que ce n'est pas tant une arme anti-Sarkozy qu'il faut trouver, parce que ce serait la porte ouverte aux enfumeurs et aux communicants de tout poil, mais bien une arme contre la politique qu'il mène depuis longtemps, avec d'autres.
Mettre un masque différent sur un problème identique n'a jamais constitué une solution.

DSK n'a pas les qualités nécessaires pour incarner un recours. Tout le prédispose plutôt à jouer le rôle de roue de secours d'un système en faillite
.

http://www.levraidebat.com/article-35177100.html

Je rappelle que chaque matin, selon ses dires, DSK se demande comment servir... Israël !!!! En France ???  Eva

 

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 06:50

Crise systémique : USA, game over

par Gilles Bonafi
Le 18 aout 2009
Mondialisation.ca

Dans mon dernier article Crise systémique : le trou noir j’avais expliqué que les produits dérivés (des métastases selon Paul Jorion) par effet domino, détruiraient l’économie mondiale. Je vais ici m’attarder sur un malade en phase terminale, les USA.

 

En effet, le 30 juin 2008 , l’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques) déclarait le 30 juin 2008 que les USA possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés (Barack Obama, dernier président des USA) soit un tiers de ces « armes de destruction financière massive » comme dirait Warren Buffet.

 

Ces produits financiers, tel le chat de Schrödinger, sont à la fois vivants et morts, c’est à dire qu’ils ont une valeur lorsque tout va bien, valeur réduite à zéro lors d’une crise majeure comme aujourd’hui. La nation américaine ne s’en relèvera pas. D’ailleurs, le LEAP/E2020 évalue à 10 000 milliards de dollars les « actifs fantômes » des banques que le gouvernement US devra « éponger ».

 

Nous en sommes donc à la 77 ème faillite bancaire depuis le début de l’année et donc, la FDIC (Le Federal Deposit Insurance Corporation) une agence indépendante du gouvernement fédéral américain qui assure les dépôts des particuliers dans les banques est ruinée.

 

Frédéric Lordon, économiste et directeur de recherche au CNRS ose dire : « on va voir débouler, sous peu, toute une série de « paquets » de dettes avariées, dont les défauts n'ont pas encore explosé, mais c'est pour bientôt ».

 

Simone Wapler Rédactrice en chef, MoneyWeek, déclarait le 13 août 2009, « La crise financière, loin d'être résorbée, va s'aggraver » (Trois arguments pour une hausse de l'or). Ce « cancer » financier est ainsi en train de détruire l’économie US.

 

Au mois d'octobre 2008, Abderrahmane Mebtoul, un des plus grands économiste algérien me demandait de lui faire une analyse précise concernant les bons du trésor US car, visionnaire, il s'interrogeait alors sur le devenir des USA et donc des placements de l'Algérie. Nous étions arrivés à l'époque à la conclusion que l'amérique était en train de sombrer. Il avait d’ailleurs écrit plus tard « La fin de la primauté du dollar » (EDITORIAL).

 

Ainsi, la Fed ayant déjà racheté 1700 milliards de bons du trésor (elle monétise sa dette, ubuesque !) sera obligée de recommencer cette opération avant la fin de l’année. Krugman chiffrait les besoins des USA à 2100 milliards de dollars pour 2009 dans le New York Times du 9 janvier 2009. Il était donc loin de la réalité et j’avais encore une fois de plus raison car j’avais annoncé le chiffre de 3500 milliards à l’époque : Destruction du dollarExplications 2010 sera pire. La fin du dollar est proche, très proche.

 

Selon le cabinet spécialisé Realty Trac, nous avons eu aux USA un nouveau record des saisies immobilières en juillet et nous sommes passés, là-bas, de 11 000 saisies par jour à 11 600. USA: nouveau record (+7,0%) des saisies immobilières en juillet ...

C’est vrai, la crise est terminée.

 

Plus inquiétant encore, personne ne se pose la question de ce que deviennent la plupart de ces maisons qui ne se retrouvent pas sur le marché de peur qu’il s’effondre. Seul le quotidien San Francisco Gate a osé donner un chiffre qu’il évaluait à 600 000 au mois d’avril. Banks aren't reselling many foreclosed homes.

 

Or, les saisies immobilières battent tous les records depuis, avec une moyenne de 300 000 par mois. Nous avons donc largement dépassé le million de maisons qui ne sont pas mises en vente. Acculés à la faillite, les organismes financiers américains devront se débarrasser de ces biens encombrants, et, à ce moment là, nous assisterons à l’effondrement du marché immobilier US, un cataclysme économique gigantesque !

 

De plus, 16.000 entreprises ont déposé leur bilan d'avril à juin aux USA : Hausse spectaculaire du nombre de faillites aux Etats-Unis.

Sur le front de l’emploi donc, contrairement à ce que l’on vous dit, les choses ne vont pas mieux. Selon l’AFP, le nombre de nouveaux chômeurs inscrits aux Etats-Unis a progressé lors de la semaine achevée le 8 août » : USA - Hausse des inscriptions au chômage à 558.000.

 

En août il est prévu 600 000 chômeurs arrivant en fin de droits aux USA (26 semaines). Et cela sera valable tous les mois.  Ainsi, le chômage semblera se stabiliser car ils disparaîtront des statistiques.

 

Seize états (bientôt le double) , ruinés, payent maintenant les allocations avec de l'argent emprunté.

"Le système d'assurance chômage avant la récession était aussi vulnérable que la Nouvelle Orléans était avant Katrina," a dit le Représentant Jim McDermott, le Démocrate de Washington. Source : The New York Times 

 

Il faut tout de même le rappeler, 1,5 millions d'enfants étaient SDF aux USA au mois de mars. Source : http://mwcnews.net/content/view/29970. J’ai d’ailleurs réalisé une étude à ce sujet que vous pouvez lire sur mon blog (Crise systémique : le chaos).


Que vont devenir tous ces être humains? La rue sera sûrement le chemin tout tracé. Les USA vont donc devenir le pays le plus instable du monde avec une situation sociale totalement explosive.

 

Depuis 2007, le maire de New York a trouvé une solution « miraculeuse » : il paie aux sans-abri des billets d'avion, sans retour, vers la destination de leur choix. «Le maire de New York exporte la pauvreté». Un nouveau concept est né, la délocalisation des pauvres.


Dans les rues on rejoue « Orange Mécanique » et, tous les quinze jours, un SDF décède, agressé par certains pour lutter contre « l'ennui », par « amusement », voire pour « le frisson » : USA/rapport: violence vis-à-vis des SDF : Collectif SDF Alsace. Tel est le bilan publié lundi 10 août par la National Coalition for the Homeless (NCH).

 

Quant au système de retraite, il va totalement s’effondrer car c’est un système basé sur la capitalisation et l’on devra travailler jusqu’à sa mort pour se nourrir (si l’on trouve du travail !) : rapport GAO du 17 janvier 2008

 

Igor Panarin, ancien analyste du KGB, spécialiste des USA qui enseigne aux futurs diplomates de la Russie a déclaré en décembre 2008 qu’il y aurait une guerre civile aux USA. Le LEAP / E2020 a d’ailleurs repris la même analyse. Pour Panarin, la guerre civile démarrerait à l'automne 2009, et en juin 2010, le pays serait divisé en 6 blocs. Sergueï Rogov directeur de l’Institut des études américaines et canadiennes pense que ce scénario est probable. Crise systémique – Les solutions n°4 : régions et monnaies...

 

Le chaos social s’installe donc car, ne l’oublions pas, une crise majeure suit irrémédiablement la même chronologie : Etape 1 : crise financière, Etape 2 : l’économie réelle est sinistrée, Etape 3 : crise sociale. L’exemple le plus connu étant celui de l’Allemagne et de la république de Weimar, nous savons comment cela s’est terminé.

 

Pour l’étape 4, je vous laisse le choix, mais plusieurs options semblent se dégager : une guerre civile avec la mise en place d’une dictature, voire un troisième conflit mondial, au pire les deux (c’est mon avis). Barack Obama sera donc le dernier président des USA tels que nous les avons connus.

 

Ne l’oublions pas cependant, face à la destruction de la nation américaine, il existe une solution politique et monétaire de rechange : la North American Union (lire : Crise systémique : les solutions (n°3 : un nouveau dollar) ...) et surtout la création du grand marché transatlantique (Crise systémique : le chaos, qui ne résoudra pas le problème économique et social.

 

Pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi tous nos billets en euros possèdent un pont traversant l’Atlantique, vous avez maintenant la réponse.

 

En conclusion, « très peu d'hommes savent se forger une opinion par eux-mêmes. Aussi répètent-ils ce que leur ont dit leurs parents, puis leurs professeurs et enfin ce qu'ils ont entendu aux informations du soir, et ils finissent par se convaincre qu'il s'agit là de leur opinion personnelle, au point de la défendre ardemment face à d'éventuels contradicteurs. Il suffirait pourtant qu'ils tentent d'observer par eux-mêmes, de penser par eux-mêmes et ils découvriraient le monde tel qu'il est et non pas comme on les conditionne à le voir. » Nous, les dieux, Bernard Werber, éd. Le Livre de Poche, 2006, chap.. 103, p. 429


http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=14822

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 10:19
Samedi 22 août 2009
- Par L' Aviseur - Ecrire un commentaire

Autre approche du conflit palestinien



 Denis Sieffert, journaliste à "politis", et connu pour son intérêt pour le conflit israélo-palestinien, s’intéresse dans cet ouvrage, à la dernière offensive Israélienne sur Gaza qui a fait plus de 1300 morts palestiniens( dont 300 enfants).

Plus qu’une analyse du traitement médiatique de ce conflit, l’auteur propose de revenir sur les événements, en étudiant la stratégie de communication utilisée par les dirigeants israëliens. Et en rétablissant dans le même temps, quelques vérités bien souvent ignorées par les médias.

Le lecteur dépasse ainsi les contrevérités répandues à propos de la rupture de la trêve (par le Hamas) qui aurait déclenché le conflit, pour s’apercevoir des manigances politiques d’Israël et de la préméditation de cette guerre qui avait été annoncé bien avant 2008. 

On découvre ou redécouvre également quelques personnages clefs de ce conflit (Bernard-Henry lévy, Fréderic Encel...) avec leurs contradictions, leurs hypocrisies et parfois même leur rôle toujours plus accru concernant la désinformation à propos du Hamas ou des décisions du gouvernement d’Israël. 

L’auteur a le mérite d’éclairer le sujet par des informations, des chiffres et des sondages afin de dire, à sa façon, la vérité. Laissant ainsi de côté les discours passionnés censés défendre l’un ou l’autre des protagonistes.

Quelques journaux (libération, tribune juive, le point...) sont passés en revue, et permettent de mettre en lumière la partialité de certains journalistes. Ces derniers qui n’hésitent pas à sélectionner qu’une partie de l’information, acceptant parfois même que celle-ci soit erronée, pour faire passer leurs idées (ex : Sur les tirs de Roquette, sur les responsables de cette offensive etc...)

Denis Sieffert prend le risque, argument à l’appui, de casser les préjugés d’une victime qui serait Israël, et d’un coupable qui serait le Hamas (dirigé par l’Iran). Et ce, pour soulever la complexité du problème et balayer les erreurs qui "pourrissent" bien trop souvent le débat autour de cette cruelle question : Le sort de la Palestine.

 

D. Perrotin

La nouvelle guerre médiatique Israélienne, La découverte, 149p, 11,50€ 

Autres articles sur http://www.acturevue.com



Décryptage médiatique de l’offensive Israélienne


http://www.marcfievet.com/article-35142035.html
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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 07:19


Reçu d'un Correspondant-Lecteur
son analyse, que je publie:


En noir le texte de l'AFP
En rouge ses commentaires...
 (©AFP / 20 août 2009 18h37)
Afghanistan : l'Otan satisfait
du déroulement d'élections "crédibles"

En général, c’est l’ONU qui se félicite ou non du déroulement d’élections, dans ce cas c’est l’OTAN, on peut donc légitimement considérer que l’Afghanistan est un pays occupé par les forces de l’OTAN et échappe ainsi aux règles du droit international.
 
REYKJAVIK - Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, s'est montré satisfait du déroulement "efficace" des élections en Afghanistan, évoquant une réussite "du point de vue de la sécurité" et jugeant qu'elles seront considérées comme "crédibles" par les Afghans.
"Du point de vue de la sécurité, les élections ont été un succès", a déclaré M. Rasmussen dans un message diffusé sur le site Internet de l'Alliance atlantique environ trois heures après la fermeture des bureaux de vote.

Drôle de succès que des élections qui ont provoqué la mort de 26 personnes !!! (Voir plus bas dans la dépêche)
"Dans l'ensemble, les élections se sont déroulées efficacement", a-t-il ajouté.
"La chose la plus importante, c'est que les élections seront considérées comme crédibles par les Afghans", a ajouté M. Rasmussen, qui s'est rendu en Afghanistan au début du mois, juste après avoir pris ses fonctions à la tête de l'alliance..
 
Là, Mr Rasmussen assimile le gouvernement fantoche mis en place par la coalition militaire peu après le 9/11 aux Afghans en général.
Ces élections furent une "preuve de la détermination du peuple afghan à construire la démocratie", a ajouté l'ancien Premier ministre danois, qui effectuait une visite en Islande, l'un des 28 pays membres de l'Otan.
"Je veux féliciter le peuple afghan pour le courage dont il a fait preuve en dépit de circonstances difficiles. Nous avons vu les Afghans faire face aux menaces d'intimidation et aux violences pour exercer leurs droits démocratiques", a-t-il ajouté.

Grâce à la présence de plus de 300.000 militaires, cela aide ! Le reste des autres bureaux de vote n’ont pas ouvert, sûrement dû au manque d’effectif militaire pour sécuriser la zone de vote, c’est pourquoi Rasmussen appelle plus bas à continuer les efforts, donc à demander + d’effectifs militaires pour maintenir cette démocratie virtuelle
D'après le gouvernement afghan, vingt-six civils et membres des forces de sécurité ont toutefois été tués dans des attaques des rebelles islamistes.

Cela relativise la nouvelle : ce sont des afghans qui le disent, mais rien n’est confirme par l’OTAN !
Plus tôt dans la journée, M. Rasmussen avait jugé "encourageant" le déroulement de ces élections, au cours d'une conférence de presse à Reykjavik.
"Les premiers rapports sont encourageants. Il y a eu plus de bureaux de vote ouverts que nous le pensions. C'est une preuve claire que le peuple afghan veut la démocratie, veut la liberté, et rejette le terrorisme", avait-il dit.
"Il y a eu comme prévu des incidents", 26 morts ce ne sont pas des « incidents », mais plutôt le signe évident d’une guerre civile… avait-il également souligné à propos des violences. Ce ne sont pas des « violences », mais des tueries.

Mais "le peuple afghan participe au scrutin. C'est assez encourageant", avait insisté M. Rasmussen.
"Ces élections sont une étape importante sur la voie d'un Afghanistan stable et sûr. Je veux souligner que les autorités afghanes ont fait un travail énorme pour organiser cette journée historique et je les félicite pour la préparation des élections."


Au passage on passe de la pommade sur le dos du gouvernement fantoche conduit par l’ancien agent de la CIA Hamid Karzaï.
Hamid Karzaï, au pouvoir depuis 2001, était donné favori dans les sondages, mais il pourrait avoir à disputer un second tour contre son principal challenger, Abdullah Abdullah, son ancien ministre des Affaires étrangères. Donc c’est un faux semblant de choix démocratique.

Les Afghans ont voté jeudi pour élire leur président et leurs conseillers provinciaux. Le niveau des violences a été plus bas que ce que laissaient redouter les menaces des talibans, ont noté nombre d'observateurs.

Environ 17 millions d'Afghans étaient appelés (saurait-on un jour combien on réellement votés??= à se rendre dans plus de 6.000 bureaux de vote, protégés par 300.000 membres des forces afghanes et étrangères placées en alerte maximale face aux menaces d'attaques des talibans.
Le succès de l'Otan en Afghanistan est "une priorité très claire", a rappelé à Reykjavik M. Rasmussen.
"Il est de toute première importance que nous ne permettions pas à l'Afghanistan de devenir à nouveau un havre pour les terroristes", a affirmé le secrétaire général de l'alliance, qui a fait d'un succès en Afghanistan la première priorité de son mandat.

Chose presque faite déjà puisqu’il considère lui-même que ces élections ont été un « succès ».
"Pour cette raison, nous devons multiplier nos efforts (et donc multiplier la quantité de soldats en présence ainsi que de matériels militaires lourds, Rasmussen oublie de parler d’efforts de guerre… et donne l’impression que l’OTAN agit dans un but humaniste) pour garantir la situation en Afghanistan, tant militairement qu'en ce qui concerne la reconstruction civile", a-t-il dit.


Les violences dans le pays ont atteint cet été des niveaux inédits depuis que les talibans ont été chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.
En juillet, les forces internationales, dont les effectifs sont de 100.000 hommes, avaient déjà perdu 76 soldats, un bilan mensuel record depuis 2001.
 
(©AFP / 20 août 2009 18h37)


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