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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 11:50

 

 

Le Père Noël est passé, avec Laplote

 
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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 11:47

 

« Nous voulons coopérer avec l’enquête. Comme tous les Libanais, nous voulons connaître la vérité. Nous avons condamné l’ du ministre Al-Hariri depuis le début et estimé que c’était un tremblement de terre. »

Hassan Nasrallah leader chiite libanais

Ce mois de décembre, le Tribunal pour le Liban va publier l’acte d’accusation pour l’ de Rafic Hariri le 14 février 2005. Petit retour en arrière pour situer Rafic Hariri. Rafic (Baha ad-Din) al Hariri mort assassiné le 14 février 2005 à Beyrouth, est un homme d’affaires et homme politique libanais, musulman sunnite. Il fait fortune en Arabie Saoudite avant de diriger cinq gouvernements au Liban entre 1992 et 2004, notamment de 1992 à 1998 puis de 2000 à 2004. Il démissionne de son poste de Premier ministre en octobre 2004, à cause de tensions avec le président Émile Lahoud. Le 14 février 2005, malgré le blindage de son véhicule, un attentat-suicide commis par camionnette contenant une seule charge explosive de 1 800 kg, composée d’un mélange de Rdx, Petn et Tnt le tue en même temps qu’une vingtaine de personnes sur la route du bord de mer de Beyrouth. Les services de renseignements syriens sont immédiatement montrés du doigt par l’opposition et une partie de la population. Selon certains témoignages, il aurait reçu des menaces de la part de la Syrie. En décembre 2005, l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam [ en exil à Paris après 20 ans de pouvoir, Ndrl] confirme ces accusations.(1)

Cet marque le début de ce que certains appellent la Révolution du cèdre, Une commission d’enquête est décidée par le Conseil de sécurité le 7 avril 1995. Le 1er septembre 2005, sur la proposition du procureur allemand Detlev Mehlis, agissant dans le cadre d’une enquête internationale mandatée par l’Organisation des Nations unies (ONU) à la demande de la France, le procureur général de la République libanaise Saïd Mirza procède à l’incarcération de quatre suspects repérés grâce à leur téléphone mobile : Moustapha Hamdane (chef de la garde présidentielle), Jamil Sayyed (ancien chef de la sûreté générale), Ibrahim El-Haj (ex-directeur des forces de sécurité intérieures) et Raymond Azar (chef des services de renseignements de l’armée). Le 20 octobre, Mehlis remet son premier rapport au secrétaire général des Nations unies Kofi Annan. La rétraction du principal témoin de la commission d’enquête internationale, Hussam Taher Hussam, déclarant avoir été payé par Saâd Hariri pour figurer comme principal témoin à charge contre les autorités syriennes affaiblit le rapport Mehlis. Le 13 mars 2008 cependant, la France prétend avoir « perdu » Zouheir Siddiq. Certains y voient le signe d’un embarras face à l’effondrement de la thèse syrienne. Le 29 décembre, le Belge Serge Brammertz, procureur adjoint à la Cour pénale internationale succède à Detlev Mehlis. Le 30 mai 2007, le Conseil de sécurité de l’ONU décide de justesse, par 10 voix sur 157, la création d’un tribunal spécial chargé de juger les assassins de Hariri. Le huitième rapport rendu public en juillet 2007 a fourni plusieurs informations nouvelles. Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé de juger l’ de Hariri, a officiellement entamé ses travaux le premier mars 2009. Le 29 avril 2009, le TSL ordonne la remise en liberté de Hamdane, Sayyed, al-Haj et Azar car, depuis leur incarcération 3 ans et 8 mois plus tôt, aucun élément n’a été obtenu pour justifier ces incarcérations(1)

Qui a intérêt à l’ de Hariri?

Trois parties sont désignées. C’est d’abord la Syrie, celle-ci soumise à de fortes pressions du fait, notamment des liens qui unissaient Jacques Chirac à Rafic Hariri et du fait du soutien à l’. La Syrie, malgré ses dénégations, fut la première désignée par Jacques Chirac. Immédiatement, le président de la République ordonne l’envoi de quinze membres du service action de la Dgse pour protéger la famille Hariri et procéder aux premiers relevés d’indices. À Paris ou au siège des Nations unies, à New York, la pression sur Damas est à son comble. Fin avril, elle obligera la Syrie à retirer ses troupes du Liban, après 25 ans d’occupation.(2)

Cela n’empêcha pas l’Occident de continuer à accuser les services syriens avec la complicité d’un témoin qui se rétractera par la suite. Nous lisons une version parmi tant d’autres sous la plume de Gilles Munier : 

« De toute évidence, s’il y a un pays qui n’avait pas intérêt à assassiner Rafic Hariri, c’est bien la Syrie. Elle n’en avait pas, non plus, la capacité. Comme Rafic Hariri se déplaçait dans un véhicule muni d’un radar qui brouillait les mécanismes de mise à feu des explosifs commandés à distance, ses assassins devaient posséder du matériel de contre-brouillage très sophistiqué. De plus, quand il quittait un endroit, trois convois blindés partaient dans des directions différentes. Comment le commando pouvait-il être sûr de sa présence dans un véhicule autrement que par un système de surveillance aérien à haute altitude? Dans la région, seuls les Etats-Unis et peuvent mettre en branle de tels moyens. La revendication de l’opération par un groupe inconnu appelé «La victoire et le Djihad en Grande Syrie» n’est pas crédible. On voit mal comment le Palestinien Ahmed Abou Adas aurait pu disposer des moyens logistiques et techniques nécessaires à sa réalisation, comment il aurait pu camoufler300 kg d’explosif C4 dans un égout sans se faire remarquer et aurait su que l’ancien Premier ministre libanais allait passer par là. Selon la résistance irakienne, l’attentat de Beyrouth ressemble à ceux dont l’origine demeure inexpliquée à Baghdad. Pour Rime Allaf, de l’Institut royal des affaires internationales de Londres (Reuters – 14/2/05), il est «l’oeuvre de , pas d’une petite organisation». Il a pour but, dit-elle, de «plonger le Liban dans le chaos» et de «faire accuser la Syrie». Mustafa Al-Naser, conseiller de Rafic Hariri, va plus loin : il accuse le Mossad de l’ ( News Agency – 15/2/05). »(3)

C’est vrai, il faut arrêter d’incriminer . Cet Etat n’avait aucun intérêt dans l’ de Hariri. Pas plus qu’il n’en avait en 1948 dans l’ du comte Bernadotte à Jérusalem, commis par le Stern mais couvert par Ben Gourion et d’abord mis sur le compte des Arabes. Pas plus qu’il n’en avait dans les divers à la grenade commis en 1950/51 contre les juifs irakiens (y compris contre des synagogues de Baghdad) afin de les faire partir d’Irak (voir Wikipédia : Naeim Giladi un ex-agent sioniste qui se confesse dans « Comment les Britanniques et les sionistes ont provoqué l’exode de 120.000 Juifs d’Irak : après 1948 », pas plus qu’il n’en avait dans l’attentat contre les bâtiments américains et britanniques en Egypte en 1954 au moment de l’arrivée au pouvoir de Nasser, afin d’empêcher tout rapprochement de Nasser avec les Etats- Unis (ce qu’on appellera l’opération Susannah)


Pourtant curieusement a refusé aux enquêteurs internationaux des images prises par ses drones sur l’ de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. De plus, c’est elle qui aurait mis la puce à l’oreille que la Syrie est derrière cet , en prétendant avoir détecté la disparition d’une tonne de produits explosifs C4 des dépôts syriens, 6 semaines avant l’. Ces deux révélations et d’autres sur le cours de l’enquête internationale menée sur l’ de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri ont été révélées par le journal libanais Al Akhbar, à la foi d’un ancien directeur de l’enquête internationale, ayant requis l’anonymat et qui a travaillé neuf mois avec l’ancien enquêteur Detlev Mehlis.


Les Israéliens auraient justifié leur refus par « une panne technique survenue dans les caméras de ses drones deux jours avant l’ et qui a duré deux jours après » ! Non persuadés de la réponse israélienne et formulant la même requête aux Américains, les enquêteurs se sont vus opposé la même fin de non-recevoir, avec les mêmes raisons. « Ce qui est étrange c’est que les Américains ont répondu par le même alibi israélien, c’est-à-dire qu’une défaillance technique a surgi sur les appareils d’ le jour de l’ » souligne l’enquêteur international. Ce dernier fait remarquer non sans étonnement que Detlev Mehlis n’a pas trouvé de lien entre le refus d’ de fournir à la Commission des images et le fait de le considérer comme suspect !

Même si est « incapable » bien qu’elle soit la quatrième armée technologique au monde,  de commettre un tel attentat , est tout de même le seul Etat de la région qui, non seulement avait tout intérêt à voir disparaître Hariri en tant que sunnite, donc pro-palestinien potentiel à terme, mais est également l’Etat qui avait intérêt à empêcher un rapprochement de celui-ci avec la Syrie. Il faut rappeler qu’un des jeux de mots favoris des généraux israéliens concernant le Liban est : « Leba-non-State » qu’on peut traduire par Le Non-Etat du Liban ; c’est l’« ambition » de l’Etat d’ pour le Liban, surtout depuis l’échec du rêve de Ben Gourion qui consistait à en faire un « émirat » maronite vassal .

Reste le . Le 10 août 2010, à l’occasion d’une vidéoconférence, Hassan Nasrallah, chef du libanais, accuse [sans preuve, Ndrl] d’avoir organisé et perpétré l’ de Rafic Hariri. Il montre des images « interceptées » par son mouvement, prises par un avion de reconnaissance de type MK. On y voit le détail de la résidence de Rafic Hariri à Beyrouth, les routes à proximité du Parlement, et celles longeant le bord de mer près duquel a eu lieu l’attentat. Les images ne sont pas datées, et ne présentent pas d’indice permettant d’établir un lien clair avec . Pour Nasrallah, écrit Alain Gresh, il aurait fallu, dès le départ, qu’elle [la Commission d’enquête] prenne en compte toutes les hypothèses, les probables et les moins probables.

«Or, dès le premier jour, la commission d’enquête n’a émis qu’une hypothèse. Cela signifie la politisation de l’enquête. Elle a désigné la Syrie et les quatre [officiers] libanais (libérés depuis). Tous les efforts ont été consacrés à la collecte de faux témoins pour étayer cette hypothèse «Dès le premier jour, ils ont exclu . (…) Je ne veux pas accuser , parce que je n’ai aucune preuve. Je fais des analyses comme d’autres font d’autres analyses. Mon analyse de la responsabilité d’ est solide comme analyse politique, mais je n’ai pas de faits.»(4)

 

L’autre version

Une toute autre version prend à contrepied la version de la camionnette bourrée d’explosifs. Nous lisons la contribution d’un journaliste russe :

« Alors que la presse occidentale annonce l’imminente inculpation de dirigeants du par le Tribunal spécial pour le Liban, la revue russe Odnako remet en cause l’ensemble de l’enquête réalisée par les Nations unies. Selon Thierry Meyssan, l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri aurait été assassiné avec une arme fournie par l’Allemagne. L’ancien procureur allemand et premier responsable de l’enquête onusienne, Detlev Mehlis, aurait falsifié un indice pour masquer la responsabilité de son pays. Ces révélations embarrassent le Tribunal et renversent la donne au Liban.»(5)

« Le 23 mai 2009, le journaliste atlantiste, Erich Follath, révéla dans le Spiegel Online que le procureur s’apprêtait à inculper de nouveaux suspects : des dirigeants militaires du . Depuis 18 mois, son secrétaire général, Hassan Nasrallah clame l’innocence de son parti. Il affirme que cette procédure vise en réalité à décapiterla Résistance pour offrir la région à l’. Venons-en aux faits : le convoi de Rafic Hariri a été attaqué à Beyrouth le 14 février 2005. L’attentat à fait vingt-trois morts et une centaine de blessés. Dès le départ de ces investigations, il a été admis que l’attentat avait été perpétré par un kamikaze qui conduisait une camionnette bourrée d’explosifs. Pendant longtemps, rien n’a été entrepris pour vérifier le modus operandi. Après avoir écarté l’hypothèse d’une bombe enfouie dans le sol, les enquêteurs ont considéré comme certaine la version de la camionnette sans la vérifier. Ce qui frappe en regardant les photos et les vidéos prises juste après l’attentat, c’est d’abord l’incendie. Partout des carcasses de voiture et des objets de toutes sortes brûlent. Puis, ce sont les corps des victimes : ils sont carbonisés d’un côté et intacts de l’autre. C’est très étonnant et cela n’a rien à voir avec ce que provoquent des explosifs classiques.»(5)

« La théorie d’un mélange de Rdx, Petn et Tnt dans la camionnette du kamikaze n’explique pas ces dégâts. L’explosion a dégagé un souffle d’une chaleur exceptionnellement intense et d’une durée exceptionnellement brève. Ainsi, les chairs exposées au souffle ont été instantanément carbonisées, tandis que l’envers des corps n’a pas été brûlé. Les objets à forte densité (comme la montre en or) ont absorbé cette chaleur et ont été détruits. Au contraire, les objets à faible densité (comme le linge fin du col de chemise) n’ont pas eu le temps d’absorber la chaleur et n’ont donc pas été touchés. Lorsque nous avons demandé à des spécialistes militaires quels explosifs pouvaient provoquer ces dégâts, ils ont évoqué un nouveau type d’arme qui fait l’objet de recherches depuis des décennies et de comptes rendus dans des revues scientifiques. En combinant des connaissances nucléaires et nanotechnologiques, on parvient à créer une explosion dont on contrôle précisément la puissance. On programme l’arme pour qu’elle détruise tout dans un périmètre donné, calculé au centimètre près.(…) Cette arme provoque aussi d’autres dégâts : elle exerce une forte pression sur la zone de l’explosion. Lorsque celle-ci s’interrompt, les objets les plus lourds sont projetés vers le haut. Ainsi, des voitures se sont élevées dans les airs. Techniquement, cette arme prend la forme d’un petit missile de quelques dizaines de centimètres de long. Il doit être tiré depuis un drone. En effet, plusieurs témoins ont assuré avoir entendu un aéronef survolant la scène du crime. Selon les experts militaires, en 2005, seule l’Allemagne était parvenue à maîtriser cette nouvelle technologie. C’est donc Berlin qui aurait fourni et programmé l’arme du crime. (…) Le caractère profondément malhonnête des investigations du duo Mehlis-Lehman n’a plus besoin d’être démontré. Leurs successeurs l’ont reconnu à demi-mot et ont annulé des pans entiers de procédure.»(5)

Pour Georges Corm, ancien ministre libanais des finances, « le Tribunal international, comme avant lui la commission d’enquête, sont un instrument pour susciter des tensions et créer des problèmes à l’intérieur du Liban». Du temps de la commission d’enquête, le procureur allemand Detlev Mehlis avait eu recours à un nombre incroyable de faux témoins pour accuser la Syrie, ensuite on a créé ce Tribunal avant même que la commission d’enquête ne débouche sur les conclusions. Les faux témoins n’ont jamais été réinterrogés pour savoir qui les avait manipulés, envoyés et subventionnés ; le Tribunal, dès son origine, était un tribunal politique. Il y avait donc, dès le départ, des arrière-pensées, probablement pour cacher les vrais commanditaires de l’opération d’, dans les conditions dramatiques que l’on connaît, du président du Conseil Rafic Hariri. Je crois que toute la stratégie américaine actuelle est plutôt la déstabilisation et l’affaiblissement du sur le plan interne. Afin de faciliter justement une nouvelle agression israélienne. C’est comme ça qu’on peut interpréter toutes ces fuites savamment organisées à travers le Tribunal international selon lesquelles le serait impliqué dans l’ de Rafic Hariri, sans que personne ne pose la question « quel aurait été son intérêt de tuer Hariri. « Les mêmes puissances occidentales, qui ont fait sortir la Syrie du Liban dans des conditions dramatiques et peu glorieuses, lui demandent sans cesse maintenant de réintervenir indirectement dans les affaires libanaises. ».(6)

La situation étant très tendue, aucun des protagonistes, Etats-Unis, Liban, Syrie France, n’a intérêt à ce que la situation dérape. Le procureur va prononcer, selon toute vraisemblance, un jugement qui permettra de stabiliser la situation. On ne saura pas, en définitive, ce qui s’est réellement passé et pourquoi cet .


Notes/Références

1. Rafic Hariri:Encyclopédie Wikipédia

2. Georges Malbrunot : de Rafic Hariri Le Figaro 4 décembre 2010

3. Gilles Munier : «Qui a assassiné Rafic Hariri?» http://www.michelcollon.info/_Gilles-Munier_.html 20 février 2005

4. Alain Gresh-Nasrallah, le . Le Monde diplomatique 5 avril 2010

5. Thierry Meyssan : Révélations sur l’ de Rafic Hariri. Mondialisation.ca Mikhail Léontieff Odnako, 29 novembre 2010.

6. Georges Corm : «Le Tribunal spécial, un instrument pour susciter les tensions à l’intérieur du Liban» La Tribune. décembre 2, 2010


Pr Chems Eddine Chitour : Ecole Polytechnique enp-edu.dz


Mondialisation.ca

 

http://comprendrelemonde.fr/histoire-et-faits-marquants/5798-assassinat-de-rafic-hariri-une-nouvelle-version-qui-derange/

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 11:00
36 min - documentary - climate change, indigenous issues   website


http://embassyofindonesia.it/wp-content/uploads/2010/05/Indonesia-Rainforest.jpg
State of the Forest is a hard-hitting report on the condition of Indonesia’s rainforest today. Still in the production phase, the film is presented above in 8 parts. Use the playlist button next to the play button to watch parts 2 through 8.

Through “a mixture of voices from communities covering Papua, Kalimantan and Sumatra, also blended with the expertise of some of the key Indonesian academics and activists,” State of the Forest provides an overview of the history, future, and present-day reality of Indonesia’s rainforest.

Films4, the producers of the film, explain on their website”The exploitation and clearance of forests has played a major part in funding Indonesia’s economy since the early 1970s, but the financial reward of this destruction has primarily only benefited an elite few. Land management has been largely unsustainable, based on short-term gains. The majority of the Indonesian population has had to suffer the broader consequences.”

And yet, the rate of deforestation “continues to accelerate,” a daunting concern since, palm oil plantations were established so rapidly from 1991 to 2006 — at a rate of “more than fifty” football fields an hour.

Today, “Indonesia is the second biggest producer of palm oil in the world, second only to Malaysia, and the palm oil industry provides the country with an important source of revenue. International demand has fueled the expansion of the industry.”

There is already an est. 7.2 million hectares of land covered in palm oil plantations, and the Indonesian government is planning to dedicate another 4 million hectares by 2015, solely for biofuel production.

Endlessly touted as being “environmentally friendly,” the replacement of Indonesia’s rainforest with palm oil plantations for biofuel “will exacerbate rather than reduce” stress on the environment — leading to even more natural disasters, water and air pollution, and increasing negative impacts on the 40 million Indonesians and Tribal Peoples that directly depend on the forest for their livelihood. (http://www.filmsforaction.org)


 Episode 1 State of the Forest - More Than Just Timber

 

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4 autres vidéos ici :
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http://www.internationalnews.fr/article-state-of-the-forest-more-than-just-timber-indonesia-documentary--44822591.html

aidesep

Les indiens, sur lequel le président a fait tirer à la mitraillette, "ne sont pas des citoyens de première classe" ! On peut donc les tuer comme des mouches !

 

 

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Michel Collon Info


 

 Quand Chávez ou Correa parlent de réduire l’abîme social qui sépare les élites latinos et les peuples indigènes, on les traite dédaigneusement de populistes… mais quand Alan García se fait l’exécuteur des basses œuvres des grands groupes miniers U.S. et de l'accord de libre-échange (ALENA/NAFTA) alors là… silence gêné…


 

Trente-trois personnes ont sans doute été tuées et une centaine d’autres blessées vendredi dans des affrontements entre la police péruvienne et des tribus de l’Amazonie opposées à l’octroi de concessions à des compagnies minières étrangères dans la forêt équatoriale du nord du Pérou.


Au moins 22 manifestants ont trouvé la mort dans ces heurts, ont déclaré des chefs de tribu. Le gouvernement péruvien a fait état de 11 policiers et trois manifestants tués.



Les chefs indigènes ont accusé des policiers opérant à bord d’hélicoptères d’avoir ouvert le feu sur des centaines de manifestants pour mettre fin au blocage d’une route à 1.400 km au nord-est de Lima.


Les manifestants, très en colère, ont répliqué en prenant en otages un groupe de policiers près d’une station de pompage de la société nationale des pétroles, PETROPERU. Ils ont menacé d’y mettre le feu si les policiers ne renonçaient pas à vouloir disperser les manifestations en cours en Amazonie.


“Nous retenons 38 policiers en otages“, a déclaré un manifestant à la radio RPP. “Nous sommes 2.000, prêts à incendier la station“, a-t-il averti.


Des milliers d'amérindiens s’emploient depuis avril à bloquer routes et voies d’eau pour obtenir l’abrogation d’une série de lois adoptées l’an dernier pour encourager des compagnies étrangères à investir en Amazonie.


L’échec du premier ministre


Ce conflit, qui conduit certains à réclamer la démission du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur, souligne les divisions profondes qui demeurent au Pérou entre les élites fortunées de Lima et les communautés indiennes miséreuses des zones rurales.


“Je tiens le gouvernement du président Alan García pour responsable d’avoir ordonné ce génocide“, a déclaré à la presse à Lima le chef indigène Alberto Pizango. Le gouvernement a lancé un mandat d’arrêt contre lui pour avoir encouragé le mouvement de protestation.


Imputant les violences aux manifestants, le président García a estimé que le moment était venu de mettre fin aux blocages des routes, des rivières et des installations énergétiques.


“Le gouvernement se doit d’agir pour imposer l’ordre et la discipline“, a dit de son côté le Premier ministre, Yehude Simon.


Cet ancien militant de gauche, auquel Alan García a fait appel voici un an pour tenter d’éviter des troubles sociaux dans le pays, n’a pas réussi à négocier l’arrêt des blocus en cours dans le bassin de l’Amazonie.


La compagnie argentine PLUSPETROL, qui avait déjà pratiquement arrêté les activités de sa concession 1AB dans le Nord péruvien, a fait savoir qu’elle y cessait la production. Elle extrait en temps normal un cinquième environ de la production pétrolière péruvienne.


Voir diaporama

 

Photo: Catapa

 



http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=6&id=2088&option=com_content&Itemid=11

 

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2 autres vidéos ici :

http://www.internationalnews.fr/categorie-10183300.html

 

 

Amérique latine/Latin America 

Et aussi : http://www.survivalfrance.org/actu/4653
Agissez !
http://www.survival-international.org/actnow/writealetter/peruvianindians

Plus d'infos:

http://humeursdejeandornac.blogspot.com/2009/06/massacre-au-perou-12.html

http://inti.france.free.fr/agir-labas/communique-public-massacre-populations-autochtones-perou.html


Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-il-y-a-un-an-un-massacre-dont-la-grande-presse-a-oublie-de-parle-celui-des-indiens-peruviens-par-alan-garcia-32506685.html
http://www.internationalnews.fr/categorie-10183300.html

 

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 10:58

manipulation-masques-j.jpg

 

 

Attentats contre les chrétiens en Irak

ou Côte d'Ivoire,

tout n'est que mensonges...

par eva R-sistons

 

Les Médias, en Occident... sont aux mains des Occidentaux; Et les Médias, ailleurs, sont aussi aux mains des Occidentaux: Les pays sont dirigés par des corrompus ou par des dictateurs achetés par les Occidentaux, ou bien, après avoir été bombardés ou bernés, ils ont vu arriver à leur tête des marionnettes au service de l'Oligarchie anglo-saxonne et israélienne, ou bien leurs médias sont colonisés par ces derniers. De toutes façons, les citoyens sont manipulés.

 

Les chrétiens sont, nous dit-on à longueur "d'informations", massacrés par des Musulmans, des Arabes (d'ailleurs tous plus ou moins ravalés, de façon scandaleuse, au rang d'islamistes fanatiques, haineux, assassins, et j'en passe), en réalité ils vivaient en bonne intelligence, avant les interventions militaires de l'Occident carnassier un peu partout, notamment en terres musulmanes. L'Irak est un excellent exemple: Du temps du "dictateur" S. Hussein, ils étaient bien traités. Comment, aujourd'hui, pourrait-il en être de même, alors qu'un Bush a claironné partout qu'il menait sa croisade "chrétienne" contre le Mal ?

 

Les Chrétiens d'Orient ont toujours défendu, par exemple, la cause palestinienne, encore récemment par la voie de leurs Représentants locaux... ont-ils été victimes d'attentats sous faux drapeau pour payer leur appui officiel ? Toujours est-il que la CIA et le Mossad provoquent en permanence des attentats un peu partout, pour les attribuer ensuite à Ben Laden, aux Islamistes, et, via les Médias aux ordres, dresser l'opinion contre eux... et plus généralement contre les Arabes et contre les Musulmans. Tout est scandaleusement fait pour susciter le rejet, la haine, et justifier ensuite les juteux (pour les multinationales) chocs de civilisation menant aux guerres désormais "préventives, totales, planétaires, permanentes, nucléaires", le moment venu.

 

Et lorsque les Services secrets de l'Occident provoquent des attentats contre les chrétiens, ils ont en vue la manipulation de l'opinion, son conditionnement, pour ensuite dresser les chrétiens du monde entier contre les Musulmans. C'est machiavélique...

 

La Côte d'Ivoire

et les médiamensonges...

 

Côte d'Ivoire: Gbagbo est diabolisé par l'Occident, alors qu'il mène un combat exemplaire contre le colonialisme toujours vivant. Très critique vis-à-vis de la politique française en Afrique, ami des Chinois, socialiste, il a tout pour déplaire aux Occidentaux, et son rival Ouattara, tout pour plaire: Ancien dirigeant du FMI, il est le candidat idéal des multinationales qui pillent les pays (au détriment des peuples), soumis, obséquieux, et totalement indifférent au sort des Africains. Vendu ! Grâce aux Occidentaux, il s'est implanté au Nord de la Côte d'Ivoire, et Gbagbo contrôle le Sud. Les médias occidentaux ont fait silence sur les exactions des partisans de Ouattara au Nord, et si les résultats ont été truqués, c'est dans cette partie du pays ! Bref, Gbagbo est bel et bien élu. Mais il déplaît aux Occidentaux, car il ne se soumet pas, lui... Et la Côte d'Ivoire est le pays le plus riche de la région (notamment avec son cacao), et une manne pour les prédateurs occidentaux qui ne veulent pas entendre parler d'un dirigeant indépendant ! Autant dire que tout est question d'influence, de géo-politique, et qu'une fois de plus les peuples sont sacrifiés... Si une guerre civile éclate, les Occidentaux seront entièrement responsables, d'autant que Gbagbo est prêt à partager le pouvoir ! Voilà la vérité que les Médias vendus aux Occidentaux ne vous diront pas....

 

Quant au procès Khodorkovski, on assiste à une nouvelle ingérence de l'Occident (abusivement auto-proclamé "communauté internationale") dans les affaires intérieures d'un pays étranger, pour défendre son poulain, là aussi: Un oligarque corrompu, qui mérite la prison à vie pour avoir raflé à son profit (au temps d'Eltsine, une autre crapule au service des Anglo-Saxons) une grande partie des richesses pétrolières russes. Poutine, haï de l'Occident parce qu'il défend les intérêts de SON pays, a mis bon ordre: En rendant à la Russie la maîtrise de ses richesses, au profit de tous plutôt qu'au profit des multinationales occidentales; et en condamnant, bien évidemment, l'oligarque corrompu et prédateur. Celui-là même que les Médias menteurs, au service de l'Occident pourri, font désormais passer pour une victime... Que diraient les Etats-Unis, l'Angleterre, Israël, si des étrangers mettaient leur nez dans leurs affaires ? Ces ingérences deviennent de plus en plus insupportables à la Communauté internationale, ou plutôt à l'opinion internationale, puisque la plupart des dirigeants sont corrompus... Ne comptez pas sur les Médias pour faire leur métier, pour vous informer !!!!  

 

Amis Lecteurs, boycottez la télévision asservie, et informez-vous sur le Net !

 

eva R-sistons aux médiamensonges...

 

 

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 10:55
Vendredi 31 décembre 2010 5 31 /12 /2010 07:45

 

2011. Crise du capitalisme hégémonique.
Appauvrissement, faim et plus grande vulnérabilité des zones de vie

 

par Jules Dufour
JPEG - 775.5 ko
http://www.cnt-f.org/spip.php?article800

 

2010. Une année qui a vu l'économie mondiale réelle gravement affectée par la crise financière. Les économies des pays riches ont été fortement fragilisées par des déficits budgétaires élevés et une lourde dette nationale, ce qui a placé plusieurs d'entre eux dans une situation les obligeant à sabrer dans les dépenses publiques mettant en péril les programmes sociaux. En février 2010, un an après l'analyse prospective du Laboratoire européen d'anticipation politique (LEAP) concernant l'avenir de l'économie mondiale, « on a pu constater qu’un tel processus est bien en cours : États au bord de la cessation de paiement, montée inexorable du chômage, chute de millions de personnes hors des filets de protection sociale, baisses de salaires, suppressions de services publics, désagrégation du système de gouvernance globale (échec du sommet de Copenhague, confrontation croissante Chine/USA, retour du risque de conflit Iran/Israël/USA, guerre monétaire globale, etc…)» (LEAP, 2010). Pourtant, selon le même organisme, nous ne sommes qu'au tout début de cette phase. L’aggravation brutale de la crise systémique globale va ainsi être caractérisée par une accélération et/ou un renforcement des cinq tendances négatives fondamentales suivantes:

. «L'explosion de la bulle des déficits publics et la montée corollaire des cessations de paiement d'États;

. La collision fatale du système bancaire occidental avec la montée des défauts de paiement et le mur des dettes arrivant à maturité;

. L'inéluctable remontée des taux d'intérêts;

. La multiplication des sujets de tension internationale;

. L’insécurité sociale croissante».

« Dans le GlobalEurope Anticipation Bulletin  N°42, le LEAP a choisi d'analyser le « cas grec », parce qu'il paraît emblématique de ce que nous a  réservé l'année 2010 et parce qu’il « illustre parfaitement l'évolution de l'information sur la crise mondiale dans le sens d’une « communication de guerre » entre blocs et intérêts de plus en plus conflictuels. En clair, c'est un « must » pour parvenir à déchiffrer l'information mondiale des mois et années à venir qui va être un vecteur croissant d'opérations de manipulation» (LEAP, 2010).


I. Un appauvrissement généralisé et l’augmentation de la faim

Cette situation exerce et exercera un impact considérable sur les économies des pays pauvres en les rendant encore plus vulnérables aux fluctuations des prix des matières premières et aux manoeuvres spéculatives dans le marché mondial. Selon les organismes des Nations Unies l'appauvrissement de millions de personnes va s'accentuer et ainsi le cortège des affamés et des sans-abri va s'accroître. Selon la FAO, 925 millions de personnes sont victimes de faim chronique dans le monde en 2010 dont 15 millions dans les pays riches. Selon la Croix-Rouge internationale, plus de 827,6 millions vivent dans des logements insalubres étant contraints de se réfugier dans des bidonvilles (AFP-Genève, 2010). Selon la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) « le nombre de pays très pauvres a doublé en quarante ans passant de 25 en 1971 à 49 en 2010 et il en fut de même pour le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté depuis les années 1980 » (AFP Genève, 2010). Dans son rapport 2010 sur les 49 pays les moins avancés (PMA) du monde la CNUCED « estime que le modèle de développement qui a prévalu jusqu'à présent pour ces pays a échoué  et que son architecture est à revoir» (AFP Genève, 2010).


II. Des catastrophes d’origine naturelle et humaine d’une grande ampleur

À cette situation inquiétante. tant au Nord comme au Sud, s'est ajoutée une série de catastrophes d'origine naturelle et humaine d'une grande ampleur. Selon le réassureur Swiss Re, les catastrophes ont pesé lourd sur l'économie mondiale en 2010, la grevant de 222 milliards de dollars, soit plus du triple qu'en 2009 (AFP Genève, 2010). Ces catastrophes ont été très dévastatrices pour l'environnement naturel et pour les établissements humains: le tremblement de terre en Haiti en janvier a causé la mort de 225 000 personnes et dévasté une portion non négligeable du territoire national; le passage de la tempête Xynthia a balayé l'Europe de l'Ouest en février; le même mois, un violent tremblement de terre d’une magnitude de 8.8 a frappé le Chili; l'explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon a causé la plus grande marée noire de l’histoire des États-Unis dans le golfe du Mexique en avril;; des inondations d'une ampleur sans précédents ont couvert des territoires immenses au Pakistan et en Chine en juillet (AFP-Genève, 2010).


III. Des dépenses militaires mondiales en hausse constante

Tandis que des cris d'alarme des organisations internationales retentissent sans relâche concernant la pauvreté, la faim et le dénuement de centaines de millions d'habitants de cette planète, les pays riches consacrent des sommes colossales pour l'acquisition d'armements pour la guerre et sa préparation.

On peut affirmer que la crise économique n’a pas  affecté le secteur de la défense  En effet, les dépenses militaires ont continué de s’accroître et les chiffres de 2010 et ceux qui sont prévus pour 2011 montrent des sommes additionnelles très importantes pour les budgets de la défense et de la sécurité. Les données des budgets des États-Unis dans le domaine de la défense montrent des augmentations substantielles. Ainsi, en le budget national de la défense des États-Unis atteignait la somme de 661 milliards de dollars en 2009 et celui qui est prévu pour 2011 devrait se situer autour de 749,5 milliards de dollars.

En 2010, les dépenses pour les activités militaires proprement-dites atteignaient, aux États-Unis, la somme de 719,2 milliards de dollars, l’assistance aux Vétérans 125,9 milliards de dollars, l’aide militaire étrangère 9,9 milliard et l’aide économique étrangère 41,2 milliards (http://www.usgovernmentspending.com/defense_budget_2010_3.html). Les contrats d’approvisionnement de nouveaux équipements de combat ont monté en flèche. Des ententes sur des achats d’avions de chasse ont été conclus avec les principales entreprises de fabrication de matériel de guerre et, notamment, avec la compagnie Lockeed Martin pour la construction de l’avion de chasse furtif F-35.

Selon la base de données du SIPRI, en 2009, les dépenses militaires mondiales ont atteiint les 1531 milliards de dollars dont près de la moitié étaient faites par les États-Unis (Figures 1, 2 et 3). Selon les données d’un rapport du SIPRI repris par I. Gedilaghine, «les dépenses militaires mondiales ont atteint de nouveaux records en 2009 sans connaître l'effet de la crise économique, tirées par les États-Unis où le changement d'administration n'a pu renverser les tendances. Au cours de l'année écoulée, le monde a consacré 1.531 milliards de dollars (1.244 milliards d'euros) au secteur militaire, soit à prix constant une augmentation de 5,9% par rapport à 2008 et de 49% par rapport à 2000, écrit l'Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (SIPRI)».

On peut constater que rien n’est négligé pour les préparatifs de la guerre et pour la sécurité et la surveillance des réservoirs de ressources stratégiques et des infrastructures de production. Il en va de la prospérité des plus puissants de cette planète.

Figure 1. Les dépenses militaires mondiales en 2009

 

After a decline following the end of the Cold War, recent years have seen military spending increase

 

Source: http://www.globalissues.org/article/75/world-military-spending#WorldMilitarySpending


Figure 2. U.S. Military Spending vs. The World 2008

 

Source: http://infinityiitd.com/wp-content/uploads/2010/09/military_spending_us_vs_world.gif

 

Figure 3. Les dépenses militaires mondiales en 2009

 

 

Source: http://cartographie.sciences-po.fr/cartotheque/D03c_Depenses_militaires_2009.jpg

 

IV. La vision du Laboratoire Européen d'Anticipation Politique/Europe2020 LEAP 2011

Selon le LEAP, nous allons vers la très grande panne du système économique et financier mondial.

Nous reproduisons, ici, in extenso, l’analyse du LEAP pour 2011. Celle-ci révèle qu’au cours des prochains mois nous allons assister à une détérioration progressive de l’économie américaine avec des effets dévastateurs d”abord pour plus de 60 millions de personnes qui vivent aux États-Unis mêmes puis pour toutes les couches de la société occidentale.

« Comme anticipé par LEAP/E2020 en février dernier dans le GEAB N°42, le second semestre 2010 est bien caractérisé par une aggravation brutale de la crise marquée par la fin de l’illusion de reprise entretenue par les dirigeants occidentaux et les milliers de milliards engloutis par les banques et des plans de « stimulation » économiques sans efficacité durable.

Les prochains mois vont dévoiler une réalité simple mais particulièrement douloureuse : l’économie occidentale, et en particulier celle des Etats-Unis, n’est jamais vraiment sortie de récession». Les sursauts statistiques enregistrés depuis l’été 2009 n’ont été que les conséquences passagères d’une injection massive de liquidités dans un système fondamentalement devenu insolvable à l’image du consommateur américain ».

Au cœur de la crise systémique globale depuis son origine, les Etats-Unis vont donc démontrer dans les prochains mois qu’ils sont à nouveau en train d’entraîner l’économie et la finance mondiales au « cœur des ténèbres » car ils ne parviennent pas à sortir de cette « Très Grande Dépression US.

Ainsi, à l’issue des soubresauts politiques des élections américaines de Novembre prochain, sur fond de taux de croissance redevenus négatifs, le monde va devoir affronter la « Très Grande Panne » du système économique et financier mondial fondé depuis plus de 60 ans sur l’absolue nécessité pour l’économie américaine de ne jamais se trouver durablement en récession.

Or, la première moitié de 2011 va imposer à l’économie américaine une cure d’austérité sans précédent plongeant la planète dans un nouveau chaos financier, monétaire, économique et social.

Les trimestres à venir vont être particulièrement dangereux pour le système économique et financier mondial.

Le patron de la Fed, Ben Bernanke, a d’ailleurs fait passer le message aussi diplomatiquement que possible lors de la récente réunion des banquiers centraux mondiaux à Jackson Hole dans le Wyoming: Bien que la politique de relance de l’économie américaine ait échoué, soit le reste du monde continue à financer à perte les déficits US et espère qu’à un moment donné ce pari sera payant et aura évité un effondrement du système global, soit les Etats-Unis vont monétiser leur dette et transformer en monnaie de singes l’ensemble des Dollars et Bons du Trésor US possédés par le reste de la planète.

Comme toute puissance acculée, les États-Unis sont désormais ainsi obligés de joindre la menace à la pression pour pouvoir obtenir ce qu’ils veulent. Il y a à peine plus d’une année, les dirigeants et responsables financiers du reste du monde s’étaient portés volontaires pour « remettre à flot le navire USA.

Aujourd’hui pourtant les choses ont bien changé car la belle assurance de Washington s’est avérée n’être qu’une pure arrogance fondée sur la prétention d’avoir compris la nature de la crise et l’illusion de posséder les moyens de la maîtriser.

Or, la croissance américaine s’évapore trimestre après trimestre et redeviendra négative dès la fin 2010 ; le chômage n’en finit pas de croître entre la stabilité des chiffres officiels et la sortie en six mois de plus deux millions d’Américains du marché de l’emploi ; le marché de l’immobilier américain continue à être déprimé à des niveaux historiquement bas et va reprendre sa chute dès le quatrième trimestre 2010 ; enfin, comme on peut aisément l’imaginer dans ces conditions, le consommateur US reste et restera durablement aux abonnés absents puisque son insolvabilité perdure voire s’aggrave pour l’Américain sur cinq qui n’a pas de travail.

Derrière ces considérations statistiques se cachent deux réalités qui vont radicalement modifier le paysage politique, économique et social américain et mondial des prochains trimestres au fur et à mesure de leur émergence dans la conscience collective.

La colère populaire va paralyser Washington à partir de Novembre 2010.

Tout d’abord, il y a une réalité populaire très sombre qui est celle de dizaines de millions d’Américains (près de soixante millions dépendent désormais des bons de nourriture) qui n’ont désormais plus d’emploi, plus de maison, plus d’épargne et qui se demandent comment ils vont survivre dans les années à venir.» (Crise systémique globale

 

Conclusion

La population mondiale atteindra, en 2011, les sept milliards d'habitants. Étant donné que l'essentiel des effectifs (plus de 80 millions de personnes) s'ajoutent chaque année dans les pays en développement il est permis de penser que le taux de vulnérabilité de leurs zones de vie continuera de s'accroître en causant plus de victimes et des dommages plus importants aux établissements humains. Selon Hervé DOMENACH, Démographe, Directeur de recherches à l'Institut de Recherches pour le Développement, «environ 95 % de l’accroissement démographique actuel dans le monde concerne les pays non occidentaux, et la proportion de leurs effectifs dans la population mondiale qui était de 68 % en 1950, atteindrait 87 % en 2050. Si ces estimations devaient se confirmer, on assistera à une formidable redistribution de la population mondiale» (http://www.x-environnement.org/index.php?option=com_content&view=article&id=51%3Asept-2007&catid=36%3Ajaune-rouge&Itemid=41&limitstart=3). Cette réalité devrait entraîner peu à peu un glissement des forces de la gouvernance mondiale vers les pays émergents et les pays dotés de ressources stratégiques majeures.

Le panorama géopolitique mondial sera appelé à changer progressivement et celui qui est prévisible, pour 2011, nous semble celui qui sera marqué par une augmentation des tensions interétatiques, car au fur et à mesure que les économies occidentales continueront de s'enliser dans le fossé abrupt et profond des déficits budgétaires les autres facteurs de déstabilisation agiront sur la gouvernance mondiale. La doctrine de l'intervention armée préventive promue depuis le début du siècle par les États-Unis avec la guerre mondiale contre le terreur pourrait être appliquée par des puissances régionales, mais les prérogatives des grandes puissances continueront de triompher encore longtemps en attisant les points chauds comme la Corée du Nord, le Moyen Orient ou l'environnement créé par la résistance des membres de l'ALBA. Parmi les facteurs déterminants nous aurons les manifestations de la volonté de puissance de la Russie et la stratégie de conquête de la Chine pour les nouvelles sources de matières premières et pour les marchés financiers et économiques en émergence.

Il est indéniable que les guerres d'invasion et d'occupation de l'Irak et de l'Afghanistan ont atteint les limites de leur vie utile en étant, pour l’impérialisme, de plus en plus difficiles à justifier. En Afghanistan, l'armée nationale refondue et dèsormais mieux équipée pour les combats remplacera les forces de la coalition. Un modus operandi «normal» sera alors mis en place avec le support de l'aide militaire et économique des puissances occidentales. L'Afghanistan se transformera en un point d'ancrage continental pour les États-Unis et l'OTAN à l'instar du rôle joué par Israel au Moyen Orient et par la Colombie en Amérique latine.

On peut entrevoir à l’horizon, cependant, une chute lente et inexorable de l'Occident qui s'inscrira dans un mouvement logique obéissant aux contingences créées par son poids démographique de plus en plus faible dans l'ensemble mondial. Des enjeux de forte intensité seront necessaires pour mobiliser l’économie mondiale derrière le maintien de l’hégémonie des grandes puissances. Le déclenchement d’une guerre nucléaire contre l’Iran et la Corée du Nord? Un autre 11 septembre? Une invasion musclée du Venezuela? Pour les stratèges du Pentagone et de la Maison Blanche aucune option ne sera exclue pour sauvegarder les intérêts de la première puissance mondiale.



Références

AFP. 2010. En bref. Le coût de la faim. ActionAid. Le Devoir.com, le 14 septembre 2010, p. B5. En ligne: http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/296116/en-bref-le-cout-de-la-faim

AFP-GENÈVE. 2010. Un rapport de la Croix-Rouge Internationale. Un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles. Ces populations sont les plus vulnérables aux catastrophes. Journal Le Devoir, le 22 septembre 2010, p. B7.

AFP-GENÈVE. 2010. Cri d'alarme de la CNUCED. Le nombre de pays très pauvres a doublé en quarante ans. Journal le Devoir, le 26 septembre 2010, p. A7.

AFP-GENÈVE. 2010. Les catastrophes ont coûté 222 milliards à l'économie mondiale. Journal Le Devoir, le 1er décembre 2010, p. B5.

ARTHUS-BERTRAND, Yann. 2009. HOME. Déchiffrer. S’informer. Débattre. Comprendre. Agir. Paris, Mame. 2009. 190 pages.

DUFOUR, Jules. 2009. Une guerre mondiale au secours de l'Empire américain. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 3 mars 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12533

DUFOUR, Jules. 2009. Le grand réarmement planétaire. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 5 mai 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13162

ENGDAHL, J.F., 2010. La géopolitique derrière la guerre bidon des États-Unis en Afghanistan. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 2 novembre 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=15909

FAO. 2010. 925 millions de personnes victimes de faim chronique dans le monde. Malgré une amélioration, ce niveau demeure “inacceptable”. Espace Presse. Le 14 octobre 2010. En ligne: http://www.fao.org/news/story/fr/item/45232/icode/

GEDILAGHINE, Igor. 2010. Les dépenses militaires mondiales ne connaissent ni crise ni effet Obama. AFP. France-Amérique. Journal français des Amériques. Le 1er juin 2010. En ligne: http://www.france-amerique.com/articles/2010/06/01/les_depenses_militaires_mondiales_ne_connaissent_ni_crise_ni_effet_obama.html

INTERNATIONAL LABOR OFFICE. 2010. Global Environmental Trends.January 2010. 82 pages.
En ligne: http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---ed_emp/---emp_elm/---trends/documents/publication/wcms_120471.pdf

SHAH, Anup. 2010. World Military Spending. Global Issues.org. Social, Political, Economic and Environmental Issues That Affect Us All. Le 7 juillet 2010. En ligne: http://www.globalissues.org/article/75/world-military-spending#WorldMilitarySpending

WIKEPÉDIA. 2010. Deepwater Horizon. En ligne: http://fr.wikipedia.org/wiki/Deepwater_Horizon  

 

Sites Internet

Crise systémique globale-Printemps 2011. 5 mai 2010: http://www.i-services.net/newsbox/151229-97380-1643-47311/crise-systemique-globale-printemps-2011.php

Laboratoire Européen d'Anticipation Politique/Europe2020 (Leap/E2020): http://fr.wikipedia.org/wiki/Leap/Europe2020

Lockheed Martin F-35 Lightning II: http://fr.wikipedia.org/wiki/Lockheed_Martin_F-35_Lightning_II

List of countries by military Expenditures. En ligne: http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_military_expenditures

US Defense Budget: http://www.usgovernmentspending.com/defense_budget_2010_3.html

Worldometers - statistiques mondiales en temps réel: http://www.worldometers.info/fr/

 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22539

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 10:53
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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 10:51
La diplomatie US s'interrogerait sur la dissidence cubaine
http://actualite.portail.free.fr/monde/17-12-2010/la-diplomatie-us-s-interrogerait-sur-la-dissidence-cubaine/

 

Introduction

 

            Depuis un demi-siècle, la politique étrangère de Washington à l’égard de La Havane, dont l’objectif est d’obtenir un changement de régime, se base sur deux piliers fondamentaux : l’imposition de sanctions économiques drastiques – qui affectent toutes les catégories de la société cubaine–, et l’organisation et le financement d’une opposition interne.

 

            Ainsi, le 6 avril 1960, Lester D. Mallory, sous-secrétaire d’Etat assistant pour les Affaires interaméricaines, rappelait dans un mémorandum à Roy R. Rubottom Jr., alors sous-secrétaire d’Etat pour les Affaires interaméricaines le but des sanctions économiques :

 

            « La majorité des Cubains soutiennent Castro. Il n’y a pas d’opposition politique efficace […]. Le seul moyen possible pour annihiler le soutien interne [au régime] est de provoquer le désenchantement et le découragement par l’insatisfaction économique et la pénurie […]. Tous les moyens possibles doivent être entrepris rapidement pour affaiblir la vie économique de Cuba […]. Une mesure qui pourrait avoir un très fort impact serait de refuser tout financement et livraison à Cuba, ce qui réduirait les revenus monétaires et les salaires réels et provoquerait la famine, le désespoir et le renversement du gouvernement1 ».

 

De 1959 à 1990, le programme de création d’une dissidence interne a été tenu secret. Ainsi, les archives étasuniennes partiellement déclassifiées font état de multiples programmes destinés à créer une opposition au gouvernement de Fidel Castro, laquelle servirait les intérêts des Etats-Unis qui souhaitaient un changement de régime. A partir de 1991, suite à l’effondrement de l’Union soviétique, le soutien financier et logistique aux dissidents cubains est devenu public et a été inscrit dans la législation étasunienne.

 

Le financement de l’opposition interne

 

            Lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale tenue le 14 janvier 1960, le sous-secrétaire Livingston Merchant déclarait : « Notre objectif est d’ajuster toutes nos actions de manière à accélérer le développement d’une opposition à Cuba ». De son côté, le secrétaire adjoint pour les Affaires interaméricaines, Roy Rubottom, affirmait que « le programme adopté [destiné à renverser le gouvernement cubain] nous a autorisé à apporter notre aide à des éléments qui s’opposaient au gouvernement de Castro à Cuba, pour faire croire que sa chute était le résultat de ses propres erreurs2 ».

 

            A partir de 1991, persuadés que l’heure finale de la Révolution cubaine était arrivée, les Etats-Unis n’ont pas hésité à affirmer publiquement leur soutien à l’opposition interne. La section 1705 de la loi Torricelli de 1992 stipule que « les Etats-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba3 ».

 

La section 109 de la loi Helms-Burton de 1996 fait état de la même réalité : « Le Président [des Etats-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba4 ».

 

Le premier rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre prévoit la mise en place d’un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l’opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante5 ».

 

Le 3 mars 2005, Roger Noriega, alors secrétaire assistant pour les Affaires de l’hémisphère occidental de l’administration Bush, a signalé que 14,4 millions de dollars avaient été ajoutés au budget de 36 millions de dollars prévu dans le rapport de 2004. Noriega a dévoilé l’identité de certaines personnes travaillant à l’élaboration de la politique étrangère étasunienne contre Cuba, à savoir Marta Beatriz Roque, les Dames en blanc et Oswaldo Payá6.

 

Le second rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre prévoit un budget de 31 millions de dollars pour financer davantage l’opposition interne. De plus, un financement d’au moins 20 millions de dollars annuels est alloué à ce même effet pour les années suivantes « jusqu’à ce que la dictature cesse d’exister7 ». Le plan prévoit également « d’entraîner et d’équiper des journalistes indépendants de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle à Cuba8 ».

 

L’Agence étasunienne pour le développement international (USAID), dépendante du gouvernement fédéral, admet financer l’opposition cubaine. Selon l’Agence, pour l’année fiscale 2009, le montant de l’aide destinée aux dissidents cubains s’élevait à 15,62 millions de dollars. « La grande majorité de cette somme est destinée à des personnes se trouvant à Cuba. Notre but est de maximiser le montant du soutien dont bénéficient les Cubains dans l’île9 ».

 

L’organisation gouvernementale souligne également le point suivant : « Nous avons formé des centaines de journalistes sur une période de dix ans dont le travail est apparu dans de grands médias internationaux ». Cette déclaration met à mal les affirmations sur le caractère indépendant des « journalistes opposants » à Cuba. Ayant été formés et stipendiés par les Etats-Unis, ils répondent aux intérêts de Washington, dont le but est, comme le signalent les documents officiels du Département d’Etat », un « changement de régime » dans l’île10.

 

D’un point de vue juridique, cette réalité place de fait les dissidents qui acceptent les émoluments offerts par l’USAID dans la situation d’agents au service d’une puissance étrangère, ce qui constitue une sérieuse violation du code pénal à Cuba comme dans tout autre pays du monde. L’Agence, consciente de cette réalité, rappelle d’ailleurs que « personne n’est obligé d’accepter ou de prendre part aux programmes du gouvernement des Etats-Unis11 ».

 

La Section d’Intérêts Nord-Américains de La Havane, confirme ce fait dans un communiqué : « Depuis longtemps, la politique des Etats-Unis consiste à fournir une assistance humanitaire au peuple cubain, particulièrement aux familles des prisonniers politiques12 ».

 

            Laura Pollán du groupe dissident « Les Dames en blanc » revendique ouvertement ce financement : « Nous acceptons l’aide, le soutien, que ce soit de l’extrême droite ou de la gauche, sans conditions13 ». L’opposant Vladimiro Roca a également confessé que la dissidence cubaine était stipendiée par Washington, tout en déclarant que l’aide financière reçue était « totalement et complètement légale ». Pour le dissident René Gómez, le soutien financier de la part des Etats-Unis n’est « pas une chose qu’il faudrait cacher ou dont il faudrait avoir honte14 ». De la même manière, l’opposant Elizardo Sánchez a confirmé l’existence d’un financement de la part des Etats-Unis : « La question n’est pas de savoir qui envoie de l’aide mais ce que l’on en fait15 ». De son côté, Marta Beatriz Roque déclare que l’aide financière reçue du gouvernement étasunien est indispensable pour son activité de disidente16.

 

L’Agence France-Presse informe que « les dissidents ont pour leur part revendiqué et assumé ces aides financières17 ». L’agence espagnole EFE fait allusion aux « opposants payés par les Etats-Unis18 ». Selon l’agence de presse britannique Reuters, « le gouvernement étasunien fournit ouvertement un soutien financier fédéral pour les activités des dissidents, ce que Cuba considère comme un acte illégal19 ».

 

L’agence de presse étasunienne The Associated Press a fait part de cette réalité et a reconnu que la politique de fabriquer et financer une opposition interne n’était pas nouvelle : « Depuis des années, le gouvernement des Etats-Unis a dépensé des millions de dollars pour soutenir l’opposition cubaine20 ». Elle a également évoqué le train de vie des dissidents qui profitent à la fois des émoluments de Washington et du système social cubain :

 

« Une partie du financement provient directement du gouvernement des Etats-Unis, dont les lois préconisent le renversement du gouvernement cubain. L’agence internationale pour le développement  des Etats-Unis (USAID), qui supervise le soutien financier du gouvernement pour une ‘transition démocratique’ à Cuba, a alloué plus de 33 millions de dollars pour la société civile cubaine pour la présente année fiscale.

Presque tous les Cubains, y compris les dissidents, disposent d’un logement gratuit, d’un accès à la santé et à l’éducation jusqu’à l’université gratuits. Des rations de riz, de pommes de terre, de savon, et d’autres produits de base permettent aux personnes de satisfaire leurs nécessités de base pendant presque tout le mois21. »

 

Le quotidien français Libération note que l’opposant Guillermo « Fariñas n’a jamais nié avoir reçu des ‘dons’ de la Section des intérêts américains pour se procurer un ordinateur et exercer son métier de ‘journaliste indépendant’ sur Internet22 ».

 

Amnesty International admet que les personnes qu’elle considère comme étant des « prisonniers politiques » ont été condamnées « pour avoir reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba23 ».

 

            Wayne S. Smith, dernier ambassadeur étasunien à Cuba, a confirmé le caractère subversif de la politique étasunienne. Selon lui, il est « illégal et imprudent d’envoyer de l’argent aux dissidents cubains24 ». Il a ajouté que « personne ne devrait donner de l’argent aux dissidents et encore moins dans le but de renverser le gouvernement cubain » car « lorsque les Etats-Unis déclarent que leur objectif est de renverser le gouvernement cubain, et qu’ensuite ils affirment qu’un des moyens pour y parvenir est de fournir des fonds aux dissidents cubains, ces derniers sont placés de facto dans la position d’agents payés par une puissance étrangère pour renverser leur propre gouvernement25 ».

 

Une dissidence coupée de toute base populaire selon Washington

 

            Malgré les moyens politiques, économiques, médiatiques et financiers mis à la disposition de l’opposition cubaine, celle-ci a toujours été coupée de toute base populaire. De plus, elle est profondément divisée et plutôt vieillissante. C’est le constat amer dressé par Jonathan D. Farrar, actuel chef de la SINA à La Havane, dans un mémorandum confidentiel du 15 avril 2009 intitulé « Les Etats-Unis et le rôle de l’opposition à Cuba », et adressé au Département d’Etat26.

 

Le diplomate note tout d’abord que le président cubain Raúl Castro se trouve actuellement dans « une position d’autorité non remise en cause ». Quant au rôle de la dissidence, il est « nul » car « les groupes d’opposition sont dominés par des individus à fort ego qui ne travaillent pas ensemble ». Farrar précise que « le mouvement dissident à Cuba est vieillissant et complètement déconnecté du quotidien des Cubains ordinaires ». En effet, en raison des émoluments perçus, la dissidence cubaine mène un train de vie qu’aucun citoyen moyen de l’île ne peut se permettre27.

 

Farrar reconnaît qu’il est en contact régulier « avec la plupart du mouvement dissident officiel à La Havane », dont les membres se rendent fréquemment à la SINA. Il remarque cependant qu’« aucune preuve ne permet de montrer que les organisations dissidentes dominantes à Cuba ont une influence sur les Cubains moyens. Les sondages informels réalisés auprès des demandeurs de visa et d’asile ont montré quasiment aucune connaissance des personnalités dissidentes ou de leur agenda28 ».

 

Farrar explique cela par l’âge des opposants dont la plupart ont entre 50 et 70 ans et cite Francisco Chaviano, René Gómez Manzano et Oswaldo Payá. « Ils n’ont que très peu de contacts avec la jeunesse cubaine, et leur message n’intéresse pas ce segment de la société ». Le diplomate regrette les luttes intestines au sein des différents groupes et le manque d’unité. Son jugement est implacable : « Malgré les affirmations selon lesquels ils représentent des ‘milliers de Cubains’, nous n’avons aucune preuve d’un tel soutien, du moins en ce qui concerne La Havane où nous nous trouvons ». Il ajoute qu’« ils n’ont pas d’influence au sein de la société cubaine et n’offrent pas d’alternative politique au gouvernement de Cuba29 ».

 

Cet avis est partagé par les autres diplomates européens, qui l’ont exprimé lors d’une rencontre avec Farrar. « Les représentants de l’Union européenne à la réunion ont disqualifié les dissidents dans les mêmes termes que ceux du gouvernement de Cuba, en insistant sur le fait qu’ils ‘ne représentent personne30’ ».

 

            Il y a une raison à cela et elle se trouve dans l’idiosyncrasie cubaine. La société cubaine est certes loin d’être monolithique et les secteurs insatisfaits de la population sont sévères dans leurs critiques à l’égard des autorités dès lors qu’il s’agit de dénoncer les contradictions, les aberrations, le sectarisme et les injustices parfois engendrés par le système cubain. Les reproches sont parfois acerbes et sans concessions et sont relayés par les médias cubains selon Farrar. La SINA note que « beaucoup d’articles de presse sont très critiques des politiques actuelles31 ». Néanmoins, malgré toutes les vicissitudes quotidiennes, les Cubains restent viscéralement attachés à leur indépendance et leur souveraineté nationales et ne peuvent concevoir qu’un de leurs compatriotes puisse accepter d’être au service d’une puissance étrangère qui a toujours rêvé de reprendre possession de l’île. Il s’agit là de l’héritage politique « anti-impérialiste » laissé par les grands hommes de l’histoire de la nation tels que José Martí, Antonio Maceo, Máximo Gómez, Julio Antonio Mella, Antonio Guiteras, Eduardo Chibás et Fidel Castro.

 

            La diplomatie étasunienne évoque également une autre raison : la persistante popularité de Fidel Castro auprès des Cubains cinquante ans après son arrivée au pouvoir. « Ce serait une erreur de sous-estimer […] le soutien dont dispose le gouvernement particulièrement auprès des communautés populaires et des étudiants32 ». Farrar souligne « la significative admiration personnelle pour Fidel » au sein de la société cubaine33.

 

La SINA fustige également le manque de programme ainsi que la cupidité des opposants, uniquement intéressés par les revenus que peut apporter le commerce de la dissidence : « Leur plus grand effort consiste à obtenir assez de ressources pour que les principaux organisateurs et leurs partisans puissent vivre convenablement. Une organisation politique nous a ouvertement et franchement affirmé qu’elle avait besoin d’argent pour payer des salaires et a présenté un budget dans l’espoir que la SINA prenne en charge les dépenses. En plus de la recherche de fonds qui est leur principale préoccupation, leur seconde priorité semble être critiquer ou marginaliser les activités de leurs concurrents, pour préserver leur pouvoir et l’accès aux ressources34 »

 

Néanmoins, Farrar insiste de nouveau l’importance de l’opposition dans la réalisation des objectifs étasuniens et, pour cela, « il faut la soutenir », tout en cherchant une alternative, afin de revigorer le mouvement dissident à Cuba35.

 

La priorité Yoani Sánchez

 

            La diplomatie étasunienne voit en la bloggeuse Yoani Sánchez une alternative crédible à la dissidence traditionnelle et place ses espoirs en elle, ce qui explique sa renommée internationale alors qu’elle est une parfaite inconnue à Cuba. « Nous pensons que la jeune génération de dissidents non traditionnels, tels que Yoani Sánchez peut jouer un rôle à long terme dans une Cuba post-Castro ». Farrar conseille ainsi au Département d’Etat de concentrer ses efforts sur cette dissidente et lui apporter davantage de soutien36.

 

            En effet, le parcours atypique de Yoani Sánchez suscite quelques interrogations. Après avoir émigrée en Suisse en 2002, elle a choisi de rentrer à Cuba deux années plus tard, en 2004. En 2007, elle décide d’intégrer l’univers de l’opposition à Cuba en créant son blog Generación Y, et devient un farouche détracteur du gouvernement de La Havane37.

 

Ses critiques sont acerbes et peu nuancées. Elle présente un panorama apocalyptique de la réalité cubaine et accuse les autorités d’être responsables de tous les maux. Selon elle, Cuba est « une immense prison, avec des murs idéologiques38 », un « bateau qui prend l’eau de toutes parts et qui est sur le point de faire naufrage39 », où « des être des ombres, qui tels des vampires s’alimentent de notre joie humaine, nous inoculent la crainte à travers les coups, la menace, le chantage40 ». Le blog de Yoani Sánchez décrit ainsi la réalité cubaine de façon terrifiante et aucun trait positif ne transparaît. De la même manière, elle élude minutieusement le contexte géopolitique singulier dans lequel se trouve Cuba depuis 1959.

 

Sánchez tient un discours bien précis qui se rapproche souvent de la position étasunienne. Ainsi, elle minimise l’impact des sanctions économiques – « une excuse » pour le gouvernement cubain – en affirmant que « le gouvernement cubain est responsable à 80% de la crise économique actuelle et 20% est dû sanctions économiques41 ». La communauté internationale, loin de partager cet avis, a condamné (187 pays contre deux) l’état de siège économique en 2010 pour la pour la 19ème fois consécutive, le considérant comme étant le principal obstacle au développement de l’île. Elle justifie cette situation par les nationalisations survenues dans les années 1960 et en raison de la crise des missiles42. Selon elle, « le blocus a constitué l’argument parfait pour le gouvernement cubain pour maintenir l’intolérance, le contrôle et la répression interne. Si demain on levait les sanctions, je doute que l’on en voie les effets43 ».

 

Concernant l’affaire des cinq agents cubains condamnés en 1998 à des peines de prison à vie aux Etats-Unis pour avoir infiltré des groupuscules responsables d’attentats terroristes contre Cuba, la bloggeuse adopte également le point de vue étasunienne et affirme que « les cinq réalisaient des activités d’espionnage » et qu’ils « ont fourni des informations qui ont engendré la mort de plusieurs personnes », assertion que le parquet du tribunal de Miami a reconnu être dans l’incapacité de démontrer44.

 

Pourtant, la Cour d’Appel d’Atlanta a reconnu qu’il ne s’agissait pas d’un cas d’espionnage, ni d’une atteinte à la sécurité nationale. Pas moins de dix Prix Nobel ont présenté une pétition Amicus Curiae auprès de la Cour Suprême étasunienne exigeant un procès équitable et la libération des cinq Cubains. Mary Robinson, ancienne Présidente de l’Irlande et Haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies entre 1997 et 2002, le Sénat mexicain à l’unanimité, toutes tendances politiques confondues, la National Association of Criminal Defense Lawyers, les Cuban-American Scholars, l’Ibero-American Federation of Ombudsmen, le National Jury Project, le William C Velazques Institute and the Mexican American Political Association, le National Lawyers Guild et la National Conference of Black Lawyers, le Civil Right Clinic de l’Howard University School of Law, l’International Association of Democratic Lawyers, la Florida Association of Criminal Defense Lawyers-Miami Chapter, le Center for International Policy et le Council on Hemispheric Affairs ont à leur tour demandé la libération des cinq Cubains45.

 

Cette affaire judiciaire a été dénoncée à plusieurs reprises. Amnesty International considère les cinq cubains comme étant des prisonniers politiques. De son côté, le colonel Lawrence Wilkerson, ancien chef d’état-major du cabinet de l’ex secrétaire d’Etat Colin Powell, a condamné le procès contre ces personnes. « C’est un comble : on condamne à la prison à vie des hommes qui sont venus ici pour déterminer comment et quand leur pays allait être attaqué par des personnes qui violent la loi américaine ». Selon lui, « il s’agit d’une parodie de justice. Ces hommes ne disposaient pas d’armes, n’ont planifié aucun dommage physique contre les Etats-Unis et étaient motivés par l’idée de protéger leurs compatriotes d’une invasion et d’attaques perpétrées par les cubains-américains vivant en Floride ». Puis il a ajouté : « Nous devons nous demander également comment sommes-nous arrivés à constituer un sanctuaire pour des présumés terroristes Comment est-il possible que les Etats-Unis d’Amérique puissent occuper notre propre liste de pays sponsors du terrorisme46 ».

 

De la même manière, Yoani Sánchez minimise les acquis sociaux du système cubain et affirme « qu’ils existaient déjà47 » dans la Cuba des années antérieures à la Révolution. Selon elle, sous la dictature de Batista, « il y avait une liberté de la presse plurielle et ouverte, des émissions de radio de toutes les tendances politiques48 ». Par ailleurs, elle défend la loi d’ajustement cubain – unique au monde – votée par le Congrès étasunien en 1966, qui stipule que tout Cubain qui émigre légalement ou illégalement aux Etats-Unis après le 1er janvier 1959 obtient automatiquement le statut de résident permanent au bout d’un an, ainsi que diverses aides socio-économiques49. Plus insolite, elle pense que l’écrivain colombien Gabriel García Márquez ne méritait pas son prix Nobel de littérature, en raison de son amitié avec Fidel Castro : « Je pense que beaucoup écrivains latino-américains méritaient le prix Nobel de littérature plus que Gabriel García Márquez50 ». Consciente que l’objectif du gouvernement des Etats-Unis est de renverser le gouvernement cubain, elle admet sans complexe partager le même objectif : « Les Etats-Unis souhaitent un changement de gouvernement à Cuba, et c’est ce que je souhaite également51 ». Sánchez réaffirme également sa volonté d’imposer « un capitalisme sui generis52 » à Cuba.

 

            Ainsi, en à peine un an d’existence, alors qu’il existe des dizaines de blogs plus anciens et non moins intéressants que celui de Sánchez, la bloggeuse cubaine a obtenu le prix de Journalisme Ortega y Gasset, d’un montant de 15 000 euros le 4 avril 2008, décerné par le quotidien espagnol El País. D’habitude, ce prix est accordé à des écrivains et journalistes prestigieux ayant une longue carrière littéraire. C’est la première fois qu’une personne du profil de Sánchez l’obtient53. De même, la bloggeuse a été sélectionnée parmi les 100 personnes les plus influentes du monde par la revue Time (2008), en compagnie de George W. Bush, Hu Jintao et le Dalaï Lama54. Son blog a été inclus dans la liste des 25 meilleurs blogs du monde de la chaîne CNN et la revue Time (2008) et elle a également obtenu le prix espagnol Bitacoras.com ainsi que The Bob’s (2008)55. Le 30 novembre 2008, le quotidien espagnol El País l’a inclus dans sa liste des 100 personnalités hispano-américaines les plus influentes de l’année (liste dans laquelle n’apparaissaient ni Fidel Castro ni Raúl Castro)56. La revue Foreign Policy l’a incluse en décembre 2008 parmi les 10 intellectuels les plus importants de l’année57. La revue mexicaine Gato Pardo en a fait de même pour l’année 200858. La prestigieuse université étasunienne de Columbia lui a décerné le prix Maria Moors Cabot59. Et la liste des distinctions est longue60.

 

Par ailleurs, le site Generación Y de Yoani Sánchez reçoit 14 millions de visites par mois et est le seul au monde à être disponible en pas moins de 18 langues (anglais, français, espagnol, italien, allemand, portugais, russe, slovène, polonais, chinois, japonais, lituanien, tchèque, bulgare, néerlandais, finlandais, hongrois, coréen et grec). Aucun autre site au monde, y compris ceux des plus importantes institutions internationales comme par exemple les Nations unies, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’OCDE, l’Union européenne, ne dispose d’autant de versions linguistiques. Ni le site du Département d’Etat des Etats-Unis, ni même celui de la CIA ne disposent d’une telle variété61. Autre fait unique, le président étasunien Barack Obama a concédé une interview à Yoani Sánchez62.

 

            Jamais aucun dissident à Cuba – peut-être dans le monde – n’a obtenu autant de distinctions internationales en si peu de temps, avec une caractéristique particulière : elles ont rapporté à Yoani Sánchez assez d’argent pour vivre tranquillement à Cuba jusqu’à la fin de ses jours. En effet, la bloggeuse a été rétribuée à hauteur de 250 000 euros au total, c’est-à-dire une somme équivalant à plus de 20 années de salaire minimum dans un pays tel que la France, cinquième puissance mondiale. Le salaire minimum mensuel à Cuba étant de 420 pesos, c’est-à-dire 18 dollars ou 14 euros, Yoani Sánchez a obtenu l’équivalent de 1488 années de salaire minimum à Cuba pour son activité d’opposante63.

 

            Yoani Sánchez est en étroite relation avec la diplomatie étasunienne à Cuba comme l’indique un câble, classé « secret » en raison de son contenu sensible, émanant de la SINA. Elle est tenue en haute estime par l’administration Obama comme le montre la réunion secrète qui a eu lieu dans l’appartement de la jeune bloggeuse cubaine avec la sous-secrétaire d’Etat étasunienne Bisa Williams lors de sa visite à Cuba entre le 16 et le 22 septembre 2010. Lors de rencontre avec Williams, Sánchez a fait part de son souhait de pouvoir bénéficier des services de l’entreprise étasunienne de transfert d’argent Paypal – que les Cubains ne peuvent utiliser en raison des sanctions économiques – pour lutter plus efficacement en faveur d’un changement de régime à Cuba : « Savez-vous tout ce que l’on pourrait faire si nous pouvions utiliser Paypal ? ». Ce service permet de recevoir des transferts financiers du monde entier. L’opposante a obtenu gain de cause car le seul site cubain qui bénéficie des services de Paypal est Generación Y. Alors que la dissidente raconte régulièrement son quotidien sur son blog, on ne retrouve aucune trace de sa rencontre avec Williams, ce qui montre son caractère clandestin. Ce courrier diplomatique révèle ainsi les liens entre la médiatique bloggeuse cubaine et les représentants étasuniens à La Havane et l’importance accordée à l’opposante par Washington64.

 

Un autre mémorandum évoque également l’importance de l’interview accordée par le président Barack Obama à Sánchez, qui a contribué à la médiatisation internationale de l’opposante cubaine65.

 

Absence de perspectives pour l’opposition cubaine

 

Farrar est néanmoins réaliste : « Aucun dissident n’a de vision politique qui pourrait être appliquée dans un futur gouvernement. Même si les dissidents ne l’admettront pas, ils ne sont que très peu connus à Cuba en dehors du corps diplomatique et médiatique étranger […]. Il est peu probable qu’ils jouent un rôle significatif dans un gouvernement qui succèderait aux frères Castro66 ».

 

            La diplomatie étasunienne note que l’objectif est de « soutenir le bon travail du mouvement dissident » dans sa campagne contre le gouvernement de La Havane en axant la tâche sur le thème des « droits de l’homme » et des « prisonniers politiques », les deux raisons évoquées par Washington pour maintenir les sanctions économiques contre Cuba. Cette campagne est surtout destinée à l’opinion publique internationale car, selon Farrar, elle « n’intéresse pas les Cubains dont les principales préoccupations sont avoir un niveau de vie plus élevé et davantage d’opportunités de voyager plus librement67 ».

 

            Dans un autre câble, la SINA admet également qu’elle se trouve isolée sur la question des droits de l’homme à Cuba : « L’immense majorité des 100 missions diplomatiques étrangères à La Havane ne font pas face à un dilemme des droits de l’homme dans leurs relations avec les Cubains. Ces pays n’abordent pas cette question. Le reste, un groupe qui inclut une majorité de l’Europe, le Canada, l’Australie, le Japon et les Etats-Unis, affirme qu’il emploie des approches différentes pour évoquer la question des droits de l’homme à Cuba, mais la vérité et que la plupart de ces pays n’évoquent pas du tout la question à Cuba68 ».

 

            La SINA relève également que certains alliés des Etats-Unis tels que le Canada ne partagent pas le même avis sur la question des « prisonniers politiques », et évoque une discussion avec leurs homologues canadiens : « Nos collègues canadiens nous ont posé la question suivante : quelqu’un qui accepte de l’argent des Etats-Unis doit-il être considéré comme un prisonnier politique ? ». La diplomatie canadienne a rappelé ainsi que toutes les nations occidentales sanctionnaient également les individus qui étaient financés par une puissance étrangère dans le but de renverser l’ordre établi69.

 

            La diplomatie étasunienne ne se fait guère d’illusions sur l’efficacité des sanctions économiques étasuniennes contre l’île, qui ont plongé le pays dans une délicate crise économique. Selon elle, “le peuple cubain est habitué aux périodes difficiles et répondra aux restrictions gouvernementales futures avec une endurance similaire70 ». Elle écarte la possibilité d’une grave crise et note que « Cuba et les Cubains ne sont pas aussi vulnérables qu’ils l’étaient en 1989 avant la fin de l’aide soviétique ». Par ailleurs, « le standard de vie des Cubains, même s’il n’est pas aussi élevé qu’il y a vingt ans avant la fin de l’aide soviétique, est toujours bien meilleur que durant les jours les plus sombres de la période entre 1990 et 1993 lorsque le PIB a chuté de plus de 35% ». En outre, « l’économie cubaine actuelle est moins vulnérable […] grâce à des sources de revenus et de crédits plus diversifiées et à une population cubaine avec plus de ressources71 ».

 

Néanmoins, malgré les sanctions économiques imposées par Washington, la diplomatie étasunienne signale que les Cubains ne ressentent pas d’animosité particulière à l’égard des citoyens étasuniens, car ils ne tiennent pas le peuple du Nord pour responsable de la politique de Washington. La SINA souligne ainsi « les sentiments positifs à l’égard du peuple américain72 ».

 

Conclusion

 

            Près d’un demi-siècle après son élaboration, la politique étasunienne consistant à créer et soutenir une opposition interne à Cuba est toujours en vigueur. Cette stratégie, clandestine durant près de trente ans, est désormais revendiquée et publique, même si elle est considérée comme illégale aux yeux du droit international. Ainsi, le financement de l’opposition cubaine par les Etats-Unis atteint plusieurs millions de dollars par an. Face à l’érosion de la dissidence traditionnelle représentée par Oswaldo Payá, Elizardo Sánchez, Vladimiro Roca, Marta Beatriz Roque, Guillermo Fariñas et les Dames en Blanc, Washington mise désormais sur la nouvelle génération d’opposants dont la figure de proue est la bloggeuse cubaine Yoani Sánchez.

 

Les contacts diplomatiques de la bloggeuse dissidente lui permettent d’arriver jusqu’à la Maison-Blanche et elle rencontre régulièrement les hauts fonctionnaires étasuniens tels que Bisa Williams. Pour éviter les critiques, les Etats-Unis diversifient leur soutien à l’opposition cubaine. En plus de l’aide financière directement apportée, ils ont mis en place, grâce au puissant réseau politique et médiatique dont ils disposent, un système de financement « légal » qui consiste à récompenser l’opposition au gouvernement de La Havane en remettant des « prix » dotés de plusieurs dizaines de milliers de dollars, comme l’illustre l’avalanche de distinctions reçues par Sánchez, la nouvelle égérie de Washington, en l’espace de quelques mois.

 

Le but de Washington n’est plus de fédérer la population cubaine autour de ces personnes qui prônent un changement de système à Cuba, car il sait que leur discours n’est guère audible auprès des habitants de l’île, qui restent en grande majorité attachés au processus révolutionnaire, malgré les difficultés et les vicissitudes quotidiennes. L’opposition alliée aux Etats-Unis suscite dans le meilleur des cas l’indifférence de la part des Cubains et souvent le rejet. La guerre est plutôt d’ordre médiatique. En maintenant la présence d’une opposition interne, même sans envergure et coupée de toute base populaire, elle permet de justifier sa politique d’isolement et de sanctions à l’égard du gouvernement de La Havane au nom de la lutte pour les droits de l’homme et la démocratie.

 

Notes

 

1Lester D. Mallory, « Memorandum From the Deputy Assistant Secretary of State for Inter-American Affairs (Mallory) to the Assistant Secretary of State for Inter-American Affairs (Rubottom) », 6 avril 1960, Department of State, Central Files, 737.00/4-660, Secret, Drafted by Mallory, in Foreign Relations of the United States (FRUS), 1958-1960, Volume VI, Cuba : (Washington : United States Government Printing Office, 1991), p. 885. 

 

2 Marion W. Boggs, « Memorandum of Discussion at 432d meeting of the National Security Council, Washington », 14 janvier 1960, Eisenhower Library, Whitman File, NSC Records, Top Secret, in Foreign Relations of the United States 1958-1960 (Washington : United States Government Printing Office, 1991), pp. 742-743.

 

3Cuban Democracy Act, Titre XVII, Section 1705, 1992.

 

4Helms-Burton Act, Titre I, Section 109, 1996.

 

5 Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004). www.state.gov/documents/organization/32334.pdf (site consulté le 7 mai 2004), pp. 16, 22.

 

6Roger F. Noriega, « Assistant Secretary Noriega’s Statement Before the House of Representatives Committee on International Relations », Department of State, 3 mars 2005. (site consulté le 9 avril 2005).

 

7 Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). www.cafc.gov/documents/organization/68166.pdf (site consulté le 12 juillet 2006), p. 20.

 

8Ibid., p. 22.

 

9Along the Malecon, « Exclusive : Q & A with USAID », 25 octobre 2010. http://alongthemalecon.blogspot.com/2010/10/exclusive-q-with-usaid.html (site consulté le 26 octobre 2010). 

 

10Ibid.

 

11Ibid. 

 

12The Associated Press/El Nuevo Herald, « Cuba : EEUU debe tomar ‘medidas’ contra diplomáticos », 19 mai 2008.

 

13El Nuevo Herald, « Disidente cubana teme que pueda ser encarcelada », 21 mai 2008.

 

14 Patrick Bèle, « Cuba accuse Washington de payer les dissidents », Le Figaro, 21 mai 2008.

 

15Agence France-Presse, « Prensa estatal cubana hace inusual entrevista callejera a disidentes », 22 mai 2008.  

 

16Tracey Eaton, « Factions Spar Over U.S. Aid for Cuba », The Houston Chronicle, 18 décembre 2010.

 

17Agence France-Presse, « Financement de la dissidence : Cuba ‘somme’ Washington de s’expliquer », 22 mai 2008.

 

18EFE, « Un diputado cubano propone nuevos castigos a opositores pagados por EE UU », 28 mai 2008.

 

19Jeff Franks, « Top U.S. Diplomat Ferried Cash to Dissident : Cuba », Reuters, 19 mai 2008.

 

20Ben Feller, « Bush Touts Cuban Life After Castro », Associated Press, 24 octobre 2007.

 

21Will Weissert, « Activistas cubanos dependen del financiamiento extranjero », The Associated Press, 15 août 2008.

 

22 Félix Rousseau, « Fariñas, épine dans le pied de Raúl Castro », Libération, 17 mars 2010.

 

23Amnesty International, « Cuba. Cinq années de trop, le nouveau gouvernement doit libérer les dissidents emprisonnés », 18 mars 2008. http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/cuba-five-years-too-many-new-government-must-release-jailed-dissidents-2 (site consulté le 23 avril 2008).

 

24Radio Habana Cuba, « Former Chief of US Interests Section in Havana Wayne Smith Says Sending Money to Mercenaries in Cuba is Illegal », 21 mai 2008.

 

25 Wayne S. Smith, « New Cuba Commission Report : Formula for Continued Failure », Center for International Policy, 10 juillet 2006.

 

26 Jonathan D. Farrar, « The U.S. and the Role of the Opposition in Cuba », United States Interests Section, 9 avril 2009, cable 09HAVANA221. http://213.251.145.96/cable/2009/04/09HAVANA221.html (site consulté le 18 décembre 2010).

 

27Ibid.

 

28Ibid. 

 

29Ibid. 

 

30Joaquin F. Monserrate, « GOC Signals ‘Readiness to Move Forward’ », United States Interests Section, 25 septembre 2009, cable 09HAVANA592, http://213.251.145.96/cable/2009/09/09HAVANA592.html (site consulté le 18 décembre 2010).

 

31 Jonathan D. Farrar, « Key Trading Parters See No Big Economic Reforms », United States Interests Section, 9 février 2010, cable 10HAVANA84, http://213.251.145.96/cable/2010/02/10HAVANA84.html (site consulté le 18 décembre 2010).

 

32 Michael E. Parmly, « Comsec Discusses Freedom and Democracy With Cubain Youth », United States Interests Section, 18 janvier 2008, 08HAVANA66, http://213.251.145.96/cable/2008/01/08HAVANA66.html (site consulté le 18 décembre 2010).

 

33 Jonathan D. Farrar, « The Speculation on Fidel’s Health », United States Interests Section, 9 janvier 2009, cable 09HAVANA35, http://213.251.145.96/cable/2009/01/09HAVANA35.html (site consulté le 18 décembre 2010).

 

34 Jonathan D. Farrar, « The U.S. and the Role of the Opposition in Cuba », United States Interests Section, 9 avril 2009, op. cit.

 

35Ibid.

 

36Ibid.

 

g="es">37Yoaní Sánchez, « Mi perfil », Generación Y.

 

38France 24, « Ce pays est une immense prison avec des murs idéologiques », 22 octobre 2009.

 

39Yoaní Sánchez, « Siete preguntas », Generación Y, 18 novembre 2009.

 

40Yoaní Sánchez, « Seres de la sombra », Generación Y, 12 de noviembre de 2009.

 

41 Salim Lamrani, « Conversations avec la bloggeuse cubaine Yoani Sánchez », 15 avril 2010, Voltaire,

http://www.voltairenet.org/article164956.html#article164956 (site consulté le 20 décembre 2010).

Yoaní Sánchez à propos des sanctions économiques (2)

 

42Ibid. Yoaní Sánchez à propos de la crise des missiles

 

43Ibid. Yoaní Sánchez à propos des sanctions économiques

 

44Ibid. Yoaní Sánchez à propos des Cinq

 

45Supreme Court of the United States, « Brief of Amici Curiae of José Ramos-Horta, Wole Soyinka, Adolfo Pérez Esquivel, Nadine Gordimer, Rigoberta Menchú, José Saramago, Zhores Alferov, Dario Fo, Gunter Grass, and Máeread Corrigan Maguire in support of the petition for writ of certiorari », N° 08-987, http://www.freethefive.org/legalFront/amicusnobel.pdf (site consulté le 12 mars 2009). Voir également http://www.freethefive.org/resourceslegal.htm (site consulté le 12 mars 2009)

 

46Granma, « Ex ayudante de Colin Powell denuncia arbitrariedades contra los Cinco », 24 septembre 2007. http://www.granma.cubaweb.cu/miami5/enjuiciamiento/justicia/0093.html (site consulté le 15 novembre 2008).

 

47 Salim Lamrani, « Conversations avec la bloggeuse cubaine Yoani Sánchez », op.cit.

 Yoaní Sánchez à propos des acquis sociaux

 

48Ibid. Yoaní Sánchez à propos de la dictature de Fulgencio Batista.

 

49Ibid.Yoaní Sánchez à propos de la loi d’Ajustement Cubain.

 

50Ibid.Yoaní Sánchez à propos de Gabriel Garcia Márquez.

 

 

 (..)

 


Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009).

Contact : lamranisalim@yahoo.fr

 

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 10:50

 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 03:54
TOUS LES MEDIAS SONT-ILS DE DROITE ? Du journalisme par temps d’élection

par Mathias Reymond et Grégory Rzepski pour Acrimed - Couverture de Mat Colloghan

Tous les médias sont-ils de droite ? Évidemment, non. Du moins si l’on s’en tient aux orientations politiques qu’ils affichent. Mais justement, qu’ils prescrivent des opinions ou se portent garants du consensus, les médias dominants non seulement se comportent en gardiens du statu quo, mais accentuent les tendances les plus négatives inscrites, plus ou moins en pointillé, dans le mécanisme même de l’élection. Ce sont ces tendances qui font l’objet du présent ouvrage : la primauté accordée aux jeux politiciens sur les enjeux politiques ; la personnalisation outrancière au détriment de la présentation de projets ; l’atrophie de l’espace médiatique au bénéfice des candidats du bipartisme ; la réduction du « politiquement pensable » et sa confiscation par les cercles de prétendus experts.

L’analyse proposée soulève une double question politique : jusqu’à quand les forces politiques se laisseront-elles intimider par un « pouvoir » qui repose largement sur leur soumission ou leur crédulité ? Jusqu’à quand la question des la réappropriation démocratique des médias continuera-t-elle à être considérée comme une question subalterne ? L’objectif de ce livre est de parcourir un champ de bataille. Oui, un champ de bataille.

Table des matières

Chapitre I – Médias en quête de compétition - Où il est question du primat des jeux sur les enjeux.

1. Les passions du microcosme - 2. Les méfaits de la sondomanie

Chapitre II – Journalistes en quête de personnages - Où il est question du primat des personnages sur les projets

1. Des personnages de petit écran - 2. Des personnages de papier journal - 3. Vous avez dit « peopolisation » ?

Chapitre III. Candidats en quête de pluralisme - Où il question de l’escamotage du premier tour et de la relégation des « petits candidats »

1. Les mauvais comptes de « l’équité » - 2. « Grands » journalistes pour « petits » candidats - 3. Mauvais clients pour excellents journalistes

Chapitre IV - Elites en quête de débats - Où il est question des limites du « politiquement pensable »

1. Incitations à « moderniser » la gauche - 2. Exhortations à fermer le cercle libéral

Conclusion : « Veuillez nous excuser pour cette interruption momentanée de l’image »

Coordonné et mis en forme par Mathias Reymond et Grégory Rzerpski, pour Acrimed, ce livre n’existerait pas sans l’activité collective de notre association et les contributions individuelles de ses membres.

Parution : mars 2008
Format : 105 x 165
ISBN 978-2-84950-16-41

Nombre de pages : 140 - Dos carré, broché - Prix TTC : 7 euros

En vente en ligne sur le site des Editions Syllepse.

Edité par :
Editions Syllepse
69 rue des Rigoles,
75020 Paris
http://edition@syllepse.net
www.syllepse.net
Tel : 33- (0) 1-44-62-08-89

 

http://www.legrandsoir.info/TOUS-LES-MEDIAS-SONT-ILS-DE-DROITE-Du-journalisme-par-temps-d-election.html

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 01:39
Lettre Ouverte à propos d’un Faux Débat
Diana JOHNSTONE

Le numéro de décembre de Points Critiques, organe de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB), a publié un dossier sur "la liberté d’expression" qui contient un article par Jean Vogel attaquant Jean Bricmont nominalement et quelques autres qui l’attaquent par allusion. Suivirent d’autres articles ici et là prenant pour cible Jean Bricmont, professeur belge de physique mathématique bien connu pour son opposition à la censure et aux guerres "humanitaires".

 

C’est l’article de Vogel qui constitue la pièce de résistance dans ce festin anti-Bricmont. Ce qui est absolument remarquable dans ce texte c’est qu’il illustre parfaitement l’argument de Bricmont qu’il est en train de vouloir démolir !

L’argument de Jean Bricmont, cité par Vogel, est le suivant :

Si le lobby sioniste fonctionne en apparence comme tous les autres lobbies, à travers le ciblage, la propagande, les pressions, la corruption, etc., il s’en distingue par un facteur essentiel qui permet d’expliquer sa puissance extraordinaire, il inspire la peur : l’Occident "n’a aucun intérêt, à long terme, à soutenir Israël (et à s’aliéner tant de gens dans le monde). Mais qui, dans les hommes ou femmes politiques ou les hommes ou femmes d’affaires, va faire ce calcul ? Et qui, à supposer qu’il ou elle le fasse, va oser le dire ? On ne peut rien comprendre à ce qui se passe en Europe et aux Etats-Unis tant qu’on ne prend pas en compte le facteur de peur - peur des organisations sionistes, de leurs campagnes de dénigrement et d’intimidation".

 

Comment Vogel répond-il à cette affirmation ?

D’abord en la ridiculisant : "C’est un homme de science, il l’a vérifiée ex-pé-ri-men-ta-le-ment par une enquête auprès d’un échantillonnage de dizaines de ‘personnes d’origine non-juive’" qui avouent se taire "ce qu’ils pensent sur l’Etat qui se dit ‘Etat juif’ de peur d’être traité d’anti-juif et d’être assimilé aux antisémites du passé." Trop absurde pour en débattre.

Et puis, le ridicule ne tuant toujours pas, Vogel se met à confirmer cette thèse, et le bien-fondé de cette peur, en accablant la personne d’origine non-juive, c’est-à-dire Bricmont, qui a osé en dire trop.

Une personne d’origine non-juive qui ne se tait pas par culpabilité envers la Shoah ? Un malade…

"Jean Bricmont est hostile à la psychanalyse et c’est dommage, car le soin constant avec lequel il répète qu’étant né en 1952 il n’est pour rien dans ce que les Juifs ont subi et qu’il n’y a de culpabilité ou de responsabilité qu’individuelles, cette insistance obsessionnelle à rappeller son innocence est très probablement une clé du ressort de sa position et de son engagement."

 

Arrêtons-nous ici un instant. Cela veut dire quoi, exactement ?

Cela ne dit rien, cela insinue. Mais quoi ? Que Jean Bricmont serait en réalité la réincarnation d’un gardien à Auschwitz ? Non, c’est plus vague que cela. C’est si vague qu’on ne peut pas accuser Vogel d’avoir dit quoi que ce soit. Mais il fait ce qu’il peut pour créer un malaise, un soupçon…

On utilise comme d’habitude la "culpabilité par association", ou par fréquentation, tentant de lier Bricmont, "l’atypique", libre penseur hors de toute chapelle, aux personnes avec qui il n’a jamais partagé que quelques discussions contradictoires, exercice que Bricmont affectionne particulièrement, ne refusant jamais le débat.

 

L’opposition à la loi Gayssot suscite un procès d’intention. Ce n’est pas nouveau. Comme d’autres, Bricmont est opposé à toute loi qui limite la liberté d’expression, pour un tas de raisons qui dépassent l’objet de ces lois ou la question d’Israël.

Vogel écrit que Bricmont "envisage la banalisation des discours antisémites et négationnistes comme une contribution utile à la ‘déculpabilisation’ de l’opinion et donc ainsi à sa ‘désionisation’." Cette phrase est inexacte et participe à la confusion régnant en France entre défense de la liberté de la parole et défense du contenu du discours interdit. Le seul discours que Bricmont cherche à défendre concerne la critique d’Israël qui pourrait mettre en question le soutien de l’Occident à Israël dans son conflit avec les Palestiniens, si toutes les personnalités influentes osaient dire ce qu’elles en pensent. En France, contrairement à ce qui se passe au Royaume Uni ou même aux Etats-Unis (où le lobby pro-israélien est pourtant plus puissant), on va jusqu’à invoquer la loi "contre l’incitation à la haine raciale" pour criminaliser le mouvement international de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) qui vise à obliger Israël de respecter le droit international et les droits de l’homme. Cela illustre les conséquences réelles des lois réprimant la liberté d’expression.

Puisque Vogel aime la psychologie, on pourrait suggérer – ouvertement ! – que ce procès d’intention procède d’une certaine peur proche de la paranoïa selon laquelle le monde extérieur à la communauté juive ne veut qu’une chose : la liberté d’être antisémite, de haïr les juifs, de les exterminer même.

 

Alors, je pourrais – mais hélas je crois que cela ne servirait à rien – l’assurer que cela n’est pas vrai. Nous autres, nous connaissons trop de personnes d’origine juive que nous aimons, que nous estimons, dont nous avons même besoin dans notre vie quotidienne, pour jamais être antisémites. En effet, c’est cette connaissance humaine, et non pas la mémoire culpabilisante de l’Holocauste, qui est notre garde-fou contre l’antisémitisme. Dans le monde d’aujourd’hui, s’il y a deux choses qui risquent de susciter un nouveau sentiment anti-juif, ce sont d’abord Israël, et puis l’effort de faire de la Shoah la religion dogmatique de notre époque, une religion qui sacralise une seule communauté humaine en laissant les autres en dehors. C’est un danger que certaines "personnes d’origine non-juive" sont mieux placées pour sentir autour d’elles que les juifs progressistes qui se hâtent de faire la police de la pensée tuant toute hérésie dans l’oeuf. Ils devraient, au contraire, remercier leur ami Jean Bricmont qui essaie de prémunir tout le monde contre ce danger.

 

Depuis que Noam Chomsky a osé en donner l’exemple, on a tendance en France à dénigrer la défense de la liberté d’expression comme une excentricité américaine, bonne pour les cowboys mais pas pour nous. C’est faux. Malgré sa sanctification par la Constitution, la liberté d’expression a souvent été violée aux Etats-Unis – surtout aux dépens des personnes et des mouvements progressistes. C’est pour cela que la gauche américaine est farouche dans sa défense des libertés, sachant que si elles ne sont pas respectées, c’est elle qui sera la principale cible de la répression. C’est un système de lois fondé sur le respect des libertés qui, en Europe comme ailleurs, est le meilleur moyen de défense de la gauche et de tous les citoyens, y compris ceux d’origine juive. Une minorité qui cherche à se défendre en limitant les libertés universelles manque gravement de sagesse politique.

Diana Johnstone

VOIR AUSSI : http://www.legrandsoir.info/Les-tro...

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Jean VOGEL

 

(..) Autre exemple : pourquoi, Israël continue-t-il à bénéficier d’un soutien sans faille des Etats-Unis et d’une indulgence coupable de l’Union Européenne ? Bricmont rejette catégoriquement l’idée ordinaire qui l’explique par les intérêts stratégiques et économiques de ces Etats, couplés à une vision néocoloniale d’Israël comme tête de pont occidentale au Proche-Orient : « Le degré d’engagement américain en faveur d’Israël est totalement irrationnel et ne répond à aucun de leurs intérêts » (3) Non, s’ils soutiennent Israël à l’encontre de leurs intérêts les plus évidents (pétrole, etc.), c’est parce que « les Etats-Unis sont manipulés par le lobby pro-israélien ». Toutefois, précise Bricmont, l’explication par le rôle du lobby « n’est pas l’entière vérité ». (4) Si le lobby sioniste fonctionne en apparence comme tous les autres lobbies, à travers le ciblage, la propagande, les pressions, la corruption, etc., il s’en distingue par un facteur essentiel qui permet d’expliquer sa puissance extraordinaire, il inspire la peur : l’Occident « n’a aucun intérêt, à long terme, à soutenir Israël (et à s’aliéner tant de gens dans le monde). Mais qui, dans les hommes ou femmes politiques ou les hommes ou femmes d’affaires, va faire ce calcul ? Et qui, à supposer qu’il ou elle le fasse, va oser le dire ? On ne peut rien comprendre à ce qui se passe en Europe et aux Etats-Unis tant qu’on ne prend pas en compte le facteur de peur - peur des organisations sionistes, de leurs campagnes de dénigrement et d’intimidation » (5). Cette omniprésence du facteur de la peur, Bricmont ne l’affirme pas gratuitement. C’est un homme de science, il l’a vérifiée ex-pé-ri-men-ta-le-ment par une enquête auprès d’un échantillonnage de dizaines de « personnes d’origine non-juive » : « prenons un journaliste, un homme politique ou un éditeur, enfermons-nous avec lui dans une pièce où il peut vérifier qu’il n’y a ni caméra cachée ni micro, et demandons-lui s’il dit publiquement tout ce qu’il pense vraiment d’Israël et, s’il ne le dit pas (à mon avis, la réponse la plus probable), pourquoi se tait-il ? A-t-il peur de nuire aux intérêts des capitalistes en Cisjordanie ? D’affaiblir l’impérialisme américain ? Ou encore, de risquer d’affecter les cours ou les flux du pétrole ? Ou a-t-il au contraire peur des organisations sionistes, de leurs poursuites et de leurs calomnies ? Ma conviction, après des dizaines de discussions avec des personnes d’origine non-juive, est que la bonne réponse (la dernière) est évidente. On tait ce qu’on pense de l’Etat qui se dit "Etat juif" de peur d’être traité d’anti-juif et d’être assimilé aux antisémites du passé ». (6)

A côté de cette peur, ou, plus exactement, en étayage de celle-ci, le lobby s’appuie sur le sentiment de culpabilité des « personnes d’origine non-juive » par rapport à la « culpabilisation liée aux événements de la guerre de 40-45 » (7). (On admirera la maîtrise de la Verwaltungsprache dont fait preuve M. Bricmont). Ce sentiment est le produit d’une pseudo-« éthique », « qui exige que les Européens et les Américains se repentent sans cesse de crimes du passé auxquels ils ne peuvent rien faire et qui n’ont pas été commis par eux mais tout au plus par leurs parents » (8). Jean Bricmont est hostile à la psychanalyse et c’est dommage, car le soin constant avec lequel il répète qu’étant né en 1952 il n’est pour rien dans ce que les Juifs ont subi et qu’il n’y a de culpabilité ou de responsabilité qu’individuelles, cette insistance obsessionnelle à rappeler son innocence est très probablement une clé du ressort de sa position et de son engagement : « l’immense majorité des Français, des Allemands ou des prêtres catholiques aujourd’hui sont tout aussi innocents que les Palestiniens de ce qui s’est passé pendant la guerre, pour la simple raison qu’ils sont nés après la guerre ou étaient enfants pendant celle-ci…Peut-être que le meilleur slogan à mettre en avant lors des manifestations sur la Palestine ne serait pas ‘‘nous sommes tous des Palestiniens’’ (…), mais plutôt : ‘‘nous ne sommes pas coupables de l’holocauste’’. » (9)

L’accusation ou le soupçon d’antisémitisme représentent donc une botte secrète imparable du lobby. En outre, la censure de ce dernier s’exerce encore plus à l’encontre de toute critique à son égard – voire même de la simple mention de son existence - que par rapport à Israël : « tous les hommes politiques et tous les journalistes savent, en leur for intérieur, qu’il faut faire très attention dès que l’on parle d’Israël. Mais pourquoi ? A cause des menaces que font peser les groupes de pression. Mais, alors qu’on peut parfaitement émettre des critiques modérées et inefficaces d’Israël, il est absolument impossible de parler librement de ces groupes (on est alors immédiatement attaqué pour "délires antisémites" ou quelque chose du genre) » (10). Le lobby a donc réussi à enfermer « le débat dans des limites très étroites ». D’une part, il est interdit d’en parler publiquement. D’autre part, le procès en antisémitisme représente une bombe atomique morale à laquelle nul ne peut résister : « les antisémites, réels ou supposés, sont les sorcières de notre temps. Cette accusation est la façon la plus simple d’éliminer quelqu’un du débat » (11). On peut être d’accord avec cette dernière proposition lorsqu’on examine les agissements de la plupart des défenseurs inconditionnels d’Israël et leur propension à flinguer pour antisémitisme quiconque s’oppose à eux. Mais ce constat n’efface pas la distinction entre un « antisémite réel » et un « antisémite supposé » (c’est-à-dire accusé mensongèrement de l’être), en les considérant au même titre comme des victimes du lobby sioniste. Or c’est précisément cet amalgame que Bricmont juge indispensable.

 

Les trois formules du professeur Bricmont découlent assez directement de l’analyse qui précède.

 

1.- Développer le plus largement possible la dénonciation et la condamnation d’Israël : « la seule façon de procéder est de créer un climat de ‘‘désintimidation’’, en soutenant chaque homme politique, chaque journaliste, chaque écrivain, qui ose écrire une phrase, un mot, une virgule, critiquant Israël ». Pour ce faire, il faut arrêter de procéder à des distinctions inutiles voire nuisibles au sein de la coalition anti-israélienne : « ll faut le faire tous azimuts, sans se limiter à soutenir des personnes qui ont des positions ‘‘correctes’’ sur d’autres sujets (selon l’axe gauche-droite), ou qui ont des positions ‘’parfaites’’ sur le conflit » (12). Les démarcations vis-à-vis de l’extrême-droite ou des islamistes, etc., sont encore des effets de la vieille intimidation sioniste qu’il faut complètement surmonter : « Nous ne devons pas montrer aux sionistes que nous sommes ‘‘gentils’’, en nous ‘‘démarquant’’ sans arrêt de X ou de Y qui a eu une parole trop dure ou trop franche, mais montrer que nous sommes libres et que le temps de l’intimidation est passé » (13).

 

2.- Développer en tout premier lieu la dénonciation de l’existence et du rôle du lobby sioniste aux Etats-Unis ou en Europe et soutenir toux ceux qui s’y n’opposent, quels que soient leurs motivations ou leur idéologie : « il faudrait systématiquement prendre la défense de tout homme politique, tout journaliste, tout professeur qui est pris à partie par le lobby pour ses vues ou ses déclarations, sans tenir compte de leurs opinions politiques sur d’autres sujets ».Bricmont se place avec évidence dans la suite des thèses de James Petras, un professeur d’université américain ex-marxiste et désormais voué à la lutte contre la mainmise du lobby, qui dans ses livres Zionism, Militarism and the Decline of US Power, Rulers and Ruled in the US Empire : Bankers, Zionists and Militants, et The Power of Israel in the United States propose l’alliance de la gauche et des “conservateurs patriotes” pour libérer les Etats-Unis de la domination de la « Israel power configuration ». De même, pour Bricmont, « le sort d’une grande partie du monde dépend de la capacité des Américains à exercer leur propre droit à l’autodétermination » (14) - thèse qui sous-entend visiblement que les juifs américains sionistes sont des dominateurs étrangers au peuple américain. Dans la même veine, Bricmont explique la faiblesse manifestée par la gauche française (y compris la gauche de la gauche) face « à la guerre en Afghanistan ou à l’alignement français sur l’Etat d’Israël », par le fait qu’elle ait complètement renoncé à l’héritage du nationalisme français au profit d’une posture morale impuissante : « Sous Pétain, la France devait se repentir des crimes du front populaire ; aujourd’hui elle doit se repentir des crimes de Pétain (et, pour certains, du colonialisme). Mais aucune politique progressiste ne pourra jamais se fonder sur la culpabilité et la haine de soi » (15).

 

L’autre volet de cette position est la nécessité de condamner tous ceux qui occultent ou minimisent la toute-puissance du lobby sioniste : « Il faut critiquer tous les défenseurs d’Israël ou du lobby pro-israélien, y compris ceux qui en minimisent l’importance, à l’intérieur des cercles progressistes » (16) Ici aussi Bricmont suit Petras qui s’est fait une spécialité de dénoncer le fait que les juifs de gauche, - et en particulier Noam Chomsky -, aussi anti-impérialistes et pro-palestiniens soient-ils, ne pouvaient jamais accepter de reconnaître le rôle prépondérant du lobby dans la détermination de la politique étrangère américaine. Qu’est-ce qui les en empêche ? Une solidarité ethnique juive dont ils restent prisonniers. C’est d’ailleurs ce que passe sa vie à dénoncer Gilad Atzmon, le musicien londonien d’origine israélienne devenu une référence majeure des « antisionistes radicaux » : « l’antisionisme juif est en soi encore une autre forme de sionisme ». En quoi et pourquoi ? : « d’abord elle [la gauche juive] s’efforce de présenter, et de renforcer, une image positive des juifs en général . Deuxièmement, elle est là pour réduire au silence et brouiller toute tentative faite par un outsider pour appréhender la signification de l’identité juive et des politiques juives au travers des machinations de l’État juif. Sa fonction est également d’empêcher des éléments de ce mouvement de mettre en évidence le rôle crucial du lobbying juif. La gauche juive est donc là pour étouffer toute critique éventuelle des politiques juives au sein des mouvements de gauche. Elle est là pour empêcher les goys de mettre le nez dans les affaires juives. » Dernier exemple en date, l’initiative « Irene, le bateau juif pour Gaza » : il ne s’agissait pas d’aider les gazaouis mais de « restaurer la réputation des juifs ». (17)

3.- Libérer tous azimuts la parole des « personnes d’origine non-juive » sur Israël, le sionisme, le lobby ou les juifs en général : « … l’étape qui reste à franchir, pour qu’une autre politique envers le Moyen-Orient soit possible, est de libérer la parole et de faire cesser l’intimidation et la culpabilisation à propos de tout ce qui concerne Israël et le sionisme » (18) Bricmont prend parfois soin de préciser qu’il n’est personnellement ni antisémite, ni négationniste mais qu’il défend le droit à la libre expression de ce genre d’opinions. Il combine dans ce cas une affirmation de principe universelle, en faveur d’un élargissement de la liberté d’expression sur le modèle américain et une affirmation « stratégique » qui envisage la banalisation des discours antisémites et négationnistes comme une contribution utile à la « déculpabilisation » de l’opinion et donc ainsi à sa « désionisation ».

C’est dans cette optique que Jean Bricmont s’est fait le chantre et le propagateur du livre Sarkozy, Israël et les Juifs (Editions Oser dire, Embourg, 2009), en le présentant comme victime d’une forme de censure et en le louant comme l’équivalent pour la France de la remarquable recherche empirique de John Mearsheimer et Stephen Walt, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine (Ed. La Découverte, 2007). Il s’agit en réalité d’un simple exercice de compilation et surtout de plagiat (19), commis par un certain Paul-Eric Blanrue, polygraphe en quête de notoriété, auteur notamment d’un Carla et Nicolas : chronique d’une liaison dangereuse, ainsi que d’un Le Joueur : Jérôme Kerviel, seul contre tous. Présenté par le vétéran du négationnisme en France, Serge Thion, comme un « plumitif pisseur de copie » sans autre conviction que l’espoir d’atteindre de gros tirages (20), Blanrue s’est lancé avec Bricmont dans une bataille pour faire libérer un militant nazi français, Vincent Reynouard, condamné à un an de prison ferme en France et en Belgique pour être l’auteur d’une brochure négationniste Holocauste, ce que l’on vous cache. Reynouard a d’ailleurs exprimé sans ambages comment et en quoi sa propagande négationniste s’inscrivait dans un enjeu beaucoup plus large : « le combat révisionniste que je mène – et dont les implications dépassent largement le domaine de l’Histoire – je le mène précisément pour mes enfants, ainsi que pour ceux des autres, pour les Palestiniens, pour l’Europe, et, plus généralement, pour un monde qui sera débarrassé de ce Nouvel Ordre mondial bâti sur les ruines du IIIe Reich » (21). Sur cette base, Bricmont et Blanrue ont lancé une pétition en faveur de l’abrogation de la loi Gayssot et ils auraient réussi à obtenir une déclaration en sa faveur de Noam Chomsky. (22)

Je ne voudrais cependant pas conclure cet article en suscitant l’impression que la pensée de Jean Bricmont se réduit à cet « anti-impérialisme des imbéciles » dont Isaac Deutscher anticipait l’advenue au lendemain de la guerre des six jours de 1967. (23) Non, il arrive à ce penseur d’éclairer politiquement l’opinion sur des questions essentielles de l’avenir du monde. Ainsi, l’attribution du prix Nobel de la Paix à Liu Xiabo lui arrache cet avertissement prophétique : « Le jour - sans doute pas si lointain - où les Chinois seront devenus plus forts que nous, on peut craindre qu’ils se "souviendront" de toutes les humiliations que nous leur avons fait subir dans le passé, depuis les guerres de l’opium et le sac du palais d’été jusqu’au soutien actuel au Dalai Lama et aux dissidents ; si la vengeance est un plat qui se mange froid, je préfère ne pas faire partie d’un banquet chinois lorsque ce moment du souvenir sera venu » (24).

Vous voyez ça d’ici : Jean Bricmont servi laqué et rôti au cours d’un festin à Zhongnanhai… Souhaitons aux Chinois de posséder un estomac bien accroché.

Jean Vogel
Institut Marcel Liebman  (..)

 

article paru dans le n° de décembre 2010 de Points critiques, le mensuel de l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB) et transmis par son auteur

EN COMPLEMENT, VOIR : http://www.legrandsoir.info/Lettre-... (Réaction de Diana Johnstone)

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http://www.legrandsoir.info/Les-trois-formules-du-professeur-Bricmont.html

 

 

.http://mcpalestine.canalblog.com/tag/colonisation/p20-0.html

 

 

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Politique Nationale/Internationale

Sionisme contre démocratie


Dominés par une propagande qui nous dit que les Juifs israéliens innocents sont persécutés par les Arabes palestiniens mauvais, les USA continuent de subventionner l'Etat juif, et entraînent la nation dans des guerres destructrices, en son nom. Ressasser continuellement l'histoire de l'épouvantable persécution passée donne l'impression que parce que les nazis allemands ont brutalisé les Juifs européens, les Ashkénazes israéliens sont moralement justifiés à brutaliser les Arabes palestiniens.

Par Frank Scott frankscott@comcast.net
Les commentaires politiques de Frank Scott apparaissent dans The Coastal Post, une publication mensuelle de Marin County, Californie, et sur de nombreux sites web, ainsi que sur son blog : http://legalienate.blogspot.com/
 


 

Sionisme contre démocratie
i["La loyauté première de la configuration du pouvoir sioniste va à l'Etat d'Israël et sa politique est conçue pour coloniser le congrès US au nom et au bénéfice de la 'mère patrie', Israël"]i. James Petras
James Petras parle d'une réalité rarement discutée dans des cercles habitués à au mieux murmurer des critiques sur le soutien des USA à Israël. Il parle du Congrès, mais l'exécutif a été "colonisé" de la même façon. Le comportement téléguidé des principaux candidats à la présidence, faisant des courbettes devant le lobby israélo-américain ou priant devant le Mur des lamentations à Jérusalem, en sont des preuves suffisantes. La domination exercée par ce qu'il appelle la Configuration du Pouvoir Sioniste est un problème très grave pour un public qui n'a généralement pas conscience de son existence, et moins encore du contrôle qu'il exerce sur notre système politique. Avec une économie paralysée et des forces armées sur-augmentées, des groupes du vieil establishement américain essaient de reprendre le contrôle avant que le dévouement stupide à l'Etat juif ne mène à la ruine totale. Une coterie du vieux pouvoir WASP (protestant blanc anglo-saxon) revitalisé se trouve en lutte avec le bloc du pouvoir juif plus récent. Cet affrontement de gangs au sein de l'establishment n'apportera pas la justice sociale et la paix à l'Amérique, mais il peut donner au public l'opportunité de revenir à la raison.
Le soutien à un Etat raciste qui brutalise sa population autochtone d'une manière qui choque les vétérans de l'Afrique du Sud de l'apartheid ne peut que continuer, avec un public maintenu dans le noir. Dominés par une propagande qui nous dit que les Juifs israéliens innocents sont persécutés par les Arabes palestiniens mauvais, les USA continuent de subventionner l'Etat juif, et entraînent la nation dans des guerres destructrices, en son nom. Ressasser continuellement l'histoire de l'épouvantable persécution passée donne l'impression que parce que les nazis allemands ont brutalisé les Juifs européens, les Ashkénazes israéliens sont moralement justifiés à brutaliser les Arabes palestiniens. Sur une terre qu'ils croient, sans aucune preuve à part la foi juive, être celle de leur origine, les colons sont vus comme les indigènes, alors que le peuple qui y vit depuis des siècles est expulsé, traité de terroristes et, en dépit de ses origines sémites, traité d'antisémite par ceux dont le seul lien avec le sémitisme est leur système de croyance.
Cette situation serait digne de la dernière comédie macabre si elle n'était si dangereuse pour l'humanité toute entière. Israël est dirigé par quelques personnalités sérieusement perturbées, qui n'ont pas en main une hache, mais des armes nucléaires. Ce qui n'est bien sûr jamais mentionné par ce qu'on appelle la communauté internationale, ce qui veut dire l'Amérique, Israël et une poignée d'états larbins. Comment les USA peuvent-ils poursuivre leur multi-milliards de dollars d'aide à Israël, les guerres interminables et le maintien de bases militaires dans des centaines de pays étrangers, alors que son peuple subit un statut économique en sérieux déclin ? C'est seulement avec l'aide de médias qui nous dirons que l'origine de nos problèmes se trouve dans des endroits lointains plutôt qu'à la maison, et que notre allié le plus important au monde est Israël. Les deux sont dans un déni total de réalité. Une attitude individuelle sur de telles présomptions serait jugée cliniquement folle et vaudrait à son auteur l'internement psychiatrique. Notre société se comporte comme si les illusions étaient la réalité, les mensonges la vérité et un comportement psychotique le signe d'une excellente santé mentale. Les USA ont pour des milliards de dollars de dettes et sont haïs non seulement au Moyen Orient, mais aussi dans de plus en plus d'autres endroits du monde, ce qui entraîné les appels au changement qui ont vu les WASP revenir, reprendre le contrôle au bloc au pouvoir qui a joué un rôle majeur dans la création de la crise actuelle, à part celui, non reconnu, qui est là depuis plus longtemps, le capitalisme lui-même. Cette menace majeure sur l'avenir de l'humanité dépend peu du caractère "gentil" ou juif du groupe dirigeant, mais du fait qu'il permette ou non que le système détruise la planète entière, et pas seulement le Moyen Orient.
La relation entre la politique et la manière dont elle est rapportée est claire dans la préparation des Américains à une guerre avec l'Iran, et puis leur suggérant une indécision peut-être oui – peut-être non. Chaque fois que les discours enflammés sur l'Iran refroidissent légèrement, le prix du gasoil descend. Jusqu'à la prochaine poussée de brouhaha fanatique qui clamera que l'Iran veut atomiser Israël et exterminer tous les Juifs, auquel cas le prix remontera. Ces fluctuations entre la rhétorique maniaque et le prix du pétrole font partie de la lutte pour exercer le contrôle sur la politique US au Moyen Orient. Le fait que les Américains n'utilisent pas autant d'essence n'a pas échappé à la vigilance du pétro-capital et cela joue sûrement un rôle dans la diminution récente du prix, qui est encore bien plus haut qu'il ne l'était il y a un an. On continue pourtant à faire croire que ce sont les puissances pétrolières qui nous poussent à la guerre en Irak, en dépit du fait que cela voudrait dire que Big Oil a décidé de compromettre ses relations étrangères et d'observer les Américains consommer moins de son produit. Cette histoire ridicule est à la mesure de l'étendue du pouvoir juif-israélien non seulement sur le gouvernement, mais sur les médias qui contrôlent la connaissance du public américain. Des fables continuelles sur une prétendue menace iranienne, basée sur la même preuve fictive, des craintes surnaturelles et des tendances psychotiques qui transforment Israël en un cauchemar national pour les Arabes palestiniens en Disneyland paradisiaque pour les Juifs israéliens, rendent encore plus vital que jamais de mettre un terme à cette folie. Elire un nouveau membre de la population colonisée à la présidence, que ce soit aux USA ou en Palestine, ne fera pas une grosse différence. Plutôt que d'un simple changement au sommet, qui est une partie du problème, nous avons besoin que les masses populaires de la base se réveillent à l'action, ce qui pourrait apporter une réelle solution : une démocratie à 50 états aux USA, et une démocratie à un Etat en Palestine.
Source : [Online Journal]url:http://onlinejournal.com/artman/publish/article_3591.shtml Traduction : MR pour [ISM ]url:http://ism-france.org/news/article.php?id=9618&type=analyse&lesujet=Sionisme


Dimanche 10 Août 2008

 

http://www.alterinfo.net/Sionisme-contre-democratie_a22590.html

 

 

http://www.sionisme.net/5.html

(Informations à découvrir)

 

 

 

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D’abord, la vérité crue des chiffres de la liste antisioniste…

 

Aux dernières élections européennes, la liste antisioniste, a réalisé le score de 0,05% des électeurs inscrits.

 

En 2004, lors des élections européennes, Dieudonné avec la liste Europalestine avait fait 0,12% des électeurs inscrits. Je prend ces chiffres qui incluent de facto l'abstention pour rappeler que le vote est un acte volontaire et prémédité et non une réponse rapide à un inconnu lors d'un sondage par téléphone. 

 

On pourrait dire qu’en apparence, la politique de chasse aux sorcières envers les contestataires du sionisme a marché au-delà de toute espérance.

Qu’utilise-t-on pour cela ?

On invoque l’antisémitisme probable ou certain… On culpabilise, on stigmatise.

 

On monte en épingle la moindre agression contre un juif, la moindre insulte, la moindre incivilité comme révélatrice d’un climat dangereux qui menacerait la communauté juive et nous ramènerait aux heures les plus sombres des années 1930-40.

 

Pourtant, le nombre d’actes racistes envers d’autres communautés, envers d’autres groupes, est beaucoup plus élevé. Et ce n’est pas forcément dans les statistiques. Allez sur un stade de foot un dimanche… Les cris « sales arabes », « sale nègre » entendus ici et là, ne font pas souvent l’objet de plainte, de signalements aux officines agrées du ministères de l’intérieur. Seule la presse en parle et cela, seulement si un joueur professionnel porte plainte. Qu’en serait-il si on y entendait « sale juif » dans les stades tous les dimanches?

 

Tout d’abord, il y a  les procédures judiciaires systématiques et abondamment médiatisées dés qu’une critique contre Israël et les groupes de pression pro-israéliens, sort de son cadre tacite qui veut que si le gouvernement d’Israël est critiquable, l’idéologie, le projet qui rassemble la nation israélienne et une partie de la diaspora juive dans le monde ne peut l’être. Edgar Morin, Daniel Mermet, Charles Enderlin, Pascal Boniface, Siné

 

 

Ensuite, la mise au ban par son administration ou son ministère de tout fonctionnaire qui dans le cadre de ses fonctions ou en dehors, se livrerait à donner un avis sur la question. Comme ce fut le cas pour le sous-préfet Guigne ou le professeur Chauprade.

 

 

 

Et si un débat a lieu quand même, alors on en arrive à la mise au pilori en assimilant la critique d’Israël à pire que l’anti-sémitisme : le nazisme. Et dans ce cas, plus aucun débat n’est possible, toute opinion est refoulée du champ public, grâce ce qu’on peut qualifier de censure.

 

Même une partie de l’extrême gauche française s’est fait avoir au point d’envoyer des nervis armés « antifascistes » manipulés par l’extrême droite juive s’en prendre à des hommes et des femmes désarmés en train de faire leur campagne électorale comme tout démocrate. Imbibés de fausses informations depuis des années sur Dieudonné et ses colistiers, ils s’étaient dits sûrement qu’ils auraient à faire à une milice comme celle du FN. Mais non ! Rien ! La honte pour ces anars d’opérette, ces pieds nickelés du « No Pasaran ! » dont 4 ont été déférés devant la justice pour violences volontaires.

 

Ce qui est arrivé au livre « Sarkozy, Israël et les juifs » de Paul-Eric Blanrue est révélateur. Voilà un livre passionnant très bien écrit et très documenté qui dresse un constat sur la communauté juive de France et ses institutions, et surtout sur Sarkozy qui en a utilisé les réseaux pour arriver à la mairie de Neuilly puis à la présidence. Oui, Sarkozy s’est servi de réseaux. Un article du Point évoque aussi d’ailleurs en ce moment les francs-maçons, d’autres parlent de ses relations chez les grands hommes d’affaire, d’autres encore les corses. Classique finalement, chaque homme politique fait de même. Le livre relate des faits qui montrent la relation singulière qui unit le président à la communauté juive de France, aux grandes organisations juives américaines et à Israël.

 

Malgré sa neutralité, le livre n’est pas diffusé en France…

 

Autocensure, peur de déplaire à la cour, peur de l’accusation d’antisémitisme.

 

Alors donc, c’est cela la France ? Un pays qui a peur des vérités qui dérangent, une nation qui n’a pas confiance dans ses capacités à digérer les pages les plus sombres de son histoire ?

 

Tout cela coupe encore un peu plus encore l’élite politique, médiatique et économique du peuple de France. Et d’après le livre de Blanrue, le vrai danger est là. Certains seront tentés de voir dans cette relation privilégiée brandie comme un étendard, un communautarisme élitiste. Ils feront peut-être l’erreur d’assimiler le judaïsme au sionisme, la filiation juive au sionisme. La faute n’en incombera pas à Dieudonné mais à ceux qui auront favorisé ce communautarisme privilégié, certains par sincérité ; d’autres, plus nombreux, par calcul politique,

 

On aurait pu s’attendre à ce que le secret de l’isoloir amène des antisémites authentiques à vouloir se compter en votant pour Dieudonné.

 

Qu’est-ce qu’on a eu au bout du compte ? Des votes de gens qui ne savent pas vraiment s’ils doivent détester les institutions juives qui ont pignon sur cour ou témoigner leur soutien à Dieudonné pour sa rébellion contre un totem dans lequel ils ne se reconnaissent pas.

 

Malgré tous ces efforts pour étouffer l’expression publique autour de la question du sionisme et d’Israël, il n’y a qu’à lire les commentaires des internautes sur les sites des grands médias sur le net pour se faire une idée du sentiment de beaucoup de français qui ne sont pas dupes de la réalité des intentions d’Israël.

 

En cela, les inconditionnels d’Israël et de sa politique de colonisation ont échoué…

 

http://miltondassier.over-blog.com/article-32608166.html

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 08:24
Vicent Goulet, Médias et classes populaires. Les usages ordinaires des informations.

C’est grâce à un compte-rendu élogieux de ce livre dans le Monde des livres par Gilles Bastin, un collègue de l’IEP de Grenoble, sociologue de son état, que j’ai eu vent de l’ouvrage de Vincent Goulet, Médias et classes populaires. Les usages ordinaires des informations (Paris: INA Editions, 2010).  Les louanges étaient amplement méritées. Ce livre, issu d’une thèse de sociologie sous la direction de Patrick Champagne, constitue un délice pour le lecteur intéressé par l’état présent de la société française. Il constitue de plus par sa clarté d’exposition une source de matériaux tout à fait exploitables pour un cours de licence ou de master.  L’orientation théorique se  situe clairement dans la filiation des travaux de Pierre Bourdieu, comme l’indique le directeur de thèse que l’auteur avait choisi, mais V. Goulet se refuse à toute révérence déplacée  vis-à-vis du grand-homme-trop-tôt-disparu et n’hésite aucunement à compléter, contredire, ou renvoyer à leur statut d’œuvre datée et située,  les propos de ce dernier, tout en tirant le meilleur. (Je conseille du coup la lecture de l’ouvrage à ceux qui croiraient  d’aventure que la filiation de l’école de P. Bourdieu n’aurait plus rien à dire sur le réel, et n’évoluerait plus du tout).

 

L’idée de départ de l’enquête est d’étudier les médias tels qu’ils sont reçus par les classes populaires, avec un protocole de recherche simple et direct : aller interroger sur leur réception des médias des individus représentatifs des classes populaires urbaines de la France contemporaine dans un contexte donné et aller observer de même in situ leurs utilisations discursives de ces mêmes médias.  Vincent Goulet s’est donc installé avec sa famille apparemment (ou, tout au moins, avec ses enfants cités dans le livre) trois ans dans un quartier d’HLM de la périphérie de Bordeaux, et il est allé à la rencontre des habitants de ce quartier tel un ethnologue pour un tribu inconnue. Cela pourrait être misérabiliste et/ou condescendant, c’est plutôt une restitution vivante des rapports, fort diversifiés, aux médias de ceux qui occupent indéniablement le bas de la hiérarchie sociale et socioprofessionnelle contemporaine dans la région bordelaise. A travers ses observations participantes, et ses entretiens, qui ne sont pas loin d’être des récits de vie (et, souvent, des récits de  vie de couple…), il débouche, non pas tant sur le rapport aux médias et à l’information, que sur une reconstitution de la vision du monde des classes populaires urbaines contemporaines. L’auteur opère ici une inversion de perspective par rapport à la notion même de réception; en effet, c’est moins une réception de messages émis  par des professionnels de l’information ou du divertissement par des profanes  qu’il décrit, qu’une utilisation (ou non) de cette information ou de ce divertissement, rendu disponible par les médias, pour produire (ou pas) du sens pour soi-même et du discours en situation pour les autres. V. Goulet cite à plusieurs reprises la célèbre phrase du philosophe Hegel sur la lecture du journal le matin, et considère que la substance de l’appréhension du monde par les classes populaires qu’il interroge et observe n’est pas fondamentalement différente de ce que ce dernier décrivait pour lui-même. On ne s’informe pas en premier lieu pour agir, pour conduire ensuite une action rationnelle (de nature politique ou autre), mais pour se situer dans le monde et pour discuter avec autrui. Le caractère phénoménologique de la méthode suivie m’a de fait paru tout à fait intéressante, éclairante, y compris sur ma propre pratique (remarque identique dans la préface de P. Champagne).

Au delà de cette situation dans le monde, de cet être au monde, et de cette relation à un (ou plusieurs) autrui, que permettent les médias pour les individus qui les fréquentent, il montre (surtout dans la deuxième partie de l’ouvrage, Les fonctions sociales et identitaires des informations, p. 139-237) que les choix en terme de médias et  en matière d’informations  qui attirent  l’intérêt de cette population correspondent au delà des différences individuelles à quelques constantes : recherche des moyens symboliques de vivre un parcours de vie plutôt négatif au stade présent, puisque, dans ce quartier, ne sont restés que ceux qui ne peuvent aller habiter ailleurs, parcours éventuellement marqué par le déracinement, le déclassement ou l’immigration – l’auteur montre ainsi que suivre les informations de son pays d’origine permet de faire son deuil de ce dernier, et de mieux accepter sa vie en France (p. 151-165) ; moyens de se jouer de la domination sociale qu’on subit au quotidien, d’apprivoiser la mort et le hasard qui menacent, à travers les faits divers par exemple ; inquiétude pour les enfants et leurs destins que traduit l’intérêt, très  inégal selon les sexes par ailleurs, pour les malheurs et les  crimes qui les touchent (accidents, infanticides, enlèvements, pédophilie).

Au total, l’image de cette population d’un quartier H.L.M. de la banlieue de Bordeaux, que restitue l’auteur,  est largement celle d’un néo-prolétariat, en un double sens : d’une part, il peut être qualifié de « néo- », car l’usine, la lutte des classes, le collectif de travail, la solidarité  ont complétement disparu de l’horizon des discours et des pratiques, soit par absence de travail, soit par insertion dans des travaux d’exécution du secteur tertiaire ou secondaire dans de petites structures productives d’où toute perspective d’action collective est absente, de même qu’a disparu toute sociabilité de quartier autour d’associations,  de paroisses, ou de sections de partis : l’isolement des  membres des classes populaires ici enquêtés, le repli sur la sphère familiale, éventuellement adjointe d’amis vécus (s’ils existent) sur le même registre exclusif de la petite famille, confirment les données dont on dispose par ailleurs sur la faiblesse des liens amicaux et sociaux des personnes les moins éduqués, riches, etc., mais les capacités ethnographiques de V. Goulet  redonnent à  cette nouvelle « foule solitaire »  toute son épaisseur vécue – renforcée sans doute comme il le dit par l’absence sur la longue période d’un milieu ouvrier  industriel à Bordeaux, contrairement à d’autres villes de France  ; d’autre part, il y a comme un retour au vieux sens du mot « prolétaire », ceux qui n’ont que leurs enfants pour vivre, ici on se trouve  plutôt dans la situation où la plus grande part des individus interrogés n’ont plus que leurs enfants (s’ils en ont) pour espérer quelque chose dans le monde (p. 223-237). Tous les espoirs semblent en effet  se reporter sur les enfants dans un quotidien qui ne leur offre plus aucune perspective de rédemption collective. Je dois dire qu’à ce prisme, on comprend bien mieux la sensibilité contemporaine dans les médias de masse pour tous les crimes et délits qui touchent les enfants : ceux-ci ne font que répondre, pour des raisons d’audience, à  une forte demande populaire de ce genre de récits, qui inquiètent et rassurent à la fois les parents.

Ce repli sur la famille, ou plutôt sur les enfants (puisque cela ne veut pas dire que les structures familiales restent ici traditionnelles, vu le nombre de divorces et séparations qui sont évoqués dans l’ouvrage), s’accompagne d’une vision de l’ordre et de la justice, qu’on pourrait dire « justicialiste » et que l’auteur qualifie au choix de recours systématique au  « bon sens », ou d’usage des  « catégories morales naturelles ». L’approche de terrain retrouve ce qu’ont montré les enquêtes par sondages, au moins depuis Adorno (« personnalité autoritaire ») : les classes populaires n’hésitent guère à recourir à une version dure de la justice, qui n’est pas sans rappeler la loi du Talion ou la vision catholique traditionnelle du Jugement dernier: le coupable doit payer, pour ne pas dire expier ; en même temps, elles expriment une méfiance vis-à-vis des professionnels chargés de cette même Justice qu’elles aimeraient juste, forte et cohérente, mais, en même temps, à l’occasion, ces classes populaires possèdent une capacité à justifier leurs propres manquements aux règles instituées. Plus généralement, elles articulent finement dureté et mollesse des règles à suivre en société – ce que l’auteur nomme leur « ambivalence ».

La fin de l’ouvrage est consacré à une réflexion sur les émetteurs de messages en direction des classes populaires, à partir de l’exemple du dispositif radiophonique des « Grandes gueules » sur RMC (p. 263-282). L’auteur, qui dispose lui-même d’une expérience professionnelle dans les médias avant d’être devenu sociologue,   montre que, de la part de cette radio privée, il existe, non pas une volonté délibérée de manipuler l’opinion publique dans le sens de la promotion d’une vision libérale et capitaliste de la société, mais de s’ajuster (à bas coût) aux attentes de l’auditoire populaire qu’on cherche à capter. Cette thèse dans la thèse revient d’ailleurs à plusieurs reprises dans l’ouvrage (par exemple lorsqu’il analyse par exemple la réaction de la presse écrite belge face à l’affaire Dutroux, p. 253-261). Elle en forme d’ailleurs la conclusion « politique » . L’auteur y appelle à l’avènement de médias (de gauche) vraiment conçus en fonction des attentes populaires (p. 330-331). Qui correspondent, m’a-t-il semblé, vu les prérequis du succès éventuel énoncées par  V. Goulet au vu de son enquête (« rompre avec tout préjugé intellectualiste », « prendre plus au sérieux les faits divers, le sport, les potins pour ce qu’ils recèlent d’une forme de conscience politique pour les articuler de façon plus souple avec les discours programmatique et le jeu politique » , « inscrire au cœur du dispositif d’énonciation l’ambivalence du populaire dans son rapport à la société ») à un Bild ou à un Sun de gauche… Formule journalistique dont il faut bien dire que la presse quotidienne  française a un peu perdu le secret.

Enfin, l’ouvrage tire aussi les conséquences de ce qu’il observe sur la structure du jeu politique  (p. 313-326). Il montre qu’en raison de l’atomisation de la classe populaire – tout au moins dans un tel lieu – , la plupart des individus doivent passer par les médias de masse pour se situer dans l’espace politique, plus aucune organisation de masse ne peut les guider. Selon lui, cela donne lieu à un jeu subtil de la part des hommes politiques qui n’est plus une imposition claire d’un discours aux citoyens – qui, sans doute, passait aussi par la force de l’encadrement organisationnel des masses : « Alors qu’à l’époque où Bourdieu écrivait ces lignes [qui décrivaient la remise de soi en matière politique via l'acceptation des discours venus d'en haut, 1979], la domination empruntait les habits de la légitimité culturelle et de l’imposition du ‘sens’ par le haut, elle utilise désormais les apparences du discours commun, se conforme aux attentes les plus spontanées de ‘ceux d’en bas’ pour s’imposer ‘naturellement’ comme discours légitime, celui qui était au fond attendu par le plus grand nombre. ‘L’indétermination essentielle entre expérience et expression’ [que soulignait P. Bourdieu] n’est plus résolue par la violence symbolique du langage savant et assuré du dominant, mais, beaucoup plus subtilement par l’ajustement du langage du pouvoir aux attentes implicites du dominé que le dominant contribue à mettre en forme à travers tout un travail d’influence du champ médiatique ». (p. 316-317). On sera pas étonné que, pour exemplifier cette nouvelle situation, Vincent Goulet décrive un moment de la geste sarkozyste (« affaire du Petit Enis », p. 317-320). Cette thèse dans sa généralité me parait trop extrême, mais elle correspond bien aux secteurs de l’action publique où les attentes « justicialistes » de ce qu’il faudrait bien se résoudre à appeler des « masses » (au sens que donne à ce terme Hannah Arendt)  sont simples à reformuler dans des actes politiques. (Pour prendre un exemple récent, la création en urgence d’internats de relégation pour les collégiens perturbateurs… qui rappellent étrangement les maisons de correction d’antan… et qui apparemment ne fonctionnent pas très bien…)

Au total, le livre est vraiment passionnant, et possède le mérite de renvoyer un lecteur intellectuel à ses propres limites empathiques. Le seul regret qu’on pourrait formuler est que V. Goulet n’ait pas réussi à parler avec les plus démunis des habitants du quartier : en effet, comme il le reconnait lui-même, l’enquête n’a été possible qu’avec ceux qui ont accepté de lui parler, les moins démunis en fait. Se dessine ainsi en creux un territoire social inconnu qui ne laisse pas d’interroger. Comment vivent-ils leur monde ceux qui ne veulent même pas répondre à un enquêteur aussi empathique?

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 08:23

gaza

http://www.photosdalgerie.com/details.php?image_id=671&sessionid=6c1507adb9c00106d39d4335deead323

Souffrances des Gazaouis

 

.

La faim programmée

Un fait divers publié le 9 novembre sur Ma’an News fait penser à la réflexion de Nasri Sayegh dans « Bowling à Bagdad »: « Il est impensable que celui qui cultive le blé meure de faim, que celui qui cueille des légumes soit sous-alimenté, que celui qui surveille le mûrissement des fruits soit privé de médicaments. » (p. 107)

 

 

" l’Autorité palestinienne souhaite un rythme plus soutenu
pour les livraisons au passage de Gaza "

 


Les israéliens ont réduit de moitié les quantités de blé et de bétail autorisées à l’importation à Gaza : une crise plane. La demande de l’Autorité palestinienne pour que la circulation habituelle du blé et du bétail soit rétablie a rencontré une réponse négative de la part des autorités israéliennes. En ce moment le passage de Karni, réservé à ces importations, est ouvert deux fois par semaine et un de ces deux jours est réservé aux besoins des organisations internationales présentes sur le terrain à Gaza.

 

Du blé et du fourrage pour animaux ne sont autorisés à l’importation qu’un jour par semaine. Selon le responsable Raed Fattouh, il faudrait deux jours supplémentaires pour parvenir aux besoins de la population. »

 

 

Tribune de Genève,

http://carol.blog.tdg.ch/archive/2010/11/12/la-faim-programmee.html

 

Notes récentes

 

Tsahal donne l'ordre de tuer des CIVILS Palestiniens non armés. Impunité

(vidéo)

 

 

A lire, d'eva R-sistons :

 

N'oublions pas les Gazaouis (eva R-sistons). Uranium sur Gaza (vidéo)

 

 

 

Sur son blog sos-crise,

 

 

 

Vidéo uranium sur Gaza :

 

ISRAEL UTILISE DES ARMES MUNI D''URANIUM SUR GAZA!!!!!!

 


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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 08:12

 

Pédophilie, satanisme, les réseaux élitistes

On ne peut pas comprendre l’idéologie qui sous tend dans le plus profond secret le Nouvel Ordre Mondial, sans cette plongée sordide dans l’univers de leur mentalité cruelle, meurtrière, cynique et profondément imprégée de satanisme.


L’idéologie luciférienne de ces individus puissants, voulant s’affranchir de toutes règles, en particulier religieuse. Au summum du pouvoir, le grand frisson réside dans l’exploitation cruelle des êtres humains, leur humiliation, leur consommation sexuelle, leur sacrifice rituel parfois ! Ce désir de transgression vu par le prisme Luciférien est une manière de « faire sauter les barrières naturelles, les limitations que nous imposent les religions, les lois ». Ils se considérent évidemment comme la Super-Elite au dessus des lois, qui a le droit de disposer du bétail humain comme ils l’entendent.


Nous proposons dans cette page de retracer toutes ces affaires de pédophilie, de crimes rituels qui présentent de nombreuses similitudes, comme les affaires Roche en marge de l’affaire Allègre, les disparues de l’Yonne (Emile Louis), l’affaire Dutroux…

Ces groupes décris dans les vidéos qui suivent et qui sont magnifiquement détaillés par les enfants Roche dans cette vidéo indispensable sont à l’oeuvre dans toute l’Europe et dans le monde.

Tout cela résonne encore plus clairement après avoir pris connaissances de ceux que l’on appellent « Illuminatis », ou peu importe le nom que l’on donne à cette super élite pour qui nous ne sommes que des cerfs (Rockefeller à Aaron Russo). Ces groupes secrets de prédateurs satanistes sont à l’oeuvre dans plusieurs pays d’Europe, se servant de leur infiltration dans le Système pour se couvrir mutuellement. Les similitudes sont criantes entre plusieurs affaires du même type qu’il s’agisse des disparues de l’Yonne (Emile Louis), l’affaire Dutroux en Belgique et bien d’autres comme le montrent tous ces témoignages d’enfants maltraités dans des rites sataniques mêlant sexe, violence et cruauté.

 

 

suite ici :  http://infoguerilla.fr/?page_id=1055

 

Témoignages

Nombreuses vidéos : 

Karl Zéro,

réseaux de l'Horreur,

scandales étouffés...

 

en voici une  (Jean-Pierre Mocky)

 

 

 

 

 

 

Quelques liens:

 

 

Liens :

Pédophilie, satanisme en Belgique / Italie

Sacrifice d’enfants: Mary Anne se rappelle des horreurs commises par les Illuminatis!

D’autres vidéos :

http://www.dailymotion.com/playlist/xmwl8_micaours_pedophileorganisation

Les réseaux pédophiles avec des personnages haut placés existent dans différents pays et pratiquent des actes horribles similaires.
Des liens entre l’affaire Dutroux et l’affaire Zandvoort:

http://www.juliemelissa.be/spip/article.php3?id_article=57

Affaire Dutroux:

http://www.radicalparty.org/belgium/x1_morg6.htm
http://www.dailymotion.com/FuraX31-/video/x4ht03_1affaire-marc-dutroux-lavocat-du-di_news
http://www.dailymotion.com/related/7549203/video/x4vzwj_pedophilie-dutroux-le-roi-et-temoin

Que deviennent la majorité des enfants disparus:

http://www.editionsliberte.com
http://www.alterinfo.net/Pedocriminalite-l-enquete-qui-accuse-Serge-Garde,-coauteur-du-Livre-de-la-honte-temoigne_a16737.html
http://www.francecourtoise.info/04/327/page.php?id=03edi
http://www.karmapolis.be/pipeline/monarch_mystere.htm

Témoignages d’enfants victimes:

http://www.dailymotion.com/911prod/video/x10z4e_la-fin-du-silence

Affaire Allègre:

http://www.dailymotion.com/atmoh/video/xbz4_affaire-allegrele-scandale-roche

http://forumsoral.com/forums/viewtopic.php?f=4&t=899&st=0&sk=t&sd=a

Affaire Vincent:

http://www.dailymotion.com/alchimie33/video/x55ms4_laffaire-vincent-le-temoignage-part_news

Panique chez les ignobles:

http://www.dailymotion.com/video/x5ssrc_operation-panique-chez-les-ignobles_news
http://www.lepeededamocles.info/

Soutien à Stan:

http://www.dailymotion.com/adeni

Une mère victime des réseaux, son fils enlevé et son ex mari un franc maçon protégé:

http://pedopitchoun2.blogspace.fr/home/

L’hodm documentaire de helmutcall(12éme partie sur les réseaux):

http://www.dailymotion.com/video/x63w56_lhodm-episode-12_webcam

Sacrifice et sorcellerie chez l’élite américaine:

http://www.dailymotion.com/FuraX31-/video/x53ttu_secrets-in-bohemian-sorcellerie-et_news

Autres:
http://novusordoseclorum.discutforum.com/nouvel-ordre-mondial-f1/temoignages-interessants-sur-les-orgies-pedophiles-et-sataniques-t242.htm
http://novusordoseclorum.discutforum.com/nouvel-ordre-mondial-f1/la-sorcellerie-est-cachee-par-une-elite-en-occident-t148.htm

 

http://infoguerilla.fr/?page_id=1055

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 08:04
Le Père Noël Sarkozy est passé...
Sarko65.jpg

 

 

Sur mon blog senior info

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 07:53
Carte de la Côte d’Ivoire - Wikipedia

 

De tous les anciens pays négriers, la France est le seul qui, six siècles plus tard, après la prétendue Abolition de la Traite négrière, s’accroche toujours et continue, par diverses violences, à vampiriser avec arrogance l’Afrique Noire qu’elle tient pour sa propriété, hommes et biens compris. Aussi, chaque fois que celle-ci tente de sortir la tête de l’eau, la nation de Gobineau et Colbert est-elle toujours présente, pour l’y replonger.ar diverses violences, à vampiriser avec arrogance l’Afrique Noire qu’elle tient pour sa propriété, hommes et biens compris

 

 

Membre du Cercle SAMORY
BWEMBA-BONG
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« Pour les intérêts de notre pays, il ne faut pas avoir peur de mettre la main dans celle du diable » Jacques Foccart.


Dans son préambule, la Constitution française de 1958 fait mention des Droits de l’Homme définis par la Déclaration de 1789, complétée par le Préambule de la Constitution de 1946, et du principe de la Libre Détermination des Peuples.

C’est sur l’application de cette profession de foi que se fonde l’Article 1er du texte, qui dispose : « La République et les peuples des territoires d’outre-mer qui, par un acte de libre détermination, adoptent la présente Constitution instituent une communauté. La communauté est basée sur l’égalité et la solidarité des peuples qui la composent ».

Ainsi donc, la Communauté franco-africaine, nouvelle structure mise sur pied par la France pour ne pas lâcher son empire et ses colonies d’Afrique Noire, donnait à penser qu’elle reposait sur deux principes fondamentaux : la participation et l’autonomie.

L’Article 76 de cette Constitution dispose : « Les territoires d’outre-mer peuvent garder leur statut au sein de la République s’ils en manifestent la volonté par délibération de leur Assemblée territoriale prise dans le délai prévu au premier alinéa de l’article 91 (dans un délai de quatre mois à compter de la promulgation de la Constitution), ils deviennent soit départements d’outre-mer de la République, soit groupés ou non entre eux, Etats membres de la communauté ».

Quatre solutions se présentaient donc :
1°)- Rejeter la Constitution (ce que fit la Guinée, sous l’impulsion de Sékou Touré). Ce vote négatif impliquant que, par ce rejet, la colonie sortait de l’Union Française, qu’elle n’entrait pas dans la Communauté, qu’elle devenait indépendante ;

2°)- Opter pour le régime de département d’Outre-mer ;

3°)- Les territoires d’Outre-mer pouvaient garder leur statut au sein de la République ;

4°)- Les territoires d’Outre-mer pouvaient devenir des Etats membres de la Communauté.
Quant à l’autonomie, c’est le Titre XII de la Constitution, intitulé De la Communauté, qui en précisait la situation juridique, par des textes qui la définissaient à travers ce qu’ils dénommaient « l’Autonomie des Etats de la Communauté ».

S’inspirant de la doctrine de la IVe République, la Ve République reprenait ce système d’autonomie qui n’avait qu’un semblant de souveraineté interne.

A cet égard, l’Article 77 stipulait à propos de ces Etats fictifs : « ...s’administrent eux-mêmes et gèrent démocratiquement et librement leurs propres affaires ».

Mais l’Article 78 définissait la compétence de la Communauté : la politique étrangère, la défense, la monnaie, ainsi que la politique économique et financière revenaient à la France seule. En définitive, la Communauté se substituait tout simplement à l’Union Française.
Structurellement, la Communauté se composait de quatre organes :

— le Président de la République (Français) ,
— le Conseil Exécutif,
— le Sénat de la Communauté,
— la Cour arbitrale.

Au plan de la participation, il était institué des organes propres de la Communauté, désignés indirectement par les populations des Etats membres et exerçant des compétences communes ; il s’agissait, en l’occurrence, du Président de la République française, du Conseil exécutif qui était composé notamment des chefs de gouvernement des membres de la Communauté et des ministres chargés par la Communauté des affaires communes, du Sénat de la Communauté, composé des parlementaires français et d’élus africains membres des Assemblées Territoriales ; enfin, d’une Cour Arbitrale.

Ces organes étaient investis des compétences attribuées à la Communauté : la politique étrangère, la défense, la politique des matières premières stratégiques, la politique économique et monétaire, l’enseignement supérieur, le contrôle de la justice, etc.

La Communauté autorisait formellement chaque Etat, y compris ceux d’Afrique Noire, à disposer d’organes propres : un gouvernement dirigé par un Premier ministre, une Assemblée territoriale et des tribunaux. Toujours aussi formellement, ces organes étaient investis des compétences de maintien de l’ordre, de vote du budget, de levée des impôts, de règlement des litiges, etc.

Dans la réalité, le droit de séparation proclamé par la France, était, comme la plupart de ses principes, une déclaration qui n’avait pas à avoir d’effet dans la pratique. La Guinée, qui sous la direction de Sékou Touré opta pour la séparation, en fit la triste expérience. C’est ce que révèle un responsable des services secrets français, alors chargés de mener la guerre totale et sans répit à la Guinée nouvellement indépendante : « Dans les semaines suivant le « non », Sékou Touré pouvait encore être récupéré. Albert nous bombarde de rapports pour nous signaler que le leader guinéen guette le moindre signe de dégel. Mais De Gaulle a décidé de se montrer intraitable et confie à ses intimes :
Sékou Touré, je le veux à plat ventre....
A ce jeu-là, Sékou Touré s’endette chaque jour un peu plus, car cette aide étrangère est payante, les missions économiques de l’Est ne lui font pas de cadeau. Où trouver l’argent ? Il n’a même plus de quoi payer ses fonctionnaires. De Gaulle lui a coupé les vivres [...]
Cet argent, disent les responsables français, restera bloqué à la Caisse des Dépôts et Consignations jusqu’au moment où nous serons autorisés à verser les pensions directement aux ayants droit [...]
Mais voici un miracle : Sékou Touré se souvient brusquement qu’il possède, dans les caisses de la Banque Centrale de Guinée, la très coquette somme de quatre milliards de francs C.F.A., abandonnés par les Français. Pourquoi n’y a-t-il pas pensé plus tôt pour éponger ses dettes ? Il commence donc à prélever sur le magot [...]
Alarmé, notre agent à Conakry nous prévient que Sékou Touré est en train de puiser dans des ressources insoupçonnées, au détriment de notre propre balance C.F.A., car il s’agit de monnaie émise par la Banque de France. Il nous propose d’y mettre le holà. Comment ? [...]
Vous m’envoyez deux ou trois grenades au phosphore. Moi, j’ai déjà repéré les cheminées d’aération de la Banque Centrale qui descendent jusque dans la salle des coffres. J’irai dire bonjour à mon copain le ministre et, ni vu ni connu, je balance les grenades. C’est un coup à gagner quatre milliards [...]
Quant au reste, soit près de trois milliards de francs C.F.A. en billets neufs, ils ne sont pas encore en circulation. Le directeur de la Banque de France devait, pour les rendre valables, signer le traditionnel décret d’émission. Mais on a attendu le résultat du référendum. A la suite du « non » de la Guinée, De Gaulle a donné des ordres formels pour que le décret ne soit pas pris : cette masse de billets demeure sans valeur [...]
Sékou entre dans une rage folle. Il se sent abominablement piégé. L’indépendance est une belle chose, mais comment se débrouiller quand on n’a plus un sou vaillant, plus un compte bancaire, quand l’argent que l’on croyait détenir est frappé d’un mal mystérieux et se désintègre entre vos doigts ? [...]
Pourtant, c’est le même franc CFA que celui qui circule au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali, etc. A un détail près toutefois, qui change tout. Dans sa grande méfiance, la Banque de France a pris depuis longtemps ses précautions : la monnaie imprimée en métropole et émise pour chaque territoire africain porte une lettre spécifique permettant de l’identifier. Ainsi, tout ce qui vient maintenant de Guinée est automatiquement détecté et rejeté [...]
Nous avons appris que la Guinée voulait de toute façon quitter la zone franc, créer sa propre monnaie [...]
Nous allons nous procurer des billets de la nouvelle monnaie guinéenne. Dans l’imprimerie ultra-secrète de la Piscine, dirigée par un officier Pied-Noir, nous sommes en mesure de reproduire ces bank-notes le plus parfaitement du monde et nous en inonderons le marché guinéen [...]
C’est de bonne guerre. Sékou Touré s’est moqué de nous, et a voulu tricher lui-même avec nos propres francs CFA [...]
Sékou Touré se retrouve avec une monnaie inexploitable, ruiné, aux abois. Il est à plat ventre comme le souhaitait le Général. Mais pas devant la France. Il se tourne définitivement vers les régimes socialistes ... ».


Mais, malgré la volonté de la France de doter la Communauté d’une armature colonialiste plus renforcée, celle-ci n’aura qu’une courte existence de deux ans, Paris ayant changé de stratégie : face à la revendication de l’indépendance posée par le Cameroun, et soucieuse d’éviter l’embourbement de type algérien en Afrique Noire, le France choisit la ruse articulée autour d’une donne nouvelle : octroyer de façon déclarative l’indépendance aux colonies, tout en gardant la haute main sur tout l’empire : le néocolonialisme.

Ainsi donc, la réalité de la politique de la France en Afrique Noire était appliquée en Guinée, par le Général de Gaulle qui, de ce fait, était d’autant plus à l’aise pour répondre à ceux qui lui faisaient grief d’avoir bradé ce qui restait à la France de son empire colonial : « Des territoires qui ne cessaient pas, depuis dix ans, d’aspirer à l’indépendance, la réclament aujourd’hui avec insistance. Faut-il laisser ce mouvement se développer contre nous, ou, au contraire, tenter de le comprendre, de l’assimiler, de le canaliser ? ».
L’expérience de l’Indochine et celle de l’Afrique du nord ont servi à devancer les événements en Afrique Noire. Elles ont permis d’octroyer l’indépendance qui allait être arrachée :
« J’ai desserré les liens avant qu’ils ne se rompent ».

Effectivement, le général de Gaulle avait desserré les liens avant qu’ils ne se rompent. Il avait réussi par la terreur sur la Guinée, et l’assassinat des vrais combattants africains de l’Indépendance, à placer à la tête de la quasi-totalité des « Etats » d’Afrique Noire à l’heure des fausses indépendances, des personnages dont la particularité était d’être marqués du sceau de la souplesse d’échine, et de s’être, de ce fait, farouchement opposés à l’indépendance de l’Afrique Subsaharienne, mais qui, pour les besoins du néocolonialisme, étaient travestis en « grands timoniers », « héros nationaux », « pères de la Nation ».

Dans un article d’une brûlante actualité aujourd’hui encore, sur les relations invariablement colonialistes que la France a toujours entretenues avec l’Afrique Noire, Cheikh Anta Diop notait déjà en 1953, avec une clairvoyance et une lucidité prémonitoires : « De toutes les puissances européennes qui dominent l’Afrique, la France est l’une des plus colonialistes – sinon la plus colonialiste. Les méthodes qu’elle applique (politique d’assimilation, etc.) sont telles que malgré l’exploitation la plus féroce, on n’a pas vu surgir, jusqu’ici, dans ses colonies d’Afrique Noire (les territoires sous mandat mis à part) une franche aspiration à l’indépendance nationale. Le colonialisme français a même réussi un tour de force exceptionnel en créant des consciences politiques, de tout âge, vieilles, d’âge mur, jeunes, attelées à la défense de l’Union française.
Car, l’Union française, quelque soit l’angle sous lequel on l’envisage, apparaît comme défavorable aux intérêts des Africains, en ce sens qu’elle impliquera, toujours, une exploitation unilatérale de l’Afrique par la métropole et un étouffement des aspirations légitimes d’indépendance nationale des peuples colonisés, sans la réalisation desquelles il n’y a pas de démocratie possible ».


En effet, par la ruse, la fraude et une violence endémique, les institutions administratives et politiques, créées par la France dans le cadre de sa mainmise sur l’Afrique Noire, fonctionnèrent et continuent de fonctionner à la pleine satisfaction de leur initiatrice.

D’un atavisme négrier sans égal, la France qui sait avoir définitivement perdu les colonies cochinchinoises et arabes (Tunisie, Maroc et Algérie) de son ancien empire, a choisi le raccourci de miser sur la « servilité » des « Nègres » qui, pense-t-elle, restent encore à portée de son hégémonie. Aussi, fonde-t-elle sa politique extérieure sur une stratégie dont l’objectif central est d’empêcher les anciennes colonies d’Afrique Noire, de vivre de façon libre et indépendante. Pour ce faire, elle repose sa politique africaine sur une logistique dans laquelle elle s’inscrit comme le pays emblématique représentatif du triomphe de l’Occident sur le monde noir. Son système fonctionne ainsi sur la base :

1°)- Du maintien de l’Afrique Subsaharienne (que Jacques Chirac s’est donné pour mission d’élargir de plus en plus aux anciennes colonies africaines dites anglophones, lusophones et hispanophones) dans une colonisation de type nouveau, par laquelle la France les utilise dans la plupart des problèmes internationaux pour ses besoins de puissance politique, économique, militaire et culturelle. En somme, le colonialisme français ancien a muté en néocolonialisme néonégrier triomphant : la coopération franco-africaine dont l’unique dominante et seule bénéficiaire est la France ;

2°)- D’une prétendue « coopération » qui sert de justificatif au pillage économique de l’Afrique Noire, aux interventions militaires françaises, et à l’aliénation culturelle des populations africaines, au nom d’une prétendue communauté de langue : le Français ;
3°)- De l’ancrage de l’Afrique Subsaharienne dans une intégration esclavagiste de plus en plus subtile, mais toujours plus renforcée et rigide ;

4°)- De la poursuite par la France de ses objectifs de domination, tout en les renforçant dans le cadre d’une projection stratégique ;

Cette nouvelle forme de maintien de l’Afrique Noire dite francophone en esclavage par la France se révèle être un système dans lequel le suzerain français et ses esclaves mages forment un Tout. Il se veut immuable, et n’accepte de remise en cause ni de sa structure, ni de son fonctionnement. Aussi, suffit-il seulement qu’un territoire africain se donne lui-même librement ses représentants, pour qu’un tel acte d’indépendance soit ressenti comme une agression et appelle la riposte immédiate : le coup d’Etat téléguidé de Paris et l’élimination du régime « intrus ».

C’est ce qui permet de comprendre les diverses opérations franco-africaines de harcèlements initiées par l’appareil politique français, à travers ses services secrets dont la mission est de renverser tout régime africain jugé indésirable par la France. Comme cela fut entrepris, avec plus ou moins de bonheur via le Sénégal et la Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny, contre le régime de Sékou Touré en Guinée, jugé coupable d’avoir dit non en 1958 à la Communauté franco-africaine.

Le président Sylvanius Olympio ne pouvait pas plaire à la France : il était élu par le peuple togolais et il entendait s’atteler à la reconstruction du Togo, pour en faire un Etat au sens international du concept. Or, cela la France ne pouvait le tolérer. En riposte, elle actionna aussitôt le tirailleur Gnassingbe Eyadéma, fraîchement débarqué de la guerre d’Algérie. Sur ordre de Paris, l’exécutant de la France abattit le président Sylvanius Olympio le 13 janvier 1963, et devint ainsi le précurseur de la tradition politique désormais bien établie de l’accession au pouvoir en Afrique Noire grâce au coup de force militaire pro-occidental, français généralement : « Parce que joue en permanence, chez l’ancien sous-officier de l’armée française, une profonde francophilie, un patriotisme français, pourrait-on dire » exulta Jacques Foccart au sujet de la mise à mort du président Olympio.

Tout fier d’avoir servi son maître, le zombie Eyadéma raconte le film de cet assassinat : « A l’aube nous sommes allés vers le parking de l’ambassadeur américain. L’homme, tout sali, était blotti sous le volant d’une Plymouth de l’ambassade, garée là. On lui a dit : Nous t’avons repéré, sors de là» « Olympio a répliqué : D’accord, j’arrive. Où m’emmenez-vous ? Au camp militaire, avons-nous répondu. Il est descendu de la voiture et a marché vers le portail de l’ambassade. Là, il s’est arrêté (réalisant sans doute que, s’il continuait, il perdrait toute protection diplomatique), et nous a dit qu’il ne voulait pas aller plus loin. Je décidai : c’est un homme important, et il pourrait y avoir des manifestations de foule s’il restait ici. Aussi, je l’ai descendu ».

La même guerre de l’ombre fut menée sans relâche, via le Cameroun, au régime du marxiste-léniniste de Marien N’Gouabi, au Congo. De même qu’il en fut de celui du Bénin de Mathieu Kerekou en 1977, alors également d’obédience marxiste-léniniste, qui essuya de la part du mercenaire français, Bob Denard, via le Gabon, une tentative de renversement. C’est le même traitement qui a été réservé avec succès, en 1997, via la société Elf-Aquitaine, au régime de Pascal Lissouba, démocratiquement élu par le peuple congolais, doublement coupable pour la France d’avoir été élu par son peuple, et d’avoir réclamé un droit de regard sur les ressources pétrolières congolaises, considérées par la France comme une propriété française.

 

Lire la suite: http://www.cameroonvoice.com/docs/OperationFrancafricainedehold-upelectoralenCotedIvoire.pdf

 

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-2728.html

 

 

Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire
Wikipedia
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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 07:49

Mouvement planétaire, cliquer sur link link 

La démosophie contre le sacrifice des peuples par le Nouvel Ordre Mondial

L\

 

Démosophie:

 

Un concept de société qui refuse le Nouvel Ordre Mondial et rejette les politiciens, non seulement pour leur incompétence et leur corruption, mais surout parce qu'ils sont "OBSOLÈTES".


Ce concept a été lancé simultanément dans plusieurs langues afin d'offrir une union possible à tous les libres penseurs de la planète.


Plus de 100 blogs dans plus de 100 pays, ce sont déjà 10.000 "démosophes", auxquels s'ajoutent des lecteurs qui sont plus nombreux chaque jour à ouvrir les yeux sur les réalités de notre monde et la progression du "Nouvel Ordre Mondial".

 

Saviez-vous que le Vatican a envoyé en secret un satellite (la sonde Siloe) pour photografier la planète Nibiru en approche de la Terre, qu'il dirige des installations astronomiques parmi les plus importantes du monde, en Arizona et en Alaska, pour suivre son programme de contacts spatiaux, et qu'il réalise tout cela sous un programme ultra secret nommé "Secretum Omega" ?


D’un côté, les mensonges officiels: les attentats, les guerres d’Irak et d’Afghanistan, le changement climatique, la crise économique, les vaccins, le cancer, etc. D’un autre, ceux qui les dénoncent: les multiples associations de particuliers et de victimes, des journalistes, écrivains, scientifiques, militaires…tous ces libres penseurs qui tentent d’avertir le public.


Tout le monde a maintenant entendu parler du Club Bilderberg, de sa tentative de génocide, et du « Nouvel Ordre Mondial » qu’il souhaite instaurer après la disparition de 90% de l’humanité et l’esclavage des survivants par le microchip implanté.

 

Ce livre dévoile ce qui doit être occulté au public, depuis le traitement du cancer jusqu’aux nouvelles armes secrètes de manipulation des masses, mais surtout il révèle l’existence d’une autre organisation, si secrète que rien n’apparaît nulle part. Une organisation si puissante qu’elle commence à mettre en échec le groupe Bilderberg…


Un livre pour connaître le concept démosophique et pouvoir choisir entre celui-ci et le "Nouvel Ordre Mondial" prévu; pour décider de "qui dirigera le monde à partir de 2012"; et pour offrir l'union de tous les libres penseurs de la planète.

 

En vente sur www.lulu.com en format digital ou sur www.demosophie.com en format papier

 

 

 

A lire absolument ! Eva R-sistons

 
PS lulu.com est un site de publication qui répercute sur Amazone et autres sites de vente de livre. Je vais m'en servir pour la diffusion sur le Canada et les USA.

 

 

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Top Secret pendant 100 Ans

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 07:45

 

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 Une video pour NONO ! Il y est aussi question d'Ahmadinejad et Daniel Lindenberg est d'ascendance judaïque, lui aussi ! Ce qui ne l'empêche pas d'être juste, ce qui est tout à son honneur.

 

http://nom666.over-blog.com/article-video---daniel-lindenberg-la-manipulation-pour-diaboliser-l-islam-63873823.htm

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 07:38

 

 

 

 

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Journal TV - PAS L'Info ! : Émission N° 10 (26/12/10)


Actualité nationale : L'adoubement de la classe politique française par les lobbys sionistes.

Actualité internationale : Rapprochement entre la Turquie et l'Iran.

Actualité internationale : Publicité anti-israélienne à Seattle (USA).

Brèves : Risque de censure d'Al-Manar (chaîne TV libanaise) en Australie; USA: les élus déserteurs…; USA: un condamné à mort exécuté « comme un chien »; Un trafic d'organes au Kosovo.

Le saviez-vous ? : Le meurtre de Saïd Bourarach.


PASse L'Info !

 

 

PAS L'Info ! : Émission N° 10 (26/12/10)

 

http://www.partiantisioniste.com/journal-tv/pas-l-info-10-0560.html

 
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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 22:05

 

A relayer...
http://www.dailymotion.com/video/x8pzsk_camp-fema-extermination-de-masse-ur_news
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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 09:10

 

arte

 

http://laregledujeu.org/2010/10/07/3020/arte-cest-leurope/

 

 

Le 19 h d'Arte, 24 décembre 2010,

par eva R-sistons

 

 

Joli cadeau de Noël d'Arte !

 

Il nous a offert, ce soir-là, un concentré de toutes ses préoccupations habituelles. En bon média au service de l'Occident militaro-financier ! Et tant pis pour la désinformation, propagande oblige...  

 

Or donc, au menu de ce 24 décembre:

 

Côte d'Ivoire, le vilain Gbagbo contre le gentil élu. Elu par qui ? Par les autochtones ? Pas du tout ! Résultats truqués, au Nord, le territoire du chéri de l'Occident;  mais ceux-là, on ne les a pas comptabilisés, bien sûr ! Il faut que l'ancien commis du FMI l'emporte, pour que l'Occident, à travers lui, puisse piller à sa guise la Côte d'Ivoire. Et en avant la campagne des Médias aux ordres de l'Empire anglo-saxon et israélien contre Gbagbo le socialiste ami des Chinois et qui goûte peu la politique si française en Afrique !

 

Ensuite, Corée. Gentille Corée du Sud, contre vilaine Corée du Nord, non alignée sur l'Occident. Refrains habituels...

 

Puis Arte nous sert un reportage sur les chrétiens persécutés par les Irakiens, ces vilains Musulmans. En oubliant de dire que les chrétiens, avant l'occupation américaine qui a divisé le pays et l'a ruiné, étaient bien traités par S. Hussein, comme ils le sont d'ailleurs en Iran ou en Palestine occupée.  D'ailleurs, les Chrétiens d'Orient ont toujours défendu  les Arabes, les Musulmans, les Palestiniens, auprès de qui ils vivaient en bonne intelligence avant que l'Occident ne s'en mêle.

 

Etonnant !  Ce 24 décembre, Arte a omis de critiquer l'Iran et la Chine. Ou le Vénézuela et Cuba. Il faut bien varier les désinformations !

 

Alors, elle est pas belle, la télévision franco-allemande ?

 

eva R-sistons aux médias menteurs

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 08:58
Pascual SERRANO

Etablir ou insinuer un rapport direct entre deux faits peut-être une forme de manipulation informative. On critiqua récemment que les périodiques ABC et El Mundo mettent en relation une mort par pathologie cardiaque à l’aéroport de Madrid avec la grève des contrôleurs. « Mon père est mort tombé dans des toilettes de Barajas à cause de la grève des contrôleurs », titre ABC. De son côté, El Mundo a mis la nouvelle en première page, avec pour titre : « A cause de ces crapules mon père est mort sans sa famille » avec sur trois colonnes les photos de la fille et du père.

Une fois lu l’article nous apprenons que la fille du défunt reconnaît que les contrôleurs « n’assassinèrent pas mon père, mais s’ils n’avaient pas fait ce qu’ils ont fait et si le destin de mon père était celui-là, ce serait survenu à la maison, entouré des siens ». Elle ajoute que « nous ne savons pas si la pagaille qui se produisit dans l’aéroport a pu affecter sa santé ». Néanmoins, les gros titres, moyennant l’association de deux faits, pointent les contrôleurs comme responsables de la mort. Bien sûr, qui sait si quelqu’un n’est pas mort éloigné de sa famille du fait de la suspension des vols de l’entreprise Air Comet, propriété de l’entreprise espagnole Diaz Ferran (Diaz Ferran, président du CEOE, le Medef espagnol, a été mis en faillite personnelle).

Bien que ce cas de manipulation ait été très divulgué, le 16 décembre est advenu un autre similaire qui est passé presque inaperçu. Il s’agissait de la manière dont El Pais présente un des câbles de Wikileaks. Le quotidien espagnol titrait : « Chavez a facilité la fuite de plusieurs ettaras (membres de l’ETA, Ndt) au Venezuela, selon l’ex-directeur du CNI (Services Secrets espagnol, Ndt) ». Le fait concret était simplement que l’ex-directeur du CNI, Jorge Dezcallar, a attendu trois heures dans l’antichambre du président vénézuélien avant d’être reçu. Le quotidien espagnol se sert de ce fait pour commencer son article ainsi :

“Hugo Chavez fit attendre durant des heures dans l’antichambre de son bureau présidentiel de Caracas l’ex-directeur du Centro National de Inteligencia (CNI), Jorge Dezcallar, pour gagner du temps et faciliter la fuite de plusieurs membres de l’ETA réfugiés dans ce pays, auteurs de 36 assassinats et réclamés par la justice espagnole, assure un câble confidentiel du Département d’Etat des USA”.

La relation entre l’attente et la fuite de trois ettaras sur les six que recherchait le CNI est une conclusion absolument arbitraire. Le quotidien le dit (et le titre) parce que, à son tour, le Département d’Etat dit ce que lui a dit le haut responsable du CNI. On ne comprend pas alors pourquoi, en revanche, les trois autres membres de l’ETA étaient eux détenus. Le câble lui-même signale que l’agent du CNI reconnaît que « quand il put finalement faire sa demande, Chavez l’accepta de bon gré ».

Il est complètement absurde de rendre responsable un chef d’Etat de la fuite de gens réclamés par la justice que le mandataire lui-même accepte de livrer, seulement parce qu’on a attendu plusieurs heures pour être reçu. Supposons que si à la sortie de la réunion un autobus ait écrasé Dezcallar le titre aurait été que Chavez le fit attendre pour coïncider dans le temps avec la trajectoire de l’autobus.

Pascual Serrano

Pascual Serrano est journaliste. Il vient de publier le livre “Traficantes de informacion. La historia oculta de los grupos de comunicacion españoles”, Ed. Foca, novembre 2010.

Source : www.rebelion.org/noticia.php?id=118862

Traduction de l’espagnol par GJ


URL de cet article 12275 Legrandsoir.info

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 08:50
..
L’alternance du pouvoir en Afrique : l’ingérence continuelle de l’Occident
Chems Eddine CHITOUR
Pourquoi cet acharnent étrange à vouloir la démocratie à tout prix en Côte d’Ivoire et pas en Somalie ou en Egypte ? (..)
.
C’est à l’évidence, un pays qui ne s’appartient pas ! On comprend qu’il attise les convoitises (..)
.
Voilà donc un pays en coupe réglée qui ne crée pas de la richesse mais qui confie les richesses naturelles du pays aux multinationales occidentales qui, elles, ne transforment pas sur place, d’ailleurs le nombre d’emplois est très faible par rapport aux recettes engrangées (..)

http://www.legrandsoir.info/L-alternance-du-pouvoir-en-Afrique-l-ingerence-continuelle-de-l-Occident.html
.
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Côte d'Ivoire, la vérité: Françafrique, impérialisme, complot..

http://sos-crise.over-blog.com/article-cote-d-ivoire-la-verite-fran-afrique-imperialisme-complot-anti-democratie-63367826.html
.
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Côte d'Ivoire, les pressions de l'occident

http://sos-crise.over-blog.com/article-cote-d-ivoire-pressions-occident-sur-le-president-sortant-atlas-alternatif-63440762.html
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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 08:48

 

 

« Le vrai Sarkozy » en accès libre !

http://www.marianne2.fr/Le-vrai-Sarkozy-en-acces-libre-_a1180.html

 

Cliquez sur ce lien

 

www.2aa.be/2010/143548_dee-jay44.pps

 

et vous saurez tout sur votre Président

 

TOUT ce qu'il gagne

(sans payer d'impôts - et vous ?)

 

tout ce qu'il fait....

 

un diaporama (quelques minutes) à voir par tous !

 

 

votre eva

 

 

NS--172---copie-1.jpg

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 08:38

11-9-copie-1.jpg

 

Voici Dick Cheney poursuivi par le Nigéria : 500 millions ont été offerts et refusés pour éteindre les poursuites .

En outre Cheney et Rumsfeld sont accusés de complicité aux EU pour les attentats du 11 09 01

Le Pentagone a détourné 2 300 milliards
.


Al Quaida n'existe pas . il s'agit d'une guerre sans fin pour des motifs imaginaires . Les deux guerres en Irak et en Afganistan sont illégales.

Il est urgent de juger et de mettre en prison tous les responsables après confiscation complète des fortunes criminelles
.


Cet état américain  a été avec Bush pendant 8 ans un état voyou, hooligan et assassin sur base de mensonges , de fraude monétaire ,  et de tromperies .


Jesse Ventura démontre la dissimulation du 11 septembre… Le gouvernement américain chutera-t-il ?


Veterans Today, Gordon Duff, 18 décembre 2010

Selon des sources confirmées du gouvernement nigérian, afin d’éviter la prison à l’ancien vice-président Cheney pour des crimes impliquant le Nigeria, l’ancien président George HW Bush a négocié la promesse de 500 millions de dollars en pots-de-vin. Aujourd’hui, à peine un jour plus tard, Cheney fait face à de possibles accusations, des accusations si nombreuses qu’elles ne peuvent être juste imaginées, d’élaboration de l’attaque du 11/9 contre le Pentagone.


Dans un documentaire d’une heure (voir ci dessous) à un moment de grande écoute à la télévision zunienne, l’animateur de télévision Jesse Ventura, ancien membre de la marine de guerre, ancien gouverneur du Minnesota, rend claire l’affaire criminelle liant Cheney, Rumsfeld et des responsables au sein de toute l’administration, à la complicité de planification, exécution et dissimulation ultérieure de l’attaque du 11/9 contre le Pentagone.


Selon des experts, ingénieurs, pilotes, officiers du Renseignement et membres de notre armée, Jesse Ventura « a frappé dans le mille. » Grâce à des évidences développées durant 9 ans par des centaines de gens, Ventura expose la totale invraisemblance de la version du gouvernement concernant les événements du 11/9 et la déboulonne avec méthode à l’aide de témoignages et preuves scientifiques.Lors d’un entretien avec un commissaire du 11/9, Ventura cite un motif possible de l’inclusion de l’attaque du Pentagone dans les attentats contre le World Trade Center. Évoqués la veille lors d’une déclaration télévisée par le ministre Rumsfeld,2.300.000.000.000 de dollars, oui 2,3 billions de dollars, « ont disparu » de la comptabilité du Pentagone. La partie du Pentagone touchée par un missile ou détruite à l’explosif ou les deux, contenaient l’ensemble des dossiers relatifs à cet argent perdu.


Pas d’avion, des clous, rien d’approchant


L’ancien vice-président Cheney accusé d’avoir manigancé l’attaque du Pentagone

Donald Rumsfeld cité en tant que possible complice


Ventura démontre au-delà du doute qu’aucun avion n’a jamais percuté le Pentagone. Comme le montre la vidéo, même un pilote de ligne hautement qualifié serait incapable d’exécuter les manœuvres exigées. Il avait été démontré bien avant qu’un Boeing 757 est incapable de faire cela, que ce soit les évolutions, la vitesse, la trajectoire. L’avion se serait disloqué, il n’y a aucun désaccord sur ce point et cela n’a pas toujours été le cas, mais rien n’a été fait. Pourquoi ?


Il est aussi clairement prouvé qu’absolument aucune indice de quelque nature ne montre qu’un avion a percuté le Pentagone : pas d’épave, pas de corps, pas de bagages. Comme le montrent la vidéo et les témoignages, les morceaux, organes, pièces d’avion, prétendus avoir été emmenés à la base de l’Air Force de Dover, n’ont jamais été ramassés au Pentagone.


Il y a aussi la preuve que, leur intimant de soutenir le « scénario de l’avion, » le gouvernement a menacé les témoins.

 

.pensais que c'était une bombe... sortie à travers le trou... débris en feu... pas de pièces d'avion... menacée de garder le silence »


Ni Musulmans, ni pirates, ni cutters, finalement tout s’est révélé mensonge

La théorie du complot concernant les pirates musulmans aux cutters a son origine dans des appels téléphoniques censés passés par Barbara Olson, la femme du Conseiller de Bush auprès du ministère de la Justice [sic, ndt]. Olson a affirmé avoir parlé à sa femme par l’intermédiaire d’un téléphone portable. Il lui aurait parlé longuement tandis qu’elle décrivait le détournement tel qu’il est aujourd’hui mis en scène par Hollywood. Quand il a été prouvé qu’un téléphone cellulaire ne peut pas passer ce genre d’appel, Olson a prétendu que c’était un « téléphone à l’arrière du siège. » Quand il a été prouvé qu’il n’y avait aucun téléphone au dossier des sièges des Boeing 757 de l’American Airlines, rien de plus n’a été demandé.


L’enquête montre ensuite qu’il a reçu un appel d’une durée de « 0 » seconde. Ventura se demande si Olson était dupe ou complice. Devrait-il être arrêté aussi ? Sa femme Barbara, a-t-elle jamais vraiment été dans l’avion ?


Puis, Ventura se penche sur le vol lui-même. Non seulement l’enregistreur de vol est « mort, » mais, en plus, pendant le vol lui-même, le transpondeur a été éteint. Encore plus louche, l’avion a disparu des écrans radar pendant 28 minutes.


Ces 28 minutes n’ont pas été discutées, mais la spéculation, qui n’en est peut-être pas une, a longtemps été que l’avion avait atterri. Quant à ce qui s’est passé ensuite, nous ne pouvons pas le deviner, ou nous le pouvons. L’un de mes amis, ancien fonctionnaire du Pentagone, avait un ami sur cet avion. Il n’y a pas longtemps, il m’a appelé.


«Gordon, que pensez-vous qu’il lui soit arrivé, pensez-vous qu’il a été exécuté ? Une balle dans la tête pendant qu’ils descendaient de l’avion ou même quelque chose de pire ? »
Ventura ne va pas jusque là.


Personne parmi nous ne le voudrait. Ça exigerait d’imaginer une scène sortie d’Auschwitz.

Des Zuniens pourraient-ils être aussi si brutaux, aussi retors, aussi traîtres ? Jesse Ventura n’est pas seul à être prêt à risquer sa vie pour ces révélations. Il y a plusieurs semaines, le journaliste Geraldo Rivera de Fox News a expliqué l’effondrement de l’immeuble 7 du World Trade Center comme une « démolition contrôlée. »


Dupée, la Commission sur le 11/9 admet qu’il n’y a pas eu du tout d’enquête sur les événements


La vidéo expurgée de la Commission pour supprimer le témoignage du ministre des Transports, les transcriptions modifiées, les témoins jugulés, des preuves, des tonnes de preuves de complot gouvernemental non divulguées représentent le dossier contre le gouvernement. Il est prouvé que les menaces, l’intimidation, se poursuivent depuis des années. Y a-t-il quelque chose de pire que la menace d’assassinat, de « crises cardiaques » ou l’intimidation des familles ? Ventura prouve que l’affaire du Pentagone était un complot gouvernemental, il « cite des noms. » Geraldo n’avance pas d’autre explication que la pure démence d’une « démolition contrôlée » pour le bâtiment 7.


Ignorer les évidences, les preuves de dictature ou d’arrestations organisées ?


Ce n’est pas comme si les preuves présentées par le gouverneur Ventura et Geraldo Rivera, les révélations du juge Napolitano sur la connaissance précoce des attentats du 11/9 ou même d’autres affaires, étaient nouvelles. Tout était connu, tout était hautement crédible et tout a été systématiquement ignoré, attaqué par la presse, étouffé par les tribunaux, les responsables à chaque échelon.


Le 11/9 et les dernières révélations ne sont pas la preuve d’un complot ourdi par 2 hommes, ou Israël.C’est la preuve qu’il n’y a jamais eu d’Al-Qaida et que les morts, les deux guerres, les victimes du 11/9 et du carnage mis en œuvre à travers le monde par la Zunie faisait partie d’une conspiration criminelle ne pouvant être perpétrée que par une dictature sous couvert de démocratie représentative.


Tout ce que nous avons vu, et qu’ont observé des millions de gens dans le monde entier, personne ne peut plus l’ignorer. Tout cela indique que ce qui est arrivé est une chose qu’aucun Zunien ne permettrait si c’était toujours l’Amérique. Jesse Ventura a prouvé à tous quelque chose d’étonnant, soupçonné par certains. Il a prouvé que, à un moment du passé, il y a 10 ans, plus, nous ne le savons pas, notre gouvernement a été renversé.

 

Philoppe Gilis

 

 

  • Le scandale Sakineh

 

 

Lire aussi :

 

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L'étouffement de l’affaire du 11/9 abattra-t-il le gouvernement zunien ?

De 1933 à 2010, toujours la peur et le prétexte de la menace terroriste

 

Le courage de Roland Dumas : "Le 11-Septembre, je n’y crois pas"

 

 

Scandale Sakineh (Meyssan) - Alerte, citoyens, on vous ment (eva R-sistons)

 

 

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 08:36

 

Des leaders qui assument le destin de leur nation.

Nous vivons dans un monde impérial où la nation doit disparaître au profit de l’empire occidentaliste. On entend sans cesse rabâcher dans les médias nationaux, des agents français au service de l’étranger venir marteler que la France comme nation c’est du passé, que ça produit de la haine et qu’il vaut donc mieux promouvoir une gouvernance mondiale bien mieux adaptée à l’évolution de l’humanité. C’est ainsi que le cœur du débat politique se fait entre deux conceptions antagonistes: la gouvernance mondiale ou la survie des nations. C’est ici le nœud de la compréhension du monde.

 

La gouvernance mondiale.

 

C’est le projet d’établir un nouvel ordre mondial où pour répondre aux crises systémiques on oppose des réponses collectives prises par un gouvernement mondial. Ce projet s’appuie sur la propagande impérialiste qui est non seulement la volonté de détruire les nations pour assurer la paix et la prospérité dans le monde, mais aussi  l’idée que l’évolution de l’humain est de se mélanger et de voir disparaître les frontières artificiellement érigées au fil du temps. Cette conception qu’on appelle le mondialisme peut être comprise dans le fond mais elle a plus de mal à être acceptée lorsqu’il faut concrètement passer aux actes.

Car le projet de gouvernement mondial veut dire que les nations abandonnent leur souveraineté. C’est le projet de l’union européenne qui se construit sur cette logique. Dernièrement elle propose de décider des budgets pour les nations sans même que les parlements votent! Vous imaginez le problème lorsqu’on a élu un représentant qui n’a plus aucun pouvoir électif. On voit d’ailleurs que notre parlement a de moins en moins de pouvoir et ne devient qu’une chambre d’enregistrement de décisions prises par le gouvernement dont 90% sont imposées par Bruxelles! Le problème de cette gouvernance mondiale c’est qu’elle réduit le champ démocratique pour le remettre entre des mains qui n’ont pas la conscience des peuples, ne connaissent pas la culture ou la nie, et veulent imposer un même modèle de développement pour tous. Un modèle unique, où les repères seraient les mêmes et, surtout, où les marchés seraient libres de dupliquer leur soif de contrôle sans risque d’être rattrapés par une conscience nationale qui s’opposerait à la destruction du modèle sociétal mis en place depuis des siècles.

Cette idéologie mondialiste est véhiculée par la droite et la gauche libérale européiste, et donc atlantiste, qui pensent que notre modèle occidental doit se fondre dans un même moule pour devenir un bloc uniforme solide face aux empires montants que serait le chinois et l’islamique. Cette conscience mondialiste vante donc les valeurs véhiculées par l’empire tout en niant les sentiments d’appartenance à la nation France. Etre français c’est sale! C’est vilain! c’est facho! voilà le leitmotiv de cette élite bien-pensante mondialiste qui a pour seule ambition d’imposer son propre modèle en effaçant l’histoire de la nation France. C’est bien pourquoi cette élite entend réécrire l’histoire à sa façon, entend que celle-ci ne puisse jamais être revisionnée et poursuit sa propagande impunément dans tous les médias qui lui appartiennent.

 

Le nationalisme.

 

Le nationalisme c’est la conscience d’un peuple ayant un vécu, une histoire, une culture en commun. Quoi qu’on en dise elle est bornée par des frontières qui peuvent évoluer géographiquement, mais qui délimitent un vécu commun. J’ai beau faire l’effort je n’arrive pas à me sentir européen avant d’être français. Je ne dois pas être le seul dans ce cas puisque les élections européennes deviennent de plus en plus des coquilles vides de sens. A quoi bon voter puisque de toutes façons le projet de l’Europe et de vampiriser les droits des nations à exister par eux-même. Le projet de l’Europe qui est totalement entre les mains des impérialistes mondiaux, est de substituer aux nations un pouvoir central de plus en plus éloigné des peuples.

Toute la stratégie depuis 30 ans aura donc été de diaboliser le nationalisme français comme étant la dérive fasciste de notre pays. On est submergés chaque année de livres, de films, de séries TV nous rappelant que si la shoah a existé c’est parce qu’il y a eu choc entre des nations. Ce qui est une falsification de l’histoire puisque l’on sait que les guerres mondiales n’ont pas été décidées pour défendre un peuple souverain contre une invasion, mais pour fortifier le pouvoir des finançeurs qui ont pu ainsi se mettre au-dessus des nationalismes pour faire fructifier leur avoir financier et industriel. Les guerres ne profitent jamais aux peuples souverains bien au contraire elle leur nuit, puisque l’évolution suivante est de faire en sorte qu’une nation n’ait plus la liberté d’agir et de penser comme elle le souhaite.

Regardons la position de la France avec les yeux grand ouverts. On l’a mise d’office au milieu de nations pourtant européennes mais qui ne partagent pas les mêmes valeurs qu’elle, ni un même modèle sociétal, ni une même conception de son avenir. Qu’avons-nous en commun avec le développement anglais? Quelle structuration économique partageons-nous avec l’Allemagne ou le Portugal? Quelle histoire commune avons-nous avec les tchéques ou les islandais? La construction de l’Europe se fait donc sur des faux-semblants qui ne poursuivent qu’un seul but notre abandon de souveraineté.

Nous avons déjà abandonnés notre souveraineté monétaire et financière à des banques privées qui ne partagent pas la même exigence collective qu’un état souverain garant de l’intérêt général. C’est un euphémisme que de le dire et pourtant il est absolument tabou d’envisager de reconquérir cette souveraineté indispensable dans un monde capitaliste. Et pire!, ce sont ceux-là même qui nous demandent d’abandonner notre souveraineté pour le bien commun, qui défendent avec le plus d’acharnement leur propre nationalisme impérialiste qu’il soit atlantiste ou sioniste. Serait-ce un deux poids deux mesures?…

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que le projet porté par l’oligarchie mondialiste se fera au détriment des peuples souverains puisque l’enjeu c’est de s’assurer un contrôle total sur eux. Bientôt ce seront une douzaine de personnalités qui se réuniront quelque part dans le monde et qui décideront de la façon dont les gens devront accepter de se nourrir, de se soigner, de vivre tout simplement. Elle est où la liberté individuelle là-dedans? Déjà l’on voit qu’on a plus le droit de cultiver des produits qui ne sont pas conformés aux standards mondialistes! Bientôt on va nous imposer un vin mi-rouge mi-rosé au nom de la standardisation du goût mondial… C’est cela que l’on veut vraiment? Quid de notre culture, de notre histoire, de notre vécu commun?

Évidemment il ne s’agira pas d’opposer à ce projet mondialiste une vision nationaliste pure et dure du monde. Avec des miradors aux frontières, une ethnisation du collectif national etc…Non ça c’est le siècle passé. Je crois que l’humain est mûr pour passer à l’étape suivant mais sans la griller! L’étape suivante c’est la mise en commun des nations, une sorte de fédération, de leur savoir-faire et de leur savoir-être. Sortir donc d’une logique uniquement marchande et libérale qui consiste à nous faire vivre de pis en pis au nom d’une universalité fausse et placée sous le dogme imbécile d’une concurrence libre et non-faussée, à une libre mise en commun. Construire des ponts entre les nations, favoriser les échanges culturels mais sans imposer un transfert de souveraineté nationale. Chaque peuple reste maître de son destin et de ses institutions mais donne mandat à ses gouvernants de construire des partenariats profitables à tous. Voilà ce que doit être ce XXI ème siècle de mon point de vue. Et c’est bien pourquoi je trouve abjecte la propagande mondialiste anti-France qu’on nous impose de force et qui nous vante un modèle de développement que nous ne voulons pas. Il est là l’enjeu fondamental de ce début de siècle.

Pensez à Gbagbo qui se voit confronté à un mondialiste ayant exercé au FMI et qui s’apprête à mettre la main sur un pays en lui enlevant sa souveraineté qu’il a le droit de revendiquer. En quoi est-ce scandaleux d’exiger que son dirigeant ait la nationalité de son peuple? En quoi est-ce scandaleux de penser que quelqu’un issu du terroir sera mieux à même de comprendre comment fonctionne son peuple , quels en sont les ressorts susceptibles de favoriser son développement? Regardons autour de nous comment cet empire mondialiste construit des entités sans aucune histoire commune pour favoriser le rejet et la haine des peuples souverains. Rappelons-nous comment le Kosovo a été créé et par qui. Rappelons-nous comment on a détruit une fédération puissante et commune pour la morceler et ainsi mieux la soumettre à sa domination. Il est plus facile de dominer la Serbie maintenant que lorsqu’elle faisait partie de la puissante Yougoslavie. Le projet du mondialisme est de morceler les nations pour mieux les soumettre. On est moins fort à 10 qu’à 100 pour négocier non?

 

 

Vidéo

 

Et puis leur propagande est uniquement pensée dans un but identitaire commun. C’est quand même marrant de voir les mondialistes bien-pensants diaboliser les identitaires nationaux tout en revendiquant un regroupement à l’empire sous prétexte d’une appartenance judéo-chrétienne commune. Où est la cohérence? Il n’y en a aucune parce que le projet n’est pas le bien-être collectif mais l’arrimage par la force des nations à l’empire pour la confrontation avec d’autres empires: russe, chinois et islamique notamment. L’enjeu c’est donc le contrôle total du monde. Pour cela ils ont besoin que vous abandonniez toute idée nationaliste pour accepter par avance de servir de chair à canons. Lorsque l’individu comprendra que son intérêt c’est d’abord de défendre son environnement proche avant de vouloir s’ouvrir aux autres plus lointains alors l’humanité se remettra à marcher dans le bon sens de l’évolution qui est de grandir étape par étape pour construire durablement et en confiance.

 

http://panier-de-crabes.over-blog.com/ext/http://lesouffledivin.wordpress.com/author/asse42/

 

 
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