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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 11:16

Alimentaire : Où va-t-on ?

 

http://jambudveep.files.wordpress.com/2011/01/image003.jpg

http://jambudveep.files.wordpress.com/2011/01/800px-v-m-_doroshevich-east_and_war-british_india-_corpses_of_famine_victims.png

http://jambudveep.wordpress.com

 

Les rapports se succèdent aux Etats-Unis

attestant que l'offre alimentaire est en nette diminution.

 

 

Le 12 janvier 2011 le Département américain de l'Agriculture (USDA-US Agriculture Département) a sensiblement réduit ses estimations de récoltes mondiales des principales cultures. Conséquences déjà visibles : par rapport à juin 2010, les prix du soja ont grimpé de 56% ceux  du maïs de 95% et le blé est en progression de 80%.

 

Et ce n'est qu'un début ! il n'est pas impossible de voir les cours du blé, compte tenu de la spéculation, grimper de 600%. (Un politicien américain bien renseigné, confie : "en termes de production physique, on aurait les moyens de renverser rapidement la tendance, grâce à une collaboration internationale et au lancement de grands projets d'infrastructure. Toutefois, cette orientation est loin d'être l'intention de l'oligarchie qui manipule les marchés et spécule sur la vie des gens").

 

 

La famine arrive et le gouvernement américain poursuit sa politique consistant, en 2011, à consacrer près de 40% de la production de maïs à l'ethanol. Pas étonnant que les grandes surfaces alimentaires américaines commencent à ériger des MIRADORS avec des personnels prêts à tirer sur les pauvres qui voudraient se servir sans payer.

 

Cela fait des années que l'arnaque des biocarburants provoque la mort de millions de pauvres gens, mais cette fois, le monde entier va être concerné par l'effondrement de la production alimentaire.

 


Nous sommes gouvernés par des voyous,

des lâches

et des êtres cupides.


 

Dans une interview publiée dans "Les Echos" du 13 janvier 2011, Olivier de Schutter (rapporteur spécial de l'ONU pour le droit alimentaire) disait : La volatilité des prix est due à la spéculation sur les marchés dérivés, qui offrait au départ une certaine assurance au producteur et à l'acheteur.


"Mais depuis 2005-2006 et la libération des marchés dérivés aux Etats-Unis, les investisseurs ont changé de nature. Fonds d'investissement, fonds de pension et autres fonds spéculatifs, qui ont une force de frappe financière considérable, ne sont pas des spécialistes des marchés agricoles. Une sorte d'économie de casino s'est développée avec une logique purement spéculative".


 

Jean Zigler,

prédécesseur d'Olivier de Schutter à l'ONU,

propose que les banquiers responsables de la crise 

soient jugés devant un tribunal de Nuremberg.

 

 

Selon Oliver de Schutter, les stocks mondiaux de céréales, toutes catégories confondues, ne seront plus que de 427 millions de tonnes en 2011, contre 489,8 en 2009 ! plus des deux tiers viennent des Etats-Unis et de l'Union européenne.

 

En quelques mois, les prix des pâtes a grimpé de 30% en euros. "Les marchés sont très serrés", explique Joseph Glauber, économiste en chef de l'USDA, " Nous devons malheureusement nous attendre au pire, cela ne fait aucun doute. Par exemple, pour les Etats-Unis, les stocks de maïs devraient atteindre leur plus bas niveau de ces quinze dernières années avec une baisse de 56% par rapport à l'année dernière".

 

En réalité, la situation couve depuis 2008 et elle prend une tournure dramatique. Le système de gouvernance des mondialistes est en train de produire ce qui est attendu : (récemment, Pascal LAMY, socialiste ET mondialiste, a confié : "la hausse du prix des aliments provoque une inflation mondiale, sans compter des troubles politiques que nous aurions pu difficilement imaginer").

 

Le scandale est d'autant plus important que les grands cartels de denrées alimentaires ont encaissé des profits indécents en 2010. Cargill se vantant d'une hausse de 74% de ses gains pour la période juin-septembre, par rapport à 2009.

 

La perte de la souveraineté alimentaire est un des signes supplémentaire de la fin d'une époque.

 

Dominique Strass kahn, vient de souligner à Singapour devant un parterre de personnalités médusées : "Alors que les tensions entre les pays s'accroissent, nous pourrions voir une montée du protectionnisme, sur le plan commercial et financier.. et l'instabilité sociale et politique croître entre les nations, et même la guerre."   Ce genre de phrase n'est pas anodin. c'est un message à ceux qui savent lire et entendre.


*

http://millesime.over-blog.com/article-alimentaire-ou-va-t-on-67875861.html

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 08:53

 

 

 

Les chemtrails:

Maintenant on en parle à la télé !


 

 

"Tout arrive"... Et les sujets tabous arrivent parfois aussi à émerger jusque dans les grands médias officiels; même si les chemtrails y sont présentés comme une "croyance conspirationniste", c'est déjà un début, l'on en parle, donc cela peut, à la longue, finir par susciter réflexion et prise de conscience...


La vidéo ci-dessous montre un journal télévisé américain qui en quête et invite ses téléspectateurs à se prononcer sur la question sur leur site ou Facebook. Bien sûr, c'est en anglais, mais il y a aussi un sous-titrage en français...

 

Alors avant l'émotion

d'abord, place à la logique!

 

http://artdevivresain.over-blog.com/article-les-chemtrails-a-la-tv-67599805.html

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 20:51

 

 

 

 

 La "Shoah" des Palestiniens

par eva R-sistons

 

http://r-sistons-actu.skynetblogs.be/archive/2011/02/18/la-shoah-des-palestiniens.html


 

 

 

http://djamelitosante.blogspot.com/p/la-verite-sur-le-cancer.html

 

 

Cancer: soins naturels, alternatifs, traitements interdits car sans profits

 

 

 

 

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Cerclée de jaune la zone des prospections sous-marines en Méditerranée orientale

 

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La nouvelle guerre du gaz Par Comaguer

  Affaire du leviathan, Nouvelle guerre du gaz, Etats hors-la-loi, Israël voyou

 

http://comaguer.over-blog.com

 

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1184

 

 

 

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Afghanistan : l’envers du miroir

L'Histoire réelle.

Jihad et Talibans à la sauce CIA

La "guerre sainte" pour le pétrole et le gaz

Afghanistan : l’envers du miroir

.

 

 


Génocide planétaire en cours : une journaliste dénonce !

http://marie.roca.over-blog.com/article-33491671.html

 

 

Alerte, société génocidaire !
par eva R-sistons

 

 

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ARMES POUR MAINTENIR L’HUMANITÉ
EN ESCLAVAGE :


Contrôle Mental   Micro-Chip Implanté
 


 

 

ARMES POUR LE GÉNOCIDE MONDIAL:

 

 

Haarp   Pamir  Blue Beam Chemtrails Alimentación Transgénique
Codex Alimentarius Camps de concentration pour les rebelles au nouvel ordre mondial

 

 

 

Un long post complet ici

(cliquer sur le lien) :

 

Mardi 15 février 2011 2 15 /02 /Fév /2011 16:48

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 15:14

Flashé à 119 km/h au lieu de 70, Olivier Marleix, conseiller technique de Nicolas Sarkozy a fait valoir ses relations privilégiées avec l'Elysée pour «classer l'affaire».

Flashé à 119 km/h au lieu de 70, Olivier Marleix, conseiller technique de Nicolas Sarkozy a fait valoir ses relations privilégiées avec l'Elysée pour «classer l'affaire».

 

 Un conseiller de l'Elysée exonéré de PV après un excès de vitesse 


Zoom

Un conseiller technique de Nicolas Sarkozy aurait utilisé sa fonction pour échapper à une amende. Olivier Marleix, outre d'être un des proches collaborateurs du président de la République est aussi conseiller général et maire d'Anet (Eure-et-Loir). Selon La République du Centre, le jeune élu, flashé à 119 km/h au lieu de 70, a fait valoir ses relations privilégiées avec l'Elysée pour «classer l'affaire».

 

Un automobiliste ordinaire aurait écopé d'une belle amende de 135 euros et d'un retrait de points. Pas lui. 

Le 28 janvier, le conseiller général, fils de l'ancien secrétaire d'Etat Alain Marleix, est contrôlé par les gendarmes près d'Abondant, en Eure-et-Loir pour un excès de vitesse. A bord d'une des voitures qui appartiennent au parc automobile de l'Elysée, il leur demande alors d'oublier ce fâcheux épisode, sachant qu'il possède des relations étroites du côté de la rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris.  

Le conseiller dit «ne pas être au courant»

Mais la mauvaise conduite du conseiller technique du chef de l'Etat n'est pas passée auprès de la gendarmerie locale. Elle décide, pour le principe, d'en faire part à la Direction générale de la gendarmerie nationale.
  
Olivier Marleix, lui, dit «ne pas être au courant» de l'affaire, rapporte le quotidien régional. «J'essaie de respecter les limitations de vitesse , il m'arrive d'être arrêté et verbalisé, comme tout un chacun il ne reste plus que sept ou huit points sur mon permis», a-t-il plaidé pour sa défense. 

LeParisien.fr

 

http://www.leparisien.fr/automobile/securite-routiere/un-conseiller-de-l-elysee-exonere-de-pv-apres-un-exces-de-vitesse-07-02-2011-1304662.php

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 01:53

 

Note  d'eva :

 

Je vous renvoie, pour cet article essentiel,

sur mes autres blogs,

car il resortira mal sur du noir.

Merci de cliquer sur l'un des deux liens:

.

 

Bush-NS--DH.jpg

 

 

Les Français ont cru élire un homme libre

à la tête de la France.

Ce n'est pas le cas.


En lisant cet article,

vous comprendrez pourquoi,

et pourquoi notre pays

est littéralement colonisé, aligné.

 

Découvrez

le parcours de Nicolas Sarkozy,

ses conseillers, etc.

Nombreuses révélations.


Voici tout ce que les Médias ne vous diront jamais.


Si vous voulez savoir ce qui se passe réellement,

cliquez sur le lien :

 

Voici les informations politiques importantes cachées aux Français. Révélations

 

ou ici :

France: Ce qu'on ne vous a pas dit sur nos politiciens et sur les événements

 

 

 

Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française

 

 

 

 

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 01:06


Julien Salingue, Ugo Palheta

19 janvier 2011
Il est évidemment difficile d’informer sur un événement aussi imprévisible, dans son surgissement, que le soulèvement d’un peuple. Qui pouvait prévoir qu’en 2011 le peuple tunisien, au prix d’un mois de luttes et après avoir subi la répression de la police de Ben Ali, parviendrait à contraindre ce dernier à l’exil ? Le sens et la portée des événements ne sont pas immédiatement perceptibles. Au risque que le journalisme soit inévitablement pris en défaut. Mais…
.

 

Mais le traitement médiatique de la mobilisation populaire tunisienne, et de sa radicalisation depuis une dizaine de jours, révèle des défaillances qui ne sont pas seulement imputables aux difficultés du journalisme aux prises avec l’événement inédit. Parmi ces défaillances : les mécanismes de « circulation circulaire de l’information », les effets d’une réactivité sous-informée, l’usage irréfléchi d’expressions passe-partout, le recours à des « experts » se prenant pour des devins ou encore l’omniprésence d’éditocrates disant tout et n’importe quoi sur à peu près tous les sujets.

 

Si on ne peut guère reprocher aux grands médias de n’avoir pas prédit ce soulèvement et ses effets, le délaissement structurel de l’information internationale par nombre d’entre eux n’est sans doute pas pour rien dans les approximations que l’on a pu relever ici ou là et dans la pauvreté uniforme des descriptions proposées de cette révolte sociale. Il est vrai que ce traitement n’a pas été homogène, Libération n’ayant pas informé comme Le Figaro, ou Le Monde comme Le Point, et qu’il a par ailleurs évolué au fil des jours sous la pression du mouvement populaire. Contrairement, notamment, aux grandes chaînes de télévision, Libération et Le Monde n’ont pas découvert la nature du régime de Ben Ali au cours des dix derniers jours. Il reste qu’une observation qui n’est en rien exhaustive permet de repérer, notamment sur les sites d’information en ligne et les chaînes d’information en continu, des figures redondantes de la langue de plomb journalistique et des approximations dont les effets sont loin d’être anecdotiques quant à la compréhension de la révolte du peuple tunisien.

 

Des « émeutes meurtrières » ?

 

Il suffit parfois d’un simple qualificatif répété partout pour imposer l’interprétation d’un événement. Avant que Ben Ali ne soit forcé de quitter la Tunisie, on a ainsi vu fleurir – quoique inégalement – dans à peu près tous les grands médias français les expressions d’« émeutes meurtrières » ou d’« émeutes sanglantes ».

 

Comme on le verra plus loin, les journaux se sont également appliqués à dresser le « bilan des violences ». Or sont-ce les émeutes qui sont « meurtrières » ou la répression assurée par la police d’un président régulièrement réélu avec au moins 90 % des voix ? Les morts et les blessés, le « sang », sont-ils imputables aux manifestations de rue ou au régime qui les écrase ? S’agit-il du « bilan » du mouvement de révolte ou de celui de la répression policière ?

 

En usant et abusant d’expressions aussi automatiques qu’elles sont contestables, une bonne partie des grands médias français prononçaient leur jugement, minimisant la répression d’un peuple en révolte par un régime dictatorial. Or cet usage irréfléchi d’une expression impropre révèle, non pas (ou pas simplement) le conformisme des journalistes qui l’emploient, mais les mécanismes de production d’une information standardisée et les automatismes de pensée qu’ils induisent.

 

S’il est vain de chercher l’origine, c’est-à-dire le premier émetteur, de l’expression « émeutes meurtrières », on peut sans nul doute voir dans les dépêches de l’AFP un accélérateur de sa diffusion. La plupart des journaux imprimés ou télévisés, mais aussi des sites d’information sur Internet, ne font fréquemment que reprendre ces dépêches en les modifiant à la marge. Ainsi, le 9 janvier, l’AFP publie une dépêche qui débute ainsi : « La révolte sans précédent que connaît la Tunisie depuis la mi-décembre contre le chômage a dégénéré ce week-end en émeutes sanglantes ».

 

L’ « information » se répand comme une traînée de poudre et, sans que personne ne se soit évidemment concerté, envahit la quasi-totalité des sites d’information. Quelques exemples…

– Sur le site du Parisien : « La révolte que connaît la Tunisie depuis le mois de décembre contre le chômage a dégénéré ce week-end en émeutes sanglantes ».
– Sur celui de La Voix du Nord : « La révolte sans précédent que connaît la Tunisie depuis la mi-décembre contre le chômage a dégénéré en émeutes sanglantes ».
– Sur celui de TF1 : « Jour après jour, le mouvement semble se radicaliser. La révolte sans précédent que connaît la Tunisie depuis la mi-décembre contre le chômage a dégénéré ce week-end en émeutes sanglantes ».

 

À être entonnée à l’unisson dans à peu près tous les grands médias, une idée n’en devient certainement pas plus vraie. Reste qu’elle acquiert par ce mouvement de diffusion généralisée une puissance qu’il est ensuite difficile de contester. En l’occurrence, parler d’ « émeutes meurtrières » revient à retourner les responsabilités, et en mettant ainsi la réalité cul par-dessus tête, les médias ne peuvent pas ne pas influer sur les jugements à l’égard de la mobilisation du peuple tunisien. Et si ce sont les émeutes qui sont « meurtrières », comment refuser à Ben Ali le droit de les réprimer ?

 

 

Libération et le Figaro : clarification et persévérations

La langue automatique persévère, même quand la clarté s’impose. Libération, le 11 janvier titre massivement et clairement : « Ben Ali réprime ».

 

Mais le court texte placé sous le titre reprend l’expression « émeutes meurtrières », et le site du quotidien parle quant à lui de « manifestations mortelles ». Autre exemple de cette fluctuation dans l’emploi des termes : dans un article, paru le 12 janvier, intitulé « Le régime Ben Ali réprime, la rue tunisienne continue d’y croire », sont évoquées les « victimes des émeutes ». Là encore, victimes des « émeutes » ou de la répression du régime ? Les fluctuations du vocabulaire ne traduisent sans doute pas une hésitation dans l’interprétation des événements, mais elles l’induisent.

 

Dans la même veine, Le Figaro titre, en citant un manifestant : « Tunisie : "la police a ouvert le feu sur les manifestants" », et sous-titre, en copiant la dépêche de l’AFP : « La révolte sans précédent que connaît la Tunisie depuis la mi-décembre contre le chômage a dégénéré ce week-end en émeutes sanglantes ».

 

Les mêmes expressions toutes faites peuvent d’ailleurs resservir au mot près pour d’autres situations. Ainsi peut-on lire, sur le site de TF1, dans un article intitulé « Lent retour à la normale en Algérie après des violences meurtrières » : « Les Algériens ont commencé dimanche à reprendre une vie normale après un week-end d’émeutes meurtrières contre la vie chère ».

 

 

Le « bilan des violences »

Autre manière, sous couvert d’impartialité, d’effacer implicitement (et sans doute involontairement) la responsabilité de Ben Ali et des forces armées tunisiennes, de nombreux médias ont régulièrement proposé à leurs lecteurs ou auditeurs, durant la semaine précédent le départ de Ben Ali, un prétendu « bilan des violences ».

 

Là encore, c’est une dépêche de l’AFP qui est reprise par l’ensemble des grands médias. Intitulée « Tunisie : chaos à Kasserine, le bilan des violences s’alourdit », elle commence de la manière suivante : « Le bilan des troubles sociaux qui ébranlent la Tunisie depuis près d’un mois s’est alourdi à une cinquantaine de morts dans le centre du pays en trois jours, selon un responsable syndical qui a évoqué une situation de "chaos" mardi à Kasserine, principale ville du centre ». Plus loin seront évoquées des émeutes non plus « meurtrières » mais « sanglantes ». On retrouve ce thème du « bilan » sur de nombreux sites d’information :

 

– Sur le site du Nouvel Obs : « Les émeutes ont fait, selon les associations, plus de 50 tués ces trois derniers jours rien que dans cette ville du centre-ouest. [...] La situation était chaotique à Kasserine, chef lieu du centre-ouest de la Tunisie où des émeutes ont fait plus de 50 tués ces trois derniers jours ».

– Sur celui du Monde, dans un article intitulé « Le bilan des violences s’alourdit en Tunisie » : « Le bilan des émeutes dans tout le pays s’est encore alourdi. Après les violences du week-end dans des localités du centre-ouest du pays, le nombre de morts s’élève désormais à au moins trente-cinq ».

– Sur celui du Figaro, dans un article intitulé « Les violences en Tunisie ont fait au moins 35 morts » : « Ce bilan humain des émeutes durant le week-end est établi par la Fédération internationale des droits de l’homme à partir d’une liste nominative. Le bilan des violences en Tunisie ne cesse de s’alourdir. Pour l’heure, le nombre de morts dans les émeutes durant le week-end s’élève à au moins 35 ».

 

 

France soir interroge : « Êtes-vous inquiet… ? »

Plus indécent, France-Soir publie sur son site – à côté d’un article sur le chanteur juvénile Justin Bieber et d’un autre sur la Miss France 2010 – un sondage auquel les internautes peuvent répondre en ligne. La question posée est la suivante : « Êtes-vous inquiet de la situation en Tunisie ? »

 

 

Outre l’imposition de la problématique de l’« inquiétude » (on pourrait tout autant demander : « Êtes-vous révolté par la répression du peuple tunisien ? », ou « Êtes-vous heureux de voir un peuple se soulever contre une dictature ? », etc.), on notera la petite phrase à prétention « explicative » qui suit cette question : « Les émeutes se poursuivent en Tunisie, où le bilan officiel fait toujours état de quatorze morts ». Plus encore, les quatre réponses proposées en disent long sur l’opinion implicite de la rédaction de France-Soir à l’égard du mouvement populaire en cours en Tunisie :

Oui, il y a un risque d’embrasement ;
Oui, d’ailleurs je n’irai pas là-bas en vacances ;
Non, le gouvernement va reprendre les choses en main ;
Non, c’est loin, ça ne me concerne pas.

 

Face à cette mobilisation de la jeunesse et des travailleurs tunisiens, les internautes se voient donc imposer le « choix » entre la peur (d’une diffusion de la contestation sociale) et l’indifférence.

 

 

I-Télé : du « coup d’État » à la « révolution »

La roue médiatique finit par tourner avec le cours des événements en Tunisie. Vendredi 14 janvier à 18 h 45 : le premier ministre tunisien, Mohammad Ghanouchi, annonce que Ben Ali est dans l’incapacité d’assumer ses fonctions. Les observateurs comprennent que cette annonce sonne le glas de la dictature de Ben Ali, lequel avait tenté, quelques heures plus tôt, une dernière manœuvre en limogeant le gouvernement et en annonçant la tenue d’élections anticipées.

 

I-Télé, chaîne d’information en continu, réorganise ses programmes pour couvrir l’événement. « Edition spéciale », images en direct de Tunis, défilé de nombreux « spécialistes », commentaires « à chaud »… Un bandeau est, en outre, incrusté en haut à droite de l’écran :

 

« Tunisie : coup d’État ». Nous pourrions discuter ici de la pertinence du terme de « coup d’État » pour qualifier le départ d’un dictateur sous la pression de mobilisations populaires qui durent depuis des semaines… Mais nous ne le ferons pas. Car dès le lendemain matin, I-Télé a changé son fusil d’épaule :

 

Le « coup d’État » est devenu, en l’espace d’une nuit, une « révolution ». Comme quoi, à vouloir faire très vite, et quand on n’y comprend pas grand-chose, on fait souvent n’importe quoi.

 

Le « Grand Journal de Canal + » : dépassé par les événements

Vendredi 14 janvier, 19 h 10. Depuis près de 30 min, l’annonce du retrait de Ben Ali est officielle. Le « Grand journal de Canal + », émission diffusée apparemment en direct, débute.

 

Michel Denisot l’annonce, avec sa solennité habituelle : « Comme tous les vendredi nous allons commenter l’actualité de la semaine avec trois grands observateurs ». Alain Duhamel (RTL, entre autres), Christophe Barbier (L’Express, entre autres) et Sonia Mabrouk (Public Sénat) font leur entrée sur le plateau. Michel Denisot : « On va commencer par la Tunisie, et les images de ce matin. Eh bien, après le "je vous ai compris" de Ben Ali, eh bien, les Tunisiens n’ont pas tous compris puisqu’il y en avait plus de 5 000 dans les rues de Tunis ce matin pour demander la démission de Ben Ali ». Après cette introduction pleine de lucidité et d’empathie à l’égard des victimes du régime de Ben Ali, le débat commence. Florilège…

 

– Sonia Mabrouk : « Il y a une grande majorité de Tunisiens qui ont écouté [le discours de Ben Ali] hier, et qui se disent maintenant, bah écoutez, il faut des preuves, il faut des actes ». [...]
– Alain Duhamel : « Est-ce que [le discours de Ben Ali d’] hier soir débloquera les choses, je suis totalement incapable de le dire ». [...]
– Jean-Michel Aphatie : « [Ben Ali] reconnaît qu’il a laissé assassiner des Tunisiens, comment voulez-vous, mais comment voulez-vous que les gens le croient, que les gens pensent que, lui, il est la solution politique ? Mais il va sauter comme un bouchon de champagne… ». [...]
– Sonia Mabrouk : « Sauter comme un bouchon de champagne, je veux bien, mais… [...] Il faut un processus de transition. Est-ce qu’il faut couper les têtes tout de suite ? ». [...]
– Ali Baddou : « Il restera peut-être en place, on n’en sait rien, après tout il continue à absolument tout maîtriser, la police, l’armée, l’appareil d’État, l’administration… »

Etc.

 

On est obligé de se rendre à l’évidence : la nouvelle de la chute de Ben Ali n’a pas été communiquée à l’équipe du « Grand Journal », ni aux « trois grands observateurs » invités. Elle est pourtant reprise, à l’heure de ce « débat », sur la plupart des sites Internet des grands journaux (y compris L’Express), et sur les chaînes d’information en continu. Avant même qu’il débute, le débat était périmé.

 

Pourquoi ? Tout simplement parce que cette émission qui simule le « direct » est, le vendredi, enregistrée l’après-midi ! Tel est pris qui croyait prendre.

 

Le mot de la fin à Alain Duhamel : « Ce qui est frappant c’est, comme souvent dans ces cas-là, quand les choses tournent aussi mal, c’est-à-dire aussi violemment, euh, c’est le retard perpétuel sur l’événement. C’est… Ben Ali a toujours été en retard, de même que, d’ailleurs, le gouvernement français, de son côté, a été en retard sur sa réaction, et sur l’ampleur de sa réaction ». Un « retard perpétuel sur l’événement ». On ne saurait mieux dire.

 

Le Parisien : « ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c’est le vent »

Deux « unes » du Parisien, à cinq jours d’intervalle, sont exemplaires du « retournement » de la presse face aux développements de la situation en Tunisie. Le 10 janvier, alors que le soulèvement tunisien s’étend depuis quatre semaines et que la police tire à balles réelles sur les manifestants (et les tue…) depuis le 24 décembre, Le Parisien évoque une « flambée de violences meurtrières en Tunisie ».

 

 

On connaît la suite. Le 14 janvier au soir, Ben Ali quitte la Tunisie. Un président au pouvoir depuis vingt-trois ans contraint à la fuite par ce qui n’était, quelques jours auparavant, qu’une « flambée de violences meurtrières » ? Que nenni !


Une lucidité de la dernière heure qui en rappellera une autre aux férus d’histoire. Elle remonte à juillet 1789 :

C’est une révolte ?
Non, Sire, c’est une révolution.

 

***

 

Une dernière remarque s’impose. La précipitation et l’incompréhension face aux événements en cours ont conduit nombre d’éditocrates à effectuer des déclarations et des dérapages plus ou moins contrôlés, tout autant révélateurs de leur vision du monde que de leur conception du journalisme. Les deux extraits qui suivent sont des retranscriptions de l’édition du « Grand journal » déjà citée plus haut, décidément riche en perles, malgré le dépassement de la date de péremption.

 

Alain Duhamel et Christophe Barbier pensent :

- Alain Duhamel, d’un peu partout, connaît très bien la Tunisie, il s’y intéresse depuis dix jours : « Moi ce qui m’a frappé en écoutant, bon, j’ai fait comme nous tous, c’est-à-dire que j’ai écouté le maximum d’interviews, et en particulier d’opposants pendant, voilà, dix jours, ils sont tous d’une précaution, et d’une prudence… ». Le « grand observateur » a parlé.

- Pour Christophe Barbier, de L’Express et d’ailleurs, la démocratie, c’est bien, mais quand même ça dépend. C’est lui qui le dit, dans l’émission que nous venons d’évoquer.

– Christophe Barbier : « Il y a à un moment donné un islamisme politique qui menace de prendre le pouvoir ».
– Ali Baddou : « Ah, bah oui, mais vous voulez la démocratie ou vous voulez la dictature ? C’est-à-dire qu’en l’occurrence, à un moment donné, il faut laisser les gens s’exprimer, voter, et l’islam politique existe en Tunisie, comme ailleurs… Vous parliez des Frères musulmans en Égypte, ils sont massacrés, ils sont tenus, euh, souvent torturés, arrêtés. Bon, en Tunisie, c’est le cas aussi, est-ce qu’il faut les laisser s’exprimer ou pas ? »
– Christophe Barbier : « Je veux la république. Si la république passe par la démocratie c’est tant mieux, mais s’il faut parfois combattre les mécaniques démocratiques pour sauver la république… »
– Jean-Michel Aphatie (l’interrompant, dommage…) : « Non, non… Les Frères musulmans ils pourrissent en prison en Égypte. Ils pourrissent en prison. Vous savez, on peut pas dire "je veux la république et des gens qui pourrissent en prison", ça va pas ».

 

Et plus tard dans l’émission…

– Christophe Barbier : « Tout faire pour que l’islamisme n’arrive pas au pouvoir dans ces pays-là, c’est pas rendre service à nous, c’est rendre service à nous, et à eux, et aux peuples concernés… Tout plutôt que de les voir tomber dans ce qu’est devenu l’Iran ou l’Afghanistan ».
– Jean-Michel Aphatie (l’interrompant, décidément…) : « Dans votre tout il y a des choses horribles. Dans votre tout il y a des choses horribles Christophe. Il faut que vous vous débrouilliez avec des choses horribles. »
– Christophe Barbier : « Y a la raison d’État et y a du cynisme, je suis d’accord, mais j’assume cette phrase : "Plutôt Ben Ali que les barbus" ».

 

« Tout » est dit.

Source : acrimed.org

 

http://www.michelcollon.info/Tunisie-mots-et-maux-de-l.html

 

.

Note d'eva R-sistons:

 

Et c'est ce Barbier qui est le principal invité de C dans l'Air ! Fanatiquement ultra-libéral, va-t-en guerre (contre l'Irak etc), néo-conservateur...

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 04:05

La Tunisie a décidé d'en finir avec Ben Ali

Les média-mensonges 

Les médias étrangers faussent la vision des événements. Ils laissent croire que la Tunisie vit un mouvement social comme un autre dont les causes premières sont le chômage ou le prix des aliments de base. S’ils dénoncent la dictature, ils tendent à l’excuser. Ils cachent surtout les raisons pour lesquelles le gouvernement français soutient le régime criminel de Ben Ali : on prétend que c’est principalement dû à la participation de Ben Ali dans la lutte contre les islamistes.

Média-mensonge n°1 : « Il ne s’agit que d’un mouvement social, pas d’un soulèvement »


Depuis deux semaines, la répression en Tunisie s’est intensifiée. Des tirs à balles réelles des forces de polices se sont ajoutés aux arrestations massives et menaces de poursuites. On apprend qu’il y a des morts à partir du 9 Janvier. Mais le décompte est difficile et les hôpitaux interdisent de filmer. Les médias locaux sont verrouillés, mais les informations se répandent sur Internet comme une traînée de poudre. Parmi les morts, des enfants, des femmes et des personnes âgées. Certains meurent par suffocation des cartouches de gaz lacrymogène périmées utilisées. Les vidéos sur Internet montrent que les victimes ont presque toutes été frappées au thorax, ou à la tête. Des tirs de précision pour tuer.

Kasserine (sud ouest du pays) a été particulièrement touchée. Samedi soir, les flics de Ben Ali ont tiré sur le cortège funèbre d’un manifestant qu’ils avaient tué la veille. Des snipers ont été postés sur les hauteurs. Il y a eu au moins cinquante morts ici et les affrontements continuent. Des policiers en civil ont pillé les commerces et les domiciles. Et lundi on a pu entendre sur Radio Kalima que les forces spéciales de Ben Ali ont défoncé les portes des maisons et violé les jeunes filles qu’ils trouvaient.

La colère a atteint un stade de non retour. Tous ont rejoint le combat : médecins, avocats luttent aux côtés des plus démunis pour leur pays. Ben Ali fait une déclaration lundi soir, promettant 300 000 emplois. Comme si ce mensonge pouvait calmer les ardeurs. « On s’en fout du chômage, on veut que Ben Ali soit arrêté.  » déclarent en nombre les Tunisiens.

La banlieue de Tunis se soulève mercredi. Ben Ali fait intervenir l’armée, mais elle se retourne contre lui dans plusieurs villes en protégeant les citoyens pacifiques des tirs de police et des arrestations. Le couvre feu est décrété mercredi soir sur Tunis et sa banlieue de 20h à 5h30 du matin. Une heure avant, le jeune Magid se fait assassiner à Ettadhamen dans la banlieue ouest de Tunis par un tir de policier alors qu’il rentrait chez lui. Contrairement à ce que nous décrivent les journalistes de France 24 restés à l’abri dans le centre, les courageux habitants des cités d’Ettadhamen et d’Intilaka ont lutté toute la nuit malgré le couvre feu et les tirs de police. Les affrontements continuent, les jeunes scandent : « Nous n’avons pas peur de vous. » L’armée se retire de la ville, sur ordre de Ben Ali, pour laisser les forces spéciales continuer leur massacre.

 

Ce n’est pas un simple mouvement social, c’est une révolution qui est en marche. Un soulèvement dont l’étincelle a été le suicide par immolation le 17 décembre à Sidibouzid d’un jeune de 28 ans, mais dont les racines sont plus profondes.

La lutte s’organise sur Internet et dans la rue, elle est partie du Sud où les populations sont les plus démunies, mais elle s’étend dans tout le pays. Après Tunis et sa banlieue, les villes de Tabarka et Jendouba dans le Nord Ouest rejoignent à leur tour la lutte ce jeudi.

 



Ben Ali prétend avoir été trompé par des corrompus. Du coup, mercredi, l’ONU qui craint de le voir perdre son trône, lui recommande d’installer une commission d’enquête indépendante. Mais les Tunisiens ne sont pas dupes : ils savent très bien que les corrompus, ce sont ceux qui dirigent leur pays. De même, les Etats-Unis tentent de raisonner le tyran qui perd le contrôle du pays et ne fait qu’aggraver la situation par la répression.

Peu après, le Premier ministre tunisien annonce le limogeage du ministre de l’intérieur Rafik Belhaj Kacem et la libération de toutes les personnes arrêtées durant le « soulèvement social ». Au même moment, Hamma Hammami, un opposant politique qui a déjà connu la clandestinité, la prison, l’exil et la torture en tant que porte parole du PCOT ( parti communiste tunisien officiellement interdit) est enlevé à son domicile par les forces spéciales. Sa famille très inquiète craint pour sa vie.

Jeudi, le président autoproclamé Zin El Abidiin Ben Ali annonce qu’il n’a pas l’intention de briquer un nouveau mandat et promet la liberté totale de l’information et l’internet : « Pas de présidence à vie et je refuse de toucher à la limite d’âge fixée par la Constitution ». « Assez de tirs à balles réelles » « Je vous ai compris ». Tels sont les mots du dictateur assassin à l’agonie qui prétend avoir été trompé. Rien sur le couvre feu instauré depuis la veille.

 

Après la déclaration, quelques cris de célébrations se font entendre dans la rue mais ils sont vite critiqués par une grosse partie des résistants et par l’intégralité des cyber-activistes.

Pour Tarak Mekki, opposant politique de Ben Ali et humoriste, ces célébrations sont une mise en scène : « Des voitures se sont garées avant la déclaration devant le siège du parti à Sfax. On a cru qu’ils allaient tout casser, mais voilà qu’ils se mettent à célébrer en klaxonnant, et c’est le même scénario qui s’est produit à Tunis et à Kérouan, à part qu’à Kérouan les gens se sont fait tabassé, à Kasserine les manifestations ont continué. »

Un peu plus tard dans la journée, le mensonge se confirme : la police continue de tirer et on dénombre de nouveaux morts. A Zarzouna, les résistants crient vengeance après un coup de feu mortel tiré sur une jeune femme pacifique dont le seul crime était d’avoir protesté contre le régime. Un poste de police a été brûlé en représailles. A Monastir, c’est le siège du RCD qui a été brûlé ainsi que des propriétés du clan Ben Ali.

 

La répression est encore montée d’un cran jeudi : Ben Ali cherche à affamer la population du sud du pays en restreignant les approvisionnements de produits de base (farine, sucre, lait...). On sait déjà que les villes de Karouan, Gafsa, et Sidi-bouzid sont touchées par la pénurie.

 

Mais les émeutes prennent de plus en plus d’ampleur et on commence à penser que si Ben Ali n’est pas emprisonné rapidement, la violence populaire sera inévitable. Plus tard dans la soirée, les slogans fusent dans les rues de Tunis, repris par tous : « Maintenant, maintenant, Ben Ali, dehors ! »

Ce vendredi matin à 11h, les Tunisiens ont afflué de tout le pays pour un grand rassemblement de plusieurs milliers de personnes en plein centre de Tunis. Ils ont tous réaffirmé leur volonté inébranlable d’arrêter Ben Ali et son clan mafieux : la révolte ne sera pas apaisée avant. Devant le ministère de l’Intérieur, la police a encore tiré sur la foule. En représailles, les jeunes s’organisent et veulent brûler le ministère, mais les tirs les en empêchent.

Ce que l’ONU, la France ou Ben Ali ne comprennent pas, c’est que les tunisiens ne croient plus en leurs mensonges. Ce qu’ils ne voient pas, c’est qu’il n’y a qu’une seule solution viable pour le calme : la fuite ou la reddition manu militari de Ben Ali et son clan. Aujourd’hui, il n’y a plus de doute possible : les tunisiens ont décidé d’en finir avec Ben Ali.



Média-mensonge n°2 : « Ben Ali a permis l’émancipation de la femme et l’éducation du peuple »

 

La Tunisie est un petit pays de près de 10 millions d’habitants à la population jeune est très cultivée (la moitié de la population a moins de 25 ans et le nombre de diplômés universitaires dépasse celui de l’Algérie et du Maroc réunis). Son économie est basée principalement sur des sociétés de services (43.2% du PIB en 2007), sur des produits à basse valeur ajoutée (huile d’olive, céréales) et sur l’exportation de phosphate (2ème exportateur mondial). Mais le développement économique est très inégal : principalement axé sur le Tell à l’ouest (région des collines) avec les phosphates et sur la côte avec les industries et le tourisme. Ce qui laisse les régions du Sud et du Nord avec une pauvreté très importante.

 

C’est après l’indépendance en 1957, sous la présidence de Bourguiba, que la Tunisie a connu une période sociale et progressiste. La colonisation française avait duré 75 ans, elle s’était axée principalement sur l’agriculture par le vol des terres et un commerce lucratif grâce aux ports de Tunis et de Sfax et l’exploitation des Tunisiens. Elle avait laissé un pays peu industrialisé avec beaucoup de chômage.

 

A la libération, la Tunisie nationalise ce qui lui avait été volé et dispose alors d’une économie sociale gérée à 80% par l’Etat, ce qui provoque une forte croissance. La femme tunisienne reçoit le droit de vote, la polygamie est interdite et l’avortement est légalisé dix ans avant la France. Cerise sur le gâteau, le plus gros du budget est réservé à l’éducation (jusque 30%).

 

Mais la Banque Mondiale, qui est au service des multinationales, s’ingère dans les affaires tunisienne. Soutenue par la grande bourgeoise de Tunis, elle commence à offrir ses « aides » à la Tunisie, autrement dit des prêts coûteux, qui lui permettront de faire pression sur le gouvernement pour freiner l’étatisation de l’économie. Celle-ci avait été entamée par Ben Salah, secrétaire d’Etat au Plan et aux Finances. La BM s’efforce aussi de récupérer autant que possible le phosphate tunisien. A la fin des années 60, elle est l’un des principaux créanciers de la Tunisie et fait limoger Ben Salah. La Tunisie entame alors une politique beaucoup plus libérale menée par Hédi Nouira, ex-gouverneur de la Banque centrale.

 

Cependant, ce libéralisme ne développe pas le pays : il le brade aux étrangers et l’industrie tunisienne enrichit l’Europe. Le taux de chômage double, le taux de scolarisation baisse et les inégalités s’accroissent.

 

En 1978, un appel à la grève générale est lancé par l’UGTT (Union Générale des Travailleurs Tunisiens, ce syndicat est la principale force de l’opposition de l’époque et existe encore aujourd’hui). A ce moment là, c’est un certain Zine El Abidine Ben Ali qui est à la tête de la Sûreté nationale (les services de renseignement tunisiens). Il fait tirer sur la foule : ce « Jeudi noir » fera 200 morts et plus d’une centaine de blessés. En 1983, Bourguiba double le prix du pain et de la semoule. Eclatent alors « les émeutes du pain », à nouveau sévèrement réprimées. Mais le peuple n’abandonne pas la lutte et fait annuler l’augmentation des prix.

 

Toutes ces répressions vont favoriser l’ascension de Ben Ali au pouvoir : les bourgeoisies sahéliennes et tunisoises veulent un homme capable de mater les mouvements populaires tout en écrasant les gauchistes et les islamistes.

C’est en 1987 que Ben Ali, alors ministre de l’Intérieur, fait signer en personne par sept médecins un rapport qui déclare Bourguiba sénile. Ce « coup d’Etat médical » fait de Ben Ali le second président de la Tunisie (l’article 57 de la Constitution tunisienne précise que c'est le Premier ministre qui succède en cas d'empêchement). Il entame alors sa politique répressive et ultralibérale.



Média-mensonge n°3 : « Ces révoltes sont principalement causées par le fort taux de chômage et le coût trop élevé des produits de base »

 

Le chômage est très élevé, y compris chez les jeunes diplômés, mais c’est un problème secondaire qui découle des causes profondes de la colère : la corruption généralisée, la répression, la censure et la vente du pays aux amis du dictateur.

 

 

Wikileaks a fait des révélations en décembre au travers d’un câble de Robert F. Gode, ancien ambassadeur américain à Tunis : « La moitié du monde des affaires en Tunisie peut se prévaloir d’une connexion avec Ben Ali par le mariage, et bon nombre de ces relations auraient grandement tiré profit de cette parenté. »

 

Comme le rapport le mentionne, ces informations, les Tunisiens les connaissent depuis longtemps.

 

La quasi totalité des secteurs économiques est gangrenée par trois familles principales liées par alliance que l’on appelle le clan Ben Ali : Les Ben Ali, Les Mabrouk (riche famille bourgeoise tunisoise dont l’un des fils est aujourd’hui marié à la fille du dictateur) et les Trabelsi (régentée par Belhassen Trabelsi, le frère aîné de Leila, femme de Ben Ali).

 

Dans les banques, la famille Mabrouk contrôle La BIAT, Banque internationale arabe de Tunisie, la STAFIM PEUGEOT (automobile) et CHAMS FM (radio appartenant à la fille du président et épouse Mabrouk). Et elle partage les bénéfices avec les Français sur les licences Géant et Monoprix.

 

La famille Trabelsi possède la Banque de Tunisie, la licence FORD, la CTN (Compagnie Tunisienne de Navigation). Deux radios : RADIO MOSAIQUE FM et EXPRESS FM et une chaîne de télévision privée CARTHAGE TV (Belhassen Trabelsi et Sami Fehri), BRICORAMA, Carthage Cement, IE THON TUNISIEN

La famille Ben Ali possède les banques Zitouna et Mediobanca (Sakhr el Matri, gendres de Ben Ali) et la Société MAS de gestion des services de l’aéroport de Tunis. (Slim Zarrouk, gendre). Côté médias, elle possède la société CACTUS, boite de production qui s’est approprié 60 % des revenus de la chaine nationale, ainsi que deux radios : ZITOUNA FM et JAWHARA FM (Néji Mhiri, ami personnel du dictateur et administrateur de la Banque Centrale) et le Groupe Dar Assabah qui publie les journaux papiers Assabah et Le Temps (Sakhr Matri). La société nationale Ennakl de transports tunisiens et la Société Le Moteur qui possède les licences Mercedes et Fiat. La compagnie aérienne Karthago Airlines ainsi que la Frip. Ces sociétés ont toutes été rachetées ou offertes dans des conditions douteuses ou criminelles.

 

Le Clan s’attaque également à voler les terres du peuple et ses richesses culturelles. La plupart des opérations immobilières du pays sont aux mains du clan. Des dizaines d’hectares de terres agricoles sont distribuées à la famille. Sidi Bou Said et Carthage (très belles villes côtières, riches en histoire et découvertes archéologiques) ont subi une véritable razzia. Des terrains ont été déclassés et revendus au prix fort.

 

La plupart des opérations immobilières du pays sont aux mains de la famille. Ben Ali leur distribue des zones entières, jusque plusieurs dizaines d’hectares de terres agricoles. Les propriétés publiques sont réquisitionnées pour la famille selon leur bon vouloir.

 

Avec la complicité de la Banque centrale, elle transfert massivement des fonds vers l’étranger : L’ensemble des transferts d’argent de la famille est estimé dans la période 1987-2009 à environ 18 milliards de dollars, l’équivalent de la dette tunisienne (selon le site activiste nawaat.org)

 

Des scandales éclatent jusqu’au niveau international :

 

L’affaire du lycée Louis Pasteur :

Le lycée français Louis Pasteur dirigé depuis 40 ans par le couple Bouebdelli est réputé pour son enseignement de très haute qualité et un taux de réussite très élevé au baccalauréat. Toute la bourgeoisie y envoie ses enfants. Mais en 2007, Bouebdelli recale la fille de l’avocat de Leila Trabelsi. Il est convoqué peu après au ministère : on lui ordonne d’inscrire la lycéenne sous peine de voir fermer le lycée. Le respectable Mohamed Bouebdelli refuse de céder aux menaces. Leila Trabelsi ordonne la fermeture du lycée et se fait subventionner 1 800 000 dinars pour ouvrir son propre établissement à la rentrée suivante : le lycée international privé de Carthage.

Mohamed Bouebdelli entame une campagne pour sensibiliser l’opinion, écrit un livre qu’il diffuse gratuitement sur Internet, contacte l’ambassade de France. Rien n’y fait, la France reste sourde et il ne pourra empêcher la fermeture du lycée.

 

L’affaire du Yacht volé :

En 2006, Imed et Moaz Trabelsi, neveux de Ben Ali dérobent Le Yacht du riche homme d’affaire français Bruno Roger, proche de Sarkosy. Poussé par sa femme, Ben Ali doit intervenir pour éviter l’incident diplomatique.

Les méfaits des grandes familles sont principalement axés sur l’économie, mais les Trabelsi ont également amené des trafics mafieux au plus haut niveau de l’Etat. Selon l’enquête de Slim Bagga, Imed Trabelsi est au dessus des lois et en abuse. Il met en place un trafic de prostitution de mineures, qu’il considère comme une marchandise comme les autres avec la collaboration des plus haut niveaux de l’Etat. (slim Bagga ‘les mineures : chasse gardées des rejetons Ben Ali et Trabelsi).

Pour les Tunisiens, la création d’emplois supplémentaires pourrait-elle calmer leur colère ?


Médiamensonge n° 4 : « La France défend Ben Ali parce qu’il lutte contre l’islamisme »


La répression de Ben Ali à l’encontre des islamistes a été très violente, mais la principale raison principale du soutien français, ce sont des intérêts économiques considérables. Les relations privilégiées de la France avec Ben Ali lui permettent d’être le premier investisseur étranger en Tunisie en 2008 avec un record de 280 millions d’euros d’investissement . 1.250 entreprises françaises sont actives dans ce pays, avec un total de 106.000 emplois. Certains intérêts économiques français sont anciens. D'autres, prometteurs, sont en devenir.

 

Délocalisation de proximité

Les trois quarts des entreprises françaises présentes font de la délocalisation de proximité en exportant de l'industrie ou des services pour le marché européen. Dans les secteurs du textile – habillement - cuir (500 entreprises) et surtout les industries mécaniques, électriques et électroniques -premier poste d'exportation du pays - avec Valeo, Faurecia, Sagem ou EADS (via sa filiale Aerolia Tunisie). Les services ne sont pas en reste avec les centres d'appels et les sociétés de services informatiques. Bureaux d'études et d'ingénierie commencent à émerger, aux côtés de la centaine de cabinets de conseil déjà installés. Ajoutons les centres d’appels (Téléperformance) ou les SSI à vocation exportatrice.

A côté de ces secteurs dédiés à l'exportation, les grands noms du CAC40 présents en Tunisie s'intéressent directement au marché tunisien, voire algérien et libyen : Air Liquide, Danone, Renault, PSA, Sanofi Aventis, Total ou d'autres. Ces entreprises s'implantent souvent en partenariat avec des groupes locaux, quitte à n'avoir qu'une participation minoritaire, comme Carrefour et Géant Casino. Ces deux enseignes ont pris soin de s’assurer des partenaires au sein de familles maffieuses (Mabrouk et Trabelsi) qui restent majoritaires.

Les entreprises françaises recherchent des contrats dans l'énergie et les transports. La centrale à gaz qui doit voir le jour entre Tunis et Bizerte (400 millions d'euros) intéresse Alstom et General Electric France. Au Cap Bon, à la pointe nord-est du pays, le vaste projet ELMED visant à relier la Tunisie et la Sicile suscite l'intérêt de GDF Suez et EDF. De l'ordre de 2 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros), il pourrait être lancé en 2011 ou 2012. Les transports sont l'autre secteur prometteur pour les investisseurs. Le projet de réseau ferroviaire rapide (RFR) de Tunis, inspiré du RER parisien, doit démarrer cette année. Alstom et Colas Rail sont candidates sur la signalisation et l'équipement de la voie. Le matériel roulant intéresse Bombardier France. Le projet RFR doit surtout se poursuivre sur environ dix ans, soit à terme un potentiel de contrats de deux milliards d'euros.

Dans le tourisme, on retrouve : Fram, Accor, Club Med. Dans le secteur bancaire : BNP-Paribas, Société générale, Groupe Caisse d’épargne. Dans les assurances, Groupama détient 35% du capital de Sfar, premier assureur tunisien. Les enseignes Carrefour et Casino sont présentes avec des partenaires au sein de la famille mafieuse qui restent majoritaires (Mabrouk/Trabelsi). Dans les télécoms, Orange Tunisie a décroché en 2009 la troisième licence de téléphonie mobile et la deuxième de téléphonie fixe.

« Les entreprises qui sont amenées à se déplacer dans le pays suivent avec attention les émeutes tout en restant calmes, indique un observateur français, basé à Tunis. Certaines maisons mères prennent par ailleurs le pouls de la situation pour leurs filiales. »

Mais il n’y a pas que la France. L'Union européenne accorde elle aussi sa confiance à Tunis et flatter le régime. Selon un communiqué d'avril 2009 de la Commission européenne, « la Tunisie a été le premier pays de la région euro méditerranéenne à signer un accord d'association avec l'Union européenne, qui a pour but d'etablir un partenariat politique, economique et social entre les deux parties. ». La Banque européenne d'investissement est intervenue dès 1978. A ce jour, un montant total de 2,75 milliards d'euros ont déjà été investis, ce qui fait de la BEI le premier bailleur de fonds de la Tunisie.

La grande gagnante du régime de Ben Ali, c’est l’Europe. Il est le seul dirigeant arabe à promouvoir le Traité de la Méditerranée, zone de libre échange qui laisserait le Maghreb a la merci des capitaux occidentaux. Et sur cette dangereuse voie, Bruxelles se frotte les mains : « Depuis le 1er janvier 2008, tous les tarifs pour les produits industriels ont été abolis, deux années en avance sur l’échéance initiale. »

La Banque mondiale (basée à Washington) est sur la même longueur d'ondes. Son rapport Doing Business 2009, mesurant l’efficacité des réformes menées en vue d'assainir l'environnement des affaires, gratifie la Tunisie d'un généreux sept sur dix et la positionne a la 73ème place sur 188 pays passés au crible (loin devant le Maroc et l'Algérie). A la mi-mai 2009, la Banque mondiale a d’ailleurs mis la main à la poche en accordant un prêt de 250 millions de dollars à la Tunisie pour développer sa compétitivité

Ceci explique-t-il pourquoi la ministre française des Affaires étrangères, Michel Alliot-Marie, a déclaré, au moment où le peuple tunisien se fait massacrer : ( Le gouvernement français) « ne doit pas s'ériger en donneurs de leçons face à une situation complexe » et propose son savoir-faire français à la police tunisienne dans la gestion des questions sécuritaires ». Les jeunes des banlieues et les manifestants du mouvement des retraites apprécieront.

Il est vrai qu’elle connaît bien le pays puisque, comme ses collègues Hortefeux, Besson et Mitterrand, elle y passe de belles vacances, chaque été, dans les luxueuses installations touristiques avec sa famille, comme l’a révélé
le Canard Enchaîné. Cette année, ce fut le Phenicia à Hammamet. L’histoire ne dit pas qui a payé la note.

Son collègue de l'Agriculture, Bruno Le Maire, avait été le premier membre du gouvernement à s'exprimer : « Je n'ai pas à qualifier le régime tunisien. Le président Ben Ali est quelqu'un qui est souvent mal jugé, [mais] il a fait beaucoup de choses. » Quant à Frédéric Mitterrand, après l’avoir longtemps encensé, il a encore osé déclarer récemment que traiter le régime Ben Ali de dictature était « exagéré »  !


 

Une nouvelle forme de révolte

Le seul moyen pour le régime Ben Ali de conserver le pouvoir a été d’organiser une surveillance et une censure d’Etat institutionnalisée avec la complicité de la Justice. Toute voix dissidente est sévèrement réprimée. En 2008, dans la région de Gafsa (mines de phosphates) commencent déjà des soulèvements. Le 6 juillet 2010, une cour d'appel tunisienne confirme la peine de quatre ans de prison ferme prononcée contre le journaliste Fahem Boukaddous pour avoir filmé les manifestations. Il est encore en prison actuellement.

Mais grâce à Internet et aux nouvelles technologies les Tunisiens trouvent quand même des sources d’information. Alors, le gouvernement s’empresse de verrouiller tous les sites dissidents et arrête des blogueurs. Youtube et Dailymotion sont inaccessibles, des pages Facebook sont bloquées. Cependant, cette répression a fait naître en Tunisie une génération de hackers qui permettent de contourner les blocages ou même débloquent des sites verrouillés par l’Etat !

Les réseaux sociaux se développent remarquablement : en 2000, le premier cyber groupe d’activistes tunisiens Takriz [1] dépasse le cap d’un million de visiteurs uniques, chiffre qui ne fera que s'accroître avec les crimes de plus en plus scandaleux des Ben Ali. Ce site compte aujourd’hui un million de visiteur par jour ! Ces jeunes hackers jouent en ce moment un rôle déterminant dans la lutte, quand les Tunisiens ne sont pas sur le terrain, c’est ici qu’ils se réunissent et échangent les dernières nouvelles qui tombent toutes les minutes.

Lundi après-midi, des hackers attaquent les sites web gouvernementaux. L’accès à la bourse des valeurs et le site du ministère des Affaires étrangères sont bloqués. L’attaque est revendiquée par un groupe de hacker dissidents : « Anonymous » Leur site propose de surfer anonymement sur Internet, offrant l’accès aux sites bloqués par le gouvernement.

En ce moment, les Tunisiens peuvent suivre en direct, minute par minute, les événements sur Takriz, comme nous tous. Ces événements nous montrent comme les nouvelles technologies peuvent représenter un espoir pour la lutte, pour la vérité, et pour la Libération.

Il est difficile de présager de la suite des événements puisqu’aucun candidat, aucune alternative autre que la volonté de se battre pour la liberté et la justice n’a porté ce mouvement. Compte tenu du passé des Tunisiens bien conscients de la censure, de la manipulation médiatique et des enjeux internationaux, on peut rêver voir un gouvernement progressiste émerger qui aurait une influence considérable sur le monde arabe.

Soutenir le peuple tunisien

Dans de nombreuses grandes villes d’Europe et d’ailleurs sont organisées des manifestations pour soutenir la Tunisie et son peuple. Mercredi dernier, Marseille a rassemblé près de mille manifestants. Bruxelles manifestera ce samedi 15 janvier à 14h à la Bourse de Bruxelles pour faire de même et imposer à nos gouvernements de reconnaître le régime despotique de Ben Ali comme criminel. Pour imposer qu’ils cessent d’être complices de ce tyran et de sa famille malhonnête.

Sur ces mots d’ordre : Solidarité avec le mouvement social en Tunisie et en Algérie ! Halte à la répression ! Pour le droit au Travail, à la Dignité, à la Liberté et à la Démocratie. Vive la Solidarité Internationale - Vive la Solidarité Maghrébine


Source : michelcollon.info

 

Ramy Brahem

14 janvier 2011 - http://www.michelcollon.info/La-Tunisie-a-decide-d-en-finir.html

 

 

Israël exporte son savoir-faire meurtrier vers les pays africains - Marc Brenner
Répression des populations: mode d'emploi

 

Mondialisation et résistances sociales au Maghreb - Mohamed Tahar Bensaada
Les raisons de la colère en Tunisie et Algérie

Émeutes en Tunisie et en Algérie- Alex Lantier
"Ceux qui voient ces troubles comme une difficulté locale d'Afrique du Nord devraient y réfléchir à deux fois."

Tunisie, Algérie : la révolution ne passera pas à la télévision - Global Voices
Les témoignages contournent la censure sur Internet

Algérie : Bien plus que des émeutes de la faim - Fayçal Anseur
Du pain et des jeux, ce la ne suffit plus !

 

 

Tunisie, dictature mafieuse

De Tunis à Vichy: « Ben Ali Assassin, Sarkozy Complice »

 

 

inv
Ben Ali est parti. Tant mieux pour la Tunisie. Mais Sarkozy, Alliot-Marie, Strauss-Kahn sont toujours là. Tant pis pour la France et les Français....

 

Les Arabes dehors, Tel Aviv revendique toutes les ressources

 

 Tunisie : les dessous d’une impasse politique et économique

 

 

 

Lire aussi :

 

Lettre ouverte aux citoyens arabes et aux Musulmans, par eva R-sistons

 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 13:48
Géopolitique et stratégie
Carte du Soudan - Wikipedia.org

La partition du Soudan, nouvel épisode du serial américain

Nada Raad
Lundi 10 Janvier 2011


La partition du Soudan, nouvel épisode du serial américain
Qui profite de la partition du Soudan ? Malgré les dernières initiatives de réconciliation entre le Nord et le Sud de ce plus vaste pays d'Afrique (10ème rang mondial), comme l’initiative égypto-libyenne, l’initiative nigérienne, ou celle du Cheikh Zayed et d’autres efforts visant à faire régner la paix au Soudan, d’aucuns ont insisté à les rejeter en bloc et à ouvrir les portes du pays devant les Etats-Unis!
  
Et comme les Etats-Unis sont connus pour leur souci de préserver l’unité des pays du monde, ils n’ont pas raté l’opportunité de mettre la main encore plus sur cet important pays pétrolier dont la production en or noir est estimée à 500.000 barils par jour.
  
Sur un autre plan, la Cour Pénale Internationale et derrière elle Washington et les grands pays européens qui prêchaient jour et nuit pour juger le président soudanais Omar el Béchir pour génocide et crimes de guerre, ont changé de cap, et soudainement, les grandes puissances ne sont plus intéressées de traduire en justice « le responsable de la mort des millions de personnes au cours de la guerre civile qui a ravagé le pays », comme le prétendaient-elles.
 
En échange de l’acceptation (ou la résignation) d’el Béchir de la partition du Soudan, révèlent des rapports américains, la communauté internationale renoncera à sa poursuite judiciaire, et plus encore, elle diminuera, et peut-être annulera, les dettes de ce pays !
 
Voilà comment le jeu politique international se joue contre les pays du tiers monde : Pétrole contre nourriture comme ce fut le cas en Irak, Terre contre Paix comme en Palestine occupée, et aujourd’hui nous assistons à la nouvelle équation au Soudan : Partition contre Présidence ou Partition contre acquittement de dettes !
  
 Sur le terrain, les Soudanais du Sud voient dans la partition de leur pays l’avènement de la liberté. « Nous avons combattu pendant trop d'années, mais aujourd'hui ce vote pour la séparation est aussi un vote pour la paix. Le soleil se lèvera bientôt sur un Sud-Soudan libre", lance l’un des électeurs, à l’instar de milliers d’autres qui ont attendu toute la nuit devant les bureaux de votes pour participer au référendum.
  
Dans le sud Soudan, la majorité de ces afro-chrétiens sont analphabètes. Pour pouvoir voter, les organisateurs ont associé au bulletin de vote un signe à chaque option: une poignée de main pour l'unité et une main ouverte pour la sécession.
 
C’est ainsi qu’un peuple ruiné par la misère et leurré par les slogans de la liberté choisit la sécession de son pays, aspirant à la fin d’une vie infernale. Toutefois, personne ne peut prévoir les conséquences d’une telle décision.
  
Personne, sauf les Américains bien entendu, plus enthousiastes que les Soudanais à voir le pays du pétrole déchiqueté en morceaux. Déjà, le Président américain suit de près les événements, malgré les longues distances qui séparent les deux pays. "Maintenant, le monde observe, rassemblé dans sa détermination à s'assurer que toutes les parties au Soudan souscrivent à leurs obligations. Alors que le référendum se tient, les électeurs doivent avoir accès aux bureaux de vote et pouvoir voter sans intimidation", a déclaré Obama dans une tribune publiée dans le New York Times.
 
"Toutes les parties doivent s'abstenir de rhétorique enflammée ou d'actions de provocation qui pourraient aviver les tensions ou empêcher les électeurs d'exprimer leur choix", a-t-il ajouté.
  
Présent à Juba pour s’assurer bien entendu que le référendum se tient dans une atmosphère démocratique, qualité héréditaire chez les descendants de l’oncle Sam, le sénateur américain John Kerry a salué « le début d’un nouveau chapitre dans l'Histoire du Soudan, un chapitre très important ». « Je suis plein d'espoir. C'était formidable de voir Salva Kiir voter aujourd'hui. C'est la culmination de négociations difficiles et de plusieurs obstacles qui ont dû être levés", a-t-il dit à la presse.
 
"Si le Sud devient indépendant, il y aura beaucoup de travail à faire parce que ce sera la naissance d'un nouveau pays. Le Nord et le Sud peuvent compter sur notre soutien", a lancé de son côté l'émissaire américain Scott Gration.
 
Certes les Soudanais peuvent compter sur votre soutien, M. Gration. Déjà votre soutien a porté ses fruits. Dorénavant, il y aura « deux Soudan », et peut-être on accordera le mot Soudan au pluriel aussi ! Mais ce n’est que le début, d’autres pays du Moyen-Orient attendent également leur tour. Là où les Américains fourrent le nez, le virus de la sécession y sera transmis. 


Lundi 10 Janvier 2011


http://www.almanar.com.lb http://www.almanar.com.lb

 

http://www.alterinfo.net/La-partition-du-Soudan-nouvel-episode-du-serial-americain_a53620.html

 

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Diviser pour régner ! Comme d'habitude (Belgique, Yougoslavie, Irak etc)

 

On laissera le Nord sans pétrole aux Musulmans, et on gardera le Sud riche en ressources avec des marionnettes judéo-chrétiennes pour piller en toute quiétude le pays. C'est aussi simple que ça !

 

Eva R-sistons

 

 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 00:15

Je publie cet article écrit voici plus d'un an, parce qu'il est révélateur de la désinformation - en l'occurrence, ici, sur Madagascar. Eva

 

 

 

 


Sommaire :
Luttes d'influences à Madagascar.
Ce qu'on vous cache.
Editorial d'Eva

 


 

Madagascar : Ce que les Médias ne disent pas.
Evangélistes néoconservateurs
et pétrole à Madagascar.
Luttes d'influences :
Néocons américains
et colonialistes français.

Editorial d'Eva, caustique

 

Mes amis,

Les médias s'acharnent à nous désinformer. Silence Guadeloupe, d'abord, pour éviter que la crise ne donne des idées aux Français mécontents. Et puis, il a bien fallu parler. Sous la pression des événements. Et ils risquent, en effet, d'être contagieux. Car ils ont été menés de main de maître par les opposants au statut-quo scandaleux.

Puis ce fut Madagascar. Avec à sa tête Marc Ravalomanana, un Président issu de la mouvance évangéliste. Lorsqu'il a été élu, connaissant particulièrement bien le milieu évangélique, je me suis interrogée. Un Président de cette mouvance ? Et d'ailleurs, laquelle, exactement ? Evangélique, avec des chrétiens dits "nés de nouveau" à une vie nouvelle par la Puissance de l'Esprit Saint, en accord avec les préceptes divins ? Ou évangéliste, avec les intégristes de ce mouvement, fanatiques de l'Amérique de Bush, ultra-sionistes, nostalgiques de l'apartheid sud-africain et de la suprématie blanche, et supporters de la Théologie de la Prospérité, selon laquelle Dieu bénirait ses ouailles fidèles en les rendant très riches ? Tiens donc ! Moi, j'ai appris dans le Nouveau Testament qu'il fallait choisir entre Dieu et Mâmon, qu'il ne fallait pas adorer le Veau d'or, qu'il fallait opter pour le non-attachement aux biens matériels et même que les pauvres étaient les préférés de Dieu, et qu'ils hériteraient du Royaume de Dieu. Mais passons.

Marc Ravalomanana, chef d'entreprise particulièrement prospère, potentat local, est un adepte de la Théologie de la Réussite, qui stipule, à tort donc, qu'une
 personne vivant dans l'opulence est agrée par Dieu, bénie par Lui. Les pauvres n'ont que ce qu'ils méritent, les riches sont gratifiés par Dieu pour leur comportement. C'est ainsi, point, et tant pis pour la cohérence avec l'Evangile.

Et lorsque j'ai vu arriver au pouvoir ce Président béni par la vie sinon par Dieu lui-même, outrageusement et médiatiquement évangélique, comblé d'honneurs et d'argent, je me suis demandée quel chef d'Etat il ferait. Sans doute bien loin des préoccupations de son peuple peu gâté par la vie, lui, souffrant du chômage, de la pauvreté, et même de la misère. Toujours est-il que la campagne a été brillamment menée, à l'américaine. Dieu reconnaîtra les siens !

Patatra ! Voilà le héros à terre, terrassé par un vulgaire disc-jockey, ayant réussi, lui aussi, mais moins évangélique que le fameux Marc.

Or, Ravalomanana, par ses engagements religieux, sincères ou pas, par sa réussite professionnelle hors du commun sur l'île, devait être pour moi plus un ultra-libéral proche des néoconservateurs américains qu'une brebis sainte. Tiens donc ! Je ne m'étais pas trompée. Le lascar en question avait le regard plus tourné vers Washington que vers ses électeurs - une fois élu, s'entend. L'écrivain-politologue Frédéric Delorca parle à son sujet, sur son blog Atlas Alternatif, de "néo-libéral pro-américain". Oui, ultra-libéral néoconservateur. A Madagascar ! 

De son côté, avec Sarkozy ou pas, la France veille à son pré-carré... Colonialisme, encore et toujours !

Et voilà que l'on découvre du pétrole sur la belle île peuplée par des pauvres et dirigée par un milliardaire choyé par le Destin.

Pétrole ? Comme au Darfour, au Soudan, en Irak, en Iran... Curieux, ce silence des médias quand un pays regorge d'or noir ! La presse préfère pointer le doigt sur les engagements humanitaires, au demeurant fort médiatisés et accomplis à la vitesse des météores, d'un Kouchner, et sur les jacassements d'un BHL à l'affût des projecteurs, encore et toujours.

En attendant, Madagascar intéresse désormais l'Elite, avec ses pauvres, et surtout son sous-sol. Gaza aussi intéresse Israël, depuis qu'on y a découvert le précieux gaz offshore. Et voici les appétits allumés, les peuples floués, les crises multipliées, les guerres déclarées. Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ? Qu'à cela ne tienne, on supprime le peuple, à petits feux ou à feux nucléaires, et on pique le gaz. Vous avez dit armée la plus morale du monde ?

Quant à Madascar, la voici condamnée à voir accourir les financiers de la City, les évangélistes yankees, les stratèges israéliens de la division, et tant pis pour les autochtones. Après s'être enthousiasmée pour un croyant modèle ayant fait fortune, la voici s'enflammant pour un disc-jockey aux bonnes fortunes avérées (dans le secteur de la Publicité).


Qu'en est-il exactement ? Les Français ont choisi leur camp, mais chut ! Cela ne s'ébruite pas. Quant aux autres, par l'odeur du pétrole alléchés, les voici accourir sur la belle île pour y faire fortune. On fustige toujours les Islamistes, mais les Evangélistes chrétiens et les néo-Sionistes, c'est pas mal aussi ! Et gageons que si Madagascar regorge en effet de précieuses ressources, l'or noir par exemple, le tourisme militaro-financier explosera, et tant pis pour la population. Encore et toujours !

Que dirait le Petit Prince de St Exupéry s'il visitait notre planète concotée par les fieffés démocrates et "pieux" occidentaux ?

A Madagascar, en tous cas, l'or noir va couler, et le sang aussi, un jour ou l'autre. Quant à la pauvreté, que croyez-vous qu'elle va devenir ? Gageons que les peuples soumis aux auto-proclamés champions de la Liberté et aux supporters de la Théologie de la Prospérité, ne verront pas la couleur de l'or, et qu'ils seront, encore et toujours, les dindons de la sinistre farce planétaire revue et corrigée par les fervents chrétiens américains, les si moraux néo-sionistes, et ne l'oublions pas, les charitables dirigeants des compagnies pétrolières. Avec en prime les Français.

La Totale !

Eva

TAGS : Total, Madagascar, Marc Ravalomanana, France, pétrole, Evangélistes, Evangéliques, Islamistes, Néo-sionistes, la City, Wall-Street, Théologie de la Prospérité, Darfour, Soudan, Irak, Iran, Gaza, gaz, Bush, Médias, BHL, Guadeloupe, Kouchner, chrétiens... 



Marc Ravalomanana :
Qui est cet homme d'affaires ?


Quels intérêts politiques et économiques sous-tendent ce changement de régime ? Pourquoi les médias ne parlent-ils pas du pétrole découvert à Madagascar ? Peu avant la crise, le gouvernement créait la société nationale du pétrole dont l’Etat serait le seul actionnaire. Cela a-t-il eu un impact sur cette crise ? Et enfin, une réponse efficace sera-t-elle apportée aux besoins de la population malgache, principale victime du conflit ? 

Sur
http://michelcollon.info
 


Les néo-libéraux pro-américains
renversés à Madagascar

Comme en Mauritanie, l'armée à Madagascar s'est posée en arbitre des conflits au sein de la classe politique. Après deux mois de mobilisation populaire contre le président Marc Ravalomanana, l'armée malgache a appuyé l'arrivée au pouvoir du maire d'Antananarivo Andry Rajoelina. L'Union européenne, les Etats-Unis et la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC), ont condamné ce coup d'Etat.

 Le quotidien Ouest-France du 20 mars 2009 cite
Denis Alexandre et Yvan Combeaux, du Centre de recherches sur les sociétés de l'océan Indien selon lesquels la France (ainsi que l'ex-président pro-soviétique devenu pro-français Didier Ratsiraka) serait derrière ce coup d'Etat contre Ravalomanana qui nourrissait de la francophobie et une sympathie pour ce qui est américain (Ravalomanana, patron du plus puissant groupe agro-alimentaire du pays, Tiko, était soutenu par les évangélistes étatsuniens). Andry Rajoelina quant à lui s'était réfugié à l'ambassade de France le10 mars dernier après avoir été déchu par le gouvernement. L'extrême gauche française comme le site Futur Rouge  (NB : maoïste) crie au retour de "l'impérialisme français".

La nouvelle intervient alors que la France prise dans la crise économiqie 
remobilise la zone franc. Il y a un mois, le 23 février à­ l’in­itia­tive d­e Chr­is­tin­e La­g­a­r­d­e, m­in­is­tr­e fr­a­n­ça­is­ d­e l’Econ­om­ie, d­e l’in­d­us­tr­ie et d­e l’em­ploi, les­ autorités­ fin­a­n­cièr­es­ et écon­om­iques­ d­e la­ Z­on­e fr­a­n­c s­e s­on­t r­etr­ouvées­ à Pa­r­is­.

Sur divers sites de gauche
Bernard Grangeon pour sa part dresse le bilan de la présidence de Marc Ravalomanana et de l'état du paysage politique malgache en ces termes :

"L’union des Merina pour le changement social, mettre fin à la corruption, construire des infrastructures, projeter le pays dans le développement économique, fut rapidement trompée et niée par la réalité de la "bonne gouvernance" : libéralisme sauvage, montée des liens avec le capitalisme américain, les chrétiens démocrates allemands, les dirigeants de la Chine populaire et de la Corée du Sud (en janvier, le PC chinois a passé un accord avec Ravolomana pour l’imprimerie des cartes d’adhérents de son parti présidentiel ! ), adhésion et prosélytisme publics du président en faveur d’une église évangéligique américaine, le tout au détriment à la fois des positions traditionnelles de la majorité de la bourgeoisie Mérina et des anciens liens néocoloniaux avec la France. Finalement ce président PDG, menaçant les libertés individuelles, dévaluant la monnaie, promouvant sa propre entreprise, a poussé la population à l’exaspération complète. La vente massive de la terre des ancêtres au trust Daewoo a symbolisé cette politique et cristallisé les mécontentements.

C’est ce qui a conduit aux dernières municipales à la victoire contre toute attente du jeune Andry Rajoelina contre le candidat présidentiel. Cette nouvelle donne en cache une autre, beaucoup plus profonde et de nature nouvelle : la division de la bourgeoisie Mérina, la couche dominante traditionnelle de Madagascar.

Aujourd’hui les partis politiques malgaches, tant ceux de la bourgeoisie qui n’a jamais vraiment eu d’expression politique directe, que ceux issus de l’histoire de la gauche, sont en lambeaux, seule la petite AKFM est restée fidèle à ses valeurs, mais est peu connue de la jeunesse. Le grand mouvement actuel vit des traditions de lutte du peuple malgache, mais n’a pas de parti, pas d’organisation, pas de représentation politique. C’est très largement une vague spontanée, dirigée contre ceux qui sont perçus comme les voleurs au pouvoir."

Il semble donc que l'armée ait suppléé à la fois la vacance du pouvoir (selon Grangeon, les ministères sont vides depuis plusieurs semaines) et l'incapacité du peuple à donner une traduction concrète à son aspiration, qui est, comme au moment de la révolution malgache de 1973 : "pour une indépendance nationale totale et réelle".

http://atlasalternatif.over-blog.com/article-29258422.html

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 09:10

 

arte

 

http://laregledujeu.org/2010/10/07/3020/arte-cest-leurope/

 

 

Le 19 h d'Arte, 24 décembre 2010,

par eva R-sistons

 

 

Joli cadeau de Noël d'Arte !

 

Il nous a offert, ce soir-là, un concentré de toutes ses préoccupations habituelles. En bon média au service de l'Occident militaro-financier ! Et tant pis pour la désinformation, propagande oblige...  

 

Or donc, au menu de ce 24 décembre:

 

Côte d'Ivoire, le vilain Gbagbo contre le gentil élu. Elu par qui ? Par les autochtones ? Pas du tout ! Résultats truqués, au Nord, le territoire du chéri de l'Occident;  mais ceux-là, on ne les a pas comptabilisés, bien sûr ! Il faut que l'ancien commis du FMI l'emporte, pour que l'Occident, à travers lui, puisse piller à sa guise la Côte d'Ivoire. Et en avant la campagne des Médias aux ordres de l'Empire anglo-saxon et israélien contre Gbagbo le socialiste ami des Chinois et qui goûte peu la politique si française en Afrique !

 

Ensuite, Corée. Gentille Corée du Sud, contre vilaine Corée du Nord, non alignée sur l'Occident. Refrains habituels...

 

Puis Arte nous sert un reportage sur les chrétiens persécutés par les Irakiens, ces vilains Musulmans. En oubliant de dire que les chrétiens, avant l'occupation américaine qui a divisé le pays et l'a ruiné, étaient bien traités par S. Hussein, comme ils le sont d'ailleurs en Iran ou en Palestine occupée.  D'ailleurs, les Chrétiens d'Orient ont toujours défendu  les Arabes, les Musulmans, les Palestiniens, auprès de qui ils vivaient en bonne intelligence avant que l'Occident ne s'en mêle.

 

Etonnant !  Ce 24 décembre, Arte a omis de critiquer l'Iran et la Chine. Ou le Vénézuela et Cuba. Il faut bien varier les désinformations !

 

Alors, elle est pas belle, la télévision franco-allemande ?

 

eva R-sistons aux médias menteurs

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 08:58
Pascual SERRANO

Etablir ou insinuer un rapport direct entre deux faits peut-être une forme de manipulation informative. On critiqua récemment que les périodiques ABC et El Mundo mettent en relation une mort par pathologie cardiaque à l’aéroport de Madrid avec la grève des contrôleurs. « Mon père est mort tombé dans des toilettes de Barajas à cause de la grève des contrôleurs », titre ABC. De son côté, El Mundo a mis la nouvelle en première page, avec pour titre : « A cause de ces crapules mon père est mort sans sa famille » avec sur trois colonnes les photos de la fille et du père.

Une fois lu l’article nous apprenons que la fille du défunt reconnaît que les contrôleurs « n’assassinèrent pas mon père, mais s’ils n’avaient pas fait ce qu’ils ont fait et si le destin de mon père était celui-là, ce serait survenu à la maison, entouré des siens ». Elle ajoute que « nous ne savons pas si la pagaille qui se produisit dans l’aéroport a pu affecter sa santé ». Néanmoins, les gros titres, moyennant l’association de deux faits, pointent les contrôleurs comme responsables de la mort. Bien sûr, qui sait si quelqu’un n’est pas mort éloigné de sa famille du fait de la suspension des vols de l’entreprise Air Comet, propriété de l’entreprise espagnole Diaz Ferran (Diaz Ferran, président du CEOE, le Medef espagnol, a été mis en faillite personnelle).

Bien que ce cas de manipulation ait été très divulgué, le 16 décembre est advenu un autre similaire qui est passé presque inaperçu. Il s’agissait de la manière dont El Pais présente un des câbles de Wikileaks. Le quotidien espagnol titrait : « Chavez a facilité la fuite de plusieurs ettaras (membres de l’ETA, Ndt) au Venezuela, selon l’ex-directeur du CNI (Services Secrets espagnol, Ndt) ». Le fait concret était simplement que l’ex-directeur du CNI, Jorge Dezcallar, a attendu trois heures dans l’antichambre du président vénézuélien avant d’être reçu. Le quotidien espagnol se sert de ce fait pour commencer son article ainsi :

“Hugo Chavez fit attendre durant des heures dans l’antichambre de son bureau présidentiel de Caracas l’ex-directeur du Centro National de Inteligencia (CNI), Jorge Dezcallar, pour gagner du temps et faciliter la fuite de plusieurs membres de l’ETA réfugiés dans ce pays, auteurs de 36 assassinats et réclamés par la justice espagnole, assure un câble confidentiel du Département d’Etat des USA”.

La relation entre l’attente et la fuite de trois ettaras sur les six que recherchait le CNI est une conclusion absolument arbitraire. Le quotidien le dit (et le titre) parce que, à son tour, le Département d’Etat dit ce que lui a dit le haut responsable du CNI. On ne comprend pas alors pourquoi, en revanche, les trois autres membres de l’ETA étaient eux détenus. Le câble lui-même signale que l’agent du CNI reconnaît que « quand il put finalement faire sa demande, Chavez l’accepta de bon gré ».

Il est complètement absurde de rendre responsable un chef d’Etat de la fuite de gens réclamés par la justice que le mandataire lui-même accepte de livrer, seulement parce qu’on a attendu plusieurs heures pour être reçu. Supposons que si à la sortie de la réunion un autobus ait écrasé Dezcallar le titre aurait été que Chavez le fit attendre pour coïncider dans le temps avec la trajectoire de l’autobus.

Pascual Serrano

Pascual Serrano est journaliste. Il vient de publier le livre “Traficantes de informacion. La historia oculta de los grupos de comunicacion españoles”, Ed. Foca, novembre 2010.

Source : www.rebelion.org/noticia.php?id=118862

Traduction de l’espagnol par GJ


URL de cet article 12275 Legrandsoir.info

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 16:19

 

Face à l’interconnexion des crises à l’échelle mondiale, quelles alternatives ? Sommes-nous informés correctement sur la crise ou les médias mainstream ne font qu'un travail cosmétique et ne donnent de nouveau la parole qu'aux responsables de la crise ? En 2008, Eric Toussaint, politologue et président du CADTM Belgique proposait une lecture toujours d'actualité et sans compromis d'une crise aussi prévisible qu'inacceptable. (Michelcollon.info)

 

Face à l’interconnexion des crises à l’échelle mondiale, quelles alternatives ?

Sommes-nous informés correctement sur la crise, ou les médias mainstream ne font-ils qu'un travail cosmétique et ne donnent-ils la parole qu'aux responsables de la crise?

http://www.dailymotion.com/video/x7634m_crise-financiere-ce-que-le-public-d_news#from=embed
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Quelques fondements juridiques

de l’annulation de la dette

Eric Toussaint
Vendredi 10 Décembre 2010

Quelques fondements juridiques de l’annulation de la dette
Plusieurs fondements juridiques justifient l’annulation (ou répudiation) de la dette. Sont résumées dans cet article, les notions de “dette odieuse”, “force majeure” et “état de nécessité ”. D’autres arguments juridiques peuvent être également invoqués mais ils ne seront pas abordés ici. 
1. La "Dette odieuse" |1|
Les dettes des Etats contractées contre les intérêts des populations locales sont juridiquement frappées de nullité.
Selon Alexander Sack, théoricien de cette doctrine, qui s’est depuis enrichie, “ Si un pouvoir despotique contracte une dette non pas selon les besoins et les intérêts de l’Etat, mais pour fortifier son régime despotique, pour réprimer la population qui le combat, cette dette est odieuse pour la population de l’Etat entier (…) Cette dette n’est pas obligatoire pour la nation : c’est une dette de régime, dette personnelle du pouvoir qui l’a contractée ; par conséquent, elle tombe avec la chute de ce pouvoir ” (Sack, 1927).
Ainsi, les dettes contractées à l’encontre des intérêts de la population du territoire endetté sont “odieuses” et, en cas de changement de régime, les nouvelles autorités ne sont pas tenues de les rembourser.
La doctrine de la dette odieuse trouve son origine au 19ème siècle |2|. Une de ses applications remonte à l’année 1898, lorsque les Etats-Unis prirent le contrôle de Cuba après la guerre contre l’Espagne |3| et que celle-ci leur demanda d’assumer la dette cubaine à l’égard de la couronne espagnole. La Commission de négociation des Etats-Unis refusa cette dette, la qualifiant de “poids imposé au peuple cubain sans son accord”.
Selon ses arguments, “la dette fut créée par le gouvernement de l’Espagne pour ses propres intérêts et par ses propres agents. Cuba n’a pas eu voix au chapitre”. La Commission ajouta que “les créanciers ont accepté le risque de leurs investissements”. Le litige fut éteint par la conclusion d’un traité international entre les Etats-Unis et l’Espagne signé à Paris en 1898. La dette fut entièrement annulée.
Plus tard, en 1923, une Cour d’arbitrage internationale, présidée par le juge Taft, président de la Cour suprême des Etats-Unis, déclara que les prêts concédés par une banque britannique (établie au Canada) au président Tinoco du Costa Rica étaient nuls parce qu’ils n’avaient pas servi les intérêts du pays mais bien l’intérêt personnel d’un gouvernement non démocratique. Le juge Taft déclara à cette occasion que “le cas de la Banque royale ne dépend pas simplement de la forme de la transaction, mais de la bonne foi de la banque lors du prêt pour l’usage réel du gouvernement costaricain sous le régime de Tinoco. La Banque doit prouver que l’argent fut prêté au gouvernement pour des usages légitimes. Elle ne l’a pas fait.” (Juge Taft, cité dans Adams, 1991, p. 168).
Les régimes légaux qui succédèrent aux dictatures d’Amérique latine dans les années 1980 (Argentine, Uruguay, Brésil, etc.) auraient pu s’appuyer sur le droit international pour obtenir l’annulation des dettes odieuses contractées par les régimes militaires. Ils n’en ont rien fait. Le gouvernement des Etats-Unis y a veillé méticuleusement. Et pour cause : les dictatures avaient été soutenues activement (quand elles n’avaient pas été mises en place) par les Etats-Unis et les principaux créanciers n’étaient autres que les banques des Etats-Unis. Sous d’autres cieux aussi, d’autres pays auraient parfaitement pu exiger l’annulation de dettes odieuses. Pour ne citer que quelques autres exemples flagrants : les Philippines après le renversement du dictateur Ferdinand Marcos en 1986, le Rwanda en 1994 après le génocide perpétré par le régime dictatorial |4|, la République sud-africaine au sortir de l’apartheid, la République démocratique du Congo en 1997 après le renversement de Mobutu, l’Indonésie en 1998 après le départ de Suharto, etc.
« La responsabilité morale des créanciers est particulièrement nette dans le cas des prêts de la guerre froide. Quand le FMI et la Banque mondiale prêtaient de l’argent à Mobutu, le célèbre président du Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo), ils savaient (ou auraient dû savoir) que ces sommes, pour l’essentiel, ne serviraient pas à aider les pauvres de ce pays mais à enrichir Mobutu. On payait ce dirigeant corrompu pour qu’il maintienne son pays fermement aligné sur l’Occident. Beaucoup estiment injuste que les contribuables des pays qui se trouvaient dans cette situation soient tenus de rembourser les prêts consentis à des gouvernants corrompus qui ne les représentaient pas.  »
Joseph Stiglitz, La grande désillusion
Au lieu de fonder un refus de reconnaissance de dette sur le droit national et international, les nouveaux gouvernants préférèrent négocier des rééchelonnements et des allégements cosmétiques avec les créanciers. Ils entrèrent ainsi dans le cycle interminable de l’endettement extérieur dont les peuples font toujours les frais.
La doctrine de la “dette odieuse” a été évoquée régulièrement par différents mouvements citoyens favorables à l’annulation des dettes mais les régimes post-dictature et, bien sûr, les créanciers ont fait la sourde oreille. Le débat a été relancé par le gouvernement des Etats-Unis en avril 2003. Dans des circonstances qui ne sont pas sans rappeler le précédent de la guerre entre l’Espagne et les Etats-Unis en 1898, les Etats-Unis ont demandé à la Russie, la France et l’Allemagne d’annuler les dettes odieuses dont l’Irak était redevable. Reprenant textuellement la définition de la dette odieuse formulée plus haut, ils ont affirmé que les dettes contractées par le dictateur Saddam Hussein étaient frappées de nullité. La situation s’est réglée au sein du Club de Paris qui a annulé 80 % de la dette, sans finalement faire référence à la notion de dette odieuse, pour éviter que d’autres pays réclament l’annulation de leurs dettes en invoquant le même motif.
Pour avancer dans la perspective de l’identification de la dette odieuse, le recours à une enquête citoyenne (audit) sur la légitimité des dettes dont les créanciers exigent le remboursement, constitue un outil fondamental. Les parlements et les gouvernements des pays endettés pourraient réaliser un audit de la dette. Certains pays sont dotés de dispositions constitutionnelles qui le prévoient explicitement (Brésil – Constitution de 1988). De puissantes mobilisations citoyennes ont revendiqué dans différents pays la mise en route d’une procédure d’audit. Ce fut le cas au Brésil en septembre 2000 quand la Campagne Jubilé Sud, la Conférence nationale des Evêques, le Mouvement des Sans Terre (MST), la Centrale unitaire des Travailleurs (CUT) organisèrent un référendum sur la dette. Six millions de citoyens et citoyennes y participèrent, dont plus de 95 % appuyèrent la demande d’organisation d’un audit.
La réalisation d’audits avec pour fonction de déterminer le caractère odieux ou non de tout ou partie des dettes d’un pays constitue un enjeu de toute première importance. Ci-dessous, un tableau provisoire et non exhaustif des dettes odieuses pour une liste limitée de pays prouve que les montants concernés par la dette odieuse sont tout à fait considérables. Le tableau est provisoire car la fonction de l’audit (avec participation citoyenne) vise précisément à déterminer de manière rigoureuse l’ampleur de la dette odieuse frappée de nullité. Il n’en constitue pas moins une incitation à la réflexion, à la recherche et à l’action citoyenne.
 
Une dette largement odieuse (en Mds $)
Pays Régime dictatorial Période de la dictature Dette odieuse (dictature) Stock de la dette en 2007 (en Mds $)
Indonésie Suharto 1965-1998 151 141
Irak Saddam Hussein 1979-2003 122 81
Brésil Junte militaire 1965-1985 104 237
Argentine Junte militaire 1976-1983 37 128
Corée du Sud Régime militaire 1961-1987 33 249
Philippines Marcos 1965-1986 28 66
Turquie Régime militaire 1980-1989 23 251
Maroc Hassan II 1961-1999 23 20
Afrique du Sud Apartheid 1948-1991 22 43
Thaïlande Militaires 1966-1988 22 63
Chili Pinochet 1973-1990 15 59
Tunisie Ben Ali 1987- 13 20
Zaïre/RDC Mobutu 1965-1997 12 12
Nigeria Buhari/Abacha 1984-1998 12 9
Pakistan Militaires 1978-1988 9 41
Pakistan Pervez Musharraf 1999-2008 16
Pérou Fujimori 1990-2000 9 32
Soudan Nimeiry 1969-1985 9 19
Ethiopie Mengistu 1977-1991 9 2,6
Kenya arap Moi 1978-2003 5,7 7,4
Congo Sassou 1979- 4,2 5,2
Iran Shah 1941-1979 4,5 21
Bolivie Junte militaire 1964-1982 3,3 4,9
Myanmar (Birmanie) Régime militaire 1988- 3 7,4
Guatemala Régime militaire 1954-1985 2,7 6,3
Mali Traoré 1968-1991 2,6 2,0
Paraguay Stroessner 1954-1989 2,4 3,6
Somalie Siad Barre 1969-1991 2,4 2,9
Malawi Banda 1966-1994 2,0 0,9
Togo Eyadema 1967- 2,0 2,0
Cambodge Khmers Rouges 1976-1989 1,7 3,8
Liberia Doe 1980-1990 1,1 2,5
Rwanda Habyarimana 1973-1994 1,0 0,5
Salvador Junte militaire 1962-1980 0,9 8,8
Nicaragua Anastasio Somoza 1974-1979 0,9 3,4
Haïti Duvalier 1957-1986 0,7 1,6
Ouganda Idi Amin Dada 1971-1979 0,4 1,6
Centrafrique Bokassa 1966-1979 0,2 1,0
[La dette odieuse calculée est celle contractée durant la dictature, sans compter la partie contractée après la dictature pour rembourser une dette odieuse de la dictature.]
 
Ce tableau a été réalisé par Damien Millet et l’auteur sur la base d’un travail préliminaire de Joseph Hanlon (2002).
Les montants considérés comme dette odieuse (colonne 4) sont dans la plupart des cas inférieurs à la réalité car ils ne se rapportent qu’à la période dictatoriale stricto sensu. Ils ne prennent donc pas en compte les dettes, elles aussi nulles, contractées pour rembourser les dettes odieuses. Il s’agit, à travers l’audit, de déterminer le montant exact des dettes qui entrent dans la catégorie des dettes odieuses. Il s’agit également de compléter la liste des pays concernés.
Concernant la dette odieuse, plusieurs compléments doivent être apportés à la doctrine formulée par Alexander Sack au siècle passé. Le Center for International Sustainable Development Law (CISDL) de l’Université McGill (Canada) a proposé une définition générale qui paraît tout à fait appropriée : “ Les dettes odieuses sont celles qui ont été contractées contre les intérêts de la population d’un Etat, sans son consentement et en toute connaissance de cause par les créanciers ” (Khalfan et al., “ Advancing the Odious Debt Doctrine ”, 2002, cité dans Global Economic Justice Report, Toronto, July 2003).
L’une des trois conditions suivantes permet de qualifier une dette d’odieuse :
1) elle a été contractée par un régime despotique, dictatorial, en vue de consolider son pouvoir ;
2) elle a été contractée non dans l’intérêt du peuple, mais contre son intérêt et/ou dans l’intérêt personnel des dirigeants et des personnes proches du pouvoir ;
3) les créanciers étaient en mesure de connaître la destination odieuse des fonds prêtés.
C’est le fameux triptyque : absence de consentement, absence de bénéfice, connaissance des créanciers.
Il ne faut pas abandonner la perspective d’ouvrir à nouveau ce dossier de la dette odieuse même s’il est considéré comme clos par les créanciers, toutes catégories confondues. Les Etats endettés n’ont pas fini de rembourser des dettes odieuses. Ils peuvent encore fonder en droit une décision de répudiation de ces dettes. Par ailleurs, les nouvelles dettes contractées dans les années 1990 et au début des années 2000 par des régimes légitimes, pour rembourser des dettes odieuses contractées par les régimes despotiques qui les ont précédés, devraient tomber elles-mêmes dans la catégorie des dettes odieuses. C’est ce qu’avancent différents experts tels que le CISDL cité plus haut, auquel il faut ajouter Joseph Hanlon (Grande-Bretagne), Hugo Ruiz Diaz (Paraguay), Alejandro Olmos (Argentine) et Patricio Pazmino (Equateur) |5|.
La définition avancée par le CISDL implique que des créanciers privés qui ont prêté (ou prêtent) de l’argent à des régimes (légitimes ou non) ou à des entreprises bénéficiant de la garantie de l’Etat pour des projets qui n’ont pas fait l’objet d’une consultation démocratique et qui sont dommageables pour la société, prennent le risque de voir ces créances annulées (a fortiori si s’ajoute à cela la complicité active ou passive du créancier à l’égard de détournement de fonds). De nombreux projets anciens ou récents entrent dans cette catégorie (pensons au méga-barrage des Trois Gorges en Chine). Etendre la notion de dette odieuse doit forcer les créanciers à engager clairement leur responsabilité et à se plier à des règles démocratiques, sociales et environnementales sous peine d’aboutir à une situation où ils devront abandonner toute idée de récupération des fonds prêtés.
Il s’agit également d’élargir le champ d’application de la doctrine de la dette odieuse aux dettes contractées à l’égard des institutions de Bretton Woods (le FMI, la Banque mondiale et les banques régionales de développement).
Pourquoi ? Le FMI et la Banque mondiale (créanciers multilatéraux) détiennent environ 450 milliards de dollars de créances sur les pays endettés |6| et une grande partie de ces dettes entre dans la catégorie des dettes odieuses.
Voici plusieurs cas de figure où la doctrine de la dette odieuse devrait être d’application dans le cadre de la définition donnée par le CISDL :
1)Les dettes multilatérales contractées par des régimes despotiques (toutes les dictatures mentionnées plus haut ont été soutenues par le FMI et la Banque mondiale) doivent être considérées comme odieuses. Le FMI et la Banque mondiale ne sont pas en droit d’en réclamer le paiement aux régimes démocratiques qui ont succédé aux régimes dictatoriaux (*) ;
2)Les dettes multilatérales contractées par des régimes légaux et légitimes pour rembourser des dettes contractées par des régimes despotiques sont elles-mêmes odieuses. Elles ne doivent pas être remboursées. Ce cas de figure s’applique à une trentaine de pays mentionnés dans le tableau (non exhaustif) ci-dessus (*).
3)Les dettes multilatérales contractées par des régimes légaux et légitimes dans le cadre de politiques d’ajustement structurel préjudiciables aux populations sont également odieuses (la démonstration du caractère préjudiciable de celles-ci a été faite par de nombreux auteurs et organismes internationaux – notamment des organes de l’ONU, voir plus loin). Le fait que pendant près de trente ans, la Banque mondiale et le FMI ont, contre vents et marées, défini et imposé des conditionnalités qui se sont avérées catastrophiques au niveau de la garantie des droits fondamentaux des êtres humains constitue un dol |7|. à l’égard des emprunteurs et de leurs populations. Le contrat d’emprunt en question est frappé de nullité. Les lettres d’intention que les autorités des pays endettés sont obligées d’envoyer au FMI et à la Banque mondiale (sous leur dictée) constituent un artifice construit par ces institutions afin d’être disculpées face à d’éventuelles poursuites judiciaires. Cette procédure n’est qu’un artifice |8| : tout comme un individu NE peut PAS accepter d’être réduit en esclavage (le contrat par lequel il aurait renoncé à sa liberté n’a strictement aucune valeur légale), un gouvernement ne peut pas renoncer à l’exercice de la souveraineté de son pays. Dans la mesure où elle annihile l’exercice de la souveraineté d’un Etat, cette lettre est nulle. Les institutions de Bretton Woods ne peuvent pas utiliser la lettre d’intention pour se disculper. Elles restent pleinement responsables des torts causés aux populations via l’application des conditionnalités qu’elles imposent (l’ajustement structurel, aujourd’hui rebaptisé Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté - CSLP - pour les PPTE ou Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance - FRPC - pour les autres)
4)Il faudrait également prendre en considération le caractère antidémocratique des institutions de Bretton Woods elles-mêmes (majorité requise de 85% ; droit de veto accordé de fait aux Etats-Unis qui détiennent environ 17% des voix ; déséquilibre évident dans la répartition des voix).
5)Simultanément aux actions menées en faveur de l’annulation des créances multilatérales, il s’agit de mener un combat pour obtenir des réparations de la part des institutions de Bretton Woods à l’égard des populations victimes des dégâts humains et environnementaux causés par leurs politiques (*).
6)Enfin, il s’agit de poursuivre au civil et au pénal les responsables de ces institutions pour les violations des droits humains fondamentaux auxquelles elles se sont livrées (et se livrent encore) en imposant l’ajustement structurel et/ou en prêtant leur concours à des régimes despotiques (*).
Tous les points marqués de l’astérisque (*) s’appliquent également aux dettes bilatérales et aux créanciers bilatéraux.
 
2. La “force majeure” et le “changement fondamental de circonstances”
On peut aussi soutenir en droit l’annulation de la dette et la suppression de son remboursement en invoquant l’argument de la force majeure |9| et celui du changement fondamental de circonstances. Au niveau du Droit international, la Commission de Droit international de l’ONU (CDI) définit ainsi la “force majeure” : "L’impossibilité d’agir légalement (…) est la situation dans laquelle un événement imprévu et extérieur à la volonté de celui qui l’invoque le met dans l’incapacité absolue de respecter son obligation internationale en vertu du principe selon lequel à l’impossible nul n’est tenu" |10|.
La jurisprudence en matière de droit international reconnaît qu’un changement dans les conditions d’exécution d’un contrat peut l’annuler |11|. Cela signifie en substance que les contrats qui requièrent l’accomplissement d’une succession d’engagements dans le futur sont soumis à la condition que les circonstances ne changent pas (dans le droit commun, il existe différentes doctrines liées à ce principe, y compris “force majeure”, “frustration”, “impossibilité” et “impraticabilité”).
La force majeure et le changement fondamental de circonstances s’appliquent de manière évidente à la crise de la dette des années 1980. En effet, deux facteurs exogènes provoquèrent fondamentalement la crise de la dette à partir de 1982 : la hausse dramatique des taux d’intérêt imposée au niveau international par le gouvernement des Etats-Unis à partir de fin 1979 et la baisse du prix des exportations des pays de la Périphérie à partir de 1980. Ces deux facteurs furent provoqués par les pays créanciers. Ce sont des cas de “force majeure” qui modifient fondamentalement la situation et qui empêchent les débiteurs de remplir leurs obligations |12|.
 
3. L’état de nécessité
Pour fonder en droit le refus de payer, en plus des arguments mentionnés plus haut, on peut également avancer l’argument de l’état de nécessité. L’état de nécessité peut être invoqué lorsque la poursuite des remboursements implique pour la population des sacrifices qui vont au-delà de ce qui est raisonnable en affectant directement les obligations fondamentales de l’Etat à l’égard des citoyens. A ce propos, la Commission de Droit international de l’ONU (CDI) déclare :
“ On ne peut attendre d’un Etat qu’il ferme ses écoles, ses universités et ses tribunaux, qu’il supprime les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent afin de rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un Etat, de la même façon que d’un individu. ” (CDI, 1980, p. 164-167, cité par Hugo Ruiz Diaz, op. cit.)
 
Conclusion :
Il ne faut pas attendre que des institutions internationales ou d’autres catégories de créanciers prennent la décision d’annuler la dette publique. C’est l’action résolue d’un Etat ou d’une coalition d’Etats qui pourra conduire à une telle mesure. Les juristes qui se sont réunis à Quito en juillet 2008 ont parfaitement raison d’affirmer : «  Nous soutenons les actes souverains des États qui, fondés en droit, déclarent la nullité d’instruments illicites et illégitimes de la dette publique, et avec elle la suspension des paiements |13|". 

Notes

|1| Pour plus de détails sur les concepts de dettes odieuses et illégitimes, voir « Dette illégitime : l’actualité de la dette odieuse. Position du CADTM », http://www.cadtm.org/Dette-illegiti...
|2| Pour une présentation synthétique, voir Hugo Ruiz Diaz, “ La dette odieuse ou la nullité de la dette”, contribution au deuxième séminaire sur le Droit international et la Dette organisé par le CADTM à Amsterdam en décembre 2002, http://www.cadtm.org/La-dette-odieu...
|3| Cuba 1895-1898 : En 1895, une guerre d’indépendance est déclenchée par le poète José Marti, jacobin aux idées proches du socialisme. Le pays entier est en guerre. José Marti organise l’Armée de Libération (plus de 50.000 combattants) et institue la République en Armes. Plus de 150.000 personnes viennent vivre dans les territoires rebelles. L’Espagne livre la guerre totale en 1896-97, avec des camps de concentration ; quelque 400.000 personnes y sont mortes. Mais l’Espagne échoue malgré l’utilisation de 250.000 soldats et elle se voit obligée de concéder l’autonomie en janvier 1898. Les révolutionnaires n’acceptent pas et continuent la guerre. Les Etats‑Unis déclarent la guerre à l’Espagne. Après une brève campagne au cours de laquelle elle a bénéficié du soutien des révolutionnaires cubains, l’armée des Etats-Unis occupe victorieusement l’île. Sans reconnaître la république cubaine, les Etats-Unis signent un pacte avec l’Espagne où celle-ci renonce à Cuba (Traité de Paris, le 10 décembre 1898). 1898-1902 : l’occupation nord‑américaine dure quasiment quatre ans et oblige les membres de l’Assemblée constituante de 1901 à adopter l’amendement Platt (1902). Cuba doit concéder aux Etats‑Unis un droit d’intervention dans l’île pour "préserver l’indépendance cubaine" et maintenir un gouvernement adéquat afin de "protéger la vie, la propriété et les libertés individuelles". Washington reçoit de plus la base de Guantanamo, pour une période illimitée. Le 20 mai 1902, la République cubaine est fondée. Dès sa naissance et jusqu’à la victoire révolutionnaire du 1er janvier 1959, elle est soumise à la politique extérieure des Etats-Unis (source : Yannick Bovy et Eric Toussaint, 2001, Cuba : Le pas suspendu de la révolution, Cuesmes – Belgique, 2001, p. 36-37).
|4| Dans le cas du Rwanda, le Comité du développement international du Parlement britannique a explicitement évoqué la notion de dette odieuse pour plaider son annulation : “ Une grande partie de la dette extérieure du Rwanda fut contractée par un régime génocidaire… Certains avancent l’argument que ces prêts furent utilisés pour acheter des armes et que l’administration actuelle, et en dernière instance la population du Rwanda, ne devrait pas payer ces dettes “odieuses”. Nous recommandons au gouvernement qu’il pousse tous les créanciers bilatéraux, et en particulier la France, à annuler la dette contractée par le régime antérieur ” (in Report of the British International Development Committee, mai 1998, cité par Chris Jochnich, 2000).
|5| Voir la contribution de ce dernier au Deuxième séminaire sur le Droit et la Dette organisé par le CADTM en décembre 2002 à Amsterdam www.cadtm.org/pages/espanol/...
|6| En général, plus un pays du Sud est pauvre, plus la part de sa dette due à la Banque mondiale et au FMI est élevée. Dans le cas de nombreux pays d’Afrique sans ressources naturelles stratégiques, plus de 70% des dettes sont dus aux institutions de Bretton Woods.
|7| Dol : tromperie commise en vue de décider une personne à conclure un acte juridique ou de l’amener à contracter à des conditions qui lui sont défavorables (définition donnée par le Larousse 2003)
|8| Dans “ La Grande désillusion ”, Joseph Stiglitz décrit une situation qui remonte à l’époque où il était vice-président de la Banque mondiale : “ Une image peut valoir mille mots, et une photo saisie au vol en 1998 et montrée dans le monde entier s’est gravée dans l’esprit de millions de personnes, en particulier dans les ex-colonies. On y voit le directeur général du FMI (…), Michel Camdessus, un ex-bureaucrate du Trésor français, de petite taille et bien vêtu, (…), debout, regard sévère et bras croisés, dominant le président indonésien assis et humilié (il s’agissait du dictateur Suharto, chassé du pouvoir quelques mois plus tard par un soulèvement populaire, NDR). Celui-ci, impuissant, se voit contraint d’abandonner la souveraineté économique de son pays au FMI en échange de l’aide dont il a besoin. Paradoxalement, une bonne partie de cet argent n’a pas servi, en fin de compte, à aider l’Indonésie mais à tirer d’affaire les “ puissances coloniales ” - les créanciers du secteur privé... Officiellement, la “ cérémonie ” était la signature d’une lettre d’accord - ses termes sont dictés par le FMI mais, par artifice, on fait comme si la “ lettre d’intention ” venait du gouvernement concerné ! ”, in Stiglitz, 2002, p. 71)
|9| Pour une analyse de l’argument de la force majeure en matière d’annulation de dette, voir l’étude d’Hugo Ruiz Diaz : “ La dette extérieure : mécanismes juridiques de non paiement, moratoire ou suspension de paiement ”, contribution au Premier séminaire international du CADTM sur le Droit international et la Dette, Bruxelles, décembre 2001.
|10| CDI, Projet d’article 31, A/CN, 4/315, ACDI 1978, II, vol. 1, p. 58
|11| Dans sa formulation originale : Contractus qui habent tractum successivum et dependetiam de futurum, rebus sic stantibus intelligentur.
|12| Charles Fenwick, International Law (3e éd. 1948) : de façon similaire, un des textes définitifs sur la common law explique qu’ “une condition tacite, liée à tous les contrats, est que ceux-ci cessent d’être obligatoires dès qu’il se produit des changements substantiels dans l’état des faits et des conditions sur lesquels ils ont été basés”, in Black’s Law Dictionary 1267 (6e éd. 1990). Voir également, en jurisprudence internationale, la sentence arbitrale rendue le 11 novembre 1912 dans l’affaire d’emprunt d’Etat Turquie/Russie dans laquelle il est dit : “ …l’exception de la force majeure …est opposable en droit international ” (Sentence arbitrale, Recueil des Arbitrages internationaux, T. II, 1928, p. 545 et ss.). Par ailleurs, le Code civil d’Argentine stipule que l’obligation d’un débiteur s’éteint “quand la prestation qui forme la matière de celle-ci devient physiquement ou légalement impossible, sans faute du débiteur” (Arts 724 et 888).
|13| Voir texte intégral de la déclaration finale : http://www.cadtm.org/Conclusions-de.... Pour une argumentation détaillée du point de vue du droit international en faveur de l’acte souverain unilatéral, voir Hugo Ruiz Diaz Balbuena, « La décision souveraine de déclarer la nullité de la dette ou la décision de non paiement de la dette : un droit de l’Etat », http://www.cadtm.org/La-decision-so...

Vendredi 10 Décembre 2010

http://www.cadtm.org/Quelques-fondements-juridiques-de http://www.cadtm.org/Quelques-fondements-juridiques-de
http://www.alterinfo.net/Quelques-fondements-juridiques-de-l-annulation-de-la-dette_a52532.html
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Published by Eva R-sistons - dans Désinformation
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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 04:52
Blog de yugsen :HISTOIRE GEO, la puissance des Etats Unis dans le monde.

http://yugsen.blogspace.fr/128531/la-puissance-des-Etats-Unis-dans-le-monde/

La fin du "Siècle Américain" La disparition des Etats-Unis en tant que superpuissance mondiale

La fin du "Siècle Américain"

La disparition des Etats-Unis en tant que superpuissance mondiale

Par Alfred W. McCoy
Asia Times Online, 8 décembre 2010

article original : "Taking down America"

 

 

Un atterrissage en douceur pour les Etats-Unis d’ici quarante ans ? N’y pensez pas ! La disparition des Etats-Unis en tant que superpuissance mondiale pourrait survenir bien plus vite que ce que l’on imagine. Si Washington rêve de 2040 ou de 2050 comme date de fin pour le « Siècle Américain », une estimation plus réaliste des tendances aux Etats-Unis et dans le monde laisse penser qu’en 2025, exactement dans 15 ans, tout pourrait être pratiquement terminé.

Malgré l’aura d’omnipotence que la plupart des empires projètent, un regard sur leur histoire devrait nous rappeler que ce sont des organismes fragiles. L’écologie de leur pouvoir est si délicate que lorsque les choses commencent à aller vraiment mal, les empires se désagrègent généralement à une vitesse incroyable : juste une année pour le Portugal, deux années pour l’Union Soviétique, 8 pour la France, 11 pour les Ottomans, 17 pour la Grande-Bretagne et, selon toute vraisemblance, 22 ans pour les Etats-Unis, à partir de la cruciale année 2003.

Les futurs historiens identifieront probablement l’invasion irréfléchie de l’Irak par l’administration de George W. Bush, cette année-là, comme le commencement de la chute de l’Amérique. Cependant, à la place du bain de sang qui a marqué la fin de tant d’empires du passé, avec des villes qui brûlent et des civils massacrés, cet effondrement impérial du 21ème siècle pourrait survenir de façon relativement discrète, par les circonvolutions invisibles de l’effondrement économique ou de la guerre cybernétique.

Mais n’ayez aucun doute : lorsque la domination mondiale de Washington prendra irrémédiablement fin, il y aura des souvenirs quotidiens douloureux de ce qu’une telle perte de pouvoir signifie pour les Américains de tous les milieux. A l’instar de ce qu’une demi-douzaine de nations européennes ont découvert, le déclin impérial tend à avoir un impact remarquablement démoralisant sur une société, apportant ordinairement des privations économiques pendant au moins une génération. Au fur et à mesure que l’économie se refroidit, la température politique monte, déclenchant souvent de sérieux troubles.

Les données économiques, éducatives et militaires disponibles indiquent, pour ce qui est de la puissance mondiale des Etats-Unis, que les tendances négatives s’accumuleront rapidement d’ici à 2020 et atteindront probablement une masse critique au plus tard en 2030. Le Siècle Américain, proclamé si triomphalement au commencement de la Deuxième Guerre Mondiale, sera réduit à néant et s’éteindra d’ici à 2025, dans sa huitième décennie, et pourrait être relégué définitivement au passé d’ici 2030.

Fait révélateur, en 2008, la Commission Nationale Américaine des Renseignements [US National Intelligence Council] a admis pour la première fois que la puissance globale des Etats-Unis suivait vraiment une trajectoire déclinante. Dans l’un de ses rapports périodiques sur le futur, Global Trends 2025 [Tendances Mondiales 2025], cette commission a cité « le transfert brutal de la richesse mondiale et de la puissance économique, actuellement en cours, de l’Ouest vers l’Est », et « sans précédent dans l’histoire moderne », comme premier facteur du déclin de la « force relative des Etats-Unis – même dans le domaine militaire ». Toutefois, comme beaucoup à Washington, les analystes de cette commission ont anticipé un atterrissage très en douceur et très long de la prééminence mondiale américaine, et ils ont nourri l’espoir que d’une façon ou d’une autre les Etats-Unis « garderaient longtemps une capacité militaire unique… afin de projeter leur puissance militaire sur le monde » pour les décennies à venir.

Pas la moindre chance ! Selon les projections actuelles, les Etats-Unis se retrouveront en deuxième position derrière la Chine (déjà deuxième économie mondiale) en terme de production économique, aux alentours de 2026, et derrière l’Inde d’ici à 2050. De même, l’innovation chinoise suit une trajectoire qui conduira la Chine au leadership mondial en science appliquée et en technologie militaire entre 2020 et 2030, juste au moment où les nombreux scientifiques et ingénieurs brillants de l’Amérique actuelle prendront leur retraite, sans pouvoir être adéquatement remplacés à cause d’une nouvelle génération mal instruite.

D’ici 2020, selon les prévisions actuelles, le Pentagone se lancera dans un va-tout militaire d’un empire mourrant. Il lancera une triple couverture spatiale létale, constituée de robotique avancée et qui représente le dernier meilleur espoir de Washington de maintenir son statut de puissance mondiale, malgré son influence économique déclinante. Toutefois, dès cette année-là, le réseau mondial de satellites de communication de la Chine, soutenu par les super-ordinateurs les plus puissants du monde, sera également entièrement opérationnel, procurant à Pékin une plate-forme indépendante pour la militarisation de l’espace et un puissant système de communication pour ses missiles – ou attaques cybernétiques – dans tous les endroits de la planète.

Enveloppée dans sa prétention démesurée impériale, comme Whitehall ou le Quai d’Orsay avant elle, la Maison Blanche semble toujours imaginer que le déclin américain sera progressif, modéré et partiel. Dans son Adresse à l’Union en janvier dernier, le Président Barack Obama a donné la garantie qu’il « n’accepte pas la deuxième place pour les Etats-Unis d’Amérique ». Quelques jours plus tard, le Vice-président Joseph Biden, a tourné en dérision l’idée même que « nous sommes destinés à réaliser la prophétie de [l’historien Paul] Kennedy, selon laquelle nous serons une grande nation qui aura échoué parce que nous avons perdu le contrôle de notre économie et que nous nous sommes trop agrandis ». De la même manière, Joseph Nye, le gourou néolibéral en politique étrangère, s’exprimant dans le numéro de novembre du journal institutionnel Foreign Affairs, a balayé toute idée d’essor économique et militaire de la Chine, rejetant « les métaphores trompeuses de déclin organique » et niant qu’une détérioration de la puissance globale des Etats-Unis était en cours.

Les Américains ordinaires, voyant leurs emplois se délocaliser à l’étranger, ont une vision plus réaliste que leurs dirigeants qui, eux, sont bien protégés. Un sondage d’opinion d’août 2010 a mis en évidence que 65% des Américains pensaient que leur pays était désormais « en état de déclin ». Déjà, l’Australie et la Turquie, des alliés militaires traditionnels des Etats-Unis, utilisent leurs armes fabriquées en Amérique pour des manœuvres aériennes et navales conjointes avec la Chine. Déjà, les partenaires économiques les plus proches des Etats-Unis s’éloignent de la position de Washington et se tournent vers la devise chinoise, dont les taux sont manipulés. Alors que le président [Obama] revenait d’Asie le mois dernier, un gros titre sinistre du New York Times résumait ainsi le moment fort de son voyage : « Sur La Scène Mondiale, La Vision Economique d’Obama Est Rejetée, La Chine, La Grande-Bretagne Et L’Allemagne Contestent Les USA, Les Pourparlers Commerciaux Avec Séoul Ont Egalement Echoué ».

D’un point de vue historique, la question n’est pas de savoir si les Etats-Unis perdront leur puissance globale incontestée, mais juste à quelle vitesse et avec quelle brutalité se produira leur déclin. A la place des désirs irréalistes de Washington, prenons la propre méthodologie du National Intelligence Council pour décrypter l’avenir, afin de suggérer quatre scénarios réalistes (accompagnés de quatre évaluations associées de leur situation actuelle) sur la manière, que ce soit avec fracas ou dans un murmure, dont la puissance globale des Etats-Unis pourrait toucher à sa fin dans les années 2020. Ces scénarios futuristes comprennent : le déclin économique, le choc pétrolier, la mésaventure militaire et la Troisième Guerre Mondiale. Même si ces scénarios sont loin d’être les seules possibilités en matière de déclin – voire même d’effondrement – américain, ils offrent une fenêtre sur un futur qui arrive au pas de charge.


Le déclin économique

la situation actuelle

Aujourd’hui, trois menaces principales existent vis-à-vis de la position dominante des Etats-Unis dans l’économie mondiale : la perte de l’influence économique grâce à une part du commerce mondial qui se rétrécit, le déclin de l’innovation technologique américaine et la fin du statut privilégié du dollar en tant que devise de réserve mondiale.

Dès 2008, les Etats-Unis sont déjà tombés au troisième rang mondial pour les exportations, avec 11% des exportations mondiales, comparés à 12% pour la Chine et 16% pour l’Union Européenne. Il n’y a aucune raison de croire que cette tendance va s’inverser.

De la même façon, le leadership américain dans l’innovation technologique est sur le déclin. En 2008, les Etats-Unis étaient encore numéro deux derrière le Japon en matière de dépôts de brevets, avec 232.000, mais la Chine se rapprochait très vite avec 195.000 brevets, grâce à une augmentation foudroyante de 400% depuis l’an 2000. Un signe annonciateur d’un déclin supplémentaire : en 2009, les Etats-Unis sont tombés au plus bas, au cours de la décennie précédente, parmi les 40 pays étudiés par la Fondation pour l’Innovation et l’Information Technologique, en termes de « changement » dans la « compétitivité mondiale en matière d’innovation ». Ajoutant du corps à ces statistiques, en octobre dernier, le Ministère de la Défense chinois a dévoilé le super-ordinateur le plus rapide du monde, le Tianhe-1 A, si puissant, selon un expert américain, qu’il « fait voler en éclat les performances de l’actuelle machine n°1 » aux Etats-Unis.

Ajoutez à cette preuve limpide que le système éducatif américain, qui constitue la source des futurs scientifiques et innovateurs, est passé derrière ses concurrents. Après avoir été à la tête du monde pendant des décennies sur la tranche d’âge des 25-34 ans possédant un diplôme universitaire, ce pays a sombré à la douzième place en 2010. Le Forum Economique Mondial, la même année, a classé les Etats-Unis à une médiocre 52ème place sur 139 pays, en ce qui concerne la qualité de ses universités de mathématiques et d’instruction scientifique. Près de la moitié de tous les diplômés en sciences aux Etats-Unis sont désormais des étrangers, dont la plupart rentreront chez eux, et ne resteront pas aux Etats-Unis comme cela se passait autrefois. Autrement dit, d’ici 2025, les Etats-Unis se retrouveront probablement face à une pénurie de scientifiques de talent.

De telles tendances négatives encouragent la critique acerbe croissante sur le rôle du dollar en tant que devise de réserve mondiale. « Les autres pays ne veulent plus adhérer à l’idée que les Etats-Unis savent mieux que les autres en matière de politique économique », a observé Kenneth S. Rogoff, ancien chef économiste au FMI. A la mi-2009, avec les banques centrales qui détenaient un montant astronomique de 4.000 milliards de dollars en bons du trésor américain, le Président russe Dimitri Medvedev a insisté sur le fait qu’il était temps de mettre fin au « système unipolaire artificiellement maintenu » et basé sur « une devise de réserve qui avait été forte dans le passé ».

Simultanément, le gouverneur de la banque centrale chinoise a laissé entendre que l’avenir pourrait reposer sur une devise de réserve mondiale « déconnectée des nations individuelles » (c’est-à-dire, le dollar américain). Prenez tout ceci comme des indications du monde à venir et comme une tentative possible, ainsi que l’a soutenu l’économiste Michael Hudson, « d’accélérer la banqueroute de l’ordre mondial militaro-financier des Etats-Unis ».

Un scénario pour 2020

Après des années de déficits croissants, nourris par des guerres incessantes dans des pays lointains, en 2020, comme l’on s’y attend depuis longtemps, le dollar américain perd finalement son statut spécial de devise de réserve mondiale. Soudain, le coût des importations monte en flèche. Incapable de payer des déficits allant crescendo en vendant des bons du Trésor à présent dévalués, Washington est finalement obligé de réduire considérablement son budget militaire boursouflé. Sous la pression de ses citoyens et de l’étranger, Washington retire les forces américaines de centaines de bases à l’étranger qui se replient sur un périmètre continental. Cependant, il est désormais bien trop tard.

Face à une superpuissance qui s’éteint et qui est incapable de payer ses factures, la Chine, l’Inde, l’Iran, la Russie et d’autres puissances, grandes ou régionales, défient et provoquent la domination des Etats-Unis sur les océans, dans l’espace et le cyberespace. Pendant ce temps, en pleine inflation, avec un chômage qui croit sans cesse et une baisse continue des salaires réels, les divisions intérieures s’étendent en violents clashs et en débats diviseurs, souvent sur des questions remarquablement hors sujet. Surfant sur une vague politique de désillusion et de désespoir, un patriote d’extrême-droite capture la présidence avec une rhétorique assourdissante, exigeant le respect de l’autorité américaine et proférant des menaces de représailles militaires ou économiques. Le monde ne prête quasiment pas attention alors que le Siècle Américain se termine en silence.


Le choc pétrolier

La situation actuelle

Une victime collatérale de la puissance économique déclinante de l’Amérique a été son verrouillage des approvisionnements en pétrole. Accélérant et dépassant l’économie américaine gourmande en pétrole, la Chine est devenue cet été le premier consommateur mondial d’énergie, une position détenue par les Etats-Unis depuis plus d’un siècle. Le spécialiste [américain] de l’énergie Michael Klare a exposé que ce changement signifie que la Chine « donnera le rythme pour façonner notre avenir mondial ».

D’ici 2025, la Russie et l’Iran contrôleront près de la moitié des réserves mondiales de gaz naturel, ce qui leur octroiera potentiellement un énorme effet de levier sur une Europe affamée d’énergie. Ajoutez les réserves pétrolières à ce mélange, ainsi que le National Intelligence Council a prévenu, et dans juste 15 ans, deux pays, la Russie et l’Iran, pourraient « émerger comme les chevilles ouvrières de l'énergie ».

Malgré leur ingéniosité remarquable, les principales puissances pétrolières vident actuellement les grands bassins de réserves pétrolières qui s’avèrent être des extractions faciles et bon marché. La véritable leçon du désastre pétrolier de « Deepwater Horizon » dans le Golfe du Mexique n’était pas les normes de sécurité laxistes de BP, mais le simple fait que tout le monde ne voyait que le « spectacle de la marée noire » : l’un des géants de l’énergie n’avait pas beaucoup d’autre choix que de chercher ce que Klare appelle du « pétrole coriace », à des kilomètres sous la surface de l’océan, pour maintenir la croissance de ses profits.

Aggravant le problème, les Chinois et les Indiens sont soudainement devenus des consommateurs d’énergie beaucoup plus gourmands. Même si les approvisionnements en pétrole devaient rester constants (ce qui ne sera pas le cas), la demande, et donc les coûts, est quasiment assurée de monter – et, qui plus est, brutalement. D’autres pays développés répondent agressivement à cette menace en se plongeant dans des programmes expérimentaux pour développer des sources énergétiques alternatives. Les Etats-Unis ont pris une voie différente, faisant bien trop peu pour développer des sources énergétiques alternatives, tandis qu’au cours des dix dernières années, ils ont doublé leur dépendance sur les importations du pétrole provenant de l’étranger. Entre 1973 et 2007, les importations de pétrole [aux Etats-Unis] sont passées de 36% de toute l’énergie consommée aux Etats-Unis à 66%.

Un scénario pour 2025

Les Etats-Unis sont restés si dépendants du pétrole étranger que quelques événements défavorables sur le marché mondial de l’énergie déclenchent en 2025 un choc pétrolier. En comparaison, le choc pétrolier de 1973 (lorsque les prix ont quadruplé en quelques mois) ressemble à un avatar. En colère face à la valeur du dollar qui s’envole, les ministres du pétrole de l’OPEP, se réunissant en Arabie Saoudite, exigent les futurs paiements énergétiques dans un « panier de devises », constitué de yen, de yuan et d’euro. Cela ne fait qu’augmenter un peu plus le coût des importations pétrolières américaines. En même temps, tandis qu’ils signent une nouvelle série de contrats de livraison à long-terme avec la Chine, les Saoudiens stabilisent leurs propres réserves de devises en passant au yuan. Pendant ce temps, la Chine déverse d’innombrables milliards pour construire un énorme pipeline à travers l’Asie et finance l’exploitation par l’Iran du plus grand champ gazier au monde, à South Pars, dans le Golfe Persique.

Inquiets que l’US Navy pourrait ne plus être en mesure de protéger les bateaux-citernes naviguant depuis le Golfe Persique pour alimenter l’Asie Orientale, une coalition entre Téhéran, Riyad et Abu-Dhabi forme une nouvelle alliance inattendue du Golfe et décrète que la nouvelle flotte chinoise de porte-avions rapides patrouillera dorénavant dans le Golfe Persique, depuis une base dans le Golfe d’Oman. Sous de fortes pressions économiques, Londres accepte d’annuler le bail des Américains sur la base de Diego Garcia, située sur son île de l’Océan Indien, tandis que Canberra, contrainte par les Chinois, informe Washington que sa Septième Flotte n’est plus la bienvenue à Fremantle, son port d’attache, évinçant de fait l’US Navy de l’Océan Indien.

En quelques traits de plume et quelques annonces laconiques, la « Doctrine Carter », selon laquelle la puissance militaire étasunienne devait éternellement protéger le Golfe Persique, est enterrée en 2025. Tous les éléments qui ont assuré pendant longtemps aux Etats-Unis des approvisionnements illimités en pétrole bon marché depuis cette région – logistique, taux de change et puissance navale – se sont évaporés. A ce stade, les Etats-Unis ne peuvent encore couvrir que 12% de leurs besoins énergétiques par leur industrie d’énergie alternative naissante, et ils restent dépendants du pétrole importé pour la moitié de leur consommation d'énergie.

Le choc pétrolier qui s’ensuit frappe le pays comme un ouragan, envoyant les prix vers de nouveaux sommets, rendant les voyages une option incroyablement coûteuse, provoquant la chute-libre des salaires réels (depuis longtemps en déclin) et rendant non-compétitif ce qui reste des exportations américaines. Avec des thermostats qui chutent, le prix des carburants qui bat tous les records et les dollars qui coulent à flot vers l’étranger en échange d’un pétrole coûteux, l’économie américaine est paralysée. Avec des alliances en bout de course qui s’effilochent depuis longtemps et des pressions fiscales croissantes, les forces militaires américaines commencent finalement un retrait graduel de leurs bases à l’étranger.

En quelques années, les Etats-Unis sont fonctionnellement en faillite et le compte à rebours à commencé vers le crépuscule du Siècle Américain.


La mésaventure militaire

La situation actuelle

Contrairement à l’intuition, tandis que leur puissance s’éteint, les empires plongent souvent dans des mésaventures militaires inconsidérées. Ce phénomène, connu des historiens spécialistes des empires sous le nom de « micro-militarisme », semble impliquer des efforts de compensation psychologique pour soulager la douleur de la retraite ou de la défaite en occupant de nouveaux territoires, pourtant de façon brève et catastrophique. Ces opérations, irrationnelles même d’un point de vue impérial, produisent souvent une hémorragie de dépenses ou de défaites humiliantes qui ne font qu’accélérer la perte de puissance.

A travers les âges, les empires assaillis souffrent d’une arrogance qui les conduit à plonger encore plus profond dans les mésaventures militaires, jusqu’à ce que la défaite devienne une débâcle. En 413 av. J.-C., Athènes, affaiblie, envoya 200 vaisseaux se faire massacrer en Sicile. En 1921, l’Espagne impériale mourante envoya 20.000 soldats se faire massacrer par les guérillas berbères au Maroc. En 1956, l’empire britannique déclinant détruisit son prestige en attaquant Suez. Et, en 2001 et en 2003, les Etats-Unis ont occupé l’Afghanistan et envahi l’Irak. Avec la prétention démesurée qui marque les empires au fil des millénaires, Washington a augmenté à 100.000 le nombre de ses soldats en Afghanistan, étendu la guerre au Pakistan et étendu son engagement jusqu’en 2014 et plus, recherchant les désastres, petits et grands, dans ce cimetière nucléarisé des empires, infesté par les guérillas.

Un scénario pour 2014

Le « micro-militarisme » est si irrationnel et imprévisible que les scénarios en apparence fantaisistes sont vite surpassés par les évènements réels. Avec l’armée américaine étirée et clairsemée de la Somalie aux Philippines et les tensions qui montent en Israël, en Iran et en Corée, les combinaisons possibles pour une crise militaire désastreuse sont multiformes.

Nous sommes au milieu de l’été 2014 au sud de l’Afghanistan et une garnison américaine réduite, dans Kandahar assailli, est soudainement et de façon inattendue prise d’assaut par les guérillas Taliban, tandis que les avions américains sont cloués au sol par une tempête de sable aveuglante. De lourdes pertes sont encaissées et, en représailles, un commandant militaire américain embarrassé lâche ses bombardiers B-1 et ses avions de combat F-16 pour démolir tout un quartier de la ville que l’on pense être sous contrôle Taliban, tandis que des hélicoptères de combat AC-130 U « Spooky » ratissent les décombres avec des tirs dévastateurs.

Très vite, les Mollahs prêchent le djihad dans toutes les mosquées de la région, et les unités de l’armée afghane, entraînées depuis longtemps par les forces américaines pour renverser le cours de la guerre, commencent à déserter massivement. Les combattants Talibans lancent alors dans tout le pays une série de frappes remarquablement sophistiquées sur les garnisons américaines, faisant monter en flèche les pertes américaines. Dans des scènes qui rappellent Saigon en 1975, les hélicoptères américains portent secours aux soldats et aux civils américains depuis les toits de Kaboul et de Kandahar.

Pendant ce temps, en colère contre l’impasse interminable qui dure depuis des dizaines d’années à propos de la Palestine, les dirigeants de l’OPEP imposent un nouvel embargo pétrolier contre les Etats-Unis pour protester contre leur soutien à Israël, ainsi que contre le massacre d’un nombre considérable de civils musulmans dans leur guerre en cours dans tout le Grand Moyen-Orient. Avec le prix des carburants qui monte en flèche et ses raffineries qui s’assèchent, Washington prend ses dispositions en envoyant les forces des Opérations Spéciales saisir les ports pétroliers du Golfe Persique. En retour, cela déclenche un emballement des attaques-suicides et le sabotage des pipelines et des puits de pétrole. Tandis que des nuages noirs s’élèvent en tourbillons vers le ciel et que les diplomates se soulèvent à l’ONU pour dénoncer catégoriquement les actions américaines, les commentateurs dans le monde entier remontent dans l’histoire pour appeler cela le « Suez de l’Amérique », une référence éloquente à la débâcle de 1956 qui a marqué la fin de l’Empire Britannique.


La Troisième Guerre Mondiale

La situation actuelle

Au cours de l’été 2010, les tensions militaires entre les Etats-Unis et la Chine ont commencé à croître dans le Pacifique occidental, considéré autrefois comme un « lac » américain. Même un an plus tôt, personne n’aurait prédit un tel développement. De la même manière que Washington a exploité son alliance avec Londres pour s’approprier une grande part de la puissance mondiale de la Grande-Bretagne après la Deuxième Guerre Mondiale, la Chine utilise à présent les profits générés par ses exportations avec les Etats-Unis pour financer ce qui risque probablement de devenir un défi militaire à la domination américaine sur les voies navigables de l’Asie et du Pacifique.

Avec ses ressources croissantes, Pékin revendique un vaste arc maritime, de la Corée à l’Indonésie, dominé pendant longtemps par l’US Navy. En août, après que Washington eut exprimé un « intérêt national » dans la Mer de Chine méridionale et conduit des exercices navals pour renforcer cette revendication, le Global Times, organe officiel de Pékin, a répondu avec colère, en disant : « Le match de lutte entre les Etats-Unis et la Chine sur la question de la Mer de Chine méridionale a fait monter les enchères pour décider quel sera le futur dirigeant de la planète. »

Au milieu des tensions croissantes, le Pentagone a rapporté que Pékin détient à présent « la capacité d’attaquer… les porte-avions [américains] dans l’Océan Pacifique occidental » et de diriger « des forces nucléaires vers l’ensemble… des Etats-Unis continentaux. » En développant « des capacités offensives nucléaires, spatiales et de guerre cybernétique », la Chine semble déterminée à rivaliser pour la domination de ce que le pentagone appelle « le spectre d’information dans toutes les dimensions de l’espace de combat moderne ». Avec le développement en cours de la puissante fusée d’appoint Long March V, de même que le lancement de deux satellites en janvier 2010 et d’un autre en juillet dernier, pour un total de cinq [déjà mis sur orbite], Pékin a lancé le signal que le pays faisait des progrès rapides en direction d’un réseau « indépendant » de 35 satellites pour le positionnement, les communications et les capacités de reconnaissance mondiales, qui verra le jour d’ici 2020.

Pour contrôler la Chine et étendre mondialement sa position militaire, Washington a l’intention de construire un nouveau réseau numérique de robotique aérienne et spatiale, de capacités avancées de guerre cybernétique et de surveillance électronique. Les planificateurs militaires espèrent que ce système enveloppera la Terre dans un quadrillage cybernétique capable de rendre aveugles des armées entières sur le champ de bataille ou d’isoler un simple terroriste dans un champ ou une favela. D’ici 2020, si tout fonctionne selon son plan, le Pentagone lancera un bouclier à trois niveaux de drones spatiaux – pouvant atteindre l’exosphère depuis la stratosphère, armés de missiles agiles, reliés par un système modulaire de satellites élastique et opérant au moyen d’une surveillance totale par télescope.

En avril dernier, le Pentagone est entré dans l’histoire. Il a étendu les opérations de drones à l’exosphère en lançant discrètement la navette spatiale non habitée X-37 B, la plaçant en orbite basse au-dessus de la planète. Le X-37 B est le premier d’une nouvelle génération de véhicules non-habités qui marqueront la militarisation complète de l’espace, créant une arène pour les futures guerres, contrairement à tout ce qui a été fait auparavant.

Un scénario pour 2025

La technologie de la guerre spatiale et cybernétique est tellement nouvelle et non-testée que même les scénarios les plus bizarres pourraient bientôt être dépassés par une réalité encore difficile à concevoir. Toutefois, si nous employons simplement le type de scénarios que l’US Air Force a elle-même utilisés dans son 2009 Future Capabilities Game, nous pouvons obtenir « une meilleure compréhension sur la manière dont l’air, l’espace et le cyberespace coïncident dans l’art de la guerre » ; et, commencez alors à imaginer comment la prochaine guerre mondiale pourrait réellement être livrée !

Il est 23h59 en ce jeudi de Thanksgiving 2025. Tandis que les foules se pressent dans les cyberboutiques et qu’elles martèlent les portails de Best Buy pour des gros discounts sur les derniers appareils électroniques domestiques provenant de Chine, les techniciens de l’US Air Force, au Télescope Spatial de Surveillance de Maui [Hawaï], toussent sur leur café tandis que leurs écrans panoramiques deviennent soudainement noirs. A des milliers de kilomètres, au centre de commandement cybernétique au Texas, les combattants cybernétiques détectent rapidement des codes binaires malicieux qui, bien que lancés de façon anonyme, montrent l’empreinte numérique distincte de l’Armée de Libération Populaire de Chine.

Cette première attaque ouverte n’avait été prévue par personne. Le « programme malicieux » prend le contrôle de la robotique à bord d’un drone américain à propulsion solaire, le « Vulture », alors qu’il vole à 70.000 pieds au-dessus du Détroit de Tsushima, entre la Corée et le Japon. Il tire soudain tous les modules de fusées qui se trouvent en dessous de son envergure gigantesque de 135 mètres, envoyant des douzaines de missiles létaux plonger de façon inoffensive dans la Mer Jaune, désarmant ainsi efficacement cette arme terrible.

Déterminé à répondre coup pour coup, la Maison Blanche autorise une frappe de rétorsion. Confiant que son système de satellites F-6, « fractionné et en vol libre » est impénétrable, les commandants de l’Air Force en Californie transmettent les codes robotiques à la flottille de drones spatiaux X-37 B qui orbitent à 450 kilomètres au-dessus de la Terre, leur ordonnant de lancer leurs missiles « triple terminator » sur les 35 satellites chinois. Aucune réponse. Proche de la panique, l’US Air Force lance son véhicule de croisière hypersonique Falcon dans un arc de 160 kilomètres au-dessus de l’Océan Pacifique et ensuite, juste 20 minutes plus tard, envoie les codes informatiques pour tirer les missiles contre sept satellites chinois en orbite basse. Les codes de lancement sont soudainement inopérants.

Au fur et à mesure que le virus chinois se répand irrésistiblement à travers l’architecture des satellites F-6 et que ces super-ordinateurs américains de deuxième classe ne parviennent pas à cracker le code diablement complexe du programme malicieux, les signaux GPS, cruciaux pour la navigation des navires et des avions américains dans le monde entier, sont compromis. Les flottes de porte-avions commencent à tourner en rond au milieu du Pacifique. Des escadrons d’avions de combat sont cloués au sol. Les drones moissonneurs volent sans but vers l’horizon, se crashant lorsque leur carburant est épuisé. Soudain, les Etats-Unis perdent ce que l’US Air Force a longtemps appelé « le terrain élevé de combat ultime » : l’espace. En quelques heures, la puissance mondiale qui a dominé la planète pendant près d’un siècle a été vaincue dans la Troisième Guerre Mondiale sans causer la moindre victime humaine.


Un nouvel ordre mondial ?

Même si les événements futurs s’avèrent plus ternes que ce que suggèrent ces quatre scénarios, toutes les tendances importantes pointent vers un déclin beaucoup plus saisissant de la puissance américaine d’ici 2025 que tout ce que Washington semble maintenant envisager.

Alors que les alliés [des Etats-Unis] dans le monde entier commencent à réaligner leurs politiques pour rencontrer les puissances asiatiques montantes, le coût de maintien des 800 bases militaires ou plus à l’étranger deviendra tout simplement insoutenable, forçant finalement Washington à se retirer graduellement à contre-cœur. Avec la Chine et les Etats-Unis qui se trouvent dans une course à la militarisation de l’espace et du cyberespace, les tensions entre les deux puissances vont sûrement monter, rendant un conflit militaire d’ici 2025 au moins plausible, voire quasiment garanti.

Pour compliquer un peu plus les choses, les tendances économiques, militaires et technologiques exposées brièvement ci-dessus n’agiront pas de manière clairement isolée. Comme cela s’est produit pour les empires européens après la Deuxième Guerre Mondiale, de telles forces négatives se révèleront sans aucun doute synergiques. Elles se combineront de façon complètement inattendue, créeront des crises pour lesquelles les Américains ne sont absolument pas préparés et menaceront d’envoyer l’économie dans une spirale descendante soudaine, reléguant ce pays dans la misère économique, pendant une génération ou plus.

Tandis que la puissance américaine s’estompe, le passé offre un éventail de possibilités pour un futur ordre mondial. A un bout de ce spectre, la montée d’une nouvelle superpuissance mondiale, même si elle est improbable, ne peut pas être écartée. Toutefois, la Chine et la Russie manifestent toutes deux des cultures autoréférentielles, des écritures abstruses non-romaines, des stratégies de défense régionales et des systèmes légaux sous-développés, leur contestant les instruments clés pour la domination mondiale. Alors, dans ce cas, aucune superpuissance de semble pouvoir succéder aux Etats-Unis.

Dans une version noire contre-utopique de notre futur mondial, il est concevable qu’une coalition d’entreprises transnationales, de forces multilatérales comme l’OTAN et d’une élite financière internationale puisse élaborer un réseau supranational instable qui ne donnerait plus aucun sens à l’idée même d’empires nationaux. Tandis que des entreprises dénationalisées et des élites multinationales dirigeraient de façon usurpée un tel monde depuis des enclaves urbaines sécurisées, les multitudes seraient reléguées dans des terres, rurales ou urbaines, laissées à l’abandon.

Dans Planet of Slums [planète bidonvilles], Mike Davis offre au moins une vision partielle du bas vers le haut d’un tel monde. Son argument est que le milliard de personnes (deux milliards d’ici 2030) déjà entassées dans des bidonvilles fétides de type favelas autour du monde, feront « les villes sauvages et en faillite du Tiers Monde […] l’espace de combat caractéristique du 21ème siècle ». Alors que l’obscurité s’installe sur quelques super-favelas futures, « l’empire peut déployer des technologies orwelliennes de répression », tandis que « les hélicoptères de combats de type hornet chassent des ennemis énigmatiques dans les rues étroites des bas-quartiers… Tous les matins, les bidonvilles répliquent par des attentats-suicides et des explosions éloquentes ».

Au milieu de ce spectre de futurs possibles, un nouvel oligopole pourrait émerger entre 2020 et 2040, avec les puissances montantes chinoise, russe, indienne et brésilienne collaborant avec des puissances en déclin comme la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Japon et les Etats-Unis, en vue d’imposer une domination globale ad hoc, semblable à l’alliance approximative des empires européens qui ont dirigé la moitié de l’humanité aux alentours de 1900.

Une autre possibilité : la montée d’hégémons régionaux dans un retour à quelque chose rappelant le système international en œuvre avant que les empires modernes ne se forment. Dans cet ordre mondial néo-westphalien, avec ses perspectives sans fin de micro-violence et d’exploitation incontrôlée, chaque hégémon dominerait sa région immédiate – le Brésil en Amérique du Sud, Washington en Amérique du Nord, Pretoria en Afrique méridionale, etc. L’espace, le cyberespace et les profondeurs maritimes, retirés du contrôle de l’ancien « gendarme » planétaire, les Etats-Unis, pourraient même devenir des nouvelles parties communes mondiales, contrôlées au moyen d’un Conseil de Sécurité onusien élargi ou d’une autre institution ad hoc.

Tous ces scénarios extrapolent des tendances futuristes existantes, sur la supposition que les Américains, aveuglés par l’arrogance de décennies de puissance sans précédent historique, ne peuvent pas prendre ou ne prendront pas les mesures pour gérer l’érosion incontrôlée de leur position mondiale.

Si le déclin de l’Amérique suit en fait une trajectoire de 22 années entre 2003 et 2025, alors les Américains ont déjà gaspillé la plus grande partie de la première décade de ce déclin avec des guerres qui les ont détournés des problèmes à long-terme et, de la même manière que l’eau est bue rapidement par les sables du désert, des trillions de dollars terriblement nécessaires gaspillés.

S’il reste seulement 15 ans, les risques de les gaspiller tous reste toujours élevé. Le Congrès et le président [des Etats-Unis] sont à présent dans une impasse ; le système américain est submergé par l’argent des grandes entreprises qui bloquent les usines ; et peu de choses laissent penser que toute question d’importance, y compris les guerres américaines, l’Etat national sécuritaire bouffi de l’Amérique, son système éducatif démuni et ses approvisionnements énergétiques archaïques, sera traitée avec assez de sérieux pour assurer la sorte d’atterrissage en douceur qui pourrait maximiser le rôle et la prospérité des Etats-Unis dans un monde en changement.

Les empires d’Europe sont révolus et le pouvoir suprême des Etats-Unis se poursuit. Il semble de plus en plus improbable que les Etats-Unis obtiendront quelque chose qui ressemble de près ou de loin à la réussite de la Grande-Bretagne, pour façonner un ordre mondial réussi qui protège leurs intérêts, préserve leur prospérité et porte la marque de leurs meilleures valeurs.

Alfred W McCoy est professeur d’histoire à l’Université de Wisconsin-Madison. Auteur régulier pour TomDispatch, il préside également le projet “Empires in transition”, un groupe de travail mondial de 140 historiens, provenant d’universités issues de quatre continents.

(Copyright 2010 Alfred W McCoy - traduction [JFG-QuestionsCritiques]. All rights reserved


http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Alfred_McCoy_Etats-Unis_declin_siecle_americain_071210.htm



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9 décembre 2010
conférence de juin 2010
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Noam CHOMSKY

1. L’empire des États-Unis, le Moyen-Orient et le monde

Il est tentant de reprendre depuis le début. Le début c’était il y a bien longtemps, mais il est utile de revoir certains points d’histoire qui pourront être comparés à la politique actuelle des États-Unis au Moyen-Orient. Les États-Unis sont un pays très particulier par bien des aspects. Ils sont probablement le seul pays au monde qui soit né empire. C’était un empire enfant – comme George Washington l’a appelé –, et les Pères fondateurs étaient très ambitieux. Le plus libéral d’entre eux, Thomas Jefferson, pensait que l’empire enfant devait s’étendre davantage et devenir le « nid » à partir duquel le continent entier serait colonisé. Cela signifiait se débarrasser des « rouges », les Indiens, lesquels ont effectivement été déplacés ou exterminés. Les Noirs devaient être renvoyés en Afrique dès qu’on n’aurait plus besoin d’eux et les Latins seraient éliminés par une race supérieure.

 

La conquête du territoire national

Les États-Unis ont été un pays très raciste pendant toute leur histoire, et pas seulement à l’encontre des Noirs. Les idées de Jefferson étaient assez communes, les autres étaient globalement d’accord avec lui. C’est une société de colons. Le colonialisme de peuplement c’est ce qu’il y a de pire comme impérialisme, le genre le plus sauvage parce qu’il requiert l’élimination de la population indigène. Ce n’est pas sans relation, je crois, avec le soutien automatique des États-Unis à Israël, qui est aussi une société coloniale. La politique d’Israël d’une certaine façon fait écho à l’histoire états-unienne, en est une réplique. Et, il y a plus, les premiers colons aux États-Unis étaient des fondamentalistes religieux qui se considéraient être des enfants d’Israël répondant au commandement divin de peupler la terre et de massacrer les Amalécites, etc. C’est tout près d’ici, les premiers colons, au Massachusetts.

Tout cela était fait avec les meilleures intentions. Ainsi, par exemple, le Massachusetts (le Mayflower et toute cette histoire) à reçu sa Charte de la part du roi d’Angleterre en 1629. La Charte chargeait les colons de sauver les populations locales des affres du paganisme. D’ailleurs si vous regardez le sceau de la Bay Colony du Massachusetts vous voyez un Indien qui tient une flèche pointée vers le bas en signe de paix. Et devant se bouche il est écrit « Come over and help us » [« Venez et aidez-nous »]. C’est l’un des premiers exemples de ce qu’on appelle aujourd’hui l’interventionnisme humanitaire. Et ce n’est qu’un exemple, il y a bien d’autres cas au cours de l’histoire, et cela dure jusqu’à nos jours. Les Indiens demandaient aux colons de venir et de les aider et les colons suivaient gentiment le commandement leur demandant de venir et de les aider. En fait nous les aidions en les exterminant.

Après coup on a trouvé ça bizarre. Dans les années 1820, un membre de la Cour suprême a écrit à ce propos. Il dit qu’il est assez étrange que, malgré toute notre bienveillance et notre amour pour les Indiens, ils dépérissent et disparaissent comme les « feuilles d’automne ». Comment était-ce possible ? Il a fini par en conclure que la volonté divine est « au-delà de la compréhension humaine ». C’est simplement la volonté de Dieu. Nous ne pouvons pas espérer comprendre. Cette conception – appelée le providentialisme – selon laquelle nous suivons toujours la volonté de Dieu existe encore aujourd’hui. Quoi que nous fassions nous suivons la volonté de Dieu. C’est un pays extrêmement religieux, unique en son genre en matière de religiosité. Une grande partie de la population – je ne me souviens plus du chiffre, mais il est assez élevé – croit littéralement ce qui est écrit dans la Bible. Le soutien total à Israël est l’une des conséquences de tout cela, parce que Dieu a promis la terre promise à Israël. Donc nous devons les soutenir.

Les mêmes personnes – une part importante des plus importants défenseurs d’Israël – sont des anti-sémites, parmi les plus extémistes du monde. À côté d’eux Hitler semble assez modéré. Leur perspective est l’élimination des Juifs après Armageddon. Il y a tout un tas d’histoires à ce propos, lesquelles sont crues, littéralement, jusqu’à un très haut niveau – probablement des gens comme Reagan, George W. Bush, et d’autres. Cela n’est pas sans lien avec l’histoire colonialiste du sionisme chrétien – il précède le sionisme juif, et il est beaucoup plus puissant. C’est l’une des raisons qui expliquent le soutien automatique et inconditionnel à Israël.

La conquête du territoire national est une histoire assez laide. Certaines des personnes les plus honnêtes l’ont reconnu, comme John Quincy Adams, qui était l’un des grands stratèges de l’expansionnisme – le théoricien de la Destinée manifeste, etc. À la fin de sa vie, longtemps après ses propres crimes, il se lamentait sur le sort de ceux qu’il appelait « la malheureuse race des indigènes américains, que nous exterminons sans pitié et avec une perfide cruauté ». Il a dit que ce serait l’un des péchés pour lesquels le Seigneur allait nous punir. Nous attendons encore.

Ses idées sont jusqu’à nos jours tenues en haute considération. Il y a un livre de référence, universitaire, écrit par John Lewis Gaddis, un grand historien états-unien, qui concerne les racines de la doctrine Bush. Gaddis, avec raison, présente la doctrine Bush comme héritière de la grande stratégie de John Quincy Adams. Il dit que c’est un concept qui existe tout au long de l’histoire des États-Unis. Il en fait l’éloge, il considère que c’est la conception correcte – nous devons assurer notre sécurité, l’expansion est le moyen de la sécurité, et vous ne pouvez pas vraiment assurer votre sécurité sans tout contrôler. Donc nous devons nous déployer, non seulement dans l’hémisphère, mais partout dans le monde. C’est la doctrine Bush.

Au moment de la Deuxième Guerre mondiale, sans entrer dans les détails… Bien que les États-Unis aient été depuis longtemps et de loin le pays le plus riche du monde, ils jouaient un rôle secondaire sur la scène mondiale. L’acteur principal c’était la Grande-Bretagne – et y compris la France avait une plus grande présence dans le monde. La Deuxième Guerre mondiale a changé tout cela. Les stratèges états-uniens durant la Deuxième Guerre mondiale, les planificateurs de Roosevelt, ont dès le début de la guerre très bien compris qu’au bout du compte les États-Unis allaient se retrouver dans une position de supériorité absolue.

Alors que la guerre se déroulait – les Russes terrassaient les Allemands, ils ont à ce moment presque gagné la guerre en Europe – on avait compris que les États-Unis seraient dans une position de domination encore plus nette. Et ils ont donc élaboré des plans pour la configuration du monde de l’après-guerre. Les États-Unis auraient le contrôle total d’une zone qui comprendrait l’hémisphère occidental, l’Extrême-Orient, l’ex-Empire britannique, la plus grande partie possible de l’Eurasie, incluant donc l’Europe occidentale et son importante infrastructure commerciale et industrielle. C’est le minimum. Le maximum c’est le monde entier ; et bien entendu c’est ce dont nous avons besoin pour notre sécurité. Dans cette zone les États-Unis auraient le contrôle incontesté et empêcheraient tous les pays d’aller vers davantage de souveraineté.

Les États-Unis se trouvent à la fin de la guerre dans une position de domination et de sécurité sans équivalent dans l’histoire. Ils ont la moitié de la richesse mondiale, ils contrôlent tout l’hémisphère occidental et les deux rives des deux océans. Ce n’était pas un contrôle total. Les Russes étaient là et il y avait encore quelques parties hors de contrôle, mais l’expansion avait été remarquable. Juste au centre se trouvait le Moyen-Orient.

Adolf A. Berle, une personnalité libérale, qui fut très longtemps le conseiller du président Roosevelt, mettait l’accent sur le fait que contrôler le pétrole du Moyen-Orient signifierait dans une bonne mesure contrôler le monde. Cette doctrine reste inchangée, elle est encore en vigueur actuellement et c’est l’un des facteurs essentiels pour décider des orientations politiques.

 

Après la Deuxième Guerre mondiale

Durant la Guerre froide les décisions politiques étaient invariablement justifiées par la menace russe. C’était dans une bonne mesure une menace fictive. Les Russes géraient leur propre petit empire avec un prétexte similaire, la menace états-unienne. Ce rideau de fumée n’existe plus depuis la chutte de l’Union soviétique. Pour ceux qui veulent comprendre la politique étrangère de États-Unis, un point qui de toute évidence devrait être observé c’est ce qui est arrivé après la disparition de l’Union soviétique. C’est naturellement le point qu’il faut observer, et il s’ensuit presque automatiquement que personne ne l’observe. On en parle à peine dans la littérature universitaire alors qu’il est évident que c’est ce que vous devez regarder pour comprendre la Guerre froide. En fait si vous regardez vous obtenez des réponses tout à fait claires. Le président à l’époque était George Bush I. Immédiatement après la chute du mur de Berlin, il y a eu une nouvelle stratégie de sécurité nationale, un budget de la défense, etc. C’est très intéressant. Le message principal est le suivant : rien ne va changer sauf les prétextes. Donc nous avons encore besoin, disaient-ils, d’une force militaire gigantesque, non pas pour nous défendre des hordes russes parce que ça n’existe plus, mais à cause de ce qu’ils ont appelé la « sophistication technologique » de certains pouvoirs dans le Tiers monde. Maintenant si vous êtes une personne bien éduquée, bien formée, qui vient de Harvard, etc., vous n’êtes pas supposé rire quand vous entendez ça. Et personne n’a ri. En fait je pense que personne n’en a rendu compte. Donc, disaient-ils, nous devons nous protéger de la sophistication technologique des puissances du Tiers monde et nous devons maintenir ce qu’ils ont appelé la « base industrielle de la défense » – un euphémisme pour parler de l’industrie high-tech (les ordinateurs, Internet, etc.), qui dépend principalement du secteur étatique, sous le prétexte de la défense.

Concernant le Moyen-Orient... Ils disaient que nous devions maintenir nos forces d’intervention, la plupart d’entre elles au Moyen-Orient. Puis vient une phase intéressante. Nous devons faire barrage pour contenir l’ennemi. Nous devons maintenir les forces d’intervention au Moyen-Orient pour défendre nos intérêts, la région qui « ne pouvait pas être offerte en cadeau au Kremlin ». En d’autres termes, désolés les gars, nous vous avons menti pendant 50 ans, mais maintenant que le prétexte n’existe plus, nous vous dirons la vérité. Le problème au Moyen-Orient est ce qu’on appelle le nationalisme radical. « Radical » signifie simplement indépendant. C’est un terme qui signifie « ne suit pas les ordres ». Le nationalisme radical peut être de différentes sortes. L’Iran en est un bon exemple.

 

La menace du nationalisme radical

En 1953 la menace iranienne c’était un nationalisme laïque. Après 1978 c’est le nationalisme religieux. En 1953 on a renversé le régime parlementaire et on a installé un dictateur beaucoup plus à notre goût. Ce n’était pas un secret. Le New York Times, par exemple, dans un éditorial, se réjouissait du renversement du gouvernement iranien, estimant qu’il s’agissait d’une bonne « leçon de choses » pour les petits pays qui devenant fous, emportés par le nationalisme radical, rejettent toute autorité et veulent contrôler eux-mêmes leurs ressources. Ce sera une leçon de choses pour eux : n’essayez pas ce genre de bêtises, et certainement pas dans cette région dont nous avons besoin pour contrôler le monde. C’était en 1953.

Depuis le renversement du tyran imposé par les États-Unis en 1979 l’Iran a continuellement été attaqué par les États-Unis. Au début Carter a essayé de répondre au renversement du shah en organisant un coup d’État. Ça n’a pas marché. Les Israéliens – l’ambassadeur… il y avait des relations très proches entre Israël et l’Iran sous le shah, bien que théoriquement il n’y eût pas de relations formelles – ont fait savoir que si nous pouvions trouver des officiers disposés à tuer 10 000 personnes dans les rues, nous pourrions rétablir le régime du shah. Zbigniew Brzezinski, le conseiller de Carter à la sécurité nationale, avait à peu près les mêmes idées. Mais ça n’a pas vraiment marché. Les États-Unis ont alors immédiatement soutenu Saddam Hussein, pour qu’il envahisse l’Iran. Et ce n’est pas une mince affaire. Des centaines de milliers d’Iraniens ont été massacrés. Les gens qui sont à la tête de l’Iran actuellement sont des vétérans de cette guerre et ils ont une claire conscience du fait que l’ensemble du monde est contre eux – les Russes, les États-Uniens, tout le monde soutenait Saddam Hussein, tout le monde voulait renverser le nouvel État islamique.

Ce n’est pas peu de choses. Le soutien des États-Unis à Saddam Hussein est allé très loin. Les crimes de Saddam – comme le génocide d’Anfal, massacre de Kurdes – étaient niés. Le gouvernement Reagan les démentait et les attribuait à l’Iran. À l’Irak on a même donné un privilège rare. C’est le seul pays, avec Israël, qui a pu attaquer un navire états-unien et s’en sortir impunément. Dans le cas d’Israël c’était le USS Liberty en 1967. Dans le cas de l’Irak c’était le USS Stark en 1987 – un navire qui appartenait à la flotte états-unienne protégeant les convois irakiens des attaques iraniennes pendant la guerre. Ils ont atttaqué le navire avec des missiles français, ils ont tué plusieurs dizaines de marins – et ils n’ont reçu qu’une petite tape sur la main, rien de plus.

Le soutien des États-Unis était tel que c’est quasiment eux qui ont remporté la guerre pour l’Irak. Une fois la guerre finie, le soutien des États-Unis à l’Irak a continué. En 1989 George Bush I a invité des ingénieurs nucléaires irakiens aux États-Unis, pour qu’ils reçoivent des formations de pointe dans le domaines des armes nucléaires. C’est l’une de ces petites choses qu’on cache parce que quelques mois plus tard Saddam est devenu un mauvais garçon. Il a désobéi aux ordres. Juste après cela il y a eu de terribles sanctions, etc.

 

La menace iranienne

Pour en revenir à notre époque, dans la littérature sur la politique étrangère et dans les commentaires généraux ce que vous lisez généralement c’est que le problème le plus important pour les États-Unis était et reste la menace iranienne. Qu’est-ce que c’est que cette menace iranienne au juste ? Nous disposons d’une source qui fait autorité sur ce point. C’était il y a quelques mois : un compte rendu au Congrès des États-Unis émanant du département de la défense et des services d’intelligence. Tous les ans ils font un compte rendu au Congrès sur la situation mondiale en matière de sécurité. Le dernier compte rendu, celui d’avril dernier, comporte une

partie qui concerne l’Iran, bien sûr, la plus grande menace. Il est important de lire ce compte rendu. Ce qu’ils disent c’est que, quoi qu’il en soit de la menace iranienne, ce n’est pas une menace militaire. Ils disent que les dépenses militaires iraniennes sont plutôt basses, y compris si on les compare aux pays de cette région ; et si on les compare à celles des États-Unis, elles sont insignifiantes – probablement moins de 2% de nos dépenses militaires. Par ailleurs ils disent que la doctrine militaire iranienne est basée sur le principe de la défense du territoire national, elle est conçue pour contenir une invasion pendant un temps suffisant pour rendre possible le passage à l’action diplomatique. Voilà la doctrine militaire des Iraniens. Ils disent qu’il est possible que l’Iran pense aux armes nucléaires. Ils ne vont pas plus loin que cela, mais ils disent que si les Iraniens développaient des armes nucléaires ce serait dans le cadre de leur stratégie défensive, afin de prévenir une attaque, ce qui est une éventualité assez réaliste. Le plus grand pouvoir militaire de l’histoire – c’est-à-dire nous –, qui leur a toujours été extrêmement hostile, occupe deux pays frontaliers de l’Iran et menace ouvertement d’attaquer ce pays. Israël, État client des États-Unis, lance les mêmes menaces. Voilà pour le côté militaire de la menace iranienne telle qu’identifiée dans le Military Balance.

Ils disent par ailleurs que l’Iran est une menace majeure parce que ce pays tente d’étendre son influence dans les pays voisins. On appelle cela déstabilisation. Ils œuvrent à la déstabilisation dans les pays voisins en tentant d’augmenter leur influence et cela est un problème pour les États-Unis, parce que les États-Unis tentent d’apporter la stabilité. Lorsque les États-Unis envahissent un pays c’est pour apporter la stabilité – un terme technique dans la littérature des relations internationales qui signifie obéissance aux ordres des États-Unis. Donc lorsque nous envahissons l’Irak ou l’Afghanistan, c’est pour créer de la stabilité. Si les Iraniens essaient d’accroître leur influence, juste chez leurs voisins, c’est déstabilisant. Cette doctrine, comme tant d’autres, est élaborée dans les universités. Un commentateur libéral et ex-éditeur de Foreign Affairs, James Chase, a même pu dire sans crainte du ridicule que les États-Unis devaient déstabiliser le Chili d’Allende pour apporter la stabilité – c’est-à-dire la soumission aux États-Unis.

 

Qu’est-ce que le terrorisme ?

La deuxième menace iranienne c’est le soutien au terrorisme. Qu’est-ce que le terrorisme ? On nous donne deux exemples du soutien de l’Iran au terrorisme : son soutien au Hezbollah libanais et son soutien au Hamas palestinien. Quoi que vous pensiez du Hezbollah et du Hamas – vous pensez peut-être que c’est ce qu’il y a de pire au monde –, qu’est-ce qui fait qu’on les considère terroristes ? Bon, le « terrorisme » du Hezbollah est fêté tous les ans au Liban le 25 mai, fête nationale libanaise qui célèbre l’expulsion des envahisseurs israéliens du Liban en 2000. La résistance du Hezbollah et sa guerre de guérilla avaient fini par obliger Israël à se retirer du Sud-Liban, mettant fin à une occupation de 22 ans, avec son lot de terreur, de violence, de torture – occupation maintenue en violation des ordres du Conseil de sécurité de l’ONU.

Donc Israël a finalement quitté le Liban et c’est le jour de la Libération au Liban. Voilà globalement ce qui est considéré comme le terrorisme du Hezbollah. C’est comme ça qu’il est décrit. En fait, en Israël c’est même décrit comme une agression. Vous pouvez lire la presse israélienne ces jours-ci et des politiciens de premier plan disent que c’était une erreur de se retirer du Sud-Liban parce que cela permet à l’Iran de poursuivre son « agression » contre Israël, agression qui a commencé en 2000 avec le soutien à la résistance contre l’occupation israélienne. C’est considéré comme une agression contre Israël. Ils ont les mêmes principes que les États-Unis, nous disons la même chose. Voilà pour le Hezbollah. Il y a d’autres actes que vous pourriez critiquer, mais voilà ce qu’est le terrorisme du Hezbollah.

Un autre crime commis par le Hezbollah c’est que la coalition dont il est l’élément principal a largement emporté les dernières élections parlementaires ; mais en raison du principe communautariste qui prévaut pour l’assignation des sièges ils n’ont pas reçu la majorité des sièges. Thomas Friedman [du New York Times] a donc versé des larmes de joie, comme il l’a lui-même expliqué, lors de ces merveilleuses élections libres au Liban, le président Obama ayant battu le président iranien Ahmadinejad. D’autres se sont joints à cette célébration. Autant que je sache personne n’a rendu compte des véritables résultats électoraux.

 

Et le Hamas ?

Hamas est devenu une menace sérieuse – une organisation terroriste importante – en janvier 2006 lorsque les Palestiniens ont commis un crime vraiment grave. C’était au moment des premières élections libres jamais tenues dans le monde arabe et les Palestiniens ont voté comme il ne fallait pas. C’est inacceptable pour les États-Unis. Immédiatement, sans la moindre hésitation, les États-Unis et Israël ont fait savoir qu’ils prenaient la décision de punir les Palestiniens pour ce crime. Juste après vous avez pu lire dans le New York Times deux articles qui se côtoyaient – l’un des deux parlant de notre amour pour la démocratie, ce genre de choses, et l’autre parlant de nos projets de punition contre les Palestiniens parce qu’ils avaient mal voté aux élections de janvier. Aucune contradiction.

Les Palestiniens avaient dû subir bien des punitions avant les élections, mais elles ont été accentuées après – Israël est allé jusqu’à couper l’alimentation en eau à la bande de Gaza, si aride. Au mois de juin Israël avait déjà lancé 7 700 roquettes sur Gaza. Tout cela s’appelle défense contre le terrorisme. Puis les États-Unis, et Israël, avec la coopération de l’Autorité palestinienne, ont essayé d’organiser un coup pour renverser le gouvernement élu. Ils ont échoué et le Hamas a pris le contrôle de Gaza. Après cela le Hamas est devenu l’une des principales forces terroristes au monde. Vous pouvez leur faire beaucoup de critiques – leur façon de traiter leur propre population par exemple – mais le terrorisme du Hamas est assez difficile à prouver. Les accusations actuelles concernent les roquettes lancées de Gaza sur les villes israéliennes frontalières. C’est la justification qui a été donnée pour l’opération « plomb durci » (l’invasion israélo-états-unienne de décembre 2008) et aussi pour l’attaque israélienne contre la Flotille de la paix en juin 2010, dans les eaux internationales. Neuf personnes avaient alors été tuées.

Il n’y a que dans un pays très endoctriné que vous pouvez entendre ces choses ridicules et ne pas rire. Passons sur la comparaison entre les roquettes Qassam et le terrorisme que les États-Unis et Israël pratiquent constamment. L’argument n’a absolument aucune crédibilité pour une raison bien simple : Israël et les États-Unis savent très bien comment arrêter les tirs de roquettes : par des moyens pacifiques. En juin 2008 Israël a accepté un cessez-le-feu avec le Hamas. Israël ne l’a pas vraiment respecté – ils étaient supposés ouvrir les frontières et ils ne l’ont pas fait – mais le Hamas l’a respecté. Vous pouvez vérifier sur les sites officiels israéliens ou écouter leur porte-parole officiel, Mark Regev : ils sont d’accord pour dire que durant le cessez-le-feu le Hamas n’a pas lancé une seule roquette.

Israël a rompu le cessez-le-feu en novembre 2008 en envahissant Gaza et en tuant une demi-douzaine de militants du Hamas. Quelques roquettes ont alors été lancées, puis Israël a lancé une attaque bien plus importante. Il y a eu des morts, tous palestiniens. Hamas a proposé le retour au cessez-le-feu. Le gouvernement israélien a évalué l’offre, puis l’a rejetée, optant pour le recours à la violence. Quelques jours plus tard il y a eu l’attaque israélo-états-unienne contre Gaza.

Aux États-Unis, et en Occident de façon générale, y compris les organisations de défense des droits humains, y compris le rapport Goldstone, on considère comme une évidence le droit d’Israël à se défendre en utilisant la force. Il y a eu des critiques disant que l’attaque était disproportionnée, mais cela est secondaire par rapport au fait qu’Israël n’avait absolument pas le droit d’utiliser la force. Vous n’avez aucune justification pour l’utilisation de la force tant que vous n’avez pas épuisé les recours pacifiques. Dans ce cas les États-Unis et Israël n’avaient non seulement pas épuisé les recours pacifiques, ils avaient rejeté tout recours aux moyens pacifiques, alors que c’était parfaitement possible et ils le savaient bien. Ce principe selon lequel Israël a le droit de lancer des attaques militaires est tout bonnement un fascinant cadeau.

Quoi qu’il en soit, que l’Iran essaie d’étendre son influence et que l’Iran soutienne le Hezbollah et le Hamas c’est, du point de vue des services d’intelligence et du département de la défense, ce qui constitue son soutien au terrorisme.

Noam Chomsky

Source : http://www.zcommunications.org/u-s-...

Traduction : Numancia Martínez Poggi

article 12192 du site  Legrandsoir.info
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 Sommes nous déjà cuits ?

 

La CIA aurait garanti à des nazis un "refuge sûr" aux Etats-Unis (NY Times)

 

USA forcés de remanier leurs ambassades suite aux révélations de WikiLeaks

 

Alerte Etats-Unis: L'état d'urgence supplanterait-il la Constitution ?

 

Une UE américaine: L'Europe est sous occupation financière

 

Irlande,USA: L'ENFER de la globalisation néolibérale - Fin du rêve américain

 

Comment le gouvernement US et ses attachés de presse concoctent leurs mensonges

 

Wikileaks confirme: Machiavéliques plans de l'OTAN contre la Russie

 

Extraits du discours de Kennedy et d'Eisenhower sur le NWO en gestation

 

La Fed, les bulles, l'inflation des prix alimentaires et la misère croissante aux USA

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 19:13
Wikileaks : circulez, il n’y a rien à (sa)voir (ou comment la nomenklatura médiatique serre les rangs)

Chassez le naturel et devinez comment il revient ? Sous forme de critiques acerbes - à la quasi unanimité semble-t-il - de la presse française contre les "fuites" de Wikileaks.

Admirez le superbe travail de camouflage qu’ils déploient avec l’argument suivant, assené dés le lendemain de la publication des documents : "ces fuites ne nous apprennent rien de nouveau" (source : journalistes encartés, presse, télé, radio). Comment ? Même pas à un petit "faut voir, le temps d’examiner tout ça et on vous tiendra au courant" ?

Alors, première hypothèse : les journalistes, soucieux d’apporter une information de qualité, se sont farci la lecture des 250.000 documents dans la nuit (ils sont forts les journalistes professionnels) et peuvent ainsi vous rassurer, cher lecteur, qu’il n’y a rien de nouveau là-dedans et que, ma foi, eux (car ils sont professionnels les journalistes professionnels) ont toujours fait leur travail correctement et que (donc) tout ceci ne serait que beaucoup de bruit pour rien.

Deuxième hypothèse : ils n’ont pas la moindre putain d’idée de quoi ils parlent.

Encore eux : "publier des documents secrets, c’est pas bien". On sent là résonner une note de sincérité, pure et cristalline. Effectivement, publier des documents secrets, qui n’auraient pas été fuités par une "source bien informée", "haut-placée" ou "proche du gouvernement" - et avec laquelle le journaliste entretient une relation privilégiée et vaguement complice - c’est pas bien.

Et enfin, laisser planer un doute : "attention, ces fuites sont organisées et c’est donc une manipulation". Diantre, on attend avec impatience qu’ils se mettent au travail et nous expliquent qui, comment et pourquoi.

Résumons : Journalistes salariés des médias commerciaux. Médias commerciaux appartenant aux multinationales. Multinationales sans foi ni loi acteurs/complices des crimes commises sur la scène internationale.

Et vous vous demandez encore, cher lecteur, d’où vient cet étrange sentiment que plus rien ne va dans le monde des médias ?

Théophraste R.
(libre comme le vent qui souffle entre les oreilles de Pujadas)

2 commentaires
http://www.legrandsoir.info/L-horreur-imperiale-Les-Etats-Unis-et-l-hegemonie-mondiale.html
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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 00:55

 

http://dutron.wordpress.com/2010/07/04/avec-blanc-et-joyandet-deux-fusibles-ont-fondu-chez-sarkozy/

 

Le 21/11/2010


Nous y voilà à l'ultime étape menant au nouvel ordre mondial greffée ( comme je l'ai indiqué en date du 30/06/2010 lorsque je m'adressai alors aux officiers) sous la présidence française au G20 (11/2010 à 11/2011).

 

Cette ultime étape sera très très lourde de conséquences et ce n'est évidemment pas un hasard si une semaine avant la présidence française effective au G20, la Fed a préparé le terrain aux hostilités (situation de banqueroute universelle - intervention militaire en Iran, catalyseur du 3 è conflit international - guerre civile européenne) en prenant une décision historique, inédite, aux conséquences désastreuses qui se traduira par de l'hyperinflation, une flambée des tarifs des matières premières, un krach obligataire), celle consistant en le rachat pour pas moins de 600 milliards de dollars en bons du Trésor américain.

 

L'élite de la franc-maçonnerie place la France en 1 ère ligne pour mener l'ultime étape menant au nouvel ordre mondial et à une gouvernance mondiale dictatoriale, fait preuve de coordination et de synchronisation : les présidents (durant la période liée à la présidence française au G20) des instances supranationales clés que sont le Fmi, la Bce et l'Omc sont tous français et membres du groupe de Bilderberg, cherchez l'erreur !

 

La stratégie d'isolement de l'état d'Israël et accessoirement de la France par-rapport aux Etats-unis a été parfaitement illustrée lors de menaces émanant d'al qaïda ces 27 et 29 octobre 2010 (une nouvelle configuration 9/11) pour la 1 ère fois exclusivement adressées à l'attention de la France et d'Israël et que d'un autre côté (contrairement au 09/11/2009) le 1 er ministre israélien Benyamin Netanyahu n'a pas directement rencontré le président américain barack Obama lors de sa visite du 7 au 11/11/2010 aux Etas-unis.

 

LE MESSAGE AUDIO CORRESPONDANT (partie 1) : http://www.blog-video.tv/video-10631360ec-Archive-tele-du-21-11-2010-09-59-48.html

LE MESSAGE AUDIO CORRESPONDANT (partie 2) : http://www.blog-video.tv/video-10631cc7b9-Archive-tele-du-21-11-2010-10-14-46.html

Par Eva R-sistons - Publié dans : Nouvel Ordre Mondial - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Lundi 22 novembre 2010 1 22 /11 /2010 05:04
Article placé le 11 nov 2010, par Mecanopolis

Dans les conclusions de la réunion du 29 octobre du Conseil européen – constitué des chefs d’Etat et de gouvernement, du président du Conseil européen et du président de la Commission européenne – il est précisé à propos du contenu d’une telle modification qu’il s’agit de « renforcer la surveillance de la politique économique (des Etats membres) » et « d’instaurer un mécanisme permanent destiné à sauvegarder la stabilité du marché financier dans toute la zone euro ». Même la proposition de la chancelière allemande Merkel et du président français Sarkozy qui prévoit de priver, pendant une période assez longue, les pays qui ne respectent pas dans leur budget les critères de déficit* du droit de vote dans tous les organismes européens en ce qui concerne les questions de l’Union monétaire figure – en dépit des protestations des autres gouvernements exprimées avant la réunion et de nombreux articles de presse parus après la réunion – dans le document final du Conseil au titre de « mandat écrit » adressé au président du Conseil.


En décembre 2010, lors d’une nouvelle réunion, le Conseil européen prendra les décisions définitives.

Modification effectuée dans le dos des peuples

Alors que la majorité des articles de presse se concentrent sur la question de savoir qui a imposé sa volonté à Bruxelles et ont recours à toutes sortes de clichés, on n’évoque pas le problème constitutionnel et le caractère explosif des décisions qui sont sur le point d’être prises. La question ne sera pas débattue largement car le président du Conseil van Rompuy a annoncé qu’on adopterait «une procédure simplifiée de modification du Traité qui ne nécessite pas de référendums» ! (Deutschland­funk, 29 octobre)

Les modifications prévues doivent être effectuées relativement vite afin qu’elles puissent être ratifiées «au plus tard au milieu de 2013» sans consultation des citoyens à l’expiration du soutien accordé à la Grèce et des mesures de sauvegarde de l’euro. (Conclusions du Conseil européen du 29 octobre).

La «procédure de modification simplifiée» est réglementée à l’article 48-6 du Traité de Lisbonne, une nouveauté dont on a trop peu débattu compte tenu de son caractère explosif. Karl Albrecht Schachtschneider, dans sa plainte contre le Traité de Lisbonne, avait mis le doigt sur ce point névralgique. L’article 48-6 permet des modifications hors procédure habituelle, c’est-à-dire sans référendums, lesquels sont obligatoires – par exemple en Irlande lors de chaque modification – et demandés dans tous les pays membres.

Encore davantage de mise au pas et de centralisation

Les modifications prévues du Traité ne sont pourtant pas un détail mais une nouvelle étape vers un Etat fédéral donc une transgression des conditions mises par l’Allemagne à son adhésion à l’UE. Dans un commentaire paru le 30 octobre dernier dans la «Neue Zürcher Zeitung», on peut lire: « Le communiqué du Conseil européen […] nous montre que la politique de l’UE vise à l’harmonisation [on pourrait dire également: mise au pas] et à la centralisation. » Et plus encore: le projet de priver du droit de vote est inconnu dans les Etats fédéraux : il rappelle les méthodes utilisées en dictature.

La «surveillance de la politique écono­mique» ne signifierait pas seulement un contrôle des budgets nationaux et par conséquent une ingérence dans les droits prioritaires, historiquement et philosophiquement fondés, du peuple souverain ou de ses représentants dans les parlements. Elle prive les pays encore davantage que jusqu’ici du droit de gérer souverainement leur économie.

Finalement, dans une interview accordée le 29 octobre au «Deutschlandfunk», le président du groupe parlementaire de la CDU-CSU a expliqué ce que le Conseil veut dire lorsqu’il parle d’un «mécanisme permanent de sauvegarde du marché financier dans toute la zone euro». On envisage de modifier l’article 122 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Celui-ci prévoyait jusqu’ici une «aide» financière des Etats membres de l’UE uniquement en cas de catastrophe naturelle et d’autres événements exceptionnels. Il s’agirait maintenant de permettre un transfert financier comme dans le cas de la Grèce et de la sauvegarde de l’euro.

C’est là reconnaître que ce que les gouvernements européens ont fait au printemps dernier à ce sujet n’avait pas de base légale.

Quel avenir pour l’UE?

La voie suivie jusqu’ici mène à une impasse celle de la mise au pas et de la centralisation. La poursuivre constituerait une atteinte à la liberté, au droit et à la démocratie. On peut s’attendre à ce qu’elle n’apporte pas de solution aux problèmes de l’Europe et des Etats européens. La tentative d’éviter les questions fondamentales de l‘UE est vouée à l’échec. Aucune propagande, aussi habile soit-elle, ne pourra empêcher cela, car, finalement toute politique se heurte aux réalités.

Parmi ces réalités, il y a le fait que le modèle néolibéral, qui est à la base des traités de l’UE, a échoué. L’économisme s’est avéré être une mauvaise théorie, une idéologie propagée dans l’intérêt d’une oligarchie. Il ne tient pas compte des hommes, de leur dignité, et de leurs aspirations à la liberté, à l’égalité et à la justice. Parmi ces réalités, il y a également le fait que la classe politique de l’UE et des Etats membres perd de plus en plus de sa crédibilité. Un nombre grandissant de personnes reconnaissent que leurs sociétés sont entraînées dans une mauvaise direction. Parmi ces réalités, il y a encore le fait que les citoyens cherchent partout en Europe à déterminer eux-mêmes leur destin politique.

Une autre voie fondée sur la volonté citoyenne

Y a-t-il une solution? Sans doute uniquement si l’on part d’une volonté sérieuse des citoyens. Il s’agirait notamment de développer une autre Europe fondée sur le droit et l’éthique. Il existe des repères dans l’Histoire, par exemple l’idée d’une «Europe des patries» (Charles de Gaulle) – sans hypertrophie bureaucratique liberticide. Une Europe où les Etats et les peuples puissent décider de nouveau librement quels traités ils veulent conclure. L’UE actuelle est un produit de l’après-guerre. A l’époque, Les Etats-Unis, puissance victorieuse, ont voulu que les peuples de l’Europe se plient à la volonté de Washington et de New York et à cette fin, il fallait les mettre sous tutelle.

Les changements qui se produisent dans le monde ouvrent de nouvelles voies. Ce serait une aubaine pour l’Europe que de devenir indépendante. Elle le doit si elle veut survivre.

Karl Müller, pour Horizons et Débats

* Le déficit annuel ne doit pas dépasser 3% du PIB et la totalité de la dette publique ne doit pas excéder 60% du PIB, conditions que presque aucun Etat de la zone euro ne remplit.

 

http://www.mecanopolis.org/?p=20483

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 02:38
L’enterrement théâtral du mouvement social chez Yves Calvi
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http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EkllkEFyVEZPSXrbro.shtml

 

Opinion de "Vogelsong"

 

(..) C’est une page d’histoire qui s’écrit, puis qui se tourne. Devant les yeux abêtis de ceux qui la regardent et qui l’ont faite. En octobre 2010, tout conspire à la seule issue raisonnable à la protestation qui secoue l’hexagone. Celle que le cercle de la raison auto-proclamé a décidé, quoi qu’il arrive, d’imposer. Le laminoir de la vérité, exigence sommitale qui nécessite une mise en spectacle. C’est une page d’histoire qui s’est écrite et qui se tourne. Une histoire circulaire où les mêmes plastronnes ivres de leur puissance, les mêmes trahissent pour une pitoyable aumône. Enfin, les mêmes donnent le change et perdent leurs frocs.


La lumière crue d’un plateau de télévision a pu révéler, l’espace fugitif d’une image l’incarnation même de la veulerie. Tout se passe comme si se nouait devant les yeux du monde l’histoire d’un mouvement social et la sortie par le haut de tous ses acteurs. Le spectacle politique en cette soirée du 25 octobre 2010 a pu dévoiler la théâtralisation de la soumission aux puissants. Y. Calvi journaliste d’accointance gouvernementale sautille frénétiquement sur son siège. Il a dénoué le conflit sur la “réforme des retraites”. In extremis à la fin d’un plateau, il obtient ce que trois semaines d’efforts populaires n’ont pas réussi à extirper. Dans l’interstice laissé frivolement par le publiciste majordome, L. Parisot conclut en seize secondes un accord de négociation sur l’emploi des jeunes et des seniors avec F. Chérèque. Tout le reste alors devient superfétatoire. Deux heures de débats pour seize secondes. Seize secondes impromptues. La fameuse négociation que tout le monde attend soutirée par la marraine du projet de réforme au parrain des reculades sur les acquis sociaux.

 

 

 



Rapprochement Chereque/Parisot 25.10.10
envoyé par dittrak. - L'actualité du moment en vidéo.


Un théâtre de marionnettes


Qui va croire à cette grossière mise en scène ? Ce jeu de marionnettistes dont les cordes sont visibles depuis les boulevards de la capitale qui mènent à l’Élysée. Mais tout se passe comme si la grâce finalement saisissait les acteurs du conflit. Revenus à la raison, au moins pour l’un d’entre eux face à l’inflexibilité du guide de la République. Qui peut croire en ce film, mal produit ? Dont le prologue s’éternise, C.Estrosi le sourire cireux, les cheveux impeccablement teins qui ressasse les éléments de langage sur le démocratisme. Ces mêmes éléments recyclés par Y. Calvi, toujours en pointe dans son soutien à N. Sarkozy. Tel un séide du Figaro en transit sur la télévision publique déversant sa logorrhée antisociale, vaillamment juché sur sa déontologie journalistique.


Les insignifiants


B. Thibault lui, sauve son scalp, laissant au traître habituel (son alter égo François) le rôle du traître. Lui conserve sa niche contestataire. La CGT rangée au rayon du marketing télévisuel, remisée aujourd’hui en syndicat acteur du spectacle pitoyable de la débandade sociale. Tout ceci serait aussi insignifiant que ces acteurs s’il n’y avait pas des Hommes sacrifiés. Trois semaines de luttes exténuantes physiquement et nerveusement, de sacrifices sur les salaires, purgés en seize secondes. Le dévouement d’une partie des salariés soldé à l’encan du journalisme d’état, et de la basse œuvre spectaculaire du dialogue social. Qui aura les mots pour expliquer ce dialogue aux lycéens fraîchement entrés en lutte, au quinquagénaire devant son brasero dont une dizaine de journées payées sont parties en fumée.


Après avoir synchronisé toutes les attentions pendant une petite heure, apprêté le public au climax du spectacle, L. Parisot porte l’estocade aux représentants syndicaux. F. Chérèque acquiesce d’un mouvement névrotique des cils, statufié par la méduse. B. Thibault fixe le lointain, penaud. La France décroche un dialogue social sur l’emploi des jeunes et des seniors avec celle qui prétendait dans une fulguration existentialiste “La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?”. Que va bien pouvoir proposer le MEDEF, alors qu’il n’a rien cédé sur les retraites ? Sur quelles bases autres que libérales F. Chérèque pense-t-il pouvoir dialoguer ? Un nouveau tour de piste pour discuter de ce qui a pu être sauvé de la précédente négociation. Un joli coup de poker bien orchestré par Y. Calvi pour le compte du gouvernement. Rideau.
_________
*
http://piratages.wordpress.com/
inv

 

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EkllkEFyVEZPSXrbro.shtml

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 22:00
  

 

La "douce" Marie ! Moi, elle me fait penser à une tigresse !!!!

http://jmg78.hd.free.fr/gooimg.php?q=Marie+Drucker&start=42&imgsz=medium|large

 

 

Journal de 20 h (Marie Drucker),

FR2 26 octobre 2010:

Ce qu'on ne vous dit pas

par eva R-sistons

 

 

 

"Les manifs de trop" !!

 

Sourire aux lèvres

(mais de façade,

car une femme comme ça,

il vaut mieux ne pas l'avoir sur sa route !

Quel caractère, olé !),

la Marie (Drucker), au 20 h de FR2,

nous annonce que ça va mieux. Ouf !

Ouf pour qui, au fait ?

Mais pour le Grand Capital et pour le MEDEF, voyons !

On reprend le travail, adieu la chienlit ? Pas sûr. Passons.

 

Donc, nouvelle loi adoptée par le Sénat.

Mais... la brune au sourire de façade

oublie de dire qu'elle sera remise sur le tapis en 2013,

après les élections comme par hasard.

Patatra ! Tout sera à recommencer.

On nous a servi le hors d'oeuvre,

le plat de subsistance c'est pour après.

Et il sera copieux, copieux !

Manifs assurées... Comme dit Hollande,

la colère reste. Rien n'a été réglé,

les Français n'ont pas été écoutés.

A suivre, donc !

 

Sarkozy-et-guillaume.jpg

 

Ce n'est pas tout !

Silence sur un épisode glorieux pour l'Opposition

au moins communiste. Le député André Guérin brandit

une affiche représentant Sarkozy (Nicolas) et

Sarkozy (Guillaume), l'un travaillant pour le compte

du portefeuille de l'autre, aux Assurances,

et qui récoltera, si le Dieu du Fouquet's le veut,

le pactole des retraites qui seront ensuite capitalisées,

et aussi le fruit des contributions volontaires

des Français à Alzheimer. Chut ! Epargnons aux Français

les dessous de notre République-Ubu.


 

 

 

.

Et quid du recours de la Gauche devant le Conseil Constitutionnel ?

Il faut surtout faire croire aux veaux de France que tout est joué,

et bien joué ! Il est inutile de manifester, la récré est finie,

au travail (pour ceux qui en ont un), et pensons aux PME,

si on n'est pas sages elles vont licencier, licencier !

 

Allons, la Marie, tu as informé ? Tu crois ?

Ca vaut Pujadas, le roi de la désinformation.

Cachons la vérité aux Français, manipulons-les,

il en restera bien quelque chose en 2012 !

Hé hé, l'égérie des guerres pour la patrie,

la madone au sourire de granit,

la Marie, elle ne veut pas perdre son boulot en 2012 !

Et nous, boudons cette info torchon,

lisons les blogs. Oui, les blogs, comme celui-ci naturellement.

Pour être informés, vraiment !

 

Eva R-sistons

 

decrochons-de-la-TV.jpg

 

http://no-war.over-blog.com/article-medias-et-desinformation-sur-le-blog-r-sistons-a-la-desinformation-d-eva-45343166.html

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 21:21
Image : 60 ans, l'âge de la retraite... de gré ou de force pour les personnes handicapées ? Illustration : Fabien Véançon.
http://www.yanous.com/news/focus/focus010216.html

Le point sur la retraite expliquée à tous !

Pour imposer aux Français une réforme de la retraite qu’ils ne veulent pas, Nicolas Sarközi utilise des arguments indiscutables, parce que mensongers.

Tout d’abord, il faut évacuer rapidement les lieux communs du genre : « l’augmentation de la durée de cotisation va combler le déficit ».

Si on y regarde de plus près, on s’aperçoit qu’un français rentre dans le monde du travail à l’âge de 27 ans en moyenne.

Or en 2008, ce même français sort de l’emploi salarié à l’âge de 59 ans en moyenne.

Sur ces bases, ils ne seront donc qu’une minorité à pouvoir cotiser pendant 42 ans. lien : http://collectif.coquelicot.over-blog.org/article-une-reforme-des-retraites-en-trompe-couillons-58680407.html

Autre bêtise remarquable : « l’allongement de la durée de la vie rend nécessaire l’allongement de la durée de cotisation ».

La cause du déficit et du fait qu’il va continuer à se creuser n’est pas l’allongement de la durée de vie, mais l’augmentation du chômage.

Pourquoi ne pas empêcher les délocalisations, et interdire les licenciements dans les entreprises non déficitaires ?

En effet, les cotisations retraite sont prélevées uniquement sur les salaires, d’où le problème. Si elles étaient prélevées sur les richesses, il n’y aurait plus de problème.

En 1950 il fallait 4 travailleurs pour payer la retraite d’un seul individu, et en 2010, il suffit d’1,75 cotisant pour le même résultat.

Contrairement à une idée reçue, les profits sont peu imposés en France.

C’est Christine Lagarde qui le dit :

« il existe en France un écart significatif entre le taux d’imposition facial des bénéfice des entreprises, qui est de 33,3, et le taux réel qui est de 22%. La première raison à cela est l’existence en France de nombreuses exonérations ou taux réduits dont les grands groupes savent tirer parti »

Le déficit des retraites se monte en 2010 à 39 Milliards, or l’ensemble des exonérations de charges sociales pour les entreprises se monte à 40 milliards.

La fraude dans ce domaine s’élève à 30 milliards d’euros. lien : http://www.clesdusocial.com/mois-social/mois-social-10/15-societe-civile/fraudes-2009.htm

Cherchez l’erreur ?

Un autre argument est avancé par le gouvernement : « dans les autres pays, l’âge de la retraite a été repoussé ».

Même si tous les autres pays faisaient çà (ce qui n’est pas le cas) çà ne signifierait pas pour autant qu’ils aient raison.

On nous affirme que l’âge de la retraite en Allemagne serait de 67 ans. ?!

Totalement faux, ce sera 67 ans (peut-être) en 2030, et d’ici là beaucoup de choses peuvent changer.

Il faut ajouter qu’en Allemagne, le nombre d’annuités à cotiser n’est pas de 40 ans (ce qui est le cas en France) mais de 35.

Avant de prendre une telle décision, il y a eu en Allemagne de réels débats, jamais de passage en force, comme en France. En Suède, l’arbitrage a duré 10 ans.

Ce power-point : http://www.fichier-pps.fr/2010/10/23/retraites-1/ résume bien la situation. Les députés que nous avons élus avaient-ils le droit de voter contre ceux qui les ont élus ?

Espérons que les citoyens s’en souviendront en 2012, lors des législatives.

Mais qu’en est-il de la retraite de ces mêmes députés ?

Connaissez-vous l’histoire de l’amendement n° 249 ?

Quelques députés verts audacieux (Annie Poursinoff, Yves Cochet, Noel Mamère, et François De Rugy) avaient proposé de reconsidérer les avantages considérables qu’ils ont en matière de retraite : ils ne cotisent qu’à hauteur de 12%, le reste (52 millions d’euros annuels pour tous les députés) est payé par l’Etat, c’est-à-dire par nous.

Pour 1 € cotisé, ils reçoivent à leur retraite 6 euros, alors que nous ne recevons dans le meilleur des cas qu’1,50 € pour 1 € cotisé.

Le 9 septembre 2010, l’amendement a été rejeté. Regardez cette vidéo : http://www.pour-une-democratie-directe.fr/_BLOG/?tag=amendement,  du débat.

Comme le dit Gérard Filoche, inspecteur du travail, 67% de nos concitoyens pensent qu’il ne faut pas toucher la retraite à 60 ans.

Libre à chacun de travailler jusqu’à la mort, mais on n’a pas le droit d’obliger une personne à travailler plus qu’il ne veut, ou qu’il ne peut.

Gérard Filoche, fait un très bon résumé de la situation.

Il épingle brillamment Sarközy, lequel prétend que nous avons gagné 40 ans d’espérance de vie. Filoche évoque des évidences :

A 55 ans, 2 maladies sur 5 sont liées au travail, et à 60 ans, 3 maladies sur 5 sont liées au travail.

L’ouvrier qui a passé sa vie derrière un marteau piqueur n’a pas la même espérance de vie que celle d’un fonctionnaire.

Allons-nous voir des infirmières de 62 ans continuer à s’occuper de leurs patients alors même qu’elles auraient besoin de souffler ? Devront-elles le faire en déambulateur ?

Mais au delà des pénibilités physiques, il évoque aussi les pénibilités mentales : un instituteur qui a passé 35 ans de sa vie à gérer des classes surchargées, et des enfants turbulents ne voit pas d’un œil très réjoui arriver l’obligation de travailler toujours plus tard. 

Il y a en France 180 000 accidents cardio-vasculaires annuels dont la moitié est liée à l’activité professionnelle.

Gérard Filoche raconte le décès d’un homme, qui après 15 heures de travail, sortant de son bureau, est mort brutalement sur le trottoir.

Cet accident cardio-vasculaire n’a pas été comptabilisé comme « accident du travail », puisqu’il s’est produit dans la rue…

Et que dire des cancers liés au travail : ils ne sont pas comptabilisés, mais ils existent malgré tout.

Et Filoche de faire un constat cruel : travaillez plus longtemps, vous mourrez plus tôt.

Il se base pour justifier cette affirmation sur une information indéniable :

Les assurances sur la vie, pour lesquelles nous sommes régulièrement sollicités, se basent pour leurs calculs sur une « table de mortalité ».

Or, ces tables disent que si nous travaillons 2 ans de plus, nous vivrons 1 an de moins.

Gérard Filoche se bat aussi pour la terminologie des mots :

« Il n’y a pas de charges sociales en France, il n’y a que des cotisations, qui sont prélevées sur nos salaires, mise dans un pot commun et qui sont redistribuées à chacun suivant ses besoins. Ce ne sont pas des prélèvements obligatoires, ce sont des prélèvements volontaires, et nos ainés se sont battus pour çà ».

Il épingle aussi Christine Lagarde, critiquée pour avoir obligé les chômeurs de 57 ans à continuer d’aller « pointer au chômage ». lien : http://www.lepost.fr/article/2008/04/17/1182534_les-chomeurs-de-57-ans-ont-du-souci-a-se-faire.html

Elle a commis une bourde terrible en lâchant :

« Quand on a 57 ans, on n’est pas fichu », mais alors, répond Gérard Filoche : « c’est quand on est fichus qu’on a droit à la retraite ? ».

L’INSEE calcule l’espérance de vie en bonne santé : 63 ans pour les hommes et 64 ans pour les femmes, et 59 ans pour les ouvriers.

Il conclut par cette évidence :

Les plus belles années de la retraite, c’est entre 60 et 65 ans, et les plus dures années de vie au travail, c’est entre 60 et 65 ans.

Les 500 premières familles les plus riches de France pèsent 194 milliards d’euros.

Il y a 378 000 millionnaires en euros en France.

Face aux 8 millions de français qui vivent dans la pauvreté (moins de 950 € par mois), la France arrive en troisième place au nombre des millionnaires. lien : http://www.actuchomage.org/2010101312592/La-revue-de-presse/la-france-paradis-des-millionnaires.html

La France n’est pas pauvre, les richesses sont seulement moins bien partagées.

Le gouvernement a exonéré (charges sociales) les entreprises à hauteur de 45 milliards, après avoir affirmé qu’ils avaient de la peine à trouver 400 millions d’euros pour les chômeurs en fin de droit, qu’ils qualifient aimablement d’assistés.

Mais, comme le dit Gérard Filoche, les assistés, ce sont les patrons.

Les niches fiscales les plus importantes, celles consenties aux plus nantis, représentent 72 milliards d’euros.

Si on additionne tous ces milliards, on voit qu’il y a donc largement de quoi payer les retraites.

Il y a donc aujourd’hui l’évidente volonté de l’état de casser le système actuel, afin de favoriser les sociétés d’assurances, lesquelles vont bientôt pouvoir nous proposer des « retraites à la carte ».

Médiapart l’affirme le 14 octobre 2010 : 

« La réforme va conduire à l’asphyxie financière des grands régimes par répartition et sera donc propice à l’éclosion de ces grands fonds de pension qui n’étaient pas encore parvenus à s’acclimater en France ».

(Ceux-ci sont responsables aux USA des faillites que l’on sait, alors que le peuple américain était globalement hostile à la retraite par répartition. Bernard Madoff qui s’occupait des placements en bourse de ces fonds de pension, est l’un des principaux artisans de cette faillite).

Parmi les opérateurs privés qui vont opérer en France, on trouve le groupe Malakoff Médéric, dont le délégué général n’est autre que le frère du Président : Guillaume Sarkozy. lien : http://www.mediapart.fr/journal/france/121010/retraite-la-joint-venture-des-freres-sarkozy-contre-les-regimes-par-repartitio

 


Auteur : Ouallonsnous ? - Source : Agoravox

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=17152

 

 

http://www.peuples.net/post/ff

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 21:01
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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 23:31

La République des larbins

Vingtième jour déjà de notre grève du zèle en soutien au mouvement pour les retraites : voici plumedepresse-Jour.

Lancé par Jean-Luc Mélenchon à l’adresse de David Pujadas, le mot est à la mode : « larbin ». L’affaire est bien résumée sur son blog par le Conseiller de Paris du Parti de gauche, Alexis Corbière : « mon camarade Jean-Luc Mélenchon réagit à la façon dont, lors d’un journal de 20h00, le journaliste de France 2, David Pujadas, mène une interview de Xavier Mathieu, responsable syndical des travailleurs de l’usine Continental de Clairoix dans l’Oise. Cette interview date du 21 avril 2009, les 1120 salariés de l’usine viennent d’apprendre que leur demande de plan de sauvetage a été rejetée par les pouvoirs publics. Les locaux de la Préfecture de l’Oise à Compiègne font les frais de leur colère. D’un coté, plus de mille personnes viennent de perdre leur emploi. De l’autre, quelques ordinateurs sont renversés, des vitres sont brisés. Devant des millions de spectateurs, qu’est-ce qui indigne M. Pujadas, d’après vous ? »

Le Figaro pleure, le Medef va craquer : ne lâchons rien !

« Irresponsables », « jusqu’au-boutistes », « radicalisés » ? Certes, mais la faute à qui ? C’est maintenant ou jamais ! Voici plumedepresse-Nuit.

« La facture des grèves s’alourdit », pleure Le Figaro. « Verdict : la facture serait de 200 à 400 millions d’euros par jour de grève. Soit un coût de 1,6 milliard à 3,2 milliards pour les huit journées de perturbations subies. »

Copé répand encore sa propagande éventée : journalistes, faites votre travail !

Nous poursuivons notre grève du zèle  - dix-neuvième jour aujourd’hui – et ses deux articles quotidiens en soutien au mouvement pour les retraites. Mais parfois, nous vous confessons que c’est vraiment dur. De ne pas céder au découragement et laisser en plan le blog, plutôt que de se laisser aller à n’user que d’invectives, tant la tentation est grande. Par exemple, en lisant l’interview accordée au Parisien par Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, nous n’avons d’abord ressenti qu’une irrépressible envie de l’agonir d’injures. Lisez plutôt : tous les poncifs les plus éculés de la propagande réactionnaire y sont. »

Cette presse qui ment

On ne lâche rien ! Voici plumedepresse-Nuit.

De prime abord, les grands médias semblent bien trop puissants, à notre échelle de fourmi, pour pouvoir contrecarrer efficacement leur propagande ou leur désinformation. Mais gare à l’effet démultiplicateur d’Internet ! Lorsque des centaines de blogs démontent ainsi par exemple le discours libéral sur le Traité constitutionnel européen, le « Non » finit par largement l’emporter au référendum, contre toutes les « élites » médiatiques ! Le combat pour défendre nos retraites passe donc forcément aussi par cette réappropriation citoyenne de l’information. Cas pratiques avec Le Figaro et France Soir. »

 

 

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 22:50

AcrimedCes médias qui avaient sonné la retraite de la mobilisation avant même qu’elle ait commencé, entonnent désormais le grand air de la radicalisation. Des médias en grand nombre, mais pas tous : suffisamment pour que tout le monde connaisse les paroles.

 

- Après avoir clamé sur tous les tons, dès le mois de mai, que la réforme sarkozyste était « urgente », « unique » , « inévitable », « incontournable » et non négociable, sinon à la marge et autour des maigres concessions préparées d’avance par le gouvernement...

 

- Après avoir chanté en chœur, dès le mois de juin, que les Français étaient « résignés » à perdre le droit à prendre leur retraite à 60 ans...

 

- Après avoir, avant de prendre leurs vacances, observé de loin, de travers, et d’un œil perplexe ces manifestations manifestement inutiles, puisque de toute façon le gouvernement « ne pouvait pas céder » aux revendications de « la rue »...

 

- Après avoir fait partager à leur lecteurs, leurs émois de septembre face à cette résignation qui n’en finit pas de se résigner…

 

Les plus valeureux de nos médias et de nos éditorialistes conjuguent désormais la « résignation » et la « radicalisation ».

 

Jeudi 7 octobre

 

Le Figaro.fr prend de l’avance et… cinq jours avant la grève, prophétise :

Le Parisien du même jour annonce :

 

 

En page intérieure de cette mémorable édition, Le Parisien propose un « zoom sur ces militants syndicaux qui plaident pour une radicalisation du mouvement » : témoignages et interviews de trois cheminots et de Mireille Chessa la «  pasionaria de la Canebière ». « Zoom » complété par une interview en trois questions d’un « sociologue ». : « Sommes-nous au tournant d’un conflit social plus dur ? » / « Les préavis de grève reconductible sont-ils le signe d’une radicalisation ? » Les réponses à ces deux questions quasiment identiques sont dans les questions et … font la « Une » du Parisien  ! Dernière question : « Pourquoi les leaders syndicaux CGT, CFDT, et même FO refusent d’user de cette arme ?  » Réponse : « Parce qu’ils sont responsables ». Parole de sociologue.

 

Et les « ultras » du gouvernement qui sont « radicalisés » depuis plusieurs mois ? Le Parisien qui ne les a pas rencontrés nous apprend que l’Elysée « refuse de dramatiser mais reste attentif » - c’est le titre de l’article – mais que « l’exécutif affiche toujours sa fermeté ». Mais pas son « ultra » radicalité….

 

Le Parisien n’est pas seul sur ce créneau : Le Monde.fr titre en une, le 7 octobre : « Les syndicats entre radicalisation et exaspération ». La Tribune.fr, le même jour : « Retraites : risque accru de radicalisation du conflit » – article enrichi par un sondage qui vaut bien des éditoriaux : « SNCF, RATP… les appels à la grève illimitée se multiplient. La menace de grève illimitée dans les transports vous semble…1. Scandaleuse – 2. Inutile – 3. Pénible – 4. Nécessaire »...

 

Et la cohorte des éditorialistes n’est pas en reste : « La radicalisation n’est pas fatale », fait mine de se rassurer Gérard Carreyrou sur son « blog » publié sur France-Soir.fr (8 octobre). Mais elle est menaçante quand même, s’indigne, en des termes subtils, Jean-François Pécresse, dans Les Echos : « Cheminots et traminots, électriciens et gaziers : le coeur de l’armée rouge du syndicalisme a beau courir à reculons vers la grève reconductible, il vient de faire entrer le conflit des retraites dans une nouvelle dimension  » (7 octobre). « C’est en tout cas une voie dangereuse sur laquelle s’engage le conflit », s’alarme Jacques Camus, de La République du Centre, (7 octobre).

 

Et Paul Burel, de Ouest-France brandit la menace d’une « démonstration de force plus ou moins contrôlée d’une base stimulée par les ultras de tous bords (…). Et d’ajouter : L’ultime péril , le plus incontrôlable, réside naturellement dans les possibles débordements inhérents à toute radicalisation  ». Parmi ces « débordement inhérents », figure d’abord le vocabulaire de ce journalisme qui désigne par « radicalisation » à la fois le passage à d’autres formes d’action que les grèves « carrées » (de 24 heures), et les incidents qui pourraient émailler celui-ci [1], dans une confusion allègrement entretenue.

 

« Radicalisation ! Le mot est dans l’air du temps et il fait peur », note – finement…– Gérard Carreyrou. Mais s’il est dans l’air du temps, c’est que la plupart des bouches des ténors médiatiques le vomissent, parce qu’il fait peur, pour faire peur.

 

Lundi 11 et mardi 12 octobre

Il faut bien vendre. C’est pourquoi Le Parisien-Aujourdhui en France épouse la courbe des sondages, et quelques jours après avoir mise en garde contre les « ultras », la « résignation » éditoriale, le 11 octobre, gagne la première page. Les Français sondés sont-ils des « ultras » ?

Mais le péril radical est toujours là : « Gauche et droite craignent une radicalisation » ! D’où l’on est tenté de conclure, ou bien qu’une grève durable n’est pas une radicalisation, ou bien que la gauche et la droite ne représentent que 38 % des Français ! Ou bien ?

Pour Le Monde, ce sont les syndicats et l’Elysée [2] qui se partagent les « risques » d’une radicalisation :

 

Quant au Figaro, il surenchérit sur Le Parisien du 7 octobre. Sans doute a-t-il eu le temps d’enquêter...

 

 

Le Monde, Le Figaro, Le Parisien : trois variantes d’une même radicalisation.

Henri Maler et Olivier Poche (avec Gilles et Nathalie)

Notes

[1] Et, dont, implicitement, les manifestants sont tenus par avance responsables.

[2] Double lecture, comme l’explicite les deux sous-titres, qui renvoie aux deux sens (médiatiquement) possibles du terme « radicalisation ».


Auteur : Henri Maler, Olivier Poche - Source : Acrimed

 

http://dazibaoueb.fr/article.php?art=16588

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 04:14

Jean Lévy

jeudi 30 septembre 2010, par Comité Valmy

 

Jardin de yuyuan à Shanghai

 


Le Monde n’aime guère la Chine populaire, c’est connu.


Mais là, la coupe est pleine : le quotidien du soir fait de son éditorial*, un véritable réquisitoire à l’égard de la politique économique de cet Etat.

Le journal dénonce « Les méthodes du Dragon sur le marché mondial », ce qu’il nomme « les mauvaises manières de la Chine »,.

Après avoir insisté sur la « colère qui ne cesse de monter » au Congrès américain, et déploré qu’à Bruxelles, « les Européens (soient) jusque là bien timides et silencieux sur le sujet », le Monde énumère, « dans l’arsenal d’une concurrence passablement déloyale », « une autre arme utilisée par Pékin : les grandes entreprises publiques, étatiques, chinoises ».

Et d’expliquer :

« Contrairement à une image qui doit trop à notre occidentalo-centrisme, le capitalisme chinois est moins ‘libéralisé’ qu’on ne le croit. L’une de ses forces de frappe réside dans ses entreprises étatiques. Elles sortent gagnantes de la crise 2008-2009, indiquait, cette semaine, le ministère chinois des finances. BTP, énergie, pétrochimie, téléphonie, aéronautique, dans ces secteurs, l’Etat chinois a favorisé la création de grands groupes publics (…) Là, pas d’appels d’offres, ou alors purement formels : les marchés sont attribués aux groupes chinois. . (…) Là pas de concurrence indue : les firmes étrangères ou chinoises privées sont priées d’aller voir ailleurs…Là, pas d’actionnaires à rémunérer : pour ses entreprises, l’Etat chinois est grand prince ! ».

Tel est le diagnostique établi par le Monde des « mauvaises manières » chinoises.

De mauvais esprits pourraient rétorquer que ces « mauvaises manières » permettent à ceux qui les pratiquent, de « jouer gagnant », alors que « le marché libre » et « la concurrence » enfoncent dans la crise et la pauvreté de masse, les Etats, qui en font leur loi.

Le Monde n’en a cure, car, pour lui, assumer sa souveraineté, préférer l’intérêt national au profit privé, ce sont là les perfidies d’un système que le Monde rejette avec effroi.

Mais l’horreur est à son comble, quand le quotidien constate que :

« On est ici dans un capitalisme d’Etat contre lequel le capitalisme ‘privé’ ne joue pas à armes égales (…) car qu’ils opèrent à l’abri de la concurrence sur leurs propres marchés, ces grands groupes étatiques chinois ou leurs filiales passent à l’offensive sur les nôtres ».

Qui oserait dire que le Monde ne s’identifie pas au capitalisme privé ?

Le journal concède certes, du bout des lèvres :

« On reconnaît que la Chine tire, en partie, l’économie mondiale » et, selon les experts de l’ONU, on lui doit aussi, par ses succès remportés contre la pauvreté, une baisse de la misère dans le monde. Mais, c’est pour conclure :

« Mais une fois dans la cour des ‘grands’, il faut jouer selon ses règles »

Les règles du Capital mondialisé, bien sûr, et du Monde « recapitalisé », en premier lieu.

* Le Monde,

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article874

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 04:04

L’establishment réagit à la controverse sur le 11/9 suscitée par Ahmadinejad comme un gosse pris la main dans le sac


Steve Watson
Dimanche 26 Septembre 2010


L’establishment réagit à la controverse sur le 11/9 suscitée par Ahmadinejad comme un gosse pris la main dans le sac

Infowars.net, Steve Watson, 23 septembre 2010


     La réaction des politiciens de l’establishment et de leurs porte-parole médiatiques aux commentaires du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à propos des événements du 11 septembre 2001, ressemble à celle d'un enfant fautif pris la main dans le sac avec du chocolat plein la figure.


     La démarche visant à gonfler la situation en créant un cirque médiatique créera en fin de compte un retour de manivelle, car de plus en plus de gens découvrent que, malheureusement, les commentaires du président iranien, bien qu’enveloppés dans un ressentiment anti-israélien omniprésent, sont justes.


     Ahmadinejad a tout simplement déclaré ce que pensent des millions de gens : qu’il existe des preuves suggérant que les attentats du 11/9 sont en quelque sorte un coup monté de l'intérieur. C’est un constat de fait, peu importe la manière répugnante dont il puisse être délivré.


     Donnant plus tard une interview au service persan de la BBC, dans lequel il a déclaré au peuple iranien que ces commentaires étaient « insultants et haineux, » le président zunien Barack Obama s’est dit « outré et blessé. »


     Comme toujours, la réalité des faits a été déformée au-delà de l’acception. Le départ en colère d’une minorité de délégués des Nations Unies au moment du discours d'Ahmadinejad, a été transformé pendant la nuit en révolte de grande envergure par la corporation médiatique.


     L'Union européenne, nous raconte-t-on, était si dégoûtée par les commentaires d’Ahmadinejad, que « la totalité des représentants des 27 nations de l'UE sont sortis. »


     Pourtant, en 2008, quand le parlement européen a organisé un débat sur les événements du 11/9, les preuves contredisant l'explication officielle et les raisons pour lesquelles une enquête indépendante doit être effectuée, il n'y avait eu absolument aucun tollé.


     Quand le député européen Giulietto Chiesa et l’ancien ministre allemand de la Défense Andreas von Bulow ont mené le débat sur les incohérences du 11/9, personne n’est sorti et les journaux ne l’ont pas signalé à la une, parce qu'il n'y avait guère de chance de salir et discréditer la question du fait de la nature des personnages qui la posaient.


     De même, quand un homme politique japonais important, Yukihisa Fujita, a organisé des débats et parlé des questions autour du 11/9, incitant des parlementaires de divers pays à envisager de demander à l'ONU d'enquêter, aucun politiciens de l’establishment ne l’a dénoncé et les journaux ne l’ont pas annoncé en première page.


     Quand l'ancien président de l'Italie, Francesco Cossiga a déclaré qu'à son avis le 11/9 était une vaste opération de l’intelligence supervisée par l'appareil de renseignement de Zunie [*], ce n’est pas apparu à la une des journaux.


     Quand plusieurs membres de la Commission sur le 9/11 nommés officiellement ont déclaré que l'appareil de renseignement et le gouvernement zunien avait fait obstruction activement à leur enquête, aucun homme politique n’a dit être scandalisé et les journaux n’ont pas répercuté cela en première page.


     Quand des chefs de l’armée, des scientifiques, des ingénieurs, des architectes, des professionnels du droit, des secouristes de première ligne, des membres des familles et tous les autres milliers de gens cités dans cet article ont mis en doute l'explication du gouvernement zunien sur le 11/9, ce n’était pas à la une des journaux.


     Catherine Ashton, la chef des Affaires étrangères de l'UE, a dit aujourd’hui : « Il est scandaleux et inacceptable que la Zunie a été en quelque façon responsable des attentats terroristes du 11/9 ou que la majorité des gens en Zunie pensent que c’est le cas. »


     Que vous croyiez ou non à l'explication officielle sur le 11/9, il ressort de plusieurs sondages et enquêtes menées au cours de ces quelques années passées, que la majorité des Zuniens la mettent en doute. Ils veulent une enquête indépendante et ils rendent responsables des éléments de leur propre gouvernement. Ce sont de simplement faits :

     Les médias ont exagéré le bruit de la controverse, avec le vice-premier ministre britannique, Nick Clegg, « dénonçant » Ahmadinejad à l'ONU aujourd'hui à la suite de ses commentaires d’hier.


     Dans son discours, Clegg déclare : « ...Hier, une fois encore à cette tribune, un grave sujet de préoccupation mondiale a été éclipsé par la déclaration bizarre, offensante et accrocheuse du président Ahmadinejad. Ses remarques visaient à détourner l'attention des obligations de l'Iran et à faire les gros titres. Elles ne le méritent pas. »


     Si Clegg ne veut pas de gros titres, pourquoi a-t-il choisi d’aiguiller son discours entier autour de ce qui fait tapage ?


     Selon l’article du Guardian, « ...le président iranien a dit qu'il existait des preuves montrant que le gouvernement de Zunie avait au moins pourvu aux besoins des attentats, notamment avec dans les décombres des tours jumelles, les passeports des hommes qui ont été impliqués avec des responsables zuniens, bien qu'aucune trace des kamikazes présumés n’a été retrouvée. »


     Ce passage est très intéressant car le journaliste du Guardian semble penser Ahmadinejad sous-entend que la preuve que des éléments du gouvernement zunien sont impliqués dans les attentats consiste en certains passeports retrouvés dans les ruines, et que ça fait partie de la « théorie du complot. »


     En fait, ce que veut réellement dire Ahmadinejad, c’est que la preuve que des extrémistes islamistes avaient perpétré ces attentats se composait d'un passeport retrouvé dans les décombres. Cette affirmation [d’un fait] invraisemblable fait partie de la version officielle des événements.


     À vrai dire, si vous avez réellement lu ce que dit Ahmadinejad, il devient clair que l’objet de son discours était de relier les attentats du 11/9 aux guerres d’Irak et d’Afghanistan, qui sont toujours en cours. Peu importe à quel point Ahmadinejad vous fait horreur, avec de bonnes raisons, c'est un point clé que les politiciens remettent rarement, sinon jamais, sur le tapis lors des sommets internationaux.


     Sans la justification du 11/9, il n’y aurait certainement pas eu de guerre en Afghanistan, et peu de soutien international pour envahir l'Irak. Ces guerres d'agression sont justifiées comme des retombées du 11/9, c’est pourquoi cet événement doit être abordé. Une minutieuse enquête indépendante sur ce qui s'est passé le 11/9, sur la façon dont les attaques ont été effectuées et par qui, est le moins auquel nous puissions compter. À la place, il est désormais admis comme règle qu'il est en quelque sorte « choquant, » « bizarre » ou « haineux » d’exiger une explication plausible des événements, ou même d'en parler.


     Cette attitude sert d’étape pour effacer tout à fait cet événement de l'histoire. Elle aboutit uniquement à créer toujours plus de soupçons qui conduisent à leur tour les gens à examiner les indices et à découvrir la vérité par eux-mêmes.


     Vous devez tout simplement accepter le fait que des centaines de milliers, plus probablement des millions, d’Afghans et d'Irakiens innocents sont morts en fin de compte à cause de ce qui s'est passé le 11/9. Si vous n'acceptez pas aveuglément que c’est vrai, vous êtes « bizarre » ou « choquant. »


     Dans une conference de presse largement couverte aujourd'hui, le président iranien a réitéré ses commentaires en constatant :

     « Je ne dit pas le droit, mais ne sentez-vous pas que le moment est venu d'avoir un comité d'établissement des faits ? »


     Il a aussi fustigé les guerres zuniennes en Irak et en Afghanistan comme une réaction excessive aux attentats :

     « Les Zuniens ne devraient pas occuper tout le Moyen-Orient... bombarder les banquets de mariages... anéantir un village entier juste parce qu'un terroriste s’y cache. »


     Il est vraiment pitoyable que ce dictateur de pacotille [**], avec son dégoûtant dossier des droits de l’homme, parle plus raisonnablement de cette question que nos dirigeants élus.


     Même si vous acceptez sans réserve l'explication officielle du 11/9, vous n’êtes pas obligé de déconner avec l'attaque de l'Afghanistan. L'histoire officielle raconte que les pirates ont été formés sur des bases aériennes zuniennes et que le complot du 11/9 a été conçu en Europe. En outre, les Talibans avaient accepté de coopérer avec le gouvernement zunien et d'extrader Oussama Ben Laden avant le 11/9, puis à nouveau immédiatement après le 11/9.


     Malgré cela, si vous osez demander pourquoi l'Afghanistan a été attaqué après le 11/9, c’est « choquant » et vous êtes « bizarre » et « haineux. »


     En réalité, la chose la plus « bizarre » sortie de cette triste affaire, c’est la réaction de l'establishment avec sa sous-estimation du souhait populaire de comprendre et de remonter à la source de dix ans de conflit mondial intense et d’immense dégradation économique et morale au sein de la société.


     Semblant les plus coupables, la plupart de nos ainsi nommés politiciens pleurnichent et usent de roublardise.


     Il est évident que la mainmise de l'establishment sur les commentaires d'Ahmadinejad et le grand cirque médiatique entourant aujourd’hui cette histoire est une tentative visant à réaliser deux choses : obtenir du soutien pour prolonger les sanctions contre l'Iran, et salir ceux qui continuent à poser des questions sur le 11/9 et les guerres d'agression au Moyen-Orient, en les associant à un « ennemi » fabriqué du monde libre.


Original : infowars.net/articles/september2010/240910Establishment.htm
Traduction copyleft de Pétrus Lombard



Notes du traducteur


* Francesco Cossiga a aussi parlé du Mossad. Une organisation extérieure ayant infiltré les systèmes informatiques, de communication et de sécurité était absolument nécessaire, car peu de Zuniens auraient été capables de zigouiller 3000 compatriotes. C’est le fond de l’affaire, tel qu’il transparaît des découvertes du journaliste d’investigation Christopher Bollyn.

     Selon Bollyn, l’infiltration des réseaux zuniens a été réalisée sur plusieurs années par des compagnies dépendantes du Mossad, grâce à des Néo-conservateurs à des postes clefs là-bas.

     L’affaire des pirates de l’air est une fabrication donnant de la consistance au phénomène de terrorisme international. Les soi-disant pirates de l’air, piégés par le Mossad pour faire croire en leur rôle, n’ont pas participé aux attentats puisque ce sont des avions télécommandés, une spécialité israélienne, qui ont été jetés sur les tours préparées pour la démolition contrôlée durant la période où la sécurité des tours a été supprimée, juste avant les attentats. Les rumeurs d’une affaire de terrorisme en préparation ont été soigneusement ébruitées au préalable, pour faire croire en l’imminence d’un grand attentat terroriste avec des avions en Zunie.

     Les avions télécommandés n’ont pas été interceptés à cause de la confusion qui régnait du fait d’une manœuvre aérienne qui se déroulait opportunément ce jour-là dans le nord du pays. Les opérateurs de la surveillance aérienne ne savaient pas si ces avions faisaient partie de l’exercice militaire et ils recevaient des ordres contradictoires, grâce sans doute à l’infiltration des Israéliens dans le réseaux de commandement militaire et aussi, selon Wayne Madsen, grâce à Cheney qui supervisait l’ensemble de l’opération sur un réseau de commandement secret.


** Steve Watson ne semble guère aimer Mahmoud Ahmadinejad, mais que sait-on de sûr à propos de cet homme en Occident, à part ce qu’on nous en raconte ? Et que sait-on de ce qui se passe exactement en Iran, à part ce que disent des « journalistes » qui répètent comme des perroquets la propagande du Pentagone ou ce que des ennemis du régime transfuges de ce pays leur racontent ?

     Je ne sais pas si Steve Watson a eu connaissance du scandale Sakineh qui a fait rage en France. Un coup monté où tout est si faux que l’on se demande comment le président d’un État peut avoir le toupet de se faire porteur de cette propagande. Et toute cette comédie uniquement pour discréditer un régime iranien qui fait obstacle au mondialisme. Un nouveau coup monté qu’aucun journaliste français n’a bien entendu dénoncé.

     L’attitude des journalistes occidentaux, et français en particulier dans leur grande majorité, est d’une gravité extrême pour l’avenir de la démocratie. Le fait qu’ils ne parlent jamais de l’affaire du 11/9, sauf pour ridiculiser ceux qui s’intéressent aux incohérences de l’histoire officielle, démontre qu’ils sont complices de l’establishment pour trahir leurs compatriotes.

     Croyez-vous qu’une personne sensée peut croire la version officielle zunienne des attentats du 11/9 ? Croyez-vous que nos dirigeants, avec leurs services de renseignement, ne savent pas la vérité à ce sujet ? La situation artificielle actuelle, avec un terrorisme international bidon inventé par Israël, est pratique pour eux pour discréditer les contestataires des pays qu’ils pillent. Elle leur donne aussi des excuses pour établir des dictatures chez eux. C’est grâce aux journalistes qui nous trahissent, que nous pouvons constater aujourd’hui que les politiciens détricotent tranquillement la démocratie en France.


Dimanche 26 Septembre 2010
http://www.alterinfo.net/L-establishment-reagit-a-la-controverse-sur-le-11-9-suscitee-par-Ahmadinejad-comme-un-gosse-pris-la-main-dans-le-sac_a50203.html
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Published by Eva R-sistons - dans Désinformation
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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 05:58

 

Néo-colonialisme au Niger,

par eva R-sistons

 

 

Comme les Lecteurs et les Lectrices de ce blog doivent le savoir, les relations entre la France de Sarkozy et Israël sont si étroites, qu'on peut dire sans exagérer que les 2 Etats ont presque fusionné, en particulier via le CRIF. Au grand dam de l'indépendance nationale, bien sûr ! Or, l'Etat d'Israël, ayant flairé de juteuses occasions en Afrique, comme d'ailleurs la Chine, cherche de plus en plus à s'installer dans le continent. Un continent qui, rappelons-le, possède les plus prometteuses ressources pour les décennies à venir ! La France y a ses intérêts, elle est encore bien implantée, et une entreprise comme Areva la représente sur place, et tant pis pour les autochtones.

 

Bref, que fait Nicolas Sarkozy en Afrique ? Assurément ce que l'alter ego israélien lui demande ! Le Crif, et le Medef, sont les deux mamelles de Sarkozy. Si l'on ajoute que les Américains ne tiennent pas à voir les Chinois en Afrique, et que par contre ils tiennent à s'approprier les ressources du continent africain, eux aussi, on comprend que tous ces gens se retrouvent sur des terres où ils sont mal accueillis, sauf les Chinois, plus avisés et plus portés aux concessions que les Occidentaux qui eux règlent les problèmes en faisant travailler leurs industriels de l'armement. Et d'ailleurs, les Chinois préfèrent offrir des équipements aux autochtones, plutôt que les bombarder. Les Nigériens savent reconnaître leurs amis, et surtout leurs ennemis !

 

Donc, le sieur Sarkozy sent qu'il peut offrir tant à ses amis du MEDEF que d'Israël  de juteuses opportunités, et il s'intéresse de plus en plus au continent africain. Quant à Areva, qui est plus motivée par les profits que par le bien-être des populations locales, c'est le moins que l'on puisse dire - pillage, atteintes à l'environnement, mépris des autochtones... -, sa présence n'enthousiasme guère les populations de la région. Et, parfois, elles le font savoir, à leur manière, celle du pauvre (actes de piratage, attentats...). Celui qui sème le vent, très exactement le néo-colonialisme, peut s'attendre à récolter la tempête, un jour ou l'autre.

 

Les intérêts financiers de la France seront d'autant plus menacés, que la politique de notre pays se fera plus pressante, sous la pression tant du MEDEF que d'Israël. A plus forte raison si notre gouvernement instaure en France une sorte de Mac'carthysme, de chasse aux sorcières, non seulement envers les Roms, mais d'abord et avant tout envers les Musulmans, que les citoyens israéliens ne portent guère dans leur coeur. Lois sur la "burqa", participation aux guerres de l'OTAN en Afghanistan, discriminations envers les citoyens arabes ou Musulmans, tout cela a des conséquences, un jour ou l'autre. Depuis plus d'un an j'attire l'attention de mes Lecteurs sur le risque, avec un énergumène comme Sarkozy, d'attentats sur notre sol. On ne peut pas stigmatiser des individus sans s'attendre, un jour ou l'autre, à les voir réagir. Il est normal que les citoyens musulmans, et à plus forte raison islamistes, soient très remontés contre un pays qui favorise Israël et piétine leurs intérêts, au point, en sous-mains, de préparer une sale croisade contre l'Iran. Car notre "Chef" n'est pas seulement un néoconservateur bon teint, 100 % bushiste, et peut-être encore plus que l'original, mais il est comme ses amis texans, partisan des politiques les plus musclées, brutales, guerrières. Et tant pis pour les Français, opposés à toutes ces folies...

 

Al Quaïda n'existe pas, c'est un phantasme créé pour nous faire peur et pour nous dresser contre les Musulmans, car l'organisation représente tout au plus deux mille activistes répartis un peu partout, selon des sources officielles (ancien chef de la Sécurité intérieure en France, au micro de C dans l'Air). L'armada occidentale n'a rien à craindre de ces quelques fanatiques. Mais elle sait parfaitement les instrumentaliser à des fins machiavéliques, de prédation des Etats riches en ressources, et de soumission des citoyens apeurés.

 

Le fait qu'un agent de la DST soit parmi les otages, au Niger, apporte un éclairage nouveau à l'affaire, éclairage évidemment peu ébruité par la Presse aux ordres. Et cela nous promet des rebondissements variés... justifiant une présence militaire toujours plus importante, et au final, en effet, la région risque de finir comme l'Irak et l'Afghanistan. Le sous-sol du pays est si riche, qu'il suscite les appétits les plus gourmands, et les moins regardants quant à l'éthique.

 

Alors, western à rebondissements ? Sanglant, certainement. La démocratie à la sauce occidentale est décidément beaucoup moins appétissante que celle qui règne au Vénézuela, et que les Médias partisans vont s'acharner à diffamer pendant les élections.


Chavez est un grand bonhomme, aimant son peuple, le dorlotant, et ce genre de dirigeant est suffisamment rare pour qu'on le salue. Alors, n'écoutons surtout pas les sirènes des médias menteurs... et réjouissons-nous de sa future victoire bien méritée.

 

Quant aux Nigériens, avec Areva, le Medef, Sarkozy et ses amis tant israéliens qu'américains, ils peuvent redouter le pire...

 

Les convulsions ne font hélas que commencer ! Lorsque les terres sont très riches, les vautours modernes arrivent... de partout ! Et ce sont les autochtones qui en font les frais... Néo-colonialisme bien vivant !

 

Eva R-sistons

 

TAGS : Niger, Afrique, France, Sarkozy, Israël, Chine, Etats-Unis, Areva, néocolonialisme, MEDEF, Vénézuela, Chavez, démocratie, Musulmans, Arabes, Al Quaïda, terrorisme, burqa, OTAN, Afghanistan, Irak, Iran

 

 

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et ma réponse:

 

Selon l’Observatoire du nucléaire, l’enlèvement des sept français par AQMI serait une manœuvre de l’armée française

Selon l’Observatoire du nucléaire, l’enlèvement des sept salariés d’Areva et de Vinci au Niger, le 16 septembre dernier, serait une manoeuvre tactique de l’armée française destinée à conserver la mainmise de la France sur les mines d’uranium nigériennes.

C’est une dépêche du Journal du Dimanche, publiée mardi dernier, qui rapporte le communiqué de l’Observatoire du nucléaire. Le document développe l’hypothèse selon laquelle l’Etat-major français aurait volontairement facilité l’enlèvement des employés en abaissant son seuil de vigilance, pour ensuite donner l’impression de sévir, et ainsi conserver le monopole de mines convoitées par la Chine. http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Depeches/Niger-L-Observatoire-du-nucleaire-cible-l-armee-221659/

(..) voir commentaire + bas

 

Bien entendu, intérêts (économiques et hégémoniques) à défendre, franco-israéliens,

et contrer les Chinois. En +, via les Médias, le plaisir de taper sur les Islamistes donc les Musulmans. D'une pierre, 3 coups. eva

 
  

 

Confirmation:

 

Lire aussi:

Sous la burqa, le Niger

Alain Gresch (Monde Diplomatique)

http://www.alterinfo.net/Sous-la-burqa-le-Niger_a50198.html 

.

DERNIÈRE RÉVÉLATION SUR LE RAPT DES SEPT ÉTRANGERS AU NIGER : Un agent de la DST parmi les otages



Source :

23 Septembre 2010

Que cache « la réaction rapide et inconditionnelle » de la France dans la zone du Sahel et la mobilisation d’une centaine de militaires ?

 

 

« Les actions que mène la France au Sahel commencent à livrer leur secret et l’enjeu devient plus clair », nous ont confié, hier en exclusivité à L’Expression, des sources très au fait du dossier et de ce qui se prépare dans la région. L’énigme révélée par nos sources s’avère « la présence parmi les sept otages enlevés jeudi dernier au nord du Niger, d’un agent des services de renseignements français appartenant à la DST ».

La présence de l’agent de la DST parmi les otages change totalement la donne et explique, en partie, la réaction à la fois « furieuse et rapide » des autorités françaises quitte à embraser la région. « L’agent en question a été injecté dans la région dans l’objectif d’infiltrer le réseau terroriste agissant au profit de ce qu’on appelle Al Qaîda au Maghreb islamique », précisent nos sources. « La France a sollicité l’aide des Américains de façon officielle », ajoutent encore nos sources, précisant que « derrière cette approche se cache l’autorisation des Américains aux Français d’intervenir en territoire sahélien, qui va permettre par la suite à ces mêmes Américains de mobiliser leurs troupes dans la région et d’en faire un second Irak ou un second Afghanistan ».

 

L’enjeu est donc, toujours selon nos sources, très grave et se traduit par la trahison tout simplement des Accords d’Alger, par la Mauritanie et le Mali. Ces accords ont été convenus dans la capitale algérienne, le mois de mars dernier, et entrent dans le cadre d’une lutte commune contre le terrorisme et le crime organisé regroupant les réseaux qui s’adonnent à tous genres de trafics. Mais il fallait entraîner le Niger dans ce projet qui se concrétise avec cette prise d’otages. C’est dire que les complicités sont d’un très haut niveau, qui vont, non seulement servir les intérêts des réseaux terroristes, des narcotrafiquants et contrebandiers, mais à coup sûr, les intérêts des Occidentaux, les Américains y compris. Sachant parfaitement que la France exploite un gisement d’uranium par le biais de sa compagnie Aréva installée à Arlit au nord du Niger. Le pire que craignent les services de sécurité algériens, consiste en un recrutement « massif de hors-la-loi » au sein des réseaux terroristes, un fait qui intervient systématiquement suite à cette ingérence imposée dans la région. L’Algérie avait anticipé en regroupant les pays du Sahel pour une action commune et concertée dans la lutte contre le terrorisme dans la bande du Sahel et tenter par tous les moyens légaux d’éviter une ingérence étrangère. Mais, a priori, nos voisins ne l’entendent pas de cette oreille. Fascinés certainement par la présence d’une seconde force jumelée France-USA, la Mauritanie et le Mali livrent la région à une occupation étrangère.

L’Algérie est directement concernée par ce qui se passe, puisque les faits se déroulent dans une région limitrophe. Des renseignements collectés, que nos sources prennent avec beaucoup de réserve, font état aussi que l’on cherche à provoquer une réaction de Mokhtar Benmokhtar, qui reste loin de ce qui se passe, même s’il y est mêlé indirectement, afin de légitimer une intervention militaire occidentale. MBM a échappé à plusieurs reprises aux pièges qui lui ont été tendus par les forces américaines, car non seulement il représente une véritable source d’information, mais aussi parce qu’il contrôle un important nombre de tribus touarègues.

Et c’est dans ce contexte que les ravisseurs affiliés à la présumée branche d’Al Qaîda au Maghreb islamique revendiquent l’opération du rapt perpétré le 16 septembre dernier, soulignant dans un message audio lu par un porte-parole répondant au nom de Salah Abou Mohamed, que les auteurs du kidnapping, Abou Zeïd avec l’aide précieuse d’un certain Ag Amnoukal, allaient faire part à Paris de leurs demandes. Ils mettent en garde, dans le même message, le gouvernement français quant à une tentative d’intervention militaire, comme celle menée pour libérer Michel Germaneau.

Aujourd’hui, la France sollicite, selon des responsables américains, l’aide de l’armée US prétextant une volonté de localiser l’endroit où sont séquestrés les otages par l’imagerie satellitaire.

Aucune autre information n’a filtré à ce sujet, sauf qu’on sait que si cette action est entreprise par les Américains, elle n’épargnera pas l’Algérie du fait que les otages sont maintenus dans un endroit non loin des frontières algériennes.

Toute la panique qui s’est emparée de la France cache bien des dessous, même si de nombreux officiels français ne cessent d’alerter que l’Hexagone fait face à un véritable pic de menace terroriste.

Point également évoqué, hier, par le directeur général de la police nationale française, Frédéric Péchenard. Ce dernier, intervenant sur les ondes de la Radio RTL, souligne, se fiant à l’information rapportée par des sources sécuritaires algériennes, l’existence d’un éventuel attentat-suicide.

« Nous avons des indications sérieuses émanant de renseignements fiables, nous disant qu’il y a un risque d’attentat important » et de poursuivre : « Nous avons actuellement un pic de menace qui est incontestable. A l’heure où je vous parle, il y a une menace spécifique contre les intérêts français » a-t-il averti.

Par ailleurs, l’on sait que lors d’une réunion d’un conseil restreint, mardi, présidé par Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur français a reçu pour mission de se déplacer au Mali dans la soirée. La France a été rassurée sur la vie de ses ressortissants, selon les dernières informations parvenues à l’Elysée. Et sans aucun doute, elle fera tout pour libérer les otages, surtout que maintenant on sait qu’une grosse pointure figure parmi les sept victimes.

Ikram GHIOUA

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article862

 

 

La puissance nucléaire française et l’uranium du Niger

Khadija SHARIFE

 

Le Niger exporte suffisamment d’uranium vers la France pour générer 80% de l’électricité de cette dernière, note Khadija Sharife. Mais le Nigérien ordinaire profite peu de cette mainmise française sur des ressources vitales pour ce pays, avec les trois cinquième de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. Sans compter les rapports faisant état de la contamination radioactive de l’eau, de l’air et du sol par les opérations d’extraction menées par les multinationales. C’est ce pays qui vient de vivre le énième coup d’Etat de son histoire, avec la destitution de Mamadou Tandja.

Le réseau de routes principales reliant des centres urbains miniers tel Arlit, Agadez et Niamey est connu sous le nom de ‘’l’autoroute de l’uranium’’. Développé entre 1970 et 1980, la route reliant le nord au sud du Niger fait office d’artère principale pour faciliter le transport des ressources liquéfiées d’uranium. Le réseau lui-même fait partie de la route transsaharienne, un ancien système utilisé depuis des temps immémoriaux par les habitants de ‘’Tinariwen’’ ou le Désert des Innombrables, selon le terme sous lequel le Sahara était connu par ses fils, y compris les Hausa et les Touaregs.

Malgré les découpages des territoires par les anciens colonialistes qui ont rassemblé des états/nations à leur convenance (pour mieux diviser, conquérir et exploiter), la route transsaharienne a continué à exister en se jouant astucieusement des frontières fermées. Au milieu de cette route se trouve le Niger enclavé, un pont entre le Nord et l’Afrique subsaharienne, un pays qui avoisine sept autres pays.

Le Sahara, qui englobe 11 pays, recouvre 80% des terres du Niger, un pays qui se caractérise par la pauvreté, la famine, les sécheresses et les dictatures. Plus de 60% de sa population vit dans la ceinture de pauvreté, privée de l’accès à la nourriture, à l’eau, aux installations sanitaires, aux infrastructures et à l’instruction. (..)

Le Niger, qui exporte 7,7,% de l’uranium mondial, se situe avec constance parmi les cinq premiers exportateurs avec le Canada, l’Australie, le Kazakhstan et sa production est au même niveau que celle de la Russie. La ville d’Arlit, à elle seule, fournit largement les anciens seigneurs coloniaux, la France, en uranium. Un approvisionnement requis pour le programme nucléaire de l’Hexagone et ses centrales nucléaires estimées au nombre de 59.

L’uranium avait initialement été découvert au Niger en 1957 par le Bureau Minier de la France d’Outre Mer, une année avant la création de la République du Niger. Ceci à la suite d’une étude extensive menée par la Commission à l’Energie Atomique (CEA) de la France, qui a commencé en 1956 et a conduit à plusieurs découvertes à la veille de l’indépendance en 1960. La décolonisation réussie de l’Afrique par la France a été réalisée grâce à des accords militaires secrets et des accords concernant les ressources, ainsi que des zones monétaires spéciales. Ces accords imbriquaient les intérêts de la France avec ceux des gouverneurs autochtones soigneusement choisis comme au Gabon et au Togo - Omar Bongo et Gnassingbé Eyadéma - tous deux dirigeants à vie, de la libération sélective à la mort, et Félix Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire. Ainsi, non seulement la France a eu un accès préférentiel aux ressources stratégiques, la présence de bases militaires françaises dans des anciennes colonies étaient légitimées, servant à la fois à soutenir le règne des dictateurs tout en les gardant sous contrôle. A partir de 1969, 27 accords ont été signés par d’anciennes colonies, y compris le Niger.

 

Les intérêts français ont été servis par le biais de la politique africaine postcoloniale de la France, connue sous le nom de Françafrique, qui a impliqué les échelons politiques et diplomatiques de l’Elysée depuis l’époque du général de Gaulle. Cette politique impliquait les lobby du renseignement et des multinationales intimement connectée avec l’Etat, comme Elf et Areva, des dictateurs de fabrication française et des réseaux de l’ombre désignés sous le nom de personnalité qu’on souhaitait honorer, comme Jacques Foccart, le principal conseiller pour l’Afrique de de Gaulle qui a été rappelé, après avoir pris sa retraite à l’âge de 81 ans, par le président Jacques Chirac, afin qu’il reprenne des activités. Chirac lui-même a déclaré, au début des années 1990, que le continent ‘’ n’était pas prêt pour la démocratie’’. Lorsqu’il lui a été demandé de décrire le rôle de Foccart dans Françafrique, le vice Premier ministre du général de Gaulle, Louis Joxe, a déclaré ‘’ être la nounou des présidents et s’assurer que les fonctionnaires africains seront payés à la fin du mois’’.

Les mines d’uranium découvertes au Congo, au Gabon et au Niger ont permis à la France de contourner les terrains minés menant à l’uranium en Ouzbékistan, au Canada et en Australie, des régions perçues comme ayant des tendances proaméricaines ou étant gérées par les Etats-Unis, rival de la France en Afrique et ailleurs. La Chine, assoiffée de ressources, avec une présence en expansion rapide en Afrique avec plus de 24 milliards de dollars de prêts depuis 2003, principalement garantis par des ressources, est aussi considérée comme une menace aux intérêts français.

Actuellement la France maintient 10 000 soldats spécialisés sur le continent, principalement basés à Libreville au Gabon, aussi connue sous le nom de ‘’Foccartland’’. De 1997 à 2002, la France est intervenue militairement 36 fois. Sur ces incidents, 24 ont eu lieu sans référence aux Nations Unies. La politique de Françafrique se poursuit sous Sarkosy, avec des soldats français intervenant dans des disputes internes.

Depuis le jour de l’indépendance du Niger, Diori Hamani du Niger et son parti politique, le Parti Progressiste nigérien (PPP), indirectement choisi par la France, ont régné sur le pays, aidé dès 1963 ouvertement par diverses interventions ou par des actions clandestines. Grâce à des accords militaires secrets, les soldats français basés à Niamey ont collaboré avec celui-ci afin d’éliminer et d’exiler l’opposition, tel que l’Union Nigérienne Démocratique. Hamani Diori s’est présenté aux élections, sans opposition, en 1965 et en 1970 mais a commis l’erreur fatale de demander le retrait des troupes françaises au début des années 1970. La France l’a fait, puis sans surprise un coup d’Etat militaire a porté au pouvoir le colonel Seyni Kountche au pouvoir. Kountche a été tué en 1987 et le colonel Ali Saibou lui a succédé.

Une avancée rapide de l’autoritarisme électoral du Niger sous la dictature de Tandja Mamadou

Actuellement, les forces armées du Niger, qui comptent 12 000 hommes, sont guidées par 15 conseillers militaires français. Et les Nigériens sont principalement instruits, entraînés et financés par la France. Ils protégent cinq zones cruciales, à savoir les routes géostratégiques et les mines. Les deux plus importantes mines du Niger sont contrôlées par Areva, l’entité dominante en matière de nucléaire, sous l’égide de l’Elysée, au travers de l’actionnaire principal, le CEA, propriété de la France.

Présent dans 43 pays, impliqué dans tous les aspects de la chaîne des matières premières, de l’extraction à l’enrichissement, de la propulsion, au recyclage et au démantèlement, avec un chiffre d’affaire de 16,16 milliards d’euros, la puissante économie mobile d’Areva éclipse celle de nombreux pays en voie de développement. Les mines du Niger, souterraines et à ciel ouvert, sont exploitées par les firmes subsidiaires d’Areva (..)


COMINAK et SOMAIR produisent au jour d’aujourd’hui presque 5000 tonnes par an. ‘’ Le thème de l’uranium et des accords qui y sont liés sont de nature hautement stratégiques et se situent au niveau des Etats’’ déclare Idriss Ali, coordinateur national au Niger de Publish what you pay (Publiez ce que vous payez). ‘’Ces accords reproduisent un cadre néocolonial qui ont conduit à la signature des accords miniers et déterminent le fonctionnement de SOMAIR (1968) et de COMINAK (1975), qui ne sont rien d’autres que des contrats préférentiels qui mettent l’uranium du Niger à la disposition de la France. Dans ces conditions, le choix se porte sur l’acheteur du produit ; fixer le prix sur le marché international est la prérogative de l’ancienne puissance coloniale’’, déclare-t-il.

Depuis 2007, le gouvernement du Niger, dans une effort de diversification de l’industrie de l’uranium, a octroyé 122 licences d’exploitation à des multinationales françaises en plus des compagnies américaines, sud africaines, chinoises, canadiennes et australiennes. La compagnie étatique chinoise pour l’uranium, SINO-U, investira 300 millions de dollars  (..) Mais la France reste la source principale d’investissement et l’élément dominant de contrôle géostratégique et d’exploitation des ressources en uranium du Niger.

 

 (..)Areva reste le principal employeur du pays, suivi par le gouvernement, avec 1850 personnes directement employées et plus de 4000 emplois indirects auprès de sous contractants et des pourvoyeurs de services divers.’’ Nos investissements durables dans l’eau et la santé représentent une contribution de plus de 3 millions de CFA annuellement’’, déclare la compagnie.

Et ce sont précisément les prétentions à un investissement environnemental qui ont mené le pays à s’insurger, en particulier sur la question de l’usage par COMINAK, pour sa mine souterraine, de l’eau provenant de sources non renouvelables, mais aussi pour les fuites de matières radioactives qui ont contaminé l’eau, l’air et le sol, pour la vente de ferraille mortellement radioactives au marché, ainsi que des minerais radioactive utilisés pour construire des routes et des déchets radioactifs (de la roche d’uranium pulvérisée). ‘’Lorsque nous avons visité le Niger, des fonctionnaires nous ont dit’’ ici au Niger vous êtes en France’’ Si il y a un problème au Niger, celui-ci remonte en France, chez Areva’’, disait Bruno Chareyon, un physicien et gérant du laboratoire d’une ONG française, CRIIRAD (Commission de Recherche Indépendante et d’Information sur la Radioactivité) qui a établi un rapport accablant.

Le rapport de la CRIIRAD a documenté plusieurs trouvailles, y compris les 20 millions de tonnes de roche d’uranium pulvérisé, carcinogène et radioactive, stockées en plein air, du matériel radioactif dont la compagnie s’est débarrassé et qu’elle a vendu sur le marché par le biais de ferrailleur, des émissions de gaz toxiques à partir des mines de COMINAK ainsi que l’exploitation d’eau souterraine provenant de sources non renouvelées, sans parler de la contamination des sources d’eau, de la violation des standards internationaux de protection contre les radiations, parmi d’autres. ‘’ (..)


Néanmoins, le gouvernement du Niger semble manifester le même manque de préoccupation que la multinationale. Lors de son inspection, le CRIIAD a jugé indolent le Centre National de Protection contre les Radiations (CNPR), l’institution nationale officielle qui doit surveiller les radiations ionisantes. ‘’ Le CNPR ne peut avoir procédé à des analyses en raison du fait que leur seul spectromètre gamma était cassé. Un fil électrique était délogé depuis le jour où la machine leur a été livrée’’, explique Chareyon.

 

Mais les citoyens du Niger ne sont pas restés les bras croisés. Le Mouvement du Niger pour la Justice, actif depuis 2007 mené par un ancien fonctionnaire des Forces armées du Niger, a demandé une plus grande part des revenus de l’uranium, la protection contre la dégradation de l’environnement et l’accès à des biens comme l’eau, des installations sanitaires, l’instruction et l’électricité qui sont des droits constitutionnels. Le gouvernement a rejeté le mouvement de la société civile comme étant des trafiquant de drogues anti-démocratiques.

Il va sans dire qu’‘au jour d’aujourd’hui, le Niger n’a pas accès au moindre uranium extrait à l’intérieur de ses frontières : les 100% de l’électricité (225 million de kWh) proviennent d’énergie fossile et est largement importé du Nigeria voisin. Toutefois la France a bien conscience de la situation.’’ Jusque à maintenant, il est impossible aux citoyens français et à la société civile d’obtenir le contenu de ‘’ces accords secrets’’ concernant l’accès et le contrôle des ressources. C’est confidentiel’’, déclare Sebastein Alzerreca de l’ONG française Survie. Mais il met en garde : ‘’Si la diplomatie échoue, ils peuvent toujours envoyer l’armée’’ Pas de doute que l’autoroute de l’uranium s’avérera bien utile.

Khadija Sharife

La puissance nucléaire française et l’uranium du Niger

Khadija Sharife est une journaliste indépendante et un écrivain.(..)


http://www.legrandsoir.info/La-puissance-nucleaire-francaise-et-l-uranium-du-Niger.html
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Sur mon blog R-sistons,
http://r-sistons.over-blog.com/article-que-se-passe-t-il-reellement-au-niger-neocolonialisme-terrorisme-57678742.html
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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 05:47

Retraites : assez de faux débats sur France télévisions (SNJ-CGT)
Nous publions ci-dessous un communiqué du SNJ-CGT, avant de revenir plus longuement sur cette émission « À vous de juger », diffusée le Jeudi 9 septembre à 20h35 en direct (Acrimed)
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« À vous de juger » sur France 2 devait permettre selon la chaîne de faire comprendre la réforme des retraites ! Il est vrai qu’avec Fillon, Thibault et Chérèque cela aurait pu être possible. Mais le « débat » était faussé dès le départ. Aucune confrontation, le Premier Ministre intervenant à 20h30, les deux secrétaires généraux de la CGT et de la CFDT à 22h20 !
Nous avons assisté à une véritable opération de communication du Gouvernement pendant plus d’une heure avec deux journalistes servant la soupe.
Il est vrai que l’un d’entre eux (pourquoi était-il là ?) s’illustre depuis des années dans les journaux destinées aux entreprises et aux néolibéraux . D’où ces questions « pertinentes » : «  votre métier de Premier Ministre c’est la pénibilité » ; ou encore :« la situation n’est-elle pas plus grave que ce que vous en dites ? », question permettant à François Fillon de répliquer « On est raisonnables ! » N’y-a-t-il pas assez de journalistes à France 2 pour inviter ce type d’intervieweur ?

Etalage de concepts techniques destinée à montrer que le Gouvernement maîtrise une situation que le téléspectateur ne peut comprendre : « COR, Fond de réserve, prélèvement obligatoire, décote, pénalités, prélèvements, effet de seuil, assiette….. »
Autrement dit, notre réforme est inéluctable ! La démographie, les Allemands, la crise…

Une flopée de contre-vérités même pas relevées par ses interlocuteurs : « C’est la réforme ou la réduction des pensions ; les prélèvements sont très élevés sur les entreprises ; 4 milliards demandés aux entreprises ; augmentation de la fiscalité sur les français les plus aisés ; le gouvernement est ouvert ; il y a le débat parlementaire ; on va taxer les stock-options ; taxer les riches, encore faut-il qu’il y en ait ; des mesures qui améliorent le sort des femmes ; aucun pays ne s’est autant engagé sur la pénibilité ; on travaille sur le rachat de trimestres ; Woerth n’a rien à se reprocher….. » Et tout cela sans susciter de réaction.

Non, vous ne saurez pas que les salariés vont assumer 85% de l’effort, que les précaires, les femmes, les jeunes vont trinquer ; que d’autres financements sont possibles ; que le problème c’est la perte d’emplois notamment industriels, que les patrons n’investissent plus mais spéculent à la bourse sans être taxés, que l’espérance de vie d’un ouvrier est inférieure de 7 ans à celle des cadres…..
Il est vrai que les journalistes n’ont cessé de s’excuser : « Je ne voudrais pas être désagréable avec vous » ; « Jean vous a demandé de façon un peu brutale » ; « je ne peux pas ne pas vous poser la question »… Une vraie interview mode ORTF !

Et rebelote avec Ségolène Royal pendant 40 minutes.

- La journaliste : « C’est la droite qui a réformé les retraites et pourtant c’était nécessaire » ; Vous ne croyez pas que la réforme va sauver notre régime de retraite » ; « on vit plus longtemps, il faut cotiser plus longtemps » ; « le cancer de la plève ça sera surement reconnu s’il va voir un médecin, le Premier Ministre a assuré que ce sera pris en compte » ; « taxer les riches, c’est le miracle, c’est archaïque » ; « le gouvernement a amélioré la pénibilité » ; « Woerth a eu quelques oublis  » ( !!!).
_ - L’expert en entreprises en rajoute : « Les stock-options c’est pas une masse de français » ; « Fillon intègre la pénibilité dans la réforme » ; « je ne suis pas sûr que 2/3 des plus de 55 ans au chômage aient été licenciés » ; « le ministre a quand même beaucoup reçu les syndicats, non ? » ; « si vous voulez plus de dialogue il ne faut pas toujours soupçonner le Medef de vouloir voler les français ; le Medef fait du travail convenable »….

Insert tableau-économique : on compare les montants des retraites en Europe entre pays dont le coût de la vie n’est pas comparable et les durées de cotisations en se trompant sur les chiffres ( !), et la journaliste ose affirmer : « le niveau des retraites en France est assez élevé : 1600 euros pour les hommes, 900 pour les femmes » ! Merci pour eux !
Il faudra attendre les 25 petites minutes accordées à Thibault et Chérèque pour avoir quelques idées des contre-vérités déballées, après avoir visionné 25 secondes d’images non-signifiantes des 2 millions 500 mille manifestants.
Cerise sur la gâteau en fin d’émission, la journaliste du « Point » se moque de Royal, parle de syndicats « résignés, de mobilisation décroissante, d’une opinion qui a compris, pas de contre-projet, il faut voter mais pas avec ses pieds, d’éventualité d’un mort ( !!!).
Puis 20 minutes de politique fiction sur les scénarii possibles pour les présidentielles et de spéculation sur le futur Premier Ministre et sous-ministres, avec en prime la présentation des unes de L’Express et du Point… qui ne titrent pas sur la mobilisation.

Encore une fois le service public n’aura pas accompli sa mission. Que vont faire le PDG et le Directeur des Rédactions nous affirmant voilà quelques jours que l’information et les magazines devaient-être de qualité, citoyens et aider les téléspectateurs à comprendre les enjeux de société ? Proposer d’autres émissions comme l’a demandé Bernard Thibault ?

Paris le 11 septembre 2010


Vendredi 17 Septembre 2010


http://www.acrimed.org/article3440.html http://www.acrimed.org/article3440.html

 

http://www.alterinfo.net/Retraites-assez-de-faux-debats-sur-France-televisions-SNJ-CGT_a49954.html

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