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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 21:55

Où il est question des socialistes Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn...

OMC, FMI, CNRS, université et silences

Source : Blog « Indépendance des Chercheurs » (France) 26 août 2009

vendredi 28 août 2009, par Comité Valmy


 



Le 26 août, Le Monde diffuse une interview de Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et membre du Parti Socialiste (PS) français, à propos de l’avenir de ce parti. Lamy parle entre autres de « limites du capitalisme de marché », mais ne met pas en cause l’Accord de Marrakech de 1994 dont l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) constitue une annexe. Il défend les privatisations et déréglementations opérées par les gouvernements de « gauche » (notamment, en 1997-2002), estimant qu’elles ont mis fins à des « monstres non pertinents ». Tel est donc le véritable contenu des débats en cours au sommet de la « gauche » française, dans une situation où les alliances électorales soi-disant « pour battre la droite » amènent comme d’habitude des alliances politiques de fait qui vont du PS, voire du « centre », jusqu’à une certaine « extrême-gauche ». C’est dans ce contexte politique que, tout au long de l’année 2008-2009 et déjà bien avant, les tentatives d’engager une large campagne d’explication citoyenne sur les problèmes de fond ont été systématiquement bloquées au sein des coordinations qui se réclamaient de la défense des services publics. Même la perspective d’un démantèlement accéléré du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), ou d’une privatisation tout aussi rapide des universités, ou les menaces de même nature qui pèsent sur le service public de la santé, n’ont pas amené les mouvements nés au sein de ces services à s’adresser à la grande majorité de la population pour engager un véritable débat. Mais si on va au fond des choses, peut-on défendre efficacement le CNRS, les universités ou la Santé publique sans s’opposer aux intérêts politiques de cette « gauche » électorale ?

La casse du CNRS et des autres organismes publics de recherche, la privatisation des universités et des services liés à la santé... sont-elles autre chose que l’application à la France de l’AGCS et de la politique de l’OMC et de l’Union Européenne ?

La loi sur la « mobilité » des fonctionnaires récemment promulguée, relève-t-elle d’une autre stratégie ?

Il aurait été essentiel d’aborder ces questions devant les citoyens, de diffuser au maximum toutes les informations et d’engager un véritable débat. Mais quelle politique peut défendre dans la réalité une « gauche » dont le « principal parti » compte dans ses rangs les directeurs généraux de l’OMC et du Fonds Monétaire International (FMI), et soutient officiellement le Traité de Lisbonne, la « flexisécurité »... ?

Telle est la facture que, si on va au fond des choses, l’année 2008-2009 a passée aux mouvements de défense des universités publiques, du CNRS et de l’ensemble de la recherche publique, de l’hôpital public, de l’éducation publique... Comment faire, dans l’actuel contexte politique, pour sortir de ce piège ?

Il est impossible, dans la pratique, de défendre efficacement les services publics sans entrer en conflit avec la politique réelle d’un ensemble de partis dont les alliances de fait aboutissent à un blog qui va d’un secteur de la prétendue « extrême-gauche » jusqu’au PS, voire jusqu’au MODEM.

Les élus syndicaux au Conseil Scientifique du CNRS ont été jusqu’à cautionner un contrat d’objectifs 2009-2013 qui programme le démantèlement du centre et de ses laboratoires. Voir notamment nos articles du 17 juin et du 26 juin. Est-ce autre chose qu’une projection de cette situation générale ?

Et comment interpréter le silence syndical général, l’absentéisme des directions des grandes centrales syndicales et la passivité des partis politiques au moment de l’adoption et de la promulgation de la loi « relative à la mobilité et aux parcours professionels dans la fonction publique » ?

Dans les deux cas, une véritable campagne d’explication citoyenne en temps utile aurait été le moyen le plus efficace pour contrer le politique gouvernementale. Mais cette campagne n’a pas eu lieu, car elle aurait heurté un certain nombre d’intérêts politiques.

Comment mener à terme une véritable campagne d’explication citoyenne, sans rappeler et dénoncer le rôle de l’OMC et de l’AGCS, de l’Union Européenne et du Traité de Lisbonne, du FMI, de l’OCDE dont le siège est à Paris... ? Ou encore, sans expliquer et dénoncer le rôle de la Loi Organique Relative aux Lois de Finances (LOLF) d’août 2001, du processus de Bologne lancé en 1998 et de la stratégie de Lisbonne adoptée en mars 2000 ? Ou sans s’opposer à la « flexisécurité », que le PS français soutient ouvertement depuis la campagne présidentielle de 2007 ?

Une telle campagne exigeait des mouvements de défense des services publics qu’ils assument une réelle indépendance par rapport à des intérêts politiciens et électoraux dont le poids s’est avéré trop important. Il en a résulté une série de silences systématiques.

Ces silences ont été très cher payés. La situation évoluera-t-elle en 2009-2010 ? Et que pourront apporter des mobilisations tardives, alors que des mesures aussi graves que le contrat d’objectifs du CNRS ou la loi sur les fonctionnaires ont été entérinées sans rencontrer de résistance réelle ? Quelle sera le crédibilité de mobilisations portant sur les modalités d’application de dispositions adoptées au milieu de la passivité générale, comme ce fut déjà le cas de la Loi n°2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) et de bien d’autres lois et mesures diverses, LOLF comprise ? Une rupture essentielle paraît nécessaire pour sortir de cette spirale.

Rappelons qu’en 1997-2002, le gouvernement de « gauche plurielle » de Lionel Jospin a privatisé pour une valeur estimée à l’époque à 210 milliards de francs (un record). Wikipédia fournit cette relation :

* Air France, 1999, ouverture du capital. * Autoroutes du sud de la France (privatisation partielle) o Mars 2002 : mise en bourse de 49 % du capital, recette : 1,8 milliard d’euros. * Crédit lyonnais, 12 mars 1999 (décret) * France Télécom, 1997, ouverture du capital, 42 milliards de FF. o Octobre 1997 : mise en bourse de 21 % du capital o Novembre 1998 : mise en bourse de 13 % du capital * Eramet, 1999. * GAN, 1998. * Thomson Multimédia o 1998, ouverture du capital. o 2000, suite. * CIC, 1998. * CNP, 1998. * Aérospatiale (EADS), 2000, ouverture du capital.

(fin de citation)

A propos de Renault, Pascal Lamy trouve sa privatisation d’un bon sens évident, puisqu’il va jusqu’à demander : « Qui soutiendrait aujourd’hui que Renault doit rester publique ? ». Wikipédia rappelle :

En 1986, Raymond Lévy, après la mort de Georges Besse, assume la direction de Renault et prépare sa privatisation.

En 1990, la régie Renault change de statut et devient une société anonyme à capitaux d’État par l’adoption de la loi du 4 juillet 1990 avec des restrictions du contrôle étranger. Volvo acquiert une participation de 20 % après de tumultueux échanges. En novembre 1994, Renault est effectivement mis en bourse et à cette occasion, Volvo cède 12 % du capital et l’État diminue sa part de 80 % à 53 %. Il faudra attendre juillet 1996 pour voir Renault effectivement passer dans le secteur privé à la suite d’une cession par le gouvernement de 6 % du capital au noyau dur des actionnaires, essentiellement des banques et groupes d’assurance français, par le biais d’une vente de gré à gré.

(fin de citation)

Le « socialiste » Pascal Lamy soutient donc la politique de privatisations lancée par Jacques Chirac. Mais dans ce cas, que signifie dans la réalité le mot d’ordre « battre la droite », en dehors de la course aux bonnes places pour quelques-uns ? Et ceux qui se félicitent publiquement des privatisations chiraquiennes, peuvent-ils vraiment être contre la privatisation de la recherche, de l’enseignement supérieur, de l’éducation, de la Santé... ?

Pascal Lamy est devenu directeur général de l’OMC en 2005, avec le soutien de Jacques Chirac. Dominique Strauss-Kahn a été nommé à la tête du FMI avec le soutien de Nicolas Sarkozy. Lamy et Strauss-Kahn ont-ils « battu la droite » ?


http://www.comite-valmy.org/spip.php?article360



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          Discours de Georges Marrane à l'hôtel de ville de Paris le 25 août 1944
         
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          Discours du Général de Gaulle à l'Hôtel de Ville de Paris le 25 août 1944
         
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article364

          Les militants socialistes et la construction de l'Europe par Jean-Paul Sartre
         
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article343

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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 21:05




Source : http://www.e-joussour.net/fr/node/3106

Par Fred Goldstein


Les économistes et experts capitalistes, de même que les joueurs de la Bourse ne peuvent dire avec certitude s’il y a « reprise » ou pas. Pour les travailleurs qui perdent leur emploi, leur maison, leurs soins de santé, leur salaire et se retrouvent profondément endettés, il n’y a pas d’ambiguïté. Il n’y a pas reprise.

Toutefois, au plus léger signe de moins mauvaises nouvelles – de nouvelles pas aussi mauvaises que celles de la période qui a précédé – les experts bien payés ont vite fait d’affirmer qu’une reprise est en vue.Par exemple, le 31 juillet, le gouvernement a annoncé que l’économie n’avait régressé « que » de 1 % au cours du second trimestre, par rapport aux 6,4 % du premier trimestre de  2009. Le 6 août, une semaine plus tard, il annonçait que 247.000 travailleurs « seulement » avaient perdu leur emploi en juillet et que le chômage avait baissé – de 9,5 % à 9,4 %.

Il s’avéra qu’en outre, 422.000 travailleurs avaient quitté les rangs de la main-d’œuvre et n’avaient pas été comptabilisés. Ainsi, le taux de chômage aurait en fait grimpé à 9,7 % si les travailleurs découragés avaient été comptés comme faisant partie de la main-d’œuvre.

Cela ne demande certainement guère d’effort d’encourager les spécialistes capitalistes en quête désespérée d’optimisme. Après tout, l’optimisme fait monter les portefeuilles d’actions. Ainsi, ces gens n’attachent que peu d’attention à cette petite « différence ».

Le 10 août, autre bonne nouvelle. Le capitalisme français et le capitalisme allemand ont connu une légère croissance après de longues périodes de ralentissement économique. Cela fut suivi, deux jours plus tard, par l’annonce que le Japon connaissait lui aussi une légère croissance, après une longue et sévère régression économique.

Ben Bernanke, chef du Federal Reserve System, décréta que la lumière était en vue au fond du tunnel : la reprise était à l’horizon au cours du second semestre de l’année. Les affaires étaient censées reprendre. Les économistes pouvaient quasiment la sentir du bout des doigts, cette reprise.


Fausse promesse de « bonnes nouvelles »


Mais alors, le 13 août, vint la nouvelle que les ventes au détail avaient chuté  – même chez Wal-Mart, chez Kohl’s et dans d’autres chaînes géantes qui vendent aux travailleurs. Le 14 août, le très respecté rapport de l’université du Michigan sur la confiance des consommateurs indiquait une sévère chute, alors qu’on s’attendait à une hausse. Les marchés boursiers américains chutèrent, suivis par une sévère chute en Asie et par un surcroît de récession aux États-Unis.

Les découverts des cartes de crédit, les saisies et les licenciements sont tous à la hausse. Près de 30 millions de travailleurs sont sans emploi ou ont des sous-emplois et leur nombre ne cesse d’augmenter. Les faillites personnelles augmentent elles aussi.

Comment les ventes pourraient-elles faire autrement que de chuter ? Les masses ont peu d’argent, voire pas du tout. Quoi qu’elles possèdent, cet argent est réservé pour payer les dettes, mettre les enfants à l’école, payer les soins médicaux ou simplement assurer la survie élémentaire.

Voilà  pourquoi plus de cent banques ont fait faillite depuis le début de la crise. Cette année, septante-sept banques américaines ont sombré. Trois cents autres sont sur la liste d’attente de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). Cinq banques viennent encore de faire faillite dans la seule semaine du 10 au 14 août.


La nouvelle et dangereuse phase du capitalisme


Ces allers et retours à propos de la reprise, de l’absence de reprise, de la faiblesse de la reprise, etc. se poursuivent face à une augmentation continue de la souffrance, des difficultés et de la pauvreté parmi les travailleurs et les opprimés. C’est ici que réside la contradiction.

Traditionnellement, le capitalisme n’est pas censé fonctionner de cette façon. La façon dont il est censé travailler est la suivante: quand il y a une crise économique, il y a une crise pour les travailleurs. Quand il y a reprise, il y a reprise pour les travailleurs aussi. Une régression amène des temps difficiles. Une reprise amène des temps meilleurs.

Mais que se passe-t-il quand il y a une reprise des affaires et qu’il y a toujours une crise pour les travailleurs ? Manifestement, le capitalisme se trouve dans une nouvelle phase dangereuse en ce qui concerne les travailleurs.

Pas un de ces experts ne sait s’il va y avoir la moindre espèce de reprise capitaliste des affaires ou si, en lieu et place, l’ensemble de l’économie va s’effondrer, une fois que l’argent de la stimulation fera défaut ici et en Europe et au Japon – ou peut-être même avant cela.

Mais s’ils s’arrangent pour mijoter une reprise pour les patrons et les banquiers en leur refilant des milliers de milliards de dollars en fonds de renflouement pris chez les travailleurs, la véritable crise structurelle à long terme du système va devenir apparente – une ère croissante de reprise sans emplois.

Mark Zandi, le principal économiste sur Moody’s Economy.com, a présenté la chose comme suit : « Nous allons de la récession à la reprise mais, dans un premier temps du moins, cela n’en aura pas l’air. » (The New York Times, 1er août) La menace d’un chômage à deux chiffres pèse et les salaires déclinent en dépit de la remontée des marchés boursiers et d’une nette hausse des bénéfices des sociétés.

La reprise sans emploi : un problème mondial


Les travailleurs doivent être très attentifs à ce qu’on dit sur la « reprise ». Manifestement, ils n’en seront pas. Par exemple, la lecture des paragraphes enterrés dans les annonces de la reprise en Europe et au Japon est édifiante. Après avoir claironné  un « fort rebondissement » de l’Europe dans son titre à la une, le New York Times du 13 août rappelle à ses lecteurs que la reprise pourrait caler brusquement.

« On s’attend à ce que le chômage augmente sévèrement cette année, quand les programmes gouvernementaux qui ont gardé des gens sur des états de paiement privés partout en Europe se mettront à expirer. Déjà, le taux de chômage de l’eurozone est à 9,4 %, son niveau le plus haut de ces dix dernières années, et la croissance anémique des trimestres à venir ne suffira pas pour arrêter ce glissement. »

Le même type de gros titre optimiste, suivi d’une information vraiment maussade est apparu dans le Times du 16 août : « Les perspectives pour le Japon demeurent toujours incertaines et certains analyses doutent que l’économie puisse poursuivre dans cette reprise après que les mesures de stimulation au pays même et ailleurs auront suivi leurs cours. On s’attend également à ce que l’emploi et les salaires en baisse pèsent quelque temps sur les dépenses des consommateurs. Le taux de chômage japonais a atteint une record en six ans, 5,4 %, et les salaires ont atteint un bas niveau record en juin. »

« Une reprise qui se maintient d’elle-même n’est toujours pas en vue », a déclaré un économiste japonais. En d’autres termes, même s’il y a une reprise pour les capitalistes du monde entier, pour les travailleurs, il y aura toujours une crise du chômage et des salaires en baisse. Et cette crise va empêcher le système capitaliste de connaître une relance comme il y était habitué.

L’accroissement du taux d’exploitation durcit la crise

Un chiffre important publié mais sans la moindre publicité le 11 août, a montré une reprise dans la productivité du travail et ce, au beau milieu de la crise. Reuters a exposé les choses de façon très abrupte en annonçant un bond de 6,4 % dans la production horaire par travailleur (taux annuel).

« La production américaine par travailleur a augmenté pour atteindre son rythme le plus rapide en six ans, durant le second trimestre, au moment où les affaires se sont davantage dégagées de la régression, signifiant ainsi que le relèvement de cette récession sera lent et peu susceptible de créer une remontée des embauches. »

Donc, les patrons ont utilisé la crise pour larguer les travailleurs sur base permanente via le recours à la technologie, à la réorganisation, à l’accélération des cadences ou à d’autres moyens encore. Ce que cela signifie réellement, c’est que les capitalistes ont accru le taux d’exploitation des travailleurs.
Les heures des travailleurs ont dégringolé de 7,6 % alors que la production n’a chuté que de 1,7 %. Donc, les travailleurs ont produit plus en moins de temps. C’est ce qui a provoqué une hausse des bénéfices des sociétés, malgré une économie en déclin.

La lutte de chaque capitaliste pour pressurer de plus en plus les travailleurs signifie que les patrons ne devront pas réembaucher une bonne partie des dizaines de millions de travailleurs sans emploi ou sous-employés, même en une période de reprise.

Cela signifie aussi que s’il y a reprise – et ce n’est pas garanti du tout –, elle sera faible, de courte durée et elle se fera au détriment  des travailleurs, qui en seront réduits à se faire concurrence pour des emplois de moins en moins nombreux.

Le capitalisme n’a pas de renouveau automatique pour les travailleurs. La seule façon de raviver la fortune des travailleurs et des communautés consiste à lancer une bataille massive pour l’emploi, pour les revenus, pour les services sociaux, les soins de santé, le logement, la nourriture et toutes les nécessités de la vie.

Patrons et banquiers nous ont fait payer la crise à coups de dizaines de milliards de dollars en renflouements, alors qu’on nous vire de nos emplois et de nos maisons.

Il est temps que les travailleurs s’organisent pour inverser la tendance. Il est temps de déclarer qu’un emploi est un droit, que le logement est un droit, que les soins de santé sont un droit, que l’éducation est un droit. Et il est temps de mobiliser les syndicats, les communautés et toutes les organisations de masse en une lutte unie pour faire changer les choses un peu partout.

Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig’Action.

Source : Workers World

Affiché sous Accueil, Economie

http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/?p=5243

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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 20:56

Sarkozy donne des gages au lobby sioniste

http://www.geostrategie.com/1895/sarkozy-donne-des-gages-au-lobby-sioniste
Sarkozy donne des gages au lobby sioniste

L’Elysée a annoncé, jeudi 27 août 2009, que Nicolas Sarkozy a nommé Valérie Hoffenberg représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient.

Valérie Hoffenberg sera notamment chargée de prendre « toutes les initiatives concrètes » susceptibles de créer « un climat favorable à la paix dans les domaines économique, culturel, éducatif et environnemental », indique la lettre de mission du chef de l’Etat. « Votre connaissance de la région et des pays du Golfe, les relations multiples que vous avez établies en Europe, aux Etats-Unis et au Moyen-Orient, ainsi que votre aptitude à mobiliser le secteur économique comme la société civile, permettront de renforce l’action de la France dans ces dimensions, en complément de l’action diplomatique de la France dirigée par le Ministre des Affaires étrangères et européennes », poursuit-il.

Or, Valérie Hoffenberg, jusque là connue comme conseillère UMP de Paris, est également – beaucoup plus discrètement – directrice pour la France de l’American Jewish Committee, une association juive ultra-sioniste très influente aux Etats-Unis et très liée à Nicolas Sarkozy depuis octobre 2003. En avril 2004, notre futur président avait participé à Washington à un déjeuner de l’American Jewish Committee donné en son honneur, Marc Perelman avait relaté la chose dans un long article du magazine judéo-progressiste Forward : « A Washington, vendredi 23 avril, Nicolas Sarkozy était le gouvernement français à lui seul. Toujours ministre de l’intérieur – et des cultes – devant l’American Jewish Committee, principale organisation juive américaine, qui a offert un déjeuner en son honneur. (…) Au cour de celui-ci, Nicolas Sarkozy a prononcé hardiment un discours en anglais, dans lequel il a révélé que « les journalistes » l’avaient appelé « Sarkozy l’Américain ». « J’en suis fier, a-t-il dit. Je n’ai pas peur de dire que je partage beaucoup de valeurs américaines. » Il cite un nom, au hasard : Arnold Schwarzenegger. « Comme Sarkozy, c’est difficile à prononcer. Mais cela n’a pas empêché les Californiens de l’élire gouverneur », admire-t-il. (…) Le contact entre Nicolas Sarkozy et l’AJC s’est établi en octobre 2003, quand il a reçu une délégation de cette organisation américaine, venue lui demander ce que le gouvernement français faisait contre l’antisémitisme. »

Dans la suite de son papier, Marc Perelman avait analysé le rôle de l’American Jewish Committee dans la mise en place d’un lobby pro-israélien en France « L’engagement accru de groupes juifs américains dans la naissance d’un lobby pro-israélien en France inquiète certains dirigeants communautaires français ainsi que des officiels israéliens. (…) L’essentiel de la controverse tourne autour d’un accord conclu l’an passé entre l’American Jewish Congress et un groupes français l’Union des patrons juifs de France. (…) Selon l’accord passé entre l’American Jewish Congress et l’UPJF, le mouvement américain apportera à son partenaire français son savoir faire et son expérience, ainsi qu’un support financier. David Twersky, le directeur du Council for World Jewry, récemment fondé par l’American Jewish Congress, à confirmé le financement mais a refusé de dévoiler son montant. Herve Giaoui, le président de l’UPJF a eu la même attitude. (…) Giaoui affirme que l’argent américain ne sera utilisé que pour financer des campagnes médiatiques pro-israéliennes et que le soupçon que l’AJC veuille influer sur la vie politique française est donc sans fondement. (…) Or l’UPJF a fait part de son soutien total au candidat à la présidentielle Nicolas Sarkozy. »

A la même époque, la Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient s’était aussi inquiétée dans un communiqué qu’avec « Avec Nicolas Sarkozy, on change de registre. On est en effet en présence d’un homme qui déclare désormais publiquement servir, en conscience, les intérêts de l’American Jewish Commitee (AJC). Car, qui a « fait croire aux Etats-Unis d’Amérique que la France était un pays antisémite » ? Qui, sinon l’AJC elle-même, un lobby qui n’est ni juif, ni américain, en ce qu’il ne sert ni les intérêts des Juifs en général, ni ceux des Américains, ni ceux des Américains juifs, mais uniquement la politique de l’axe gouvernemental américano-israélien, incarnée aujourd’hui par le couple Bush/Sharon, et dont le peuple palestinien est la principale victime. L’AJC, et une série d’autres officines sharoniennes, ont entrepris depuis plusieurs années de répandre du venin sur « la France », dont ils accusent en bloc les dirigeants et la population d’être antisémites. (…) L’AJC ne connaît rien à l’anti-sémitisme, réel ou potentiel, prévalant en France, au point que les dirigeants du lobby sharonien français, le CRIF notamment, ont bien été obligés de reconnaître que leurs amis d’outre-Atlantique « manquaient peut-être un peu du sens des nuances ». »

Sachant tout cela, on ne pourra s’empêcher de se demander si une dirigeante d’un lobby sioniste est bien à même de défendre au mieux les intérêts de la France au Proche-Orient ?

http://candide-exocet.skynetblogs.be/


 

Clotilde Reiss: la DGSE savait...

C'est pas très malin et cela confirme ce que j'écrivais à ce propos: des chercheurs français sont "invités" par les services d'espionnage à refiler quelques "informations" sdur ce qu'ils voient et savent. Et qui va en faire les frais ? Une jeune fille de 23 ans...

Chercheurs français en Iran: la DGSE avait prévenu l'ambassade

 http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2009/09/chercheurs-francais-en-iran-la.html

reiss photo.jpgMise en garde! Bien avant l’arrestation de Clotilde Reiss le 1er juillet à Téhéran, les services spécialisés du ministère de la Défense avaient averti Bernard Poletti, l’ambassadeur de France en Iran, contre les risques d’envoyer de jeunes chercheurs enquêter sur des sujets sensibles, alors que les relations entre Paris et Téhéran étaient exécrables depuis longtemps.

La mise en garde conjointe de la DGSE et de la Direction des renseignements militaires avait été lancée l’an dernier après qu’un étudiant, lié à un centre de recherches parisien, eut passé plusieurs semaines à travailler sur l’influence croissante des Gardiens de la révolution dans l’économie iranienne. Ce sont eux qui, sous l’autorité du guide suprême et du Conseil national de sécurité, ont la haute main sur le programme nucléaire. « L’Iran est un pays où il faut faire très attention à ne pas trop s’exposer », affirme un spécialiste qui a longtemps vécu en République islamique.

La DGSE est réputée avoir une connaissance fine de l’Iran, loin des a priori idéologiques ou des idées reçues, qui ont cours aujourd’hui dans certains cercles dirigeants français. Cette expertise remonte au début des années 2000, lorsque l’ambassadeur Jean-Claude Cousseran dirigeait la « Piscine ». Il avait commencé sa carrière à Téhéran au moment de la Révolution islamique en 1979, avant de jouer un rôle dans les négociations entre Paris et Téhéran pour la libération des otages français au Liban au milieu des années 80. Depuis, il a su garder l’oreille de certains hauts responsables iraniens.

La chercheuse Clotilde Reiss a été libérée sous caution de la prison d’Evine à Téhéran le 16 aout dernier. Sous contrôle judiciaire, elle est actuellement « hébergée » à l’ambassade de France dans l’attente de son procès. Mais les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy – « les Iraniens méritent mieux que leurs dirigeants actuels » - risquent encore d’alourdir le contentieux entre Paris et Téhéran. Et Melle Reiss pourrait en faire les frais. D’autant que les Iraniens n’ont pas apprécié certains épisodes, qui ont marqué sa sortie d’Evine, en particulier la photo la montrant un verre de champagne à la main entrain de célébrer sa liberté quasi retrouvée à l’ambassade de France. « Un choix malheureux », lâche un homme d’affaires bon connaisseur des mœurs iraniennes.

http://candide-exocet.skynetblogs.be/


Eva R-sistons:

Quoiqu'il en soit, il y a un moyen d'empêcher les guerres qui ne résolvent pas les problèmes, mais les multiplient: Le Renseignement. Et la France est passée maître dans ce domaine...  Obstacle: Un Sarkozy va-t-en guerre, sous influence (israélienne, prompte à régler ses problèmes par les armes), jouet des va-t-en guerre, et shérif par tempérament, c'est hélas "notre" Bush !...

http://sos-crise.over-blog.com/article-35754572.html


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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 20:50
Salah citoyen d'honneur !
Un exemple à suivre,
demandez à vos Maires d'en faire autant !

Les Médias n'en parlent pas.
Quand Delanoë affiche la photo
de soldats israéliens, la TV est là !



Samedi 16 mai 2009, la ville de Grigny (69) a nommé officiellement Salah Hamouri Citoyen d’honneur.

La cérémonie c’est déroulée en présence de Denise Hamouri, maman de Salah ; Mme Noha RASHMAWI représentante de la délégation de la Palestine en France ; M. Daniel VOGUET, représentant du Comité national de soutien à Salah HAMOURI ; les représentants du PCF, du PG, du PS ; les mouvements et associations de soutien à la Palestine ; le Comité départemental de soutien à Salah HAMOURI (Lyon) ; CAPJPO Europalestine, L’UJFP (Union Juive Française pour la Paix), Kamel Kabtane, recteur de la mosquée de Lyon ; le collectif des 108, le conseil municipal de Grigny…



Les élus du conseil municipal de Grigny et Madame Hamouri
(Photo : Comité départemental 69 de soutien à Salah Hamouri)

http://soutiensalahhamouri.over-blog.com/article-31579011.html
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 04:33
Samedi 25 juillet 2009

http://dfizeitungjournalinterparlementaire.files.wordpress.com/2007/05/journaux.jpg

À propos d'une citation de John Swinton,  ancien rédacteur en chef du New York Times, lors d’un banquet, le 25 septembre 1880.

 

À New York, lors d’un banquet, le 25 septembre 1880, le célèbre journaliste John Swinton se fâche quand on propose de boire un toast à la liberté de la presse :

 

« Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi.


Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées.


On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico.


Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent.


Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect.


Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! »


(Cité dans : Labor’s Untold Story, de Richard O. Boyer and Herbert M. Morais, NY, 1955/1979.)

 

 

 

En apparté: La fréquentation de mon blog est monté en flèche. 110 personnes sont venus lire cet article


http://mariereveuse.over-blog.com/article-34220389.html



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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 04:32




Grippe A (H1N1) : Hortefeux signe une convention de verrouillage de la presse

publié par liliM Hier 11H07

Hortefeux a signé une convention avec les médias hier... dans quelques temps, les médias ne diffuseront que des infos type Tchernobyl 1986.... les gens du ministere et les adoubés seront les seuls à parler.


Je crois que les blog seront coupés... il n'y aura plus que Twitter et les équivalents pour avoir une info de base qui remonte.

Nous devrions penser à cela...

Source : reçu par mail du forel-OGM (YC)

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5972



Commentaires :




Mais c'est grave... Quelque part, on se dit que cela confirme ce que la blogosphère sussure : le A(H1N1) a été inventé pour asseoir une dictature. Mondiale. En pleurs




C'est dommage que je n'ai pas plus d'info là-dessus, mais dès que j'ai du nouveau, infirmant ou confirmant, je transmets.


Il y a une dizaine de jours, alors que les Français étaient encore en train de batifoler en vacances, on a pu voir Hortefeux aux côtés de Roselyne Bachelot. Ils parlaient de la grippe H1N1 et se préoccupaient de l'avenir de la France, nous a-t-on dit dans les media.

Moi, à la vue d'Hortefeux, j'ai alors eu confirmation que nous allions glisser bien vite dans une dictature. On y est déjà, on ne s'en rend pas tout à fait compte... mais là, ce qui est annoncé me paraît gravissime ! De là à ce que la vaccination soit rendue obligatoire pour tout le monde, on n'est pas loin.




Quelqu'un en sait plus à ce sujet ? Toute info est bienvenue.

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 04:31

La vérité, sans fioritures !


 
Le 11 septembre, la désinformation va battre son plein, il n'y aura pas de débat véritable, les "débats" organisés seront faussés, et ceux qui défendent la vérité seront dénigrés (traités de "conspirationnistes"). 

Je vais plus loin: Gageons que toutes les chaînes vont profiter de la commémoration pour nous émouvoir sur les USA, vanter l'amitié franco-américaine, nous préparer à "suivre" les Anglo-Saxons et les Israéliens dans leurs aventures impériales. En avant la propagande de guerre  ! Marie Drucker va-t-elle être encore mobilisée pour faire les basses besognes au service des marchands de canons et donc du futur bombardement de l'Iran (pour commencer) ?

Eva R-sistons


________________________________________________________________


La vérité, sans fioritures !


Alors que la contestation de la version gouvernementale des attentats du 11 septembre 2001 ne cesse de se développer partout dans le monde, y compris aux États-unis, le « rideau de fer » des médias occidentaux ne cesse lui aussi de se développer. Une « chape de plomb » s’est abattue sur les États de l’OTAN et leurs alliés. Toutes les interrogations sur ces événements sont immédiatement qualifiées de « délires conspirationnistes » et leurs auteurs sont discrédités et marginalisés. Cependant, le plus surprenant en cette période de globalisation de l’information n’est pas le monolithisme des médias US, mais leur faculté à cacher à leur public l’ampleur du mouvement pour la vérité sur le 11/9 dans le reste du monde. Pas même un mot sur les milliers de personnalités étrangères, y compris des Prix Nobel ou des chefs d’État, qui ont déclaré publiquement ne pas croire la version des administrations Bush et Obama.

À l’approche du huitième anniversaire de ces actes criminels, les médias occidentaux préparent de nombreux dossiers pour discréditer les sceptiques. Selon un scénario bien rôdé, ces dossiers comparent la réflexion critique sur les attentats à la négation de la « solution finale » nazie. Puis, il font intervenir des experts en sciences sociales pour disserter sur le besoin des gens d’imaginer des secrets derrière les événements qui les dépassent. Au passage, ils interviewent —comme représentatifs de la contestation— quelques illuminés tenant des propos incohérents. Enfin, il s’interrogent sur le manque de fiabilité des informations véhiculées sur Internet où n’importe qui peut écrire n’importe quoi. Mais jamais, jamais, ils n’exposent les arguments critiques des sceptiques et ils ne les réfutent.

Dès les premiers jours, j’ai questionné la version gouvernementale et j’ai élevé cette critique au rang d’un débat mondial. J’ai parcouru la planète, j’ai rencontré de nombreux chefs d’État et de gouvernement, je me suis longuement exprimé sur quantité de chaînes de télévision et j’ai touché un audience cumulée de plus d’un milliard de téléspectateurs. J’ai payé chèrement mon impudence. On m’a insulté, dépouillé, menacé, traqué. Mais je vois aujourd’hui, partout, des voix libres s’élever pour refuser le mensonge et exiger la vérité.

Dans mon pays, la France, dont les débats intellectuels étaient jadis exemplaires, on a interdit aux médias audiovisuels de me donner à nouveau la parole sur le 11-Septembre. Les personnalités qui ont osé s’exprimer sur le sujet ont été durement remises à leur place et réduites au silence. L’ordre atlantiste règne dans les rédactions des médias parisiens. Pourtant, il existe toujours des esprits rebelles et courageux. Le plus populaire des humoristes français, Jean-Marie Bigard, a dit l’an dernier son scepticisme sur un plateau de télévision. Il a immédiatement dû affronter une campagne de presse et on a tenté de le ruiner en sabotant la promotion d’un de ses spectacles. Il a laissé passé l’orage, mais n’a pas baissé la tête. Le voici qui, depuis un mois, diffuse un feuilleton vidéo hebdomadaire sur son site internet. Avec comme seule arme un humour rabelaisien, il souligne l’irrationalité du rapport de la Commission présidentielle Kean-Hamilton et le ridiculise. Le trait est énorme. La satire est grotesque. Même le néocons le plus fanatique ne doit pouvoir s’empêcher de rire en l’écoutant.

Voici ces vidéos. Regardez-les. L’empereur est nu.
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 04:28
Réfugié au Liban, Thierry Meyssan nous a accordé
une longue interview
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le 29/04/2009 à 04:15, vu 7436 fois, 9 nombre de réactions
Info non vérifiée par la rédaction du Post.

 

Réfugié au Liban, Thierry Meyssan nous a accordé une longue interview dans laquelle il nous livre son analyse décoiffante de la situation internationale. Une analyse qui rejoint souvent celle d'Egalité et Réconciliation. 

 

 

Thierry Meyssan, on ne vous voit plus en France, que devenez-vous ?

 

Je vis actuellement au Liban. Après l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, j’ai été directement menacé par de hauts fonctionnaires français. Des amis au ministère de la Défense, m'ont informé que les États-Unis me considèrent comme un danger pour leur sécurité nationale. Dans le cadre de l'OTAN, ils ont demandé aux services alliés de me neutraliser et certains Français semblaient vouloir faire du zèle. J’ai donc pris la décision non seulement de quitter la France, mais la zone OTAN. Après avoir erré de Caracas à Damas en passant par Moscou, je me suis fixé à Beyrouth où je me suis placé au service de la Résistance.  

 

 

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

 

Je travaille actuellement à un livre d’analyse sur l’administration Obama, ses origines, sa composition, ses projets etc.  Une première édition, limitée à quelques exemplaires, sera adressée à des quelques leaders le mois prochain. Puis une édition grand public sera publiée dans diverses langues à l'automne. Je vis exclusivement de ma plume et je collabore à des journaux ou magazines dans le domaine de la  politique internationale, au Proche-Orient et en Russie. 

 

 

Quelle analyse faite vous de l’évolution de la politique américaine ? 

 

Aujourd’hui se dégage un relatif consensus sur le constat d’échec de la politique Bush, le surdéploiement militaire, les conséquences néfastes de l’unilatéralisme sur les relations avec les alliés et la perte de leadership. A partir de 2006, James Baker et Lee Hamilton, qui présidaient une commission créée par le Congrès pour évaluer la stratégie en Irak, ont milité en faveur d’un retour à une position plus sage. Ils ont préconisé un retrait d’Irak et un prudent rapprochement avec les pays riverains (Syrie, Iran) indispensable pour éviter que le départ des GI's ne tourne à la débâcle, comme au Vietnam. Ils ont fait tomber la tête de Donald Rumsfeld, et ont imposé un membre de leur commission, Robert Gates, pour lui succéder.  Mais s'ils ont gelé la politique de « remodelage du Grand Moyen-Orient », ils ne sont pas parvenus à y faire renoncer George Bush et Dick Cheney; raison pour laquelle il a fallu organiser une rupture avec Barack Obama.

 

En réalité Obama avait été lancé dans la course au Sénat fédéral et à la présidence dès 2004. Il a fait son entrée en scène lors de la convention démocrate pour l'investiture de John Kerry. Il n'était alors qu'un obscur parlementaire de l'Assemblée de l'Illinois, mais il était déjà encadré et entrainé par Abner Mikva et ses hommes (Jews for Obama) et soutenu par la finance anglo-saxonne (Goldman Sachs, JP Morgan, Excelon…). Les multinationales inquiètes de perdre des parts de marché au fur et à mesure de la montée de l'anti-impérialisme (Business for Diplomatic Action), les partisans de la Commission Baker-Hamilton, les généraux en révolte contre les aventures erratiques des néo-conservateurs, et d'autres encore, se sont progressivement ralliés à lui.

 

Les Français croient souvent que le président des États-Unis est élu au second degré par de grands électeurs. C'est faux. Il est élu par un collège dont les membres sont désignés par des notables. En 2000, la Cour suprême a rappelé que le vote des citoyens n'était que consultatif et que le gouverneur de Floride pouvait nommer les délégués de son État au collège électoral présidentiel sans même attendre le dépouillement du scrutin général. 

_ Dans ce système oligarchique, il y a un parti unique avec deux courants : les républicains et les démocrates. Juridiquement, ils  ne forment pas des entités distinctes. Ainsi, ce sont les États qui organisent les primaires, pas les  pseudos-partis. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que Joe Biden et Barack Obama soient l'un et l'autre de vieux amis de John McCain. Ainsi, McCain préside l'Institut Républicain International, un organe du département d'État chargé de corrompre les partis de droite dans le monde; tandis qu'Obama travaille au sein de l'Institut Démocrate National, présidé par Madeleine Albright et chargé de la corruption des partis de gauche. Ensemble, Obama, McCain et Albright ont participé à la déstabilisation du Kenya, lors d'une opération de la CIA pour imposer un cousin d'Obama comme Premier ministre.

 

Tout ceci pour dire qu’Obama n’est pas sorti de nulle part. C'est un spécialiste de l’action secrète et de la subversion. Il a été recruté pour faire un travail bien précis. 

 

Si les objectifs de la coalition hétéroclite qui le soutient sont globalement les mêmes, il n’existe pas de consensus dans le détail entre ses composantes. Ceci explique l’incroyable bataille à laquelle ont donné lieu les nominations et l'aspect toujours équivoque des discours d'Obama. 

 

Quatre pôles se livrent bataille : 

 

Le pôle Défense, autour de Brent Scowcroft, des généraux opposés à Rumsfeld et bien sûr de Robert Gates, aujourd'hui le véritable maître à Washington. Ils préconisent la fin de la privatisation des armées, une sortie « honorable »  d’Irak mais la poursuite de l’effort états-unien en Afghanistan pour ne pas donner l'impression d'une débandade, et enfin un accord avec les Iraniens et les Syriens. Pour eux, la Russie et la Chine restent des rivaux qu'il faut isoler et paralyser. Ils abordent la crise financière comme une guerre au cours de laquelle ils vont perdre des programmes d'armement et diminuer le format des armées, mais doivent maintenir une supériorité relative. Peu importe qu'ils perdent en puissance, s'ils restent les plus forts.

 

Les départements du Trésor et du Commerce, autour de Tim Geithner et Paul Volcker, les protégés des Rockefeller. Ils sont issus de la Pilgrim's Society et s'appuient sur le Groupe des Trente, le Peterson Institute et la Commission trilatérale. Ils sont soutenus par la reine Elizabeth II et veulent sauver à la fois Wall Street et la City. Pour eux la crise est un coup dur puisque les revenus de l'oligarchie financière sont en chute libre, mais c'est surtout une occasion rêvée de concentrer le capital et de piétiner les résistances à la globalisation. Ils sont obligés temporairement de réduire leur train de vie pour ne pas susciter de révolutions sociales, mais ils peuvent simultanément s'enrichir en rachetant des fleurons industriels pour une bouchée de pain. Sur le long terme, ils ont le projet d'instaurer —non pas un impôt mondial sur le droit de respirer, ce serait grossier—, mais une taxe globale sur le CO2 et une Bourse des droits d'émission —ce qui revient à peu prés au même en paraissant écolo—. Contrairement au Pentagone, ils militent pour une alliance avec la Chine, du fait notamment qu’elle détient 40 % des bons du Trésor US, mais aussi pour empêcher l'émergence d'un bloc économique extrême-asiatique centré sur la Chine et drainant les matières premières africaines.

 

Le pôle du département d’État autour d’Hillary Clinton, une chrétienne fondamentaliste, membre d'une secte très secrète, la Fellowship Foundation (dite « La » Famille). C'est le refuge des sionistes, l'ultime réserve des néo-conservateurs en voie de disparition. Ils préconisent un soutien inconditionnel à Israël, avec une pointe de réalisme car ils savent que l'environnement a changé. Il ne sera plus possible de bombarder le Liban comme en 2006, car le Hezbollah dispose maintenant d'armes anti-aériennes performantes. Il ne sera plus possible de pénétrer dans Gaza comme en  2008 car le Hamas a acquis des missiles anti-char Kornet. Et si les États-Unis ont du mal à payer les factures de Tel-Aviv, il est peu probable que les Saoudiens pourront y suppléer sur le long terme. Il faut donc gagner du temps, au besoin par quelques concessions, et trouver une utilité stratégique à Israël. 

La principale mission de Madame Clinton, c'est d'améliorer l'image des États-unis, non plus en faisant des relations publiques (c'est-à-dire en justifiant la politique de Washington), mais par la publicité (c'est-à-dire en vantant les qualités réelles ou imaginaires du modèle US). Dans ce contexte, les sionistes devraient pousser le projet Korbel-Albright-Rice de transformation de l'ONU en un vaste forum impotent et de création d'une organisation concurrente, la Communauté des démocraties, appuyée sur son bras armé, l'OTAN. Pour l'heure, ils sont occupés à saboter la conférence de Durban II qui, au lieu de célébrer la « seule démocratie du Proche-Orient », dénonce le régime d'apartheid au pouvoir à Tel-Aviv. 

Avec le secrétaire d'État adjoint, James Steinberg, ils envisagent la crise financière comme un Blitzkrieg. Il va y avoir beaucoup de casse, mais c'est le moment de détruire des rivaux et de s'emparer par surprise de leviers de commande. Leur problème n'est pas d'accumuler des richesses par des achats et des fusions, mais d'imposer leurs hommes partout dans le monde aux ministères des Finances et à la tête des institutions bancaires.

 

Enfin le Conseil National de Sécurité sur s'exerce l'influence de Zbignew Brzezinski, qui fut le professeur d'Obama à Columbia. Celui-ci devrait abandonner son rôle traditionnel de coordination pour devenir un véritable centre de commandement. Il est dirigé par le général Jones, qui a été suprême commandeur de l'OTAN et a porté l'Africa Command sur les fonds baptismaux. Pour eux, la crise financière est une crise de la stratégie impériale. C'est l'endettement faramineux souscrit pour financer la guerre en Irak qui a précipité l'effondrement économique des États-Unis. Contrairement à 1929, la guerre ne sera pas la solution, c'est le problème. Il faut donc mener trois desseins simultanés : forcer les capitaux à rentrer aux Etats-Unis en cassant les paradis fiscaux concurrents et en déstabilisant les économies des pays développés (comme cela a été testé en Grèce); maintenir l'illusion de la puissance militaire US en poursuivant l'occupation de l'Afghanistan; et étouffer les alliances naissantes Syrie-Iran-Russie, et surtout Russie-Chine (Organisation de coopération de Shanghai). Le Conseil va privilégier toutes les formes d'action clandestine pour donner au Pentagone le temps nécessaire à sa réorganisation.

 

Obama essaie satisfaire tout le monde d’où la confusion ambiante. 

 

 

Comment voyez-vous évoluer la situation au Proche-Orient, au regard de cette nouvelle administration ?

 

Il y a consensus sur un point : Washington doit faire baisser la tension dans cette région, sans pour autant abandonner Israël. Deux options sont sur la table, mais quelle que soit celle qui sera mise en œuvre, elle requiert d'être signée par les courants les plus radicaux. C'est pourquoi Washington a encouragé un gouvernement Netanyahu-Lieberman en Israël et laissera le Hamas et le Hezbollah gagner les prochaines élections dans les Territoires palestiniens et au Liban. 

 

Le premier scénario, imaginé par Zbignew Brzezinski prévoit simultanément la reconnaissance d'un État palestinien et la naturalisation des réfugiés palestiniens dans les pays où ils se trouvent. Le tout arrosé d'argent pour indemniser les États absorbant les réfugiés et pour développer Gaza et la Cisjordanie. En outre, le maintien de cette paix serait assuré par une force d’interposition de l’OTAN, sous mandat de l’ONU. Ce plan a le soutien de Nicolas Sarkozy.

La seconde approche est plus rude pour les deux protagonistes. Elle préconise de contraindre les Israéliens à abandonner leurs revendications les plus extravagantes ; tandis qu'elle obligerait les Palestiniens à considérer que la Jordanie est leur patrie naturelle. Ce serait une paix plus économique pour Washington et viable sur le long terme, même si elle serait dure à accepter par les uns et par les autres, et qu'elle impliquerait au passage la fin de la monarchie hachémite. Cette formule est notamment poussée par l'ambassadeur Charles Freeman que le lobby sioniste vient de contraindre à démissionner de la présidence du Conseil National du Renseignement, mais qui dispose de solides appuis dans l'appareil d'État.

 


Selon vous, quelle formule d’imposera ?

 

Aucune parce que la crise économique sera d’une telle ampleur qu’elle conduira à mon sens à une dislocation des États-Unis et la fin de l’État d’Israël. 

 

Washington va devoir revoir une nouvelle fois ses ambitions à la baisse. Elle va probablement se replier sur le maintien du statu quo. Son action se limitera à empêcher de nouveaux acteurs de prendre sa place.

 

 

Que préconisez-vous à titre personnel ?

 

Les cinq millions de juifs, les neuf millions de Palestiniens, et les autres populations de Palestine, doivent se retrouver au sein d’un État unique sur le principe « un homme, une voix ». C’est du reste à mon sens la seule solution qui évite à terme l’expulsion des juifs.  Il faut se souvenir de l’Apartheid en Afrique du Sud, dont certains annonçaient que sa remise en cause provoquerait l’expulsion ou l’extermination des blancs. On connaît la suite. La mort d’Arafat n’est pas un obstacle car il existe d’autres Mandela en Palestine. Le vrai problème est de trouver un De Clerk coté Israélien. Le Hamas soutiendrait sans aucun doute une telle solution, car elle aurait l’assentiment du peuple. 

Plus on repousse les échéances, plus on rend une solution pacifique difficile. La CIA étudie d'ailleurs le scénario catastrophe avec un soulèvement sanglant qui chasserait 2 millions de juifs vers les États-Unis. 

 

 

Quid selon vous de la Syrie et l’Iran ? Pensez-vous la guerre possible ?

 

Je ne pense pas que les accords secrets conclus entre les militaires US, la Syrie et l’Iran soient remis en cause : les États-Unis n’en ont ni les moyens, ni même la volonté.

 

En premier lieu, ils savent que la menace nucléaire iranienne est une intox qu'il ont eux-mêmes fabriquée comme ils avaient inventé les armes de destruction massive irakiennes. Au demeurant, l'imam Khomeiny avait condamné la fabrication et l'usage de la bombe atomique comme immorales et on ne voit pas quels groupes seraient capables en Iran de passer outre un tel commandement.

Deuxièmement, la politique de George Bush a poussé Téhéran et Damas dans les bras de Moscou qui prépare d'ailleurs une grande conférence internationale sur la paix au Proche-Orient. C'est désormais une priorité pour Washington de démanteler cette alliance naissante et de tenter de ramener l'Iran et la Syrie dans son orbite. Il est bien sûr probable que ces derniers feront monter les enchères et se garderont de basculer d'un côté ou de l'autre.

Enfin, les États-Unis ont le sentiment de l'urgence. Leur économie s'effondre et ils n'auront peut-être plus longtemps la possibilité de défendre Israël au prix fort. D'autant que Tsahal n'est plus ce qu'elle était. L'armée israélienne n'est plus invincible. Elle a accumulé les échecs au Liban, à Gaza et aussi, ne l’oublions pas, en Géorgie. 

 

 

Vous vivez, on l’a vu, au Liban, quelle est la situation là bas ?

 

L'Alliance nationale regroupée autour du Courant patriotique libre de Michel Aoun et du Hezbollah d'Hassan Nasrallah va gagner les prochaines élections, cela ne fait pas de doute, si elles peuvent se tenir librement. La famille Hariri ne survivra que tant que les grandes puissances compteront sur elle pour prélever des impôts et faire payer par le peuple la dette extérieure du Liban, alors même que celle-ci provient pour moitié de l'enrichissement illicite des Hariri. Le criminel de guerre Walid Joumblatt —vice-président de l'Internationale socialiste, excusez du peu—, ou encore les néo-fascistes comme le tueur pathologique Samir Geagea, vont être lâchés par leurs sponsors. Ces exécuteurs de basses œuvres ont perdu leur efficacité et ne sont plus présentables.

Le Tribunal spécial pour le Liban chargée d’instruire l’affaire Hariri et divers assassinats politiques va soit se faire oublier, soit donner lieu à un coup de théâtre. Il a été conçu comme une machine de guerre pour accuser la Syrie, la placer au ban de la communauté internationale et la désigner comme cible militaire. Je sais que des éléments nouveaux lui sont parvenus dans les dernières semaines. Ils disculpent la Syrie et placent l’Arabie Séoudite sur la sellette. C’est à cette aune qu’il faut apprécier la reprise en main de l'Arabie saoudite par le roi Abdallah et le limogeage des ministres qui ont financé la lutte contre le Hezbollah et le Hamas. Pour revenir aux élections législatives libanaises de juin, la question est de savoir si l’on s’oriente vers une victoire de la Résistance à 55 ou à 70 %. Cela dépendra essentiellement de l’apparition ou non d’une nouvelle force chrétienne de division et de diversion autour du président Sleimane. En définitive, les collaborateurs des États-Unis et d'Israël négocieront peut-être un compromis tant qu'ils sont en position de le faire. On se dirigerait alors vers la désignation d'un milliardaire comme Premier ministre (Saad Hariri ou un autre), mais à la tête d'un gouvernement entièrement contrôlé par la Résistance nationale. Ce serait une formule très orientale : les honneurs et la lumière pour les perdants, tandis que le vrai pouvoir resterait dans l'ombre. L'intérêt de cette solution serait de déligitimer toute intervention militaire contre le Liban.

 

 

Vous êtes désormais très connu en Russie, où vous avez rassemblé près de 30 millions de téléspectateurs à l’occasion d’une émission sur le 11 septembre. Comment appréciez-vous la situation de la Russie ?

 

Paradoxalement, malgré la victoire militaire et diplomatique en Géorgie, la Russie traverse une passe difficile. Après la guerre du Caucase, les banques anglo-saxonnes ont encouragé les oligarques à punir Moscou en déplaçant leurs capitaux vers l'Ouest. Puis, les Anglo-Saxons ont poussé les dirigeants ukrainiens à trahir leur intérêt national et à couper les gazoducs lors des négociations sur les prix. Le Kremlin, qui croyait être maître du jeu et avoir l'initiative de ces coupures, s'est fait piéger. La perte de deux mois de chiffre d’affaire a dévoré les réserves monétaires. Le tout a provoqué une chute affolante du rouble alors que la crise mondiale fait baisser le prix des matières premières et donc les revenus de la Russie.

 

Medvedev et Poutine ont évalué cette situation de faiblesse avec beaucoup de sang-froid. Ils connaissent les atouts dont ils disposent, notamment la supériorité technologique de leur industrie d'armement sur celle des États-Unis. Ils sont convaincus que les États-Unis ne se relèveront pas de la crise, mais se disloqueront à moyen terme comme le Pacte de Varsovie et l'URSS dans les années 89-91. Ils espèrent donc inverser les rôles. Malgré la période de vaches maigres, ils équipent leurs armées avec les nouveaux matériels, et ils attendent sans broncher l'effondrement de l'Ouest. Publiquement ou en sous-main selon les cas, ils équipent tous les adversaires des États-Unis des dernières armes disponibles, du Proche-Orient que j'ai évoqué tout à l'heure au Venezuela. Économiquement, ils ont fait le choix de construire des voies commerciales vers la Chine, tout autant que vers l'Europe occidentale, dont ils observent avec regret l'asservissement obstiné aux Anglo-Saxons. 

 

Cette situation peut avoir d’importantes conséquences au plan interne, où s’affrontent l’ancienne et la nouvelle génération. Les anciens ont un fort tropisme américain, quand les jeunes affichent un patriotisme décomplexé. Paradoxalement, les élites issues de Saint-Petersbourg sont historiquement favorables à un arrimage européen de la Russie, au contraire des Moscovites dont la vision est plus eurasiatique. Or Poutine et Medvedev, tous deux de Saint-Petersbourg, partagent cette vision eurasiatique.  Ils rêvent la Russie en protecteur de l'Islam et l'ont faite entrer, comme observatrice, à l'Organisation de la conférence islamique. Tout en valorisant le Patriarcat orthodoxe, ils ont placé des musulmans à de nombreux postes à haute responsabilité —le contraste avec la France est flagrant—. Même si le traumatisme du démantèlement de la Yougoslavie et des deux guerres de Tchétchénie reste fort et que la vague de racisme qui s'en est suivie n'est toujours pas maîtrisée, la Russie a fait le choix de la civilisation et pris le chemin de la synthèse entre l'Europe et l'Asie. 

 

Si la Russie parvient à traverser les toutes prochaines années de graves turbulences internationales sans être trop affectée, elle se retrouvera en position d'arbitre dans un monde multipolaire.

 

 

Continuons cet intéressant tour du monde géopolitique avec la Chine…

 

Je m’interroge sur leur stratégie. Pourquoi ces achats massifs de bons du Trésor US ? Pékin a pris l'initiative d'un rapprochement avec Moscou à travers l'Organisation de coopération de Shanghai. Beaucoup de contentieux ont été soldés. En retour, les Russes ont accepté de vendre de l'énergie à un tarif préférentiel aux Chinois et demandé un contrôle plus strict de l'émigration chinoise en Sibérie. La logique aurait voulu que les deux grands se renforcent multuellement en refusant le dollar comme monnaie d'échange international. Mais Pékin répugne à choisir son camp et ne veut pas froisser Washington. Les Chinois mènent une stratégie douce de renforcement de leurs alliances tous azimuts. Cela me paraît un peu étrange, car cela pourrait leur couter cher. Les USA pourraient les emporter dans leur effondrement prévisible.

 

Au passage, permettez-moi de dire mon agacement face à la stupide dénonciation des violations des Droits de l'homme en Chine. Ils sont sans aucun doute possible beaucoup mieux respectés par Pékin que par Washington—ce qui n'est pas une excuse pour ne pas s'améliorer, mais relativise ces accusations—. Et qu'on arête de dire que le Tibet a été annexé par la Chine en 56, alors qu'il a été repris par les communistes chinois aux Chinois de Tchang Kaï-Chek.  

 

 

Un mot sur l’Amérique du Sud avant de revenir à la France ?

 

Au-delà de la tendance à l’unification, des stratégies se sont affirmées face à l'impérialisme. Mais l’affaiblissement, en attendant plus, des États-Unis crée une nouvelle situation et peut inciter certains à rebattre leurs cartes. La protection des économies nationales revient au premier plan des préoccupations. Paradoxalement, les États qui souffrent de sanctions sont mieux armés pour résister à la crise. C’est notamment le cas de Cuba, du Vénézuela, de la Bolivie ou de l’Équateur —comme c’est le cas de la Syrie et de l’Iran au Proche-Orient—. Gageons que nouvelles institutions nationales vont se développer, parallèlement à la Banque du Sud. C’est la revanche de l’Histoire. 

 

 

La France enfin, ou plus exactement la France de Sarkozy…

 

La France est une vieille nation que l'on ne peut manœuvrer en tous sens. Elle a un passé glorieux et s'identifie à un idéal. Souvent elle s'en écarte, mais toujours elle y revient. Elle traverse aujourd'hui une mauvaise période car elle est gouvernée par le « parti de l'étranger ». Ses dirigeants font le mauvais choix, dans la plus mauvaise période. Ils ont décidé de placer les armées sous le commandement de l'OTAN, concrètement sous celui du général Banz Craddock, le criminel qui créa le centre de torture de Guantanamo. Et cette trahison, ils l'ont décidée au moment où les États-Unis s'enfoncent dans la crise. Ils placent la France à la remorque d'un bateau qui sombre au risque de l'entraîner dans son naufrage.

 

Leur servilité ne les pousse pas uniquement à vassaliser les armées, mais aussi à transformer en profondeur la société française pour la cloner sur le « modèle » américain.  C’est vrai dans le domaine économique, avec la remise en cause des services publics, mais également dans les domaines de la justice ou de l’éducation, de la discrimination positive et j’en passe. 

Sarkozy n’est ni de droite ni de gauche, il imite les yankees. 

 

Comme je l'ai expliqué de manière détaillée dans un dossier du magazine russe Profile, il satisfait trois forces : les Anglo-Saxons, la mafia et la banque Rothschild. Ces gens sont conscients depuis plusieurs années de l'essoufflement des États-Unis et pensent garantir le pouvoir de l'oligarchie financière globale en rééquilibrant l'Empire : il aurait deux piliers, un états-unien et un européen, tandis que le Royaume-Uni en serait la charnière. C'est ce projet que sert Nicolas Sarkozy depuis son élection. C'est lui qui l'a conduit à casser le couple franco-allemand et à se rapprocher des Anglais, puis qui l'a conduit à proposer diverses réorganisations de l'Union européenne, notamment la création d'un gouvernement économique. Ceci aura pour conséquence de nous rendre beaucoup plus vulnérables aux convulsions US. 

 

Pourtant, la France est toujours attendue, et pas seulement dans le monde francophone. Nous sommes ce pays hors norme qui a proclamé la souveraineté populaire. On sous-estime totalement en France le degré de ridicule de Nicolas Sarkozy et de sa clique aux yeux du reste du monde. Sarkozy apparaît comme un agité vantard, un instable bourré de tics, jouant la mouche du coche dans tous les conflits internationaux possibles, et servant à ses frais de poisson-pilote aux changements d'humeur de Washington. 

 

Reconstruire une alternative prendra hélas du temps, mais ce n'est pas une raison pour y renoncer.

source :

http://www.egaliteetreconciliation.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=3721&Itemid=171

 

Édition spéciale
Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française
par Thierry Meyssan*

http://www.voltairenet.org/article157210.html

http://www.lepost.fr/article/2009/04/29/1514579_refugie-au-liban-thierry-meyssan-nous-accorde-une-longue-interview.html

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 03:49
Vendredi 4 septembre 2009
- Par L' Aviseur - Publié dans : POLICE, DOUANE, DROGUES, ARMES - Ecrire un commentaire
Le patron de M6, Nicolas de Tavernost, a défendu vendredi la journaliste Mélissa Theuriau après les réactions du syndicat de police Alliance, qui avait dénoncé un «comportement agressif» de la présentatrice de Zone interdite dimanche 30 août: «Notre journaliste n'a fait que son métier objectivement, sur un sujet que nous savons tous délicat, et sur lequel les polémiques excessives ne font qu'attiser les flammes toujours promptes à repartir», a-t-il écrit dans une lettre au secrétaire général d'Alliance, Jean-Claude Delage.

«Croyez bien, en tout cas, que notre chaîne continuera de traiter le plus objectivement possible des problèmes évoqués dans l'ensemble de cette émission en soulignant, comme il le faut, la difficile tâche qui est celle des forces de police», conclut-il dans sa missive.

Mélissa Theuriau avait soulevé l'ire du deuxième syndicat de gardiens de la paix, après l'émission de dimanche dernier. Dans une lettre au président du directoire du groupe M6, Nicolas de Tavernost, transmise jeudi à l'AFP, le secrétaire général du syndicat de police Jean-Claude Delage fustigeait le «dérapage verbal» de la journaliste. Dans son émission consacrée aux forces de l'ordre, celle-ci avait interviewé en plateau le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.

Un «comportement agressif», selon Alliance

«Sans doute aveuglée par une haine non dissimulée de la police, son comportement extrêmement agressif l'a amenée à salir l'ensemble des policiers», écrit Jean-Claude Delage, «en énonçant sans discontinuer des accusations mensongères» à l'encontre des force de l'ordre lors de cet entretien.

Dans son courrier, le patron d'Alliance avait fait part au patron de M6 du «mécontentement unanime» des policiers et demande que la chaîne de télévision «se désolidarise» de Mélissa Theuriau, «condamne son comportement» et le «fasse savoir aux 120.000 policiers (...) choqués» par cet «acte isolé».

C'était l'émission de rentrée de l'animatrice vedette

Après un congé maternité, l'animatrice vedette faisait sa rentrée dans l'émission Zone Interdite. Avec un invité de marque, Brice Hortefeux. Le ministre organisait au lendemain de «Zone interdite» une rencontre entre la police et des représentants des jeunes des quartiers pour essayer de les rabibocher, après un été marqué par plusieurs incidents, notamment à Montreuil et Bagnolet.

Que voit-on dans cette émission de rentrée qui passionne nos internautes ? Après une séquence de rappel des émeutes de novembre 2005 en région parisienne, des images montrent huit policiers en train de molester un jeune homme seul à terre. En plateau, Mélissa Theuriau interroge le ministre : «Il y a un refus des jeunes de considérer les forces de l'ordre et un refus de la police de se soumettre à un règlement quand vous voyez ces images de policiers qui bafouent le code de déontologie.»

Une jounaliste pugnace face à un ministre très calme

Le ministre, qui ne s'est jamais départi de son calme durant l'émission, répond que les policiers concernés ont été sanctionnés, tout en précisant que les forces de l'ordre sont là «pour faire respecter la loi et répondre à une aspiration légitime de la population, qui soutient en majorité la police et gendarmerie», à la sécurité.

La suite de l'entretien se poursuit et la journaliste n'hésite pas à questionner le proche de Nicolas Sarkozy sur ces «policiers toujours en fonction» alors qu'ils sont impliqués dans des «bavures». «Ils ont été placés en garde à vue», rétorque le ministre. «Oui, mais relâchés dans la journée», complète la jeune femme, très pugnace, qui évoque alors le manifestant qui a perdu un oeil à cause d'un flashball à Montreuil en juillet. «S'il y a des bavures, des sanctions seront prises», assure Brice Hortefeux, avant de préciser que «la présomption d'innocence s'applique aussi aux policiers».

Nouveau style d'interview plus direct ou manque d'assurance après plusieurs mois d'interruption, l'animatrice continue à soumettre le ministre à la question. «Les policiers exerçant en Seine-Saint-Denis et âgés de 22, 23, 24 ans ne sont-ils pas trop jeunes ?» se demande Mélissa Theuriau, n'hésitant pas à couper Brice Hortefeux qui veut sans cesse rappeler les priorités du gouvernement en matière de sécurité. «Ne faudrait-il pas en finir avec les modes d'interpellation» actuels ? se risque-t-elle ensuite, avant d'évoquer le cas des «Zones urbaines sensibles où on meurt plus vite et où le chômage est gangrénant.» Fin de l'interview. Brice Hortefeux rappelle qu'aucun territoire ne sera abandonné et qu'il «n'accepte pas» les taux de chômage.

A-t-on assisté à un «dérapage verbal», comme l'affirme le syndicat de police, ou à une interview rondement menée par une journaliste visiblement passionnée par son sujet ? Aux téléspectateurs de juger.
source:Le parisien.fr

VIDEO

http://www.marcfievet.com/article-35688280.html
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 03:46
publié par roland (Dazibaouebmaster) Avant-hier 09H01



HortefeuxPar

La procédure est rare : Brice Hortefeux annonce mercredi qu'il avait porté plainte, au nom du ministère de l'Intérieur, contre plusieurs habitants de Bagnolet. Le ministère les accuse de «diffamation envers la police nationale ».

Un article, publié sur le site de Libération le 10 août, mais aussi une dépêche de l'Agence France-Presse, relayaient les témoignages de plusieurs habitants de ce quartier où Yakou Sanogo un jeune homme de 18 ans était mort à moto après une course-poursuite avec la police, ce qui avait déclenché une nuit d'émeute. [...]

Ces accusations ont agacé le ministère de l'Intérieur, qui a donc saisi la justice : «Considérant que ces propos portent atteinte à l'honneur et à la considération de la police nationale puisqu'ils imputent à des fonctionnaires de police une infraction d'homicide sur la personne de Yakou Sanogo, le ministre de l'Intérieur a porté plainte en diffamation».

Dans un communiqué, Brice Hortefeux affirme mercredi que sa plainte ne vise pas les médias ayant rapporté des propos "portant atteinte à l'honneur de la police nationale", mais uniquement leurs auteurs.[...]


Reste à savoir comment le ministère compte les identifier, les témoins ayant parlé anonymement.

 

 

Commentaire de Roland:

Alors non seulement la police multiplie les bavures en toute impunité, mais en plus on n'a même pas le droit de le dire... Bienvenue au Sarkozistan !

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5941



Source:
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 03:39
publié par roland (Dazibaouebmaster) Avant-hier 07H20



TintinPar Thierry DERONNE (
Le Grand Soir)

Le 27/08/2009, sous le titre « Au Venezuela, une loi sur l’éducation ouvre la voie à la censure de la presse », le Monde attaque la loi de l’éducation que viennent d’adopter les députés. Le correspondant Jean-Pierre Langelier, qui rédige cet article depuis … Rio de Janeiro, fait siens les mensonges d’une droite qui s’oppose depuis dix ans à toute avancée démocratique et sociale, et de plus en plus médiatique (1). Analyse (non exhaustive).

1. J.-P. Langelier : « La récente promulgation d’une loi organique d’éducation renforçant le contrôle de l’Etat vénézuélien sur l’école et l’université inquiète de larges secteurs de l’opinion qui accusent le président Hugo Chavez de vouloir apparenter de plus en plus son régime au modèle cubain. »

Ce qui frappe au contraire c’est le faible nombre des opposants (conséquence des divisions et du déclin relatif de la droite). Cette faiblesse numérique pousse l’opposition à la « violence sur commande ». Captés par AP ou Reuters, les gros plans de la « répression » font le tour du monde en un éclair. L’opposition vénézuélienne dispose de 80 % des ondes radio, TV et de la presse écrite. Elle se sent encouragée dans cette violence par l’écho complaisant qu’elle suscite dans CNN, Fox, Reuters, El Pais, le Monde, Libération, etc.. Langelier occulte que la majorite de la population appuie la nouvelle loi (4) Dans tout le pays, des dizaines de milliers de citoyen(ne)s défendent pacifiquement le droit nouveau à une « éducation publique et sociale, obligatoire, gratuite, de qualité, de caractère laïque, intégral, permanent, socialement pertinente, créative, artistique, innovatrice, pluriculturelle, multiethnique, interculturelle et multilingue ». (Art.3) et qui vise à « développer le potentiel créateur de chaque etre humain en vue du plein exercice de sa personnalité et de sa citoyenneté », à « stimuler le respect de la dignité des personnes » ; à « développer la formation d’une conscience écologique pour préserver la biodiversité ». (Art. 15)

2. Langelier poursuit : «  L’université ne contrôlera plus seule les admissions et les élections internes, ce qui représente une double menace pour son autonomie. » Le monde universitaire s’est déclaré « en désobéissance civile ».

En réalité les droits d’inscription exorbitants pratiqués par de nombreuses universites privées ont pendant longtemps tenu la majorité sociale à l’écart de l’éducation supérieure (on compte au Venezuela 80 % de secteurs populaires). La nouvelle loi démocratise les élections internes jusqu’ici réservée à une minorité, en incluant l’ensemble du personnel et de la communauté universitaires. La fin du négoce et du suffrage censitaire irrite logiquement les entrepreneurs du savoir, mais ne peut que réjouir les esprits démocratiques. C’est pourquoi la majorité des étudiants et des professeurs approuve cette réforme.

3. « L’Eglise proteste contre la disparition de toute mention d’un enseignement catholique facultatif. »

La hiérarchie catholique a longtemps régné sur l’éducation et largement profité des subventions de l’Etat. Elle perd un de ses grands négoces. D’ou sa campagne féroce contre un « Chavez qui veut chasser Dieu de l’école » (2). Dans la nouvelle loi, « les familles ont le droit et la responsabilité de l’éducation religieuse de leurs enfants, en accord avec leurs convictions et conformément à la liberté religieuse et de culte, prévue par la Constitution de la République. L’Etat veillera en toute circonstance à maintenir le caractère laïque de l’éducation et à préserver son indépendance vis-à-vis des courants et des organismes religieux » (art. 7)

4. Selon Langelier, « sous prétexte de légiférer sur l’école, deux articles visent une autre cible : les médias. L’enseignement scolaire devra inclure « une analyse critique des moyens de communication » ; les médias ne pourront publier des informations qui « terrorisent les enfants » ou « portent atteinte aux saines valeurs du peuple vénézuélien ». Une interdiction aussi vague ouvre la voie à toutes les censures ».

L’article de loi en question n’a rien de neuf. C’est une copie fidèle de la loi votée en 1980 (art. 11), soit 18 ans avant la premiere élection de Chavez. Cet article évoquait déjà la necessité de protéger les enfants de tout ce qui peut les terroriser, les pousser à la violence, à la haine, etc... Un article auquel nul n’avait trouvé à redire. Tous savent que le temps passé devant la télévision a deplacé depuis longtemps celui passé sur les bancs de l’école (avec les conséquences dramatiques, violentes qu’on a pu observer ici et là, aux Etats-Unis ou en France). La vraie nouveauté de la loi, c’est l’éducation critique aux médias, une mesure souvent recommandée par les pédagogues du monde entier et qui angoisse Mr. Langelier. Celui-ci ferait bien de relire ce qu’un rédacteur en chef du Monde proposait dès 1979 : « Savoir maîtriser les médias, avoir une attitude critique à leur égard, c’est à coup sûr se donner la possibilité d’être mieux informé, et d’en tirer le plus grand parti possible. Un lecteur qui comprend les mécanismes de fabrication d’un journal, qui sait analyser un article, comparer diverses sources… sera plus exigeant. L’école est le premier lieu où doit se faire cet apprentissage (…) L’éducation du citoyen et sa liberté dépendent aujourd’hui de sa capacité à maîtriser le flot d’informations qu’il reçoit ou subit. » (3)

Trente ans plus tard le Monde en est réduit au journalisme de guillemets. La matrice mondiale (Venezuela = Cuba = URSS) permet de remplacer l’enquête par la typographie. « Socialisme », « textes socialistes », « principes du socialisme », « fils d’ouvrier », les guillemets de Mr. Langelier sont censés nous faire peur. Hier le Monde dénoncait un « parti unique ». Deux ans plus tard ce « parti socialiste unifié » a pris sa place, comme prévu, parmi les quarante partis de droite et de gauche régulièrement soumis au choix des électeurs. Privé de droit de suite, le lecteur du Monde n’en saura rien. Cette fois Langelier dénonce la présence de « conseils communaux » comme « agents d’éducation » contrôlés par le pouvoir. En omettant de dire que ces conseils communaux s’inspirent des assemblées de budget participatif que les altermondialistes admiraient à Porto Alegre (Brésil). Structures-clefs de la démocratie participative, parfois embryonnaires, ils sont ouverts à tous, au point que des partis de droite comme Primero Justicia, en contrôlent certains. Les projets qu’ils proposent, financés par l’Etat, sont réalisés par les habitants eux-mêmes, une bonne manière de lutter contre la corruption qui sévissait dans l’usage des fonds publics.

Les tenants d’une conception démocratique, participative de l’école ne peuvent que se réjouir de ce que parents, élèves, habitants travaillent la main dans la main pour faire sortir l’école de ces murs, lui rendre sa dimension sociale, développer les valeurs de solidarité, d’égalité, de lutte contre toute forme de discrimination, comme le demande la nouvelle loi. Des générations de pédagogues, de Paulo Freire à Jean Piaget, en ont rêvé. Le Venezuela l’a fait. Les lecteurs auront-ils droit à une enquête de terrain, contradictoire, sur la concrétisation de cette loi ? Parti précipitamment pour le pays des soviets, le correpondant du Monde restait hier injoignable.

Thierry Deronne
avec Laynel Fumero et Nelson Cova, politologues vénézuéliens, Caracas, 01/09/2009.

http:// www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article124&lang=fr

Notes :

(1) Pour savoir ce qu’écrira demain Mr. Langelier, voyez ce que dit aujourd’hui la télévision privée venezuelienne (80 % des ondes) dont RCTV, http://elobservador.rctv.net/ soi-disant « fermée par Chavez », Globovision, http://globovision.com/channel.php?cha=1 ou la presse écrite, majoritairement d’opposition : Tal Cual http://www.talcualdigital.com/index.html, El Nacional, http://www.el-nacional.com/, El Universal, http://opinion.eluniversal.com/, ou Ultimas noticias, http://www.ultimasnoticias.com.ve, La Razón, http://www.larazon.net/

(2) Le cardinal Velazco avait signé de sa main, face aux caméras des télévisions privées, le décret du coup d’Etat contre le president Chávez (12 avril 2002). Au Honduras le clergé catholique vient d’avaliser le coup d’Etat contre un président jugé trop réformiste.

(3) Jacques Fauvet, préface de LIRE LE JOURNAL, de Yves Agnès et Jean-Michel Croissandeau, pour comprendre et expliquer les mécanismes de la presse écrite, avec 110 fiches pratiques, - Saint-Julien-du-Sault : Éd. Lobbies, 1979. -263 p. (Cité par Hugo Chavez le 16/08/2009).



(4) Images occultées par le Monde : moblisations massives en faveur de la loi.






Images diffusées mondialement : l’opposition « réprimée »




 


Source: Le Grand Soir



http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5917 

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 03:36
publié par liliM Hier 22H35

Photo: Abou Bakari TandiaCasseurs de têtes

Irène | 3 septembre 2009 | 20 h 14 min

Vous vous souvenez de l'affaire Abou Bakari Tandia? Ce Malien mort en 2005 à la suite d'une garde à vue à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine...

 

Il y a du nouveau, et ce n'est pas joli, joli:

«Un complément d'expertise de l'Institut médico-légal dans l'enquête sur la mort d'un sans-papiers malien après sa garde à vue contredit complètement la version policière.»

Cause de la mort: «un ébranlement cérébral par violente(s) secousse(s) de la victime»... Un scénario qui rappelle sinistrement le «syndrome du bébé secoué» (mais les adultes ne sont pas à l'abri, à partir d'un certain niveau de violence...) - et qui est incompatible avec la version policière des éternelles «blessures auto-infligées» par le prévenu. Oups. Faut-il s'étonner que des pièces du dossier se soient pendant un moment «égarées»?

Tiens, vous vous souvenez de la chanson de Montant, «Casse-têtes»? Le poète aurait aurait pu ajouter «chez les flics de France» à la liste des lieux dangereux...

«Est-ce que je rêve de vengeance,
De têtes policières éclatées,
De tête de chasseurs sanglantes,
De têtes de racistes en purée? [...]
Je suis mort, répondez pour moi!»

Un rassemblement est prévu le 12 septembre devant le Ministère de la justice pour demander la vérité et la justice. Et la fin de ce genre de drames.

Source : publié sur le blog d'Irène Delse


Contrat Creative Commons 2.0 - Certains droits réservés
 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5991

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 02:22

publié par roland (Dazibaouebmaster) le 29/08/2009 11H04

Prise de la BastillePar C.S.P

Philippe Bilger est parfois très amusant, mais c'est toujours sans le vouloir. La preuve :



"L’hétérogénéité des mondes, aujourd’hui, explique ce passage d’une opposition syndicale traditionnelle à une guerre où le désespoir et les revendications autorisent tout, à une bataille que les contestataires de chaque entreprise menacée veulent sans règles ni pitié, à la disparition du fair-play que même la lutte des classes permettait . A tort ou à raison, une fracture est née puis s’est agrandie qui n’a plus placé face à face le travail des uns et le travail des autres, même pas le travail et le capital, mais le travail et ses contraintes confrontés à l’inutilité spéculative. D’un côté il faut gagner sa vie, de l’autre il faut gagner. D’un côté le travail est ce qui reste pour éprouver encore la sensation et la dignité d’exister, de l’autre on joue. Certes tout n’est pas aussi caricatural dans la réalité financière et économique d’aujourd’hui. Pourrait-on au moins accepter que les entrepreneurs d’hier avaient en partage avec leurs salariés le travail comme exigence commune, défi et souffrance, de sorte qu’une communauté se légitimait ainsi ?

Aujourd’hui, même la lutte des classes est défaite qui impliquait tout de même l’existence d’un rapport, d’une hostilité mais d’une négociation possible. Il est triste de se dire que les salariés en péril sont prêts pour leur cause à tout mettre à feu et à sang, en état de désordre et de destruction, simplement parce qu’ils ne peuvent plus respecter celui qui certes gagnait trop mais travaillait comme eux, plus qu’eux."

En face d’eux, ils n’ont plus que de l’argent. Ils perdent la tête. Il n’y a plus de sens."

J'aimerais beaucoup vivre dans le monde de Philippe Bilger. Ça doit être très reposant. Ou en tout cas, assez confortable pour l'esprit. Puisque si avoir des prétentions à penser la société consiste à se contenter d'aligner poncifs réactionnaires sur lieux communs de bourgeois soi-disant éclairé, l'effort à produire ne doit pas être bien conséquent.

Philippe Bilger découvre avec un effarement sans nom que les possédants ont déclaré une guerre sans merci aux prolos, et ça le laisse baba. Conséquemment, il s'inquiète - à fort juste titre - du désespoir auxquels ces derniers sont acculés. Ensuite, ce genre de chose s'appelle exploitation et captation de la plus-value par la spoliation du travail, et ce n'est pas tellement nouveau. Mais là ou s'alarme Philippe Bilger, ce n'est pas tellement par rapport au principe même de la chose qu'il ne se hasarde certes pas à remettre un tant soit peu en question, non, faut pas déconner, ce qui lui donne des angoisses, c'est le saut qualitatif dans la brutalité patronale qui pousse le salarié à faire des bêtises...

Et Philippe Bilger de se prendre d'une forme de nostalgie pour une lutte de classe old-fashioned, où quand même, hein, le patron, il respectait les ouvriers, et puis les ouvriers, même si ils aimaient pas le patron, y'avait du respect, et le respect ben c'est important, ah la la ma bonne dame, tout fout le camp...

Où l'on voit donc que Philippe Bilger ne sait absolument pas de quoi il parle et dit des conneries grosses comme le congélateur d'Alexandre Adler.

En effet, on serait fort curieux de connaître cet éden disparu où des braves et bons prolétaires à moustaches, bourrus mais au coeur tendre comme il se doit, se mettaient à travailler dans la joie et la bonne humeur sous la conduite bienveillante mais sévère d'un patron qui savait mouiller le maillot et, brave homme lui aussi - pour le réactionnaire, le passé n'est composé que de braves gens sympathiques et courageux, c'est proprement ébouriffant ; à croire que le salaud ordinaire ou l'ordure intégrale et vicieuse ne sont qu'une invention récente et fâcheuse qui trancherait avec un passé auréolé de saines valeurs - n'exploiterait ses salariés qu'avec un pincement du à sa conscience d'honnête homme et savait à l'occasion se montrer pétri d'une humanité déchirante...

Conséquemment, dans cette vision idéalisée des rapports sociaux, tout n'allait pas toujours pour le mieux, c'est bien dommage mais la nature humaine est ainsi faite, n'est-ce pas... - autre tarte à la crème réac : il n'y a pas de rapports de domination, mais une "nature humaine" pondue d'on ne sait trop où, ce qui évite de se poser quelque déplaisantes questions du genre : est-il bien normal qu'une arrogante minorité brise les reins de la majorité ? En quoi se genre de choses est-elle "naturelle" ? Mais poser la question comme ça finirait par des têtes au bout des piques -, mais au moins, ben y'avait de la considération dans chaque camp, allez...

Et là, patatra : la méchante Spéculation arrive, et ce bel ordre des chose d'avant, il est tout cassé. Vilaine, vilaine Spéculation, alors qu'avant, dans l'exploitation ordinaire, tout allait tellement mieux et les salariés fermaient leurs gueules. Au lieu que de livrer à présent et le passage mérité d'être cité puisque valant son pesant de mépris de classe, à :

"du chantage, de la violence et des exactions brandis comme menace ou réels."

Parce que oui, remettons les choses à leur place : ce sont les ouvriers qui se livrent à "du chantage, de la violence et des exactions brandis comme menace ou réels". Les patrons eux se contentent d'exagérer un peu et de ne pas être gentils, tout de même...

Gageons que si Philippe Bilger avait existé au XVIIIème siècle, il n'aurait pas fait faute de tenir un journal où il déplorerait l'outrecuidance de la populace qui fait n'importe quoi en prenant des Bastilles, tout en admettant du bout des lèvres qu'il faudrait peut-être moraliser l'aristocratie...


Source: C.S.P


image ajoutée par Dazibaoueb

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5774

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 02:05
Jeudi 3 septembre 2009

« Refonder » le capitalisme, disait-il...            

 Crise . Un an après son discours de Toulon, Nicolas Sarkozy rejoue les mêmes scènes sur les « dérives du capitalisme financier ». La spéculation, elle, est repartie de plus belle. « Faire comme s’il ne s’était rien passé serait une erreur historique. » Ainsi s’exprimait Nicolas Sarkozy, le 25 septembre dernier, au Zénith de Toulon, en appelant, en guise de réponse à la crise globale, à « moraliser » le capitalisme financier. Onze mois plus tard, la « refondation » promise s’apparente davantage au rafistolage de la machine à spéculer qui a précipité l’économie mondiale dans le gouffre. Retour sur les promesses envolées du chef de l’État.

1 - La « moralisation du capitalisme financier » « L’autorégulation pour régler tous les problèmes, c’est fini. Le laissez faire, c’est fini. Le marché tout puissant qui a toujours raison, c’est fini. […] Si l’on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier est une priorité. » Depuis Toulon, le G20 de Londres, en avril, n’a pas bouleversé le vieil ordre économique et financier (voir l’Humanité du 7 août). Quant à la fièvre spéculative à l’origine de la crise, elle a repris de plus belle. Si les banques, sauvées par des injections d’argent public massives et sans contrepartie, ont renoué avec les profits, elles le doivent aux « activités des salles de marché, c’est-à-dire à la spéculation », souligne l’économiste américain Joseph Stiglitz dans un entretien au magazine Challenges. Au total, d’ici à 2010, 5 000 milliards de dollars auront été mobilisés pour remettre d’aplomb le système. Mais les logiques de fonctionnement du capitalisme financiarisé restent les mêmes. D’où la fuite en avant consistant à bricoler coûte que coûte la machine boursière, avec l’espoir qu’un retour à la rentabilité financière va mécaniquement provoquer un retour de la croissance.

2 - Les bonus et les parachutes dorés « Les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être désormais encadrés. Il y a eu trop d’abus, il y a eu trop de scandales. Alors, ou bien les professionnels se mettent d’accord sur des pratiques acceptables, ou bien le gouvernement de la République réglera le problème par la loi avant la fin de l’année. » Ni les rodomontades de Sarkozy, ni le « code éthique » du MEDEF, ni l’inconsistant décret promulgué au printemps n’ont changé la donne : la rémunération annuelle moyenne des patrons du CAC 40 est de 4,7 millions d’euros, soit 308 années de SMIC. Quant au système de « bonus-malus » que les banques ont promis d’appliquer aux traders à la sortie de leur rencontre, mercredi, avec Nicolas Sarkozy, il peine d’autant plus à convaincre que le gouvernement exclut tout véritable instrument de dissuasion. Des règles contraignantes créeraient, s’alarme Christine Lagarde, un « désavantage concurrentiel » pour les banques et les entreprises françaises. Chargé par l’Élysée de « contrôler » la rémunération des traders, l’ancien directeur général du FMI, Michel Camdessus, sera en fait investi d’un simple pouvoir de « recommandation ». En attendant, la politique fiscale favorisant les hautes rémunérations demeure intacte. Cette année, l’État a versé en moyenne 116 193 euros aux 3 506 contribuables les plus aisés sur les 13 998 bénéficiaires du bouclier fiscal.

3 - Les banques « Il faudra imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation. » Les prêts aux ménages et aux entreprises dans la zone euro ont baissé en juillet et leur croissance en rythme annuel a chuté à son niveau le plus bas jamais constaté, a indiqué hier la Banque centrale européenne. Face à ce resserrement du crédit, le chef de l’État s’est contenté, mardi, d’une molle mise au point avec les banquiers. Alors que 10,5 milliards d’euros d’aides publiques ont été accordés en 2009 aux six principales banques françaises, celles-ci ont d’ores et déjà admis qu’elles ne tiendraient pas leurs engagements en termes de financement de l’économie. « Les aides de l’État doivent être conditionnées à l’octroi de crédits aux taux réduits en faveur de l’emploi et de l’investissement productif, notamment en direction des PME », a répété, cette semaine, la CGT. Mais là encore, pas question pour le gouvernement de recourir à de nouvelles réglementations. « J’entends ici ou là qu’il faudrait exiger le remboursement de ces aides. Non, sûrement pas ! » tranchait Christine Lagarde, le 7 août.

4 - La rigueur « Dans la situation où se trouve l’économie, je ne conduirai pas une politique d’austérité qui aggraverait la récession. » La compression des dépenses publiques reste en fait la priorité du gouvernement. Pour tenter de contenir la hausse du déficit budgétaire, le ministre du Budget, Éric Woerth, réfute, pour 2010, toute augmentation des impôts directs mais confirme en revanche le « corsetage », « hors plan de relance », des budgets alloués aux ministères. L’objectif de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera tenu, ce qui correspond à la suppression de 34 000 postes. Après les coupes sombres de 2008, les budgets sociaux et les services publics, les politiques publiques devraient de nouveau faire les frais de ce plan d’austérité annoncé.

5 - La fiscalité « Je n’accepterai pas de hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d’achat des Français. Car notre objectif, c’est de leur rendre du pouvoir d’achat et non de leur en prendre. » Promesse passée à la trappe, avec la création d’une « taxe carbone » pesant sur les ménages, qui sera inscrite dans la loi de finances 2010. Son taux devrait se situer dans une fourchette de 14 à 20 euros par tonne de CO2 émise, selon la secrétaire d’État à l’Écologie, Chantal Jouanno. Ce qui porterait le poids de cet impôt vert à 300 euros par foyer et par an. De quoi compenser, dans les caisses de l’État, les six milliards de pertes liées à la suppression de la taxe professionnelle.

                                         Rosa Moussaoui


http://pcfcapcorse.over-blog.com/article-35643582.html

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 01:59

   Cuba                  

Ce que les médias ne vous diront jamais (prologue de Nelson Mandela)

Salim LAMRANI




 





En Occident – en Europe et aux Etats-Unis tout particulièrement –, Cuba suscite énormément de critiques et de controverses. Ce petit pays de onze millions d’habitants dispose d’une couverture médiatique disproportionnée par rapport à sa taille et les médias sont unanimes pour stigmatiser la plus grande île des Caraïbes et diaboliser son leader historique Fidel Castro. Les attaques sont virulentes, jamais nuancées et à sens unique. Cuba serait un enfer pour ses habitants avec un système archaïque et révolu, et son plus célèbre citoyen Lucifer en personne qui martyriserait impitoyablement son peuple. Pourtant, les noms de Cuba et Fidel Castro suscitent un engouement et une admiration extraordinaires sur tous les autres continents de la planète, que ce soit en Amérique latine, en Afrique ou en Asie. Comment s’explique alors un tel décalage entre l’image désastreuse véhiculée par les médias occidentaux au sujet de Cuba et le prestige dont elle jouit à travers le monde ? Est-ce à cause de la question des droits de l’homme, souvent évoquée par la presse et y compris par une grande partie de la gauche occidentale ? Dans cet ouvrage, les principales problématiques de la réalité cubaine sont analysées pour illustrer le gouffre qui sépare la réalité d’un pays complexe de l’image véhiculée par les médias occidentaux.


 
                                                              

















ouvrage disponible auprès de l’auteur lamranisalim@yahoo.fr Cuba.
Ce que les médias ne vous diront jamais Prologue de Nelson Mandela Paris, Editions Estrella, 2009 300 pages - 18€



http://pcfcapcorse.over-blog.com/article-35682903.html
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 05:35
Mercredi 2 septembre 2009
- Par L' Aviseur - Publié dans : Nouvel Ordre Mondial - Ecrire un commentaire

Le capitalisme en crise a besoin d’un conflit militaire majeur

Article à lire absolument :

Pour Jean-Loup Izambert, journaliste indépendant et écrivain, qui publie son septième ouvrage (1) sous le titre de Pourquoi la crise ? aux éditions Amalthée, la crise du capitalisme est devenue totale. Contrairement aux déclarations de certains économistes et politiciens, il affirme qu’il n’y aura pas de sortie de crise. Pour l’auteur de la seule investigation journalistique sur les origines de la crise(2), le système capitaliste ne peut survivre que par la guerre. Quelle alternative pour les peuples ? Entretien.



Geostrategie : Vous démontrez dans votre livre Pourquoi la crise ? que le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire avec laquelle il s’est développé. Sommes-nous à un point de rupture avec ce système et les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité ?

Jean-Loup Izambert : C’est évident. Pourquoi et quelles données changent par rapport aux dernières décennies ? Dans ce système les grands propriétaires privés de l’économie contrôlent l’économie et tentent de l’imposer par tous les moyens comme régime aux peuples de la planète, y compris par la guerre. C’est ce qu’ils ont toujours fait avec la seule préoccupation de s’enrichir et de faire main basse sur les richesses des peuples au seul profit des sociétés transnationales qu’ils dirigent. Mais parvenu au stade de l’impérialisme, période actuelle du développement du capitalisme, les grands possédants ont besoin d’un pouvoir politique qui leur soit totalement dévoué pour protéger et accroître encore la concentration des richesses qu’ils cumulent. Il faut bien comprendre qu’il s’agit pour eux d’une question de survie, de rester maîtres du pouvoir et bien sûr de leur privilèges. L’une des contradictions qu’ils doivent gérer vient justement du fait que l’accumulation du Capital et la concentration des richesses qu’ils sont contraints de perpétuer sous peine de perdre pouvoir et privilèges implique aujourd’hui des centres de décisions de plus en plus fermés, dans l’entreprise comme dans la société. Or, cette tendance à la centralisation va à l’inverse de mouvement des sociétés qui pousse vers plus d’ouverture, de démocratie, de participation, de culture notamment avec le développement des sciences et des techniques.



Geostrategie : Quels faits caractérisent aujourd’hui cette concentration des richesses ?

J-L.I. : Aujourd’hui 200 sociétés transnationales contrôlent plus de 23% du commerce mondial et 1% des plus riches détient plus de 57% des richesses produites. L’augmentation des richesses conduit-elle à l’enrichissement des peuples ? Non. Au niveau mondial 103 200 personnes, pour la plupart propriétaires privés de l’économie, détiennent un patrimoine financier de plus de 30 millions de dollars, hors résidence principale et biens de consommation. Mais, si l’on se réfère aux statistiques de l’Organisation des Nations Unies, plus de 80 pays ont aujourd’hui un revenu par habitant plus bas qu’il y a dix ans. D’une part les peuples prennent de plus en plus conscience qu’ils ne profitent pas de l’augmentation des richesses produites, que plus les richesses se concentrent entre quelques mains plus la misère s’accroît dans les sociétés mais également que ce phénomène touche aujourd’hui le cœur même de l’Occident capitaliste qui s’en croyait à l’abri. Selon les chiffres du fisc étasunien, à la veille de l’aggravation de la crise 60 millions de personnes « vivaient » aux Etats-Unis avec moins de sept dollars par jour. Bien que dissimulée par les médias qui appartiennent aux milliardaires, la situation est analogue dans la petite Europe de Maastricht de 20 millions de chômeurs où 80 millions de citoyens – soit quand même 16% de ses 495 millions d’habitants – courent un risque de pauvreté, 17 millions sont répertoriées comme « très pauvres » et 70 millions d’autres n’ont pas accès à un logement décent selon les propres statistiques publiées par la Commission européenne et d’autres organismes « européens ». Dans ce contexte, les grands possédants de l’économie ont besoin de faire courber la tête aux peuples pour maintenir leur système d’exploitation.



Les dirigeants bourgeois organisent le déficit des nations



Geostrategie : Comment le pouvoir politique favorise-t-il ces grands propriétaires privés de l’économie ?

J-L.I.: De différentes manières. Cela va du vote de lois en faveur de la grande bourgeoisie, à une complicité évidente avec le système d’évitement fiscal qui appauvrit la collectivité jusqu’au vote de crédit pour des guerres régionales dans lesquelles vous voyez apparaître et se développer des Sociétés Militaires Privées (SMP) liées aux armées et services occidentaux et financées par les Etats et leurs transnationales. Les provocations répétées à coups de campagnes médiatiques contre la Fédération de Russie, la République Populaire de Chine, la République Islamique d’Iran ou d’autres mais aussi le soutien à des dictatures comme en Irak après avoir ravagé le pays par la guerre, dans plusieurs pays d’Afrique ou l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan sont des illustrations de la tentation totalitaire du capitalisme. L’actuelle présidence française, son Premier ministre et son gouvernement sont au diapason de ce qui se passe dans tous les pays capitalistes sans exception : atteintes répétées aux libertés, vote de lois en faveur des grands possédants, réduction du rôle des assemblées élues – par exemple, avec la volonté de tenter de supprimer les communes ou les départements en France ou en réduisant le rôle du Parlement -, « dépénalisation du droit des affaires » qui a pour conséquence de laisser faire le pillage de la nation par les grands propriétaires privés de l’économie, retrait du rôle de l’Etat dans ses fonctions essentielles de la santé, de l’éducation, du logement, du développement économique et de l’emploi, engagement dans des guerres et occupations de pays contre l’intérêt des peuples.



Geostrategie : La dégradation de la situation économique ne dépend donc pas seulement de la crise comme les médias de masse tentent d’en accréditer l’idée ?

J-L.I. : Comme je l’ai dit, la crise est liée à la nature même du capitalisme. Elle prend une ampleur que n’a jamais connue le système alors que le pouvoir politique n’a cessé de border son lit. Par exemple l’actuel président français s’était engagé lors de sa campagne électorale à mettre en oeuvre une politique de plein emploi. Mais l’explosion du chômage et de la misère que nous connaissons aujourd’hui n’est pas le fait de la seule crise. Bien avant que celle-ci ne se manifeste brutalement, le gouvernement français UMP, à peine installé, procédait déjà à la suppression de dizaines de milliers d’emplois dans la fonction publique sur plusieurs années tandis que les dirigeants de grandes sociétés privées en programmaient la liquidation de centaines de milliers d’autres dans tous les secteurs d’activité. Cette politique au service de la concentration du Capital n’est que la continuité des précédentes politiques menées par les gouvernements de droite comme de gauche. En fait le rôle de l’Etat bourgeois se borne à protéger les intérêts des grands possédants contre l’intérêt général avec pour conséquence l’aggravation du déficit budgétaire, l’endettement de l’Etat et une misère grandissante pour le plus grand nombre. Un exemple : les sociétés transnationales qui auraient dû payer plus de 33 milliards d’euros d’impôts pour la seule année 2006 en ont réglé 6,1 milliards avec la bénédiction de l’Etat ! Dans le même temps, ces entreprises qui ne créent pratiquement pas d’emplois, organisent des plans de licenciements, exportent une partie de leurs bénéfices pour échapper à l’impôt ont reçu de l’Etat 65 milliards d’euros d’aides de toutes sortes et bénéficié de milliards d’euros d’exonérations fiscales. Pour vous donner une idée, sur deux années, cela représente environ 130 milliards d’euros soit pratiquement l’équivalent du budget annuel européen pour la période 2007-2013 ou le montant du déficit record du budget de la France fin 2009 contre 56,3 milliards en 2008. La dette publique de la France atteint aujourd’hui des sommets en se situant, selon l’INSEE, à 1413,6 milliards d’euros pour le premier trimestre 2009 soit 72,9% du Produit Intérieur Brut (montant des richesses créées dans un pays sur une année entière). De même, l’Etat et les dirigeants des grandes sociétés privées doivent des milliards d’euros à la Sécurité Sociale qui ont déjà été payés par les salariés aux entreprises et les consommateurs mais ne sont toujours pas reversés à l’organisation de solidarité nationale par le grand patronat. Voilà comment le gouvernement organise les déficits. Quand le Président de la République et les ministres de l’Intérieur qui se succèdent affirment « qu’il n’y a pas de zone de non droit » en ciblant la jeunesse amputée d’avenir qui se révolte, ils se moquent ouvertement du monde. Les premières zones de non droit se situent au sein même de structures de l’Etat et elles sont le fait de leur politique qui conduit le pays à la ruine ! Ce n’est qu’un aspect qui explique aussi la violence du système vis-à-vis de toutes les résistances qu’il rencontre et de celles qui en découlent de manière plus générale dans les rapports sociaux.



Geopolitique : La violence est donc liée à la fin du système ?

J-L.I. : Oui, un peu comme les derniers sursauts d’une bête blessée à mort. Elle se manifeste par le rejet brutal de millions d’hommes et de femmes du système de production, leur mise à l’écart de la vie sociale, du logement, de la santé, de la culture. Elle se manifeste également par la destruction de pans entiers de l’économie, de régions et de pays comme en Yougoslavie, en Irak, en Palestine, en Amérique centrale ou en Afrique où les derniers « rois-nègres » ne doivent leur trône qu’à la corruption débridée de transnationales et, parmi d’autres, au pouvoir élyséen. Le capitalisme est un système criminel qui a fait la prospérité d’une caste de milliardaires sur la mort de centaines de millions d’êtres humains, sur les souffrances les plus atroces des peuples sur tous les continents par la famine, la surexploitation, le colonialisme, la guerre. Et cela continue. Au moment où nous parlons, selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies, une personne meurt de faim – « seulement » de faim, épidémies et guerres non comprises – toutes les quatre secondes. Dans le même temps les dirigeants occidentaux en sont à faire payer les paysans par les contribuables à coups de primes pour mettre leurs terres en friches, à détruire des pêches entières par des règlements imbéciles décidés par les bureaucrates de Bruxelles. Et au moment où nous parlons ce sont plus de 350 millions d’enfants de 6 à 17 ans qui sont surexploités par les transnationales capitalistes sur tous les continents dans presque tous les types d’industrie, de l’Asie aux Etats-Unis(3). Si ce n’est de la violence et de l’égoïsme, qu’est-ce donc le capitalisme ?!



Une exigence de destruction



Geostrategie : Dans votre livre vous rapportez le témoignage de plusieurs intervenants de différents milieux et pays dont certains évoquent une crise totale contrairement aux précédentes. Quels changements avec les crises précédentes ?

J-L.I. : Effectivement la crise est presque mondiale par le fait qu’elle touche tout le système capitaliste. Des pays comme la Fédération de Russie, la République Populaire de Chine, Cuba, le Venezuela révolutionnaire du président Hugo Chavez, le Brésil, la République démocratique du Vietnam ou d’autres comme la République Islamique d’Iran sont moins touchés car ils sont, pour des raisons diverses – historiques, politiques, culturelles, économiques – moins imbriqués dans le système capitaliste, ses réseaux commerciaux, bancaires et financiers. Jusqu’à présent nous devions faire face à des crises conjoncturelles du capitalisme, des périodes où la concentration du Capital s’accélérait brusquement en mettant en difficulté momentanée des monnaies, des économies, des pays. Face à cette situation inédite il était important que je donne la parole à des intervenants de différents milieux tous concernés par la banque, la finance, l’organisation d’entreprise et de la société. Quelques français comme le Président du groupe Crédit Agricole Société Anonyme, un commissaire aux comptes ou un important cabinet d’avocats d’affaires parisien ont refusé de débattre de la situation et de répondre à des questions portant sur l’évolution de l’activité de leur secteur professionnel dans le contexte actuel. La plupart ont joué le jeu et apportent, comme vous avez pu le lire, une contribution importante à mon travail par leur vécu mais également par leur propre réflexion et leurs travaux. C’est le cas du président Etienne Pflimlin du groupe bancaire mutualiste Crédit Mutuel-CIC, de Pierre-Henry Leroy, fondateur et dirigeant de Proxinvest, l’une des plus importantes sociétés de conseil aux actionnaires, du président Alban d’Amours du Mouvement des Caisses Desjardins, l’un des plus importants instituts financiers du Canada de forme coopérative, d’Hervé Sérieyx, haut fonctionnaire, dirigeant de société, chercheur et conseil en organisation d’entreprise, de Mark Schacter au Canada qui est conseil international en organisation d’entreprise, de l’Institut Canadien des Comptables Agréés faute de trouver un européen qui daigne répondre à de simples questions de droit sur la transparence de gestion et la validité des comptes des transnationales, du réseau SWIFT spécialisé dans les transactions internationales, d’un syndicaliste de la CGT fin connaisseur du monde bancaire ou encore de magistrats comme Jean de Maillard, spécialisé dans les nouvelles formes de criminalité financière, des avocats d’affaires et bien entendu des responsables du mouvement Coopératif international. La rencontre de tous ces acteurs de l’entreprise, de la finance, de la banque, du droit au sein d’un même lieu – un livre -, la transmission aux lecteurs de leur expérience comme de leurs idées et de leurs propres travaux permet de dresser un tableau aussi précis que possible de la situation actuelle pour mieux comprendre les origines et mettre en exergue les responsables de la crise. De même cette démarche permet de mon point de vue de tenter d’esquisser les possibles d’un nouveau mode d’organisation et de gestion économique et social. Ainsi que l’explique Sherron Watkins, l’ancienne vice-présidente de la société étasunienne Enron, transnationale de l’énergie faillie en décembre 2001, la crise du capitalisme est désormais totale. Elle touche tout le système : économie, finance, groupes de surveillance du monde des affaires et institutions internationales, politique, morale et idéologie. La continuité de ce système s’accompagne aujourd’hui d’une exigence de destruction de tout ce qui entrave la concentration des richesses par les grands possédants. Ils appellent cela « déréglementation », « privatisation », « libéralisation » ou « mondialisation » et couvrent la répression, l’esclavage, le colonialisme et la dépendance des mots de « sécurité », « liberté », « droits de l’Homme » n’ayant plus que le mensonge, la tromperie et la falsification pour camoufler la fin de leur système.



Geostrategie : Mais ces pouvoirs sont l’émanation du suffrage universel, du vote des peuples. Si l’on pousse le raisonnement à son terme doit-on en conclure que les peuples occidentaux souhaitent le capitalisme ?

J-L.I. : Effectivement, les peuples occidentaux se sont prononcés jusqu’à aujourd’hui en faveur de représentants du capitalisme, pratiquement sans rien connaître du reste de la nature de celui-ci ni même envisager où ce système les conduit à l’heure actuelle. Prenons l’exemple de la France. En 1981, lors des élections présidentielles puis des élections législatives qui ont suivi, le peuple français a eu l’occasion de choisir entre la continuité du système symbolisée par les partis conservateurs et la rupture que proposait à l’époque le Parti Communiste Français avec le Programme commun de gouvernement des forces de gauche auquel était associé le Parti Socialiste et les radicaux de gauche. Ce Programme commun de gouvernement était lui-même l’aboutissement d’années d’engagement des communistes français pour ouvrir une voie nouvelle dans la construction d’une démocratie avancée. Ce programme venait en effet après plusieurs grandes campagnes nationales du PCF et l’élaboration et la diffusion du propre programme du PCF à des millions d’exemplaires sous le titre de « Changer de cap », programme pour un gouvernement démocratique d’union populaire. Pour la préparation de celui-ci les militants communistes ont mené à l’époque de grandes campagnes d’information, de débats, collecté sur plusieurs mois avec « les cahiers de la misère » le vécu et les espoirs du peuple dans les campagnes, les quartiers, les usines, les universités. Tout cela a permis d’aider les gens dans leurs problèmes quotidiens – par exemple en s’opposant aux licenciements dans des entreprises qui réalisaient des profits ou à empêcher des saisies-expulsions – tout en débattant avec eux des changements à mettre en œuvre pour une nouvelle politique nationale. Au moment du vote, lors des élections présidentielles et des législatives qui ont suivi, une majorité de votants a cédé aux campagnes médiatiques anticommunistes et s’est réfugiée dans le giron du Parti Socialiste. Une fois au pouvoir, celui-ci s’est empressé d’abandonner ses engagements sous la pression de la bourgeoisie et du gouvernement étasunien qui s’opposait à la présence de ministres communistes dans le gouvernement français. Toutes les transformations radicales contenues dans le programme commun de gouvernement, tout particulièrement les nationalisations des secteurs clés de l’économie, le développement de la démocratie et toute mesure qui permettait de rompre avec le système ont ainsi été abandonnées par la « génération Mitterrand ». Démonstration a été faite une nouvelle fois que sans parti révolutionnaire, sans mobilisation et soutien à des propositions de rupture avec le système, il ne peut y avoir de réel changement. Si les mesures préconisées par le PCF avaient reçu à l’époque un large soutien populaire, le cours des choses aurait été bien différent, y compris la question européenne. Du reste, si vous relisez aujourd’hui « Changer de cap », le programme du PCF, ou même le Programme commun de gouvernement de 1972, vous constaterez avec le recul du temps et en regard de la situation actuelle le bien fondé des propositions de l’époque dont certaines ne demandent qu’à être actualisées. Chacun doit donc assumer ses responsabilités face à l’Histoire. Le passage à la construction d’une société socialiste ne peut se faire que sur la base d’un rapport des forces sociales et politiques favorables au peuple et ne peut être que le résultat de sa volonté et de sa lutte. Une trentaine d’années plus tard le peuple français, sans tirer les leçons de ses expériences, continue de voter tantôt à gauche, tantôt à droite sans avoir encore conscience qu’il confie en réalité son pouvoir aux mêmes maîtres de la finance et de l’économie. La politique qu’il vit au quotidien reste par conséquent la même et rien ne change dans l’entreprise, dans la vie économique à laquelle il consacre l’essentiel de son existence. Bien entendu, la situation s’est aggravée au fil des trois décennies qui se sont écoulées depuis 1981 et il commence à payer chèrement sa marche « droite-gauche-droite-gauche » à coups de chômage, d’impôts, de taxes, d’exclusions, de restrictions, de lois liberticides et de guerres. Mais il ne peut s’en prendre qu’à lui-même car c’est en dernier ressort lui qui décide, par ses luttes et ses votes. Souvenons-nous toutefois que l’Histoire a montré que les révolutions ne sont pas prévues dans les calendriers électoraux de la bourgeoisie.



La priorité est à l’action sur des propositions révolutionnaires



Geostrategie : La responsabilité serait-elle uniquement le fait d’un peuple ignorant de la chose politique et de sa propre histoire ou plus préoccupé par ses « petits problèmes » que du devenir de la société et de la planète ?

J-L.I. : Non, bien évidemment. La crise n’incite pas à la réflexion et à l’action. Les médias qui sont la propriété privée des milliardaires par banques et sociétés de communication interposées jouent un rôle important dans la désinformation et l’abrutissement des masses. Le fait qu’un navet comme le film « Bienvenue chez les Chtis » soit élevé au rang de succès cinématographique ou que des foules honorent comme un dieu la mort d’un pantin médiatique comme Michael Jackson qui, en dehors du fait qu’il n’a rien apporté d’essentiel à la musique, se droguait, couchait avec des petits enfants et s’était fait tirer et blanchir la peau pour ne plus être noir en dit assez long sur le niveau culturel d’une frange des sociétés occidentales. Nous sommes bien loin des grands musiciens et chanteurs comme King Oliver, Sindey Bechet, Count Basie, Louis Armstrong, Ray Charles, Otis Redding ou d’autres dont les musiques populaires traversent les générations ! Ce n’est qu’un aspect des conséquences des batailles que se livrent les transnationales étasuniennes, européennes et japonaises pour le contrôle des grands moyens de communication, des groupes de presse aux satellites en passant par les majors du cinéma. Sans doute le peuple sortira-t-il de son hibernation politique lorsque nous passerons de « Qui veut gagner des millions ? » à « Qui va partir à la guerre ? »… Depuis les années quatre-vingt, les dirigeants du PCF ont commis de lourdes erreurs stratégiques. Comme s’ils n’avaient pas compris les leçons du passé, ils continuent de rechercher des alliances électorales avec d’autres partis réformistes au lieu de privilégier des propositions pour éveiller les consciences, organiser de grands débats nationaux sur les questions essentielles et rassembler dans l’action avec audace. Lorsqu’un parti ou un mouvement posera des questions comme « Comment contrôler le système bancaire et financier ? », « Quelle organisation bancaire et financière pour l’économie ? », « Quelles mesures pour la gestion démocratique des entreprises ? » ou « Comment rendre à l’assemblée du peuple sa représentation nationale ? », questions dont les réponses sont essentielles pour s’engager dans une rupture avec le système, alors la société commencera à s’éveiller. Et dans l’immédiat, il ne faut pas compter sur les états-majors syndicaux qui sont surtout préoccupés de canaliser le mécontentement afin d’éviter les grandes colères qui commencent à gronder. Il est particulièrement lamentable de voir des représentants syndicaux négocier la diminution du nombre de licenciés dans des entreprises en pleine santé financière quand ceux-ci devraient non seulement appeler à la lutte pour le maintien et le développement de l’emploi, exiger des licencieurs l’ouverture des comptes de l’entreprise et se battre pour des droits nouveaux afin de participer à leur gestion. Dites-moi un peu à quoi servent les comités d’entreprises quand des salariés découvrent du jour au lendemain des plans de licenciements prévus de longue date ?! Avez-vous remarqué comment le mouvement radical de séquestration de responsables de ces plans de licenciements né à la base a été enrayé ? Ce type d’action très intéressant a pratiquement disparu des journaux télévisés et autres du jour au le demain. Dans l’immédiat, entre des partis dits progressistes sans propositions révolutionnaires et des syndicats au minimum compatissants, le pouvoir des « compteurs de petits pois », pour reprendre la formule d’Hervé Sérieyx, ne pouvait pas mieux espérer.



Geostrategie : Est-ce à dire que la situation est politiquement bloquée et qu’il sera difficile de sortir de la crise ?

J-L.I. : L’idée selon laquelle il pourrait y avoir sortie de crise sans sortie du système qui l’engendre est une hérésie. Autant vouloir soigner une grippe sans tuer son virus. Cette chimère ne vise, une nouvelle fois, qu’à berner le peuple en lui faisant croire que l’avenir sera meilleur s’il accepte de nouvelles mesures antisociales comme par exemple le report de l’âge de la retraite à 65 ans. Ce n’est que la suite logique du « travailler plus pour gagner plus » développé par l’UMP. Il n’y aura pas de sortie de crise pour la simple raison que le capitalisme ne peut plus être aménagé. Vous avez pu remarquer combien les médias des puissances financières se font silencieux tant sur l’origine de la crise, ses conséquences générales et son extension dans d’autres pays. Il faut surtout éviter que les masses prennent conscience de l’ampleur des dégâts comme des responsables de la situation pour mieux les enfermer dans la fatalité et le renoncement à la lutte.



Nous ne sommes plus en démocratie


Geostrategie : Cela signifie-t-il que l’appauvrissement continu de la société va se poursuivre de manière plus brutale au détriment de l’intérêt général et au seul profit des grands propriétaires privés de l’économie ?

J-L.I. : Oui. Nous entrons dans une nouvelle période où le chômage s’accroît de manière considérable et où des millions de citoyens supplémentaires sont écartés du droit de vivre dignement de leur travail, où la collectivité humaine déjà menacée va encore s’appauvrir tandis que le clan des grands propriétaires privés de l’économie va continuer de s’enrichir. Selon le World Wealth Report publié par la banque d’affaires étasunienne Merrill Lynch et Cap Gemini « la croissance de la richesse des grands fortunes financières privées devrait être de 7,7% par an pour atteindre 59100 milliards de dollars à l’horizon 2012 ». Voilà des gens qui sont, eux, dispensés de l’allongement de la durée du travail comme de l’effort national que les gouvernements occidentaux tentent d’imposer aux peuples pour leur faire payer une crise dont ils ne sont pas responsables. Deux options se présentent : la continuité du système et la guerre ou la révolution. La première hypothèse va se traduire par un renforcement du caractère autoritaire du pouvoir politique, dernier stade de l’impérialisme avant la dictature et la guerre, la guerre économique conduisant toujours à la guerre totale. C’est ce à quoi nous assistons en France comme dans la plupart des pays capitalistes. Le pouvoir politique devient plus autoritaire, toutes les libertés sont graduellement réduites sous prétexte de prévention, de sécurité et d’ordre, les assemblées élues sont amoindries dans leur pouvoir de décision et d’intervention, qu’il s’agisse des collectivités, des comités d’entreprise et autres. A ce stade, la bourgeoisie dispose encore des moyens de diviser le peuple en favorisant des « faux-nez » d’opposition comme le Parti Socialiste en France et en introduisant dans la vie politique des courants rétrogrades dont elle sait qu’ils contribueront à jeter le trouble dans la bataille d’idées. C’est le cas du mouvement Vert ou prétendument écologiste qui a germé sur une conséquence du capitalisme – la détérioration de l’environnement humain par les transnationales – et grandit sur son fumier sans remettre en cause le système, les causes profondes de cette détérioration.



Geostrategie : Pourtant le mouvement écologiste dénonce la destruction de l’environnement ?

J-L.I. : Bien sûr et le Parti Socialiste dit vouloir s’opposer à la politique du Premier ministre de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa. Mais vous pouvez dénoncer tout ce que vous voulez, cela ne gêne nullement la bourgeoisie du moment que vous ne vous en prenez pas à l’essentiel, à la cause, à l’origine de cette destruction : son pouvoir politique et celui des puissances financières, son système et son mode de gestion des entreprises et des sociétés humaines. Le discours de ces écologistes opposés, par exemple, à la maîtrise et au développement de l’énergie nucléaire rappelle ces mentalités arriérées qui accusaient dans les années 1830 les premiers trains à vapeur de répandre la tuberculose dans les campagnes. Quant à la LCR-NPA, quelle que soit ses changements de nom, cette organisation a toujours contribué à diviser et affaiblir le mouvement populaire avec une phraséologie pseudo-révolutionnaire et elle doit être combattue comme telle. Elle est du reste complètement absente des mobilisations ouvrières contre la crise.



La question du Front National



Geostrategie : Et le Front National ?

J-L.I. : Il en va un peu de même pour le Front National qui dénonce les puissances financières mais dont le programme politique n’envisage aucune mesure économique radicale pour mettre un terme à leur domination et contraindre les maîtres de l’économie à rendre gorge. Contrairement aux campagnes de ce parti, ce ne sont pas les immigrés qui sont responsables du chômage. Je parle bien entendu de l’immigration qui vient travailler en France avec une qualification, s’y former dans le cadre de contrats avec des entreprises ou des universités ou y est présente depuis plusieurs génération et non de l’immigration clandestine issue de l’aggravation de la misère qui déserte son combat national pour changer l’ordre des choses. Cette dernière, la plupart du temps inculte, sans formation, analphabète, parfois trafiquante au-lieu d’être parquée dans des camps de rétention aux frais des contribuables devrait être reconduite aux frontières sans atermoiements. Essayez donc comme français de vous rendre clandestinement, « sans papiers », dans un pays d’Afrique ou même en Albanie pour juger de l’hospitalité qui vous sera réservée…Ce qui coûte cher à la France c’est le grand patronat qui attire et utilise cette main d’ouvre bon marché et inculte pour briser le tissu social et les avancées démocratiques qui sont autant d’obstacles à son enrichissement. Et quand cela lui est insuffisant, il délocalise les entreprises, comme le groupe Michelin, pour faire du chômage en France et produire à moindre coût et bien souvent à qualité inférieure dans des pays à la main d’œuvre corvéable à merci. Je le rappelle : 350 millions d’enfants sont actuellement surexploités par les transnationales à travers le monde ! Je rappelle également, puisque personne n’en parle, que le grand patronat français a reçu près de 65 milliards d’euros de subventions de l’Etat tout en bénéficiant de 8,5 milliards d’euros d’exonérations fiscales, de 25 milliards d’euros au titre d’une ribambelle de prêts bonifiés et de la baisse du coût du travail, etc. (4) Dans le même temps l’Etat ne budgétisait que 6 milliards d’euros pour le logement et 5 pour une justice qui se situe déjà parmi les derniers pays d’Europe par son budget !… Ce qui coûte cher à la France, c’est le grand patronat, le chômage qu’il fabrique et son organisation corrompue, le Medef. Le Front National ne reconnaît pas la lutte des classes, condition essentielle du combat pour l’émancipation humaine, raison pour laquelle il ne pourra pas mener jusqu’au bout le combat qu’il prétend mener, ce qui ne veut pas dire qu’il n’aurait pas un rôle à jouer. Mais pour prétendre être « front » et « national » sans doute faudrait-il qu’il se réfère plus à l’avenir qu’au passé dans son discours et ses propositions et que ses militants n’hésitent pas à se trouver aux côtés des travailleurs en lutte pour la défense de leur avenir au lieu de pratiquer un discours antisyndical d’un autre âge. Quand le Front National désignera pour cible le clan des milliardaires qui pille la France au lieu des immigrés qui contribuent à l’enrichir par leur travail, quand ce parti proposera et appellera à la lutte pour nationaliser la haute finance, rendre à la nation ce qui lui appartient, développer la démocratie directe, alors celui-ci commencera à être crédible comme « front national ». Cette logique s’inscrirait d’ailleurs dans la lignée de ses propositions pour une «Europe des peuples » par opposition à « l’Europe des banques ». Pour l’heure il reste enfermé dans un discours anticommuniste, antisyndical, anti-fonctionnaire et s’accroche aux oripeaux du système comme l’église catholique – je parle bien entendu de l’institution et non de la croyance, même si je suis athée – et s’oppose ainsi à tout grand rassemblement national sur des propositions de rupture. Imaginez la force que représenteraient le rassemblement et la mobilisation des organisations – partis politiques, syndicats, associations, etc. – agissant de concert sur des objectifs communs de rupture, chacun conservant, bien évidemment, son identité. Un Front National ouvert, démocratique, aux propositions novatrices, en prise avec la société en lutte pourrait jouer ce rôle de rassembleur. Après chacun prendra ses responsabilités de l’accompagner ou non sur les objectifs en question mais la clarté serait faite dans la société sur qui défend réellement l’intérêt général des français. Pourquoi le Front National ne soutient-il pas les travailleurs qui séquestrent les licencieurs dans des entreprises en bonne santé pour exiger des droits nouveaux dans les entreprises ? Visiblement, les propositions de changement font défaut et se limitent plutôt aux périodes électorales qu’au vécu quotidien des français. Bien entendu le rejet du Front National par la classe politique est injustifiable. Mais pour une part, il porte la responsabilité de cette situation en ne désignant pas les vrais responsables de la crise et en restant enfermé dans un carcan droitier et populiste qui l’empêche, pour partie, de prétendre à devenir national et populaire. Des dirigeants trop souvent issus de partis bourgeois ou à « l’idéologie de reclus » s’identifient par leur propos et leur image plus aux forces du passé qu’à une force porteuse d’avenir et de changement radical. Même si aucune perspective de changement réelle n’existe à l’heure actuelle, la grande bourgeoisie est très préoccupée par la réduction de son assise populaire. Plusieurs faits en attestent comme ses tentatives répétées de faire voter plusieurs fois les peuples ou de remplacer un vote populaire sur des questions qui engagent toute la nation par celui du Parlement lorsque leurs votes ne lui conviennent pas, la tentative de se fabriquer des circonscriptions sur mesure, etc. Nous ne sommes plus en démocratie…



Les forces vives de la nation absentes du Parlement



Geostrategie : …Parlement dont les membres sont pourtant élus par le peuple ?

J-L.I. : Oui, mais les Parlements ne représentent plus vraiment les peuples dans les pays occidentaux et leurs élus nationaux sont de plus en plus coupés des citoyens. Je n’évoque même pas le cas du Sénat français qui est une assemblée inutile et coûteuse qui devra être supprimée afin de renforcer les moyens et l’efficacité de l’assemblée des représentants de la nation. Si vous vous intéressez à la composition de l’Assemblée Nationale française, vous constaterez que sur les 577 députés, ne figure qu’un seul député issu de la classe ouvrière, le député communiste Maxime Gremetz, et un seul salarié agricole, le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle qui est technicien agricole. Quant aux artisans, la « première entreprise de France », selon leur slogan, ne compte que deux élus ! Par contre vous trouvez vingt-deux « sans profession déclarée » parmi lesquels dix-neuf UMP, la plupart fils et filles de petits bourgeois, quinze permanents politiques, tous de l’UMP et du PS, qui faute de faire métier ont fait carrière dans la fonction d’élu et n’ont jamais participé aux forces vives de la nation, trente-huit avocats et, toutes catégories confondues, 184 fonctionnaires dont l’essentiel n’est pas représentatif de la fonction publique, exception faite des enseignants qui forme le gros de cette troupe avec les hauts fonctionnaires. Dans les faits, ce Parlement français n’est pas représentatif de la société française dans sa composition socioprofessionnelle. Les forces vives, classe ouvrière en tête, celles qui font le pays et connaissent les problèmes du quotidien, les drames de la vie sont quasiment absentes du lieu où se décident les lois ! Où sont les ouvriers, les marins-pêcheurs, les paysans, les ingénieurs, cadres et techniciens ? Ceux qui font vivre la France dans ce qu’elle a d’essentiel, de généreux, de génie créateur délèguent en masse leur voix et leur pouvoir à de petits bourgeois et à des politiciens carriéristes qui, une fois élus, ont tôt fait de les oublier ! De plus, le mode de scrutin ne permet pas une véritable représentation du peuple. L’Assemblée Nationale française est bien moins démocratique dans sa composition et son fonctionnement que la Douma en Fédération de Russie dans laquelle tous les partis ayant obtenus un minimum de suffrages sont représentés. En France, lors du premier tour des élections législatives de juin 2007, l’UMP s’est attribué 98 députés avec 10,28 millions de suffrages alors qu’il en a fallu 6,43 millions au Parti Socialiste pour en obtenir un seul ! Quant au PCF et au Front National ils n’en obtenaient aucun avec un peu plus de 1,11 millions chacun ! Le propos n’est pas de savoir si l’on est d’accord ou pas avec la politique proposée par ces partis mais de constater que le mode de scrutin ne permet pas une représentation équitable des courants de pensée de notre société. Le second tour de scrutin avec ses alliances opportunistes et politiciennes ne fait qu’aggraver la situation en excluant des millions d’électeurs de leurs choix et de la représentation nationale. Faute de proportionnelle intégrale, un français sur trois n’est pas représenté au Parlement.



Geostrategie : S’il n’y a pas grand-chose à attendre des partis politiques et des assemblées élues, comment les citoyens peuvent-ils modifier le cours des choses ?

J-L.I. : La démocratie est d’abord ce que les citoyens en font. Ils peuvent intervenir auprès des maires des communes, généralement plus accessibles pour changer la donne sur des problèmes locaux mais également auprès des députés pour des questions qui relèvent de la politique nationale. Les citoyens peuvent très bien se grouper et agir sur des objectifs de rupture avec le système – par exemple, refuser tout licenciement dans les entreprises qui font des profits, s’opposer aux délocalisations, exiger la construction de nouveaux logements, l’embauche de professeurs pour les écoles, de personnels pour les hôpitaux, les services postaux, etc. – et obliger leurs élus à s’engager sur leurs revendications, à leur rendre des comptes sur leurs votes dans les assemblées, ce qui ne sa fait pratiquement plus. Mais les questions fondamentales du passage à une démocratie politique avancée et du contrôle des grands moyens de production, de financement et d’échange reste toujours à conquérir. D’une manière générale, de mon point de vue, les luttes sociales demeurent encore bien en retrait dans leur contenu et leur combativité pour faire front aux attaques dont le monde du travail est l’objet. Mais l’entreprise reste le cœur des batailles à venir : c’est là que les salariés doivent agir pour obtenir de nouveaux droits leur permettant de participer à la gestion et de bénéficier des bons résultats auxquels ils contribuent. Dans les faits comme l’explique Hervé Sérieyx dans mon livre, « il s’agit de passer du « personnel-instrument » au service de l’organisation à « l’organisation-instrument » au service des personnes. » Il s’agit de cheminer d’une organisation d’entreprise destinée à gérer la docilité à une organisation qui suscite chez chacun de ses membres le désir d’y devenir un acteur engagé. La route est difficile mais les partis politiques classés habituellement comme « progressistes » ont failli à leur tâche. Il ne suffit pas que le monde capitaliste s’écroule pour qu’une nouvelle société prenne le relais. L’émancipation du peuple sera l’œuvre du peuple lui-même et à ce jour l’absence d’un courant révolutionnaire important fait défaut pour éclairer les citoyens sur des propositions de rupture avec le système finissant. C’est l’outil qui manque pour favoriser cette transformation politique et sociale. Le peuple est égaré, ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas en attente ou demandeur de solutions pour changer la vie.



Des premières mesures d’un gouvernement révolutionnaire



Geostrategie : Quelle seraient les premières mesures que devrait prendre un gouvernement révolutionnaire ?

J-L.I. : Le pouvoir devra immédiatement stopper toutes transactions financières internationales le temps de procéder immédiatement à la nationalisation de la Banque de France et du secteur bancaire et financier, exception faite des sociétés coopératives de banque qui présentent dans leurs principes de critères de gestion démocratiques. L’un des premiers objectifs du nouveau pouvoir devrait également consister à donner de nouveaux droits aux sociétés coopératives, tout particulièrement afin que leurs sociétaires disposent des moyens réels de faire respecter les principes de gestion par les dirigeants quand ce n’est pas le cas. La banque et la finance sont le cœur de l’activité économique et c’est d’abord là que des mesures nationales et radicales doivent être prises avant d’envisager par la suite une action de proposition plus importante au niveau européen et international, à l’ONU par exemple ou par d’autres organisations internationales. De même, il devra formuler dans un second temps des propositions pour changer ces vieux outils du capitalisme (Fonds Monétaire International, Banque Mondiale, Organisation Mondiale du Commerce, etc.) Sur ces points, le gouvernement de Vladimir Poutine de la Fédération de Russie peut permettre d’avancer rapidement puisqu’il est déjà prêt à agir, à proposer et à soumettre au débat des solutions. Il ne faut pas perdre de vue que les mesures qui permettraient d’envisager un avenir meilleur sont également valables pour tous les peuples. Parler de la « réglementation de la vie économique » ou de « réguler les marchés financiers » comme le président français et ses homologues occidentaux en passant sous silence la nationalisation du secteur bancaire et financier ou la gestion démocratique des entreprises, en ne s’attaquant pas aux puissances financières c’est tromper les gens en discourant sur des promesses que l’on est décidé à l’avance à ne pas tenir. Comment peut-on prétendre contrôler et réglementer l’économie sans contrôler et réglementer les banques, le cœur de la vie économique, sans unifier la « comptabilité financière » de l’Etat ?!



Geostrategie : Mais la nationalisation démocratique des banques est une opération difficile qui prendra du temps ?

J-L.I. : C’est l’idée que distillent dans l’opinion les milliardaires avec leurs médias qui ont pardessus tout peur de perdre ainsi la maîtrise de l’économie et leurs privilèges. Dans les faits cette opération qui ne présente pas de grande difficulté sur le plan technique peut aller très vite. L’individu qui aura 1500 euros sur son livret d’épargne comme celui qui possédera 15 millions d’euros sous forme d’actions, d’obligations ou autre garderont chacun ce qu’ils possèdent après la nationalisation. Ceux qui propagent l’idée inverse sont uniquement motivés par le fait d’entretenir la confusion entre nationalisation et confiscation des biens privés pour protéger leurs privilèges. Dans un premier temps, le nouveau pouvoir devra surtout voter des lois favorisant la démocratie dans les entreprises par de nouveaux droits pour la gestion et l’élection des dirigeants sur la base de leur formation, de leur compétence et de leur expérience. Les sociétés coopératives seront des outils précieux pour insuffler la démocratie dans l’économie. Comme vous avez pu le lire, je mets en valeur dans mon livre la contribution importante des sociétés coopératives au mouvement pour la gestion démocratique des entreprises en comparant leurs principes de gestion et leur vécu avec les critères des sociétés classiques ou capitalistes si vous préférez. C’est un chantier immense, ardu et passionnant.



Geostrategie : Qu’est-ce qui changerait si une telle mesure était mise en œuvre ?

J-L.I. : Disons que nous ouvririons la porte de la rupture avec le capitalisme en donnant aux acteurs de l’économie, et en premier lieu à la classe ouvrière et à ses alliés qui font fructifier le Capital par leur travail, des ouvriers des chantiers aux analystes financiers, les moyens de définir et contrôler la marche des entreprises auxquelles ils sont associés, la possibilité de s’intéresser à leur organisation, d’intervenir pour participer à leur transformation. Ce serait le début d’un long mouvement d’émancipation, d’appel aux intelligences, d’appropriation de l’économie par tous ses acteurs au profit de l’intérêt général. Par exemple, concernant les banques, comme j’en fais la démonstration dans mon livre avec l’intervention de spécialistes de la comptabilité des grandes entreprises, aucun contrôle effectif de ces établissement n’est actuellement réellement possible tant les capitalistes jouent sur des procédés extrêmement complexes et subtils pour en établir les bilans, les faire « contrôler », fonder des structures dans des places off shore, éviter l’impôt, spéculer à hauts risques avec des produits financiers ultrasophistiqués. Pourquoi avoir tant de banques qui offrent les mêmes produits financiers quand leur réunion en une seule – exception faite des banques coopératives où se trouvent en germe les principes d’une gestion authentiquement démocratique -, laissant à chacun ce qu’il possède, permettrait le contrôle réel du mouvement des capitaux au profit de l’intérêt général ? Cette nationalisation démocratique accompagnée de la démocratisation des coopératives permettrait à l’Etat de savoir où et comment circulent les capitaux, au profit de qui et de les faire revenir à l’économie réelle sous contrôle populaire. Ce serait un véritable poumon d’oxygène pour la société toute entière quand on sait qu’un niveau mondial les pertes annuelles de recettes fiscales par les gouvernements du monde provenant du seul évitement fiscal – fraude et blanchiment non compris – sont estimées à plus de 255 milliards de dollars.



Geostrategie : Les banques ont déjà été nationalisées ainsi que des sociétés transnationales. Pourtant rien n’a vraiment beaucoup changé à l’époque ?

J-L.I. : C’est exact et c’est la raison pour laquelle j’insiste sur l’aspect démocratique que devront avoir les nationalisations. Il ne s’agit pas de remplacer des dirigeants de droite par des dirigeants de gauche à la tête de ces entreprises pour que ceux-ci les gèrent de manière identique, comme des « compteurs de petits pois », sur la base de seuls critères financiers de profit maximum immédiat avec des hiérarchies bardées de pré carré, des atteintes répétées aux libertés démocratiques, une opacité de gestion et de trucage des comptes incompatibles avec la démocratie. Les dirigeants auront à mettre en œuvre immédiatement les décrets et lois du pouvoir révolutionnaire donnant de nouveaux droits aux salariés pour qu’ils puissent intervenir complètement dans la gestion, mettre un terme au détournement d’une partie des bénéfices par les dirigeants actuels des entreprises des secteurs clés de l’économie, démocratiser toutes les fonctions jusqu’à changer l’entreprise, faire que l’entreprise soit un outil au service de ses acteurs et de son environnement et non l’inverse comme aujourd’hui. C’est une étape décisive qui implique une élévation quantitative et qualitative de la conscience de ses acteurs mais également de l’environnement des professionnels qui l’accompagnent dans sa création et son développement : commissaires aux comptes, auditeurs, experts comptables, etc. Sans cela les nationalisations resteront lettre morte et deviendront, comme nous l’avons connu, des « étatisations ». C’est la raison pour laquelle ces grandes orientations du pouvoir pour aller vers une démocratie avancée doivent s’accompagner de ce que Pierrre-Henry Leroy, fondateur et dirigeant de Proxinvest, la principale société de conseil aux actionnaires, appelle « les petits pas ». Ainsi qu’il l’explique, il faudra initier des réformes plus modestes et locales qui vont dans le bon sens.



Geostrategie : Par exemple ?

J-L.I. : Par exemple d’abord décourager le grégaire et encourager la diversité d’opinion dans les marchés en mettant fin aux conflits d’intérêts des établissements financiers des groupes lors des opérations de marché. Comme le souligne Pierre-Henry Leroy, « ceci impose de recourir à des experts vraiment indépendants et non pas, comme aujourd’hui, payés et nommés par les intéressés. Une définition précise des conflits d’intérêts, des interdictions et des sanctions s’imposent. » Ou encore abolir les règlements qui alourdissent l’épanouissement de l’économie au profit de l’intérêt général, ce qui est d’autant plus facilement envisageable à partir du moment où ses acteurs disposent des moyens légaux et culturels favorisant leur intervention.



La seule issue pacifique à la crise : une révolution nationale et radicale



Geostrategie : Mais les économies étant aujourd’hui très liées d’un pays à l’autre avec la mondialisation capitaliste, pensez-vous qu’il soit possible de tenir tête aux dispositions européennes, aux règlements internationaux et aux pressions qui ne manqueraient pas de s’exercer sur une seule nation qui s’engagerait dans cette voie de rupture ?

J-L.I. : Votre question porte sur un point essentiel : le soutien du peuple à des réformes radicales. Un changement social de cette ampleur ne peut être le fait d’une seule avant-garde, aussi éclairée soit-elle. Si celle-ci est nécessaire pour formuler des propositions, porter le niveau de conscience à la hauteur des mesures indispensables, ouvrir le débat sur les questions essentielles, seul un grand soutien populaire à celles-ci peut permettre de rompre avec la situation actuelle, quelle que soit la voie de transition choisie par le peuple, électorale ou non. Le passage de la République du Venezuela d’un Etat sous domination étasunienne à un Etat démocratique, indépendant et progressiste est l’un des exemples les plus intéressants à étudier de notre époque. Toutes les attaques menées contre le gouvernement révolutionnaire du Venezuela, de l’intérieur par le grand patronat et les éléments conservateurs de l’église catholique et de l’extérieur par les Etats-Unis et d’autres pays avec certaines associations plus ou moins liées aux services étasuniens n’ont pu empêcher le processus de rupture de suivre son cours. Aujourd’hui le pays s’engage sur la construction d’une société socialiste en faisant l’apprentissage d’une authentique démocratie directe. Les secteurs clés de l’économie ont été nationalisés, les capitaux qui s’exportaient dans la poche de gros actionnaires étasuniens sont aujourd’hui injectés dans la modernisation des entreprises et des régions, des dizaines de milliers de coopératives se sont créées dans tous les domaines de l’activité économique et le pays se modernise au profit de ses citoyens. Ce qui paraissait impensable à une grande majorité du peuple se réalise aujourd’hui avec son soutien actif. Pourquoi cela a-t-il été possible malgré les accords régionaux, les règlements internationaux et les pressions de toutes sortes, jusqu’à des tentatives de coup d’Etat orchestrées par les Etats-Unis ? Parce que le peuple a su se constituer une avant-garde révolutionnaire exemplaire en bien des domaines, se rassembler, se mobiliser et le rester sur ses objectifs principaux de transformation politique et sociale radicale. Vos comprenez face à ces succès pourquoi le Venezuela révolutionnaire n’existe pratiquement pas dans les médias occidentaux. Le gouvernement français devrait se souvenir qu’il a plus besoin du Venezuela que le Venezuela n’a besoin de la France.



Geostrategie : Est-il possible de faire une telle révolution nationale et radicale en France ?

J-L.I. : Bien évidemment et c’est même la seule issue pacifique pour sortir de la crise et rompre avec le système actuel. Il est envisageable d’organiser en France le contrôle de toute la vie économique, d’opérer sa « réglementation » en la « débureaucratisant », de faire retourner à l’économie les capitaux que les capitalistes évitent de l’impôt et du développement des entreprises sans qu’il leur soit possible de dissimuler des biens et des revenus. Il n’y a nul besoin d’un appareil spécial de l’Etat puisque les salariés et les directeurs pourraient réaliser eux-mêmes la fusion immédiate de toutes les banques capitalistes en quelques semaines, par exemple sous l’autorité du ministère des Finances avec des congrès de travail réunissant les professionnels, cadres-dirigeants, représentants des propriétaires du Capital, salariés, syndicats, associations de consommateurs, etc. par banque, par région et nationalement. Il est évident que ceux qui s’y opposeraient ou feraient traîner les choses en longueur pour se livrer à des opérations malhonnêtes de dernière minute et entraver le processus de rupture en seraient exclus. Les avantages de la nationalisation du secteur bancaire seraient décisifs pour les PME, les collectivités et le peuple entier qui pourrait ainsi s’approprier les richesses qu’il crée et lui échappent. Un gouvernement qui arriverait au pouvoir avec la volonté de rompre avec le capitalisme ne peut être que nationaliste et radical. Etre nationaliste, cela veut dire donner la priorité à l’intérêt général de la communauté de territoire, de langue et de culture à laquelle on appartient. Concernant les accords régionaux ou internationaux que vous évoquiez, la petite Europe de Maastricht n’est pas un problème puisque pour ceux qui en doutaient l’expérience montre, à moins d’être complètement aveugle, qu’elle n’est qu’une organisation au service des grandes banques et des gros propriétaires privés de l’économie. Elle ne pouvait par conséquent résoudre aucun problème, quel qu’il soit, dans les sociétés qui la composent, qu’il s’agisse d’économie, de social, de culture, de liberté, de démocratie ou de droits de l’Homme. Vous remarquerez du reste que les promesses faite sur cette construction européenne par les dirigeants bourgeois et socialistes sur la fin du chômage, l’ouverture des marchés, le développement des entreprises, la solidarité entre les peuples, les libertés n’ont jamais vu le jour et que c’est même le contraire qui s’est produit. Je dresse dans mon livre un descriptif de la situation de cette petite Europe en m’appuyant sur des documents de synthèse de ses propres organismes peu connus du public. Il apparaît que celle-ci, dont les dirigeants sont si prompts à donner des leçons à d’autres peuples, est en recul sur tous les fronts. Il faut se préparer dès maintenant à construire l’Europe des peuples de Dublin à Vladivostock qui donnera la priorité aux qualités et à l’identité de chaque peuple par la recherche de coopérations mutuellement avantageuses, mettra un terme à la bureaucratie de Bruxelles engendrée par les puissances financières. Cela veut dire rompre avec l’actuelle « construction européenne », avec le traité de Maastricht et ceux qui ont suivi. Etre radical c’est avoir conscience que la classe dominante – la grande bourgeoisie –

s’accrochera au pouvoir et à ses privilèges par tous les moyens et que seules des mesures radicales bénéficiant d’un fort soutien populaire permettront de la contraindre à respecter les lois nouvelles, de la renvoyer dans ses foyers et de rompre avec son système.



Le capitalisme a besoin de la guerre pour survivre



Geostrategie : La démocratie est-elle possible dans l’entreprise et tout particulièrement dans des sociétés transnationales à l’organisation complexe ?

J-L.I. : Je montre dans mon livre comment la gestion des sociétés coopératives se distingue – du moins dans celles dont les principes de gestion sont respectés – des entreprises classiques. Les entreprises coopératives sont des exemples de gestion à partir du moment où ses acteurs font respecter leurs critères de gestion par les dirigeants qu’ils élisent. Cela fonctionne dans de grandes banques comme le Crédit Mutuel en France ou le Mouvement des caisses Desjardins au Canada et peut donc très bien se mettre en place dans des PME. Chacun doit avoir conscience de la gravité de la situation car le système a aujourd’hui besoin de la guerre pour subsister. Le général russe Leonid Ivashov a mis en garde à plusieurs reprises contre la volonté des Etats-Unis de déclencher un conflit militaire majeur…



Geostrategie : …Vous voulez dire une troisième guerre mondiale ?

J-L.I. : Je dis « conflit militaire majeur » c’est-à-dire pouvant entraîner rapidement plusieurs pays dans des conflits bien plus graves que la guerre contre l’Irak ou contre la République fédérative de Yougoslavie. C’est du reste ce qu’ont tenté les Etats-Unis en foulant le droit international et en tentant de constituer une alliance de guerre contre l’Irak en passant outre l’ONU. Les Etats-Unis sont en pleine faillite, leur dette financière n’est plus remboursable et ne peut plus qu’être remise. Comme le rappelle le général Ivashov dans mon livre, tout se qui se trouve aux Etats-Unis – industries, immeubles, technologies de pointe, etc. – a été hypothéqué plus de dix fois partout dans le monde et nous sommes au bord d’un krach du système financier international sur le dollar étasunien. Le général Ivashov, qui est vice-président de l’Académie russe des problèmes géopolitiques, estime que « les banquiers mondiaux » en faillite ont besoin d’un événement de force majeure de proportions mondiales pour s’en sortir ». Selon son analyse, « l’importance des événements à venir est réellement épique. (…) Les conflits régionaux comme ceux déclenchés contre la Yougoslavie, l’Irak et l’Afghanistan ne donnent que des effets à court terme. Ils ont besoin de quelque chose de beaucoup plus important et ce besoin est urgent ». Les Etats-Unis et leurs sujets anglo-saxons n’ont pas réussi à entraîner les pays occidentaux dans leur croisade contre l’Irak. Ils tentent aujourd’hui de renouveler leur opération contre l’Afghanistan et la République Islamique d’Iran avec l’OTAN et vont de provocation en provocation pour tenter de renverser le régime légitime du peuple Iranien.



Au nom de quoi l’Occident serait-il à l’abri des guerres qu’il provoque ?



Geostrategie : Est-ce à dire que les conflits régionaux actuels peuvent gagner en ampleur ?

J-L.I. : Malheureusement l’heure est à la guerre et les dirigeants occidentaux en portent la responsabilité. Ils font régulièrement la démonstration de leur recherche d’un conflit majeur, pour sauver leur système en faillite. Ils multiplient les provocations médiatiques, économiques et armées de manière répétée contre plusieurs Etats depuis quelques années. Par exemple, les dirigeants Français mènent des opérations militaires hors frontières contre des peuples (Comores, Afrique, Albanie, Kosovo, Bosnie, Afghanistan, etc.) avec une structure militaire, le Commandement des Opérations Spéciales dont le siège est basé à Villacoublay (Yvelines) en région parisienne, la plupart du temps sans consultation du Parlement. L’armée n’est plus au service de la défense du pays tous azimuts mais des besoins des sociétés transnationales et des guerres étasuniennes. Il semble que le président Sarközy de Nagy-Bocsa n’ait pas compris que le retour en puissance sur la scène internationale de la Fédération de Russie, de la République Populaire de Chine, de l’Inde et de l’Amérique latine et centrale mette un terme aux schémas idéologiques et aux alliances des années soixante-dix. Les français peuvent du reste interpeller leurs députés sur ces opérations militaires en se servant de mon livre puisque celles-ci vont leur coûter en 2009 plus d’un milliard d’euros avec l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan. Aujourd’hui, le mot d’ordre des militants nationalistes et révolutionnaires doit être « Troupes françaises hors d’Afrique ! », « Troupes françaises hors d’Afghanistan ! » L’action doit se développer afin d’entraver par tous les moyens le fonctionnement des troupes d’invasion et les centres nerveux des Etats qui participent à ces opérations militaires meurtrières dans lesquelles périssent de nombreux civils. Le temps de la guerre qui se déroule à plusieurs heures d’avion des capitales occidentales sans répercussions pour l’agresseur est révolu.



Geostrategie : Selon vous ces conflits sont donc susceptibles aujourd’hui d’avoir des répercussions en Occident même ?

J-L.I. : Les occidentaux doivent comprendre que les bombes qu’ils lâchent sur les autres peuples, que l’uranium appauvri que les armées étasuniennes, françaises et anglaises n’ont pas hésité à utiliser en 1991 lors de la guerre du Golfe, puis en Bosnie en 1995, puis encore contre la Serbie en 1999, puis à nouveau contre l’Irak en 2003 avec les conséquences dramatiques pour les êtres humains et l’environnement peut aussi se répandre au cœur de leurs propres villes, de leurs repaires économiques, financiers et militaires. Comme le rapporte le contre-amiral Claude Gaucherand, à l’hôpital pour enfants de Bassorah, en Irak, l’une des plus modernes maternité du monde arabo-musulman avant la guerre, où naissaient 12000 enfants par an, les femmes qui accouchent ne disent plus « fille ou garçon » mais « monstre ou être humain ? » Les cas de leucémie ont été multipliés par 13 et les cancers par 6 en douze ans et ces chiffres ne font qu’augmenter. Il faut également savoir que le plus moderne institut de production de vaccins du Proche-Orient qui fût créé dans les années 1980 par une coopération de l’Irak avec les établissements Mérieux a été détruit par l’ONU et ses envoyés de l’UNISCOM avec des conséquences dramatiques pour les populations et les animaux bien au-delà de l’Irak et de sa région. L’utilisation de telles armes comme le déclenchement des guerres sans consultation du Parlement fait des dirigeants de l’époque des criminels de guerre. Donnez-moi une seule raison qui justifierait que les populations occidentales soient à l’abri des guerres offensives qu’elles laissent financer avec leurs deniers par leurs dirigeants et leurs représentants sans sourciller ? Les bombes ne seraient-elles bonnes que pour les enfants Serbes, Palestiniens, Irakiens, Africains ou Afghans ? Ce temps là est bien fini.



Les fraudeurs ne sont pas à Téhéran mais à l’UMP



Geostrategie : Les politiciens et médias occidentaux parlent de « dictature » et de « révolution manquée » contre le régime de Téhéran, menaçant d’intervenir pour la protection des droits de l’Homme. Quel est votre avis sur l’évolution de la situation en Iran ?

J-L.I. : Premièrement, le peuple Iranien a réélu le président Ahmadinedjad avec une écrasante majorité, bien plus large que celle que le peuple français a donnée au président français lors de l’élection présidentielle de 2006. Permettez-moi de souligner au passage que l’élection du président français ne respecte même pas la loi qui prévoit qu’aucun citoyen ne peut porter de nom autre que celui exprimé dans son acte de naissance, à savoir pour ce fils d’émigrés juifs hongrois, Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa. Visiblement, « de Nagy-Bocsa » est resté de l’autre côté de la frontière du bulletin de vote. Ensuite, je ne pense pas que le président français et son parti, l’UMP, dont une ribambelle d’élus ont vu leur élection annulée dans différents scrutins parce qu’ils avaient triché – Serge Dassault le « jeune » sénateur-maire UMP de 84 ans de Corbeil-Essonne, fabricant d’armes, a été déclaré inéligible pour un an par le Conseil d’Etat et accusé d’avoir acheté des voix ! – soient en mesure de donner des leçons de démocratie électorale à l’Iran. Ils le sont d’autant moins que d’autres élus de l’UMP ont été également déboutés de leur tentative de remettre en cause plusieurs résultats de scrutin au prétexte que ceux-ci ne leur étaient pas favorables. Le parti des fraudeurs n’est pas à Téhéran mais bien en France. L’UMP est d’ailleurs coutumier de «putsch » contre le peuple et la démocratie.



Geostrategie : « Putsch » contre la démocratie, c’est-à-dire ?

J-L.I. : Je rappelle que le 23 mars 1999, les représentants des dix-neuf pays de l’OTAN ont déclenché les frappes aériennes contre la République Fédérative de Yougoslavie sans consultation des parlements. Puis, ils ont violé une nouvelle fois la Constitution française en 2001 quand le Premier ministre « socialiste » Lionel Jospin a, d’un commun accord avec le président UMP Jacques Chirac, décidé de participer à l’invasion et à l’occupation de l’Afghanistan. Depuis les choses n’ont fait que s’aggraver et les opérations militaires extérieures pèsent de plus en plus lourdement dans le budget de l’Etat. J’ajoute que la France participe au soutien de dictatures sur le continent Africain où elle n’a rien à faire et dont elle ne conteste du reste pas les élections de dirigeants, réellement truquées celles-ci. Et voilà qu’aujourd’hui, avec leurs homologues de la petite Europe de Maastricht, ils s’entendent pour faire revoter les Irlandais qui se sont prononcés majoritairement contre le traité de Lisbonne et dont le vote ne leur convient pas ! Et ce sont ces dirigeants français qui ont la prétention de donner des leçons de démocratie à l’Iran ? Ce n’est pas sérieux. Cette réalité n’est que celle d’une classe sociale, la grande bourgeoisie, qui s’accroche au pouvoir par tous les moyens, jusqu’à la guerre, pour sauvegarder ses privilèges



Un fait dont personne ne parle



Geostrategie : Les reproches formulés au gouvernement iranien par les dirigeants occidentaux procèdent-ils de la volonté de chercher un conflit majeur ? S’agit-il d’une opération concertée ?

J-L.I. : Oui. Plusieurs éléments prouvent que nous assistons à une tentative de déstabilisation du gouvernement Iranien réparée de longue date par les services étasuniens avec la collaboration de membres de services occidentaux et sionistes. La stratégie est la même que celle employée pour la prétendue « révolution orange » en Ukraine ou dans d’autres pays comme la Géorgie avec d’autres couleurs et d’autres valets. Vous retrouvez derrière ces « candidats de la liberté » les mêmes associations financées par des annexes des services étasuniens, les mêmes bailleurs de fonds, les mêmes campagnes médiatiques spontanées avec manifestations, pancartes, mots d’ordre en anglais, provocations, etc. Malheureusement les occidentaux, tous particulièrement les étasuniens, les anglais et les français, devront se faire à l’idée que le président Ahmadinejad jouit d’un fort soutien populaire et de la confiance des forces révolutionnaires d’Iran. J’attire du reste votre attention sur un fait dont personne ne parle : ces conservateurs petits bourgeois qui se présentent comme des défenseurs de la « liberté », de la « démocratie » et des « droits de l’Homme » ont tous le même programme politique : « libérer » l’économie. Cela signifie privatiser avec les conséquences qui s’en suivraient pour le peuple, tout particulièrement dans le domaine de l’énergie puisque l’Iran est un grand pays producteur de pétrole. Avez-vous remarqué le silence entretenu par les médias occidentaux sur le programme politique de cette opposition ? Je ferai le reproche aux dirigeants iraniens de ne pas suffisamment mettre en avant les acquis de la Révolution islamique qui a libéré le pays du joug de l’étranger et a permis de consacrer au développement économique et social des capitaux qui partaient auparavant dans la poche des gros actionnaires des sociétés occidentales. La République Islamique d’Iran se modernise, y compris par la maîtrise de l’énergie nucléaire, et contrôle son activité économique au profit de toute la société : voilà ce que ne supportent pas les occidentaux, français compris, dont les milliardaires dirigeants des sociétés transnationales convoitent les richesses et la place stratégique. Il est évident qu’un Hossein Moussavi comme tout autre dirigeant soutenu par les occidentaux permettrait à Israël de poursuivre tranquillement le génocide du peuple Palestinien sans que cette entité ait à répondre régionalement et internationalement de ses crimes. La politique de paix développée par l’Iran s’accompagne forcément d’une dénonciation de la réalité de la politique raciste et belliciste de l’entité sioniste, que cela plaise ou non. Il ne peut y avoir d’aboutissement à plus de soixante années de conflit sans que la réalité des faits soit posée sur la table.



Il est temps d’en finir avec « l’Etat » raciste israélien



Geostrategie : La communauté internationale peut-elle encore jouer un rôle dans le règlement de la question juive au Proche Orient ?

J-L.I. : La communauté internationale n’existe plus depuis longtemps Pour qu’elle existe encore faudrait-il qu’il y ait une volonté politique commune de régler les conflits dans l’intérêt des peuples, ce qui n’est plus le cas, tout particulièrement avec ce que l’on appelle « l’Etat » d’Israël. Le président Ahmadinejad a souligné avec raison, lors de son intervention à la tribune des Nations Unies à Genève le 11 avril dernier qu’ « après la deuxième guerre mondiale, sous prétexte « des souffrances des juifs », un groupe de pays puissants a eu recours à l’agression militaire pour faire d’une nation entière une population sans abri. Ces pays ont envoyé des migrants d’Europe, des Etats-Unis et d’ailleurs pour établir un gouvernement totalement raciste en Palestine occupée. Il est tout à fait regrettable qu’un certain nombre de gouvernements occidentaux ainsi que les Etats-Unis aient entrepris de défendre ces racistes auteurs de génocide. Ils ont toujours soutenu les actes odieux du régime sioniste ou sont resté silencieux face à ces actes ». Tout cela n’est que la triste vérité et nous sommes aujourd’hui confrontés à une peste sioniste qui se répand comme un poison de manière analogue à celles des nazis : pureté de la « race » qui place le juif , « peuple élu », au-dessus de tout autre être humain – et je vous renvoie sur ce point à La question juive écrit par le juif allemand Karl Marx -, implantation de colonies qui répond au besoin d’espace vital à l’image de l’ancien Reich allemand, populations chassées à coups d’interventions militaires, villages rasés, terres spoliées, torture, etc. L’ouvrage de Serge Thion, Le terrorisme sioniste,(5) est sur ce point révélateur de la terreur qui accompagne l’occupation de la Palestine par l’entité sioniste depuis 1947. Israël n’est pas un Etat mais une entité raciste sans frontières définies et sans constitution. C’est l’amie assassine du président Sarközy de Nagy-Bocsa dont l’historien Paul-Eric Blanrue décrit fort bien l’introduction dans l’appareil d’Etat français dans son ouvrage Sarkozy, Israël et les juifs.(6)



Geostrategie : Vous êtes l’un des rares journalistes français à soutenir l’intervention du président Ahmadinejad. Selon vous, le président Iranien n’a fait que rapporter la réalité des faits à la tribune de l’ONU ?

J-L.I. : L’un des rares à le soutenir ? Je ne pense pas. Sans doute dans les salons dorés des capitales occidentales et de l’ONU à Genève – et encore car il y fût applaudi par la grande majorité des participants à la déception des représentants occidentaux. Je renvoie ceux qui doutent de la triste réalité de la Palestine occupée et du racisme de l’entité sioniste à se rendre dans les pays arabes. Je ne parle pas de descendre dans les hôtels cinq étoiles pour l’interview d’une personnalité et de partager le reste de son temps entre le bar et la piscine de l’hôtel comme le font certains journalistes occidentaux. Je parle de vivre avec le peuple, d’aller à sa rencontre, de l’écouter, d’essayer de le comprendre. Ils verront alors que le président iranien jouit d’une grande popularité dans le monde arabo-musulman. Par ailleurs, un rapport de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme qui fait suite à une importante mission d’enquête en Israël rapporte, je cite, « les nombreuses discriminations raciales (…) tant légalisées qu’empiriques, sans aucun fondement de quelque nature que ce soit » qui constituent « une violation à la Déclaration universelle des droits de l’homme, au Pacte international relatif aux droits civiques et politiques, au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et à la Convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale ». Il est évident que si les occidentaux continuent de soutenir une telle entité raciste, ils devront finir par assumer également la responsabilité du génocide du peuple Palestinien et de la guerre qui se prépare. Depuis 62 ans cette entité viole toutes les lois internationales, procède à une véritable épuration ethnique de la Palestine, refuse d’appliquer les résolutions de l’ONU et poursuit sa guerre d’occupation et d’expansion à l’abri du discours trompeur de ses dirigeants. Vous seriez enfant Palestinien et vous auriez vu votre famille décimée sous les bombes sionistes ou chassée de sa terre, pensez-vous que vous continueriez d’applaudir aux rencontres diplomatiques sans lendemain avec un occupant qui piétine la diplomatie et les pactes internationaux jusqu’au sein de l’ONU ? Quant aux dirigeants des pays arabes au pouvoir qui ne sont, exception faite de la Syrie, que des modérés corrompus agenouillés devant les occidentaux, ils portent une lourde responsabilité dans l’extermination du peuple Palestinien et la présence coloniale dans cette région du monde.



Geopolitique : Dans de telles conditions, pensez-vous qu’après tant d’années une solution diplomatique puisse encore être trouvée ?

J-L.I. : En refusant toute véritable négociation pour que la Palestine retrouve l’intégralité de sa terre et ses droits, l’entité sioniste empoisonne la vie politique internationale et diplomatique depuis plus d’un demi-siècle. Ce racisme religieux que les occidentaux et l’ONU refusent de combattre oblige à considérer que la seule alternative qui reste désormais pour en finir avec Israël est la guerre. Que voulez-vous qu’il reste quand des dirigeants refusent de voir la réalité des choses, d’entendre la voie de la diplomatie et donc de la sagesse ? Ainsi que je le rapporte dans mon livre, une mission d’enquête de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme conclut que « le projet politique fondateur de l’Etat d’Israël, l’instauration d’un « Etat juif » est porteur d’une discrimination à l’égard de la population non juive ». Si « l’Etat d’Israël est « l’Etat des juifs » comme le stipule l’article 7 de la loi fondamentale sur la Knesset, alors tout juif qui se trouve en dehors de cet Etat doit être considéré comme immigré. Une liste noire des Etats et sociétés qui commercent avec Israël, fournissent à cette entité du gaz, du pétrole – comme la Fédération de Russie, la Turquie, la Géorgie et quelques autres -, des armes et autres bien de consommation doit être dressée afin de dénoncer publiquement leur participation au massacre du peuple Palestinien et d’organiser un boycott progressif et massif de leur commerce. Il faut ainsi s’opposer comme le font une centaine d’organisations, de partis politiques, d’associations, y compris juives, à l’implantation de la société israélienne Agrexco à Sète et ailleurs en France. Ce n’est qu’un aspect du combat qu’il faut aujourd’hui mener contre cette entité raciste jusqu’à la contraindre à la raison car chaque jour elle vole la vie et la terre des Palestiniens.



Renforcer l’action commune des peuples contre l’impérialisme



Geostrategie : Revenons à l’Iran. Pensez-vous que la République Islamique d’Iran puisse affronter la crise provoquée par les occidentaux ?

J-L.I. : Crise est un bien grand mot. Je parlerai plutôt de nouvelle provocation occidentale et d’ingérence dans les affaires du peuple iranien. Non seulement elle le peut mais elle en sortira renforcée. Il faut savoir qu’ au-delà d’un appareil d’Etat en pleine modernisation, la République Islamique d’Iran dispose de militants révolutionnaires aguerris à la lutte contre les provocations occidentales, d’une jeunesse formée dans les écoles et Universités ouvertes à toutes les couches de la population qui soutient majoritairement le régime contrairement à ce que diffusent les médias occidentaux, de penseurs et d’intellectuels riches de la culture perse, d’une religion avec laquelle la corruption et l’enrichissement personnel contre l’intérêt général ne sont pas compatibles. Il ne faut pas oublier qu’en août 1953 les occidentaux ont eux-mêmes préparé le coup d’Etat pour renverser le régime démocratique de Mohammad Mossadegh afin d’installer au pouvoir la dictature des Pahlavi qui a plongé l’Iran dans un bain de sang. Quelques mois après son installation au pouvoir par les occidentaux, en 1954, un consortium composé de compagnies étasuniennes, anglaises, françaises et hollandaises se mettait en place pour gérer l’exploitation pétrolière de l’Iran au profit des actionnaires des grandes compagnies occidentales. Un véritable pillage de l’Iran s’est ainsi opéré pendant près de vingt-six années de dictature jusqu’à la Révolution islamique en 1978 et 1979. Il est évident que les dirigeants occidentaux entendent aujourd’hui dicter de nouveau à l’Iran sa politique économique tantôt en lui interdisant d’utiliser l’énergie nucléaire, tantôt en le menaçant, tantôt en exerçant des pressions économiques ou en essayant de déstabiliser son régime démocratiquement élu pour imposer une marionnette à leur solde afin de s’approprier ses richesses.



Geostrategie : Mais vous êtes vous-même athée et vous soutenez le pouvoir religieux de Téhéran ?

J-L.I. : Où est le problème ? Notre foi n’est pas la même mais je constate que le régime de Téhéran défend l’indépendance économique du pays, les nationalisations – même si celles-ci doivent aujourd’hui passer à un niveau qualitatif supérieur – et donc la possibilité pour le peuple Iranien d’améliorer ses conditions d’existence en participant plus fortement à la vie économique. On ne peut en dire de même du Vatican ou de l’entité sioniste qui sont deux des principales destinations du blanchiment de l’argent du crime organisé et du commerce des armes, ni des Etats-Unis avec leurs 60 millions de pauvres où la misère, contrairement à la République Islamique d’Iran, est en pleine expansion ! Quant à l’Union Européenne, donneuse de leçon de droits de l’Homme elle devrait commencer par s’occuper de ses 20 millions de chômeurs, de ses 70 millions de citoyens mal logés, de ses 80 millions d’autres qui courent un risque de pauvreté dont « la moitié d’entre eux est dans une situation de pauvreté durable » si j’en crois le Rapport conjoint 2008 sur la protection sociale et l’inclusion sociale de la Commission européenne ! Où sont les droits de l’homme pour ces habitants de la petite Europe ? Par ailleurs, la France a fait le choix de servir de refuge à une organisation armée logée à Auvers-sur-Oise, en région parisienne, qui était, voici peu de temps, classé sur la liste noire des mouvements terroristes du Département d’Etat étasunien et de l’Union Européenne. Elle vient d’en être retirée car les dirigeants anglo-saxons ont réalisé qu’ils avaient besoin de l’instrumentaliser pour développer une grande campagne contre la République Islamique d’Iran. Tout ce qui peut leur servir contre l’Iran révolutionnaire est bon. Il serait du reste intéressant de savoir de qui cette organisation reçoit des fonds et des armes en quantité impressionnante… Le gouvernement français devrait prendre garde. Que n’entendrait-on si l’Iran abritait sur son sol une organisation dont le but avoué serait de renverser le gouvernement français ?! Sans intervenir dans les affaires intérieures iraniennes, je pense que les dirigeants iraniens devraient revoir les conditions des échanges avec les pays de l’Union Européenne, tout particulièrement la France, et choisir des partenaires commerciaux plus fiables et respectueux de l’indépendance des peuples. Cela vaut pour l’Iran comme pour tous les peuples qui se lèvent sur tous les continents et qui doivent, au-delà de leurs croyances différentes, se rapprocher pour agir en commun contre l’impérialisme.



Geostrategie : Le conflit majeur dont vous parlez pourrait prendre des formes nouvelles ?

J-L.I. : Je le pense car les occidentaux semblent oublier qu’il ne peut y avoir de second Hiroshima puisque cela signifierait la fin de l’Humanité. Le président étasunien Obama qui a pris un ton aux relents de guerre froide vis-à-vis de la Fédération de Russie devrait bien réfléchir à changer d’attitude contre le cœur de l’Eurasie. De même, son implication et celle de son administration – CIA, Institut de l’hémisphère occidental pour la sécurité et la coopération(7) et Commandement Sud des Etats-Unis (Southcom) – dans le coup d’Etat en juin dernier contre Manuel Zelaya, président démocratiquement élu du Honduras, ne fait que confirmer la poursuite de la politique belliciste et agressive de ses prédécesseurs. Vous constaterez au passage la disproportion du traitement dans les médias français entre le coup d’Etat étasunien au Honduras avec des centaines de morts et des milliers d’arrestations qui n’ont eu droit qu’à quelques toutes petites minutes d’antenne et le coup d’Etat manqué des occidentaux en Iran qui a fait chaque jour l’objet de commentaires aussi faux qu’abondants. Les Etats-Unis ne sont plus en état de dicter leur volonté au monde et leur président va devoir faire front sur le plan intérieur aux déceptions qui vont naître des promesses qu’il a faites pour être élu et qu’il ne pourra tenir. Sur le plan extérieur les guerres qu’il entretient et les nouvelles qu’il cherche à provoquer vont accroître l’endettement et contribuer au processus d’affaiblissement majeur des Etats-Unis et du capitalisme en faillite. Imaginez ce qu’il adviendrait de la société étasunienne dans un tel contexte politique, économique et social si son président noir était victime d’un odieux attentat raciste perpétré par un groupe sioniste ou des miliciens extrémistes blancs ?!… Imaginez ce qu’il adviendrait demain si les images captées par satellite et caméras sur le prétendu attentat contre le Pentagone en septembre 2001 étaient publiées ? Certains responsables du Federal Bureau of Investigation en ont une idée pour avoir fait saisir aux Etats-Unis certaines de ces bandes vidéos…Il est étrange, ne trouvez-vous pas, que cette manipulation et mise en scène hollywoodienne ait échappé aux « yeux du ciel » pour l’un des bâtiments les plus surveillés de la planète ? Sans doute faut-il encore laisser du temps au temps. Les occidentaux ne sont plus les seuls à maîtriser les nouvelles technologies et les peuples à qui ils ont pris leurs familles, leurs terres, leurs richesses, leur espoir, leur avenir n’ont plus rien à perdre. Ces « terroristes » là seront les libérateurs d’aujourd’hui comme l’étaient hier communistes et sans partis dans la Résistance contre le nazisme. A mains nues ou en costume cravate nous devons être à leurs côtés car pour eux comme pour nous, l’avenir c’est aujourd’hui la révolution ou la guerre.




Notes :

(1) Diplômé de l’Ecole des Hautes Sociales, de l’Ecole des Hautes Etudes Internationales et de l’ESJ, Jean-Loup Izambert est un journaliste indépendant qui a également exercé comme conseil en communication politique et communication de crise. Spécialisé depuis les années quatre-vingt cinq dans l’investigation économique, politique et financière, il est notamment l’auteur de plusieurs ouvrages : Le krach des 40 banques (Ed. du Félin, 1998), Le Crédit Agricole hors la loi ? (Ed. Carnot, 2001), Crédit Lyonnais, la mascarade (Ed. Carnot, 2003), ONU, violations humaines (Ed. Carnot, 2003), Faut-il brûler l’ONU ? (Ed. du Rocher, 2004), Les Démons du Crédit Agricole (Ed. L’Arganier, 2005), Pourquoi la crise ? (Ed. Amalthée, 2009)

(2) Lire Résistance, n°56, juin 2009 et le site Internet voxnr.com

(3) Source : Organisation Internationale du Travail.

(4) Source : Rapport sur les aides publiques aux entreprises, Inspection générale des Finances, des Affaires sociales et de l’Administration, janvier 2007.

(5) Le terrorisme sioniste, par Serge Thion, Ed. Akribeia, Paris (disponible ici).

(6) Sarkozy, Israël et les juifs, par Paul-Eric Blanrue, Ed. Oser dire (disponible ici).

(7) L’institut de l’hémisphère occidental pour la sécurité et la coopération, aussi appelé « Ecole américaine » est un centre d’entraînement et de formation étasunien destiné à former des militaires et commandos pour contrer les forces progressistes et révolutionnaires du continent d’Amérique centrale et latine. Plusieurs chef militaires des dernières dictatures de ce continent soutenues par Washington en sont issus.



http://www.marcfievet.com/article-35565133.html



http://www.geostrategie.com/1906/le-capitalisme-en-crise-a-besoin-d%e2%80%99un-conflit-militaire-majeur
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 05:17


31 août 2009

Comment la CIA pénètre nos média


Maxime VIVAS



Est-il permis, sans se voir clouer au pilori des « conspirationnistes », de dire que les consommateurs de la « grande » presse française devraient réfléchir à ce qu’ils vont lire ici ?

Que sait-on (de sources sûres) de l’infiltration de nos médias par la CIA ?

Prenons le cas d’une richissime ONG que j’ai étudiée de près depuis quelques années et qui inonde les médias français d’un millier de communiqués par an, informations qui seront reprises, souvent sous forme de coupé-collé. Ainsi va se façonner l’opinion française, rendue méfiante à l’égard des pays dont les choix politico-économiques dérangent l’Oncle Sam.

Mais d’abord, laissons la parole à des témoins peu suspects d’imprégnation marxiste :

« La CIA contrôle tous ceux qui ont une importance dans les principaux médias. »
William Colby, ancien directeur de la CIA.

« On trouvait des journalistes pour moins cher qu’une bonne call-girl, pour deux cents dollars par mois. »
Un agent de la CIA, sur le recours aux journalistes pour propager des articles de la CIA.
« Katherine The Great », de Deborah Davis, Sheridan Square Press, 1991.

« Les Etats-Unis et l´Union européenne contrôlent 90% de l´information de la planète ; sur les 300 principales agences de presse, 144 ont leur siège aux Etats-Unis, 80 en Europe, et 49 au Japon. Les pays pauvres, où vit 75% de l´humanité, possèdent 30% des journaux du monde. »
Ana Delicado (journaliste), « Les médias racontent un seul monde, sans le Sud ». In : Agence internationale d’informations Argos, 28 novembre 2004.

Et enfin un mot du journaliste New Yorkais John Swinton qui, le 25 septembre 1880, refusa de porter un toast à la liberté de la presse et s’en expliqua ainsi :

« Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! » (Cité dans : « Labor’s Untold Story », de Richard O. Boyer and Herbert M.Morais, NY, 1955/1979).

L’ONG que j’ai étudiée s’appelle Reporters sans frontières. Peut-on mesurer son indépendance à l’égard des USA et des entreprises états-uniennes chargées d’intoxiquer l’opinion mondiale ? Voici quelques éléments qui conduisent à répondre par l’affirmative.

Au moment où cet article est rédigé (30 août 2009), les comptes de RSF pour l’année 2008 ne sont toujours pas connus, en violation de la loi relative aux organisations reconnues d’utilité publique. Cependant, deux rubriques du site Internet de RSF sont intéressantes. L’une est intitulée « Comptes 2007 » et la seconde « Agir avec nous ».

Dans la première, nous lisons : « Les entreprises qui aident Reporters sans frontières sont principalement Sanofi aventis et la CFAO, tandis que la liste des fondations privées contient la Fondation Soros, le Center for a Free Cuba, la National Endowment for Democracy, le Sigrid Rausing Trust, la Overbrook Foundation et la Fondation de France ».

Dans la seconde, à la sous-rubrique : « Les entreprises partenaires des actions et des campagnes de Reporters sans frontières » et dans le chapitre « Les Fondations », nous trouvons : La Fondation Ford, la National Endowment for Democracy (NED), l’Open Society Institute et enfin Sigrid Rausing Trust sur laquelle on est mal renseignés (appel aux lecteurs futés !) mais dont RSF nous dit qu’elle « soutient les activités de Reporters sans frontières pour défendre la liberté de la presse et faire reculer la censure au Maghreb, au Moyen-Orient et en Iran ». Pas en Colombie, au Mexique ou au Pérou, les potes des USA, donc.

Regardons ensemble ce que sont les sponsors étrangers de RSF :

La fondation Soros,
Le Center for a free Cuba (CFC),
L’Open Society Institute (de Soros, cité plus haut),
L’overbrook Foundation,
La National Endowment for democracy (NED),
La Fondation Ford.

Pour faire court, je renvoie le lecteur au livre « Les Etats-Unis de mal empire » (Danielle Bleitrach, Viktor Dedaj, Maxime Vivas) et à mon livre « La face cachée de reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » (les deux sont publiés par Aden Editions) pour ce qui est de la NED et du CFC. Les liens quasi-directs de la NED avec la CIA y sont irréfutablement démontrés, voire confessés par des responsables de ce sponsor. Le CFC a pour mission de renverser le gouvernement cubain.

Voyons les autres, dont on a peu parlé à ce jour :

Soros et son Open Society Institute.

George Soros est partenaire du célèbre Carlyle Group, nid de Républicains et d’anciens membres de la CIA, dont l’un, Frank Carlucci, en fut le sous-directeur. Soros a sauvé George W. Bush de la faillite quand ce dernier dirigeait une société de prospection pétrolière. On ne compte plus les pays où l’Open Society Institute est intervenue (avec succès), en Amérique latine et en Europe de l’Est, pour favoriser la mise en place des dirigeants pro-états-uniens.

L’overbrook Foundation

Pendant la guerre froide, pour contenir l’influence des Soviétiques, la CIA avait créé Radio Free Europe qui émettait en direction des pays de l’Est.

Parmi les promoteurs de cette radio, on trouvait un certain Frank Altschul.

Parallèlement, afin de préparer son opinion publique à une éventuelle intervention contre le bloc socialiste européen, l’Administration états-unienne avait organisé une opération d’intoxication médiatique sur son propre territoire. Une organisation prétendument formée de citoyens apolitiques (The Committee on the Present Danger) fut créée à cet effet.

Parmi ses principaux animateurs, figuraient Frank Altschul et William J. Donovan.

Qui est William J. Donovan ? Un officier états-unien qui, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, avait fondé l’OSS (Office of Strategic Services) l’ancêtre de la CIA (Central Intelligence Agency). Pendant la guerre, il dirigea les services secrets US.

L’OSS forma les futurs directeurs de la CIA. Parmi eux : William Casey. C’est sur recommandation de ce William Casey que la NED a été fondée par l’Administration Reagan au début des années 1980.

Mais revenons un instant sur ce Frank Altschul qui travailla à Radio Free Europe pour la CIA avec William Donovan, futur chef des services secrets US et fondateur de l’OSS, l’ancêtre de cette CIA dont un directeur fut William Casey, instigateur de la NED, paravent de la CIA. Frank Altschul est aussi le fondateur d’« Overbrook Fondation », ce nouveau sponsor de RSF.

La Fondation Ford.

Le 20, puis le 25 août 2006, j’adressai à Robert Ménard, deux mails dans lesquels je l’invitais à souscrire à ses obligations légales en répondant à un certain nombre de mes questions. Par exemple, je demandais si, outre la NED dont les subventions sont affichées et le CFC (dont les subventions ont été cachées plusieurs années) RSF avait d’autres sponsors US. Ménard me fit répondre par Jean-François Julliard, aujourd’hui patron de RSF : « … nous avons fait une demande auprès de la Fondation Ford qui a été refusée. Par ailleurs, nous avons reçu pour l’année 2006 une dotation de 30 000 dollars de la Fondation Overbrook (première dotation). Et en 2003 de la Fondation Real Networks (26 000 euros, dotation qui n’a pas été renouvelée). C’est tout pour les Etats-Unis ».

On voit aujourd’hui que la demande à la Fondation Ford a été renouvelée avec succès et ce, après la publication de mon livre, lu attentivement à RSF (Robert Ménard le critique à trois reprises dans son livre « Des libertés et autres chinoiseries » (Robert Laffont)). Or, que révélais-je dans mon livre ? Ceci que j’ai cueilli sous la plume d’Alain-Gérard Slama dans le mensuel « Lire » de mai 1995 : «  Raymond Aron raconte, dans ses Mémoires, son embarras lorsqu’il découvrit, à la fin des années 60, que le Congrès pour la liberté de la culture, officiellement financé par la fondation Ford et par quelques crédits européens, et dont il était un des phares, était soutenu, en coulisse, par la CIA. Pour un mouvement international censé réunir, en totale indépendance, la fleur de l’intelligence occidentale contre le stalinisme, et dont les revues Liberté de l’esprit et surtout Preuves, furent, en France, le bras séculier, on se serait passé de la caution. »

Presque cinquante ans plus tard, et alors qu’il n’est plus possible d’être trompé, RSF recherche à deux reprises cette caution et finit par l’obtenir.

Le 6 avril 2006, en réponse à une interview que j’avais donnée la veille au quotidien Métro, RSF nia toutes les subventions états-uniennes (qui étaient pourtant affichées sur son site) et me menaça d’un procès. Pourquoi le fit-elle si ces sponsors étaient avouables ?

Mon lecteur en aurait-il une petite idée ?

Maxime Vivas.

PS. Les informations ci-dessus (dûment vérifiées) sont en partie puisées dans les deux ouvrages cités publiés par Aden Editions.

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 15:24
 
(Carla, 1e dame de France)
Le week-end, les Français travaillent.
"L'hyper-actif" Sarkozy est avec sa douce Carla...


Pourquoi la presse
s'autocensure-t-elle ?


Par JuanS, dimanche 30 août 2009

 


On glose, à juste titre, sur l'autocensure ou la collusion des médias avec le monde politique, et notamment le pouvoir du moment. Cette semaine, il est un fait qui fut injustement maltraité par les médias: le temps de travail du président. Nicolas Sarkozy est en effet revenu de 25 jours de congés au Cap Nègre lundi dernier, pour repartir 4 jours dès jeudi. A peine deux jours et demi de travail en bonne et due forme pour celui qui prétend présider aux destinées du pays.

Jeudi, Sarkozy a filé au Cap Nègre, pour quatre longs jours de repos supplémentaires en compagnie de son épouse Carla Bruni. C'est une information, peu traitée dans nos journaux habituels.

Mardi, le Figaro avait opportunément insisté sur la "franche détermination" du président. En deux jours à peine de présence parisienne, Sarkozy a livré pas moins de 4 discours et une douzaine de communiqués, histoire d'alimenter la presse pour la semaine entière: un discours sur les
bonus bancaires, une déclaration sur le "Grand Emprunt", un communiqué sur la remise d'un rapport sur "les professions du droit," puis un discours de politique étrangère devant les ambassadeurs du pays. On avait de quoi commenter !

Quelle gêne a donc ressenti la presse à expliquer, avec autant de détails que nécessaire, le repos présidentiel ?

Le Figaro se contente de 5 lignes:
"Nicolas Sarkozy, qui avait regagné Paris en début de semaine, est revenu cesoir au Cap Nègre, près du Lavandou.

Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni-Sarkozy avaient séjourné 25 jours dans la propriété de la famille Bruni-Tedeschi, au bord de la Méditerranée, pour y passer leurs vacances. Ils devraient y rester jusqu'à la fin du mois."


Un journaliste (trop) curieux d'Europe 1 révèle une anecdote: Sarkozy avait déjà décalé d'une semaine le conseil des ministres initialement prévu le 19 août. Tout l'été, le monarque a multiplié les appels à ses ministres. Une cascade de sermons en tous genres, de Bruno Le Maire, dans l'affaires des subventions européennes aux producteurs de fruits et légumes à Brice Hortefeux accusé d'inaction à Royan, la ville de repos de sa mère Dadu où une bande de "voyous" sévissait. Mais tous les ministres sont rentrés trop tôt à Paris, dès le 18 août. Sarko absent, ils ont patienté une semaine pour le fameux conseil des ministres.

Déjà, les week-ends prolongés du président ont été régulièrement tus, alors même que Nicolas Sarkozy avait fait du travail le dimanche l'un de ses mots d'ordre de l'année.

Qu'importe !

Sarkozy doit apparaître comme hyperactif !


http://sarkofrance.lejdd.fr/2009/08/30/54-pourquoi-la-presse-s-autocensure-t-elle

Pourquoi la presse s'autocensure-t-elle ?
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 15:09
« Ils osent tout ! C’est même à ça qu’on les reconnaît ! » disait Fernand Naudin, incarné par Lino Ventura dans « Les Tontons flingueurs ». Seulement, ici, il s’agit des médias. Ils ne ratent pas une occasion, en effet, de diffuser leur « théorie promotionnelle de l’information », chaque fois qu’ils le peuvent. Car ils savent que la masse des citoyens à laquelle ils s’adressent, est bien trop démunie pour en percevoir les erreurs.


 


Cette fois, c’est tout Paris qui en profite. La Maison de Radio France est en travaux jusqu’en 2013. Un sarcophage d’échafaudage recouvre sa tour centrale, et comme c’est devenu l’usage, des tentures le dissimulent. Tantôt elles reproduisent en photo l’immeuble caché, tantôt elles accueillent de gigantesques publicités. Radio France a choisi de faire sa propre publicité. C’est son droit. Mais de quelle manière ? On peut lire à la ronde en énormes caractères ce slogan ahurissant : « C’est bien la première fois que nous avons quelque chose à vous cacher ».

Sans doute doit-on percevoir de l’humour dans l’image incongrue qui associe par surprise la nécessaire dissimulation des bâtiments pour cause de travaux de rénovation et la franchise coutumière dont Radio France prétend s’être fait une règle. Mais cette assimilation abusive est un pur amalgame qui ne parvient pas à atténuer l’énormité proférée. 


Se trouve diffusée, en effet, avec l’argent du contribuable, une des grandes illusions de l’univers médiatique : l’illusion de l’exhaustivité de l’information. Elle repose sur deux croyances. L’une dérive des performances prodigieuses des médias électroniques qui se jouent du temps et de l’espace. Au moment même où un événement se produit, l’information peut être aujourd’hui diffusée de n’importe quel bout du monde à toute la planète. La puissance technologique des médias est telle qu’on en viendrait à croire à « la maison de verre transparente planétaire » où aucune information n’échapperait désormais à personne.

C’est être le jouet d’une seconde croyance, selon laquelle tout émetteur livrerait l’information dont il dispose dans son intégralité. La réalité est tout autre. « La relation d’information » obéit à un principe fondamental intangible que les prodigieuses performances médiatiques ne pourront jamais modifier : nul être sain ne livre volontairement une information susceptible de lui nuire. Chacun en fait l’expérience chaque jour. Il n’est pas question de donner à son adversaire des verges pour se faire battre. Il en résulte que le secret, cette information stratégique dissimulée qui garantit les défenses de chacun, voire sa survie, est jalousement gardé. On peut même parler de « l’illusion de l’iceberg » qui dissimule lui aussi plus qu’il ne montre.

La contrainte de l’exiguïté du temps de diffusion disponible

Ainsi, que Radio France ose dire que « c’est bien la première fois qu’(elle a) quelque chose à cacher (à ses auditeurs) », est d’abord une erreur parce qu’il lui est impossible de prétendre à l’exhaustivité de l’information. Mais l’erreur devient un leurre dès lors qu’il s’agit de l’inculquer pour gagner en crédit. Comme tout le monde, Radio France est obligée chaque jour de dissimuler plus qu’elle ne peut révéler. Quand bien même elle n’obéirait pas au principe fondamental de « la relation d’information » - ce qui est déjà impossible - , la contrainte de l’exiguïté du temps et de l’espace de diffusion disponible la forcerait à faire un tri draconien parmi les dizaines de milliers d’informations qui circulent chaque jour, et donc à cacher plus qu’à révéler.

Pour ne prendre qu’un exemple récent : est-ce qu’une quelconque station de Radio France ou de France Télévision a appris à ses auditeurs que le Président de la République avait décerné la Légion d’honneur, en mai dernier, au héros de « l’affaire des Irlandais de Vincennes », qui a été aussi une des victimes des « écoutes téléphoniques de l’Élysée », le Lieutenant-Colonel Jean-Michel Beau ? Est-ce que cet événement rarissime ne méritait pas d’être porté à la connaissance des citoyens pour qu’ils apprennent – une fois n’est pas coutume – qu’une conscience avait osé s’élever contre les turpitudes du pouvoir présidentiel depuis 1982, avait souffert pendant 26 ans de ses calomnies, mais avait fini par gagner en justice dans « l’ affaire des écoutes téléphoniques de l’Élysée » en septembre 2008, et que la République, en la personne de son Président, avait tenu à saluer son héroïsme pour l’offrir en modèle à ses concitoyens par la remise de la Légion d’honneur ?

On voudrait être démenti. Mais sauf erreur, ni Radio France ni France Télévision n’en ont parlé. Sans doute ont-ils jugé que ça n’en valait pas la peine, qu’elles avaient d’autres informations plus importantes à diffuser. Elles ont donc fait un choix obéissant au principe fondamental de l’information. Mais, ce faisant, les informations qu’elles ont élues, ont impliqué en retour que d’autres soient exclues et donc cachées, compte tenu de la contrainte de l’exiguïté du temps disponible de diffusion. Le slogan de Radio France est donc bien un leurre dont même l’usage avec humour n’atténue pas la perversité. Paul Villach


http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/ce-leurre-pernicieux-que-de-son-60890
 
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 15:05




Préparation psychologique de l’opinion européenne à la prochaine guerre…




Le peuple iranien “mérite mieux que les dirigeants actuels” à Téhéran, a déclaré à Berlin le président français Nicolas Sarkozy au cours d’une conférence de presse avec la chancelière allemande Angela Merkel. Interrogé sur la situation politique en Iran à l’issue de l’élection présidentielle du 12 juin qui a vu la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, M. Sarkozy a salué le courage de “grands dignitaires du régime” qui ont dénoncé “les viols et les tortures imposés à des opposants”.


Et il a estimé que les dirigeants occidentaux ne pouvaient en dire moins pour dénoncer ces pratiques que ces dignitaires iraniens. “Comment pourrions nous fermer les yeux sur une réalité qui est dénoncée, et avec quel courage, par des dignitaires du régime”, a-t-il dit.


M. Sarkozy et Mme Merkel ont par ailleurs réaffirmé leur intention d’appeler en septembre à de nouvelles sanctions contre l’Iran comme l’a exigé le Premier Ministre israélien Benyamin Netahnyaou lors de sa tournée européenne.
 
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 14:32
Yves Calvi

Assassiner le PS, l'Opposition,
par Eva R-sistons



Yves Calvi, de son vrai nom Yves Krettly (on se demande pourquoi il a changé son nom - trop communautariste ? Ou parce qu'il affectionne particulièrement la ville de Calvi ??), anime C dans l'Air, émission soi-disant de débats, et en réalité la meilleure émission de DESINFORMATION de la télévision.

Il y a 2-3 jours, le C dans l'Air était consacré à "la Maison de Martine Aubry".

Calvi-Krettly a parlé de la gauche, du PS. A moment donné, sa question portait sur les "petites phrases assassines" du PS...

Vous voulez que je vous dise ? Vraiment ?

Eh bien, toutes les émissions de C dans l'Air consacrées au PS, à la Gauche, à l'Opposition, ne comportent que des phrases assassines, faites pour assassiner la Gauche, pour l'empêcher de revenir au pouvoir, pour permettre à Sarkozy l'homme d'Israël et des Etats-Unis, de garder le pouvoir, de le perpétuer (voir comment, déjà, on parle de sa dynastie. On prépare la relève!). C'est très démocratique ! 

Nous serons privés d'alternance démocratique !

Et tout ce qui est consacré à la Droite, à "Sarko" (pour nous le rendre plus familier, proche)  le "volontariste", Super-Sarko, n'est que flagorneries !

Protestons en masse ! C'est une honte, phrases assassines contre l'Opposition, éloges, justifications, flagorneries pour la Droite ! C'est indigne de la France, c'est un scandale !

Calvi-Khettly, dehors ! Rends ta carte de presse, journaleux ! Tu ne fais que desservir l'image du journaliste ! Honte à toi, vulgaire propagandiste !

Eva R-sistons à la désinformation malhonnête




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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 14:09

Charles de Gaulle à Londres, en 1940.

Wikipedia.org


Par Eva R-sistons

(extrait d'un article à paraître, d'Eva,

"J'accuse le CRIF d'avoir colonisé la France")

Là, nous touchons au coeur du problème.  Car la France est le seul pays à avoir des Institutions comme celle du CRIF, totalement idéologique et envahissante. Pourquoi ? Une telle infamie n'aurait jamais dû arriver dans notre pays.

Un jour, le Général de Gaulle entra dans la vie des Français. Il lança le fameux appel du 18 juin, incitant à résister à l'intolérable qui venait de se produire.  Personne ne marqua autant que lui l'Histoire, la grande, de notre pays. Mais il avait des ennemis. Et celui qui le détestait le plus, justement, était Israël.  Car le Gl aimait plus que tout la Liberté. 

Israël a une spécialité, celle de se débarrasser sans scrupules de ceux qui le gênent. De Gaulle, méfiant à l'égard d'Israël, et des Américains aussi d'ailleurs (quelle acuité !), était très critique vis-à-vis de ces deux Etats. Il fit sortir la France de l'OTAN, puis il élabora une politique pro-arabe originale, enfin il défendit becs et ongles l'indépendance de la France. Bref, il indisposa Israël. Comment en venir à bout ? On ne supprime pas un homme de cette stature. Trop imposante !


Je prétends qu'à défaut, Israël tenta de tuer politiquement le Général. Comment ? En imaginant une situation pouvant le destabiliser. Et en envoyant un homme, un Allemand, un drôle de rouquin, fomenter en France une révolution. Celle de mai 68 !

Et la Révolution eut raison du Général. Un de chute !

Le même rouquin fut à nouveau envoyé en 2009 pour abattre le soldat Bayrou, dangereux rival potentiel de Sarkozy, puis le PS, et enfin pour "libéraliser" les Rouges Verts, en faire la roue de secours verdâtre, atlantiste et sioniste, du Capitalisme à l'agonie. Mais c'est une autre histoire.

Israël avait abattu un géant, mais pas le Gaullisme. Et dans le coeur des Français, de Gaulle, et son indépendance nationale, étaient toujours vivants. Précieux ! Et tellement gênants pour Israël, soucieux d'avoir les mains libres au Proche et au Moyen Orient, afin d'assurer sa domination sur la région et, au passage, de rafler les ressources de ses voisins. Et en effet, lors de la guerre d'Irak, le tandem Chirac-de Villepin, si gaullien, s'opposa avec panache aux ambitions anglo-saxonnes et israéliennes. Jamais le crédit de la France à l'étranger ne fût si grand !!!
  Avec des dirigeants fidèles à l'idéal gaullien, avec des Français attachés à l'indépendance nationale, avec des Hauts Fonctionnaires de l'Etat, au Quai d'Orsay comme à l'ENA, imprégnés des valeurs traditionnelles de la France, difficile pour Israël d'avoir les mains libres pour accomplir ses forfaits. Je prétends qu'après avoir "tué" politiquement le Gl de Gaulle, il entreprit d'extirper le grain de sable de la France qui se mettait en travers de ses projets de domination prédatrice.  Ce grain de sable, c'était justement le Gaullisme, cet idéal rassembleur et d'indépendance de la Nation. Un idéal qui fascine encore des individus de tous bords, à commencer par moi, pourtant résolument à gauche. C'est que le Gl transcende si bien les clivages, et il est visionnaire (Eurasie...), prophétique - et si intègre, une qualité qui se perd tant aujourd'hui !

Or donc, pour extirper définitivement ce "Mal" français, empêcheur de tourner, ou de dominer et de voler, en rond, et de surcroît si séduisant pour l'ensemble de la planète, donc susceptible de donner des idées, de susciter des émules, il fallait s'implanter en France, s'immiscer dans ses affaires, et en prendre le contrôle. Pour extirper à jamais cette sacrée indépendance française !
 
Et voici comment, pour moi, les réseaux les plus influents du sionisme international, ou d'Israël, se mirent en tête de venir à bout de la France, et de son esprit rebelle, frondeur. Au risque de coloniser le pays, pour mieux le tenir à sa merci, pour mieux tuer son influence, et l'aligner, via de commodes marionnettes, sur la Pensée unique atlantico-sioniste.

Le pari a réussi. La France est à genoux, vidée de sa substance, et à la merci de ses nouveaux maîtres, se servant d'elle comme tremplin pour leurs ambitions personnelles ou pour leurs projets iniques et criminels. 

Mais en assassinant la France,
le CRIF et ses laquais (au Gouvernement, dans les Médias..) piétinent les intérêts de la Communauté juive en France, menacée par les excès mêmes de ceux qui se sont indûment octroyés tous les pouvoirs, en prétendant servir leurs frères.  

Il y a des Ghozlan, et des Sophie Ernst (écoutez le passionnant débat opposant ces deux frère et soeur juifs "ennemis", que tout oppose: Débat "Les Juifs en France", diffusé le 28.2.9, 43 mn, sur Public Sénat. Une Sophie Ernst, par sa modération, son ouverture,  sa sincérité, son altruisme, combat mieux l'antisémitisme que tous les excités qui brandissent à tous bouts de champs la Shoah et les accusations sans fondement. A voir absolument, remarquable débat ! (2 conceptions, je m'identifie à celle de Sophie Ernst)

Il y a des Richard Prasquier, qui interviennent pour changer le cours de la Justice (affaire Fofana), et des Théo Klein (ancien Président du CRIF), qui est un Juste, pour la rendre.

Il y a des avocats (comme Goldnatel) qui partent en guerre contre tous les embryons de soupçons de risques.. d'antisémitisme, traquant la moindre virgule déplacée, et d'autres, comme Roni Brauman, le Médecin du Monde qui soulage les souffrances humaines,  pour servir la cause de la Justice.

Il y a des Rabbins qui militent pour la paix, une paix juste, et il y a même des Professeurs comme Yakov Rabkin pour publier un "L'opposition juive au sionisme" (2005). Il n'y a pas seulement des obsédés de l'antisémitisme, le voyant partout, même où il n'est pas !

Et puis il y a tous les anonymes qui sont bernés par ceux qui prétendent parler en leur nom,  et qui ne veulent pas être tués une seconde fois par leurs prétendus défenseurs. Des hommes et des femmes qui aiment la France, qui sont bien intégrés, et qui ne souhaitent pas que le message judaïque soit perverti, pour devenir discriminant, eugénique, assassin. En d'autres termes, qui ne veulent pas que l'on tue le Juif pour modeler un Israélien différent. Bref, qui aspirent à vivre leur foi de façon apaisée, au lieu de se laisser entraîner à poursuivre les chimères d'une guerre sans fin contre tous. 
  C'est à eux que je fais appel, pour vaincre l'hydre institutionnelle issue de leur Communauté - au service de Mâmon, et qui les coupe du reste du pays. L'apport des Juifs à la communauté humaine est original, créatif, et attachant par la culture. Il ne doit pas être écrasé par une chape de plomb. La morale juive est exigeante, elle peut être un phare pour le monde, à condition de rester fidèle à ses grands principes. La vocation du Juif authentique est sacerdotale, dans la Bible il est écrit qu'il doit servir Dieu et l'humanité, et non dominer. La nation juive doit être exemplaire. Ses dirigeants, aujourd'hui, sont poursuivis pour corruption. Où est la fidélité aux textes sacrés ? 

Si l'on n'entend que la voix des promoteurs actuels du CRIF, alors des Dieudonné se lèveront, courageusement, pour les dénoncer. En perpétuant la France résistante de 1789 ou de 1940. En refusant le pouvoir occulte, prépondérant, malfaisant, d'un groupe sur la communauté humaine. 

Car la France se trouve aujourd'hui dans la situation paradoxale, totalement inédite, insensée, scandaleuse et menaçante, où, comme les Etats-Unis, elle ne recherche plus son intérêt, mais celui d'Israël. Il faut prendre conscience de cette aberration, si l'on veut vraiment s'en libérer, retrouver la maîtrise de notre destin. Les colons du CRIF et des Institutions similaires, ne sont pas nombreux, mais qu'ils sont actifs !

Jeanne d'Arc a bouté les Anglais hors de France. Qui délivrera notre pays de ses chaînes ? Qui rendra à la France sa liberté, sa dignité, son honneur ? Des Juifs clairvoyants, comme Théo Klein ou Sophie Ernst ? Un autre gl de Gaulle, un Chevènement ? Ou nous-mêmes, dans un sursaut salvateur ?

Eva R-sistons



dossier complet ici : http://r-sistons.over-blog.com/article-35528806.html


A lire, le débat, car j'y parle des Médias, cf :

Sera, je comprends très bien votre point de vue, oui c'est en effet nécessaire que quelqu'un le précise, pour qu'il n'y ait surtout pas, surtout pas,  d'amalgame !!!! Maintenant, tout est clair pour tous... La clarté, c'est super ! Et c'est aussi ce que je déteste dans le CRIF, ou Sarkozy: Ils n'annoncent pas la couleur, ambiguité, hypocrisie, etc ça je ne supporte pas ! Qu'il y ait mille médias juifs et même sionistes en France, ça ne me gêne pas, je suis pour le pluralisme; Mais que des chaînes publiques comme FR2 surtout, mais aussi la V, Arte, Les chaînes parlementaires, etc  se prétendent neutres alors qu'elles sont finalement au service des intérêts d'Israël, d'un pays étranger (quel qu'il soit), ça ça ne passe pas, ça m'étouffe !!! Et en plus certaines avec NOS sous, comme chaînes PUBLIQUES, nationales, comme FR2, entièrement sioniste, c'est intolérable !  Eva

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=5866 
(le débat sur CET article)


Au fait, rentrée scolaire:


FR2 télé sioniste, avec un Darmon aux commandes, et que croyez-vous qu'il arrivât ???
Les petits écoliers montrés, si charmants, et en plus une famille bio, sont d'Israël !!!!
Au fait, il va falloir parrainer une petite victime juive de la Shoah ??? A l'heure de la future "Shoah" planétaire ???
Moi, je vais parrainer une petite victime Tsigane de la Shoah. Il y en a eu presque deux fois plus d'exterminées ! (1/3 de Juifs, 1/2 de Tsiganes)
Eva



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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 07:21



PETITES QUESTIONS AUX ANTICONSPIRATIONNISTES/COMPLOTISTES
Posted sam, 01/08/2009 - 00:00 by denissto

PETITES QUESTIONS AUX ANTICONSPIRATIONNISTES/COMPLOTISTES


Contester aujourd’hui le rapport américain sur les attentats du 11/9, c’est s’exposer a une cohorte de béni oui-oui, qui immanquablement vous colleront pour seul réfutation : c’est une thèse complotiste, conspirationniste.


Que le crétinus erectus joue de ce faux fuyant semble tout à fait logique tant la culture du prêt à penser est profondément ancré dans la suffisance inculte de notre société. La curieuse réaction de la presse française après les déclarations de JM Bigard sur ces attentats porte plus haut la question du conditionnement intellectuel de masse, car le choix des mots utilisés par ces journalistes pour condamner les propos de l’humoriste ont immédiatement déclenché des réactions publiques Pavloviennes avec son cortège d’insultes et de menaces de mort ! Dommage de sacrifier les forêts pour de tels écrivaillions servils juste digne de suspension dans les latrines.

Que le citoyen lambda se forge une conviction sur ces attentats en passant des heures devant sa télévision, s’imprégnant de commentaires journalistiques pré-écrits, repassé en boucle, n’a rien d’étonnant. le téléphage a zapette est un buvard, les fabricants d’idées le savent bien.

Que toute la presse soit unanime pour occulter les nombreuses faces d’ombres, ne perçoive aucuns faits troublant dans la version étatsunienne, passe sous silence les réfutations de centaines d’experts internationaux, pire encore persécute ceux qui posent des questions, prouve a minima une seule chose, il n’existe plus de presse libre !

Faire perdre du temps dans cette interminable quête de la vérité sur les attentats du 11/9 n’est pas anodine, et je soupçonne fort certains mouvements sur ce sujet d’être complices de façon fortuite ou volontaire des vrais responsables des attentats de New York : l’occultation de toutes les conséquences de ces attentats et de ses fins ! La crise financière actuelle en est une, car c’est bien a la suite et sous prétexte des attentats du 11/9 qu’ Alan Greenspan a baissé 11 fois les taux américains créant ainsi la plus grosse bulle de tous les temps.

La recherche des vrais assassins du 11 septembre sera vouée comme dans le cas de l’assassinat du président Kennedy à des débats sans fin, et ne laissera in fine que des questions sans réponses. Les doctrines des néoconservateurs, les mesures liberticides, les guerres déclenchées, la mondialisation à pas forcé tel étaient le but de ces attentats. Il ne sert donc a rien de rêver, la vérité ne sera jamais révélée, et certainement pas par un Obama successeur désigné des néocons, pour continuer leur programme. Il n’y a qu’un parti en démocratie, aux Etats Unis il s’appelle les républicrates.

En conclusion comme l’écrivait Jean Yanne, l’imbécile sait tout, mais ne comprends rien. Pas plus moi que le simple quidam ne comprendrons exactement toutes les failles de ce conte à dormir debout écrit par les autorités néoconservatrices US, mais il n’est pas nécessaire d’être un expert pour faire la recension de toutes ses conséquences. Par contre quand 41 hauts responsables, et experts américains, au risque de briser leur carrière et leurs réputations contestent la version officielle des attentats du 11 septembre je trouve que le silence des médias est assourdissant………plus encore que le bruit que font les imbéciles qui savent tout.

Plus de 40 citoyens états-uniens ayant travaillé pour différents services de Renseignement et de Contre-terrorisme ont sévèrement critiqué le compte-rendu officiel du 11-Septembre ; la plupart d’entre eux demandent une nouvelle enquête.

Ces 41 personnes ont travaillé pour le Département d’État, l’Agence de la sécurité nationale (NSA), l’Agence centrale de Renseignement (CIA), le Bureau fédéral d’investigation (FBI), l’Administration fédérale de l’Aviation (FAA), Le Bureau des douanes et de la protection des frontières ainsi que pour diverses sections de l’armée des États-Unis. Ils sont présentés ci-dessous en fonction du service pour lequel ils ont travaillé.

Département d’État
Terrell E. Arnold (ancien directeur adjoint du contre-terrorisme et de la planification d’urgence, département d’État)
Angelo Codevilla (ancien officier du service Étranger au département d’État, actuel vice-président du Conseil des professeurs invités de l’’U.S. Army War College)
Edward Peck (ancien coordinateur adjoint des programmes secrets des services de renseignement, au Département d’État)
National Security Agency(NSA)
Lieutenant-colonel Karen Kwiatkowski (témoin oculaire de l’attentat survenu au Pentagone et ancien membre du cabinet du directeur de la NSA)
Commandant John M. Newman (US Army (à la retraite) ; ancien assistant du directeur de la NSA)
Central Intelligence Agency (CIA)
Raymond McGovern (ancien responsable de la synthèse des renseignements nationaux)
William Christison (ancien directeur du Bureau des analyses régionales et politiques)
Melvin Goodman (ancien chef de division au Bureau des Affaires soviétiques)
Robert Baer (analyste Proche-Orient)
Robert David Steele (officier CIA et Marines)
David MacMichael (ancien officier supérieur d’évaluation avec responsabilité spéciale pour les Affaires de l’hémisphère occidental au Conseil national du renseignement)
Lynne Larkin (ancien officier des opérations de la CIA
Federal Bureau of Investigation (FBI)
Edward J. Costello, Jr (ancien agent spécial du FBI, attaché au contre-espionnage)
John M. Cole (ancien agent spécial du FBI, attaché au contre-espionnage)
Sibel D. Edmonds (ancienne spécialiste en traduction pour les opérations de contre-terrorisme et contre-espionnage du FBI)
Rosemary N. Dew (ancien superviseur des agents spéciaux, antiterrorisme et contre-espionnage au FBI)
Gilbert M. Graham (ancien agent spécial ayant travaillé pour le FBI dans la division du contre-espionnage du Bureau de Washington)
Behrooz Sarshar (spécialiste en traduction au FBI, effectuant les traductions du Farsi pour les opérations de contre-terrorisme et de contre-espionnage)
Jane A. Turner (agent spécial du FBI)
John B. Vincent (agent spécial du FBI)
Fred Whitehurst (agent spécial du FBI)
Coleen Rowley (agent spécial du FBI)
Robert G. Wright, Jr (agent spécial, Unité de lutte contre le terrorisme international)
Federal Aviation Administration (FAA)
Bogdan Dzakovic (expert de la lutte contre le terrorisme à la division sécurité)
Steve Elson (agent spécial, contre-terrorisme, renseignement et sécurité)
Lieutenant-colonel Brian F. Sullivan (agent spécial)
US Customs and Border
Mark Conrad (Sky Marshall)
Raymond A. Ciccolilli (Sky Marshall)
Services de renseignement militaire
Général de division Albert Stubblebine (ancien chef du commandement des services de renseignement et de sécurité (INSCOM) de l’armée de terre)
Morton Goulder (ancien secrétaire adjoint à la Défense pour le renseignement)
sénateur Mike Gravel
Wayne Madsen (ancien officier de renseignement de la Marine)
John Loftus (ancien officier de renseignement de l’armée de terre. Ancien procureur fédéral des États-Unis)
Lieutenant-colonel Anthony Shaffer, (ancien commandant du Renseignement humain au sein de l’armée de terre)
Capitaine Scott J. Phillpott (ancien commandant du programme d’exploitation des données visant à établir la structure globale d’al-Qaïda)
Commandant Scott Ritter (ancien officier de renseignement du corps des Marines et inspecteur en chef des armes pour la Commission spéciale des Nations Unies en Irak)
Capitaine Eric H. May (ancien officier de renseignement de l’armée de terre)
Capitaine Gregory M. Zeigler (ancien officier de renseignement de l’armée de terre)
William G. Weaver (ancien officier de l’US Army Signals Intelligence)
Commandant Larry J. Tortorich (ancien commandant adjoint du programme des Missiles de croisière Tomahawk)
Theodore J. Pahle (ancien officier supérieur de renseignement auprès de l’Agence de renseignement militaire)

Denissto


http://www.denissto.eu/node/147

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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 07:16


Chers amis, chères amies,


Nous vous écrivons du Venezuela, où nous vivons et travaillons à la démocratisation des ondes. Celles-ci, comme partout ailleurs dans le monde, restent à 80 % aux mains de grands groupes économiques privés. Depuis dix ans, notre pays est victime de la même désinformation qui faisait du Nicaragua sandiniste des années 1980 un pays "totalitaire". Les grands médias, acteurs de la globalisation néolibérale, doivent à tout prix faire de nos révolutions des dictatures en marche. Même dans des secteurs se réclamant de la gauche, un lavage de cerveau quotidien, efficace et n'offrant guère d'alternatives, a fini par sédimenter des catégories de débat obligées : "pour ou contre Chavez", "dérive autoritaire ou pas", "base contre bureaucratie", "Chavez-Iran", etc.

D'autre part, la critique se prétendant « de gauche », qui domine largement la Toile, reste souvent faite par des "intellectuels" ou des groupes politiques qui ne vivent pas notre processus - mais en vivent parfois... Elle reflète peu les préoccupations de 90% des Vénézuéliens ou des Latino-Américains en général.

Des amis du monde entier nous ont donc demandé de créer un site , qui deviendra progressivement bilingue français-espagnol, afin de rencontrer "en direct" les paysannes et paysans, les pêcheurs, artisans, travailleurs et travailleuses en lutte, mais aussi les communautés indigènes, les militantes des droits des femmes, les organisateurs et organisatrices de conseils communaux, de médias associatifs, etc. En bref, toutes celles et tous qui avancent et travaillent loin du Monde, de Libération, de El Pais ou de Reuters.

Qu'ils n'aient pas le temps de publier sur Internet ne signifie pas qu'ils n'existent pas, qu'ils ne pensent pas, qu'ils ne vivent pas des contradictions et ne formulent pas des critiques bien différentes de toutes celles qu'on projette sur eux. Ils sont des millions. Ils n'ont de leçons à donner à personne, mais ils ont beaucoup à nous dire.

A travers les programmes de Vive TV, télévision participative née de la Révolution bolivarienne, nous vous offrirons chaque jour, en français et en espagnol, les témoignages des secteurs populaires et des mouvements sociaux vénézuéliens, des analyses des mensonges du Parti de la Presse et de l'Argent (PPA), ainsi que des outils pour créer des médias enfin libres. Car il ne saurait y avoir de démocratie véritable sans appropriation populaire des médias et sans démocratisation du "latifundio" des ondes.

Caracas, le 24 août 2009


L´équipe de « la révolucion vive

http://eldiablo.over-blog.org/article-35312695.html

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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 00:54


Fidel Castro Wikipedia



Nouveau livre de Salim Lamrani :
"Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais"

 

Chers amies et amis,

 

Le 1er septembre 2009 sort mon ouvrage intitulé Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais aux Editions Estrella. Il s’agit d’un livre de 300 pages. Les principales problématiques de la réalité cubaine y sont analysées pour illustrer le gouffre qui sépare la réalité d’un pays complexe de l’image véhiculée par les médias occidentaux. Cet ouvrage contient également un extraordinaire prologue de Nelson Mandela qui m’a fait l’immense honneur d’associer sa plume à mon travail.

 

            Vous n’êtes pas sans savoir que les médias censurent toute pensée alternative au sujet de la problématique cubaine. Cet ouvrage n’y échappera probablement pas d’autant plus qu’il pointe du doigt les graves manquements de notre presse à son devoir d’information, ainsi que ses violations réitérées de l’éthique journalistique.

 

C’est la raison pour laquelle je fais appel à vous pour participer activement à la diffusion de ce livre et faire circuler cette information à tous les amis de Cuba ainsi qu’à celles et ceux qui s’intéressent à ce pays, et souhaitent sortir de la pensée unique.

 

Vous trouverez ci-joint la couverture et la quatrième de couverture avec son texte.

 

L’ouvrage n’est pas encore distribué en librairie mais il est disponible dès à présent auprès de l’auteur au prix de 18€. Des tarifs spéciaux sont réservés aux associations.

 

N’hésitez pas à me contacter pour toute information supplémentaire. Je suis, bien entendu, à la disposition de tous celles et ceux (personnes, associations, librairies…) qui souhaiteraient m’inviter pour une présentation de ce livre ou un débat.

 

Je serai présent à la Fête de l’Humanité le 11, 12 et 13 septembre 2009 pour y dédicacer mon livre. Une présentation est prévue sur les stands de Granma (le 12 septembre à 14h), de Cuba Si et de France Cuba (date et heure à définir).

 

Je compte sur votre soutien.

 

Amicalement,

 

Salim Lamrani.

 

lamranisalim@yahoo.fr

 

 

Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais

Prologue de Nelson Mandela

Paris, Editions Estrella, 2009

300 pages

18€

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Présentation

  • : R-sistons à la désinformation
  • : Blog d'opinion et de résistance. Les médias ne sont pas libres, mais simples outils de désinformation et de propagande pour l'Occident militaro-financier. Pas de liberté d'informer, donc pas de liberté ni de démocratie. La désinformation est l'ennemie Public N°1. Eva, journaliste-écrivain, libre-penseuse, dénonce et interpelle.
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  • Eva R-sistons
  • Journaliste de profession. Radio,TV,presse,productrice émissions. Auteur de plusieurs ouvrages chez éditeurs de renom. Milite pour une information libre,plurielle,diversifiée, indépendante des grands groupes.
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