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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 05:24

 Jamais l'Europe n'avait traversé dans la période récente une crise d'une telle ampleur. Jamais les certitudes d'hier, les constructions qu'on croyait solides comme la pierre, n'avaient à ce point été remises en cause : la monnaie unique qui vacille, le libéralisme questionné, le libre-échange montré du doigt, etc.

 

Tout s'agite, tout bouge, tout change...Sauf dans les médias français ! On ne peut que regretter en effet la très grande faiblesse du débat dans nos médias.

A quelques rares exceptions près, la plupart des titres de presse, des chaînes de radio et de télévision ne traitent que très superficiellement les événements en cours, au point que l'opinion publique ne peut pas comprendre grand chose si elle ne prend pas la peine, et le temps, de s'informer par elle-même.

On peut faire trois reproches principaux aux médias français :

 

- D'abord, ils ne donnent pas toutes les informations sur la crise actuelle.

Comme souvent malheureusement, il faut se reporter à la presse anglo-saxonne, ou allemande, pour savoir ce qui est en train de se passer. Par exemple, à moins d'être tombé sur le seul article du Monde qui évoquait le sujet, personne ne sait en France que des rumeurs très insistantes évoquent à l'heure actuelle un abandon de l'euro par la Grèce. Le premier ministre grec a même été contraint de publier un communiqué pour démentir l'information. Quant aux investisseurs, ils sont 41% à parier sur ce scénario, d'après un sondage Bloomberg.

Qui le sait ? Qui en France sait autre chose sur la Grèce que le discours 100 fois répété sur les déficits abyssaux de ce pays, et la prétendue irresponsabilité des gouvernements ? Pas grand monde, en tout cas pas la masse de la population. Et pour cause...

 

- Ensuite, ils n'organisent pas les débats qu'on pourrait légitimement attendre. Par exemple sur l'euro.

A quand un grand débat sur les avantages et les inconvénients de la monnaie unique, 10 ans après son lancement, et à l'heure où des économistes de très grand renom remettent en cause son utilité ? Pourquoi les chaînes de service public ne prennent-elles pas l'initiative d'un tel débat ? On pense à l'euro, mais on pourrait aussi évoquer les plans d'ajustement du FMI ou le rôle des banques dans la crise. Les gens sont suffisamment intelligents pour comprendre les enjeux de ces débats et on peut parier qu'ils s'y intéresseraient grandement si on prenait la peine de les organiser.

 

- Enfin, on peut une nouvelle fois faire un très grave reproche à la quasi-totalité des médias français : leur manque total d'objectivité, et leur parti-pris idéologique évident dans la crise.

Et cette dernière remarque explique sûrement la précédente : si les médias n'organisent pas les débats essentiels, c'est parce qu'ils ne veulent surtout pas les ouvrir dans l'opinion !

A-t-on déjà entendu un grand éditorialiste critiquer la monnaie européenne ? Non. A-t-on même déjà entendu une analyse de la crise qui mette en cause le rôle qu'y joue l'euro et la politique de la Banque centrale de Francfort ? Même pas, ou très à la marge. La plupart du temps, on se contente de répéter que la crise trouve sa source dans le comportement irresponsable de gouvernements "drogués à la dette et aux déficits"...Et pourtant, dans la presse étrangère, on lit d'autres analyses, plus profondes, plus fouillées, plus complètes, plus objectives.

 

Bref, une nouvelle fois, les médias français sont assez largement en dessous de tout ! Refusant d'analyser lucidement la crise qui secoue la zone euro, ils sous-informent, et désinforment. Internet n'en devient que plus nécessaire encore !

Jeudi 10 juin 2010

 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -dollars

Puis-je me permettre de rebondir ?

Il me semble qu'en fait, de crise il n'y a pas. Des magouilles, oui. Des spéculations délirantes, oui. Des partis pris de refuser aux citoyens les informations leur permettant de comprendre et de débattre, oui. Si le NON au TCE a été un succès, c'est parce que le texte existait, qui a permis à des bénévoles de le décortiquer, et de porter à la connaissance de tous ses circonvolutions, ses faiblesses et ses tromperies. Tromperies consistant à créer un cadre précis, inventif, envahissant à tout ce qui était économique et surtout financier ; et en contrepartie à garder dans un vague très subtil et lénifiant tout ce qui concernait la politique, le social, les services publics, les droits de l'homme...

Interdisez les marchés financiers, et vous verrez comme les choses pourront changer. Bloquez toute spéculation, par exemple en obligeant à déposer en gage préalable à l'achat de titres leur équivalent en valeur dans un portefeuille d'autres titres, et ne subsisteront que des arbitrages anodins entre valeurs. Les attaques sanglantes de valeurs par des argousins qui ne possèdent que le centième de la contrevaleur de ces valeurs, terminé. Qui aura le courage de l'imposer à des mastodontes comme Goldman Sachs, ou même la société Générale ? Le problème est là, et uniquement là. Chaque jour circule dans les "tuyaux" de la finance internationale plus de cent fois la richesse réelle du monde entier : est-ce acceptable ?

Il n'y pas de crise : il n'y a que des banksters. Et leurs larbins, qui sont sensés diriger les pays du monde.

BO

sabre au clair


Source : Le Vrai Débat

 

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=13474

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