.
Sortie web du nouveau documentaire Clap36
Alors que nous pataugeons dans un faux débat sur la liberté d’expression à propos d’un film antimusulman qui n’est pas un film
mais un guet-apens politique, Clap36 a jugé important de revenir sur la mère de toutes les censures actuelles -la loi Gayssot- véritable instrument de régulation du droit d’expression et de la
liberté de penser.
C’est pourquoi nous vous proposons en libre visionnage « Main basse sur la mémoire, les pièges de la loi Gayssot » de Béatrice
Pignède.
Synopsis
Vingt ans après l’adoption de la loi Gayssot, de nombreux historiens, philosophes, hommes politiques de tous bords, dénoncent
les dérives qu’elle a engendrées. La « mère de toutes les lois mémorielles », votée en 1990, pénalise la contestation de l’existence des crimes contre l’humanité, tels que définis par le Tribunal
de Nuremberg. Présentée à l’époque comme un rempart contre l’antisémitisme, son bilan est pourtant aujourd’hui désastreux : atteintes aux libertés, concurrence génocidaire, surenchère victimaire,
renouveaux identitaires et racistes, gigantesques détournements financiers. Au plan international, le verrou idéologique institutionnalisé par la loi Gayssot participe également à justifier les
guerres coloniales de ces dernières années et à couvrir la politique d’Israël d’une caution inoxydable.
Sous titrage anglais disponible (cliquer sur « CC » dans la vidéo).
Regarder le film sur
clap36.net
http://www.oulala.info/2012/10/main-basse-sur-la-memoire-les-pieges-de-la-loi-gayssot/
..
.
12 ans après Roger Garaudy, Vincent Reynouard baillonné...et emprisonné, du fait de la loi Gayssot
Né en 1969, marié et père de 8 enfants, le Français Vincent Reynouard est ingénieur
chimiste de formation, issu de l'ISMRA (Institut des sciences de la matière et du rayonnement atomique) de Caen. Il se présente volontiers comme catholique traditionaliste et ne cache pas ses
opinions politiques ultra-conservatrices. Mais, surtout, il conteste publiquement, sous la forme de DVD et d’écrits, la version classique de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. ll fait
partie de ces chercheurs se proclamant « révisionnistes » et qualifiés de « négationnistes » car ils ne croient pas à l’existence des chambres à gaz homicides dans les camps de concentration
allemands.
En 2005, Reynouard écrit et envoie à des syndicats d'initiative, des musées et des mairies un
fascicule de 16 pages intitulé « Holocauste? Ce que l'on vous cache », dans lequel il prend le contre-pied de l’histoire académique. La justice française s’abat aussitôt sur
lui.
En première instance, il est condamné, en 2007, par le tribunal correctionnel de Saverne
(Bas-Rhin) à 1 an de prison ferme, 10.000 euros d'amende et 3.000 euros de dommages et intérêts pour la LICRA. En appel, en juin 2008, la Cour de Colmar confirme la peine de prison
et le condamne à un total de 60.000 euros (20.000 euros d'amende + publications forcées et frais divers). Du jamais vu.
Comme Reynouard réside en Belgique, la France lance contre lui un mandat d'arrêt européen
pour l'obliger à purger la peine de 1 an de prison ordonnée par la Cour d'appel de Colmar. Le 9 juillet dernier, il est emprisonné par la police belge, en
attendant son extradition en France. Ce qui fait dire à l’intéressé : « Quand on ne songe qu’à la mise en prison pour se débarrasser d’un contradicteur, c’est qu’on n’a pas
d’arguments. »
Conclusion : un homme de 41 ans, père de 8 enfants, est actuellement emprisonné pour ses
recherches historiques, en raison de la loi Gayssot.
Cette loi, promulguée au Journal officiel de la République française le 14
juillet 1990, interdit, dans son article 24bis, le fait de « contester (…) l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal
militaire international [dit de Nuremberg] annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945. »
Dans mon livre Sarkozy, Israël et les juifs (Oser dire, 2009), j’ai rappelé
que cette loi liberticide a été vivement critiquée par des personnalités comme l’académicienne française Simone Veil ; le Secrétaire perpétuel de l’Académie française, Hélène Carrère
d'Encausse ; les ministres Jean Foyer, Jacques Toubon, Alain Peyrefitte ; les historiens Henri Amouroux, Pierre Vidal-Naquet, Annie Kriegel, François Furet, Alain Besançon, Jacques Willequet et
François Bédarida ; la fondatrice de l’Institut de recherche Hannah Arendt, Chantal Delsol ; le prix Nobel d’économie 1988, Maurice Allais ; les écrivains Michel Tournier, Louis Pauwels, Michel
Houellebecq, Philippe Muray, Jean Daniel, Vladimir Volkoff, Michel Rachline et Alain Robbe-Grillet ; les magistrats Philippe Bilger, Alain Marsaud et Raoul Béteille ; les juristes Olivier
Duhamel, Anne-Marie Le Pourhiet, Emmanuelle Duverger, André Decoq et Guy Carcassonne ; les avocats Jacques Vergès et John Bastardi Daumont ; le philosophe Paul Ricoeur ; l’humoriste Bruno Gaccio
; des défenseurs de la liberté d’expression comme le fondateur de Reporters sans frontières Robert Ménard (qui la dénonce comme une « police de la pensée ») et Gabriel Cohn-Bendit ; les
journalistes Dominique Jamet, Delfeil de Ton, Alain Rollat, Albert du Roy, Philippe Tesson, Jacques Julliard et Ivan Rioufol ; ou encore l’ancienne présidente de la Ligue des droits de l’homme,
l’historienne Madeleine Rebérioux. À l’étranger, le linguiste américain Noam Chomsky s’en est déclaré l’adversaire absolu. Pour le physicien et intellectuel belge Jean Bricmont, « la loi Gayssot
est une régression juridique de plusieurs siècles ». Les présidents Hugo Chavez et Mahmoud Ahmadnedjad ont, quant à eux, condamné sévèrement cette répression.
Il nous incombe désormais de défendre la libre expression dans les faits et non plus seulement en
théorie. Pourquoi n’entend-on personne dénoncer publiquement le sort réservé à Vincent Reynouard ? Que font Reporters sans frontières, Amnesty International et
Human Rights Watch ? Aucun média, ni français ni étranger, n’a informé l’opinion de cette affaire. Un tel silence est anormal.
Personnellement, j’ai décidé de réagir en tant qu’historien et citoyen, et de faire savoir, par
ce communiqué, combien je suis révolté par le fait que, chez nous, on jette en prison un homme pour ses opinions, aussi insolites, stupéfiantes et controversées soient-elles. Un tel
traitement est indigne de la France et de sa tradition intellectuelle. La loi n’a pas à intervenir dans la définition de la vérité historique : dans un État libre, cette fonction est celle des
historiens. La loi Gayssot, qui restreint la liberté du chercheur, est contradictoire avec la notion d'État démocratique ; c’est une loi scélérate. Je demande en conséquence son abrogation
immédiate.
J’espère être bientôt rejoint par des dizaines, des centaines, des milliers d’autres personnes ne
pouvant rester indifférentes face à ce scandale qui nuit gravement à l’image de la France et bafoue l’esprit de la République.
Celles et ceux qui veulent cosigner avec moi ce communiqué peuvent m’envoyer leur nom et leurs
coordonnées à cette adresse : eugenie.blanrue@laposte.net. Il ne s’agit pas de soutenir les
idées religieuses, politiques ou historiques de Vincent Reynouard, mais de défendre son droit à les exprimer. Pour les contester, il suffit d’un débat démocratique, ouvert, franc et
loyal.
Nous ferons le point sur ces signatures à la fin du mois de septembre prochain. En attendant,
merci de diffuser ce texte au maximum.
Paul-Éric Blanrue,
Historien,
Fondateur du Cercle zététique,
Auteur de Sarkozy, Israël et les
juifs (Oser dire,
2009).
[Le titre est de Alaindépendant, qui n'approuve en rien les thèses néo-nazies défendues par Reynouard,
par exemple celles sur le massacre d'Oradour-sur-Glane, mais qui pense que les opinions doivent être combattues s'il le faut par l'intelligence et l'argumentation et non par l'autorité de la loi]
http://alainindependant.canalblog.com/archives/2010/08/07/18760774.html
Eva : Cette loi liberticide est une honte ! On doit pouvoir effectuer les recherches historiques de
SON CHOIX ! Quelles qu'elles soient ! Et le deux poids deux mesures (Juifs, Musulmans) est intolérable et lourd de frustrations pouvant alimenter l'antisémitisme abominable !
Derniers Commentaires