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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 01:19

 

 

Lundi 5 mars 2012

Poutine 2 dr www.legrigriinternational.com

 

Nous reproduisons ici un texte paru sur le blog Dissonance. Blog tenu depuis la Russie par le Français Alexandre Latsa. Texte paru le 3 mars 2012.


Alors que les élections présidentielles russes ont lieu ce dimanche, beaucoup de commentaires négatifs ont accompagné la décision de l'actuel premier ministre de faire un troisième mandat. Pour beaucoup d'observateurs étrangers, la personnalité de Vladimir Poutine est attachée à nombre de stéréotypes et de préjugés négatifs, souvent en corrélation avec ceux répandus sur la Russie d'aujourd'hui. Pourtant il convient d'observer la séquence historique russe récente en prenant un peu de distance et un peu de hauteur, et en s'abstenant d’adhérer trop simplement aux mythes qui entourent "la Russie de Poutine". Voyons quelques chiffres et quelques réalités.


I - La Russie de Poutine serait un pays pauvre dans lequel la vie ne s’est améliorée que pour les riches et les oligarques.


 Sous le gouvernement Poutine, les chiffres montrent que la pauvreté a nettement reculé. Le taux de russes vivant sous le seuil de pauvreté, est passé de 35 à 23% de 2000 à 2004 et il était tombé à 12,8% fin 2011. Pour mémoire: il est à noter qu’en France, en 2007, 13,7% de la population vivait sous le seuil de pauvreté. Pendant la décennie Poutine (2000 a 2008) le pourcentage de la population vivant sous le seuil de pauvreté a baissé de 53,8%, le nombre de suicides de 30%, le nombre d'homicides de 39% et le taux de chômage de 68%, celui si s’établissant à 6,3% fin 2011. Sur la même période la surface d'habitation par habitant a augmenté de 15%, l'indice de production industrielle des produits manufacturés de 62.9%. Enfin la production agricole a elle augmenté de 231.5%. Dans l’opposition politique russe, personne ne conteste ces chiffres.


II - La Russie de Poutine ne se serait redressée que grâce aux matières premières.


 En 1998 la dette publique a atteint 66% du PIB et le pays s'est retrouvé en défaut de paiement. La Russie a alors réalisé des coupes très importantes dans les dépenses publiques, et profité du rebond des marchés gaziers et pétroliers. Mais d’importantes réformes structurelles ont alors été menées comme le nouveau barème fiscal ou la promulgation de codes juridiques nouveaux comme les codes civil et douanier. À peine un an après la cessation de paiement du pays, la croissance est repartie à la hausse avec un taux moyen d’environ 7% pendant une décennie, jusqu’à la crise de 2008. De toute évidence, les réformes introduites à la suite de la crise de 1998 sont à l’origine de cette croissance, bien avant la montée en flèche du prix du pétrole. En outre la part  du secteur pétrolier et gazier dans l’économie devrait reculer de 22-24% à environ 17% dans les 10 ans à venir. 


III - La Russie de Poutine serait un régime basé sur la corruption.


Après la chute de l'URSS, la Russie a connu une décennie de total effondrement politique, économique et social. Lors de cette période, des hommes d'affaires peu scrupuleux ont alors réellement pris le pouvoir et ont pillé les ressources du pays, ce sont les fameux oligarques qui se sont enrichis lors de privatisations en dehors de tout cadre légal. Lors de la reprise en main des affaires par Vladimir Poutine, sa première tache a été de reconstruire l’autorité de l’état, reconstruire un cadre légal et gérer une guerre en Tchétchénie. Il est d'ailleurs curieux que la presse occidentale, qui fustigeait ces oligarques enrichis dans les années 90, s’est mise très curieusement à fustiger Vladimir Poutine, au moment ou celui-ci a commencé à les mettre au pas. Toujours est-il que cette reprise en main de l’état est à ce jour bien avancée et que la corruption (fléau historique et culturel russe) est déjà fortement endiguée par rapport a la décennie précédente. Elle concerne surtout maintenant la sphère publique, on peut donc dire qu'elle a été « civilisée ». L’état a entamé dans ce domaine une lutte qui sera longue et difficile.


IV - La Russie de Poutine serait un pays ou les candidats pro-occidentaux ne peuvent agir politiquement, car le Kremlin les en empêche.


Les partis libéraux ont toujours pu librement participer aux élections et exister politiquement en Russie mais leur influence politique n’a cessé de baisser (12 % aux élections législatives de 1993, 7 % aux élections législatives de 1995 et 1999, 4 % en 2003, 2 % en 2006, 3% en 2011). Les élections législatives de 2011 ont confirmé cette tendance et ont montré que contrairement à ce que le mainstream médiatique occidental laisse penser, les courants politiques émergents sont en Russie des courants de gauche (parti communiste et gauche patriotique) ou nationalistes qui demandent les uns et les autres plus d’état, plus d’autorité et moins de libéralisme économique. Les partis libéraux ne séduisant, eux, qu'une minorité de la classe moyenne supérieure.


V - La Russie de Poutine serait un pays ou les élections sont truquées.


Les élections ont été truquées sous Eltsine. L’élection présidentielle de 1996 aurait du être remportée par le candidat du parti communiste Guennady Ziouganov et non pas par Boris Eltsine comme cela a été le cas. La Russie est un pays immense et on peut bien imaginer que les années de chaos de 1991 à 2000 ont été propices à bien des irrégularités électorales. L'aspect géographique et administratif du pays laisse aussi beaucoup de marge à des erreurs, ou des fraudes. Ce qui est certain, c’est que les élections sont de mieux en mieux organisées et de plus en plus surveillées. On peut donc en déduire que le niveau de fraude est de plus en plus « faible ». Les dernières élections législatives russes ont à ce titre sans doute été les plus justes de l'histoire russe contrairement à ce que beaucoup de journalistes ont affirmé. Pour s’en assurer il suffit de comparer les résultats finaux avec les très nombreuses estimations et sondages pré-électoraux. La grande majorité des observateurs étrangers a du reste reconnu le bon déroulement du scrutin. Bien sur les images d'une centaine de vidéos ont tourné en boucle sur les réseaux sociaux, laissant penser à des fraudes massives. Pourtant la grande majorité des observateurs sérieux pensent que le niveau des fraudes a été inférieur à 5% et que la plupart de ces fraudes ont eu lieu pour des raisons structurelles et systémiques, bien plus que politiques.


Photo - Ridus    Texte - Alexandre Latsa


PS : les résultats de la présidentielle rapportés par la même source

Vladimir Poutine : 64.61%

Gennady Zyuganov : 17.07%

Mikhail Prokhorov : 7.17%

Vladimir Zhirinovsky : 6.29%

Sergei Mironov : 3.76%

Participation : 64%

 

http://www.legrigriinternational.com/

 

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Lire aussi mon article :

Lundi 5 mars 2012

Guerre froide: Occident affaibli qui cible la Syrie, Russie forte de Poutine

et aussi :

La Russie de Poutine - Programme, politique étrangère, guerre de l'Info

 

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Russie/Syrie/Iran même combat, par Léon Camus

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Russie/Syrie/Iran même combat, par Léon Camus

IRIB-Russie/Syrie/Iran… Un même combat pour la paix et la stabilité régionale et au-delà.

Car qui ne craint à cet instant présent d’éventuelles guerres ouvertes contre Damas et Téhéran, et leur extension à la Région et au-delà, au reste du monde ? L’Occident en crise danse au bord du volcan. Il n’empêche, les Français se gaussent de la cigale grecque et pensent davantage à leurs prochaines vacances qu’à leur avenir et à celui de leurs enfants… alors même que l’embrasement paraît imminent, l’Europe dolente se laisse bercer par le chant soporifique des sirènes médiatiques et se passionne (apparemment) pour la « Ligue des Champions » . Advienne que pourra !

 

En 2003 les choses étaient plus claires, moins attristantes. Des manifestations massives partout dans le monde… la clameur des réprobations populaires montait dans les grandes métropoles, dénonçant la politique d’agression du cartel des Bush, Rumsfeld, Cheney, AIPAC, Blair and so and… Aujourd’hui, alors que Tel-Aviv trépigne d’impatience dans l’attente d’un nouvel holocauste d’Haman et de ses fils 1, espérant par ses annonces tonitruantes forcer Washington à prendre les devants, les peuples du monde semblent tétanisés, muets, recroquevillés devant l’éventualité d’un conflit hélas par trop probable… mais auquel il serait inutile de croire tant on aura déjà crié au loup toutes ces dernières années ! Et pourtant, il suffit de regarder du côté de Moscou, d’écouter celui qui est à nouveau, en toute logique, président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, lequel, selon le titre d’une dépêche de l’AFP 2, fustige l’invraisemblable « cynisme » de l’Occident vis-à-vis de la Syrie et l’Iran.


Poutine , dans les colonnes du quotidien « Moskovskie Novosti » ne mâche en effet pas ses mots demandant sans ambages aux atlantistes qu’en Syrie « l’opposition armée fasse la même chose que les forces gouvernementales, autrement dit que les unités de combat se retirent des villes…[Car]Se refuser à cela témoigne d’un grand cynisme » de la part de la coalition É-U/U-E/Ligue arabe qui soutient partialement l’opposition tout en accablant le régime de Damas : « J’espère bien que les États-Unis et d’autres pays prendront en compte la triste expérience [de la Libye, où actuellement les milices s’affrontent jusqu’au cœur de la capitale Tripoli et où les tribus du Sud -Toubous contre Zouwayas - s’affrontent durement depuis le 12 février]et n’utiliseront pas le scénario du recours à la force en Syrie sans l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU ».


Une mise en garde à peine voilée, encore que tous savent que la Russie sera impuissante à contrecarrer les noirs desseins occidentalistes si ceux-ci finissent par passer à l’acte 3. M. Poutine a également condamné préventivement toute offensive militaire visant l’Iran, s’alarmant de la menace croissante de frappes aériennes contre les sites nucléaires de ce pays « Si cela se produisait, les conséquences en seraient vraiment catastrophiques. Leur véritable ampleur est impossible à imaginer ». Assurément, si c’est le président de Russie qui s’exprime en ces termes, c’est que le danger n’est ni hypothétique, ni fantasmatique et qu’il nous faut considérer que l’Épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes commence se balancer à dangereusement. Or pendant ce temps, la France tout occupée de son large nombril, semble ne s’intéresser qu’aux assauts de platitudes démagogiques auxquels se livrent les principaux candidats de la mascarade présidentielle… une version spectaculaire autant que pathétique de ce débat stérile relatif au sexe des anges qui aurait agité les clercs orthodoxes à la veille de la chute de Byzance !


Un seul mot d’ordre : « prouver qu’a priori

l’élection présidentielle est truquée »


M. Poutine réélu sans second tour 4, à la tête de la Fédération (dont il a déjà été président de l’an 2000 à 2008), l’on peut prévoir que le scrutin ne se passera pas sans heurts, sans pleurs ni grincements de dents. Tout comme pour la réélection du président iranien en juin 2009, les opposants à « Russie Unie » (dont Poutine assure la direction depuis 2008), feront du bruit et leurs récriminations seront complaisamment relayées par les caisses de résonance de la presse occidentale.

Ce dimanche 26 février, des milliers de Moscovites (11000 selon le ministère de l’intérieur, 40000 pour les organisateurs) ont formé une chaîne humaine enserrant la ville sur les seize km du boulevard B, entendant ainsi protester contre le retour annoncé de l’actuel Premier ministre au Kremlin ... Les pieds dans la neige, les manifestants se tenaient par la main portant foulards et rubans blancs caractéristiques des rassemblements qui contestèrent – parfois véhémentement - la validité des élections législatives du 4 décembre dernier. D’ici à dire que les élections du 4 mars seront elles aussi « truquées », le pas est facile à franchir. Et ces manifestants l’ont effectivement déjà sauté. Inutile de dire que quand le successeur du contesté président yéménite Saleh s’est vu porté au pouvoir, démocratiquement élu avec 99,8% des voix, nul n’y a trouvé redire [[AFP 27fév].] et la discrétion médiatique a été sur ce point particulièrement exemplaire !

 

Beaucoup de commentateurs étrangers peu enclins à la bienveillance à l’égard de l’équipe dirigeante russe, veulent voir dans les manifestations de ces dernières semaines, les plus importantes depuis l’effondrement de l’Union soviétique en décembre 1991, et surtout, chacun voyant midi à sa porte, il souhaitent y voir l’expression d’une irrésistible « aspiration à la démocratie ». Bref un procès d’intention déjà bien engagé contre le souverainiste Poutine sous couvert de démocratisation de la vie publique russe. Une agitation qui ressemble fichtrement à l’une de ces tentatives de « révolution colorée » qui ont abondamment fleuries au cours de cette dernière décennie… D’ailleurs comme l’a si bien souligné le blogueur et opposant Alexeï Navalni à Saint-Pétersbourg, ville natale de Vladimir Poutine, où s’étaient réunies 3500 « contestataires » (!) « l’heure d’une nouvelle révolution a-t-elle sonné ? Nous voulons une révolution pacifique… Or ces bandits ont peur de notre révolution pacifique ! ».

 

Ce faisant Poutine joue-t-il avec le feu ?

 

Toujours est-il que pour nos « vrais » démocrates, la démocratie doit s’exprimer dans la rue et non dans les urnes lorsque le peuple n’a pas la bonne idée de voter dans le sens voulu par ses Mentor. Maintenant cette révolution espérée et à ce point « pacifique » qu’elle ferait bien son beurre de l’élimination physique du président Poutine, histoire de rebattre les cartes le plus vite possible… Une éventualité qui n’a rien d’extravagant sachant que les Services spéciaux russes et ukrainiens annoncent avoir déjoué une tentative d’assassinat contre le futur président. Celle-ci aurait dû intervenir en principe juste après la consultation du 4 mars… La chaîne de télévision « Pervyi Kanal » a ainsi révélé, que deux individus auraient été arrêtés à Odessa (port de la Mer Noire situé en Ukraine) à la suite d’une explosion dans un appartement ! Doku Oumarov, Émir, c’est-à-dire Commandeur, du Caucase (et avant l’adoption de ce titre religieux, président de la Ve République tchétchène), en serait l’instigateur ! Pourquoi pas ? Lorsque l’on sait que des rapports entre rebelle tchétchènes et Agences de renseignement américaines sont établis (même s’ils ont été peu documentés). Cela sur le modèle des liens ombilicaux ayant existé entre Langley et le djihad islamiste (notamment la Légion arabe de Ben Laden) en Afghanistan, en Bosnie, au Kossovo, plus récemment en Libye et maintenant en Syrie au grand dam des autorités israéliennes !

 

Bien entendu les sceptiques se tapoteront le menton en ne voyant dans cette tentative avortée qu’un « coup de pub » destiné à donner un coup de pouce au candidat Poutine pour lui permettre de passer la barre haut la main et ce, dès le premier tour. C’est en effet tout à fait possible, mais dans le contexte actuel, il est difficile de ne pas voir que Poutine fait barrage à la politique d’expansion des É-U au Proche-Orient et de cette façon bloque l’intégration (laquelle passe par la désintégration des États-nations) de la Région sous la conduite éclairé d’un « islamisme modéré » débiteur de Washington pour son installation et son maintien au pouvoir.

 

En un mot la Russie et son droit de véto au Conseil de sécurité ainsi que sa complète surdité aux chants envoûtants de la Démocratie porte-flambeau façon Soros, Goldmann Sachs, Ben Bernanke, Stiglitz, Schultz & Cie, barre le chemin de Téhéran… aussi conviendrait-il de dynamiter l’obstacle, cela d’une manière ou d’une autre, et Poutine avec si nécessaire. À ce stade, conspiration pour conjuration, le cancer du Vénézuélien Hugo Chavez est-il purement accidentel ? Lui n’en est pas totalement persuadé, mais chacun sait que Chavez est un personnage odieux et non aligné, un peu comme Poutine en quelque sorte !

 

Source : geopolintel.fr

 

http://french.irib.ir/analyses/articles/item/174192-russie/syrie/iran-m%C3%AAme-combat-par-l%C3%A9on-camus

 

 

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Published by Eva R-sistons - dans La vérité sur la question
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