Le dessinateur Siné, licencié de Charlie Hebdo après une chronique sur une supposée conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, va lancer le
10 septembre un nouvel hebdomadaire satirique, baptisé «Siné Hebdo». L'information révélée par Bibliobs.com, site littéraire du Nouvel
Observateur, a été confirmée par l'intéressé.
«Ce sera un journal d'humour, libertaire, ce qu'aurait dû être Charlie s'il était resté dans la tradition initiale», a déclaré le
caricaturiste, précisant qu'il travaillait encore sur la maquette. Sur le site
du journal, qui ne comporte qu'une page d'accueil, ainsi que sur son blog, Siné définit son nouvel hebdomadaire comme «un
canard qui ne respectera rien, n'aura aucun tabou, chiera tranquillement dans la colle et les bégonias sans se soucier des foudres et des inimitiés de tous les emmerdeurs». «On sera libres»,
ajoute Catherine Sinet, la femme du dessinateur, future rédactrice en chef. Siné en sera le directeur et le gérant.
Une «quarantaine de collaborateurs»
Pour lancer «Siné Hebdo», Siné, 80 ans, de son vrai nom Maurice Sinet, a réuni une «quarantaine de collaborateurs» - dessinateurs, journalistes, auteurs,… - qui ne seront pas forcément
réguliers, a-t-il précisé. Catherine Sinet a confirmé au figaro.fr la présence de Philippe Geluck, le dessinateur du Chat, parmi les futurs collaborateurs, dont la liste sera officiellement
dévoilée lundi. Elle promet «de très grosses pointures». Dans un premier temps, ces derniers ne seront pas rémunérés.
«Ça faisait déjà des années que des gens disaient à Siné : ‘qu'est ce que tu fais encore dans ce journal, qu'attends-tu pour lancer
le tien ?' Nous sommes bombardés de lettres et de mails de soutien. Nous sommes portés par des milliers de gens», explique Catherine Sinet. «On trouve que Charlie Hebdo est devenu très
sérieux. Nous, on a envie de s'amuser un peu et de faire un journal qui nous plaise. Par exemple il n'y aura pas d'éditorial. On le remplacera par le papier qui nous aura le plus fait rire, ou
qui nous intéressera le plus».
«J'ai cassé mon assurance
vie»
L'hebdomadaire, composé de seize pages d'articles et de
dessins, sera vendu au prix de 2 euros (le prix de Charlie Hebdo) et ne comportera pas de publicité, a indiqué le caricaturiste, qui a lancé un appel aux dons sur le site du nouvel hebdomadaire
pour soutenir ce lancement. «Siné Hebdo» paraîtra le mercredi, comme Charlie Hebdo. Le premier tirage sera de 120.000 à 150.000 exemplaires. Dans un premier temps, l'objectif de vente est fixé
à 35.000 exemplaires par la rédactrice en chef qui précise que le nouvel opus a déjà reçu des demandes d'abonnements. «J'ai cassé mon assurance vie», répond Catherine Sinet, par ailleurs
journaliste et productrice d'émissions et de films à la télévision, quand on l'interroge sur les fonds nécessaires au lancement de «Siné Hebdo». Elle estime le coût de ce lancement à plus de
20.000 euros.
À l'origine du licenciement de Siné, une chronique (1) publiée le 2 juillet par Charlie Hebdo dans laquelle il ironisait sur une
éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, fils du président de la République, avant son mariage annoncé par la presse avec la fille du fondateur des magasins Darty. Taxé
d'antisémitisme, ce qu'il a réfuté, il avait ensuite été licencié de l'hebdomadaire satirique par son directeur de la rédaction, Philippe Val, après avoir refusé de signer une lettre d'excuse.
S'en est suivi un long débat par médias interposés entre pro et anti-Siné. Une pétition pour soutenir le dessinateur a rassemblé 15.000 signatures.
(1) «Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de
son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet (encore lui !) a même demandé la relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout :
il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !»
http://www.juif.org/go-news-64917.php
Siné va lancer son hebdomadaire satirique le 10 septembre
Il y a 17 heures
PARIS (AFP) — Le dessinateur Siné, licencié de Charlie Hebdo après une chronique sur une supposée conversion au judaïsme de Jean
Sarkozy, va lancer le 10 septembre un nouvel hebdomadaire satirique, baptisé "Siné Hebdo", a-t-il indiqué mercredi à l'AFP, confirmant une information du Monde.
"Ce sera un journal d'humour, libertaire, ce qu'aurait dû être Charlie s'il était resté dans la tradition initiale", a déclaré le
caricaturiste, précisant qu'il travaillait encore sur la maquette.
Sur son blog, Siné définit son nouvel hebdomadaire comme "un canard qui ne respectera rien, n'aura aucun tabou, chiera tranquillement
dans la colle et les bégonias sans se soucier des foudres et des inimitiés de tous les emmerdeurs".
Siné a réuni une "quarantaine de collaborateurs" -- dessinateurs, journalistes, auteurs... -- qui ne seront pas forcément réguliers,
a-t-il précisé.
Siné en sera le directeur et le gérant, tandis que sa femme, Catherine Sinet, sera rédactrice en chef.
L'hebdomadaire sera vendu au prix de 2 euros et ne comportera pas de publicité, a indiqué le caricaturiste, qui a lancé un appel aux
dons sur son blog pour soutenir ce lancement.
Dans une chronique publiée le 2 juillet par Charlie Hebdo, Siné ironisait sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy,
fils du président de la République, avant son mariage annoncé par la presse avec la fille du fondateur des magasins Darty. Taxé d'antisémitisme, ce qu'il a réfuté, il avait ensuite été
licencié de l'hebdomadaire satirique.
http://www.juif.org/go-news-64882.php
Le prêt-à-penser dans
la presse à grand tirage
Dans un article intitulé « Russie-Occident, : les nouveaux rapports de force » (Le Figaro, mardi 26 août 2008),
Isabelle Facon, spécialiste des questions de défense russe à la Fondation pour la Recherche Stratégique à Paris nous offre un exemple intéressant de ce que peut être le discours d’un ou d’une
spécialiste sur des questions d’actualités. La géopolitique n’est peut-être pas totalement un science, elle n’est pas exactement une mécanique des fluides ou une thermodynamique mais, on doit
tout de même attendre d’un ou d’une spécialiste que son discours ressemble le plus possible – puisqu’on parle de rapports de force – à un discours relevant des sciences physiques. Lorsqu’en
sciences physiques on fait une expérience au cours de laquelle on est amené à comparer des débits ou des pressions entre différents fluides, on ne s’attend pas à ce que le commentateur de
l’expérience prenne parti pour le fluide A ou le fluide B. On jugerait très extravagant qu’un scientifique adopte une posture « idéologique » par rapport à une expérience ayant pour but de
révéler les propriétés intrinsèques de la matière. Or, la géopolitique révèle les propriétés intrinsèques des États, indépendamment de l’idéologie des personnages, petits ou grands, qui se
trouvent à leur tête à un moment donné.
A la lecture de l’article d’Isabelle Facon, on est surpris de la manière dont le discours est élaboré et notre surprise s’accroît lorsqu’on décide de prêter une attention soutenue au
vocabulaire choisi par l’auteur. En effet, ce texte est porteur de nombreuses prises de positions implicites et nous avons choisi de nous livrer à une explicitation de son contenu inavoué. Dans
le paragraphe qui suit, les passages entre guillemets sont tirés de l’article du Figaro :
Lors des derniers événements en Géorgie, les Russes, « amers au souvenir des années 90 » et porteurs d’un « discours vindicatif » devant les succès de l’OTAN en Europe de l’Est, ont « tenté de
faire une opportunité stratégique (…) d’un faux pas fatal du président géorgien Saakachvili. » En effet, les Russes ont « des revendications de puissance », et pratiquent une « diplomatie de
l’énergie aux accents pour le moins musclés » parce qu’ils ont de l’ « ambition ». Ils ont donc profité de la brèche ouverte par la président Saakachvili le 7 août 2008, lorsqu’il a décrété
l’offensive contre Tskhinvali, la capitale d’Ossétie du Sud. Depuis, les rapports avec l’Occident ont changé – d’où le titre de l’article – et les Russes cherchent à « peser fortement dans le
jeu international ». En témoignent « l’excès de ses opérations militaires et la lenteur avec laquelle elle retire ses troupes du territoire géorgien au mépris des exhortations répétées de
l’OTAN. » L’excès est d’autant plus flagrant pour Isabelle Facon que « l’espace post-soviétique n’est qu’un théâtre parmi d’autres. » Pour conclure, « il est affligeant que la Géorgie, si
volontaire dans son effort de rapprochement avec l’Europe, en fasse si cruellement et durablement les frais. » Suivent les conseils que l’auteur donne aux intéressés.
Comment le lecteur d’un tel article va-t-il se figurer les acteurs de ce « jeu » qui se joue sur ce « théâtre parmi
d’autres », c’est-à-dire un théâtre somme toute assez provincial ?
Les Russes : Ils sont amers, vindicatifs, opportunistes, ambitieux, excessifs, musclés, pesants, méprisants, d’une mauvaise volonté qui frise la provocation (cf : leur «lenteur»).
Le président Saakachvili : il est volontaire (comme la Géorgie qu’il incarne), il fait des efforts (comme la Géorgie qu’il incarne bis), malheureusement il est maladroit, il a fait un faux pas,
un seul, et la punition qu’il a reçue est injuste, cruelle, excessive et durable.
Les Occidentaux : Ils exhortent, c’est-à-dire qu’ils encouragent par des paroles. On exhorte à faire ce qui est
juste et ce qui est bien. Les Occidentaux sont la voix et la voie de la raison. Ils sont mesurés dans leurs jugements. Ils ignorent l’excès.
Voici donc l’article d’Isabelle Facon mis à nu quant aux choix lexicaux et aux représentations que ces choix font
naître dans l’esprit du lecteur.
Examinons maintenant quelques affirmations :
Il est dit dans l’article que le président Saakachvili a ouvert le cycle des révolutions colorées.
Les révolutions colorées sont des insurrections très médiatisées qui ont eu le soutien – au moins moral et médiatique - des Occidentaux. L’Open Society Institute de George Soros entretient des
liens avec les pays qui sont passés par le tamis de ces révolutions – liens qui attendent que des chercheurs entreprennent une exploration sérieuse de leur nature et de leurs modalités. Ces
révolutions colorées n’ont d’ailleurs pas débuté en Géorgie mais en Serbie avec le groupe OTPOR qui a ensuite agi en Géorgie – où a été créé le mouvement KMARA - et en Ukraine – où a agi le
mouvement PORA – afin de favoriser des régimes pro-occidentaux. Fleuries ou colorées, ces révolutions surprennent par le soin que leurs leaders ont apporté au marketing politique les entourant
et par l’insistance des media occidentaux à les relayer et à vouloir peser dans la balance.
Ces insurrections se sont appuyées sur des théories que Gene Sharp a élaborées et compilées dans un manuel intitulé De la dictature à la démocratie (From Dictatorship To Democracy),
téléchargeable, dans 22 langues étrangement ciblées, sur le site officiel de l’organisation qu’il a co-fondée avec Robert Helvey, l’Albert Einstein Institution. L’institution est ainsi nommée
en souvenir de l’admiration qu’Albert Einstein vouait aux méthodes non violentes mises au point par Ghandi. L’Albert Einstein Institution se consacre « à examiner le potentiel de la lutte non
violente pour résoudre le problème permanent de la violence politique » (http://www.aeinstein.org/ ).
Oleh Kyriyenko, le leader de PORA, a évoqué ses liens – un peu plus qu’épistolaires – avec le théoricien de l’Albert Einstein Institution dans une interview accordée à Radio Netherlands :
« Le livre de Gene Sharp a été la Bible de PORA, il a été aussi utilisé par OTPOR ; il s’intitule De la dictature à la démocratie. Les activistes de PORA l’ont traduit eux-mêmes. Nous avons
écrit à M. Sharp et à l’Albert Einstein Institution aux États-Unis, et M. Sharp a manifesté beaucoup de sympathie envers notre initiative et l’institution a fourni les fonds permettant
d’imprimer 12000 copies de ce livre à distribuer gratuitement . » (Radio Netherlands ).
On a vu M. Saakachvili une rose à la main exiger le départ de Chevarnadze. Quels sont ses liens personnels avec Gene Sharp ou avec George Soros ? Cette question mérite d’être examinée. Si des
manœuvres ont été ourdies et s’ourdissent encore dans le but d’offrir la liberté, la sécurité et le bien-être à des gens qui ont jusqu’à présent vécu sous des régimes dictatoriaux ou
contraignants, alors il faut donner les moyens aux chercheurs de répondre complètement la question. Les Géorgiens sont-ils plus heureux sous Saakaschvili que sous Chevarnadze ? La
révolution des roses est-elle un succès ? Il faut aussi répondre à cette question et ne pas tomber dans le discours angélique qui fait du président géorgien un innocent maladroit. Bombarder une
ville n’est pas une maladresse. Combien cette prétendue maladresse a-t-elle fait de morts ? Les Russes disent 2000. A voir.
Car, il est dit dans cet article que Monsieur Saakachvili a fait « un faux pas ». Comment Isabelle Facon peut-elle en être aussi certaine ? Qui le lui a dit ? Dans quel document officiel ou
officieux, dans quelle archive non encore ouverte puisque trop récente a-t-elle vu la preuve que le président Saakachvili a décidé de son propre chef une offensive alors que la Géorgie
venait de participer à des manœuvres conjointes avec l’armée américaine, alors que le Canard enchaîné vient de révéler (dans son édition du mercredi 20 août) l’implication d’officiers
américains – certainement pas free lance – dans le bombardement de la capitale ossète ? Comment Isabelle Facon peut-elle passer sous silence l’existence officielle d’une organisation appelée
GUUAM, destinée à permettre à la Géorgie, à l’Ukraine, à l’Azerbaïdjan et à la Moldavie (le second U n’a plus de raison d’être dans ce sigle car il correspondait à l’Ouzbekistan – Usbekistan en
anglais – et ce membre s’est retiré de l’organisation) de se rapprocher à tous points de vue, culturellement, énergétiquement, économiquement et militairement de l’Occident et en particulier
des États-Unis ? Comment a-t-elle pu oublier de signaler que la dernière réunion du GUUAM s’est tenue à Tbilissi les 18 et 19 juin derniers? Comment a-t-elle pu passer sous silence qu’une
conférence, intitulée « GUAM and the Geopolitics of Eurasia », fut tenue à Washington, au Sénat, le 17 mai 2000, en présence, entre autres, de l’Ambassadeur d’Ukraine Kostyantyn
Gryshchenko, de l’Ambassadeur de Moldavie Ceslav Ciobanu, de l’Ambassadeur de Géorgie Tedo Japaridze et de l’Ambassador d’Azerbaïdjan Hafiz Pashayev ? Beaucoup de bruit pour rien que
cette organisation. Beaucoup de rencontres et de remue-ménage pour un « espace postsoviétique qui n’est qu’un théâtre parmi d’autres » (site officiel de l’organisation Guuam).
Pour finir, je renverrai le lecteur à un certains nombres d’auteurs qui comptent en matière de géopolitique et qui tous accordent la plus grande importance au contrôle de l’Eurasie et du «
Heartland », c’est-à-dire de cet espace postsoviétique qui est en réalité le théâtre numéro 1 aux yeux de Washington : j’ai nommé Alfred Thayer Mahan, Halford MacKinder, Nicholas Spykman,
et plus récemment Zbigniew Brzezinski (Pour ce dernier, voir deux références dans mon précédent article intitulé « De la Géorgie au bassin de Sibérie Occidentale »).
Qu’Isabelle Facon préfère un appartement sur la cinquième avenue à une cabane chauffée à la tourbe au pied de l’Oural, qu’elle préfère être payée en dollars ou en euros plutôt qu’en roubles,
qui le lui reprochera ? Qu’elle fasse le choix du rayonnement tous azimuts et par tous les moyens de l’Occident, dont elle estime les valeurs plus universelles et plus libérales que toutes
celles du reste du monde, soit. Mais qu’elle le dise ouvertement. Ses confrères d’outre Atlantique ne se gênent pas pour ça.
En abordant cet article écrit avec beaucoup d’aisance par une spécialiste dont on ne peut qu’avoir soif de
partager les connaissances, on tombe sur un message qui cadre trop bien avec ce prêt à penser qu’on étend comme du linge propre sur toutes les antennes et toutes les paraboles. On aurait
préféré qu’on nous mette le nez dans les chiffons sales de la diplomatie, ces chiffons que nos représentants dissimulent pudiquement sous leurs costumes impeccables. Nous ne sommes pas
rassasiés.
Et puis, il serait bon qu’Isabelle Facon sache qu’il y a des gens dans le monde qui pensent que l’Occident est opportuniste, ambitieux, excessif, musclé, pesant, méprisant, d’une mauvaise
volonté qui frise la provocation et que sa revendication de puissance prend parfois, ou souvent – certains pensent « systématiquement » - la forme de la confrontation ? En cherchant bien, on
doit pouvoir trouver des exemples qui leur donneront raison, même dans les journaux.
On peut aimer l’Occident – tout ou partie - et savoir cela.
Bruno Adrie
Le 27 aout 2008
Mondialisation.ca
http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-22291437.html

l’incroyable licenciement de
Richard Labévière,
Une énormité, pour la CFDT
Nous revenons sur l’incroyable licenciement de Richard Labévière, rédacteur en chef de RFI, le 11 août dernier, en produisant le
communiqué de la CFDT et plusieurs des remarques faites par Richard Labévière.
“Cette histoire estivale s’inscrit dans l’orwellisation en cours de la presse française, la
remise en cause du pluralisme journalistique et de la liberté d’expression au pays des Lumières. Avec, pour horizon, la volonté d’imposer une lecture unique, néo-conservatrice, de la politique,
des crises et des relations internationales “, indique Richard Labévière.
“Défendre la liberté d’expression et les droits de l’homme face à leurs violations
caractérisées en Chine ou ailleurs, c’est bien. À condition de s’appliquer à soi-même ces beaux principes et de commencer par balayer devant sa porte.” , souligne le
journaliste.
Voici le communiqué de la CFDT :
“L’intervieweur français du président syrien Bachar al-Assad licencié par RFI
!
Le 8 juillet dernier, Richard Labévière, rédacteur en chef à RFI, obtenait en exclusivité
pour RFI et TV5-Monde une interview du président syrien Bachar al-Assad, à la veille de sa venue à Paris.
Dans n’importe quel organe d’information, cette réussite aurait été saluée par la
Direction. A RFI, il en est autrement : faire son métier est passible de licenciement. Celui-ci a été notifié à Richard Labévière, ce lundi 11 août, malgré un enchainement de fautes de
procédures. En dépit de dysfonctionnements internes et imputables aux seules directions de RFI et TV5-Monde, le dossier d’accusation reste désespérément vide.
A moins de trois semaines du voyage du président de la République Nicolas Sarkozy en Syrie,
la direction de l’Audiovisuel Extérieur de la France licencie l’un des journalistes experts des questions proche et moyen-orientales, infligeant ainsi un camouflet aux autorités syriennes qui
avaient décidé d’accorder cette interview à Richard Labévière. Mais peut-être que la Directrice générale de l’Audiovisuel Extérieur de la France saura en informer à temps le ministre des
Affaires étrangères ? Cet incident grave constitue le dernier épisode caractérisant l’attitude répétitive de harcèlement de la direction de RFI à l’encontre de Richard Labévière, portant
atteinte à ses droits et à sa réputation professionnelle.
Depuis son entrée à RFI en 2000, il a été mis fin à ses fonctions de chef du service
Etranger en 2003. Ses nouvelles fonctions d’éditorialiste international ont été brutalement interrompues en octobre 2005. Depuis lors, il n’a conservé que la production du magazine hebdomadaire
« Géopolitiques ».
Paris, le 12 août 2008
Par ailleurs, Richard Labévière dans une lettre à la direction de RFI démontre l’inanité
des reproches qui lui sont faits ainsi que le caractère illégal de la procédure engagée par sa hiérarchie, et le rôle très “ambigu” joué par la SDJ . Il souligne notamment
:
“Constat : j’ai procédé pour l’interview du président syrien comme je l’ai fait pour les
derniers grands entretiens effectués dans le cadre du magazine « Géopolitiques » - dont j’étais le producteur responsable - sans que cela soulève la moindre remarque de ma hiérarchie. Ainsi :
le sociologue Edgar Morin (23/12/2006) ; l’ethnologue Jean Malaurie (7/4/2007) ; le général libanais Michel Aoun (2/6/2007) ; l’ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine
(17/11/2007) ; le juge international Claude Jorda (29/12/2007) ; le philosophe Régis Debray (28/2/2008) et le conseiller spécial du Président de la République Henri Guaino
(19/07/2008).”
“Question : comment se fait-il qu’un tract de la SDJ (Société des journalistes de RFI)
affirme dès le 11 juillet, c’est-à-dire cinq jours avant le lancement de la procédure de mon licenciement : « La SDJ s’est étonnée des conditions d’obtention de l’interview du président syrien
Bachar al-Assad. Cette interview a été négociée par un journaliste de RFI sans que la hiérarchie et le service international n’en soient informés ». Comment la SDJ était-elle au courant ?
Comment la SDJ a-t-elle eu accès aux pièces du dossier disciplinaire avant même que celui-ci ne soit officiellement constitué ?”
“Enfin, je ne vois toujours pas quel préjudice l’Audiovisuel extérieur de la France aurait
subi à cause de cette interview. RFI et TV5-Monde qui l’ont diffusée, ne sont-elles pas les filiales de cette seule entité ? La nouvelle directrice de TV5-Monde vient, du reste, d’annoncer le
lancement d’une émission de politique internationale coproduite par RFI et TV5-Monde.
Dès lors que j’ai informé ma hiérarchie de l’accord définitif de la présidence syrienne
pour l’interview, dès lors que j’ai demandé, sans succès, un technicien de reportage (le Tour de France vous apparaissait alors prioritaire !), dès lors que je suis parti à Damas,
précipitamment il est vrai, mais avec l’aval de ma hiérarchie, je ne comprends pas quelle prétendue déloyauté peut m’être reprochée.
Vous n’ignoriez ni le fait que l’interview était également filmée par votre partenaire
TV5-Monde, ni le fait que le président Assad n’avait agréé qu’un seul journaliste pour cette interview, en l’espèce moi-même.
Pour l’ensemble de ces raisons, j’estime que mes droits fondamentaux de citoyen, de
travailleur et spécialement de journaliste n’ont pas été respectés et que les motifs du licenciement portent atteinte à mon indépendance de journaliste et au respect tant de ma personne que de
mon travail.
La gravité de la situation m’amène à saisir sans délai les juridictions
compétentes.”
Extraits d’une lettre de Richard Labévière à
Madame Martine Paris
Directrice des ressources humaines
Radio France Internationale
116, avenue du Président-Kennedy
BP 9516
75762 Paris cedex
CC : Alain de Pouzilhac, Christine Ockrent, Geneviève Goëtzinger, Pierre
Koelsch.
Et bien entendu, outre la signature de la pétition de soutien à Richard Labévière, sur le site
ipetitions.com il n’est pas interdit d’écrire à ces “responsables” de l’audiovisuel !
Le licenciement de Richard Labévière : une énormité, soulignent la CFDT et le principal intéressé
http://www.marcfievet.com/article-22286330.html

sur toutsaufsarkozy (dessin et texte)
(..)
Mais juste une victime expiatoire pour donner l’exemple: Richard Labévière. Essayiste, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l’islamisme, à la
question palestinienne ou à la politique arabe de la France, l’homme a été licencié le 12 août dernier, sans susciter trop d’émois de la part de ses collègues en exercice.
Richard Labévière, demeuré publiquement silencieux, a décidé, la semaine dernière, de faire une sortie fracassante: le journaliste excommunié vide son sac dans une
vidéo bientôt culte de 5 minutes, au contenu déjà polémique. Il y détaille, cigarillo à la main et colère froide, les griefs à l’encontre de sa hiérarchie: harcèlement professionnel,
pensée unique, parti pris pro-israélien et américain, "orwellisation" rampante sur toutes les questions relatives au Moyen-Orient, intimidations, "mise au pas éditoriale", terrorisme
intellectuel, "criminalisation des journalistes déviants", etc.
Nul doute que le buzz qui va surgir autour du J’accuse d’un journaliste reconnu promet de relancer le débat très franco-français des "risques de l’anti-sionisme
dans l’expression médiatique".
Et en parallèle de l’action médiatique et d’une pétition en ligne, l’offensive judiciaire a déjà commencé: un référé prud’homal aura lieu le 22 septembre. D’ici là, la prochaine visite de
Sarkozy en Syrie promet d’être piquante: que pourront bien se dire en aparté El Assad, "responsable" malgré lui de l’expulsion de Labévière, et Kouchner, compagnon d’Ockrent mais aussi garant,
en tant que ministre des Affaires étrangères, de la tutelle de RFI? Le monde de la politique, des médias et de la diplomatie est décidément bien petit pour de si grands hommes...
*Agoravox
NDLR: à lire sur AgoraVox TV: Richard Labévière dénonce l’orwellisation de la presse française
http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EkEAAyFuFySJgtMKqE.shtml
Les vraies raisons
du licenciement de Rd Labévière
Richard Labévière, rédacteur en chef à Radio France Internationale (RFI), spécialiste reconnu du Proche et du Moyen Orient a été
licencié le 12 août pour avoir réalisé une interview le 8 juillet avec le président syrien Bachar Al Assad sans avoir demandé la permission de la direction de RFI. Dans cet entretien, il évoque
les véritables raisons de son incroyable licenciement. Selon Richard Labévière, cette décision « s’inscrit d’une manière plus large dans une mise au
pas non seulement des médias
publics mais de l’ensemble de la presse française pour imposer une lecture néo-conservatrice, américano-israélienne » sur les crises au Proche-Orient.
Conference de presse Richard Labeviere (Beyrouth)1/2
http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=3605 - VIDEOS
Vous avez dit pluralisme ? Démocratie ??? Eva
Mes autres
blogs :
R-sistons à l'intolérable
http://r-sistons.over-blog.com
et aussi :
R-sistons à l'actualité
http://r-sistons-actu.skynetblogs.be
Eva coups de coeur :
http://eva-coups-de-coeur.over-blog.com/
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civilisations
http://eva-communion-civilisations.over-blog.com/
C O M M E N T A I R E S : I C I
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