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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 02:56

Les Français semblent bien décidés à ne pas payer la crise en allongeant la durée du travail. Aujourd’hui, mardi 12 octobre 2010, partout en France les manifestations contre le projet de la réforme des retraites du gouvernement ont connu une forte mobilisation.

Retour sur les déclarations du président Sarkozy lors de sa campagne électorale, en 2007.


 

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Voici quelques extraits des propositions du candidat Sarkozy, en 2007, lors de sa campagne électorale (1) : « J’augmenterai de 25 % le minimum vieillesse, je revaloriserai les petites retraites et les pensions de réversion pour que ces retraités vivent mieux. Ces mesures seront financées grâce aux économies que j’obtiendrai en réformant les régimes spéciaux de retraite.

J’allouerai des droits sociaux et des droits à la retraite à ceux qui se consacrent à l’éducation de leurs enfants ou qui s’occupent d’une personne handicapée.

Les droits des femmes sont fragiles et incomplets au moment de la retraite. Je veux parler de la pauvreté des femmes âgées. Parce que derrière la pudeur et la réticence à en parler, se cachent d’immenses injustices.

Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer, de même que les 35 heures continueront d’être la durée hebdomadaire légale du travail.»

Menace des agences de notation

Comme en Espagne, où l’agence de notation Moody’s avait dégradé le note de la dette du pays au lendemain de la grève générale du 29 septembre dernier, Standard and Poor’s a prévenu aujourd’hui, en publiant une étude à l’attention des gouvernements, qu’il était nécessaire de « contenir davantage les dépenses de protection sociale », car sinon, les pays européens, « aussi bien les plus développés que les émergents », devront faire face à la détérioration la plus grave de leurs finances publiques. Menace particulièrement dirigée contre la France, prise opportunément à défaut par Standard and Poor’s, qui illustre son étude par l’exemple : « Si rien n’est fait, dans 40 ans, la France devra consacrer l’équivalent de près de 32% de son PIB aux dépenses de protection sociale liées au vieillissement de la population, contre moins de 25% en 2010 ». L’agence de notation juge, en conclusion, que les scénarios a venir seront « purement et simplement insoutenable en l’absence de changements de politique ». (2)

Pendant ce temps, Wall Street verse des primes record

Aux États-Unis, d’où la crise économique mondiale est partie en 2008, avec les subrpimes et la faillite de Lehman Brothers, il semblerait que les choses s’améliorent sensiblement. Pendant que l’on inaugure partout en Europe des mesures d’austérité après le plongeons du déficit des États en raison des besoins de refinancements massifs nécessaires pour sauver les banques et promulguer des plans de relance de l’économie, une étude publiée aujourd’hui par le Wall Street journal indique que c’est le montant encore jamais atteint de 144 milliards de dollars que s’apprêtent de verser cette année les 29 plus grandes banques de la place financière de NY, en terme de rémunérations variables à leurs dirigeants et employés. (3)

Malgré les promesses des dirigeants politiques, comme Nicolas Sarkozy dans son discours lors du G20 de juin 2009, quand il promettait de faire la guerre au « système financier incontrôlable », on est bien obliger de constater que rien n’a changé, qu’il ne s’agissait en fait que d’une manoeuvre de diversion et que la crise doit être maintenant payée par les peuples.

Restaurer les aptitudes à la logique

D’ailleurs, à peine avait-on désigné les responsables de cette crise économique mondiale qu’on les avait immédiatement escamotés en expliquant qu’ils n’y étaient pour rien ou presque, qu’en somme ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient, que la responsabilité est a ce point diluée dans le pouvoir économique qu’il serait archaïque, barbare, digne des persécutions de l’Inquisition, de vouloir frapper des coupables. Bref, il n’y a plus de responsables de rien : c’est la faute à la « technostructure », par exemple, ou aux « conditions », qui, il faut bien l’admettre, sont mauvaises.

On nous serine tellement que ce sont les « conditions » qui sont mauvaises qu’on en oublie qu’en réalité ce sont les hommes qui le sont. Si ceux qui prennent des décisions voyaient plus souvent en revenir les conséquences, par exemple sous la forme d’une balle, cela contribuerait efficacement à restaurer les aptitudes à la logique chez nos contemporains.

Mecanopolis


Notes :

1. Archives de l’UMP

2. Les Echos du 12 octobre 2010

3. Challenge.fr du 12 octobre 2010

 

http://www.mecanopolis.org/?p=20126

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